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Standardization and qualitology in the clinical laboratory : towards an european system of clinical laboratory sciences


Annales de Biologie Clinique. Volume 59, Number 2, 225-30, Mars - Avril 2001, Culture-qualité


Résumé  

Author(s) : X. Fuentes-Arderiu, Servei de Bioquímica Clínica, Ciutat Sanitària i Universitària de Bellvitge, Feixa Larga s/n, 08907 L'Hospitalet de Llobregat, Barcelona, Espagne..

ARTICLE

Aujourd'hui, dans l'Union européenne, on peut affirmer que nous avons atteint un excellent degré de bien-être social. Une des clés pour parvenir à ce bien-être a été le principe de l'égalité de l'assistance sanitaire. Effectivement, au sein de l'Union européenne, il y a longtemps que tout le monde peut bénéficier de l'assistance des laboratoires de biologie clinique avec financement public.

Maintenant, il faut avancer un peu plus pour atteindre l'objectif qui, logiquement, doit suivre l'égalité de l'assistance sanitaire : l'harmonisation de la qualité. Compte tenu de l'état actuel de la biologie clinique, il ne suffit pas que l'assistance donnée par les laboratoires soit accessible à tout le monde, il faut, en plus, que cette assistance soit assurée avec un haut degré de qualité, permis grâce au progrès scientifique.

En vue d'atteindre l'harmonisation de la qualité dans le domaine de la biologie clinique dans l'Union européenne, la qualité des produits fournis par l'industrie du diagnostic in vitro et la qualité des comptes rendus et des conseils sémiologiques fournis par les laboratoires de biologie clinique doivent être assurées.

Concernant l'industrie, le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne ont publié la directive 98/79/CE du 27 octobre 1998 relative aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro [1]. Cette directive concerne les entreprises qui fournissent des matériels de laboratoire de biologie clinique à l'Union européenne. L'application de cette directive, qui a commencé cette année, améliorera le degré de qualité des instruments, réactifs, etc., et, en conséquence, contribuera à améliorer les résultats des examens de laboratoire.

Mais en ce qui concerne la réglementation des laboratoires de biologie clinique, ni le Parlement européen ni le Conseil de l'Union européenne n'ont pris position jusqu'à présent. Il semble que les autorités européennes aient décidé que l'industrie des dispositifs pour le diagnostic in vitro soit obligé de se soumettre aux exigences de la directive, tandis que les laboratoires de biologie clinique ont la liberté de décider si ils veulent volontairement remplir les exigences d'une ou plusieurs normes.

La biologie clinique a été bâtie à partir de deux groupes de disciplines : celui des disciplines analytiques (principalement la biochimie, la cytohématologie, l'hémostasiologie, l'immunologie, la microbiologie et la parasitologie), et celui des disciplines sémiologiques (principalement la physiologie et la pathologie). Puis, la statistique, comme un outil méthodologique indispensable, et la métrologie sont venues compléter le tableau de la biologie clinique.

Par ailleurs, dans les laboratoires de biologie clinique, les activités liées à la qualité des résultats produits (les comptes rendus) et des services (le conseil sémiologique) se sont développées d'une façon si importante que la qualitologie a maintenant une place propre comme discipline fondamentale dans la biologie clinique.

La qualitologie peut être définie comme la « branche de la science qui a pour objet l'étude de la qualité des produits, processus et services ».

La notion qualitologique la plus importante est, évidemment, celle de la qualité. L'étude étymologique du terme qualité nous ramène au terme latin qualitas. D'où vient le terme qualitas ? En grec ancien, la nature d'une chose se nomme poïotès. Cicéron n'ayant pas de mot équivalent en latin, et considérant que la notion de nature est équivalente à la notion talis qualis (tel quel), utilisait le terme talis qualis comme équivalent de poïotès. Plus tard le talis qualis s'inversa en qualis talis, puis quali tas et finalement qualitas. Actuellement l'usage technique du mot qualité n'est pas lié à la nature d'un objet, mais à la satisfaction des besoins que peut donner cet objet. Effectivement, l'Organisation internationale de normalisation (ISO) a défini la qualité comme l'« ensemble des caractéristiques d'une entité qui lui confère l'aptitude à satisfaire des besoins exprimés ou implicites ». Pour qu'un compte rendu de laboratoire de biologie clinique possède un haut degré de qualité, il faut qu'il soit adapté aux besoins de celui qui l'a prescrit, qu'il puisse être utilisé en toute sécurité et que les résultats des examens de laboratoire soient reproductibles d'un jour à un autre.

