ARTICLE
Le métabolisme osseux est caractérisé par deux activités
opposées : la formation d'os nouvellement formé par les
ostéoblastes et la dégradation (résorption) de l'os
ancien par les ostéoclastes. Ces deux activités sont couplées
dans le temps et l'espace et définissent une même unité
de remodelage osseux. La masse osseuse dépend à la fois
d'un équilibre entre la résorption et la formation au sein
d'une unité de remodelage ainsi que du nombre d'unités de
remodelage activées par unité de temps.
Le niveau de formation ou de dégradation osseuse peut être
évalué soit en mesurant une activité enzymatique
des ostéoblastes ou des ostéoclastes, telle que l'activité
phosphatase alcaline ou phosphatase acide, soit en mesurant des composants
de la matrice osseuse libérés dans la circulation au cours
de la formation ou de la résorption telle que l'ostéocalcine
ou les pyridinolines (tableau
1). Les marqueurs biochimiques ont été séparés
en marqueurs de la formation et marqueurs de la résorption, mais
il faut garder à l'esprit que dans des conditions cliniques où
ces deux activités sont couplées et varient dans le même
sens, l'un ou l'autre de ces marqueurs reflétera l'activité
globale du remodelage osseux. Comme nous le verrons plus loin, ces marqueurs
n'ont pas la même spécificité ni la même sensibilité.
D'autre part, la concentration circulante des marqueurs peut être
affectée par des facteurs autres que ceux liés au changement
du niveau de remodelage osseux, notamment leur métabolisme périphérique
(capture hépatique, excrétion rénale et/ou incorporation
dans l'hydroxyapatite de l'os) et l'hétérogénéité
de leurs formes circulantes. Ainsi chaque dosage doit être validé
dans une pathologie déterminée avant que son intérêt
clinique ne soit établi.
Les marqueurs biochimiques
de la formation osseuse
Activité phosphatase alcaline totale et
isoenzyme osseuse
L'activité phosphatase alcaline totale, mesurée habituellement
par l'hydrolyse enzymatique du p-nitrophényl phosphate, est le
marqueur de la formation osseuse le plus fréquemment utilisé,
mais il manque de sensibilité et de spécificité,
notamment chez les patients ostéoporotiques. Néanmoins,
plusieurs études ont montré que son activité augmente
avec l'âge, et notamment chez la femme après la ménopause.
Une augmentation peu importante de l'activité phosphatase alcaline
totale est ambiguë car elle peut refléter un défaut
de minéralisation osseuse ou une augmentation de l'isoenzyme hépatique
des phosphatases alcalines.
Afin d'améliorer sa spécificité et sa sensibilité,
plusieurs techniques ont été développées pour
différencier les isoenzymes osseuses et hépatiques : activation
ou inhibition différentielle des deux isoenzymes par la chaleur,
la phénylalanine ou l'urée, précipitation par des
lectines ou séparation par électrophorèse. De façon
générale, ces techniques n'ont permis qu'une faible amélioration
de la sensibilité de ce marqueur car elles sont indirectes, parfois
délicates et sont peu reproductibles à long terme. Une amélioration
importante a été obtenue par l'utilisation d'anticorps monoclonaux
reconnaissant préférentiellement l'isoenzyme osseuse et
des dosages immunologiques utilisant ces anticorps ont pu être développés
[1, 2]. Dans le sérum de sujets normaux, les isoenzymes osseuses
et hépatiques de la phosphatase alcaline participent chacune pour
environ 50 % de l'activité totale et leur structure ne diffère
que par des modifications post-traductionnelles étant donné
qu'elles sont codées par le même gène. Il est donc
important de déterminer la réactivité croisée
de ces immunodosages avec l'isoenzyme hépatique. Nous avons montré
que ces dosages immunologiques présentaient une faible réactivité
croisée avec l'isoenzyme hépatique d'environ 15 à
20 % [1 et données non publiées]. Nous avons aussi montré
que les concentrations sériques de la phosphatase alcaline osseuse
ainsi obtenues étaient fortement corrélées avec la
quantification par électrophorèse chez des patients pagétiques
[1]. Ces dosages immunologiques de la phosphatase alcaline osseuse constituent
un marqueur biochimique sensible de l'augmentation du remodelage osseux
après la ménopause et permettent de refléter de façon
précise les effets des thérapies antirésorptives
sur le remodelage osseux.
Ostéocalcine sérique
L'ostéocalcine est une protéine non collagénique
de petite taille, spécifique du tissu osseux et de la dentine.
Sa fonction physiologique précise reste inconnue, bien que certaines
données récentes suggèrent qu'elle pourrait in
vivo limiter la formation osseuse [3]. Elle est synthétisée
par les ostéoblastes et partiellement incorporée dans la
matrice osseuse extracellulaire. Une fraction de la protéine nouvellement
synthétisée est libérée dans la circulation
où elle peut être mesurée par dosage radio-immunologique
(RIA) [4]. L'ostéocalcine circulante a une demi-vie très
courte et est rapidement excrétée par le rein [5]. La concentration
circulante d'ostéocalcine est corrélée à la
vitesse de croissance osseuse au moment de la puberté et s'élève
dans plusieurs maladies caractérisées par une augmentation
du remodelage osseux, telles que l'hyperparathyroïdie primaire et
secondaire, l'hyperthyroïdie, la maladie de Paget et l'acromégalie.
