ARTICLE
Le suivi thérapeutique peut, en milieu hospitalier, être
réparti entre les services de pharmacie, de biologie médicale
et partiellement de médecine nucléaire.
Cette activité est toutefois loin d'avoir l'ampleur quantitative
de celles des autres disciplines de biologie médicale où
elle se pratique usuellement, qu'il s'agisse de la biochimie ou de la
microbiologie. Sans doute est-ce la raison pour laquelle, ces dernières
années, le développement d'une gestion informatisée
des examens dans les services médico-techniques a fait peu de cas
de la spécificité liée au suivi thérapeutique,
tandis qu'apparaissaient parallèlement divers logiciels destinés
à l'interprétation des résultats analytiques basée
sur la maîtrise de la pharmacocinétique des populations [1-7].
En pharmacie hospitalière, l'acquisition de logiciels destinés
à gérer les flux du circuit du médicament puis, plus
récemment, ceux des dispositifs médicaux, a été
prioritaire [7]. En conséquence, la gestion des dossiers analytiques
des patients est restée essentiellement, voire totalement, manuscrite.
De ce fait, la gestion de l'activité de pharmacologie est dépendante
soit d'un greffage informatique plus ou moins réalisable ou pertinent
sur un système existant en laboratoire de biologie médicale,
soit d'un investissement dans un automate moderne dont le système
de traçabilité traite uniquement du domaine analytique.
Le but de cette étude a consisté à développer
un logiciel permettant d'automatiser la gestion des examens de pharmacologie
afin d'apporter, par rapport au système manuscrit, à tout
laboratoire responsable du suivi thérapeutique, à la fois
une présentation attractive des résultats, un rappel aisé
et fiable des antériorités analytiques, thérapeutiques
et éventuellement cliniques des patients au bénéfice
de l'analyste et des prescripteurs, une gestion précise de l'activité
tant qualitative que quantitative pour le laboratoire ainsi que les services
médicaux et économiques, et enfin un gain de temps appréciable
pour réaliser ces prestations.
Matériel et méthodes
Cahier des charges
Les prérequis pour la réalisation du logiciel étaient
les suivants :
- base de données existante et techniquement accessible ;
- micro-ordinateur répandu et suffisamment puissant ;
- simplicité d'usage ;
- outil modulable ;
- rôle éducatif ;
- adaptation à l'organisation hospitalière diurne et nocturne
;
- statistiques d'activité ;
- consultation et communication aisées de l'historique des dossiers
;
- conformité aux exigences les plus récentes de la nomenclature
des actes de biologie médicale [8] : cotation en B (ou BHN en cas
d'absence à la nomenclature), code numérique identifiant
chaque type de dosage, technique de dosage utilisée, âge,
taille, poids du sujet s'ils sont connus, motifs de la prescription, et
en particulier la recherche d'efficacité et/ou de toxicité,
heure de prélèvement, date du début du traitement
et/ou de l'adaptation posologique, indications posologiques ;
- conformité au Guide de bonne exécution des analyses
de biologie médicale (GBEA) [9] : validation analytique des résultats
par l'exécutant du dosage, puis biologique après contrôle
des antériorités par un personnel médical diplômé
engageant sa responsabilité, capacité d'archivage de plusieurs
années, traçabilité des délais de transmission
des résultats, identification précise du prescripteur afin
de préserver la confidentialité de la transmission d'informations.
Le suivi des contrôles de qualité n'a pas été
intégré au cahier des charges, cet aspect sortant de l'objectif
assigné qui était de gérer des dossiers nominatifs
de résultats saisis postérieurement à la validation
analytique ;
- respect du cahier des charges de la Commission nationale de l'informatique
et des libertés (CNIL) [10] : niveaux d'accès progressifs
et confidentiels, usage contrôlé et uniquement accessible
au personnel médical.
Parallèlement, une adaptation du document de prescription a été
réalisée pour répondre aux nécessités
d'exploitation du logiciel.
