ARTICLE
Le virus d'immunodéficience humaine (VIH), l'agent responsable
du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) possède 3
enzymes principales : la protéase, la transcriptase inverse et
l'intégrase. La protéase du VIH est essentielle pour cliver
les précurseurs protéiques nécessaires à la
maturation du virus. Plusieurs études suggèrent l'intérêt
de cette enzyme en tant que cible thérapeutique [19]. Aujourd'hui
quatre inhibiteurs de protéases ou antiprotéases sont disponibles
:
Indinavir, N-[2(R)-hydroxy-1(S)-indanyl]-5-[[2(S)-tert-butylaminocarbonyl]-4-(3-pyridylmethyl)piperazino]-4(S)-hydroxy-2(R)-phenylmethyl-pentanamide.
Crixivan®
Nelfinavir, N-tert-butyl-2-[2(R)-hydroxy-3(R)-[(3-hydroxy-2-methylbenzoyl)amino]-4-(phenylsulfanyl)butyl]decahydro-(4aS,8aS)-iso-quinoline-3(S)-carboxamide
monomethanesulfonate. Viracept®
Ritonavir, 10-hydroxy-2-methyl-5-(1-methylethyl)-1-[2-(1-methylethyl)-4-thiazolyl]-3,6-dioxo-8,11-bis(phenyl-methyl)-2,4,7,12
teraazatridecan-13-oic-acide,5-thiazolylmethyl ester, [5S-(5R*,8R*,10R*,11R*)].
Norvir®
Saquinavir, cis-N-butyldecahydro-2-(2(R)-hydroxy-4-phenyl-3(S)-{[N-2-(quinolyl-carbonyl)-L-asparaginyl]amino}butyl)-(4aS,8aS)-isoquinoline-3(S)carboxamide
methylsulfonate. Invirase®, Fortovase®
Les formules développées des composés sont représentées
dans la figure 1.
Ces molécules sont utilisées en association entre elles
et avec d'autres antirétroviraux. Les antiprotéases sont
des inhibiteurs potentiels des cytochromes P450 (en particulier du CYP3A4/5)
[5]. Le ritonavir peut modifier favorablement le profil pharmacocinétique
des autres antiprotéases [13], mais peut aussi altérer la
pharmacocinétique d'autres médicaments. A l'heure actuelle,
de nombreux patients sont traités par tri ou quadrithérapies
associant des inhibiteurs de la transcriptase inverse et une ou deux antiprotéases.
Deux antiprotéases peuvent être associées pour réduire
le métabolisme hépatique de l'une des deux, et augmenter
de façon significative la biodisponibilité : ritonavir +
saquinavir, nelfinavir + saquinavir. L'intensité et la fréquence
des interactions médicamenteuses nécessitent alors d'étudier
l'impact cinétique et clinique de telles associations [1].
Une méthode de dosage permettant le dosage simultané du
ritonavir et du saquinavir a été publiée [6]. Des
méthodes de dosages CLHP individuelles ont été publiées
pour l'indinavir [3, 4, 12, 21], le nelfinavir [22], le saquinavir [7,
8, 14] et le ritonavir [9, 15]. Une méthode permettant de déterminer
simultanément les concentrations plasmatiques de ces médicaments
est utile pour évaluer les interactions pharmacocinétiques
et leur niveau de concentration efficace. Deux méthodes simultanées
[11, 20] ont déjà été publiées, celle-ci
se veut facile d'accès et plus spécifique.
Matériel et méthode
Réactifs et solutions
Les matières premières ont été gracieusement
fournies par les laboratoires pharmaceutiques respectifs : le sulfate
d'indinavir par Merck Sharp & Dohme-Chibret Lab. (West Point, PA,
États-Unis) ; le mésylate de nelfinavir par les laboratoires
Agouron (La Jolla, CA, États-Unis) ; le ritonavir par les laboratoires
Abbott (Illinois, États-Unis) ; le mésylate de saquinavir
par les produits Roche (Neuilly-sur-Seine, France); la 4-aminoquinaldine
utilisée comme étalon interne a été obtenue
auprès de Sigma-Aldrich (Saint-Louis, MO, États-Unis).