En revanche, elle est diminuée dans l'hypothyroïdie, l'hypoparathyroïdie,
chez les patients traités par des corticoïdes et chez certains
malades souffrant d'hypercalcémie maligne ou de myélome.
Les dosages radio-immunologiques de l'ostéocalcine humaine circulante
utilisaient le plus souvent l'ostéocalcine bovine en tant que traceur
standard, et pour la production d'anticorps car l'ostéocalcine
humaine et l'ostéocalcine bovine ne diffèrent que par 5
acides aminés sur un total de 49. Les épitopes reconnus
par ces anticorps ne sont pas caractérisés, mais il a été
montré que la plupart des antisérums utilisés dans
ces dosages RIA reconnaissent la région C-terminale de la molécule
qui est identique dans l'espèce humaine et dans l'espèce
bovine. Quel que soit l'épitope reconnu par ces antisérums,
la plupart de ces dosages ne croisent pas à 100 % avec l'ostéocalcine
humaine, ce qui se traduit par de mauvais tests de dilution avec certains
échantillons. Dans le sérum plusieurs formes circulantes
non caractérisées de l'ostéocalcine ont été
trouvées chez des sujets normaux chez des patients souffrant d'insuffisance
rénale et chez des sujets pagétiques [6].
Dans la séquence de l'ostéocalcine humaine les séquences
arginine-arginine situées au niveau des résidus 19-20 et
43-44 sont susceptibles de subir une protéolyse par la trypsine.
Les peptides 1-19, 20-43, 45-49, 1-43, et 20-49 sont donc les produits
de dégradation les plus probables de l'ostéocalcine. En
utilisant une batterie d'anticorps monoclonaux dirigés contre différents
épitopes de l'ostéocalcine humaine, nous avons montré
que la molécule intacte représente environ un tiers de l'immunoréactivité
totale circulante dans le sérum de sujets normaux. Un tiers est
représenté par plusieurs fragments de petites tailles et
un autre tiers par un fragment N-terminal-mid de grande taille [6] (figure
1). Ce fragment de grande taille (43 acides aminés sur
un total de 49 pour la molécule intacte) n'est pas libéré
au moment de la dégradation de la matrice osseuse car nous avons
montré que sa concentration circulante reste inchangée après
un traitement à court terme avec un bisphosphonate, qui est un
inhibiteur spécifique et puissant de la résorption osseuse.
Nous avons montré qu'après quelques heures d'incubation
à température ambiante d'échantillons sériques,
une fraction importante de l'ostéocalcine intacte est convertie
en ce fragment N-terminal-Mid, ce qui entraîne une perte importante
d'immunoréactivité lorsque l'ostéocalcine est mesurée
par les dosages conventionnels utilisant l'ostéocalcine bovine.
En effet, ces dosages reconnaissent la partie C-terminale de la molécule
absente sur ce fragment. L'hétérogénéité
des formes circulantes de l'ostéocalcine ainsi que l'instabilité
de la molécule intacte sont probablement à l'origine des
discordances observées entre les différentes études.
D'un point de vue pratique, en mesurant à la fois la molécule
intacte et le fragment N-terminal-mid, on peut obtenir un dosage beaucoup
plus robuste quant aux conditions d'échantillonnage. De plus, un
tel dosage permet de réduire de 50 % la variabilité intra-individuelle
des mesures sur une période de plusieurs mois, et d'améliorer
la sensibilité de la mesure de l'ostéocalcine pour détecter
des variations du remodelage osseux [8].
Les peptides d'extension du collagène
de type I
À chaque fois qu'une molécule du procollagène de
type I est synthétisée par les ostéoblastes, une
molécule de collagène de type I va être incorporée
dans la matrice osseuse et une molécule de propeptide d'extension
aminoterminale (PINP) et C-terminale (PICP) est libérée
dans la circulation. Ces peptides circulants pourraient donc représenter
un marqueur utile de la formation osseuse car le collagène de type
I est le principal constituant de la matrice osseuse organique. Dans l'ostéoporose
vertébrale, les concentrations sériques de PICP sont faiblement
corrélées aux mesures histomorphométriques de la
formation osseuse avec des valeurs de coefficient de corrélation
variant de 0,36 à 0,50 [9]. La ménopause s'accompagne d'une
faible augmentation du PICP (+ 20 %) qui n'est pas corrélée
avec la perte osseuse mesurée par densitométrie [10].
