Home > Journals > Biology and research > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Biology and research
Journal de Pharmacie Clinique
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
Public health
Agronomy and biotech.
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version

Application of a management software (Histodoz®) for therapeutic drug monitoring records


Journal de Pharmacie Clinique. Volume 17, Number 4, 241-8, Décembre 1998, Articles originaux


Résumé   Summary  

Author(s) : P. Foliot, D. Jourdan, C. Goudin, N. Vermerie.

Summary : The management of the hospital pharmacological practice is rarely computerized. The development of a software (Histodoz®) allowing to follow the historic of the therapeutic drug monitoring records was realized using a Microsoft Access version 2.0 data base under Windows 95, exploited on a pentium PC microcomputer. The level of quality agrees with the requirements of the nomenclature of medical biology acts, the good execution of medical biology analysis guidelines and the national computer and liberties commission. The tracability is set for the patient, the origin and the time of the prescription, the therapeutic schedule, the laboratory performance and the tariffing. Some fields are reserved for teaching observations. The analysis of the activity is available for the laboratory, the clinical and the administrative department. The software is adaptable to the local configurations.

Keywords : pharmacology, therapeutic drug monitoring, software, tracability.

Pictures

ARTICLE

Le suivi thérapeutique peut, en milieu hospitalier, être réparti entre les services de pharmacie, de biologie médicale et partiellement de médecine nucléaire.

Cette activité est toutefois loin d'avoir l'ampleur quantitative de celles des autres disciplines de biologie médicale où elle se pratique usuellement, qu'il s'agisse de la biochimie ou de la microbiologie. Sans doute est-ce la raison pour laquelle, ces dernières années, le développement d'une gestion informatisée des examens dans les services médico-techniques a fait peu de cas de la spécificité liée au suivi thérapeutique, tandis qu'apparaissaient parallèlement divers logiciels destinés à l'interprétation des résultats analytiques basée sur la maîtrise de la pharmacocinétique des populations [1-7].

En pharmacie hospitalière, l'acquisition de logiciels destinés à gérer les flux du circuit du médicament puis, plus récemment, ceux des dispositifs médicaux, a été prioritaire [7]. En conséquence, la gestion des dossiers analytiques des patients est restée essentiellement, voire totalement, manuscrite. De ce fait, la gestion de l'activité de pharmacologie est dépendante soit d'un greffage informatique plus ou moins réalisable ou pertinent sur un système existant en laboratoire de biologie médicale, soit d'un investissement dans un automate moderne dont le système de traçabilité traite uniquement du domaine analytique.

Le but de cette étude a consisté à développer un logiciel permettant d'automatiser la gestion des examens de pharmacologie afin d'apporter, par rapport au système manuscrit, à tout laboratoire responsable du suivi thérapeutique, à la fois une présentation attractive des résultats, un rappel aisé et fiable des antériorités analytiques, thérapeutiques et éventuellement cliniques des patients au bénéfice de l'analyste et des prescripteurs, une gestion précise de l'activité tant qualitative que quantitative pour le laboratoire ainsi que les services médicaux et économiques, et enfin un gain de temps appréciable pour réaliser ces prestations.

Matériel et méthodes

Cahier des charges

Les prérequis pour la réalisation du logiciel étaient les suivants :

- base de données existante et techniquement accessible ;

- micro-ordinateur répandu et suffisamment puissant ;

- simplicité d'usage ;

- outil modulable ;

- rôle éducatif ;

- adaptation à l'organisation hospitalière diurne et nocturne ;

- statistiques d'activité ;

- consultation et communication aisées de l'historique des dossiers ;

- conformité aux exigences les plus récentes de la nomenclature des actes de biologie médicale [8] : cotation en B (ou BHN en cas d'absence à la nomenclature), code numérique identifiant chaque type de dosage, technique de dosage utilisée, âge, taille, poids du sujet s'ils sont connus, motifs de la prescription, et en particulier la recherche d'efficacité et/ou de toxicité, heure de prélèvement, date du début du traitement et/ou de l'adaptation posologique, indications posologiques ;

- conformité au Guide de bonne exécution des analyses de biologie médicale (GBEA) [9] : validation analytique des résultats par l'exécutant du dosage, puis biologique après contrôle des antériorités par un personnel médical diplômé engageant sa responsabilité, capacité d'archivage de plusieurs années, traçabilité des délais de transmission des résultats, identification précise du prescripteur afin de préserver la confidentialité de la transmission d'informations.

