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Dosage de l’iode urinaire : évaluation critique de la méthode de minéralisation


Annales de Biologie Clinique. Volume 62, Number 6, 695-700, Novembre-Décembre 2004, pratique quotidienne


Résumé   Summary  

Author(s) : S Fallouh , P-J Lejeune , J Barbaria , B Mallet , Université de médecine de Damas, Syrie, Laboratoire de biochimie, CHU Timone et U555 Inserm, Faculté de médecine, Marseille.

Summary : Urinary iodine is largely measured in microtiter plates by a colorimetic ceric-arsenic assay based on the Sandell-Kolthoff reaction. However, a preliminary digestion step is necessary and requires a particular care not only to transform all the iodo-compounds into iodide but also to prevent the formation of substances liable to the disturb of the subsequent redox reaction. In the present study we tested three types of digestion processes, among them two conventional methods (ammonium persulfate and chloric acid) and a new one using combined nitric acid/hydrochloric acid. Results showed that important errors may be obtained with the chloric acid and the ammonium persulfate digestions. These discordances were the consequence of either an incomplete transformation of iodo-compounds or an oxidation of iodide into molecular iodine or a colorimetric assay disturbance due to a residual yellow coloring. No problems were evidenced with the combined nitric acid/hydrochloric acid process, which remains the better alternative to evaluate the urinary iodine. It could also provide a particularly useful means of assessing the iodine status in epidemiological studies.

Keywords : urinary iodide measurement, microassay, digestion, colorimetric, thyroid

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ARTICLE

Auteur(s) :, S Fallouh1, P-J Lejeune2, J Barbaria2, B Mallet2

1Université de médecine de Damas, Syrie
2Laboratoire de biochimie, CHU Timone et U555 Inserm, Faculté de médecine, Marseille

Article reçu le 28 Avril 2004, accepté le 10 Août 2004

L’iode est un oligoélément indispensable à la biosynthèse des hormones thyroïdiennes, métabolites essentiels pour la croissance normale et la maturation structurale et fonctionnelle du système nerveux des vertébrés. La glande thyroïde capte activement l’iode sanguin et le fixe sur quelques résidus de tyrosine de la prohormone : la thyroglobuline, pour former les iodotyrosines (MIT et DIT) dont certaines vont se coupler pour former les hormones T3 et T4 [1]. Dans des conditions physiologiques, l’iode sérique provient exclusivement des apports alimentaires. Cependant, on peut observer une concentration excessive, le plus souvent d’origine iatrogène, due à la prescription de produits de contraste, d’antiseptiques, de certains médicaments tels que l’amiodarone ou à une radiothérapie à l’131I après thyroïdectomie.Des études cinétiques du métabolisme de l’iode ont montré que les quantités d’iode captées par la thyroïde étaient équivalentes aux quantités d’iode excrétées dans les urines et dont la mesure représente un indicateur fiable du statut iodé d’un individu [2]. Chez l’homme, les concentrations urinaires de MIT et de DIT peuvent être de l’ordre de 1 à 20 % de celles des concentrations sanguines [3, 4]. De nombreuses méthodes de dosage de l’iode urinaire sont décrites [5], allant de la plus sophistiquée (activation neutronique) à la plus simple et rapide (Urojod®, Merck). La large majorité des techniques utilisées fait appel à la méthode colorimétrique décrite par Sandell et Kolthoff [6], dans laquelle l’effet catalytique des ions iodures est mesuré par la réduction des ions cériques (CeIV, jaune) en ions céreux (CeIII, incolore) par les ions arsénites (AsIII). Cependant, cette méthode est sensible à de nombreuses interférences dues à la présence de contaminants organiques ou minéraux capables de réduire les ions cériques ou la présence de métabolites augmentant la couleur jaune naturelle de l’urine. Pour ces raisons la méthode préalable de minéralisation revêt une importance cruciale. Nous avons évalué dans cette étude trois procédés de minéralisation des urines et nous proposons une nouvelle méthode alternative pour optimiser le dosage de l’iode urinaire.

Matériel et méthodes

Réactifs

MIT, DIT, KI et KIO3 proviennent de Sigma-Aldrich, Saint-Quentin Fallavier, France. Les solvants pour chromatographie et tous les autres réactifs de pureté analytique proviennent de Merck Eurolab, Fontenay-sous-Bois, France. Toutes les solutions sont préparées dans l’eau ultra-pure produite au laboratoire (Milli-Q Water System, Millipore SA, Saint-Quentin, France).

