ARTICLE
Auteur(s) : C. Tse, J. Capeau
Hôpital Tenon, Laboratoire de biochimie et d’hormonologie, 4,
rue de la Chine, 75020 Paris
Article reçu le 5 novembre 2002, accepté le
26 novembre 2002
Le concept technologique de la réaction de polymérisation en chaîne
(polymerase chain reaction ou PCR), découvert par Kary
Mullis en 1983 [1] et qui lui a valu le prix Nobel de chimie en
1993, est aujourd’hui devenu un outil quasiment universel dans le
domaine de la biologie. La PCR est une méthodologie hautement
sensible et spécifique pour la détection des acides nucléiques. Son
usage s’est considérablement étendu à de nombreuses applications,
dont l’analyse quantitative d’acides nucléiques spécifiques (ADN et
ADNc) dans un échantillon donné.
Les premières approches de quantification de gènes par PCR ou de
transcrits géniques par rétrotranscription PCR (RT-PCR) ont reposé
sur une analyse de titration faisant appel à l’utilisation d’une
solution titrée d’acide nucléique (ou standard externe) servant à
l’élaboration d’une gamme d’étalonnage obtenue par dilutions en
série du standard externe [2]. Le résultat de l’analyse donne une
évaluation de la quantité relative de matrice cible par rapport au
standard. Cependant, la précision des résultats obtenus est très
souvent limitée, du fait de la grande variabilité d’efficacité
d’une PCR à l’autre. L’introduction d’un standard interne
coamplifié au cours de la même réaction PCR a permis de corriger en
partie la variabilité tube à tube et a conduit au développement de
deux méthodologies différentes de quantification : celles par
PCR différentielle et celles par PCR compétitive.
Dans les approches de quantification par PCR (ou RT-PCR)
différentielle [3], une séquence endogène, c’est-à-dire appartenant
à un gène dit de référence présent dans l’échantillon testé
(séquence endogène d’un gène présent à l’état d’une seule copie par
génome haploïde ou transcrit d’un gène domestique dont la
transcription est constante et indépendante de l’environnement
extracellulaire), sert de standard interne. La séquence endogène
standard est coamplifiée avec la séquence cible au cours d’une même
réaction PCR utilisant deux couples d’amorces spécifiques. La
méthode permet d’évaluer la quantité relative de gène cible par
rapport au gène de référence, ce dernier permettant de normaliser
la quantité et la qualité d’acide nucléique extrait. Néanmoins, la
quantification à l’aide d’un gène endogène comme standard interne
nécessite des conditions d’application extrêmement normalisées afin
de s’assurer que l’amplification des deux séquences différentes
(gène cible et gène de référence) s’effectue avec des efficacités
identiques.
Les approches de quantification par PCR (ou par RT-PCR)
compétitive utilisent une séquence exogène comme standard interne
[4]. Ce type d’approche repose sur une coamplification compétitive
de la séquence cible avec des quantités connues de standard interne
et en présence du même couple d’amorces. Le standard interne (ou
compétiteur) est une séquence exogène d’ADN ou d’ARN synthétique
que l’on construit de façon à être la plus proche possible de la
séquence cible à quantifier, qui doit partager les mêmes sites
d’amorçage que la séquence cible, qui doit être amplifié avec une
efficacité d’amplification équivalente à celle de la séquence cible
et dont le produit d’amplification doit cependant pouvoir en être
différencié [5]. La quantification s’effectue par comparaison du
signal PCR correspondant au gène cible avec ceux qui sont obtenus
pour chaque concentration du gène compétiteur. Cependant, le choix
du compétiteur et la validation des efficacités d’amplification
sont difficiles à établir et relativement laborieux. L’autre limite
des techniques de PCR compétitive est la nécessité de coamplifier
par échantillon, au moins 4 ou 5 dilutions du standard interne
pour couvrir le domaine des concentrations attendues en gène
cible.
Le nombre élevé de stratégies de quantification proposées dans
la littérature reflète bien la difficulté à obtenir des résultats
fiables et reproductibles. L’introduction d’une molécule reporter
fluorescente dans le milieu réactionnel de PCR et la détection des
produits de PCR par une méthode fluorimétrique a conduit au
développement récent des techniques de PCR quantitative en temps
réel [6]. Ces dernières reposent, non plus sur une détection en
point final des produits de PCR formés, mais sur une analyse de la
cinétique de la réaction PCR au moyen d’un système capable de
détecter « en tube fermé » les produits de PCR formés
après chaque cycle d’amplification.
Principe de la PCR quantitative en temps réel
Les bases mathématiques de la réaction PCR :
rappels
Nature exponentielle de la réaction PCR
La PCR est par définition une réaction en chaîne au cours de
laquelle les produits issus d’un cycle d’amplification servent de
matrice pour le cycle suivant. Ainsi, la réaction en chaîne qui
s’établit par la répétition des cycles de
dénaturation-hybridation-élongation aboutit à une accumulation
exponentielle théorique de 2n fois par molécule d’ADN.
Autrement dit, la quantité de produits de PCR double à chaque cycle
d’amplification suivant la relation mathématique
suivante :
N = N0 . 2n
(où : N est le nombre de molécules amplifiées au final,
N0 le nombre initial de molécules et n le nombre de
cycles d’amplification).
Efficacité d’amplification
Au niveau expérimental, la quantité de produit formé dépend d’un
facteur primordial qui est l’efficacité d’amplification (E) définie
comme étant la proportion moyenne des molécules d’ADN cible se
dupliquant à chaque cycle d’amplification. L’efficacité
d’amplification est comprise entre 0 (aucune amplification ne s’est
produite) et 1 (après chaque cycle PCR, chaque molécule d’ADN cible
a généré deux amplicons). Dans les conditions expérimentales
habituelles, E est inférieure à 1 et varie entre 0,78 et
0,97 selon le gène amplifié [7]. L’introduction de ce facteur
essentiel, qu’est l’efficacité d’amplification, dans le calcul du
nombre de molécules amplifiées après n cycles d’amplification
conduit à l’équation suivante :
N = N0 .
(1 + E)n
Convertie sous forme logarithmique, cette équation a pour
expression :
Log N = Log N0 + n
. Log (1 + E)
La représentation graphique des variations du logarithme du
nombre N de molécules amplifiées (Log N) en fonction du nombre de
cycles d’amplification (n) est une droite dont la pente est Log
(1 + E) et l’ordonnée à l’origine le nombre initial de
molécules (N0). Il est alors possible de calculer
E :
E = 10– 1/pente
puis d’en déduire le nombre initial de molécules N0.
De nombreux facteurs expérimentaux (concentrations en désoxy
nucléoside triphosphate (dNTP), en MgCl2 et en ADN
polymérase, température, structure secondaire et contenu en bases
G/C de la séquence cible, longueur du fragment à amplifier,
présence d’inhibiteurs de l’ADN polymérase ou de la transcriptase
inverse) peuvent affecter l’efficacité d’amplification.
