ARTICLE
Auteur(s) : A. Villet1,
E. Nalet2, C. Lebrun5,
G. Beaune1, C. Santre2,
D. Dorez2, J.-P. Deplante3,
P. Giraud4, M. Sirodot2
1 Laboratoire de biochimie,
2 Service de réanimation,
3 Service de rhumatologie,
4 Service de neurologie, Centre hospitalier de la région
annécienne, 1, avenue de Trésum, 74000 Annecy, labo.gbeaune@ch-annecy.fr
5 Laboratoire de biochimie, Centre hospitalier
universitaire de Grenoble, 38700 La Tronche
Article reçu le 31 août 2002, accepté le 6 novembre
2002
L’observation
Claire P., 17 ans, consulte en décembre 1999 son médecin
pour apparition d’épisodes cutanés érythrodermiques depuis plus de
2 ans. Il est noté également une atteinte articulaire aux
doigts et poignets. À l’interrogatoire, il n’existe pas
d’antécédents familiaux connus. La patiente décrit un urticaire
persistant apparu en juin 1999 accompagné d’arthralgies et d’une
augmentation du volume des articulations au niveau des coudes,
pieds et chevilles. Les résultats biologiques (tableau I) révèlent une pancytopénie avec
lymphopénie CD3/CD4 et anémie hémolytique (test de Coombs indirect
positif). On note aussi une hypergammaglobulinémie polyclonale et
une positivation franche des anticorps anti-nucléaires et des
anticorps anti-ADN natif. La recherche de cryoglobuline n’a pas été
effectuée. Le diagnostic de syndrome lupique est retenu. Un
traitement associant prednisone (Cortancyl®) à dose
croissante (30 mg au départ) et hydroxychloroquine
(Plaquenil®, 400 mg/jour) est instauré. Claire P.
est suivie régulièrement en rhumatologie. Une poussée lupique
survient en février 2000 associant hyperthermie, syndrome
inflammatoire, anémie hémolytique et éruption érythémateuse sur la
face antérieure des deux cuisses. Après cet épisode, l’état de la
patiente évolue favorablement puis reste stable pendant 2 ans.
On note un épisode de phlébite surale en 2001 justifiant un
traitement par antivitamine K. Les anticorps antiphospholipides
sont négatifs.
Tableau
I. Tableau récapitulatif des principales données
biologiques de Claire P.
|
Paramètres
|
Valeurs normales
|
Examens biologiques pratiqués
au moment du diagnostic
du lupus (janvier 2000)
|
Examens biologiques pratiqués
au moment du diagnostic
de neurolupus
(entre le 22 et le 27 mars 2002)
|
|
Immunologie
|
|
CRP
|
< 5 mg/L
|
< 5
|
< 5 le 22/03
55,8 le 27/3
|
|
Procalcitonine
|
< 0,1 μg/L
|
Non réalisé
|
Indétectable les 22 et 27/03
|
|
IgG
|
6,54 à 12,10 g/L
|
20,43
|
Non réalisé
|
|
IgM
|
0,60 à 1,65 g/L
|
1,72
|
Non réalisé
|
|
IgA
|
0,59 à 1,90 g/L
|
2,94
|
Non réalisé
|
|
Fractions C3 et C4 du complément
|
C3 : 0,78 à 1,80 g/l
C4 : 0,19 à 0,43 g/l
|
0,28 0,05
|
Non réalisé
|
|
Anticorps anti-nucléaires (ACAN)
|
< 80
|
1 280
|
640
|
|
Anticorps anti-ADN natif
|
< 10
|
40
|
> 300
|
|
Autres auto-anticorps négatifs
|
|
AntiScl70, anti-centromères, anti-Jo1,
anti-cardiolopines, anti-muscles lisses,
anti-réticulum endoplasmique.
|
Anti-ribosome P
|
|
Autres auto-anticorps positifs
|
|
Anti-ENA : anti-Sm, anti-histone,
anti-SSA/Ro, anti-SSB/La.