Séparation de KI, KIO3, MIT et DIT par CLHP en phase inverse

Un système 625LC (Waters Associates, Milford, MA, États-Unis) est utilisé. Les échantillons (20 μL) sont injectés sur une colonne Purospher RP18 (5 μm, 25 cm, Merck Eurolab) équilibrée avec le solvant A (eau/acide trifluoroacétique, 99,5/0,5, v/v). La chromatographie est réalisée avec le solvant A pendant 10 minutes puis avec un gradient linéaire jusqu’à 50 % de solvant B (acétonitrile/acide trifluoroacétique, 99,5/0,5, v/v) pendant 45 minutes. Le débit est de 0,8 mL par minute et les fractions sont collectées chaque 0,5 minute.

Procédés de minéralisation

Méthode au persulfate

Soixante grammes de persulfate d’ammonium sont dissous dans 100 mL d’eau ultrapure juste avant utilisation [7]. La minéralisation des échantillons (500 μL) est réalisée dans des tubes en pyrex (VWR International, Fontenay-sous-Bois, France) par ajout de 500 μL de solution de minéralisation pendant 1 heure à 110 °C dans un bain de sable.

Méthode au chlorate/acide perchlorique

Cinquante grammes de chlorate de potassium sont dissous dans 100 mL d’eau ultrapure puis chauffés pendant 1 heure dans un bain-marie bouillant ; 37,5 mL d’acide perchlorique (70 %, p/p) sont ajoutés sous agitation constante. La solution est ensuite congelée une nuit à – 20 °C. Après décongélation la suspension est filtrée sur Büchner et stockée à + 4 °C jusqu’à utilisation [8, 9]. La minéralisation des échantillons (500 μL) est réalisée par ajout de 500 μL de solution de minéralisation dans les mêmes conditions que précédemment.

Méthode au mélange acide nitrique/acide chlorhydrique

Trois millilitres d’acide nitrique (65 %, p/p) sont ajoutés à 2 mL d’acide chlorhydrique (37 %, p/p) juste avant utilisation. Il est à signaler que le mélange de ces deux acides entraîne le développement d’une coloration jaune qui s’estompe rapidement à chaud et a totalement disparu à la fin de la réaction sans effet sur son pouvoir minéralisant. La minéralisation des échantillons (500 μL) est réalisée par ajout de 250 μL de solution de minéralisation dans les mêmes conditions que précédemment.

À la fin de la minéralisation et après total refroidissement, tous les tubes d’échantillons, quelle que soit la méthode utilisée, sont complétés à 1 mL avec un tampon PBS 0,01 M, pH 9,0.

Solutions étalons

Une solution mère (1 mM) est préparée par dissolution de 16,6 mg d’iodure de potassium dans 100 mL d’eau ultrapure. Cette solution est stable pendant 6 mois conservée à + 4 °C à l’abri de la lumière et sert à préparer, par dilution extemporanée, la solution 1 μM pour réaliser la gamme d’étalonnage. Des volumes de 5, 10, 20 et 40 μL de cette solution, correspondant respectivement à 5, 10, 20 et 40 pmol, sont déposés dans les puits d’une plaque de microtitration-96 puits à fond plat (Nunc, VWR International, Fontenay-sous-Bois, France). Les solutions étalons de KIO3 (1 μM), MIT (1 μM) et DIT (1 μM) ont été préparées extemporanément par dissolution dans l’eau ultrapure.

Échantillons

L’iode urinaire est évalué chez 250 patients hospitalisés au CHU de la Timone. Les échantillons des urines des 24 heures adressés au laboratoire n’ont pas été triés par rapport à une pathologie particulière et sont stockés à – 20 °C jusqu’au moment du dosage.