Élaboration de l'application
L'application a été développée à
partir d'un logiciel de gestion de bases de données Microsoft
Access version 2.0 sous Windows 95. L'installation de ce logiciel
nécessite au minimum 19 Mo d'espace disponible sur le disque dur
et 8 Mo de mémoire vive. Le développement a été
réalisé initialement en vue d'une utilisation en monoposte.
Sa configuration est adaptable aux spécificités locales
avec un niveau minimal de connaissance du logiciel Microsoft Access
de la part d'un administrateur local auquel sont attribués un code
et un mot de passe particuliers.
Deux bases de données ont été créées.
La première est transparente pour l'utilisateur et contient toutes
les tables indispensables : les données saisies y sont stockées.
Les relations inter-tables y sont définies. La seconde est référente
et rassemble la totalité des outils nécessaires à
la saisie (formulaire), aux procédures d'automatisation (macros),
aux éditions de résultats à l'écran (requête)
ou aux impressions (état). L'accès à ces bases de
données est sécurisé selon trois niveaux d'autorisations,
par code utilisateur et mot de passe associé (tableau I).
Le principe retenu pour l'écriture et le découpage des
tables est qu'à chaque prescription d'examen(s) émanant
d'un service clinique correspond un nouveau dossier de suivi thérapeutique.
Il est donc possible d'ouvrir au cours du temps, pour un même patient,
plusieurs dossiers de suivi thérapeutique pouvant comprendre plusieurs
résultats analytiques différents. Chaque dossier créé
devant être doté d'une clé d'indexation spécifique,
sa numérotation est automatiquement incrémentée,
qu'il s'agisse d'une nouvelle prescription d'examen(s) ou d'un nouveau
patient.
Une procédure de consultation des tables par menus déroulants
inviolables a été privilégiée dans les buts
de gagner de la place à l'écran, du temps de manipulation
et de prévenir les erreurs de saisies (tableau I). Ces menus
déroulants sont modulables uniquement en réintégrant
la table de données les constituant, afin qu'un contrôle
référent de toute adaptation soit incontournable avant validation
définitive. Il est impossible de réinscrire temporairement
une information sur le champ en cours en l'absence d'une intervention
sur la table de données.
Des boutons-actions permettent d'afficher des écrans de saisie
mémorisés, de lancer des impressions ou encore de lancer
une procédure de contrôle de la saisie (tableau I).
Ils permettent également de réaliser des consultations et
des éditions filtrées à partir de critères
d'identification précis tels que le numéro de dossier, l'identité
du patient ou le seuil date-à-date.
Les zones de saisies - fixes ou en menus - se succèdent automatiquement
(tableau I). Elles peuvent être assorties de valeurs par
défaut modulables afin d'éviter des transcriptions trop
répétitives ou bien d'attirer l'attention de l'usager sur
un point spécifique.
Validation
La validation du logiciel a été effectuée expérimentalement
à partir de 650 dossiers de suivi thérapeutique émanant
de 200 patients dans le but de mettre en évidence la pertinence
du cahier des charges, les dysfonctionnements ou insuffisances de programmation,
les difficultés d'usage, les contrôles à établir,
le niveau de formation à acquérir et les seuils d'autorisations
à déterminer.
Résultats
Menu
L'ouverture du logiciel par l'intermédiaire d'un mot de passe,
débouche sur une page de menu général présentant
les principales fonctions (figure 1). Ces dernières sont
accessibles via les niveaux d'autorisations gérables depuis
la base Microsoft Access version 2 (tableau I).
Chronologiquement, l'usager accède à la création
des dossiers, actualisation qui correspond à la saisie des
données après validation analytique des résultats
(figure 2). Le bouton validation des dossiers permet d'effectuer
la validation biologique (figure 3), après avoir consulté
les dossiers en attente de cette étape finale (figure 4)
et avant l'envoi du résultat validé au prescripteur accompagné,
éventuellement, de l'antériorité du patient (figures
5 et 6).
Les commandes stat (statistiques) permettent d'analyser l'activité
de pharmacologie rapportée au sein de l'établissement, aux
centres de soins externes, aux patients et aux types d'examens (figures
7 à 10), alors que la créance hospitalière
est disponible à partir de la facture caisse (figure 11).
Le bouton tables de base donne un accès contrôlé
à toutes les informations archivées.