|
|
|
Hématologie
|
|
Leucocytes
|
4 à 10 G/L
|
3,29
|
2,6 le 22/03
5,3 le 27/03
|
|
Lymphocytes
|
1 à 4 G/L
|
0,86
|
0,41 le 22/03
|
|
Hémoglobine
|
120 à 160 g/L
|
72
|
108 le 22/03
97 le 27/03
|
|
Plaquettes
|
150 à 400 G/L
|
136
|
131 le 22/03
|
|
|
|
|
192 le 27/03
|
|
CD3
|
1 à 3 G/L
|
0,237
|
Non réalisé
|
|
CD4
|
0,7 à 2 G/L
|
0,234
|
0,142
|
|
Biochimie du sang
|
|
Créatinine
|
53 à 100 μmol/L
|
73
|
65
|
|
Urée
|
1,6 à 8,6 mmol/L
|
4,65
|
2,6
|
|
Transaminases
|
10 à 35 UI/L
|
Normales
|
Normales
|
|
Bilirubine totale
|
< 20 μmol/L
|
Normale
|
Normale
|
|
TSH
|
0,2 à 5 mU/L
|
Normale
|
Non réalisé
|
|
Microbiologie
|
|
|
|
Sérologies VIH1 et -2, hépatites B et
C, toxoplasmose, syphilis, Waaler
Rose : négatives
|
Hémoculture et ECBU stériles
|
Le 22 mars 2002, la patiente est hospitalisée en
rhumatologie pour hyperthermie à 38-39 °C, syndrome douloureux
abdominal et troubles digestifs sans vomissement. Le traitement
consiste à augmenter la corticothérapie à la posologie de
60 mg par jour de prednisone. Malgré ce traitement et après
une amélioration clinique de courte durée, la patiente, toujours
fébrile, présente trois jours plus tard un syndrome confusionnel,
des céphalées avec vertiges, une asthénie, des tremblements et des
vomissements importants associés à des douleurs épigastriques. Le
lendemain, des troubles de l’oculomotricité, une parapérésie avec
rétention urétro-vésicale et des troubles sensitifs s’ajoutent aux
signes cliniques décrits la veille. La tomodensitométrie cérébrale
réalisée est normale.
Deux jours plus tard, une paralysie des quatre membres et une
majoration des troubles de la conscience justifient son admission
en service de réanimation. En effet, la patiente présente
brutalement une paraplégie flasque avec abolition des réflexes
ostéo-tendineux sans irritation pyramidale, un déficit total de la
sensibilité, une réponse verbale difficile et une absence de tonus
du sphincter anal. Sur le plan oculaire, on note une diplopie
horizontale et verticale, un nystagmus dans le regard extrême à
gauche et une paralysie du nerf crânien oculomoteur. Une IRM
cérébro-médullaire retrouve des lésions diffuses en hypersignal sur
les coupes en T2 et en hyposignal sur les coupes en T1 du tronc
cérébral remontant jusqu’à la partie postérieure de la protubérance
à droite de la moelle cervicale et une partie de la moelle
thoracique avec un aspect élargi (figure 1). Après arrêt des
AVK et apport de facteurs de la coagulation (Kaskadyl®),
une ponction lombaire est réalisée. Les résultats de l’analyse du
LCR figurent dans le tableau II. Les
principaux résultats biologiques pratiqués entre les 22 et
27 mars figurent dans le tableau
I.