Le PINP présente deux formes circulantes majoritaires : le PINP
intact, qui est produit au cours du clivage du procollagène en
collagène de type I, et un peptide de taille plus petite correspondant
à la partie NH2 terminale du PINP intact qui est la
plus antigénique (domaine Col I). Ces deux formes circulantes pourraient
avoir des origines tissulaires et un métabolisme périphérique
différents. Récemment, un dosage RIA reconnaissant spécifiquement
la forme intacte du PINP a été développé [11]
et nous avons montré que ce marqueur était très sensible
pour détecter l'augmentation du remodelage osseux après
la ménopause ainsi que pour évaluer l'efficacité
des traitements antirésorptifs de l'ostéoporose avec des
performances similaires à celles de l'ostéocalcine [12].
Les marqueurs biochimiques
de la résorption osseuse
Excrétion urinaire de calcium, hydroxyproline
et glycosides de l'hydroxylysine
L'excrétion urinaire de calcium à jeun corrigée
par la créatinine est le marqueur le plus simple de la résorption
osseuse. Ce test permet de détecter des variations importantes
de la résorption osseuse comme dans l'ostéolyse maligne,
mais il manque de sensibilité, notamment dans des conditions caractérisées
par de faibles modifications du remodelage osseux comme l'ostéoporose.
L'excrétion urinaire de calcium reflète la quantité
de calcium libérée durant la résorption osseuse,
mais aussi la réabsorption rénale de calcium qui est influencée
par les hormones calciotropes et aussi par les strogènes.
L'hydroxyproline est retrouvée principalement dans les collagènes
et représente environ 13 % de la totalité des acides aminés
de la molécule [13]. L'hydroxyproline provient de l'hydroxylation
post-traductionnelle de la proline. Étant donné que l'hydroxyproline
libre libérée durant la dégradation du collagène
ne peut être réutilisée pour la synthèse du
collagène, la majorité de l'hydroxyproline présente
dans les liquides biologiques provient de la dégradation des différentes
formes de collagène et non de leur synthèse. Étant
donné que la moitié de la quantité totale de collagène
chez l'homme se trouve dans l'os et que le remodelage du tissu osseux
est probablement plus rapide que celui des tissus mous, l'excrétion
urinaire d'hydroxyproline est considérée comme un marqueur
de la résorption osseuse, bien que la fraction C1q du complément
contienne des quantités importantes d'hydroxyproline qui peuvent
représenter jusqu'à 40 % de l'excrétion urinaire
totale d'hydroxyproline [14]. L'hydroxyproline est fortement métabolisée
au niveau rénal et hépatique et l'excrétion totale
d'hydroxyproline dans les urines représente seulement 10 % de la
quantité totale de collagène dégradé au niveau
tissulaire. Dans les urines l'hydroxyproline est présente sous
trois formes : libre, associée à des peptides dialysables
qui représentent 90 % de l'excrétion totale d'hydroxyproline
et associée à des polypeptides non dialysables [13]. Généralement,
on mesure l'excrétion totale d'hydroxyproline par une technique
colorimétrique sur un échantillon urinaire hydrolysé.
Étant donné le manque de spécificité tissulaire
de l'hydroxyproline et son métabolisme périphérique
important, son excrétion urinaire est faiblement corrélée
avec la résorption osseuse mesurée par les études
de cinétique du calcium ou par histomorphométrie [15].
L'hydroxylysine est un autre acide aminé présent uniquement
dans le collagène et les protéines contenant des séquences
collagen-like. Comme l'hydroxyproline, elle ne peut pas être
réutilisée pour la synthèse du collagène et,
bien qu'elle soit présente en quantité moins abondante que
l'hydroxyproline, elle représente un marqueur potentiel de la dégradation
du collagène [16]. Elle se présente sous deux formes : galactosyl-hydroxylysine
(GHYL) et glycosyl-galactosyl-hydroxylysine (GGHYL). L'excrétion
urinaire de galactosyl-hydroxylysine augmente avec l'âge, chez les
patients souffrant de la maladie de Paget et semble être plus sensible
que l'hydroxyproline dans l'ostéoporose post-ménopausique.
La sensibilité de ce marqueur dans l'ostéoporose nécessite
néanmoins d'être confirmée dans d'autres études.
L'utilisation à grande échelle de la mesure de la galactosyl-hydroxylysine
est jusqu'à présent limitée par la technique de dosage
qui fait appel à la chromatographie liquide à haute performance
(CLHP). Des dosages immunologiques de la GHYL sont en cours de développement.