Le suivi des contrôles de qualité n'a pas été intégré au cahier des charges, cet aspect sortant de l'objectif assigné qui était de gérer des dossiers nominatifs de résultats saisis postérieurement à la validation analytique ;

- respect du cahier des charges de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) [10] : niveaux d'accès progressifs et confidentiels, usage contrôlé et uniquement accessible au personnel médical.

Parallèlement, une adaptation du document de prescription a été réalisée pour répondre aux nécessités d'exploitation du logiciel.

Élaboration de l'application

L'application a été développée à partir d'un logiciel de gestion de bases de données Microsoft Access version 2.0 sous Windows 95. L'installation de ce logiciel nécessite au minimum 19 Mo d'espace disponible sur le disque dur et 8 Mo de mémoire vive. Le développement a été réalisé initialement en vue d'une utilisation en monoposte. Sa configuration est adaptable aux spécificités locales avec un niveau minimal de connaissance du logiciel Microsoft Access de la part d'un administrateur local auquel sont attribués un code et un mot de passe particuliers.

Deux bases de données ont été créées. La première est transparente pour l'utilisateur et contient toutes les tables indispensables : les données saisies y sont stockées. Les relations inter-tables y sont définies. La seconde est référente et rassemble la totalité des outils nécessaires à la saisie (formulaire), aux procédures d'automatisation (macros), aux éditions de résultats à l'écran (requête) ou aux impressions (état). L'accès à ces bases de données est sécurisé selon trois niveaux d'autorisations, par code utilisateur et mot de passe associé (tableau I).

Le principe retenu pour l'écriture et le découpage des tables est qu'à chaque prescription d'examen(s) émanant d'un service clinique correspond un nouveau dossier de suivi thérapeutique. Il est donc possible d'ouvrir au cours du temps, pour un même patient, plusieurs dossiers de suivi thérapeutique pouvant comprendre plusieurs résultats analytiques différents. Chaque dossier créé devant être doté d'une clé d'indexation spécifique, sa numérotation est automatiquement incrémentée, qu'il s'agisse d'une nouvelle prescription d'examen(s) ou d'un nouveau patient.

Une procédure de consultation des tables par menus déroulants inviolables a été privilégiée dans les buts de gagner de la place à l'écran, du temps de manipulation et de prévenir les erreurs de saisies (tableau I). Ces menus déroulants sont modulables uniquement en réintégrant la table de données les constituant, afin qu'un contrôle référent de toute adaptation soit incontournable avant validation définitive. Il est impossible de réinscrire temporairement une information sur le champ en cours en l'absence d'une intervention sur la table de données.

Des boutons-actions permettent d'afficher des écrans de saisie mémorisés, de lancer des impressions ou encore de lancer une procédure de contrôle de la saisie (tableau I). Ils permettent également de réaliser des consultations et des éditions filtrées à partir de critères d'identification précis tels que le numéro de dossier, l'identité du patient ou le seuil date-à-date.

Les zones de saisies - fixes ou en menus - se succèdent automatiquement (tableau I). Elles peuvent être assorties de valeurs par défaut modulables afin d'éviter des transcriptions trop répétitives ou bien d'attirer l'attention de l'usager sur un point spécifique.