Phase plateau de la réaction PCR
L’accumulation exponentielle de la quantité de produits au cours
de la réaction PCR n’est, en réalité, observée que pendant les 20 à
35 premiers cycles. Au cours des derniers cycles
d’amplification, l’accumulation se ralentit et la quantité de
produits formés tend vers une limite. C’est l’effet plateau (ou
saturation). La phase plateau reflète une baisse de l’efficacité
d’amplification qui résulte en partie de l’inactivation thermique
partielle de l’ADN polymérase au cours des derniers cycles et du
fait que les produits nécessaires à l’amplification (notamment dNTP
et amorces) deviennent limitants. D’autres phénomènes sont
également impliqués : réhybridation préférentielle de la cible
avec elle-même plutôt qu’avec les amorces, activation de l’activité
5’-3’ exonucléase de l’ADN polymérase et probablement accumulation
de pyrophosphates résultant de la dénaturation thermique des dNTP
et inhibiteurs de l’activité polymérase [8].
Le cycle seuil
Le principe de la PCR quantitative en temps réel repose sur le
suivi cycle par cycle de la réaction d’amplification enzymatique au
moyen d’une molécule reporter fluorescente capable d’émettre dans
des conditions bien définies un rayonnement fluorescent dont
l’intensité sera directement mesurée à un moment donné au cours de
chaque cycle PCR. L’intensité de la fluorescence émise par la
molécule reporter augmente à chaque cycle PCR. Par ce suivi, il est
alors possible de tracer une courbe, de caractériser les
différentes phases de la cinétique PCR et de mesurer la quantité de
produit d’amplification généré en un point de la phase
exponentielle (figure
1). C’est uniquement au cours de cette phase qu’il sera
possible d’extrapoler la quantité de matrice cible initialement
présente avant amplification. Au cours des premiers cycles
d’amplification, l’intensité de la fluorescence émise est très
faible et va permettre de définir la ligne de base de la courbe.
Après un certain nombre de cycles, l’accumulation des produits de
PCR entraîne une variation mesurable de l’intensité de la
fluorescence émise. Le point de départ de la phase exponentielle,
phase au cours de laquelle l’efficacité d’amplification est
supposée rester constante, est appelé cycle seuil optique (figure 1). Plus
précisément, le cycle seuil optique est le nombre fractionnaire de
cycles pour lequel l’intensité de la fluorescence émise a dépassé
une valeur seuil (ou seuil de détection optique) significativement
différente du bruit de fond. Selon l’algorithme utilisé pour son
calcul, il est symbolisé par les lettres Ct (threshold
cycle) ou Cp (crossing point). Le cycle seuil est un
point remarquable de la cinétique d’amplification car il se trouve
inversement proportionnel au logarithme du nombre N0 de
molécules d’acide nucléique cible initialement présentes avant
amplification par PCR [9].
Les systèmes de détection en temps réel
Les agents intercalants
Les systèmes permettant la détection des molécules d’amplicon
générées après chaque cycle d’amplification font appel soit à un
agent intercalant se fixant directement sur l’ADN double brin, soit
à une sonde fluorogénique allant s’hybrider de manière spécifique
sur le fragment cible amplifié. Le système de détection le plus
simple repose sur l’inclusion d’un agent intercalant, le
SYBRTM Green I [10, 11] qui se lie préférentiellement à
l’ADN double brin nouvellement synthétisé. À chaque étape
d’hybridation et d’élongation d’un cycle PCR, le SYBRTM
Green I s’intercale entre les bases nucléotidiques de l’ADN double
brin et peut émettre un signal de fluorescence lorsqu’excité par
des rayonnements ultraviolets. La mesure de l’intensité du signal
émis à la fin de chaque étape d’élongation permet le suivi cycle
par cycle de la réaction PCR.
Le système est simple, très sensible mais de spécificité
essentiellement conditionnée par le choix des amorces. Le
SYBRTM Green I marque toutes les molécules d’ADN double
brin, qu’elles soient spécifiques ou non de la séquence d’intérêt.
De ce fait, tous les produits de PCR non spécifiques ainsi que les
dimères d’amorces éventuellement formés vont également engendrer un
signal de fluorescence. Ce défaut de spécificité constitue la
limite majeure des systèmes de détection utilisant un agent
intercalant. L’autre limite du système est liée au fait que
l’intensité générée est proportionnelle à la masse d’ADN double
brin produite et par conséquent à la taille des amplicons. Ce qui
n’est pas le cas des systèmes utilisant une sonde fluorogénique
pour lesquels la production d’un signal de fluorescence est
indépendante de la longueur du produit amplifié et spécifique de
l’amplicon détecté.
Néanmoins, le système de détection utilisant le SYBRTM
Green I est un système très simple qui permet de tester la
spécificité d’une réaction PCR par l’établissement d’une courbe de
fusion post-PCR puis par la détermination de la température de
fusion (Tm : melting temperature) des produits
amplifiés [12].
Les sondes fluorogéniques
Principe de base : quenching par FRET
Une sonde fluorogénique est un fragment d’ADN monobrin, non
extensible par l’ADN polymérase, spécifique du fragment cible
amplifié et portant un ou deux groupements fluorophores. Un
groupement fluorophore est une molécule capable d’absorber de
l’énergie lumineuse et ainsi de passer à un état excité, puis de
restituer cette énergie sous forme d’une émission fluorescente en
retournant à son état initial. À chaque cycle d’amplification PCR,
l’hybridation spécifique d’une molécule de sonde fluorogénique sur
chaque molécule d’amplicon générée, couplée à une mesure de
l’intensité de la fluorescence émise par le groupement fluorophore
excité, vont permettre le suivi en direct de la réaction
d’amplification. Cependant, l’émission de fluorescence mesurée ne
doit se produire que lorsque la sonde s’est hybridée sur sa cible
spécifique. D’où l’introduction d’un second fluorophore allant plus
ou moins complètement absorber l’énergie émise par le fluorophore
excité et réduire voire empêcher l’émission de fluorescence lorsque
la sonde se trouve libre dans le milieu réactionnel. Afin d’obtenir
un signal intense avec un très faible bruit de fond, le système
permettant la détection des produits d’amplification exploite le
processus de transfert d’énergie par résonance de fluorescence
(FRET : fluorescence resonance energy transfer) entre
une molécule électroniquement excitée (le fluorophore donneur) et
une molécule voisine (le fluorophore accepteur ou quencher) [13,
14]. Suite à ce transfert d’énergie, le fluorophore donneur excité
retourne à son état initial et l’énergie transférée au quencher
est, soit absorbée par ce dernier, soit dissipée dans
l’environnement sous forme de chaleur. Ce processus de capture et
de transfert d’énergie lumineuse est appelé quenching. Le
fluorophore quencher est la molécule qui réalise le
quenching de fluorescence. Deux conditions sont essentielles
pour obtenir un quenching efficace par FRET : un chevauchement
spectral compatible du couple donneur/accepteur et un rayon dit de
Förster (distance optimale entre donneur et accepteur) compris
entre 40 et 100 angströms.
Selon la nature du quencher participant au processus FRET,
plusieurs systèmes de détection ont été élaborés. À l’heure
actuelle, les stratégies de détection les plus employées sont
celles utilisant comme sonde fluorogénique, les sondes
TaqManTM ou sondes d’hydrolyse [15], les sondes FRET en
tandem ou sondes LightCyclerTM [16] et les sondes
BeaconTM [17]. D’autres systèmes comme le système
ScorpionTM [18], le système AmplifluorTM [19]
et le système des sondes peptidiques light-up ou sondes
peptide nucleic acids (PNA) [20] ont été récemment
développés.
