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Une cholestase anictérique associée à un syndrome néphrotique chez un homme de 51 ans : découverte d’une amylose AL


Annales de Biologie Clinique. Volume 63, Number 5, 519-23, Septembre-Octobre 2005, pratique quotidienne


Résumé   Summary  

Author(s) : D Swortfiguer, Y Bacq, F Schellenberg, A de Muret, L Benboubker, E Piver, J-C Pagès , Service de biochimie et biologie moléculaire, CHRU Tours, Service d’hépato-gastro-entérologie, CHRU Tours, Service d’anatomie pathologique, CHRU Tours, Service d’oncologie médicale. CHRU Tours.

Summary : Amyloidosis is a multiple-organ disease for which the diagnosis is often confusing and thereby delayed. Here, we present an archetypal case illustrating such difficulties. A 51 years-old man presented a mixed dyslipemia in November 2002, in June 2004 he has finally been diagnosed with a primary AL-amyloidosis. Within these two years, the arising of a non-icteric cholestasis and a nephrotic syndrome have triggered the search for a disease related to a multiple-organ protein deposition. Confirmation of the AL-amyloidosis was obtained through an histological examination, including direct immuno-fluorescence. Amyloidosis is a life threatening disease that need to be diagnosed at an early stage, in order to maximise the therapeutic expectations. The average survival after the diagnosis of AL-amyloidosis is 5% at 10 years. Often, treatments are initiated late in the course of the disease, at a time when organ lesion are constituted, severely affecting the prognosis.

Keywords : non-icteric cholestatsis, nephritic syndrome, AL amyloidosis

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ARTICLE

Auteur(s) : D Swortfiguer1, Y Bacq2, F Schellenberg1, A de Muret3, L Benboubker4, E Piver1, J-C Pagès1

1Service de biochimie et biologie moléculaire, CHRU Tours
2Service d’hépato-gastro-entérologie, CHRU Tours
3Service d’anatomie pathologique, CHRU Tours
4Service d’oncologie médicale. CHRU Tours

Article reçu le 10 Mai 2005, accepté le 5 Juillet 2005

L’observation

Un homme de 51 ans est hospitalisé en hépato-gastro-entérologie début juin 2004, pour la prise en charge d’une cholestase anictérique associée à un syndrome néphrotique. En octobre 2002, une hyperlipidémie mixte était découverte à l’occasion d’un dépistage, suscité par l’existence d’antécédents familiaux d’hypercholestérolémie. Cette dyslipidémie était réfractaire à un traitement associant régime et atorvastatine (Tahor®). Le bilan lipidique de février 2003 indiquait : cholestérol total à 6,44 mmol/L (N < 5,70 mmol/L), HDL-cholestérol à 0,99 mmol/L (N > 1,20 mmol/L), le rapport cholestérol total/HDL-cholestérol à 6,51 (N < 4,5), un LDL-cholestérol 4,58 mmol/L et des triglycérides à 1,92 mmol/L (N < 1,50 mmol/L). La posologie du traitement par statine était alors augmentée.

En janvier 2004 une asthénie est apparue. L’exploration de la fonction thyroïdienne montrait une augmentation de la TSH à 7,04 mUI/mL. L’échographie thyroïdienne était normale. Sous traitement par lévothyroxine, la TSH s’est normalisée. Les autres examens biologiques réalisés mettaient alors en évidence un syndrome inflammatoire biologique : vitesse de sédimentation (VS) augmentée (50 mm la première heure), hyperplaquettose (465 G/L) et fer sérique abaissé (8,7 μmol/L ; N : 12-30 µmol/L).

En février 2004, au cours de la surveillance du traitement par une statine, une augmentation de la gamma-glutamyl transférase (gamma-GT, E.C. 2.3.2.2) à 6 fois la valeur normale (N) était notée, les autres examens explorant les fonctions hépatiques mettaient en évidence une élévation de l’alanine-amino-transférase (ALAT, E.C. 2.6.1.2) à 2 N, l’aspartate-amino-transférase (ASAT, E.C. 2.6.1.1) était normale. Le dosage de la créatine-phospho-kinase (CPK) était alors normal. Les sérologies, à la recherche d’une infection par le virus de l’hépatite B ou C, étaient négatives. En mai 2004, la persistance de l’augmentation de la gamma-GT (19 N) a conduit à l’interruption du traitement hypolipémiant. L’échographie abdominale était normale.