Validation

La validation du logiciel a été effectuée expérimentalement à partir de 650 dossiers de suivi thérapeutique émanant de 200 patients dans le but de mettre en évidence la pertinence du cahier des charges, les dysfonctionnements ou insuffisances de programmation, les difficultés d'usage, les contrôles à établir, le niveau de formation à acquérir et les seuils d'autorisations à déterminer.

Résultats

Menu

L'ouverture du logiciel par l'intermédiaire d'un mot de passe, débouche sur une page de menu général présentant les principales fonctions (figure 1). Ces dernières sont accessibles via les niveaux d'autorisations gérables depuis la base Microsoft Access version 2 (tableau I).

Chronologiquement, l'usager accède à la création des dossiers, actualisation qui correspond à la saisie des données après validation analytique des résultats (figure 2). Le bouton validation des dossiers permet d'effectuer la validation biologique (figure 3), après avoir consulté les dossiers en attente de cette étape finale (figure 4) et avant l'envoi du résultat validé au prescripteur accompagné, éventuellement, de l'antériorité du patient (figures 5 et 6).

Les commandes stat (statistiques) permettent d'analyser l'activité de pharmacologie rapportée au sein de l'établissement, aux centres de soins externes, aux patients et aux types d'examens (figures 7 à 10), alors que la créance hospitalière est disponible à partir de la facture caisse (figure 11).

Le bouton tables de base donne un accès contrôlé à toutes les informations archivées.

Saisie des dossiers

* Création des dossiers, actualisation

Cette commande permet l'affichage de trois zones successives concernant d'une part les renseignements issus de la prescription médicale, d'autre part l'examen analytique proprement dit, puis enfin des commentaires informatifs pour le prescripteur (figure 2).

Le numéro de dossier de suivi thérapeutique du patient indexe le nombre de prescriptions au fil du temps.

Un patient dont l'identité est connue se sélectionne à partir d'un menu déroulant qui reste masqué en l'absence de consultation. Sa sélection laissera apparaître à l'écran un champ où figurent prénom, date de naissance, sexe, poids et taille éventuels, conformément au cahier des charges du GBEA pour le rendu du résultat. Ce champ est complété du numéro d'identification nominative du sujet. Lorsque l'identité est inconnue, la sélection sera précédée de la création du dossier nominatif grâce aux commandes saisie patient si nouveau uniquement puis rafraîchir afin de l'indexer au menu déroulant.

L'hôpital demandeur, le service clinique (ou l'unité administrative) et le prescripteur sont identifiés à partir de menus déroulants assortis de valeurs par défaut. Il est ainsi possible de référencer les prescripteurs les plus fréquents. Si le prescripteur n'est pas clairement identifiable, l'attribution par défaut se réfère au responsable du service d'origine (pour chef de service).

Le motif de la prescription est précisé sur une zone de texte extensible, également assortie d'un message par défaut. Les dates de début de traitement et/ou d'éventuelle adaptation posologique [8] sont requises sous forme du champ intitulé début du schéma thérapeutique actuel. Ce libellé précis permet d'obtenir l'information nécessaire à l'évaluation du délai d'atteinte de l'état d'équilibre, sans que cet objectif ne soit confondu par le prescripteur avec la date d'initiation du traitement qui remonte parfois à plusieurs années. Ces renseignements permettent de contrôler la concordance entre l'état clinique et le résultat analytique afin d'aider à l'interprétation de ce dernier. Il en est de même des date et heure de prélèvement qui dépendent de la pratique infirmière et peuvent, en cas de dérive non identifiée, conduire à des erreurs de jugement.

Les date et heure du dosage renseignent le prescripteur sur le réel délai de réponse du laboratoire, notamment dans les situations d'urgence ou lorsqu'une instabilité biologique du prélèvement existe. Des délais de réception parfois trop longs peuvent en effet être attribués anormalement à la charge du laboratoire et occasionner des malentendus.

Un contrôle automatique interdit toute chronologie erronée des dates de naissance du patient, de prélèvement, de dosage et du moment où le dossier est saisi (tableau I).