Réalisation du dosage colorimétrique

Le dosage est basé sur la méthode de Sandell-Kolthoff adaptée sur microplaque [10-12] qui mesure la vitesse de décoloration, catalysée par les ions iodures (I-) en milieu acide, des ions cériques (Ce IV) par les ions arsénieux (As III). Le réactif cérique est préparé par dissolution de 6,32 g de sulfate d’ammonium cérique dihydraté dans l’acide sulfurique 2,5 M. La solution obtenue (0,1 M) est stable conservée à + 4 °C en flacon coloré pendant 6 mois et doit être diluée au 1/7 dans l’acide sulfurique à 10 % (v/v) au moment du dosage. L’acide arsénieux est préparé par dissolution à chaud sous agitation constante de 3,76 g de trioxyde d’arsenic dans 200 mL d’eau ultrapure additionnée de 7 mL d’acide sulfurique 18 M. Après refroidissement, la solution est filtrée et complétée à 250 mL avec de l’eau ultrapure. Elle est stable pendant 6 mois conservée à + 4 °C. Dans une première étape pour chaque échantillon 3 puits d’une microplaque sont utilisés, chacun recevant 5, 10 et 40 μL de minéralisat puis complétés à 100 μL avec le tampon PBS 0,01 M, pH 9,0. Ensuite sont ajoutés 60 μL d’acide arsénieux puis, après agitation douce de la microplaque, 25 μL du réactif cérique qui déclencheront le début de la cinétique. L’absorbance de chaque puits est mesurée à 405 nm toutes les 5 minutes pendant 30 minutes à l’aide d’un lecteur multicanaux (ν max, Molecular Devices, Saint-Grégoire, France). La valeur d’absorbance 100 % correspond aux puits remplis de 100 μL de PBS à la place des standards ou des échantillons. Tous les résultats présentés dans cette étude correspondent à la moyenne obtenue à partir des 3 prises d’essai de minéralisat des échantillons, sauf si cela est précisé dans le texte.

Dosage de l’iode moléculaire (I2)

I2 est titré par une solution de thiosulfate de sodium 0,01 M selon la réaction :

L’empois d’amidon (10 mg/L) produisant une coloration bleue avec I2 est utilisé comme indicateur.

Résultats et discussion

Effet du temps sur la linéarité de la courbe d’étalonnage

Dans la plupart des méthodes utilisant la réaction de Sandell-Kolthoff l’absorbance est mesurée après un temps d’incubation de 20 minutes après l’ajout du réactif cérique [7, 8, 13]. Cependant dans quelques études elle est également mesurée après seulement 5 ou 10 minutes [10, 11, 14]. La ( figure 1 ) montre que le Log de l’absorbance est linéaire de 0 à 15 minutes pour des quantités en iodure allant jusqu’à 40 pmol/puits et après 15 minutes seulement pour des quantités n’excédant pas 20 pmol/puits. Tenant compte de ces données, tous les résultats présentés dans ce travail sont obtenus après un temps d’incubation de 10 minutes.

Cinétique catalytique des différents composés iodés

En comparaison avec la courbe d’étalonnage obtenue à partir de l’iodure, les cinétiques catalytiques des autres composés iodés (iodate, MIT et DIT) ont été définies. La ( figure 2 ) montre que pour des quantités de 0 à 40 pmol/puits la courbe des quatre composés iodés est linéaire avec des coefficients de corrélation (r2) supérieurs à 0,99. Les coefficients de variation (CV) intra essai (répétabilité, 12 mesures) et inter essai (reproductibilité, 12 séries) ont été déterminés à partir d’une solution étalon d’iodure correspondant à une quantité de 20 pmol/puits. Ils sont respectivement de 2,8 % et de 8,4 %. La limite de détection, calculée comme 3 fois l’écart-type obtenu sur les valeurs de l’étalon zéro est de 0,5 pmol/puits pour l’iodure et l’iodate, 1,0 pmol/puits pour la DIT et 1,5 pmol/puits pour la MIT. Comme le montre la ( figure 2 ), chaque composé iodé possède une activité catalytique spécifique (K). Si la valeur du K de l’iodure est considérée égale à 100 %, celle de chaque composé iodé est rapportée dans le tableau I( Tableau I )  et a été calculée selon l’équation :où Ci et Co représentent respectivement les concentrations en iodure et en composé iodé et n le nombre d’atomes d’iode dans la molécule [14]. Les valeurs du K pour MIT et DIT pointent sur l’importance majeure du procédé de minéralisation qui doit transformer en iodure ces 2 principaux composés organiques iodés présents dans les urines. De plus pour l’iodate, bien que le K soit proche de 80 %, il se dissocie suffisamment de celui de l’iodure pour ne pas être utilisé comme solution étalon en dépit d’une meilleure conservation [9, 13].
Tableau I Activité catalytique des composés iodés.