Les sondes d’hydrolyse ou sondes TaqmanTM
La sonde TaqManTM (figure 2) est un fragment
oligonucléotidique marqué par deux groupements fluorophores en ses
extrémités 5’ et 3’ [15]. L’extrémité 5’ porte le fluorophore
donneur qui est un dérivé de la fluorescéine (FAM, TET, JOE, HEX ou
VICTM). À l’extrémité 3’, se trouve le fluorophore
quencher qui est habituellement un dérivé de la rhodamine
(TAMRA). Du fait de la proximité des deux groupements fluorophores,
liée à la petite taille de la sonde (25 à 30 nucléotides, soit
moins de 55 angströms entre les deux fluorophores), l’énergie
absorbée par le fluorophore donneur excité est transférée par FRET
au fluorophore accepteur. Le spectre d’excitation du TAMRA ne
chevauchant pas le spectre d’émission du fluorophore donneur, le
quencher absorbe l’énergie qui lui est transmise mais n’émet
aucune fluorescence (figure 2A). La
particularité du système TaqManTM est d’exploiter
l’activité 5’-3’ nucléase de l’ADN polymérase qui permet
d’hydrolyser la sonde hybridée à sa cible spécifique lors de
l’étape d’élongation des amorces [21]. Le clivage de la sonde au
cours de cette étape a pour conséquence d’éloigner les deux
fluorophores, de libérer le fluorophore donneur de l’effet
quenching exercé par le TAMRA et ainsi de rétablir son
émission de fluorescence (figure 2B). L’intensité de
la fluorescence émise par le fluorophore donneur, couramment
dénommé fluorophore reporter dans une sonde TaqManTM,
est mesurée en fin de chaque cycle d’amplification.
De par son mode de fonctionnement, le système TaqManTM
utilise des conditions d’amplification particulières en deux
étapes, une étape de dénaturation à 94 °C et une seconde étape
combinant hybridation et élongation réalisées à une température
identique (aux alentours de 60 °C). La sonde ne pouvant être
clivée que lorsqu’hybridée à son brin complémentaire, la
température d’extension des amorces doit être compatible avec la
température d’hybridation de la sonde. La Tm d’une sonde
TaqManTM doit donc être élevée et voisine de 70 °C,
ce qui impose une conception rigoureuse des amorces mais facilite
l’application d’un profil de thermocyclage standard. Par ailleurs,
le système TaqManTM impose l’utilisation d’une ADN
polymérase obligatoirement dotée d’une activité 5’-3’ exonucléase
dont l’efficacité conditionnera la qualité et l’intensité du signal
émis [22]. Le clivage de la sonde étant irréversible, le système
TaqManTM ne permet pas l’établissement d’une courbe de
fusion post-PCR.
Le développement d’un nouveau type de sondes TaqManTM,
les sondes TaqManTM – MGB [23], a permis de pallier
certaines limites du système TaqManTM. L’introduction à
l’extrémité 3’ d’une molécule ayant une affinité pour le petit
sillon de l’ADN ou noyau MGB (minor groove binder) augmente
la Tm de la sonde et stabilise plus fortement son interaction avec
la matrice ADN, ce qui permet de dessiner des sondes de plus petite
taille (13 à 20 nucléotides) et capables de s’hybrider avec
une matrice riche en dinucléotides GC ou AT. Par ailleurs, dans une
sonde TaqManTM – MGB, le fluorophore reporter est
associé à un quencher non fluorescent ; ce qui rend
possible la détection de deux cibles différentes (ou
biplexing) au cours d’une même réaction PCR. Ces
modifications chimiques apportées aux sondes TaqManTM
ont également permis d’étendre les applications de cette chimie au
génotypage par discrimination allélique.
Les sondes FRET en tandem (sondes
LightCyclerTM)
Le système utilise un couple de sondes d’hybridation très
courtes [16] portant chacune un fluorophore (figure 3). La particularité
de ce système réside dans le fait que le processus de transfert
d’énergie par FRET s’effectue entre deux fluorophores séparés par
moins de cinq nucléotides, le fluorophore donneur ayant un spectre
d’émission se chevauchant avec le spectre d’excitation du
fluorophore accepteur (figure 3A). Le transfert
d’énergie est alors direct et hautement efficace : une fois
les deux sondes appariées à leur séquence cible tout en restant
adjacentes l’une envers l’autre, l’énergie libérée par le
fluorophore donneur de haute énergie est directement captée par le
fluorophore accepteur de moindre énergie qui ainsi excité émet à
son tour un signal fluorescent mesurable (figure 3B).
À la différence du signal fluorescent émis par une sonde
TaqManTM, celui émis à l’aide d’un couple de sondes FRET
en tandem est directement lié à l’hybridation des sondes sur une
cible qui leur est spécifique. Cela confère une certaine
flexibilité dans le choix des sondes, ces dernières devant avoir
des Tm identiques à 2 °C près et supérieurs au Tm des amorces
de 5 à 10 °C. De plus, les sondes ne subissant pas
d’hydrolyse, l’émission de fluorescence est réversible et la
production d’une courbe de fusion réalisable après PCR. Le système
des sondes FRET en tandem est simple mais cependant limité par le
choix du couple de fluorophores. Le transfert d’énergie par FRET
n’est efficace que lorsque la fluorescéine est associée à l’un des
fluorophores très particuliers que sont les rouges
LightCyclerTM, LC Red 640 et LC Red 705, ce qui limite à
deux cibles maximum la capacité du système à quantifier
simultanément plusieurs cibles.
Les sondes BeaconTM (ou sondes d’hybridation
phare)
Une sonde BeaconTM [17] est une sonde d’hybridation
en épingle à cheveux qui porte à son extrémité 5’ un groupement
fluorophore reporter et à celle 3’ un groupement fluorophore non
fluorescent quencher (figure 4). Elle possède une
structure particulière de type tige boucle dans laquelle les bras
de la tige résultent de l’appariement de ses extrémités
complémentaires ; la boucle est spécifique et complémentaire
de la séquence cible à détecter. Dans ce type de sonde, la
proximité des deux groupements fluorophores est imposée par la
structure secondaire en épingle à cheveux de la sonde, ainsi
dénommée sonde phare. En présence de la séquence cible
complémentaire, la sonde s’apparie de façon spontanée à cette cible
et subit un changement de conformation au cours duquel le
quencher s’éloigne du reporter alors capable d’émettre une
fluorescence mesurable (figure 4A).