Le type de dosage est sélectionné à partir d'un menu déroulant exprimé en abrégé. La méthode analytique employée reste invisible à l'écran, mais figurera, conformément au GBEA, sur le résultat édité pour le prescripteur (figure 5). Au cas où des techniques alternatives seraient en vigueur au sein du laboratoire, les codes alphabétiques des dosages doivent alors être clairement paramétrés sur ce menu afin de ne pas compromettre la gestion de l'activité par une confusion au sein de la base de données dont le menu est issu. L'antériorité des examens est donc directement gérée à partir du type de dosage, à l'exclusion de la méthode employée.

Le schéma thérapeutique journalier, assorti d'une citation par défaut, s'inscrit sur un champ libre extensible en caractères alphanumériques afin de pouvoir l'exprimer au choix en unités de prise, en dose pondérale, ou encore en précisant la voie et le rythme d'administration.

La zone d'unité, inapparente au repos, rappelle systématiquement à l'usager l'unité dans laquelle il devra inscrire son résultat afin de respecter la standardisation en vigueur et de prévenir une erreur aux conséquences potentiellement dramatiques pour le patient.

Le résultat est exprimé automatiquement en unités standard. Ces unités concordent avec celles des zones thérapeutiques transmises par le laboratoire au destinataire du résultat (figure 5). Si le seuil de détection analytique n'est pas atteint, l'emploi de caractères alphanumériques permet de le mentionner sans devoir rendre une valeur nulle non représentative.

Si un dossier de suivi thérapeutique inclut plusieurs demandes de dosages pour un même patient, en particulier lors de polythérapies anti-épileptiques ou anti-infectieuses, la sélection des actes successifs peut se faire à partir du menu déroulant ou bien au moyen d'une commande pour appeler le dosage suivant. Il est aussi possible de contrôler sa transcription antérieure en rappelant automatiquement le dosage précédent.

La zone de remarques est utilisée pour faire part au prescripteur de tout problème ayant trait à la réception et susceptible de gêner l'interprétation. Ainsi peuvent être mentionnés des commentaires concernant la qualité de remplissage du document de prescription (schéma posologique imprécis, forme galénique de la spécialité ininterprétable...) ou sa pertinence, la qualité du prélèvement reçu (conservation, aspect, identification...) ou encore des incidents d'acheminement responsables d'une exécution a priori tardive de l'acte. Cette zone a donc un but éducatif vis-à-vis du service demandeur, mais permet aussi de nuancer la sécheresse d'un résultat quantitatif brut selon une démarche d'assurance-qualité inhérente à l'obligation de résultat du laboratoire de pharmacologie.

Le champ suivant concerne les recommandations possibles en termes d'adaptation posologique proposée à la seule condition qu'elles soient solidement documentées. Il est possible, si l'on ne dispose pas d'un logiciel annexe validé de traitement pharmacocinétique des données, de masquer ce champ aux utilisateurs et aux prescripteurs plutôt que de l'utiliser à mauvais escient.

Le troisième champ indique le conseil de l'équipe du laboratoire pour ce qui concerne la pertinence d'un contrôle proposé ultérieurement afin de préciser son opportunité tout en prévenant une redondance inutile d'examens complémentaires. Ce champ est souvent utilisé en relation avec des résultats hors-zone thérapeutique et des temps de prélèvements en dehors des recommandations énoncées sur la feuille de prescription d'examen(s) quant aux pics, vallées ou à l'état d'équilibre.

La commande majoration sang correspond au forfait d'élimination des déchets sanguins, coté B3 [8]. Son usage est facultatif, le logiciel offrant la possibilité d'être exploitable pour tout milieu biologique. Si plusieurs dosages sont effectués pour un même patient, un seul ajout B3 est comptabilisé. La traçabilité de son emploi est réalisée à l'aide d'un code couleur à l'attention du manipulateur. Ce supplément est systématiquement ajouté à la cotation de base en B ou BHN, lors de l'imputation automatique de la valorisation qui apparaîtra sur la feuille de résultat adressée au clinicien (figure 5).