Tableau
II. Résultats des analyses du LCR, réalisées le
29 mars en réanimation
|
Paramètres
|
Valeurs usuelles
du laboratoire
|
Résultats
|
|
Cytologie
|
|
Leucocytes
|
< 2 éléments/mm3
|
6001
|
|
Érythrocytes
|
< 2 éléments/mm3
|
1 300
|
|
Chimie du LCR
|
|
Protéinorachie
|
0,2 à 0,4 g/L
|
4,26
|
|
Glycorachie
|
2,5 à 4,5 mmol/L
|
0,67 (glycémie
à 5,8 mmol/L)
|
|
Quotient albumine2
|
< 0,65
|
6,51
|
|
Index IgG3
|
< 0,70
|
0,89
|
|
Protéine 14.3.3 (western blot)
|
Indétectable
|
Très positive
|
|
TNFα
|
< 15 pg/mL
|
76
|
|
IL6
|
< 10 pg/mL
|
> 4 000
|
|
IFNγ
|
Indéterminées
|
300
|
|
Immunofixation spécifique
|
|
Profil normal.
Absence de bande
oligoclonale d’IgG
|
|
Auto-immunité du LCR
|
|
Anticorps anti-nucléaires
(ACAN)
|
|
Négatifs
|
|
Anticorps anti-ribosome
|
|
Négatifs
|
|
Bactériologie du LCR
|
|
Recherche des antigènes
solubles :
|
|
Négative
|
|
Haemophilus influenzae,
Streptococcus pneumoniae,
Nesseriae meningitidis,
Cryptococcus neoformans
|
|
|
|
Culture
|
|
Négative
|
|
PCR universelle ADN bactérien
|
|
Négative
|
|
Recherche de mycobatéries
|
|
Négative
|
|
Virologie du LCR
|
|
PCR herpes simplex virus
|
|
Négative
|
|
PCR virus zona varicelle
|
|
Négative
|
|
PCR cytomégalovirus
|
|
Négative
|
1 : dont 40 % de
polynucléaires neutrophiles et 60 % de lymphocytes ;
2 : (Alb.LCR/Alb.sérum) × 100 ;
3 : (IgG.LCR/ IgG.sérum) ÷ (Alb.LCR/
Alb.sérum).
L’ensemble des signes cliniques présentés
par la patiente, dans un contexte de maladie lupique évoluant
depuis plusieurs années, associés aux résultats de la biologie et
de l’imagerie permettent de poser le diagnostic de myélite
transverse aiguë (MTA) dans le cadre d’un LED.
Le traitement initial comporte un bolus de méthylprednisolone
(Solumedrol®, 1 g/j pendant 3 jours) associé
au cyclophosphamide (Endoxan®, 1,2 g le premier
jour). Ce traitement est suivi pendant 6 mois avec des doses
dégressives de prednisolone (2 mg/kg/j au départ) et une cure
de cyclophosphamide toutes les 4 semaines. Une nouvelle IRM
est pratiquée le 5 avril et montre la normalisation de
l’aspect de la moelle épinière (figure 1).
Le point de vue du biologiste
Dans cette observation, la biologie a été essentielle dans la
stratégie diagnostique du LED et de ses complications neurologiques
(tableau III). Les cliniciens ont
tout d’abord cherché à exclure une myélite d’origine infectieuse
pour instaurer en urgence une corticothérapie adaptée. Les
résultats cytochimiques de l’analyse du LCR réalisée en urgence,
sont peu discriminants : pléiocytose avec formule panachée,
hyperprotéinorachie et hypoglycorachie. La procalcitonine sérique
restée indétectable malgré l’élévation significative de la CRP cinq
jours après le début des symptômes neurologiques a permis d’exclure
une étiologie bactérienne avec localisation méningée. La
procalcitonine constitue actuellement et ponctuellement un marqueur
de choix de l’infection bactérienne systémique [1]. Chez des
patients présentant une pathologie auto-immune (lupus érythémateux
disséminé, maladie de Wegener...), le dosage de la procalcitonine
permet d’établir le diagnostic différentiel entre poussée active de
la maladie et infection. Les taux de procalcitonine restent
indétectables en cas de maladie évolutive et sont significativement
augmentés en cas d’infection bactérienne systémique [2, 3].