À la différence des systèmes TaqManTM, le
groupement quencher porté par l’extrémité 3’ est une
molécule non fluorescente appartenant à la famille des
quenchers non fluorescents (dark quenchers) qui sont
le DABCYL (ou rouge de méthyle) et les fluorophores
BHQTM (black hole quenchersTM). Ces
quenchers non fluorescents captent l’énergie transmise par
le fluorophore donneur excité puis la restituent, non pas sous
forme d’une émission lumineuse, mais sous forme de chaleur. Parce
que possédant un très large spectre d’absorption couvrant plus ou
moins complètement le spectre d’émission des fluorophores reporter
qui leur sont associés (figure 4B), les
quenchers non fluorescents ont une plus grande efficacité de
quenching. Le bruit de fond de fluorescence est alors
considérablement réduit, d’où une sensibilité largement supérieure
à celle des systèmes utilisant un quencher fluorescent. Le
DABCYL et les quenchers BHQTM constituent le
groupement quencher universel des sondes BeaconTM
auquel peuvent être couplés la quasi-totalité des fluorophores
employés en détection de fluorescence (FAM, TET, HEX,
JOE/VICTM, TAMRA, CY5, CY3, Rouge Texas...). Cette
possibilité de coupler autant de fluorophores reporter fait du
système BeaconTM l’outil de choix adapté à la détection
simultanée de plus de deux cibles (multiplexing) au cours
d’une même réaction PCR. Il est à souligner l’utilisation récente
du DABCYL à la place du TAMRA dans les sondes TaqManTM
[24].
En cas de mésappariement touchant un seul nucléotide,
l’hybridation d’une sonde BeaconTM n’a pas lieu, la
formation d’une structure repliée en épingle à cheveux se trouvant
thermodynamiquement favorisée. La spécificité de détection du
système est telle qu’elle permet de détecter des différences d’une
seule base, ce qui est difficilement réalisable avec les systèmes
TaqManTM et LightCyclerTM.
L’inconvénient majeur du système BeaconTM est la
difficulté de conception des sondes. Un dessin optimal de la
structure en boucle est crucial [25] car un repliement de la sonde
qui n’amènerait pas le reporter à proximité immédiate du
quencher entraînerait un bruit de fond important.
Inversement une structure en boucle trop forte empêcherait le
dépliement de la sonde lors de son hybridation à la cible. Pour
chaque sonde BeaconTM dessinée, un profil de
dénaturation thermique doit préalablement être établi pour définir
les caractéristiques de fusion de la sonde.
Les stratégies de quantification
La concentration en acide nucléique cible peut être mesurée,
soit de façon « absolue » après établissement d’une
courbe d’étalonnage à partir d’un standard homologue externe, soit
de façon relative après normalisation par rapport à un gène de
référence (gène endogène validé) ou un calibrant (échantillon
servant de référence). Les stratégies de quantification
« absolue » expriment la concentration en cible d’intérêt
en tant que valeur absolue, c’est-à-dire en nombre de copies par μL
ou en unités de concentration (par exemple en moles d’acide
nucléique par μL) ; celles de quantification relative mesurent
la concentration en cible d’intérêt, relativement par rapport à la
référence choisie, c’est-à-dire au moyen d’un rapport
cible/référence.
Quantification « absolue » par étalonnage avec un
standard
Le principe
La détermination d’une quantité absolue d’acides nucléiques
repose sur l’établissement d’une gamme d’étalonnage à partir de
plusieurs dilutions sérielles d’un standard externe homologue titré
en nombre de copies de gène ou de transcrit cible. Pour chacune des
dilutions effectuées, la cinétique de la réaction PCR est suivie en
temps réel afin de déterminer le cycle seuil correspondant. La
droite d’étalonnage exprimant les variations du Ct en fonction de
la quantité d’acide nucléique cible contenu dans chaque point de
gamme est ensuite tracée. Après validation de la droite obtenue par
le calcul de l’efficacité d’amplification (E doit être voisine de
1) et du coefficient de régression linéaire r qui permet de
vérifier la reproductibilité du pipettage
(r2 ≥ 0,99), il est alors possible d’en
extrapoler le Ct et par conséquent d’en déduire la quantité d’acide
nucléique cible initialement présente.
Le standard
Le standard servant à l’établissement de la courbe d’étalonnage
doit présenter une efficacité d’amplification similaire à celle des
échantillons (la différence d’efficacité maximale tolérée étant de
5 %) et une séquence amplifiable homologue à celle de la cible
(même longueur d’amplicon et même contenu en nucléotides G et C)
afin que l’amplification PCR soit réalisée avec le même couple
d’amorces et la même sonde d’hybridation que celle du gène cible.
Les standards externes habituellement employés sont constitués par
une solution titrée de plasmides contenant la séquence d’intérêt ou
de produits de PCR contenant les séquences du couple d’amorces
utilisées pour l’amplification PCR du fragment d’intérêt. Pour la
quantification d’ARN messagers et afin de contrôler l’efficacité de
l’étape de transcription inverse, le standard préconisé pour la
quantification des ARN messagers est une solution titrée, soit
d’ARN recombinant, soit d’ARNc synthétique, identique à l’ARN cible
natif et généré par transcription in vitro. Les stratégies
de quantification utilisant un standard externe sont souvent
qualifiées de quantification « absolue ». Cependant,
l’exactitude de ce type de quantification est totalement dépendante
de l’exactitude du titre des standards employés. La difficulté
majeure d’une quantification « absolue » est la
préparation d’un standard dont le nombre absolu de copies ou la
concentration en cible d’intérêt est exactement connu,
reproductible et stable durant un temps bien défini. Il se pose
alors le problème de déterminer avec exactitude le nombre absolu de
copies de gène cible par μL du standard utilisé. Cette
concentration est en général mesurée par un dosage
spectrophotométrique UV qui ne donne en fait qu’une valeur
approximative et très souvent surestimée de la quantité de gène
cible amplifiable. Seules la méthode des dilutions limites et
l’application d’une méthode d’analyse statistique reposant sur la
distribution de Poisson [26] permettraient de déterminer le nombre
absolu moyen de copies du standard préparé.
Étant donné la difficulté et l’extrême lourdeur de préparation d’un
standard exactement titré en acide nucléique, les stratégies de
quantification « absolue » sont le plus souvent réservées
à des applications bien particulières telles que la quantification
dans les liquides biologiques de virus responsables de pathologies
telles que le sida et les hépatites B ou C [27]. Les applications
principales de la PCR quantitative sont représentées par la
comparaison entre différents types cellulaires du niveau
d’expression d’un gène [28]. Pour de telles applications, la
connaissance exacte du nombre de molécules d’acide nucléique ne
s’avère pas indispensable, d’où le développement des stratégies de
quantification relative.
Quantification relative
Le principe
Les méthodes de quantification relative permettent d’analyser la
quantité de cible relativement à un gène de référence allant
normaliser les différences liées à la qualité et la quantité des
acides nucléiques extraits et détecter la présence d’éventuels
inhibiteurs de la PCR. Le gène de référence doit satisfaire aux
critères suivants : 1) être un gène endogène existant à l’état
d’une seule copie et d’expression constante ; 2) être amplifié
par PCR avec une efficacité similaire à celle du gène cible, quelle
que soit la nature de l’échantillon étudié. Les gènes de référence
les plus utilisés sont les gènes des sous-unités 18S et 28S des ARN
ribosomaux, des gènes de strucure tels que ceux de la β-actine ou
de la glycéraldéhyde-3-phosphate déshydrogénase (GAPDH), les gènes
de l’albumine, de la cyclophyline et de l’hypoxanthine
phosphoribosyltransférase (HRPT). Il est toutefois nécessaire de
valider la stabilité d’expresion du gène choisi comme référence en
vérifiant au préalable que les niveaux d’expression de ce gène sont
équivalents dans différentes conditions expérimentales [29, 30]. Le
résultat obtenu pour le gène cible est divisé par celui obtenu pour
le gène de référence. Le rapport cible/référence ainsi calculé pour
chaque échantillon inconnu est dans un second temps rapporté à
celui d’un calibrant. Le calibrant est une solution d’acide
nucléique servant de référence et contenant les gènes cible et
référence appropriés. Le résultat final est exprimé par un indice
et non pas, contrairement aux méthodes de quantification absolue,
par une valeur absolue.