Saisie des dossiers
* Création des dossiers, actualisation
Cette commande permet l'affichage de trois zones successives concernant
d'une part les renseignements issus de la prescription médicale,
d'autre part l'examen analytique proprement dit, puis enfin des commentaires
informatifs pour le prescripteur (figure 2).
Le numéro de dossier de suivi thérapeutique du
patient indexe le nombre de prescriptions au fil du temps.
Un patient dont l'identité est connue se sélectionne
à partir d'un menu déroulant qui reste masqué en
l'absence de consultation. Sa sélection laissera apparaître
à l'écran un champ où figurent prénom, date
de naissance, sexe, poids et taille éventuels, conformément
au cahier des charges du GBEA pour le rendu du résultat. Ce champ
est complété du numéro d'identification nominative
du sujet. Lorsque l'identité est inconnue, la sélection
sera précédée de la création du dossier nominatif
grâce aux commandes saisie patient si nouveau uniquement
puis rafraîchir afin de l'indexer au menu déroulant.
L'hôpital demandeur, le service clinique (ou l'unité
administrative) et le prescripteur sont identifiés à
partir de menus déroulants assortis de valeurs par défaut.
Il est ainsi possible de référencer les prescripteurs les
plus fréquents. Si le prescripteur n'est pas clairement identifiable,
l'attribution par défaut se réfère au responsable
du service d'origine (pour chef de service).
Le motif de la prescription est précisé sur une
zone de texte extensible, également assortie d'un message par défaut.
Les dates de début de traitement et/ou d'éventuelle adaptation
posologique [8] sont requises sous forme du champ intitulé début
du schéma thérapeutique actuel. Ce libellé précis
permet d'obtenir l'information nécessaire à l'évaluation
du délai d'atteinte de l'état d'équilibre, sans que
cet objectif ne soit confondu par le prescripteur avec la date d'initiation
du traitement qui remonte parfois à plusieurs années. Ces
renseignements permettent de contrôler la concordance entre l'état
clinique et le résultat analytique afin d'aider à l'interprétation
de ce dernier. Il en est de même des date et heure de prélèvement
qui dépendent de la pratique infirmière et peuvent, en cas
de dérive non identifiée, conduire à des erreurs
de jugement.
Les date et heure du dosage renseignent le prescripteur sur le
réel délai de réponse du laboratoire, notamment dans
les situations d'urgence ou lorsqu'une instabilité biologique du
prélèvement existe. Des délais de réception
parfois trop longs peuvent en effet être attribués anormalement
à la charge du laboratoire et occasionner des malentendus.
Un contrôle automatique interdit toute chronologie erronée
des dates de naissance du patient, de prélèvement, de dosage
et du moment où le dossier est saisi (tableau I).
Le type de dosage est sélectionné à partir
d'un menu déroulant exprimé en abrégé. La
méthode analytique employée reste invisible à l'écran,
mais figurera, conformément au GBEA, sur le résultat édité
pour le prescripteur (figure 5). Au cas où des techniques
alternatives seraient en vigueur au sein du laboratoire, les codes alphabétiques
des dosages doivent alors être clairement paramétrés
sur ce menu afin de ne pas compromettre la gestion de l'activité
par une confusion au sein de la base de données dont le menu est
issu. L'antériorité des examens est donc directement gérée
à partir du type de dosage, à l'exclusion de la méthode
employée.
Le schéma thérapeutique journalier, assorti d'une
citation par défaut, s'inscrit sur un champ libre extensible en
caractères alphanumériques afin de pouvoir l'exprimer au
choix en unités de prise, en dose pondérale, ou encore en
précisant la voie et le rythme d'administration.
La zone d'unité, inapparente au repos, rappelle systématiquement
à l'usager l'unité dans laquelle il devra inscrire son résultat
afin de respecter la standardisation en vigueur et de prévenir
une erreur aux conséquences potentiellement dramatiques pour le
patient.
Le résultat est exprimé automatiquement en unités
standard. Ces unités concordent avec celles des zones thérapeutiques
transmises par le laboratoire au destinataire du résultat (figure
5). Si le seuil de détection analytique n'est pas atteint,
l'emploi de caractères alphanumériques permet de le mentionner
sans devoir rendre une valeur nulle non représentative.