Les gammes d'étalonnage sont préparées en diluant
la quantité nécessaire de solutions filles méthanoliques
de chaque composé dans du plasma humain vierge. Les gammes de concentration
ont été définies en fonction des concentrations plasmatiques
attendues : de 0,05 à 10 mug/ml pour l'indinavir et le nelfinavir,
de 0,005 à 1 mug/ml pour le saquinavir et de 0,5 à 20 mug/ml
pour le ritonavir.
L'acétonitrile (Lichrosolv, Merck, Darmstadt, Allemagne), et
le ter-butyl-méthyl-éther (TBME) (Sigma-Aldrich, Steinheim,
Allemagne) sont de qualité chromatographique. Le méthanol
(Uvasol, Merck, Darmstadt, Allemagne) est de qualité spectroscopique.
L'hydrogénophosphate de sodium (Na2HPO4)
(Merck, Darmstadt, Allemagne), l'acide orthophosphorique 85 % (H3PO4)
(Merck, Darmstadt, Allemagne), et l'hydroxyde de sodium (Normapur, Prolabo,
France) sont de qualité analytique.
Système chromatographique
Le système CLHP comprend deux pompes 114 M (Beckman, Berkeley,
CA, États-Unis) à débit fixé à 1,0
ml/min, un injecteur automatique Wisp712 (Waters, Milford, MA, États-Unis),
un système de commutation de vanne EPS 130 (Eurosas, Le Blanc-Mesnil,
France), deux détecteurs spectrophotométriques lambda max
modèle 481 et 480 (Waters, Milford, MA, États-Unis). L'ensemble
est connecté à un système Gold 2 de traitement des
données (Beckman, Berkeley, CA, États-Unis). Une première
colonne hypersil-phényl (100 x 4,6 mm, diamètre 5 mum, Merck)
est connectée au commutateur de vanne vers la colonne analytique,
colonne inertsil-phényl (250 x 4,6 mm, diamètre 5 mum, Waters),
thermostatées à 37 °C dans un four Croco-cil (Cil Cluzeau
Info Labo, Sainte-Foy-la-Grande, France).
Conditions chromatographiques
La phase mobile est composée d'un tampon phosphate Na2HPO4
à 0,03 M (dont le pH est ajusté à 7,5 par H3PO4)
filtrée à travers un filtre 0,22 mum Durapor GVWP (Millipore,
Bedford, MA, États-Unis) et d'acétronitrile (45/55 ; v/v),
puis dégazée aux ultrasons.
Le volume d'injection est de 100 mul.
Le spectre moléculaire de chaque molécule, obtenu dans
les conditions chromatographiques par un détecteur barrette de
diode UV (Spectra Focus, Thermo Separation Products, Fremont, CA, États-Unis)
montre leurs maxima d'absorbance dans l'ultra-violet (figure
2). Bien que toutes les molécules absorbent à 210
nm, le coefficient d'extinction de l'éluant étant élevé
à cette longueur d'onde, le rapport signal/bruit est significativement
plus faible. La longueur d'onde choisie pour le ritonavir et le saquinavir
est donc 240 nm, et 261 nm pour le nelfinavir et l'indinavir.
Programmation du commutateur de vanne
Les temps auxquels la commutation doit intervenir sont déterminés
à chaque série. Pendant l'injection de l'échantillon,
le système est en position 1, et l'éluant sortant de cette
colonne est dirigé vers la poubelle. La commutation vers la position
2 est programmée entre t1 et t2 de telle
sorte que l'éluant soit dirigé vers la colonne analytique.
Au temps t2, la commutation revient en position 1 et la fraction
collectée dans la colonne 2 est chromatographiée (figure
3).
Pour cela, le système est en position 1 et la colonne 1 est connectée
directement aux détecteurs. Un échantillon « injection
directe » est préparé à partir de 10 mul de
chaque solution mère diluée dans de la phase mobile. 100
mul de cet échantillon sont injectés dans le système
modifié. Le temps t1 (environ 2 minutes) correspond
au début de l'élution du premier composé (indinavir)
et le temps t2 (environ 6 minutes) correspond à la fin
de l'élution du dernier composé (nelfinavir). Lorsque les
temps ont été déterminés, le système
est reconnecté selon la figure
3. Les temps sont programmés pour que le système
soit en position 1 au début de l'analyse, passe en position 2 entre
t1 et t2, et revienne en position 1 à t2.