La commande résultat téléphoné ? est également assortie d'un code couleur témoin. Elle transcrit la traçabilité de l'information téléphonique auprès des services cliniques (figure 5). Le valideur biologique vérifiera ainsi, préalablement à l'envoi des documents, que ces services ont bien été informés des résultats, en période de garde par exemple. Le prescripteur peut aussi évaluer a posteriori la fiabilité de la transmission de l'information au sein de son équipe au cas où il n'aurait pu être personnellement contacté par l'analyste.

La zone de signature technicien/interne témoigne de la validation analytique. Son identification permet si besoin au valideur biologique de contacter aisément le responsable de la réalisation de l'examen. Toutefois, l'identification de l'analyste ne sera pas directement accessible au prescripteur sur l'édition du résultat (figure 5), afin qu'en cas de demande d'informations le prescripteur contacte initialement le valideur biologique dont la seule identité figure sur le document reçu. Ce dernier sera ainsi obligatoirement informé des problèmes en cours et assumera également pleinement la responsabilité de sa signature qui fait seule foi in fine de la qualité du résultat transmis.

Une ultime commande par bouton-action contrôles permet de vérifier l'intégralité des saisies en fin de dossier.

A ce stade, le dossier analytique est clos, en attente de validation biologique ultérieure et le dossier suivant peut être sélectionné.

Il est alors possible, grâce à la commande aperçu de tous les dossiers d'un patient située en fin d'écran, d'avoir accès à l'ensemble des dossiers de suivi thérapeutique d'un patient sélectionné. Sur l'écran apparaît alors l'antériorité complète du patient selon une disposition feuille-à-feuille chronologique. Cette consultation permet à l'utilisateur de confronter ses commentaires à l'historique du dossier.

La commande imprimer le dossier d'un patient permet une édition simultanée pour le laboratoire et pour un envoi en urgence au prescripteur. Les avantages sont de permettre ultérieurement au valideur biologique de disposer facilement sur papier de la série de résultats à consulter, puis à signer en fin de garde ou de demi-journée d'activité, et d'autre part d'adresser rapidement au prescripteur une traçabilité écrite du résultat. Toutefois, à la différence de la version définitive adressée au prescripteur (figure 5), le champ validation par Dr reste vierge de toute signature. Cette édition ne pouvant faire définitivement référence reste donc facultative. Sa consultation à l'écran subsiste jusqu'à ce que la validation biologique efface ultérieurement sa mémorisation informatique.

Enfin, les commandes dossier suivant et dossier précédent permettent une consultation chronologique à l'écran des dossiers de suivi thérapeutique récemment constitués dans un but de recherche rapide. Cette possibilité est également offerte par les curseurs de défilement de pages à la base de l'écran.

* Validation des dossiers

La présentation à l'écran est voisine de la précédente, à quelques nuances près (figure 3).

Après relecture des informations transcrites par l'analyste, le valideur biologique entérinera la rédaction du dossier pour archivage informatique final en codant la zone de signature du pharmacien pour validation. Ainsi, la traçabilité de son intervention apparaîtra sans équivoque sur le document archivable au laboratoire et dans le document destiné au dossier de soins du patient (figure 5).

Auparavant, avant d'effectuer ses validations, le responsable de cette fonction aura pu chronologiquement consulter sur écran ou éditer la liste des examens non validés en attente à l'aide de la commande réservée à cet effet (figure 4). La consultation est succinte, seules les informations essentielles y étant regroupées.