Si un dossier de suivi thérapeutique inclut plusieurs demandes
de dosages pour un même patient, en particulier lors de polythérapies
anti-épileptiques ou anti-infectieuses, la sélection des
actes successifs peut se faire à partir du menu déroulant
ou bien au moyen d'une commande pour appeler le dosage suivant.
Il est aussi possible de contrôler sa transcription antérieure
en rappelant automatiquement le dosage précédent.
La zone de remarques est utilisée pour faire part au prescripteur
de tout problème ayant trait à la réception et susceptible
de gêner l'interprétation. Ainsi peuvent être mentionnés
des commentaires concernant la qualité de remplissage du document
de prescription (schéma posologique imprécis, forme galénique
de la spécialité ininterprétable...) ou sa pertinence,
la qualité du prélèvement reçu (conservation,
aspect, identification...) ou encore des incidents d'acheminement responsables
d'une exécution a priori tardive de l'acte. Cette zone a
donc un but éducatif vis-à-vis du service demandeur, mais
permet aussi de nuancer la sécheresse d'un résultat quantitatif
brut selon une démarche d'assurance-qualité inhérente
à l'obligation de résultat du laboratoire de pharmacologie.
Le champ suivant concerne les recommandations possibles en termes d'adaptation
posologique proposée à la seule condition qu'elles
soient solidement documentées. Il est possible, si l'on ne dispose
pas d'un logiciel annexe validé de traitement pharmacocinétique
des données, de masquer ce champ aux utilisateurs et aux prescripteurs
plutôt que de l'utiliser à mauvais escient.
Le troisième champ indique le conseil de l'équipe du laboratoire
pour ce qui concerne la pertinence d'un contrôle proposé
ultérieurement afin de préciser son opportunité tout
en prévenant une redondance inutile d'examens complémentaires.
Ce champ est souvent utilisé en relation avec des résultats
hors-zone thérapeutique et des temps de prélèvements
en dehors des recommandations énoncées sur la feuille de
prescription d'examen(s) quant aux pics, vallées ou à l'état
d'équilibre.
La commande majoration sang correspond au forfait d'élimination
des déchets sanguins, coté B3 [8]. Son usage est facultatif,
le logiciel offrant la possibilité d'être exploitable pour
tout milieu biologique. Si plusieurs dosages sont effectués pour
un même patient, un seul ajout B3 est comptabilisé. La traçabilité
de son emploi est réalisée à l'aide d'un code couleur
à l'attention du manipulateur. Ce supplément est systématiquement
ajouté à la cotation de base en B ou BHN, lors de l'imputation
automatique de la valorisation qui apparaîtra sur la feuille de
résultat adressée au clinicien (figure 5).
La commande résultat téléphoné ?
est également assortie d'un code couleur témoin. Elle transcrit
la traçabilité de l'information téléphonique
auprès des services cliniques (figure 5). Le valideur biologique
vérifiera ainsi, préalablement à l'envoi des documents,
que ces services ont bien été informés des résultats,
en période de garde par exemple. Le prescripteur peut aussi évaluer
a posteriori la fiabilité de la transmission de l'information
au sein de son équipe au cas où il n'aurait pu être
personnellement contacté par l'analyste.
La zone de signature technicien/interne témoigne de la
validation analytique. Son identification permet si besoin au valideur
biologique de contacter aisément le responsable de la réalisation
de l'examen. Toutefois, l'identification de l'analyste ne sera pas directement
accessible au prescripteur sur l'édition du résultat (figure
5), afin qu'en cas de demande d'informations le prescripteur contacte
initialement le valideur biologique dont la seule identité figure
sur le document reçu. Ce dernier sera ainsi obligatoirement informé
des problèmes en cours et assumera également pleinement
la responsabilité de sa signature qui fait seule foi in fine
de la qualité du résultat transmis.
Une ultime commande par bouton-action contrôles permet
de vérifier l'intégralité des saisies en fin de dossier.