La phosphatase acide tartrate résistante
La phosphatase acide est une enzyme lysosomiale qui est présente
dans l'os, la prostate, les plaquettes, les érythrocytes et la
rate. Les différentes isoenzymes présentes dans ces tissus
peuvent être séparées par des méthodes électrophorétiques
qui manquent de sensibilité et de spécificité. La
phosphatase acide présente au niveau de l'os est résistante
à l'acide L(+) tartrique alors que l'isoenzyme prostatique est
inhibée par ce composé [17]. La phosphatase acide circule
dans le sang et l'activité est plus importante dans le sérum
que dans le plasma à cause de la libération de l'isoenzyme
plaquettaire au cours de la formation du caillot. Dans le plasma de sujets
normaux, la phosphatase acide tartrate résistante (TRAP) correspond
à l'isoenzyme n° 5 qui provient en partie de l'os étant
donné que les ostéoclastes contiennent une enzyme tartrate
résistante libérée dans la circulation. La concentration
plasmatique de TRAP est augmentée dans plusieurs maladies osseuses
caractérisées par une augmentation du remodelage, ainsi
qu'après ovariectomie et dans l'ostéoporose vertébrale,
mais il n'est pas encore démontré que ce marqueur soit plus
sensible que l'excrétion urinaire d'hydroxyproline [18]. Le manque
de spécificité de l'activité plasmatique TRAP pour
les ostéoclastes, son instabilité au cours de la congélation
des échantillons, ainsi que la présence dans le sérum
d'inhibiteurs enzymatiques, empêchent actuellement le développement
de dosages enzymatiques de la TRAP. Néanmoins, grâce au développement
récent de dosages immunologiques utilisant des anticorps reconnaissant
spécifiquement l'isoenzyme osseuse de la TRAP, on devrait bientôt
disposer d'un marqueur intéressant pour évaluer l'activité
des ostéoclastes dans l'ostéoporose.
L'excrétion urinaire des molécules
de pontage du collagène (pyridinolines)
et de leurs peptides associés
La pyridinoline (Pyr) et la déoxypyridinoline (D-Pyr), aussi
appelées respectivement hydroxylysylpyridinoline et lysylpyridinoline,
sont deux molécules de pontage non réductibles du collagène
[19]. Elles résultent de modifications post-traductionnelles des
résidus lysine et hydroxylysine qui n'intéressent que les
molécules de collagène et d'élastine. Elles permettent
de lier différentes molécules de collagène entre
elles assurant ainsi la stabilité de la matrice extracellulaire.
La concentration de Pyr et D-Pyr dans les tissus conjonctifs est faible
et est très variable d'un tissu à l'autre. La plus grande
quantité de Pyr (exprimée en molécules par molécules
de collagène) se trouve dans le cartilage articulaire alors que
la D-Pyr est présente en très faible quantité dans
ce tissu. Pyr et D-Pyr sont présentes dans le tendon et l'aorte
mais sont absentes de la peau, une source très importante de collagène
de type I. Comme le tissu osseux est la plus importante source de matrice
collagénique et que son remodelage est élevé par
rapport à d'autres tissus conjonctifs comme le cartilage, la plus
grande partie de Pyr et D-Pyr dans les liquides biologiques provient probablement
de la dégradation de l'os. La proportion relative de Pyr et D-Pyr
dans la matrice osseuse est variable selon l'espèce. Chez l'homme,
le rapport Pyr/D-Pyr osseux est de 3. Pyr et D-Pyr sont libérées
dans la circulation au cours de la dégradation de la matrice osseuse
par les ostéoclastes. Étant donné que ces deux molécules
de pontage résultent de modifications post-traductionnelles des
molécules de collagène, elles ne peuvent pas être
réutilisées pour la synthèse de nouvelles molécules
de collagène. Bien qu'il existe très peu de données
dans la littérature, il semble que Pyr et D-Pyr ne subissent pas
de métabolisme in vivo, contrairement à l'hydroxyproline.
Aussi, la concentration urinaire totale de D-Pyr sur 24 heures reflète
directement la quantité de tissus osseux qui est dégradée
dans une journée. Dans les urines, Pyr et D-Pyr sont présentes
sous forme libre (environ 40 %) et associée à des peptides
(60 %) (figure 2). La
concentration totale peut être mesurée par fluorimétrie
sur un échantillon urinaire hydrolysé après extraction
des molécules de pontage sur une colonne de cellulose et purification
finale par CLHP [19]. Chez les patients souffrant d'ostéoporose
vertébrale, l'excrétion urinaire des molécules de
pontage et notamment de D-Pyr est corrélée avec le remodelage
osseux évalué par cinétique du calcium et par histomorphométrie
osseuse [20], contrairement à l'excrétion urinaire d'hydroxyproline.
Après seulement deux jours de traitement de sujets pagétiques
par le pamidronate, l'excrétion urinaire de Pyr et de D-Pyr diminue
très rapidement, contrairement à la concentration des marqueurs
de la formation osseuse qui, elle, ne change pas, démontrant que
Pyr et D-Pyr sont spécifiques de la résorption osseuse [21].
