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Haemolysed samples


Annales de Biologie Clinique. Volume 59, Number 1, 114, Janvier - Février 2001, Lettres à la revue


Résumé  

Author(s) : J. Watine, Laboratoire de biologie polyvalente, Hôpital Général, 12027 Rodez cedex 9.

ARTICLE

Dans une lettre récemment publiée dans les Annales de Biologie Clinique [1], à propos des prélèvements « hémolysés », J.-L. Dhondt et al. considèrent que seules les hémolyses réellement interférentes, très facilement repérables visuellement, doivent faire l'objet d'un rejet analytique. Outre le fait que l'appréciation visuelle de l'hémolyse peut être subjective, notamment quand le prélèvement est ictérique, nous nous demandons s'il est très prudent de proposer une telle procédure, indépendamment non seulement de l'analyse prescrite, mais aussi des circonstances cliniques de la prescription.

Prenons par exemple le cas d'un dosage de la sous-unité 1 des lactates déshydrogénases (LDH1) sériques prescrit pour le suivi post-thérapeutique d'un patient porteur de tumeur germinale testiculaire. Dans ce contexte particulier, Von Eyben et al. [2] ont récemment démontré qu'une correction systématique, pour tenir compte de l'hémolyse in vitro, des résultats de LDH1 (c'est-à-dire effectuée quel que soit l'aspect visuel du sérum selon la formule générale : 1 mg/l S-Hb = 0,1 U/l S-LDH1), peut avoir un impact non négligeable sur la décision clinique. Dans cette étude, où les dosages de LDH1 étaient effectués par une méthode immuno-chimique et systématiquement corrigés, la limite qui indiquait un risque élevé de rechute passait, après cette correction, de 145 à 128 U/l, avec, en même temps, une amélioration de la précision diagnostique (moins de faux positifs notamment). Bien que très peu d'études de ce type aient été publiées, il semblerait logique de considérer, jusqu'à preuve du contraire, que des résultats similaires seraient probablement obtenus avec d'autres variables biologiques sensibles à l'hémolyse et utilisées, non seulement en tant que marqueurs tumoraux (LDH, NSE, etc.), mais aussi dans d'autres cadres cliniques [3, 4].

Ces considérations ne plaident donc pas vraiment pour la procédure proposée par J.-L. Dhondt et al. Il est toutefois vrai que les biologistes connaissent rarement les circonstances cliniques de toutes les prescriptions d'analyses dont les résultats sont susceptibles d'être influencés par une hémolyse, même minime. C'est pourquoi, dans notre laboratoire, en plus de la procédure proposée par J.-L. Dhondt et al. [1], nous insérons le commentaire suivant pour tout prélèvement « hémolysé » : « résultat(s) sous réserve, prélèvement "hémolysé" ; l'hémolyse in vitro, qui est le plus souvent due à un prélèvement défectueux, entraîne une fausse augmentation de K, LDH, fer, TGO, acide urique... et une fausse diminution de la bilirubinémie ». Cette solution n'est bien sûr qu'un pis-aller. Serait-il préférable de doser systématiquement l'hémoglobine sérique et d'indiquer le résultat du dosage sur tous les comptes rendus (avec indication des valeurs « normales »), voire même d'effectuer systématiquement des corrections du type de celle proposée par Von Eyben et al. [2], au moins pour certaines variables particulièrement sensibles à l'hémolyse (et de signaler ces corrections sur les comptes rendus [5]) ?

Références

1. Dhondt JL, Hayte JM, Demouveaux A. Les prélèvements « hémolysés ». Ann Biol Clin 2000 ; 58 : 639.

2. Von Eyben FE, Petersen PH, Blaabjerg O, Madsen EL. Analytical quality specifications for serum lactate dehydrogenase isoenzyme 1 based on clinical goals. Clin Chem Lab Med 1999 ; 37 : 553-61.

3. Kaplan LA. Determination and application of desirable analytical performance goals : the ISO/TC 212 approach. Scand J Clin Lab Invest 1999 ; 59 : 479-82.

4. Ross SM, Fraser CG. Biological variation of cardiac markers : analytical and clinical considerations. Ann Clin Biochem 1998 ; 35 : 80-4.

5. Arrêté du 26 novembre 1999 relatif à la bonne exécution des analyses de biologie médicale. Journal officiel de la République française du 11 décembre 1999.


 

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