A ce stade, le dossier analytique est clos, en attente de validation
biologique ultérieure et le dossier suivant peut être sélectionné.
Il est alors possible, grâce à la commande aperçu
de tous les dossiers d'un patient située en fin d'écran,
d'avoir accès à l'ensemble des dossiers de suivi thérapeutique
d'un patient sélectionné. Sur l'écran apparaît
alors l'antériorité complète du patient selon une
disposition feuille-à-feuille chronologique. Cette consultation
permet à l'utilisateur de confronter ses commentaires à
l'historique du dossier.
La commande imprimer le dossier d'un patient permet une édition
simultanée pour le laboratoire et pour un envoi en urgence au prescripteur.
Les avantages sont de permettre ultérieurement au valideur biologique
de disposer facilement sur papier de la série de résultats
à consulter, puis à signer en fin de garde ou de demi-journée
d'activité, et d'autre part d'adresser rapidement au prescripteur
une traçabilité écrite du résultat. Toutefois,
à la différence de la version définitive adressée
au prescripteur (figure 5), le champ validation par Dr reste
vierge de toute signature. Cette édition ne pouvant faire définitivement
référence reste donc facultative. Sa consultation à
l'écran subsiste jusqu'à ce que la validation biologique
efface ultérieurement sa mémorisation informatique.
Enfin, les commandes dossier suivant et dossier précédent
permettent une consultation chronologique à l'écran des
dossiers de suivi thérapeutique récemment constitués
dans un but de recherche rapide. Cette possibilité est également
offerte par les curseurs de défilement de pages à la base
de l'écran.
* Validation des dossiers
La présentation à l'écran est voisine de la précédente,
à quelques nuances près (figure 3).
Après relecture des informations transcrites par l'analyste,
le valideur biologique entérinera la rédaction du dossier
pour archivage informatique final en codant la zone de signature du
pharmacien pour validation. Ainsi, la traçabilité de
son intervention apparaîtra sans équivoque sur le document
archivable au laboratoire et dans le document destiné au dossier
de soins du patient (figure 5).
Auparavant, avant d'effectuer ses validations, le responsable de cette
fonction aura pu chronologiquement consulter sur écran ou éditer
la liste des examens non validés en attente à l'aide
de la commande réservée à cet effet (figure 4).
La consultation est succinte, seules les informations essentielles y étant
regroupées.
La commande imprimer le dossier d'un patient et l'historique
donne la possibilité d'accéder à la page de résultats
mais aussi à l'historique analytique du patient, à
la différence de la version initialement saisie (figure 2).
Le document de résultats retrace fidèlement l'enregistrement
réalisé, à la forme près (figure 5)
: s'y ajoutent successivement le descriptif complet du patient, le numéro
de dossier de suivi thérapeutique enregistré, la méthode
analytique utilisée, les cotations partielle et totale en B ou
BHN, le code numérique de l'examen, la fourchette thérapeutique
retenue par le laboratoire et, enfin, les date et heure d'édition
permettant indirectement de suivre les délais de transmission au
prescripteur [9]. Lorsque plusieurs dosages sont effectués pour
un même dossier, ils sont présentés groupés
sur un unique document. L'historique analytique du patient reprend
quant à lui le minimum préconisé par la nomenclature
(figure 6). Cet historique ne concerne logiquement que des dossiers
préalablement validés et donc susceptibles d'avoir été
définitivement archivés et transmis. Il suffit pour cela
que le prescripteur en ait exprimé l'intention sur une zone réservée
à cet effet sur sa prescription, ou que le valideur biologique
le juge nécessaire à la vue du dossier de suivi thérapeutique
en cours de traitement [9].
Statistiques d'activité
Les bilans d'activité sont consultables et éditables de
date à date, soit à échéance, soit sur demande
ponctuelle. Seuls les dossiers validés sont pris en compte dans
ces bilans. Les informations sont présentées au minimum
par type d'acte assorti de sa cotation, en sous-totaux et globalement.
Les boutons Stat-Hôpital, Stat-Externe, Stat-Patient et Stat-Examen
permettent respectivement d'étudier la répartition de l'activité
par service au sein de l'hôpital (figure 7), en cas de sous-traitance
(figure 8), nominativement (figure 9) et selon le type de
dosage (figure 10).