Plusieurs dosages immunologiques (tableau
1) utilisant des anticorps dirigés soit contre les formes
libres de la pyridinoline [22, 23], soit contre les peptides associés
aux molécules de pontage du collagène de type I ont été
développés. Pour les formes peptidiques, les anticorps sont
dirigés soit contre les N-télopeptides [24] ou les C-télopeptides
[25] (figure 2). Ces différents
dosages immunologiques reconnaissent donc des formes urinaires ou sériques
différentes pour lesquelles l'origine métabolique ainsi
que l'excrétion restent encore pour l'essentiel inconnues. Il est
probable que ces différents dosages immunologiques apportent des
informations cliniques différentes et ils doivent donc être
validés dans chaque maladie osseuse. L'excrétion urinaire
des formes libres et peptidiques de la pyridinoline est sujette à
un rythme nycthéméral marqué. Il existe un pic d'excrétion
entre 3 h et 8 h du matin, une diminution moyenne de 30 % entre 8 h et
11 h et un minimum entre 15 h et 19 h. La conséquence pratique
de ces variations est que l'heure de prélèvement doit être
standardisée (urines de la nuit ou spot urinaire le matin avant
10 h) pour évaluer de façon fiable les modifications intra-individuelles
du niveau de résorption osseuse. Par ailleurs, il existe aussi
une variation intra-individuelle de jour en jour qui est aussi assez importante
de l'ordre de 20 à 30 % [26, 27], mais qui reste néanmoins
nettement inférieure à la variabilité inter-individuelle
(environ 60 %) et aux modifications induites par les traitements antirésorptifs
(de 60 à 90 %). Pour éviter le recueil d'urine peu pratique
en routine clinique, supprimer la correction des valeurs de la pyridinoline
urinaire par la créatininurie et obtenir des valeurs plus reproductibles
de jour en jour chez un même individu, un dosage immunologique des
C-télopeptides sériques vient d'être développé
[28]. Les premiers résultats obtenus avec ce dosage sont très
encourageants avec une reproductibilité intra-individuelle qui
pourrait être meilleure que celle des dosages urinaires.
Du fait de leur spécificité osseuse, les pyridinolines
et leurs dérivés peptidiques constituent indiscutablement
le marqueur le plus sensible de la résorption osseuse. Contrairement
à l'hydroxyprolinurie, le dosage des formes libres et peptidiques
des pyridinolines n'est pas influencé par la gélatine alimentaire,
permettant un dosage fiable sans restriction alimentaire. Ces marqueurs,
qui sont pour l'instant dosés manuellement par technique Elisa/RIA,
vont très prochainement être disponibles sur automate.
Utilisation des marqueurs
biochimiques pour l'évaluation
du risque ostéoporotique
Prédiction de la perte osseuse post-ménopausique
L'ostéoporose est une maladie caractérisée par
une masse osseuse abaissée et des détériorations
de la micro-architecture de l'os qui sont responsables d'une fragilité
osseuse accrue et donc d'un risque augmenté de fracture. Le niveau
de masse osseuse (principal déterminant de la solidité osseuse)
10 à 20 ans après la ménopause, c'est-à-dire
lorsque les fractures ostéoporotiques surviennent, est fonction
à la fois du maximum de masse osseuse atteint en fin de croissance
et de la vitesse de perte osseuse post-ménopausique. Il peut être
évalué de façon fiable par mesure de la densité
minérale osseuse en utilisant l'absorptiométrie à
rayons X double énergie (DXA). En revanche, cette technique ne
permet pas d'identifier les femmes qui vont perdre très rapidement
de l'os et donc qui sont à fort risque fracturaire. Le principal
facteur responsable de la vitesse de perte osseuse étant l'augmentation
du niveau de remodelage osseux qui survient après la ménopause,
il a été suggéré que les marqueurs osseux
pourraient prédire la vitesse de perte osseuse et donc être
utiles à l'identification des femmes à risque élevé
d'ostéoporose.
Plusieurs études transversales ont montré que le remodelage
osseux augmente de façon rapide après la ménopause
avec une augmentation de 50 à 100 % de la concentration sérique
d'ostéocalcine et de phosphatase alcaline osseuse, une augmentation
de 50 à 150 % de l'excrétion urinaire de pyridinoline et
une augmentation plus faible mais significative de la TRAP plasmatique
et de l'hydroxyprolinurie (figure
3). Les marqueurs biochimiques du remodelage osseux sont négativement
corrélés avec la masse osseuse, mesurée par DXA,
et ces corrélations deviennent de plus en plus significatives lorsque
l'âge augmente. Ainsi nous avons montré, dans une importante
population de femmes ménopausées depuis plus de 20 ans,
que celles qui avaient une masse osseuse abaissée, c'est-à-dire
dans le quartile de masse osseuse le plus faible, avaient un niveau de
remodelage osseux 25 à 85 % plus important que celles dont la masse
osseuse était élevée, c'est-à-dire dans le
quartile de masse osseuse le plus haut [29]. Ces données transversales
suggèrent qu'un niveau de remodelage osseux élevé,
qui se maintient dans une période éloignée de la
ménopause, va être associé à une perte osseuse
post-ménopausique accélérée et donc à
une masse osseuse abaissée chez la femme âgée, alors
qu'un niveau de remodelage osseux faible sera associé à
une perte osseuse post-ménopausique lente.
Les études longitudinales mettant en corrélation les dosages
de marqueurs osseux et la vitesse de perte osseuse évaluée
par mesure répétée de densité minérale
osseuse ont donné des résultats contradictoires. Il est
à noter toutefois que la plupart d'entre elles souffrent de problèmes
méthodologiques. En effet, la majorité de ces études
sont rétrospectives, d'une durée de seulement 2 ans et sont
caractérisées par une erreur importante sur l'estimation
de la vitesse de perte osseuse et sur la mesure des marqueurs osseux.