Quantification relative avec standard externe
Cette méthode est en fait une variante de la méthode par
étalonnage qui utilise pour calibrant un standard externe allant
être dilué en série. Deux courbes d’étalonnage sont parallèlement
construites, l’une pour le gène cible et l’autre pour le gène de
référence endogène. Les quantités de gène cible et de gène de
référence contenues dans l’échantillon étudié sont ensuite
extrapolées à partir des courbes établies puis divisées entre elles
pour obtenir une valeur normalisée de la quantité de gène cible. Le
fait de normaliser la quantité de gène cible par rapport à celle du
gène de référence ne nécessite pas l’utilisation d’un standard
externe titré de façon absolue.
Méthode comparative des Ct
C’est une méthode de quantification relative qui permet de
calculer à partir d’une formule mathématique le nombre de molécules
de gène ou de messager contenues dans un tissu donné. Elle
consiste, après coamplification du gène cible avec un gène endogène
de référence à comparer les Ct calculés à partir du tissu analysé
et du calibrant. Le calibrant est ici une solution d’acide
nucléique obtenue à partir de tissu sain ou de leucocytes
notamment. Le nombre de molécules de gène ou de transcrit
initialement présents dans le tissu analysé, normalisé par rapport
au gène de référence et relatif au calibrant est alors donné par la
relation mathématique 2– ΔΔCt dans laquelle :
ΔΔCt = ΔCt (tissu analysé) – ΔCt (calibrant) avec
ΔCt = Ct (gène cible) – Ct (gène endogène). Comme
toute méthode de quantification, la méthode de calcul du ΔΔCt
repose également sur l’hypothèse que les échantillons et le
calibrant ont des efficacités d’amplification égales. Néanmoins,
pour un gène donné, il existe des différences d’efficacité
d’amplification d’un échantillon à un autre, susceptibles de
générer des erreurs de calcul plus ou moins importantes. Cette
variabilité est probablement liée à différents facteurs (qualité
des acides nucléiques extraits, présence de composés inhibiteurs de
la PCR et différence d’efficacité du processus FRET selon les
matrices) et se trouve à l’origine du manque d’exactitude et de
reproductibilité des résultats obtenus par les méthodes de
quantification relative. D’où le développement de nouveaux modèles
mathématiques de calcul permettant de corriger les différences
d’efficacité d’amplification entre les échantillons et ainsi
d’obtenir des résultats exacts et reproductibles [31, 32].
Exploitation des courbes cinétiques
Quelle que soit la stratégie de quantification employée,
« absolue » ou relative, les courbes cinétiques générées
au cours d’une même série de réactions PCR sont significativement
comparables : 1) après normalisation des fluctuations
auxquelles sont soumises les mesures de fluorescence
réalisées ; 2) après définition d’un seuil de fluorescence
commun à toutes les courbes cinétiques.
Normalisation des mesures de fluorescence et ligne de
base
Elle s’effectue à deux niveaux : 1) normalisation des
différences de mesures de fluorescence qui se produisent de cycle à
cycle ; 2) normalisation des différences de mesures de tube à
tube. Les variations dans le temps du signal mesuré pour un
échantillon donné sont le plus souvent causées par une dérive de la
lampe émettrice ou par une dégradation des fluorophores au cours de
la réaction PCR. Les variations tube à tube sont principalement
liées à des erreurs de pipettage, mais aussi à la non-uniformité de
l’illumination des échantillons et à la différence de
transmissibilité de la lumière au travers des capuchons optiques
fermant les tubes PCR. Afin de corriger cette variabilité des
mesures de fluorescence, source de bruit de fond, l’intensité de
fluorescence émise par le reporter est rapportée, soit à celle
émise par une référence passive (la référence passive étant un
fluorophore présent dans le milieu réactionnel mais inerte à la
réaction PCR comme le fluorophore ROXTM ou le
Texas-Red-XTM), soit à la fluorescence basale mesurée
dans chaque tube avant le démarrage de la réaction d’amplification
(normalisation dynamique tube par tube). Dans le cas du système des
sondes FRET en tandem, l’intensité du signal de fluorescence émis
par le fluorophore donneur (F1) est supposée rester relativement
constante au cours de l’amplification et sert de contrôle interne
pour normaliser l’émission de fluorescence par le fluorophore
accepteur (F2). Les valeurs mesurées relatives aux variations du
signal de fluorescence émis d’un cycle à un autre sont ainsi
exprimées en unités relatives de fluorescence (RFU :
relative fluorescence units).
Le fait de normaliser les mesures et de les exprimer en valeur
relative plutôt qu’absolue permet de définir une ligne de base (ou
bruit de fond) commune à toutes les cinétiques générées. La ligne
de base permet de caractériser et de corriger toute dérive de
fluorescence au cours de la réaction d’amplification. Dans le cas
d’une dérive de la ligne de base, cette dernière peut être calculée
comme étant la moyenne des intensités de fluorescence émise au
cours des premiers cycles (par défaut entre 3 et 18 cycles) ou
auto-ajustée au moyen d’un algorithme de calcul (droite des
moindres carrés).
Définition d’un seuil de fluorescence
La quantité de matrice initiale contenue dans un échantillon
n’est extrapolable qu’au cours de la phase exponentielle de la
cinétique d’amplification. La comparaison entre toutes les
cinétiques PCR produites n’est significative qu’après établissement
d’un seuil de fluorescence (ou ligne seuil) commun à toutes les
phases exponentielles. Le seuil de fluorescence correspond à une
intensité de fluorescence significativement plus grande que la
fluorescence de bruit de fond. Il est calculé comme étant une
fonction du bruit de fond. La ligne seuil peut aussi être établie
par l’utilisateur lui-même qui la définira comme étant une droite
parallèle à l’axe des abcisses et coupant toutes les cinétiques en
un point de leur phase exponentielle.