Néanmoins, dans le diagnostic des méningites, cette donnée doit
être nuancée puisque la procalcitonine semblerait moins
discriminante en médecine adulte [4]. Dans notre dossier, la
procalcitonine a confirmé et complété les résultats de la
microbiologie (analyses cytobactériologique et virologique du LCR,
hémocultures...). Après avoir écarté une étiologie infectieuse, les
cliniciens ont voulu éliminer une sclérose en plaques (SEP)
atypique, par l’étude des immunoglobulines du LCR. Il faut rappeler
que cette pathologie, très polymorphe sur le plan clinique doit
être évoquée systématiquement devant toute symptomatologie
neurologique survenant chez le sujet jeune. Dans la SEP, l’examen
cytochimique du LCR met en évidence généralement une réaction
lymphocytaire et plasmocytaire modérée et une synthèse intrathécale
d’IgG objectivée par un index d’IgG augmenté et par la mise en
évidence de bandes oligoclonales de nature IgG [5]. La
protéinorachie reste normale ou subnormale. Dans notre observation,
la légère augmentation de l’index des IgG s’explique exclusivement
par l’importance du transsudat (quotient albumine très élevé).
L’immunofixation spécifique du LCR ne met pas en évidence de profil
oligoclonal d’IgG.
Tableau
III. Proposition de stratégie diagnostique biologique
de la myélite transverse aiguë.
|
|
Analyses biologiques à prescrire
|
|
Diagnostic différentiel, exclusion
|
|
|
- Étiologie infectieuse
|
Analyses cyotochimique,
bactériologique
et virologique du LCR
Procalcitonine sérique.
|
|
- SEP
|
Quotient albumine
Index des IgG
Immunofixation des IgG du LCR
|
|
Diagnostic
de la myélite transverse aiguë
|
Cytokines intrathécales
Anti-ribosome P, Anticorps anti-neurones, fraction C4
intrathécale
|
|
Pronostic
de la myélite transverse aiguë
|
Protéine 14-3-3
|
En définitive, le diagnostic retenu est celui d’une myélite
transverse aiguë aseptique survenue au cours d’un LED. Pour
conforter cette hypothèse un dosage de cytokines intra-rachidiennes
a été effectué. En effet, des synthèses importantes d’interféron
alpha en absence de toute infection virale ou bactérienne et
d’interleukine 6 intrarathécales [6, 7] chez plusieurs
patients présentant un neurolupus ont été rapportées. Chez notre
patiente, les concentrations très élevées en cytokines dans le LCR
confortent le diagnostic.
D’autres marqueurs biologiques ont un intérêt discuté dans le
neurolupus. Les anticorps anti-ribosome P [8] négatifs chez notre
patiente et les anticorps anti-neuronaux [9] seraient plus souvent
positifs dans les neurolupus que dans les formes lupiques sans
atteinte neurologique. Les anticorps anti-ribosome P aideraient
aussi le clinicien à distinguer le neurolupus des atteintes
psychiques induites par la corticothérapie rencontrées quelquefois
chez les patients lupiques. Certains auteurs cependant, n’arrivent
pas à cette conclusion [10].
Une consommation intrathécale de la fraction C4 du complément
aurait également un intérêt dans cette distinction, mais la
labilité du C4 dans le LCR rend ce dosage difficile et impose la
répétition de sa réalisation [11].
La maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) est éliminée a priori
d’emblée sur l’imagerie cérébrale. Les concentrations de la
protéine 14-3-3 dans le LCR contribuant au diagnostic de la MCJ
présentent dans notre observation un intérêt pronostique dans les
myélites transverses aiguës. En effet, une accumulation
intrathécale de cette protéine a été constatée chez les patients
n’ayant pas ou peu récupéré leurs facultés physiques [12].