Récemment, nous avons montré que les nouveaux marqueurs
biochimiques comme l'ostéocalcine, le PINP et les formes peptidiques
de la pyridinoline sont corrélés avec la vitesse de perte
osseuse évaluée sur 4 ans, dans une population de 305 femmes
ménopausées non traitées âgées de 50
à 89 ans. Les femmes dont le niveau de marqueurs était au-dessus
de la limite supérieure des taux des femmes non ménopausées
avaient une vitesse de perte osseuse 2 à 10 fois plus importante
que celles présentant des taux normaux de marqueurs (tableau
2) [30]. Une autre étude réalisée sur une
période plus longue a confirmé l'importance de la vitesse
de perte osseuse sur le déterminisme de la masse osseuse mesurée
à nouveau 12 ans après la ménopause, c'est-à-dire
à l'âge où surviennent les fractures [31]. En effet,
les femmes dont la vitesse de perte osseuse (évaluée indirectement
par les marqueurs biochimiques) était rapide (fast bone losers)
avaient perdu 12 ans plus tard 50 % d'os en plus que les femmes avec perte
osseuse lente (slow bone losers). Ces résultats, qui doivent
être confirmés, suggèrent que le risque d'une masse
osseuse abaissée chez les femmes âgées dépend
à la fois du « pic » de masse osseuse au moment de la
ménopause et de la vitesse de perte osseuse post-ménopausique,
très variable d'un individu à l'autre. Une mesure combinée
de la masse osseuse par ostéodensitométrie et du remodelage
osseux par dosage d'un marqueur de la formation et/ou d'un marqueur de
la résorption devrait donc permettre un diagnostic plus efficace
du risque ostéoporotique au moment de la ménopause chez
les femmes dont la densité osseuse n'est pas franchement abaissée
(entre + 1 et 1 écart-type par rapport à la norme
ajustée pour l'âge).
Néanmoins, ni la densitométrie osseuse, ni les marqueurs
osseux ne sont des critères de décision pour commencer une
strogénothérapie substitutive qui a démontré
son efficacité non seulement dans l'ostéoporose, mais aussi
pour réduire les symptômes de la ménopause et pour
prévenir les risques cardiovasculaires.
Remodelage osseux et
risque de fracture ostéoporotique
Riis et al. [32] ont montré dans une étude prospective
sur 15 ans que les femmes présentant dans les trois ans qui suivaient
la ménopause une vitesse rapide de perte osseuse (donc un niveau
élevé des marqueurs biochimiques du remodelage) avaient
deux fois plus de risque de subir une fracture périphérique
ou vertébrale que celles dont la vitesse de perte osseuse était
normale ou lente. Par ailleurs, les femmes qui, à l'entrée
de l'étude, avaient à la fois une masse osseuse abaissée
et une vitesse rapide de perte osseuse avaient un risque de fracture de
la hanche durant le suivi nettement plus élevé que celles
qui avaient uniquement soit une masse osseuse abaissée, soit une
perte osseuse accélérée. Des données concordantes
ont récemment été obtenues dans une autre étude
française sur les facteurs de risque des fractures de la hanche
conduite dans une importante population de femmes âgées (étude
prospective Epidos). Nous avons montré que, chez les femmes qui
subissaient une fracture de la hanche durant les deux années de
suivi, l'excrétion urinaire des télopeptides C-terminaux
du collagène de type I (CrossLaps) et de déoxypyridinoline
libre (Pyrilink-D), deux marqueurs de la résorption osseuse
mesurés en début d'étude avant la survenue des fractures,
était supérieure à celle des sujets témoins
non fracturés. Par ailleurs, un taux de ces marqueurs supérieur
aux valeurs des femmes normales non ménopausées était
associé à un risque accru de fracture de la hanche et cela
même après ajustement pour la densité minérale
osseuse de la hanche [33] (figure
4). Ces données suggèrent donc que les marqueurs
biochimiques pourraient être utiles pour prédire le risque
des fractures ostéoporotiques en association avec une mesure de
masse osseuse.
Les marqueurs osseux ne peuvent pas remplacer la mesure de densité
minérale osseuse pour prédire la survenue des fractures,
mais ils apportent une information dynamique complémentaire susceptible
d'améliorer l'identification des femmes à très haut
risque.