Stabilité des solutions
Les solutions mères à 1 mg/ml sont préparées
par dissolution de 20 mg de l'équivalent base de chaque composé
dans 20 ml de méthanol, et sont conservées à
20 °C.
Les solutions filles sont préparées par dilutions successives
de la solution mère dans le méthanol.
L'influence des cycles de congélation/décongélation
a été testée sur des échantillons plasmatiques
à des concentrations faibles, moyennes, et fortes, ainsi que la
conservation à 20 °C pendant un mois.
Certains analogues nucléosidiques comme le ganciclovir [2] ne
sont pas stables plus de 15 minutes à température ambiante
en milieu plasmatique. La stabilité des antiprotéases a
été testée à partir d'échantillons
plasmatiques (3 aliquots de 3 niveaux de concentrations différentes),
dont une série a été centrifugée immédiatement
à 2 000 g pendant 15 minutes à + 4 °C, la seconde série
a été centrifugée après 2 heures et la dernière
après 24 heures à température ambiante. Les échantillons
ont été conservés à 20 °C et chromatographiés
selon le protocole décrit.
L'inactivation virale à 56 °C pendant 30 minutes est une
méthode largement utilisée [18]. Pour tester l'inactivation
virale, des échantillons à trois niveaux de concentrations
ont été placés au bain-marie à 60 °C
pendant 30 minutes.
Procédure d'extraction
Dans des tubes siliconés de 15 ml (Venoject, Terumo, Liège,
Belgique), 1 ml de plasma provenant de prélèvements sur
héparinate de lithium, et d'échantillons plasmatiques surchargés
(gamme et contrôles) (tableau
I), contenant 100 mul d'étalon interne à 10 mug/ml,
sont alcalinisés par 50 mul d'hydroxyde de sodium 1 M.
Les plasmas sont extraits par 7 ml de TBME. Les tubes sont bouchés,
puis agités horizontalement pendant 20 minutes. Ils sont ensuite
centrifugés à 3 000 g pendant 10 minutes. Les tubes sont
placés dans un bain de carboglace et d'acétone afin de congeler
la phase aqueuse. La phase organique est transvasée dans des tubes
propres et évaporée sous flux d'azote, dans un bain-marie
à 37 °C. Le résidu est repris par 250 mul de phase
mobile.
Exactitude, reproductibilité, répétabilité
L'exactitude définit l'erreur sur les concentrations calculées
par rapport aux concentrations théoriques. Les études de
répétabilité et de reproductibilité ont été
effectuées sur trois niveaux de concentrations, en six exemplaires
sur une même journée (répétabilité)
et une fois sur six journées différentes (reproductibilité).
Linéarité, rendements d'extraction
et limite de quantification
La linéarité a été étudiée
jusqu'au point de gamme le plus fort (tableau
I). Les rendements d'extraction sont déterminés
en comparant les hauteurs de pics d'échantillons extraits (3 aliquots
à 3 niveaux de concentrations différents) aux hauteurs d'échantillons
contenant la même quantité de médicament injectée
directement. La limite de quantification est définie comme étant
la concentration pour laquelle le coefficient de variation et l'exactitude
sont inférieurs à 20 %.
Interférences
Les molécules des traitements concomitants le plus souvent prescrits
aux patients VIH ont été chromatographiées dans ces
mêmes conditions. Chaque molécule a été mise
en solution dans la phase mobile à la concentration de 50 mug/ml
et dissoute dans du plasma humain vierge, extraite puis injectée.
Les temps de rétention ont été comparés à
ceux des antiprotéases dans les mêmes conditions chromatographiques
(tableau II).
Résultats
Séparation et résolution
Les chromatogrammes obtenus à partir d'échantillons plasmatiques
vierges, surchargés ou de patient recevant 2 antiprotéases
sont reportés dans les figures
4, 5 et 6. Les cinq pics
sont bien séparés sans interférence des composés
endogènes.
Les temps de rétention sont d'environ 7,8 minutes pour l'indinavir,
8,3 minutes pour la 4-aminoquinaldine, 13,6 minutes pour le ritonavir,
15,1 minutes pour le saquinavir et 20,7 minutes pour le nelfinavir.
Cinq cent échantillons peuvent être analysés sur
la même colonne sans perte de résolution.