Les démarches pour atteindre la qualité s'appuient sur des normes qui définissent les exigences qualitologiques et précisent son champ d'application. Les normes sont des accords documentés contenant des spécifications techniques, ou autres critères précis, destinés à être utilisées systématiquement en tant que règles, lignes directrices ou définitions de caractéristiques pour assurer que des produits et services sont aptes à leur emploi. Par exemple, la manière de décrire d'une façon normalisée les propriétés biologiques qu'on examine au laboratoire est exposée dans la norme européenne XP ENV 1614 Informatique de santé - Structure pour les nomenclatures, les classifications et les systèmes de codage des propriétés dans le domaine des laboratoires d'analyses médicales [2]. Le fait d'adhérer à cette norme signifie que les comptes rendus des laboratoires pourront être transférables et compris sans ambiguïté dans tous les pays de l'Union européenne.

Les normes sont élaborées au niveau international par l'ISO ou au niveau européen par le Comité européen de normalisation (CEN). Les normes ISO peuvent être reprises par le CEN et réciproquement. Les normes du CEN deviennent normes officielles pour tous les états de l'Union européenne.

La préparation de normes et leur mise en application est un processus connu sous le terme de normalisation. Dans le laboratoire de biologie clinique, la normalisation est l'activité propre à adapter les démarches aux règles, lignes directrices ou caractéristiques données par les normes.

Il est donc clair que la normalisation est un outil indispensable pour l'obtention du degré optimal d'ordre dans le laboratoire de biologie clinique, c'est-à-dire pour atteindre la meilleure qualité de leurs produits et services.

Néanmoins, dans l'Union européenne, l'existence de disparités entre les documents normatifs concernant la biologie clinique publiés par ses membres a créé des entraves à l'harmonisation de la qualité de l'assistance biologico-clinique dans l'Union européenne. C'est la raison pour laquelle la normalisation des laboratoires de biologie clinique, obtenue par l'application des normes européennes unifiées, constitue le seul moyen d'éliminer ces entraves à l'harmonisation de la qualité. Si l'on croit vraiment à l'Union européenne, il faut travailler pour la normalisation qualitologique à cette échelle supranationale.

Probablement, la réussite de l'égalité qualitologique pourra être une réalité quand les laboratoires de biologie clinique de l'Union européenne adopteront comme référentiel normatif la norme EN-ISO 15189 Management de la qualité dans les laboratoires d'analyses de biologie médicale [3], qui va être publiée a la fin de cette année, et quand ils suivront les recommandations publiées par les organisations scientifiques internationales de biologie clinique depuis ces vingt dernières années.

La norme EN-ISO 15189 : management de la qualité dans les laboratoires d'analyses de biologie médicale

Elle a deux buts distincts : la normalisation des aspects de management et la normalisation des aspects techniques.

Quelques exigences de cette norme EN-ISO 15189 méritent d'être passées en revue et commentées pour en saisir la nouveauté qu'elle représente pour beaucoup de laboratoires de biologie clinique :

* Exigence 4.1.4. La direction du laboratoire doit avoir une responsabilité [...] pour la nomination d'un responsable de la qualité [...]

Pour l'heure, la plupart des laboratoires de biologie clinique de l'Union européenne n'ont pas défini ce travail. Le seul fait d'avoir un responsable de la qualité (le qualiticien du laboratoire) est un indicateur de la préoccupation du laboratoire pour la qualité. Évidemment, dans les laboratoires dont le personnel est limité, le qualiticien peut cumuler d'autres fonctions.

* Exigence 4.1.5. La direction du laboratoire doit mettre en œuvre des indicateurs de qualité afin de contrôler et d'évaluer de façon systématique la contribution du laboratoire à la prise en charge du patient [...]

Cette exigence est un plus difficile à accomplir puisqu'il n'y a pas beaucoup de références bibliographiques sur ce type d'évaluation ; cependant il vient d'être publié un livre qui est une excellente introduction à ce sujet [4].

* Exigence 4.2.3. La politique et les objectifs du système de management de la qualité doivent être définis dans une déclaration de politique de la qualité sous l'autorité du directeur de laboratoire et figurer dans le manuel de la qualité [...]

La mise en œuvre de cette exigence aidera les directeurs du laboratoire à développer ou à renforcer leur rôle d'entrepreneurs et aidera tout le personnel et les clients à mieux comprendre la « personnalité » du laboratoire.

* Exigence 4.3.1. Le laboratoire doit définir, documenter et mettre à jour les procédures de maîtrise de tous les documents et informations (de sources internes et externes) qui constituent sa documentation de la qualité [...]