En mars 2004, le patient présentait d’importants œdèmes des membres inférieurs, blancs, mous, indolores. L’auscultation pulmonaire était normale, malgré une légère dyspnée. La pression artérielle était à 120/80 mmHg. L’électrocardiogramme (rythme sinusal à 82/min, espace PR à 0,24 s) montrait un bloc auriculo-ventriculaire de premier degré, un microvoltage de QRS avec un hémibloc de branche antérieur gauche, et un trouble de la repolarisation, qui se traduisait par une onde T plate et diffuse. À l’échographie cardiaque il était noté une fuite mitrale modérée (régurgitation mitrale 2/4) et un épanchement péricardique de l’ordre du millimètre. L’origine cardiaque des œdèmes n’étant pas évidente, un syndrome néphrotique était alors suspecté. L’électrophorèse des protéines sériques (45 g/L) révélait une hypoalbuminémie à 22,3 g/L et une hypogammaglobulinémie à 2,9 g/L (N : 5-12), les alpha2-globulines étaient augmentées à 9,2 g/L (N : 5-8,5), les bêtaglobulines augmentées en pourcentage 19 % (N : 9-14). Il existait une protéinurie à 2,81 g par 24 heures.

En juin 2004, le patient est hospitalisé avec un état général nettement dégradé, une perte de poids de 20 kg au cours des 12 derniers mois est constatée. Il persiste d’importants œdèmes des membres inférieurs. Les examens biologiques confirment la cholestase anictérique (gamma-GT 21 N, phosphatase alcaline (PAL E.C 3.1.3.1) 7,5 N, bilirubine totale normale). La protéinurie, glomérulaire non sélective, s’élève à 12 g/j avec une albuminurie à 7,2 g/j. Ces anomalies associées à l’électrophorèse des protéines sériques (albumine à 19,2 g/L, gammaglobulines à 3,2 g/L et augmentation relative des alpha2 et des bêta-globulines) confirment le syndrome néphrotique. La dyslipidémie observée (sérum opalescent, cholestérol à 13,09 mmol/L, triglycérides à 4,94 mmol/L) est une complication couramment observée lors d’un syndrome néphrotique.

Une échographie abdominale montre une hépatomégalie homogène sans nodules. Une ponction biopsie hépatique est alors réalisée. Des dépôts amyloïdes, sous la forme de petits amas globoïdes ou de lames linéaires, sont visibles au sein des parois artériolaires et de certaines veines, ainsi que dans les espaces de Disse. Après coloration à l’hématoxyline-éosine-safran (HES), ces dépôts ont un aspect amorphe éosinophile (( figure 1A )). Après coloration au rouge Congo, on note un dichroïsme rouge-vert en lumière polarisée (( figure 1B )). Le marquage par un anticorps anti-chaînes légères lambda est intense en immunofluorescence directe (( figure 1C )). Le dosage pondéral des immunoglobulines sériques montre une baisse des IgA (0,78 g/L ; N : 1,06-3,38) et des IgG (3,25 g/L ; N : 6,4-11,90), les IgM sont normales. L’immunofixation ne met pas en évidence de composante monoclonale. En revanche, le dosage néphélémétrique des chaînes légères libres sériques montre une augmentation du taux de chaînes légères lambda à 93,2 mg/L (N : 5,7-26,3 mg/L) alors que celui des chaînes légères kappa était normal à 6,3 mg/L (N : 3,3-19,4 mg/L). Le rapport kappa sur lambda est diminué à 0,07 (N : 0,3-1,6). L’immunofixation urinaire révéle une fine bande lambda. L’excrétion urinaire des chaînes légères lambda et kappa est augmentée (0,089 et 0,106 g/L respectivement ; N < 0,010 g/L). Le myélogramme montre une plasmocytose modérée (9 %), associant des éléments matures et dysmorphiques.