Détermination du cycle seuil
Selon le logiciel d’analyse équipant un appareil de PCR
quantitative en temps réel, plusieurs méthodologies ont été
développées pour déterminer le cycle seuil à partir de la courbe
cinétique RFU = f(n), n étant le nombre de cycles
d’amplification [33]. Le cycle seuil est le nombre fractionnaire de
cycles pour lequel l’intensité de la fluorescence émise a dépassé
une valeur statistiquement significative du bruit de fond. Dans la
méthode dite « du seuil » (threshold method), il
peut être défini comme étant le nombre de cycles correspondant au
point d’intersection de la courbe avec la ligne seuil établie. Dans
la méthode dite « des points ajustés » (fit points
method), la courbe cinétique est convertie en fonction
semi-logarithmique. Après exclusion des points non informatifs
(ligne de base et phase plateau), une droite de régression est
établie à partir des points restants qui sont ceux de la phase
exponentielle linéarisée. La valeur du cycle seuil correspondant à
une cinétique donnée est alors définie comme étant le point
d’intersection de la droite de régression avec la ligne seuil. Le
cycle seuil correspondant aussi au point de départ de la phase
exponentielle de la cinétique d’amplification par PCR, le calcul de
la valeur maximale de la dérivée seconde de la courbe
RFU = f(n) est une autre méthode de calcul du cycle
seuil.
Les systèmes de PCR quantitative en temps réel
Une instrumentation sophistiquée a été développée pour
capitaliser ces nouvelles approches de PCR quantitative. Les
appareils actuellement commercialisés peuvent être classés en deux
catégories. Les systèmes haut débit qui permettent le suivi
simultané d’au moins 96 réactions PCR sont les systèmes ABI
PrismTM 7000, 7700 et 7900 (Applied Biosystems),
l’iCyclerTM (Bio-Rad), le MX-4000TM
(Stratagene) et le DNA Engine OpticonTM (MJ Research).
Les systèmes LightCyclerTM (Roche Diagnostics), Smart
CyclerTM (Eurogentec) et Rotor-GeneTM
(Corbett Research) sont des systèmes à moindre débit mais de plus
grande flexibilité. Tous les systèmes proposés (tableau I) combinent un thermocycleur et un module
de détection fluorimétrique pilotés par une station de travail
allant permettre l’acquisition et le traitement des données
obtenues.
Tableau I. Les systèmes de
PCR quantitative en temps réel
|
ABI Prism (Applied
Biosystems) |
LightCycler (Roche) |
MX-4000
(Stratagene) |
iCycler
(Bio-Rad) |
SmartCycler (Eurogentec) |
Rotor-Gene (Corbett Res.) |
DNA Engine Opticon
(MJ Research) |
|
7700 |
7900 |
7000 |
|
Thermocycleur |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Type |
Effet Joule +
Groupe froid |
Effet Peltier |
Effet Peltier |
Air pulsé |
Effet Peltier +
Effet Joule |
Effet Peltier +
Effet Joule |
Bloc 16 modules iCoreTM |
Air pulsé |
Effet Peltier +
Effet Joule |
| Précision
température |
± 0,25 °C |
± 0,25 °C |
± 0,1 °C |
± 0,3 °C |
|
± 0,3 °C |
± 0,5 °C |
± 0,5 °C |
± 0,3 °C |
| Uniformité
température |
± 0,5 °C |
± 0,5 °C |
± 0,5 °C |
± 0,1 °C |
± 0,25 °C |
± 0,4 °C |
± 0,5 °C |
± 0,01 °C |
± 0,4 °C |
| Rampes
température |
1 °C/sec |
1 °C/sec |
5 °C/sec |
20 °C/sec |
2 °C/sec |
3 °C/sec |
chauffage 10 °C/sec refroidissement 2,5 °C/sec |
2 °C/sec |
3 °C/sec |
| Durée d’un
run |
40 cycles/120 min |
40 cycles/120 min |
40 cycles/75 min |
40 cycles/30 min |
40 cycles/90 min |
40 cycles/90 min |
40 cycles/40 min |
40 cycles/50 min |
40 cycles/90 min |
| Capacité |
96 tubes |
96-384 tubes |
96 tubes |
32 capillaires |
96 tubes |
96-384 tubes |
16 → 16 × 6 tubes |
36-72 tubes |
96 tubes |
| Module
détection |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Lampe |
Laser-argon
(480-560 nm)
Fibres optiques |
Laser-argon
(480-560 nm)
Fibres optiques |
Halogène
(350-750 nm)
Filtre BP 485 nm |
1 LED
(450-490 nm)
Filtre BP 470 nm |
Halogène
(350-750 nm)
4 filtres BP |
Halogène
(400-700 nm)
Roue à 4 filtres |
4 LED
(470, 510, 530, 575 nm) 2 filtres BP |
4 LED
(470, 530, 585, 625 nm) 4 filtres BP |
96 LED
(450-490 nm)
Filtre BP 470 nm |
| Détecteur |
Fibres optiques Spectrographe + CCD |
Fibres optiques Spectrographe + CCD |
Roue à 4 filtres
CCD - 2D refroidie |
3 filtres BP 530,
640 et 710 nm 3 photodiodes |
Fibres optiques +
4 filtres BP
4 PMT |
Roue à 4 filtres +
Intensificateur
CCD |
4 filtres BP 4 photodiodes |
4 filtres BP + 2 filtres BP large
4 PMT |
Filtre BP 530
1 PMT |
| Mode détection
(mode d’analyse) |
Séquentiel
(puits par puits) |
Simultané
(sur 96 positions) |
Simultané
(sur 96 positions) |
Simultané
(par capillaire) |
Simultané
(puits par puits) |
Simultané
(sur 96 positions) |
Simultané |
Simultané
(tube par tube) |
Simultané
(sur 96 positions) |
| Logiciel
analyse |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Suivi en
réel |
Non |
Oui |
Oui* |
Oui* |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
| Analyse
données |
Oui** |
Oui** |
Oui** |
Oui§ |
Oui** |
Oui*** |
Oui |
Oui*** |
Oui |
| Courbe de
fusion |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
| Autres |
Dessin sondes TaqmanTM |
Dessin sondes TaqmanTM |
Dessin sondes TaqmanTM Biplexing |
Dessin sondes FRET en tandem Biplexing |
Dessin sondes BeaconTM Multiplexing |
Dessin sondes BeaconTM Multiplexing |
Multiplexing |
Multiplexing |
Monocouleur |
| Chimies |
SYBRTM Green I Sonde TaqManTM |
SYBRTM Green I Sonde TaqManTM |
SYBRTM Green I Sonde TaqManTM |
SYBRTM Green I Sonde FRET |
Toutes, sauf sondes FRET |
Toutes, sauf sondes FRET |
Toutes |
Toutes |
SYBRTM Green I |
LED : light emitting diode ; BP : bande
passante ; CCD : camera charge-coupled
device ; CCD – 2D : CCD bidimensionnelle ;
PMT : tube photomultiplicateur ; * avec algorithme
matriciel pour calibration des fluorophores ; ** normalisation
par ROXTM ; *** calibration dynamique ;
§ avec logiciel RelQuantTM pour
quantification relative avec correction de l’efficacité
d’amplification.