Le paramètre prescripteur n'est pas suivi dans la gestion
analytique de l'activité, en raison du fréquent renouvellement
d'une partie du personnel médical (internes, vacataires) qui rend
son exploitation difficile sur le long terme.
Facture caisse
La valorisation des actes est directement issue des statistiques d'activité,
mais sa présentation est synthétisée (figure 11).
Discussion
Cette application, permettant de gérer l'historique (histo) des
dosages (doz) de médicaments, a été baptisée
Histodoz® [11].
L'étude de Dugast et al. [7] illustrait bien en 1995 l'absence
totale de logiciel de gestion de l'activité de pharmacologie au
sein des 316 services pharmaceutiques étudiés, alors que
73 logiciels différents étaient référencés,
sans compter la bureautique. A notre connaissance, aucune publication
n'indique que ce vide soit comblé, même s'il est apparu plus
récemment que plusieurs équipes de pharmacie hospitalière
se souciaient de répondre à ce besoin [11, 12]. L'apport
d'Histodoz® permet donc de moderniser la forme de la communication
avec les prescripteurs et le secteur administratif par une mise à
niveau de la présentation et une rapidité d'information.
Chronologiquement, il est le complément ultime aux logiciels existants
qui traitent de la validation initiale de la méthode analytique
[13], puis de l'interprétation des résultats [1-6], bouclant
ainsi la chaîne informatique de l'activité de pharmacologie.
Histodoz® a été conçu afin d'être
exploitable par un utilisateur ayant une culture nécessaire et
suffisante dans le domaine du suivi thérapeutique, particulièrement
un interne. Son exploitation passe par la constitution d'un binôme
avec le cadre médical responsable de l'activité de pharmacologie
(tableau I). En sus intervient le responsable de la gestion du
programme qui est de préférence une tierce personne maîtrisant
l'usage de Microsoft Access version 2.0 et pouvant programmer les
champs modulables, adapter la forme de la présentation selon la
situation locale et attribuer les niveaux d'autorisations selon le fonctionnement
du laboratoire. Il est préférable que chacun ait un rôle
indépendant. Il est fortement conseillé que seul l'administrateur
du logiciel ait accès à l'adaptation de sa structure.
La validation du logiciel a été une étape essentielle
dans la quête de l'assurance-qualité. Elle a pu mettre en
évidence les faiblesses initiales de l'outil qui concernaient essentiellement
la précision apportée à la saisie des données,
le respect de la chronologie des dates référencées
(le dosage ne pouvant, pour exemple, être antérieur au prélèvement
ou à la date de naissance...) et la pertinence de la forme et du
fond des commentaires. Une formation rigoureuse basée sur une procédure
précise d'utilisation a été jugée indispensable,
essentiellement pour assurer la transmission du savoir-faire lors des
renouvellements de personnel ainsi que pour sensibiliser les usagers aux
choix des commentaires informatifs à l'encontre des prescripteurs.
A cette condition, le logiciel peut être exploité pleinement
et être un outil pédagogique intéressant, tant pour
les internes des services médico-techniques que pour leurs homologues
cliniciens. Il est par ailleurs apparu recommandé de vérifier
périodiquement l'homogénéité des tables afin
d'éviter une dérive des libellés conduisant à
des erreurs d'historiques lourdes à corriger. Afin d'atténuer
ces problèmes, la possibilité de modifier un dossier en
cours, tant que la validation biologique ne serait pas effective, a été
sciemment retenue et Histodoz® s'est étoffé
progressivement de sécurités d'usage (tableau I).
La sécurité d'accès aux tables de données
est garantie par le gradient des niveaux d'autorisations et, in fine,
la maîtrise de la hiérarchie et de la confidentialité
des autorisations reste sous une responsabilité unique garante
de la maîtrise du système. L'organigramme intégrant
les niveaux de responsabilité, de compétence et de disponibilité
sur le site doit donc être particulièrement réfléchi.
