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Performance of the XAS (Dade Behring) system for the screening of sera with visible interferents on ARS analyser


Annales de Biologie Clinique. Volume 59, Number 2, 193-7, Mars - Avril 2001, Pratique quotidienne


Résumé  

Author(s) : M. Soulier Majidi, C. Ciupek, M. Blanchard, P. Quillet, Laboratoire de biologie polyvalente, Unité de biochimie, Hôpital Sud Francilien, site de Corbeil, 59, boulevard Henri-Dunant, 91106 Corbeil Essonnes cedex.

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ARTICLE

Matériel et méthodes

Échantillons

L'influence des trois interférents majeurs (hémolyse, bilirubine, turbidité) sur la qualité des principaux dosages biochimiques a été déterminée selon le protocole de validation de techniques décrit par la Société française de biologie clinique [9].

Les surcharges ont été réalisées avec un pool d'une centaine de sérums prélevés sur tube sec avec gel. Un hémolysat a été obtenu à partir d'un culot d'hématies, provenant de sang prélevé sur EDTA ; par dilutions successives de cet hémolysat ont été préparés des sérums avec des concentrations finales d'hémoglobine respectivement de 0,205, 0,41, 0,82, 2,05 et 2,87 g/l. Pour la bilirubine (Sigma référence B-4126), 5 dilutions dans l'eau distillée ont permis d'obtenir des sérums aux concentrations finales de bilirubine respectivement de 45, 98, 195, 515 et 738 µmol/l. Pour la turbidité, 5 dilutions d'une solution d'Intralipide®, à 20 % prête à l'emploi (Fresenius Kabi), a permis d'obtenir des concentrations de triglycérides respectivement à 1,48, 1,78, 2,369, 3,69 et 6,13 mmol/l.

Méthodes

Les paramètres biochimiques sériques étudiés ont été les suivants : sodium, potassium, chlorure, bicarbonates, urée, glucose, CK, PAL, LDH, bilirubine directe, bilirubine totale, acide urique, cholestérol, triglycérides, phosphates, CRP, magnésium, ASAT, ALAT, amylase, protéines, lipase, GGT, calcium et créatinine, correspondant aux analyses réalisées en pratique courante au sein d'une activité hospitalière. Le principe des méthodes est décrit au tableau 1.

Toutes les déterminations ont été effectuées en double sur l'automate ARS (commercialisé par Dupont-Dade Behring), en utilisant les réactifs fournis par le fabricant.

L'analyse des résultats a été réalisée à l'aide des critères et normes d'acceptabilité définies par Vassault et al. [10]. Pour chacun des échantillons considérés, la moyenne des deux résultats obtenus a été calculée, puis la différence entre cette valeur et celle du pool initial a été calculée et dénommée respectivement Delta 1, Delta 2, Delta 3, Delta 4 et Delta 5 pour chacune des surcharges effectuées. Ces différences ont été comparées à celles des normes d'interprétation selon le protocole Valtec 99 [10].

Utilisation de l'indicateur XAS

Pour chaque sérum, l'indicateur XAS attribue un nombre à trois chiffres (IHT) tel que le premier chiffre représente le niveau ictérique, le second le niveau d'hémolyse et le troisième le niveau de turbidité. Ceux-ci sont obtenus respectivement :

- pour le niveau ictérique (I), par une mesure bichromatique à 452/700 nm avec un blanc réactif sur l'eau distillée, dont le delta de densité optique (deltaB), exprimé en milli-unités d'absorbance, est proportionnel à la concentration de bilirubine (deltaB < 60 : I = 1 ; 59 < deltaB < 90 : I = 2 ; 89 < deltaB < 160 : I = 3 ; deltaB > 159 : I = 4) ;

- pour l'hémolyse (H), par une mesure bichromatique à 405/700 nm avec blanc réactif sur eau distillée, dont le delta de densité optique (deltaHb) est proportionnel au taux d'hémoglobine (deltaHb < 100 : H = 1 ; 99 < deltaHb < 200 : H = 2 ; 199 < deltaHb < 480 : H = 3 ; deltaHb > 479 : H = 4) ;

- pour la turbidité (T), par une mesure monochromatique à 700 nm avec blanc réactif sur eau distillée, dont le delta de densité optique (deltaT) est proportionnel à la turbidité (deltaT < 6 : T = 1 ; 5 < deltaT < 10 : T = 2 ; 9 < deltaT < 15 : T = 3 ; deltaT > 14 : T = 4).