Spécificité
Les composés élués dont les temps de rétention
sont proches de l'un des composants sont reportés dans le tableau
II. L'amprénavir peut être chromatographié
dans ces conditions, son temps de rétention est de 8,9 minutes,
et son rendement d'extraction de plus de 90 %. L'efavirenz et la névirapine
ne sont pas chromatographiées dans ces conditions ; elles n'interfèrent
pas avec les antiprotéases.
Exactitude, reproductibilité, répétabilité
Les coefficients de corrélation (r) des droites de régression
des courbes de calibration sont supérieurs à 0,998 pour
tous les composés. La méthode est reproductible et répétable
pour des niveaux de concentration bas, moyen et fort comme le montrent
les coefficients de variation (CV) du tableau
III.
Linéarité, rendements d'extraction
et limite de quantification
Les courbes de calibration sont linéaires de 0,05 à 10
mug/ml pour l'indinavir et le nelfinavir, de 0,5 à 20 mug/ml pour
le ritonavir et de 0,005 à 1 mug/ml pour le saquinavir.
Les rendements d'extraction sont tous supérieurs à 85
%. La limite de quantification est de 0,05 mug/ml pour l'indinavir et
le nelfinavir ; 0,5 mug/ml pour le ritonavir ; et de 0,005 mug/ml pour
le saquinavir.
Stabilité
Les solutions mères sont stables au moins 6 mois à
20 °C. Les solutions filles conservées à + 4 °C
sont stables au moins un mois.
Les échantillons surchargés ne montrent aucune diminution
de la concentration en antiprotéases due aux cycles de congélation/décongelation,
et sont parfaitement conservés à 20 °C pendant
un mois.
Le traitement d'inactivation virale ne dégrade pas significativement
l'indinavir, le nelfinavir, le ritonavir, et le saquinavir.
Discussion
Des méthodes de dosages ont été publiées
pour établir les profils pharmacocinétiques de chaque antiprotéase
séparément.
Woolf et al. proposent une méthode pour le dosage de l'indinavir
utilisant aussi un commutateur de vanne. Cette méthode utilise
une colonne cyanée et une colonne C18, suivie d'une détection
à 210 nm. Elle est validée pour une gamme de concentrations
allant de 5 à 500 ng/ml [21]. Wu et al. proposent une méthode
pour le dosage du nelfinavir utilisant une colonne C18 et une détection
à 210 nm. La limite de quantification de cette méthode est
de 0,05 mug/ml et n'utilise que 250 mul d'échantillon plasmatique
[22]. Les longueurs d'onde maximales pour l'indinavir et le nelfinavir
sont respectivement 210 et 220 nm. Ces longueurs d'onde sont relativement
peu spécifiques pour la détection, et le rapport signal-bruit
peut être amélioré en utilisant 261 nm comme longueur
d'onde de détection (8,2 vs 2,4). Ce sont donc les longueurs
d'onde du second maximum d'absorption qui ont été choisies.
La quantification du saquinavir par spectrométrie de masse a
été décrite par Knebel et al. [14]. Hoetelmans
et al. [8] proposent une détection UV à 239 nm, après
extraction du saquinavir à partir de 0,6 ml d'échantillon
sur colonne chromatographique C2 échangeuse d'ion. Cette méthode
a été validée pour des concentrations allant de 2,5
à 4 000 ng/ml. La spectrométrie de masse est difficile à
utiliser ; et une détection UV à 240 nm est tout à
fait adaptée pour détecter des concentrations de saquinavir
supérieures à 5 ng/ml. Hoetelmans et al. [9] ont
mis au point une méthode de dosage du ritonavir par chromatographie
liquide échangeuse d'ions couplée à une détection
UV à 239 nm, utilisant une prise d'essai de 100 mul. Une simple
précipitation par l'acétonitrile permet de quantifier des
concentrations allant de 0,05 à 50 mug/ml. Marsh et al. [15]
proposent une méthode en phase inverse sur colonne C18, après
extraction liquide-liquide, suivie d'une détection UV à
205 nm. Cette méthode est validée pour des concentrations
de 0,01 à 15 mug/ml. La seule méthode quantifiant simultanément
2 antiprotéases (ritonavir et saquinavir) a été mise
au point par Frappier et al. [6]. Cette méthode nécessite
600 mul de plasma et une extraction préalable solide-liquide sur
colonne C18.