Marqueurs osseux pour le suivi thérapeutique
des patients ostéoporotiques
Les thérapies antirésorptives telles que les strogènes
et les bisphosphonates entraînent une diminution des marqueurs de
la résorption et de la formation qui retournent dans les valeurs
des femmes non ménopausées après 3 à 6 mois
de traitement, la diminution de la résorption osseuse étant
plus rapide que celle de la formation. Plusieurs études ont montré
que les marqueurs du remodelage osseux pourraient être utilisés
pour suivre l'efficacité de ces traitements antirésorptifs
sur la densité minérale osseuse. Étant donné
la faible reproductibilité des mesures de masse osseuse par absorptiométrie
double énergie à rayons X (DXA) relatives aux changements
de densité minérale osseuse induites par les traitements,
l'évaluation de l'efficacité thérapeutique chez un
patient donné nécessite le plus souvent d'attendre deux
ans de traitement avant que les modifications de la densité osseuse
soient significatives et permettent de conclure à l'efficacité
ou à l'inefficacité du traitement administré. En
revanche, en mesurant les marqueurs biochimiques au temps 0 et après
3 à 6 mois de traitement, on pourrait obtenir une information rapide
sur l'efficacité future du traitement. Ainsi, la diminution des
marqueurs après 6 mois de traitement par le bisphosphonate alendronate
(Fosamax®) chez les femmes ostéoporotiques est significativement
corrélée avec le gain osseux mesuré par ostéodensitométrie
à deux ans [26] (figure
5). La comparaison du niveau des marqueurs avant et après
3 à 6 mois de traitement permet de distinguer les malades efficacement
traités de ceux qui ne le sont pas (répondeurs versus
non répondeurs) avec un très faible taux de faux positifs
et de faux négatifs. Des modèles de prédiction basés
non seulement sur le pourcentage de diminution du marqueur après
3 à 6 mois de traitement mais aussi sur sa valeur absolue sont
en cours d'étude et devraient permettre une identification fiable
et rapide des futurs répondeurs et non-répondeurs.
CONCLUSION
L'ostéocalcine, la phosphatase alcaline osseuse et le PINP pour
la formation, le dosage de la pyridinoline urinaire et de ses peptides
pour la résorption, représentent indiscutablement les marqueurs
les plus intéressants dans l'évaluation des ostéoporoses.
Plusieurs études transversales et longitudinales suggèrent
qu'une augmentation du remodelage osseux est associée avec une
perte osseuse post-ménopausique importante et une masse osseuse
abaissée chez la femme âgée conduisant probablement
à une augmentation du risque de fracture ostéoporotique.
Les marqueurs biochimiques du remodelage osseux pourraient alors être
combinés à une mesure de masse osseuse afin d'améliorer
l'évaluation du risque ostéoporotique. Étant donné
les faibles changements de masse osseuse induits par les thérapies
antirésorptives par rapport à la variabilité à
long terme des mesures par absorptiométrie double énergie
à rayons X, le suivi de l'efficacité thérapeutique
par mesure ostéodensitométrique reste difficile. En mesurant
de façon répétée au cours du traitement les
marqueurs biochimiques du remodelage osseux, on pourra certainement améliorer
l'évaluation de l'efficacité thérapeutique et l'observance
chez les malades ostéoporotiques.
Article reçu le 31 octobre 1998,accepté le 17 décembre
1998.
REFERENCES
1. Garnero P, Delmas PD. Assessment of the serum levels of bone
alkaline phosphatase with a new immunoradiometric assay in patients with
metabolic bone disease. J Clin Endocrinol Metab 1993 ; 77 : 1046-53.
2. Gomez B, Ardakanis S, Ju J, et al. Monoclonal antibody
assay for measuring bone-specific alkaline phosphatae in serum. Clin
Chem 1995 ; 41 : 1560-6.
3. Ducy P, Desbois C, Boyce B, et al. Increased bone formation
in osteocalcin-deficient mice. Nature 1996 ; 382 : 382-452.
4. Price PA, Parthemore JG, Deftos LJ. New biochemical marker
for bone metabolism. J Clin Invest 1980 ; 66 : 878-83.
5. Price PA, Williamson MK, Lothringer JW. Origin of vitamin
K-dependent bone protein found in plasma and its clearance by kidney and
bone. J Biol Chem 1981 ; 256 : 12760-6.
6. Garnero P, Grimaux M, Seguin P, Delmas PD. Characterization
of immunoreactive forms of human osteocalcin generated in vivo
and in vitro. J Bone Miner Res 1994 ; 9 : 255-64.
7. Gundberg CM, Weinstein RS. Multiple immunoreactive forms of
osteocalcin in uremic serum. J Clin Invest 1986 ; 77 : 1762-7.
8. Garnero P, Grimaux M, Demiaux B, Preaudat C, Seguin P, Delmas
PD. Measurement of serum osetocalcin with a human-specific two-site immunoradiometric
assay. J Bone Miner Res 1992 ; 7 : 1389-98.
9. Simon LS, Krane SMK. Procollagen extension peptides as markers
of collagen synthesis. In : Frame B, Potts JT Jr (eds). Clinical
disorders of bone and mineral metabolism. Amsterdam : Excerpta Medica,
1983, 108-11.
10. Hassager C, Fabbri-Mabelli G, Christiansen C. The effect
of the menopause and hormone replacement therapy on serum carboxyterminal
propeptide of type I collagen. Osteoporosis Int 1993 ; 3 : 50-2.
11. Melkko J, Kauppila S, Niemi S, et al. Immunoassay
for intact amino-terminal propeptide of human type I procollagen. Clin
Chem 1996 ; 42 : 947-54.
12. Garnero P, Vergnaud P, Delmas PD. Amino terminal propeptide
of type I collagen (PINP) is a more sensitive marker of bone turnover
than C-Terminal propeptide in osteoporosis. J Bone Miner Res 1997
; 12 (S1) : s497.