A ce jour, seule une version monoposte est en application et la sauvegarde
des données est réalisée régulièrement
sur disque externe. Une mise en réseau permettra une épuration
confidentielle du disque dur en temps réel sur serveur central,
un passage en multipostes et, selon le niveau évolutif, un accès
contrôlé de l'écran aux cliniciens (résultat,
historique). Le choix de ne pas pousser le développement jusqu'à
l'interfaçage avec une base de gestion des examens centralisée
au niveau de l'établissement résulte à la fois de
la complexité technique du projet et de la volonté de réaliser
un produit économique et adaptable sur n'importe quel site en l'état
actuel : sa réalisation représenterait toutefois un progrès
certain pour un centre possédant un système informatique
pouvant recevoir automatiquement les informations de Microsoft Access
version 2.0.
Le gain de temps et la souplesse dans l'activité de gestion représentent
un appréciable avantage. Les informations sont disponibles en temps
réel. Elles sont exploitables en interne pour les laboratoires,
peuvent être communiquées aux services médicaux de
l'établissement et aux clients externes ou encore aux services
administratifs (figures 7 à 11). Dans ce dernier
cas, aucune information analytique ou clinique nominative ne transparaît
afin de préserver la confidentialité (figure 11).
Il est possible de disposer immédiatement d'éléments
fiables afin de contrôler le niveau d'activité et son amortissement,
que ce soit lors d'un suivi mensuel ou annuellement lors des discussions
budgétaires de service et de l'établissement du rapport
d'activité. Si les bilans peuvent être utilisés dans
un but de maîtrise ou de justification des dépenses, d'autres
perspectives deviennent aisément accessibles. Ainsi, il est possible
d'exploiter les informations en cas d'étude pharmaco-économique
incluant le suivi thérapeutique, sans avoir systématiquement
à étudier a posteriori le contenu d'un dossier clinique
d'accès parfois difficile. Par ailleurs, l'évolution des
statistiques de sous-traitance peut, indépendamment du recrutement
naturel de l'hospitalisation, renseigner indirectement le laboratoire
sur la reconnaissance extérieure de la qualité de sa prestation.
Enfin, le logiciel peut aider les services économiques dans leur
démarche de recouvrement de prestations émanant ou non de
l'hospitalisation (figures 8 et 11).
Au quotidien, cependant, la saisie des données sur Histodoz®
est sans conteste moins rapide qu'une simple écriture manuscrite
de résultats. Le gain de temps ne devient appréciable que
si l'on compare l'ensemble des données traitées à
niveau de qualité équivalent : effectivement, il est inhabituel
en méthode manuscrite ou en utilisant un logiciel de gestion d'examens
de biologie de réunir simultanément un tel volume d'informations
adaptées au suivi thérapeutique, bénéficiant
de contrôles préventifs de saisies, immédiatement
assorties d'une antériorité et conformes à la réglementation
[8-10].
CONCLUSION
Histodoz® a été conçu et développé
conjointement sur deux sites hospitaliers, puis adapté sur un site
unique. Cette démarche est reconnue par une convention interhospitalière.
Le logiciel est facilement adaptable aux particularités locales.
Simple d'utilisation et d'installation, il répond aux critères
de qualité opposables dans la réglementation. A ce jour,
son cahier des charges initial n'a pas eu besoin d'être fondamentalement
réévalué, ce qui tend à montrer que les objectifs
initiaux ont été atteints.
Son usage passe par une formation rigoureuse comme il est de règle
pour tout support informatique intégrant une traçabilité.
Une exploitation optimale implique également d'être vigilant
sur la qualité de remplissage des documents de prescriptions.
A ces conditions, Histodoz® est un outil pratique, permettant
de répondre rapidement au besoin d'information des laboratoires,
des services médicaux et économiques. En cela, il apporte
un progrès réel par rapport à un système manuscrit
désuet et contribue à améliorer la prestation d'un
laboratoire de pharmacologie.
Remerciements
Nous remercions vivement au CHU Jean-Verdier, le Docteur Ph. Cruaud
(microbiologie) et Monsieur M. Guionie (Direction informatique) pour leurs
conseils lors de la réalisation de ce travail.
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