Composés iodés

K (%)

Iodure

100

Iodate

76,1 ± 4,7

MIT

67,1 ± 3,8

DIT

37,5 ± 5,6

Étude de l’efficacité des différents procédés de minéralisation

Une solution étalon contenant le mélange KI (0,5 μM), MIT (1 μM) et DIT (1 μM) a été minéralisée par le mélange chlorate/acide perchlorique, le persulfate d’ammonium et le mélange acide nitrique/acide chlorhydrique.

Dans une première étape, chaque minéralisat a été chromatographié par CLHP avec mesure de la DO à 280 nm et recueil de fractions de 400 μL selon les conditions décrites dans le paragraphe Matériels et méthodes. En parallèle, la même solution étalon n’ayant pas subi une minéralisation a été aussi chromatographiée afin d’établir un profil témoin. La partie supérieure de la ( figure 3 ) montre les différents chromatogrammes obtenus. Pour le mélange étalon non minéralisé (( figure 3a )) la détection à 280 nm permet d’identifier 2 pics correspondant à MIT (temps de rétention = 18 minutes) et à DIT (temps de rétention = 21 minutes). Dans le cas du mélange étalon après minéralisation, la disparition des 2 pics correspondant à MIT et DIT traduit l’efficacité du procédé à les transformer en iodure. C’est le cas de la minéralisation par le mélange acide nitrique/acide chlorhydrique (( figure 3b )) et par le persulfate d’ammonium (( figure 3c )). Par contre 40 % environ de MIT et de DIT subsistent après traitement par le mélange chlorate/acide perchlorique (( figure 3d )).

Dans une deuxième étape, le dosage des composés iodés a été réalisé sur microplaque-96 puits en utilisant une aliquote de chaque fraction recueillie à partir des différents éluats chromatographiques. Les résultats, exprimés par l’inverse de la DO à 405 nm, sont présentés dans la partie inférieure de la ( figure 3 ). En comparaison avec le mélange étalon non minéralisé (( figure 3e )), le taux de recouvrement est de l’ordre de 75 % aussi bien avec la méthode utilisant le mélange acide nitrique/acide chlorhydrique (( figure 3f )) qu’avec celle utilisant le persulfate d’ammonium (( figure 3g )). Dans le cas de la minéralisation par le mélange chlorate/acide perchlorique (( figure 3h )), le dosage confirme d’une part la présence de MIT et DIT et, d’autre part, ne montre pas d’augmentation significative de la concentration en iodure ce qui pourrait être dû à l’oxydation de l’iodure en iode moléculaire. Pour vérifier cette hypothèse 10 échantillons d’une solution de KI (10,8 μM) ont été minéralisés par le mélange chlorate/acide perchlorique. Le dosage de l’iodate après séparation par CLHP (temps de rétention de 4 et 5 minutes pour respectivement KI et KIO3) ne met pas en évidence ce composé. Par contre le dosage de l’iode moléculaire, réalisé par une méthode de titration, montre qu’environ 40 % de l’iodure initial sont transformés en iode libre (I2).

Étude des différents procédés de minéralisation sur l’expression d’une coloration jaune

Deux cent cinquante échantillons d’urines des 24 heures de patients hospitalisés au CHU de la Timone et adressés au laboratoire ont été minéralisés par le persulfate d’ammonium et par le mélange acide nitrique/acide chlorhydrique. Les minéralisats d’urine (40 μL) obtenus par les 2 procédés ont été déposés dans les puits d’une microplaque puis complétés à 100 μL par le tampon PBS. Tous les puits ont reçu ensuite 60 μL d’acide arsénieux et 25 μL de tampon PBS à la place du réactif cérique. La microplaque a été incubée pendant 10 minutes à température ambiante puis l’absorbance a été mesurée à 405 nm contre des puits ayant reçu les mêmes réactifs à l’exception du minéralisat remplacé par du PBS. Dans le cas de la minéralisation par le persulfate d’ammonium, environ 50 % des échantillons d’urine présentent une coloration jaune dont la DO moyenne ± DS est de 0,192 ± 0,104 (valeurs extrêmes 0,044–0,315). Par contre, pour la minéralisation avec le mélange acide nitrique/acide chlorhydrique, seulement 8 % des échantillons sont colorés avec une DO moyenne ± DS égale à 0,042 ± 0,021 (valeurs extrêmes 0,008–0,069). La même étude réalisée en utilisant 5 μL de minéralisat d’urine montre que pour le procédé au persulfate d’ammonium la DO moyenne ± DS est de 0,011 ± 0,010 (valeurs extrêmes 0,005–0,027) et pour le procédé au mélange acide nitrique/acide chlorhydrique de 0,005 ± 0,004 (valeurs extrêmes 0,001–0,011). Si l’on considère que la valeur de la DO moyenne à 405 nm de la courbe d’étalonnage correspondant à 40 pmol/puits (soit 40 μL d’un minéralisat d’urine d’un patient ayant une iodurie normale de 2 μmol/L) est d’environ 0,080, toute mesure de l’iodurie est ininterprétable chez des patients dont la DO du minéralisat avant le dosage est supérieure à cette valeur.