Ces calculs permettent de gérer les trois caractères hémolyse, ictère et turbidité sur un seul canal de l'automate de biochimie ARS.

Nous avons ensuite déterminé la valeur de chaque seuil de l'indice XAS du sérum, pour chacune des trois interférences, et pour chacun des test biochimiques étudiés lorsque le delta était supérieur à la norme moyenne d'interprétation [10].

Résultats

Mise en évidence des interférences

Les perturbations les plus fréquentes concernent la surcharge en bilirubine (15/24 analytes), suivi de l'hémolyse (6/26), puis de la turbidité des sérums avec seulement un dosage perturbé. Les résultats obtenus ont été représentés dans les tableaux 2, 3 et 4.

Bilirubine

Une diminution des valeurs par rapport à la mesure initiale est généralement observée sauf pour la CRP et les phosphates, pour lesquelles l'effet est inverse, a été mis en évidence (tableau 2). Une variation « significative » est observée avec les dosages de potassium, chlorures, calcium, magnésium, phosphates, cholestérol, glucose, protéines, ALAT, ASAT, CK, GGT, LDH, lipase et PAL pour un indice XAS égal à 411.

Hémolyse

Les résultats des dosages de sodium, chlorures et phosphates montrent une diminution pour les mesures de potassium, LDH et ASAT. En prenant en compte le chiffre de l'indice XAS attribué pour chacun des échantillons, on ne peut accepter les valeurs des dosages des chlorures, de la LDH et du potassium dès que XAS est supérieur ou égal à 121, des dosages de sodium, phosphates et ASAT si XAS est supérieur ou égal à 131 (tableau 3).

Turbidité

On ne retrouve qu'une seule et faible interférence pour le dosage du magnésium lors de la surcharge en intralipides (tableau 4). Toutefois, on a pu noter des résultats limites pour les dosages de chlorures, glucose et PAL.

Discussion

L'importance de ces interférences chromatiques est variable selon les méthodes de dosages et/ou des automates différents utilisés [3, 4]. Le développement d'un outil fiable et exact, tel l'indice XAS, permettant de quantifier ces interférences chromatiques, en fonction de l'automate et des techniques de dosage employées, est une approche intéressante pour éviter de rendre aux cliniciens des résultats erronés. Après sa programmation sur l'automate, l'utilisation systématique de l'indicateur XAS ne ralentit pas significativement la cadence de l'automate ARS mesurée à 4,00 tests/min versus 3,94 (moyenne effectuée sur 4 séries de 200 tests). Il permet par ailleurs d'optimiser le temps de travail des techniciennes qui n'ont plus à vérifier l'aspect des sérums, et en fonction de celui-ci, à valider techniquement ou non les résultats, cette appréciation étant donnée automatiquement et, a priori, plus objectivement par l'emploi du XAS.

Hémolyse

Dans notre expérience quotidienne, il s'est avéré que les sérums hémolysés sont de loin les plus fréquents. Ainsi, on a recensé, sur une période de 35 jours, 73 spécimens hémolysés, sur un total de 2 891, soit 2,53 %, ce qui est loin d'être négligeable.

L'indice XAS a été suffisamment sensible pour distinguer les spécimens hémolysés.