Le thermocycleur
Tous les systèmes haut débit précédemment cités (à l’exception
de l’ABI PrismTM 7700 qui fonctionne avec un
thermocycleur combinant une résistance électrique comme système de
chauffage et un groupe froid comme système de refroidissement)
utilisent un thermocycleur 96 puits muni d’un module
thermoélectrique à effet Peltier et d’un couvercle chauffant
contribuant à limiter la formation de gradients de température au
sein des tubes tout en rendant inutile l’adjonction d’huile
minérale. Afin de compenser les incohérences de température liées à
un effet de gradient de température entre le centre et les bords du
bloc thermique (ou « effet bord »), ce dernier peut être
équipé de bords chauffants (cas de l’ABI PrismTM 7000)
ou d’un couvercle chauffant à gradient de température (cas du
MX-4000TM). Par ailleurs, l’association d’un effet Joule
à l’effet Peltier a permis d’obtenir une meilleure homogénéité de
la température au sein du bloc thermique, d’atteindre des
variations thermiques plus rapides que celles obtenues par simple
effet Peltier (vitesses de chauffage et de refroidissement de
l’ordre de 2 à 3 °C par seconde au lieu d’1 °C par
seconde) et ainsi de raccourcir la durée des cycles de température
(soit 40 cycles réalisés en environ 90 minutes au lieu de
120 minutes). Le développement de blocs spéciaux permettant
d’effectuer les PCR directement au sein des puits de microplaques
permet l’automatisation des étapes pré-PCR et post-PCR au moyen de
stations de pipettage. D’où l’évolution probable dans un proche
avenir, du format 96 puits vers des microplaques
384 puits voire 768 puits.
Le LightCyclerTM et le Rotor-GeneTM ont un
thermocycleur à air pulsé. L’air ambiant insufflé dans une enceinte
hermétique est chauffé au moyen d’une résistance électrique puis
homogénéisé par un ventilateur (cas du LightCyclerTM) ou
par la force centrifuge d’un rotor animé d’une certaine vitesse
(cas du Rotor-GeneTM). L’air chaud est ensuite refroidi
par une nouvelle insufflation d’air ambiant. Comparé aux
thermocycleurs à effet Peltier, les thermocycleurs à air pulsé
assurent une répartition plus homogène de la température d’un
échantillon à un autre, l’homogénéité de la température étant un
critère très important allant conditionner la précision et la
reproductibilité des mesures effectuées. Le
LightCyclerTM présente la particularité d’utiliser un
carroussel piloté par un moteur pas-à-pas qui porte
32 capillaires en verre dans lesquels vont se dérouler les
réactions PCR. Les capillaires étant en verre, de faible section et
totalement immergés dans l’enceinte thermorégulée, les transferts
thermiques sont extrêmement rapides et les vitesses de montée et
descente en température également rapides, pouvant atteindre
jusqu’à 20 °C par seconde. Les cycles sont très courts et la
durée d’amplification peut être réduite à 30 minutes pour
40 cycles. Dans le Rotor-GeneTM, l’action combinée
de la force centrifuge exercée par le rotor (36 ou 72 puits)
en mouvement (500 tours/minute pour les montées en température
et 1 000 tours/minute pour les descentes) et de l’air
pulsé sur la résistance électrique permet de maintenir une
uniformité de température largement supérieure à celle obtenue dans
les autres thermocycleurs (± 0,01 °C entre les
puits).
Le Smart CyclerTM est un système constitué de
16 modules iCoreTM (intelligent cooling heating
optical reaction) comprenant chacun un thermocycleur
miniaturisé, un microspectrofluorimètre et un système
micro-informatique d’analyse de données. Le thermocycleur est
équipé d’un ventilateur et de plaques chauffantes en céramique
hautement conductrices de chaleur et munies de capteurs thermiques.
Le système permet d’obtenir des variations thermiques très rapides,
de l’ordre de 10 °C par seconde pour les montées en
température et de 2,5 °C par seconde pour les descentes.
Chaque module iCoreTM étant indépendamment programmable,
il est possible de réaliser simultanément 16 réactions PCR
différentes. Six blocs de 16 modules peuvent être montés en
parallèle et permettre la réalisation de 96 PCR.
À la différence des systèmes ABI PrismTM,
LightCyclerTM, MX 4000TM, Smart
CyclerTM et Rotor-GeneTM qui incluent dans un
même ensemble le thermocycleur et le module de détection
fluorimétrique (systèmes compacts), l’iCyclerTM et le
DNA Engine OpticonTM sont des systèmes modulaires
comprenant un thermocycleur auquel peut être adapté un bloc optique
optionnel pour la PCR quantitative en temps réel.
Le module de détection fluorimétrique
Il est composé d’une source lumineuse d’excitation et d’un
système de détection allant capter les signaux de fluorescence
émise.
Les sources lumineuses d’excitation employées sont de trois
types : source laser-argon, lampe électronique LED (light
emitting diode) et lampe halogène à filament de tungstène. Les
systèmes ABI PrismTM 7700 et 7900 utilisent une
source laser-argon qui émet un faisceau lumineux à spectre étroit
allant être transmis dans tous les puits par l’intermédiaire de
fibres optiques. L’émission de fluorescence est ensuite dirigée
via les fibres optiques vers le système de détection.
L’utilisation de fibres optiques confère au système une sensibilité
maximale. Les lampes électroniques (systèmes
LightCyclerTM, Smart CyclerTM,
Rotor-GeneTM et DNA Engine OpticonTM)
produisent un faisceau lumineux très intense mais correspondant à
un domaine encore plus étroit de longueurs d’onde physiquement
sélectionnées au moyen d’un filtre à bande passante étroite. La
lumière émise est ensuite filtrée puis déviée sur le système de
détection par l’intermédiaire d’un autre jeu de filtres
passe-bandes. Les sources laser et les LED produisent un faisceau
lumineux très intense mais correspondant à un domaine très étroit
de longueurs d’onde, ce qui limite le choix des fluorophores
utilisables. Elles sont préconisées pour les fluorophores qui
possèdent une longueur d’onde d’excitation proche de la longueur
d’onde centrale de leur domaine spectral et apporteront dans ce cas
une très grande sensibilité et brillance spectrale. Elles sont en
revanche moins efficaces pour les fluorophores dont la longueur
d’onde d’excitation s’éloigne de la longueur d’onde maximale et
totalement inefficaces pour les fluorophores dont la longueur
d’onde d’excitation n’appartient pas à leur domaine spectral. De
par l’étendue de leur domaine spectral, les lampes halogènes (ABI
PrismTM 7000, MX-4000TM et
iCyclerTM) offrent la possibilité d’un très grand choix
de fluorophores dont les longueurs d’onde d’excitation sont
sélectionnées à l’aide de filtres optiques optimisés pour éviter un
chevauchement des spectres d’excitation. Elles produisent une
luminosité moins intense que les lampes laser ou électroniques et
sont donc moins sensibles, mais le bruit de fond est beaucoup plus
faible. Le module optique de l’iCyclerTM dispose d’une
technologie exclusive d’amplification qui permet l’obtention d’un
signal lumineux intensifié suffisant pour illuminer instantanément
les 96 puits du bloc thermique.
Les signaux de fluorescence émis sont ensuite détectés par
l’intermédiaire d’une caméra CCD (charge coupled device),
d’une barrette de photodiodes ou d’un ou plusieurs tubes
photomultiplicateurs (PMT) indépendants. Le refroidissement d’une
caméra CCD réduit de façon très significative le bruit de fond
électronique et améliore considérablement la sensibilité de
détection et la linéarité de réponse du système. Les tubes
photomultiplicateurs sont auto-ajustables en fonction de la
longueur d’onde émise. Ils détectent les signaux de fluorescence
émis avec une très grande sensibilité et un faible bruit de fond.