Conséquences de l’expression d’une coloration jaune du minéralisat sur l’iodurie

Les minéralisats de 145 échantillons présentant une coloration jaune (en absence du réactif cérique) et plus précisément ceux pour lesquels une prise d’essai de 40 μL génère une DO à 405 nm supérieure à 0,050 ont été sélectionnés pour cette étude. L’iode urinaire a été déterminé pour chaque minéralisat à partir des prises d’essai de 40 et 5 μL. Les résultats se révèlent significativement différents selon le procédé de minéralisation et selon le volume déposé dans les puits (tableau II( Tableau II )). Dans le cas de la minéralisation par le persulfate d’ammonium, l’iodurie déterminée à partir d’une prise d’essai de 40 μL montre une valeur égale à environ la moitié de celle déterminée à partir d’une prise d’essai de 5 μL. Ce résultat s’explique facilement si l’on tient compte du raisonnement précédent sur l’influence d’une DO élevée du minéralisat ayant pour conséquence de masquer la décoloration du réactif cérique. La génération d’un minéralisat coloré peut s’expliquer par l’action du persulfate d’ammonium qui est un agent oxydant faisant intervenir les radicaux libres oxygénés et plus particulièrement le radical hydroxyle [15] très agressif vis-à-vis de nombreux substrats organiques [16, 17] tels que les pigments urinaires ou des métabolites médicamenteux. Par contre, dans le cas de la minéralisation par le mélange acide nitrique/acide chlorhydrique, les résultats sont comparables car l’absorbance du minéralisat est toujours faible (< 0,050), quel que soit le volume utilisé. Ce procédé permet donc dans certains cas, sans risque d’erreurs, d’améliorer la sensibilité du dosage en augmentant le volume de la prise d’essai ce qui peut être mis à profit pour la détermination de l’iode dans d’autres milieux comme les tissus ou les aliments.
Tableau II Évaluation de l’iodurie dans les minéralisats présentant une coloration jaune (DO > 0,050).

Volume de la prise d’essai

Minéralisation par le sulfate d’ammonium

Minéralisation par le mélange HNO3/HCl

5 μL

1,91 ± 3,12

1,99 ± 2,85

40 μL

0,99 ± 2,89*

2,10 ± 2,76

*Test t = 3,34 ; P < 0,01.

Conclusion

L’iode dans les échantillons biologiques a été mesuré pendant longtemps à l’aide de l’autoanalyseur Technicon® avec minéralisation automatique des échantillons par l’acide perchlorique ou le mélange chlorate/acide perchlorique. Cet appareil n’étant plus de nos jours commercialement disponible, les laboratoires désirant réaliser le dosage de l’iode doivent développer leurs propres méthodes. L’étape préalable de minéralisation des échantillons d’urines est cruciale. Parmi les méthodes conventionnelles, celle utilisant le mélange chlorate/acide perchlorique devrait être proscrite en raison de son important manque de spécificité. La méthode au persulfate d’ammonium est avantageuse du point de vue sécurité et facilité d’emploi, mais une attention particulière doit être apportée au volume de la prise d’essai qui peut être un facteur limitant la sensibilité de l’analyse et l’exactitude du résultat. Par contre, une nouvelle méthode faisant appel au mélange acide nitrique/acide chlorhydrique a certes les inconvénients liés à l’utilisation des acides concentrés (dégagement de vapeurs toxiques, nécessité d’une hotte ventilée) mais est précise, fiable et possède une bonne sensibilité.

Remerciements

Nous remercions S. Romano, L. Giraud et G. Feuillerat pour leur excellente assistance technique. Cette étude a été financée en partie par l’Association pour le développement des recherches biologiques et médicales.

Références

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