Sérum ictérique

En ce qui concerne l'interférence ictérique, la programmation du XAS devrait être améliorée afin de permettre de séparer, parmi les paramètres perturbés, ceux qui peuvent encore être rendus lorsque le chiffre « I » de l'indice XAS = 4. La programmation du chiffre I qui, pour les valeurs de 1 à 3, correspondait à des doses optimales inférieures à 160 (exprimée en milli-unités d'absorbance), devrait être modifiée de façon à ce que la valeur I = 1 soit attribuée jusqu'à une dose optimale inférieure à 160 ; puis le chiffre I = 2 pour une deltaB comprise entre 160 et 300, le chiffre I = 3 pour une deltaB comprise entre 300 et 500, et enfin I = 4 au-delà.

Turbidité

Nous n'avons pas pu réellement juger de l'intérêt du chiffre du XAS concernant l'aspect opalescent sur les différentes analyses effectuées en raison de la quasi-absence de modifications des dosages concernés dans la limite de la surcharge réalisée.

En fait, une interférence importante pour les dosages de protéines, phosphates, créatinine, glucose, acide urique, ASAT et ALAT a été constatée [3-5, 7] ; elle peut effectivement se rencontrer pour une concentration de triglycérides supérieure à 6,86 mmol/l, ce que nous n'avons pas atteint avec la surcharge réalisée. Néanmoins, nos résultats étaient conformes aux fiches techniques du fabricant pour ces paramètres.

Si le choix des longueurs d'ondes pour les mesures des interférences hémoglobine et bilirubine par le XAS est correct, en revanche, la mesure bichromatique à 750 nm de la lipémie est en dehors du spectre d'absorption chromatique des lipides (300 et 600 nm de manière décroissante) ; la mesure du XAS pour cette interférence pourrait donc être sous-estimée de ce fait. On peut suggérer une mesure à 350 nm pour mieux évaluer l'importance des lipides sériques pouvant interférer, d'autant qu'à cette longueur d'onde les valeurs spectrophotométriques de l'hémoglobine et de la bilirubine sont faibles.

La qualité des dosages biochimiques colorimétriques est très dépendante des caractéristiques des automates et des principes des méthodes utilisées et la présence des trois interférents testés doit être étudiée, en considérant précisément toutes ces données, par les biologistes. Afin de permettre une mesure objective et quantifiable de l'intensité de l'aspect hémolytique, opalescent ou ictérique d'un sérum, le concept théorique expliqué par le fabricant nous a paru très intéressant, mais son utilisation, bien qu'immédiate, automatisée et programmée sur l'automate de biochimie, a présenté en pratique quelques insuffisances, rendant encore prématuré son usage au sein de notre laboratoire. Il reste que, après l'amélioration de cet indicateur, une étude telle que celle-ci pourrait être complétée par une évaluation de cet indicateur lorsqu'il existe plusieurs interférences simultanément pour un même sérum.

Enfin, il pourrait être souhaitable de juger ces modifications en prenant en compte l'avis des cliniciens eux-mêmes au préalable comme cela a été réalisé lors de précédentes études [1-13] tentant d'élaborer des méthodologies scientifiques intégrant les données médicales, cette interprétation représentant idéalement la finalité majeure de la prise en charge des malades. Une telle approche permettrait d'établir un consensus professionnel clinico-biologique qui s'avérerait souhaitable dans un souci d'amélioration générale de la qualité.

REFERENCES

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4. Frémont S, Combe AM, Mecrin M, et al. Influence des interférences visibles sur les dosages de biochimie réalisés sur AU 5231, AU 5223 (Olympus) et CL 7200 (Shimadzu). Ann Biol Clin 1996 ; 54 : 309-20.

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10. Vassault A, Grafmeyer D, Naudin C, et al. Protocole de validation de techniques. Ann Biol Clin 1986 ; 44 : 686-745.

11. Skendzel LP, Roy MD, Barnett RN, Platt R. Medically useful criteria for analytic performance of laboratory tests. Am J Clin Pathol 1985 ; 83 : 200-5.

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