L’atteinte d’autres organes est évaluée. L’échographie doppler cardiaque montre une discrète hypertrophie des ventricules gauche et droit, avec un aspect infiltré hyperéchogène. Il persistait également une lame d’épanchement péricardique de 6 mm, visible en diastole. L’échographie rénale est normale. La fibroscopie œso-gastro-duodénale montre une gastropathie congestive d’hypertension portale.

Devant la présence de dépôts amyloïdes hépatiques, le syndrome néphrotique, la présence anormale des chaînes légères lambda dans le sang et l’urine, et la plasmocytose médullaire, le diagnostic d’amylose primitive AL hépato-rénale est posé. Le patient est alors adressé en oncologie. Le traitement comprend 20 mg/24 h de melphalan associé à 40 mg/24 h de dexaméthasone et 20 mg/24 h d’oméprazole, à raison d’une cure de 4 jours toutes les 4 semaines, pour une durée prévue de 18 mois. Un traitement par furosémide 20 mg/j est également instauré afin de diminuer les œdèmes. Après 3 cures de chimiothérapie, on note une amélioration de l’état général. La protéinurie a régressé à 5,98 g/24 h. L’immunofixation des protéines urinaires ne met plus en évidence l’excrétion de chaînes lambda libres. Le dosage pondéral des chaînes légères libres dans les urines est négatif.

Aspects biocliniques

Les amyloses sont des maladies qui se caractérisent par des dépôts extracellulaires d’une substance amorphe, la substance amyloïde, formée à partir de différents précurseurs protéiques. On distingue les amyloses héréditaires, où la protéine présente en concentration normale est rendue « amyloïdogène » par une mutation génique, des amyloses acquises liées à un excès du précurseur protéique. Les amyloses sont classées selon la nature biochimique du précurseur à l’origine de la synthèse de la substance amyloïde [1]. On dénombre 21 protéines différentes reconnues comme agent causal d’une amylose [2]. Ces dépôts, résistants à la protéolyse, sont composés de fibrilles amyloïdes, du composant sérique amyloïde P (SAP) non fibrillaire et de glycosaminoglycanes [3] qui accélèrent la stabilisation des dépôts en structures insolubles. Les fibrilles sont principalement organisées en feuillets bêta. L’accumulation de ces dépôts insolubles de substance amyloïde dans les espaces extracellulaires conduit au dysfonctionnement du ou des organes touchés. Le diagnostic d’amylose repose sur des critères anatomopathologiques après coloration par le rouge Congo et observation en lumière polarisée.

Les amyloses AL ou amyloses immunologiques sont les plus fréquentes des amyloses systémiques, avec une incidence d’environ 0,9 cas pour 100 000 personnes par an [4]. Les fibrilles amyloïdes ont pour précurseur des chaînes légères d’immunoglobulines, de type lambda plus souvent que kappa, synthétisées par un clone plasmocytaire [5]. L’âge moyen des patients lors du diagnostic se situe autour de 60 à 70 ans, avec une prédominance masculine [1]. Les amyloses AL peuvent être idiopathiques, primitives ou associées à un myélome multiple dans 12 à 15 % des cas [3]. D’après une étude de l’Italian amyloidosis study group incluant 445 patients, les organes les plus fréquemment atteints sont le rein (51 %), le cœur (26 %), le foie (7 %), le système nerveux périphérique (4 %) et le tube digestif (4 %) [1]. Les signes inauguraux de l’amylose AL sont souvent une protéinurie isolée ou un syndrome néphrotique. L’atteinte rénale peut évoluer vers une insuffisance rénale terminale, imposant la dialyse chez 20 % des patients [6]. L’atteinte cardiaque se manifeste par une insuffisance cardiaque réfractaire, des troubles de la conduction ou une cardiomyopathie obstructive. Les manifestations fonctionnelles hépatiques sont tardives et plus minimes. Les neuropathies périphériques peuvent s’exprimer par un syndrome du canal carpien, une hypotension orthostatique ou des troubles digestifs (constipation, diarrhée).

Le diagnostic clinique de l’amylose AL est difficile. Il s’agit d’une pathologie rare, d’évolution lente, longtemps asymptomatique [7]. Dans un premier temps, des signes peu spécifiques peuvent, à tort, paraître indépendants. Le diagnostic est alors retardé, exposant à un risque d’atteintes irréversibles. Il convient donc de rechercher une amylose devant toute pathologie polyorganique [1].