Avoir tout documenté et enregistré est un des principes fondamentaux d'une bonne organisation du laboratoire. La consigne pour cette exigence est qu'il faut écrire tout ce qu'on fait et il faut faire tout ce qui est écrit.

* Exigence 4.4.1. Le laboratoire doit disposer d'une procédure documentée effective pour évaluer et sélectionner les laboratoires sous-traitants [...]

La plupart des laboratoires de biologie clinique transmettent des échantillons à d'autres laboratoires sous-traitants pour faire des examens qu'ils ne font pas, mais, devant le médecin prescripteur et le patient, la qualité de ces examens est de la responsabilité du laboratoire qui transmet l'échantillon. C'est pour cela que la sélection des laboratoires ne doit pas être improvisée ou basée seulement sur des critères économiques.

* Exigence 4.5.1. La direction du laboratoire doit définir et documenter sa politique et ses procédures quant à la sélection et à l'utilisation de services, d'équipements et de consommables achetés à des fournisseurs susceptibles d'influer sur la qualité de ses services [...]

Considérant la répercussion directe de la qualité des systèmes de mesure, réactifs, calibrateurs, etc., sur la qualité des résultats des examens de laboratoire, il faut s'assurer que le laboratoire tient compte de la qualité de ces matériaux en plus de leur prix.

* Exigence 4.6.1. La direction du laboratoire doit mettre en place une politique et une procédure qui doivent être appliquées quand est constatée l'existence de non-conformités par rapport aux exigences du système de management de la qualité ou celles du clinicien prescripteur [...]

L'attitude face aux non-conformités n'est pas du tout une nouveauté dans le laboratoire de biologie clinique. On peut dire qu'on peut accomplir cette exigence en optimisant la réaction face aux événements classiquement observés dans le travail quotidien du laboratoire, y compris les réclamations des médecins prescripteurs et des patients.

* Exigence 4.8.1. Des personnes qualifiées pour cette tâche doivent fournir des conseils concernant la sélection des examens, leur fréquence de prescription et le type d'échantillon requis. Selon le cas, l'interprétation des résultats des examens doit être fournie.

Le problème de l'interprétation des résultats et des conseils biologico-cliniques aux médecins prescripteurs mérite une attention spéciale puisque les démarches de normalisation ne rencontrent qu'un très faible écho dans les services professionnels concernés. Pour l'heure, beaucoup pensent que les codes de déontologie correspondent mieux à la logique de ce secteur d'activité.

La spécificité des activités liées à la fourniture de conseil, à l'interprétation de résultats incluse, a trois caractéristiques principales : l'immatérialité, la difficulté d'évaluer la qualité du conseil et les caractéristiques personnelles du « fournisseur ».

Le fait qu'un conseil soit immatériel implique souvent que son efficacité n'est pas connue au moment où le conseil est donné et qu'il est difficile d'évaluer sa qualité. Par conséquent, l'évaluation est basée essentiellement sur l'expérience que le médecin consultant possède vis-à-vis du conseiller, sans oublier que la courtoisie et l'amitié peuvent influencer la perception du résultat.

L'ambiguïté de l'efficacité d'un conseil est encore accentuée par le fait que le conseil est délivré par une personne et cela entraîne la variabilité du conseil. Récemment, il a été publié un travail sur la variabilité des commentaires interprétatifs qui met en évidence ce problème et qui invite à réfléchir sur ce phénomène [5]. Pour diminuer cette variabilité, le Royal College of Pathologists du Royaume-Uni a publié un guide [6] pour aider à la rédaction de commentaires interprétatifs dans les comptes rendus de biochimie clinique.

Il se pourrait que les meilleurs conseils soient ceux donnés par un ordinateur avec un programme approprié, afin que l'homogénéité de la qualité du conseil soit assurée.

Cela explique l'échec relatif du développement de la normalisation du type ISO 9000 dans ce secteur. Ce qui ne signifie pas pour autant que la normalisation n'existe pas dans ces activités, elle prend d'autres formes : les codes de déontologie. Dans la théorie des conventions [7], les codes de déontologie s'interprètent comme la manifestation d'une convention sur la qualité propre aux activités liées à la proposition de conseils, c'est-à-dire que les codes de déontologie sont le référentiel normatif de ce type de service professionnel. Ces codes n'apparaissent que dans des professions où l'interaction client-fournisseur est forte et où l'immatérialité du résultat est élevée. Ces codes sont en effet promulgués par des organisations professionnelles. Dans la perspective conventionnaliste, ce phénomène s'interprète comme une construction sociale spécifique de la qualité liée à la nature des activités. Par ailleurs, ce référentiel coexiste avec les référentiels d'assurance de la qualité et de certification.