La commande imprimer le dossier d'un patient et l'historique donne la possibilité d'accéder à la page de résultats mais aussi à l'historique analytique du patient, à la différence de la version initialement saisie (figure 2). Le document de résultats retrace fidèlement l'enregistrement réalisé, à la forme près (figure 5) : s'y ajoutent successivement le descriptif complet du patient, le numéro de dossier de suivi thérapeutique enregistré, la méthode analytique utilisée, les cotations partielle et totale en B ou BHN, le code numérique de l'examen, la fourchette thérapeutique retenue par le laboratoire et, enfin, les date et heure d'édition permettant indirectement de suivre les délais de transmission au prescripteur [9]. Lorsque plusieurs dosages sont effectués pour un même dossier, ils sont présentés groupés sur un unique document. L'historique analytique du patient reprend quant à lui le minimum préconisé par la nomenclature (figure 6). Cet historique ne concerne logiquement que des dossiers préalablement validés et donc susceptibles d'avoir été définitivement archivés et transmis. Il suffit pour cela que le prescripteur en ait exprimé l'intention sur une zone réservée à cet effet sur sa prescription, ou que le valideur biologique le juge nécessaire à la vue du dossier de suivi thérapeutique en cours de traitement [9].

Statistiques d'activité

Les bilans d'activité sont consultables et éditables de date à date, soit à échéance, soit sur demande ponctuelle. Seuls les dossiers validés sont pris en compte dans ces bilans. Les informations sont présentées au minimum par type d'acte assorti de sa cotation, en sous-totaux et globalement. Les boutons Stat-Hôpital, Stat-Externe, Stat-Patient et Stat-Examen permettent respectivement d'étudier la répartition de l'activité par service au sein de l'hôpital (figure 7), en cas de sous-traitance (figure 8), nominativement (figure 9) et selon le type de dosage (figure 10).

Le paramètre prescripteur n'est pas suivi dans la gestion analytique de l'activité, en raison du fréquent renouvellement d'une partie du personnel médical (internes, vacataires) qui rend son exploitation difficile sur le long terme.

Facture caisse

La valorisation des actes est directement issue des statistiques d'activité, mais sa présentation est synthétisée (figure 11).

Discussion

Cette application, permettant de gérer l'historique (histo) des dosages (doz) de médicaments, a été baptisée Histodoz® [11].

L'étude de Dugast et al. [7] illustrait bien en 1995 l'absence totale de logiciel de gestion de l'activité de pharmacologie au sein des 316 services pharmaceutiques étudiés, alors que 73 logiciels différents étaient référencés, sans compter la bureautique. A notre connaissance, aucune publication n'indique que ce vide soit comblé, même s'il est apparu plus récemment que plusieurs équipes de pharmacie hospitalière se souciaient de répondre à ce besoin [11, 12]. L'apport d'Histodoz® permet donc de moderniser la forme de la communication avec les prescripteurs et le secteur administratif par une mise à niveau de la présentation et une rapidité d'information. Chronologiquement, il est le complément ultime aux logiciels existants qui traitent de la validation initiale de la méthode analytique [13], puis de l'interprétation des résultats [1-6], bouclant ainsi la chaîne informatique de l'activité de pharmacologie.

Histodoz® a été conçu afin d'être exploitable par un utilisateur ayant une culture nécessaire et suffisante dans le domaine du suivi thérapeutique, particulièrement un interne. Son exploitation passe par la constitution d'un binôme avec le cadre médical responsable de l'activité de pharmacologie (tableau I). En sus intervient le responsable de la gestion du programme qui est de préférence une tierce personne maîtrisant l'usage de Microsoft Access version 2.0 et pouvant programmer les champs modulables, adapter la forme de la présentation selon la situation locale et attribuer les niveaux d'autorisations selon le fonctionnement du laboratoire. Il est préférable que chacun ait un rôle indépendant. Il est fortement conseillé que seul l'administrateur du logiciel ait accès à l'adaptation de sa structure.