13. Prockop OJ, Kivirikko KI. Hydroxyproline and the metabolism
of collagen. In : Gould BS (ed). Treatise on collagen. New
York : Academic Press, 1968 ; 215-46.
14. Prockop OJ, Kivirikko KI, Tuderman K, et al. The biosynthesis
of collagen ant its disorders. N Engl J Med 1979 ; 301 : 13-23.
15. Eastell R, Colwell A, Hampton L, Reeve. Biochemical markers
of bone resorption compared with estimates of bone resorption from radiotracer
kinetic studies in osteoporosis. J Bone Miner Res 1997 ; 12 : 59-65.
16. Krane SM, Kantrowitz FG, Byrne M, Pinnel SR, Singer FR. Urinary
excretion of hydroxylysine and its glycosides as an index of collagen
degradation. J Clin Invest 1977 ; 59 : 819-27.
17. Minkin C. Bone acid phosphatase : tartrate-resistant acid
phosphatase as a marker of osteoclast function. Calcif Tissue Int
1982 ; 34 : 285-90.
18. Stepan JJ, Pospichal J, Presl J, et al. Bone loss
and biochemical indices of bone remodeling in surgically induced postmenopausal
women. Bone 1987 ; 8 : 279-84.
19. Eyre DR, Koob TJ, Van Ness KP. Quantitation of hydroxypyridinium
crosslinks in collagen by high-performance liquid chromatography. Anal
Biochem 1984 ; 137 : 380-8.
20. Delmas PD, Schlemmer A, Gineyts E, Riis B, Christiansen C.
Urinary excretion of pyridinoline crosslinks correlates with bone turnover
measured on iliac crest biopsy in patients with vertebral osteoporosis.
J Bone Miner Res 1991 ; 6 : 639-44.
21. Uebelhart D, Gineyts E, Chapuy MC, Delmas PD. Urinary excretion
of pyridinium crosslinks : a new marker of bone resorption in metabolic
bone disease. Bone Miner 1990 ; 8 : 87-96.
22. Seyedin S, Zuk R, Kung V, Daniloff Y, Shepard K. An immunoassay
to urinary pyridinoline : the new marker of bone resorption. J Bone
Miner Res 1993 ; 8 : 635-42.
23. Robins SP, Woitge H, Hesley R, Ju J, Seyedin S, Seibel MJ.
Direct, enzyme-linked immunoassay for urinary deoxypyridinolin as a specific
marker for measuring bone resorption. J Bone Miner Res 1994 ; 9
: 1643-9.
24. Hanson DA, Weiss MAE, Bollen AM, Maslan SL, Singer FR, Eyre
DR. A specific immunoassay for monitoring human bone resorption : quantitation
of type I collagen cross-linked N-telopeptides in urine. J Bone Miner
Res 1992 ; 7 : 1251-8.
25. Bonde M, Qvist P, Fledelius C, Riss BJ, Christiansen C. Immunoassay
for quantifying type I collagen degradation products in urine evaluated.
Clin Chem 1994 ; 40 : 2022-5.
26. Garnero P, Shih WJ, Gineyts E, Karpf DB, Delmas PD. Comparison
of new biochemical markers of bone turnover in late postmenopausal osteoporotic
women in response to alendronate treatment. J Clin Endocrinol Metab
1994 ; 79 : 1693-700.
27. Hannon R, Blumsohn A, Naylor K, Eastell R. Response of biochemical
markers of bone turnover to hormone replacement therapy : impact of biological
variability. J Bone Miner Res 1998 ; 13 : 1124-33.
28. Bonde M, Garnero P, Fledelius C, Qvist P, Delmas PD, Christiansen
C. Measurement of bone degradation products in serum using antibodies
reactive with an isomerized form of an eight amino acid sequence of the
C-telopeptide of type I collagen. J Bone Miner Res 1997 ; 12 :
1028-34.
29. Garnero P, Sornay-Rendu E, Chapuy MC, Delmas PD. Increased
bone turnover in late postmenopausal women is a major determinant of osteoporosis.
J Bone Miner Res 1996 ; 11 : 337-49.
30. Garnero P, Duboeuf F, Sornay-Rendu E, Delmas PD. Biochemical
markers of bone turnover predict the rate of postmenopausal bone loss
: a 4-yr follow-up study. Osteoporosis Int 1998 ; 8 (S3) : 8.
31. Hansen MA, Kirsten O, Riss BJ, Christiansen C. Role of peak
bone mass and bone loss in postmenopausal osteoporosis : 12 years study.
Brit Med J 1991 ; 303 : 961-4.
32. Riis S BJ, Hansen AM, Jensen K, Overgaard K, Christiansen
C. Low bone mass and fast rate of bone loss at menopause-equal risk factors
for future fracture. A 15 year follow-up study. Bone 1996 ; 19
: 9-12.
33. Garnero P, Hausher E, Chapuy MC, et al. Bone resorption
markers predict hip fracture risk in elderly women : the Epidos prospective
study. J Bone Miner Res 1996 ; 11 : 337-49.
|