Comparés aux caméras CCD et aux photodiodes, ils auraient un
pouvoir discriminateur supérieur et seraient particulièrement
adaptés à la détection simultanée des signaux émis par plusieurs
fluorophores (réactions multiplexes). La capacité d’un système de
PCR quantitative en temps réel à réaliser du multiplexing
est en effet liée, non seulement au choix de la chimie et des
fluorophores portés par les sondes fluorogéniques mais aussi aux
performances du système de détection optique (filtres optiques et
détection simultanée des signaux de fluorescence émis par plusieurs
fluorophores) et à la capacité du logiciel à effectuer, selon un
algorithme matriciel, l’analyse différentielle de tous les
fluorophores présents dans le milieu réactionnel (ou analyse en
multicomposant).
La station de travail informatique
Tous les systèmes, à l’exception de l’ABI PrismTM
7700, permettent d’acquérir en temps réel et d’afficher « en
ligne » les données mesurées, et par conséquent de suivre en
direct la cinétique d’amplification. La vitesse d’acquisition des
données est variable d’un système à l’autre et dépend du mode de
détection des signaux de fluorescence émis : simultané ou
séquentiel (lorsqu’un seul signal de fluorescence est détecté),
position par position ou simultanément sur toutes les positions.
Les logiciels d’analyse assurent le pilotage du thermocyclage,
l’acquisition et l’analyse des données brutes de fluorescence ainsi
que l’exploitation de ces données pour obtenir le résultat final
selon l’application choisie (quantification absolue ou relative,
courbe de fusion). Ils offrent également la possibilité
d’importation et d’exportation des données brutes ou analysées sous
format tabulaire (type ExcelTM) et peuvent être
complétés par un logiciel de dessin des amorces et sondes.
Les systèmes décrits apparaissent tous comme des systèmes
intéressants, équivalents en termes de sensibilité et de
reproductibilité. La possibilité d’adapter plusieurs chimies de
détection, de quantifier plusieurs cibles simultanément, de
disposer d’un logiciel d’analyse des résultats performant et
souple, d’utiliser des consommables standard et de bénéficier de
bonnes prestations de service (formation et service après-vente)
apparaissent comme étant les principaux critères de choix à
considérer lors de l’achat d’un système de PCR quantitative en
temps réel. Le coût de l’appareil lui-même et des réactifs associés
(sondes, mélanges PCR...) est bien sûr important.
Les applications de la PCR quantitative en temps réel
La technologie de PCR en temps réel a grandement amélioré et
simplifié la quantification des acides nucléiques. Elle est
aujourd’hui devenue un outil inestimable pour de nombreux
scientifiques. En biologie médicale, les applications sont déjà
très nombreuses et couvrent des domaines très diversifiés dont les
plus importants se situent en microbiologie clinique, en oncologie
et dans l’étude de l’expression des gènes. Des applications très
importantes ont également été développées en microbiologie
alimentaire et en agroalimentaire.
Microbiologie clinique
La détection et la quantification d’agents pathogènes bactériens
(mycobactéries, légionelles, mycoplasmes, Bordetella
pertussis, Chlamydia...) et fongiques (champignons du
genre Candida, Aspergillus, Cryptococcus...)
par PCR en temps réel a fait l’objet de plusieurs centaines de
publications scientifiques, cet intérêt s’expliquant par la durée
du diagnostic traditionnel qui s’exprime en jours voire en semaines
et par la grande sensibilité de cette technique par rapport aux
méthodes conventionnelles. La PCR quantitative en temps réel s’est
également révélée d’un grand intérêt pour la titration de virus
(virus VIH1 et VIH2 du sida, virus VHB et VHC des hépatites B et
C...) dans les phases précoces de la maladie, mais aussi dans le
suivi des sujets infectés et en particulier le suivi des
traitements antiviraux. C’est dans ce domaine que la connaissance
du nombre « absolu » de particules virales est utile. Des
trousses de quantification « absolue » dédiées à la
quantification d’une charge virale et utilisant des standards
internationaux OMS (Organisation mondiale de la santé) calibrés ont
été récemment commercialisées [27].
Les applications de la PCR en microbiologie clinique présentent
cependant des limitations importantes à considérer : 1) la
plupart des agents infectieux sont caractérisés par une grande
variabilité génétique susceptible d’affecter de façon significative
l’estimation de la charge en agents pathogènes, d’où la nécessité
de développer des essais spécifiques de sous-classes ; 2) le
risque de résultats faussement positifs par contamination mais
aussi de résultats faussement négatifs liés à la présence
d’inhibiteurs de PCR dans le liquide biologique considéré impose
l’utilisation d’un contrôle interne positif qui sera analysé en
parallèle pour chaque échantillon.
Oncologie clinique
Les applications sont très nombreuses, les principales
étant : 1) la quantification des transcrits de fusion, comme
BCR-ABL dans la leucémie myéloïde chronique, avant ou après
autogreffe ou pour évaluer la réponse au traitement [34] ; 2)
la quantification des transcrits de fusion TEL-AML1 spécifiques de
la leucémie aige lymphoblastique pour prédire une rechute ou
évaluer la maladie résiduelle minimale [34] ; 3) la
quantification d’oncogènes comme le gène HER-2/neu, l’amplification
génique étant un critère de sélection pour une indication de
thérapie ciblée par l’Herceptin® (anticorps monoclonaux
anti-HER-2/neu) chez les patientes atteintes d’un cancer du sein
métastatique [35].
Expression génique
Les techniques de quantification relative par RT-PCR en temps
réel sont largement utilisées pour : 1) estimer le niveau
d’expression de gènes d’intérêt comme les gènes de cytokines par
exemple [36] ; 2) analyser l’expression des variants
d’épissage génique ; 3) et plus récemment valider les
profils d’expression obtenus à l’aide des puces à ADN [37].
Conclusion
La technologie de PCR en temps réel est aujourd’hui l’outil de
choix qui a permis de simplifier et de quantifier le nombre de
molécules ou de copies d’un gène ou d’un messager d’intérêt dans un
échantillon donné.
Ses performances peuvent se résumer en quatre mots :
spécificité, sensibililité, bonne reproductibilité et linéarité sur
une gamme dynamique comprise entre 10 et 108 copies.
Enfin, il faut ajouter à ses nombreuses qualités, la rapidité de la
technique sans nécessité d’une étape post-PCR. La méthode est
automatisable, et par conséquent parfaitement adaptée à une analyse
de routine. Par ailleurs, la réaction s’effectuant en tube fermé,
le risque de contamination est faible.
La technologie de PCR en temps réel représente un progrès
important et prend un essor considérable dans le domaine de la
biologie médicale. Les applications sont très vastes et ne se
limitent pas qu’à la quantification des acides nucléiques. La
détection de mutations ponctuelles et de polymorphismes ainsi que
la recherche de délétions géniques à l’état hétérozygote sont les
autres grandes applications de la PCR en temps réel.
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vitro via a polymerase-catalyzed chain reaction. Methods
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