Le diagnostic est essentiellement anatomopathologique [8]. La coloration au rouge Congo donne, en lumière polarisée, une biréfringence rouge-verte caractéristique [9]. La biopsie de l’organe symptomatique est l’examen de choix, mais la dissémination des dépôts permet la réalisation de biopsies moins invasives. Si la biopsie rectale fût longtemps utilisée, deux autres techniques, moins invasives, conduisent également au diagnostic : la ponction de graisse sous-cutanée [10] et la biopsie de glandes salivaires accessoires. Pour ce qui concerne l’amylose AL une équipe de la Mayo Clinic retrouve 90 % des biopsies positives en couplant une ponction de graisse sous-cutanée et une biopsie médullaire [11]. Une élévation modérée (< 10 %) de la population plasmocytaire est observée dans la moelle osseuse [8]. La scintigraphie au 123I-SAP permet de visualiser les dépôts amyloïdes dans le corps entier, certaines localisations sont difficiles à explorer, notamment le cœur et le rein [4].

Les techniques immuno-histochimiques permettent de déterminer le type de chaînes légères, lambda ou kappa [12]. Les chaînes légères libres peuvent être mises en évidence par électrophorèse des protéines sériques et urinaires, cette technique est peu sensible. L’immunofixation, plus sensible, permet de typer les chaînes d’immunoglobulines. La technique de référence est le dosage pondéral par néphélémétrie [13].

Le traitement de l’amylose AL repose sur les agents alkylants. À ce jour, les meilleurs résultats sont obtenus sous melphalan à fortes doses, suivi d’une autogreffe de cellules souches hématopoïétiques. La toxicité élevée de cette thérapie nécessite une sélection des patients. Sont éligibles les patients n’ayant qu’un ou deux organes atteints et ne souffrant pas d’amylose cardiaque majeure [14]. La médiane de survie est, après intensification thérapeutique, de 4,6 ans [15]. Les traitements plus “ classiques ” allient melphalan et prednisone, avec un taux de réponse de 28 % [4]. L’association, melphalan et fortes doses de déxaméthasone, permet d’obtenir un taux de réponse de 67 %, dont 33 % de rémission hématologique complète [16]. Lorsqu’un seul organe vital est atteint, une transplantation peut être proposée [8]. En l’absence de traitement, la médiane de survie est de 1 à 2 ans [4]. L’association à une atteinte cardiaque, ou à un myélome multiple, constitue un facteur de mauvais pronostic. La médiane de survie des patients est alors inférieure à 6 mois [17]. Une fois le diagnostic d’amylose AL établi, la survie globale à 10 ans, après traitement par un alkylant, est de 5 % [18].

L’appréciation de l’efficacité thérapeutique repose sur la stabilisation ou l’amélioration fonctionnelle du et des organes atteints. Il existe une bonne corrélation entre le taux de chaînes légères libres et l’évolution de la maladie. Une diminution de plus de 50 % de la concentration sérique des chaînes légères est associée à un taux de survie de 88 % à 5 ans, contre 39 % lorsque la diminution est inférieure à 50 % [19]. Le dosage sérique des chaînes légères est préférable au dosage urinaire. La concentration urinaire dépend plus de l’élimination rénale que de la synthèse, alors que l’augmentation de la concentration sérique peut s’expliquer par la progression de la maladie et/ou l’altération de la fonction rénale. En cas d’insuffisance rénale, l’évolution de la maladie peut être suivie à l’aide du ratio kappa/lambda sérique. Si l’augmentation de la concentration sérique des chaînes légères est due à une diminution de l’élimination rénale, ce ratio ne change pas alors qu’il varie lors de la surproduction du clone malin [20].