La validation du logiciel a été une étape essentielle dans la quête de l'assurance-qualité. Elle a pu mettre en évidence les faiblesses initiales de l'outil qui concernaient essentiellement la précision apportée à la saisie des données, le respect de la chronologie des dates référencées (le dosage ne pouvant, pour exemple, être antérieur au prélèvement ou à la date de naissance...) et la pertinence de la forme et du fond des commentaires. Une formation rigoureuse basée sur une procédure précise d'utilisation a été jugée indispensable, essentiellement pour assurer la transmission du savoir-faire lors des renouvellements de personnel ainsi que pour sensibiliser les usagers aux choix des commentaires informatifs à l'encontre des prescripteurs. A cette condition, le logiciel peut être exploité pleinement et être un outil pédagogique intéressant, tant pour les internes des services médico-techniques que pour leurs homologues cliniciens. Il est par ailleurs apparu recommandé de vérifier périodiquement l'homogénéité des tables afin d'éviter une dérive des libellés conduisant à des erreurs d'historiques lourdes à corriger. Afin d'atténuer ces problèmes, la possibilité de modifier un dossier en cours, tant que la validation biologique ne serait pas effective, a été sciemment retenue et Histodoz® s'est étoffé progressivement de sécurités d'usage (tableau I). La sécurité d'accès aux tables de données est garantie par le gradient des niveaux d'autorisations et, in fine, la maîtrise de la hiérarchie et de la confidentialité des autorisations reste sous une responsabilité unique garante de la maîtrise du système. L'organigramme intégrant les niveaux de responsabilité, de compétence et de disponibilité sur le site doit donc être particulièrement réfléchi.

A ce jour, seule une version monoposte est en application et la sauvegarde des données est réalisée régulièrement sur disque externe. Une mise en réseau permettra une épuration confidentielle du disque dur en temps réel sur serveur central, un passage en multipostes et, selon le niveau évolutif, un accès contrôlé de l'écran aux cliniciens (résultat, historique). Le choix de ne pas pousser le développement jusqu'à l'interfaçage avec une base de gestion des examens centralisée au niveau de l'établissement résulte à la fois de la complexité technique du projet et de la volonté de réaliser un produit économique et adaptable sur n'importe quel site en l'état actuel : sa réalisation représenterait toutefois un progrès certain pour un centre possédant un système informatique pouvant recevoir automatiquement les informations de Microsoft Access version 2.0.

Le gain de temps et la souplesse dans l'activité de gestion représentent un appréciable avantage. Les informations sont disponibles en temps réel. Elles sont exploitables en interne pour les laboratoires, peuvent être communiquées aux services médicaux de l'établissement et aux clients externes ou encore aux services administratifs (figures 7 à 11). Dans ce dernier cas, aucune information analytique ou clinique nominative ne transparaît afin de préserver la confidentialité (figure 11). Il est possible de disposer immédiatement d'éléments fiables afin de contrôler le niveau d'activité et son amortissement, que ce soit lors d'un suivi mensuel ou annuellement lors des discussions budgétaires de service et de l'établissement du rapport d'activité. Si les bilans peuvent être utilisés dans un but de maîtrise ou de justification des dépenses, d'autres perspectives deviennent aisément accessibles. Ainsi, il est possible d'exploiter les informations en cas d'étude pharmaco-économique incluant le suivi thérapeutique, sans avoir systématiquement à étudier a posteriori le contenu d'un dossier clinique d'accès parfois difficile. Par ailleurs, l'évolution des statistiques de sous-traitance peut, indépendamment du recrutement naturel de l'hospitalisation, renseigner indirectement le laboratoire sur la reconnaissance extérieure de la qualité de sa prestation. Enfin, le logiciel peut aider les services économiques dans leur démarche de recouvrement de prestations émanant ou non de l'hospitalisation (figures 8 et 11).

Au quotidien, cependant, la saisie des données sur Histodoz® est sans conteste moins rapide qu'une simple écriture manuscrite de résultats. Le gain de temps ne devient appréciable que si l'on compare l'ensemble des données traitées à niveau de qualité équivalent : effectivement, il est inhabituel en méthode manuscrite ou en utilisant un logiciel de gestion d'examens de biologie de réunir simultanément un tel volume d'informations adaptées au suivi thérapeutique, bénéficiant de contrôles préventifs de saisies, immédiatement assorties d'une antériorité et conformes à la réglementation [8-10].