Le point de vue du clinicien
Dans le LED, des manifestations neuropsychatriques se
rencontrent dans 40 à 60 % des cas en moyenne. Les épisodes
neurologiques peuvent survenir aussi bien chez les patients
lupiques dont la maladie extra-neurologique est évolutive que chez
des lupiques en rémission. La myélite transverse aiguë (MTA) ou
myélite longitudinale ou ascendante fait partie des
19 syndromes neuropsychatriques retenus par l’American
college of rheumatology. Elle représente une manifestation rare
avec seulement 90 cas rapportés dans la littérature ;
39 % des MTA révèlent le LED et dans 42 % des cas, les
MTA apparaissent dans les cinq ans suivant le diagnostic du LED
[13]. Son incidence est inférieure à cinq cas par million par an
dans la population générale [14].
La MTA peut être aiguë ou subaiguë. Une asthénie des extrémités
des membres inférieurs occasionnellement étendue à toutes les
extrémités, une para/quadriparésie, une paraplégie ou tétraplégie,
des paresthésies et des troubles sphinctériens et sensitifs au
niveau des segments thoraciques sont les principaux signes
cliniques décrits dans la MTA.
Les causes de MTA devant être recherchées sont les lésions
compressives comme les tumeurs, les prolapsus vertébraux et/ou
discaux, les fractures vertébrales, les hématomes, les abcès
épiduraux et/ou paraspinaux, les infections virales : Herpes
simplex virus, cytomégalovirus, EBV, virus influenza,
bactériennes : Mycoplasma pneumoniae, Borelia burgdorferi,
Treponema pallidum, Mycobacterium tuberculosis..., la sclérose
en plaques, les maladies auto-immunes : le LED, le syndrome de
Sjogrën, la sarcoïdose... et les intoxications : baclofen
(Liorisol®), pénicilline et plomb.
La pathogénie de la MTA dans le LED est incertaine :
altérations vasculaires secondaires à la formation de complexes
immuns entraînant des vascularites et/ou des états
d’hypercoagulabilité dus aux anticorps antiphospholipides et/ou
altérations non vasculaires liées à la présence d’anticorps
antineuronaux et à la dégénérescence de la substance blanche.
Le traitement proposé dans notre observation (méthylprednisolone
et cyclophosphamide) n’est pas encore validé dans l’indication de
MTA. L’indication du traitement anti-agrégant plaquettaire et des
anticoagulants est controversée ; ils sont cependant
nécessaires en cas de thrombose évolutive et en cas d’accidents
thrombotiques récidivants. La plasmaphérèse peut être aussi
discutée en cas d’inefficacité des corticoïdes et du
cyclophosphamide mais son utilisation reste peu codifiée et le
bénéfice non prouvé. La thérapie optimale n’est donc pas connue et
le devenir des patients est variable avec un pronostic souvent
péjoratif.
Chez les patients lupiques atteints de MTA, la récupération peut
être nulle, partielle ou complète, et commence généralement un à
trois mois après l’épisode de décompensation. D’après des données
publiées respectivement sur 14 et 10 patients ayant suivi le
même protocole thérapeutique que notre patiente [13, 15], seuls 22
à 40 % ont une résolution complète.
L’état clinique de Claire P. s’est amélioré lentement avec une
récupération complète de son oculomotricité et de sa motricité au
niveau des membres supérieurs au bout d’un mois. Sur le plan
respiratoire, l’autonomisation fut plus longue. Elle a nécessité la
mise en place temporaire d’une canule de trachéotomie qui n’a pu
être enlevée que trois mois après son admission en réanimation.
Cependant, elle conserve une paraplégie flasque avec un niveau
sensitif remontant jusqu’en T10 associée à une absence de
tonus sphinctérien. Elle poursuit actuellement sa rééducation dans
un centre spécialisé.
Remerciements. Les auteurs remercient le docteur
Armand Perret-Liaudet, du service d’immunologie de l’hôpital
neurologique à Lyon pour ses dosages de la protéine 14.3.3.
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