Commentaires

Chez Monsieur D., la persistance de l’hyperlipidémie avec aggravation en dépit d’un régime et d’un traitement aurait pu conduire à la recherche d’une étiologie autre. Ici, il est possible que le syndrome néphrotique soit la cause des perturbations lipidiques initiales. Par ailleurs, les anomalies décelées lors du dosage de la gamma-GT auraient dû entraîner un dosage des phosphatases alcalines, cet examen révélant alors la cholestase anictérique. La plupart des amyloses AL touchent 1 ou 2 organes [1]. Notre patient souffre d’un syndrome néphrotique associé à une atteinte hépatique. Par ailleurs, les anomalies thyroïdiennes et cardiaques rencontrées chez ce patient pourraient aussi être en rapport avec son amylose. Les dépôts amyloïdes peuvent infiltrer la thyroïde et entraîner une hypothyroïdie chez 10 à 20 % des patients atteints [17]. L’hypothyroïdie dont souffre notre patient pourrait ainsi être liée à l’amylose, à condition qu’il s’agisse d’une véritable dysthyroïdie, l’augmentation de la TSH n’étant que modérée et observée une unique fois, aucune autre exploration de la fonction thyroïdienne n’ayant été effectuée. D’autre part, les atteintes cardiaques ne sont pas rares au cours de l’amylose AL. L’aspect hyperéchogène associé aux troubles de la repolarisation, observés chez Monsieur D., doivent faire craindre une localisation cardiaque de son amylose.

Conclusion

Dans cette observation, l’expression clinique de l’amylose AL est, rétrospectivement, assez classique. Le plus souvent, le diagnostic de l’amylose est retardé car les signes cliniques peuvent revêtir de multiples formes du fait de l’atteinte de plusieurs organes, isolément ou en association. Dans le cas présent, il s’est écoulé deux ans entre les signes initiaux et le diagnostic, ce en partie du fait de l’absence d’une association des symptômes résultant de l’atteinte de plusieurs organes. L’amylose doit être systématiquement évoquée devant toute manifestation clinique d’atteinte multiviscérale. Par ailleurs, c’est l’exploration hépatique biologique complète qui aurait pu permettre d’orienter le diagnostic. La recherche d’anomalies hépatiques doit comprendre la détection d’une cholestase. Ce qui ne fût le cas que tardivement. De plus, la persistance d’une dyslipidémie après un traitement bien conduit doit faire rechercher une éventuelle dyslipidémie secondaire et donc évoquer un syndrome néphrotique et plus rarement une cholestase.

Références

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4 Kyle RA, Gertz MA, Greipp PR, et al. A trial of three regimens for primary amyloidosis : colchicine alone, melphalan and prednisone, and melphalan, prednisone, and colchicine. N Engl J Med 1997 ; 336 : 1202-7.

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10 Duston MA, Skinner M, Shirahama T, Cohen AS. Diagnosis of amyloidosis by abdominal fat aspiration. Analysis of four years’ experience. Am J Med 1987 ; 82 : 412-4.

11 Gertz MA, Lacy MQ, Dispenzieri A. Amyloidosis. Hematol Oncol Clin North Am 1999 ; 13 : 1211-33.

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14 Comenzo RL, Gertz MA. Autologous stem cell transplantation for primary systemic amyloidosis. Blood 2002 ; 99 : 4276-82.

15 Skinner M, Sanchorawala V, Seldin DC, et al. High-dose melphalan and autologous stem-cell transplantation in patients with AL amyloidosis : an 8-year study. Ann Intern Med 2004 ; 140 : 85-93.

16 Palladini G, Perfetti V, Obici L, et al. Association of melphalan and high-dose dexamethasone is effective and well tolerated in patients with AL (primary) amyloidosis who are ineligible for stem cell transplantation. Blood 2004 ; 103 : 2936-8.

17 Falk RH, Comenzo RL, Skinner M. The systemic amyloidoses. N Engl J Med 1997 ; 337 : 898-909.

18 Kyle RA, Gertz MA, Greipp PR, et al. Long-term survival (10 years or more) in 30 patients with primary amyloidosis. Blood 1999 ; 93 : 1062-6.

19 Lachmann HJ, Gallimore R, Gillmore JD, et al. Outcome in systemic AL amyloidosis in relation to changes in concentration of circulating free immunoglobulin light chains following chemotherapy. Br J Haematol 2003 ; 122 : 78-84.

20 Bradwell AR. Serum free light chain assays. Birmingham : The Binding Site, 2004.


 

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