CONCLUSION

Histodoz® a été conçu et développé conjointement sur deux sites hospitaliers, puis adapté sur un site unique. Cette démarche est reconnue par une convention interhospitalière.

Le logiciel est facilement adaptable aux particularités locales. Simple d'utilisation et d'installation, il répond aux critères de qualité opposables dans la réglementation. A ce jour, son cahier des charges initial n'a pas eu besoin d'être fondamentalement réévalué, ce qui tend à montrer que les objectifs initiaux ont été atteints.

Son usage passe par une formation rigoureuse comme il est de règle pour tout support informatique intégrant une traçabilité. Une exploitation optimale implique également d'être vigilant sur la qualité de remplissage des documents de prescriptions.

A ces conditions, Histodoz® est un outil pratique, permettant de répondre rapidement au besoin d'information des laboratoires, des services médicaux et économiques. En cela, il apporte un progrès réel par rapport à un système manuscrit désuet et contribue à améliorer la prestation d'un laboratoire de pharmacologie.

Remerciements

Nous remercions vivement au CHU Jean-Verdier, le Docteur Ph. Cruaud (microbiologie) et Monsieur M. Guionie (Direction informatique) pour leurs conseils lors de la réalisation de ce travail.

REFERENCES

1. Castela N, Taburet AM, Singlas E. Suivi thérapeutique des aminosides et de la vancomycine : bilan d'une année d'adaptation posologique. J Pharm Clin 1992 ; 11 : 231-5.

2. Roux T, Lacarelle B, Alasia M, et al. Évaluation d'un logiciel d'adaptation bayesienne de posologie de la vancomycine. J Pharm Clin 1992 ; 11 : 225-30.

3. Urien S. Micropharm-K, a microcomputer interactive program for the analysis and stimulation of pharmacokinetic processes. Pharmaceut Res 1995 ; 1 : 1225-30.

4. Feldman D, Trout H, Leverge R. Évaluation du logiciel PKS Abbott dans l'adaptation posologique de la phénytoïne. Clin Pharmacokinet 1995 ; 14 : 179.

5. Laub PB, Gallo JM. NCOMP a windows-based computer program for noncompartmental analysis of pharmacokinetic data. J Pharm Sci 1996 ; 85 : 393-5.

6. Leader WG, Pestotnik SL, Chandler MH. Integrating pharmacokinetics into point-of-care information systems. Clin Pharmacokinet 1996 ; 31 :165-73.

7. Dugast P, Trevidic J. Bilan d'une enquête sur les ressources informatiques utilisées dans 316 pharmacies hospitalières. Pharmacie Hospitalière Française 1995 ; 112 : 83-94.

8. Arrêté du 14 février 1997 modifiant l'arrêté du 3 avril 1985 fixant la nomenclature des actes de biologie médicale. Journal officiel de la République française, 27 février 1997.

9. Arrêté du 2 novembre 1994 relatif à la bonne exécution des analyses de biologie médicale. Journal officiel de la République française, 4 décembre 1994.

10. Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. Journal officiel de la République française, 7 janvier 1978.

11. Foliot P, Jourdan D, Goudin C, et al. Histodoz® : un logiciel de traitement des dossiers-patients en pharmacologie. Communication affichée. XIXes journées d'étude de pharmacie hospitalière. Paris, 16-17 septembre 1997.

12. Pillot D, Feldman YT, et al. Apport d'un logiciel de gestion pour un laboratoire de pharmacocinétique. Communication affichée. XIXes journées d'étude de pharmacie hospitalière. Paris, 16-17 septembre 1997.

13. Dehaut F, Milteau T, Lebelle-Dehaut AV. Développement d'un logiciel de validation d'une procédure de dosage. J Pharm Clin 1995 ; 14 : 82-95.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]