Hugen et al. [11] ont mis au point une méthode dosant
aussi ces quatre antiprotéases ; cette méthode diffère
de celle décrite par le choix de la longueur d'onde qui est moins
spécifique à 215 nm. Van Heeswijk et al. [20] ont
publié une méthode dosant simultanément les cinq
antiprotéases, cette méthode utilise une extraction solide-liquide
dont les rendements sont inférieurs aux nôtres.
Une colonne phényl permet d'améliorer la résolution
des pics. De plus la 4-aminoquinaldine, choisie comme étalon interne,
n'est chromatographiée que sur ce type de colonne.
Le principe de la commutation de vanne améliore nettement la
spécificité et évite les pics tardifs susceptibles
d'interférer.
La procédure d'extraction par le MTBE, à pH alcalin, convient
à ces cinq molécules très lipophiles et offre un
rendement d'extraction supérieur à 85 %. En utilisant des
colonnes C2, Van Heeswijk et al. [20] obtiennent des rendements
allant de 70 à 94 % ; de même sur colonnes C18, Poirier et
al. [17] rapportent un rendement d'extraction pour l'indinavir ne
dépassant pas 66 %.
L'effet du pH et de la molarité de la phase mobile sur les temps
de rétention a été étudié pour optimiser
les conditions chromatographiques. Un pH alcalin offre une meilleure résolution
avec des temps de rétention plus longs, et la force ionique influence
principalement le temps de rétention de la 4-aminoquinaldine.
L'intérêt d'une telle méthode de dosage réside
dans le suivi thérapeutique d'association d'antiprotéases.
En effet, les associations d'inhibiteurs de protéases sont de plus
en plus utilisées, en particulier pour des raisons pharmacocinétiques.
Les inhibiteurs de protéases sont tous des inhibiteurs des cytochromes
(CYP3A4) de puissance différente. L'inhibiteur le plus puissant
(ritonavir) est utilisé pour augmenter la biodisponibilité
du saquinavir [10]. De même le nelfinavir, bien que moins puissant,
est aussi utilisé comme inhibiteur métabolique du saquinavir
[16].
Les concentrations plasmatiques de patients du Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière
recevant des antiprotéases en association, sont récapitulées
dans le tableau IV.
Ce tableau résume les concentrations plasmatiques des inhibiteurs
de protéases avant la prise et au temps où la concentration
est maximale (Tmax) après la prise. Ces données permettent
un suivi thérapeutique de l'interaction médicamenteuse entre
deux inhibiteurs de protéases. La mesure des concentrations résiduelles
permet de suivre partiellement l'observance et d'estimer l'efficacité
en rapport avec les données immunologiques et virologiques. La
mesure des concentrations au pic permet d'évaluer une malabsorption
digestive.
Les résultats confirment que la potentialisation des concentrations
plasmatiques de saquinavir par inhibition métabolique est plus
importante avec le ritonavir. La variabilité interindividuelle
de cette association est très importante. Lorsque les posologies
du ritonavir sont faibles, l'écart entre les concentrations de
saquinavir résiduelles et au pic est diminué ; on observe
en outre une augmentation globale des concentrations comparativement aux
concentrations moyennes de saquinavir administré seul (pour une
posologie de 600 mg x 3/j de saquinavir, la concentration maximale est
de 0,24 mug/ml).
Cette analyse permet de vérifier l'intérêt des associations
d'antiprotéases et de suivre l'évolution des concentrations
plasmatiques.
CONCLUSION La
méthode décrite a été développée
pour quantifier simultanément toutes les antiprotéases susceptibles
d'être présentes dans les échantillons plasmatiques
d'un patient VIH traité. Le suivi thérapeutique de ces molécules
permet de vérifier le niveau des concentrations résiduelles
et d'évaluer le pouvoir inhibiteur sur le métabolisme hépatique.
Cette méthode est simple, rapide, spécifique, et facile à
mettre en uvre pour le suivi thérapeutique et l'étude
des interactions. Elle demande un volume de plasma faible par rapport au
nombre de composés dosés. En réduisant le volume de
sang prélevé, cette méthode est bien adaptée
aux dosages des antiprotéases utilisées en association. REFERENCES
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