* Exigence 4.11.1. [...] des audits internes de tous les éléments du système de management de la qualité, à la fois directoriaux et techniques, doivent être effectués à des intervalles définis dans le système de management de la qualité [...]

Si le nombre des travailleurs est suffisant, il est recommandé que au minimum deux membres du personnel suivent un cours d'auditeur. Si cela n'est pas possible, plusieurs laboratoires peuvent partager leurs auditeurs.

* Exigence 4.12.1. La direction du laboratoire doit réaliser périodiquement une revue du système de management de la qualité du laboratoire et de tous ses services, incluant la réalisation des examens, ainsi que les activités de consultation [...]

Selon cette exigence, il faut que dans le laboratoire s'instaure l'habitude de réunions où l'autocritique constructive basée sur des données documentées est la méthode d'amélioration continue de la qualité.

* Exigence 5.1.2. La direction du laboratoire doit conserver des enregistrements concernant les compétences utiles, les diplômes, les qualifications professionnelles, la formation et l'expérience de tout le personnel [...]

Le facteur humain est la pièce clé du succès de toute organisation. C'est pour cela que la formation continue est une exigence fondamentale dans tous les systèmes de management de la qualité.

* Exigence 5.5.2. Le laboratoire doit seulement utiliser des procédures validées pour s'assurer qu'elles conviennent à l'utilisation prévue [...]. Les procédures sélectionnées doivent être évaluées et donner des résultats satisfaisants avant d'être utilisées pour les examens médicaux [...]

Considérant que, d'après la directive européenne sur les dispositifs de diagnostic in vitro, les entreprises concernées doivent avoir vérifié les procédures liées aux matériels qu'elles produisent, les laboratoires de biologie clinique peuvent demander à leurs fournisseurs des documents sur ce sujet. Cette documentation peut épargner au laboratoire le travail de validation complète de chaque procédure.

* Exigence 5.5.5. Les intervalles de référence biologiques doivent être revus périodiquement [...]. Une revue doit également être réalisée lorsque le laboratoire modifie une procédure analytique ou une procédure pré-analytique.

L'utilisation des intervalles de référence appropriés est un problème chronique pour la plupart des laboratoires de biologie clinique. Effectivement, depuis plus de vingt ans la Fédération internationale de chimie clinique et des organisations nationales européennes, comme la Société française de biologie clinique et la Société espagnole de biochimie clinique et pathologie moléculaire, ont recommandé que chaque laboratoire de biologie clinique produise ses propres valeurs de référence, mais, malheureusement, il n'y a pas beaucoup de laboratoires qui suivent cette recommandation car la sélection d'individus de référence est difficile et la production de valeurs de référence coûte du temps et de l'argent.

Pour que cette situation change et que s'accomplisse cette exigence, il faut que l'industrie, qui a aussi une exigence pour ce sujet dans la directive européenne, et les laboratoires de biologie clinique s'entendent pour estimer, pour chaque procédure de mesure, l'intervalle de référence biologique de chaque région européenne biologiquement homogène. [L'auteur a des expériences très favorables sur la production multicentrique de valeurs de référence biologique en coopération avec des fournisseurs de systèmes de mesure.]

* Exigence 5.6.2. Le laboratoire doit déterminer l'incertitude des mesures, dans les cas où cela est utile et dans la mesure du possible [...]

Cela est vraiment difficile pour l'heure ! Rappelons que l'incertitude de mesure est un paramètre (un écart-type, par exemple), associé au résultat d'un mesurage, qui caractérise la dispersion des valeurs qui pourraient raisonnablement être attribuées à la grandeur mesurée. Pour connaître l'incertitude des résultats de mesurage, il est d'abord nécessaire de connaître, pour chaque procédure de mesure, l'incertitude des valeurs des calibreurs, la variabilité pré-métrologique et la variabilité métrologique (écart-type jour après jour) pour toutes les valeurs possibles de la grandeur biologique considérée. C'est pour cela que, bien que les différentes composantes de l'incertitude puissent être potentiellement évaluées dans le laboratoire de biologie clinique, l'effort nécessaire pour le faire est si grand que, probablement, il sera très difficile d'accomplir cette exigence [8]. L'avenir le dira...

* Exigence 5.6.3. Un programme d'étalonnage des systèmes de mesure et de vérification de la justesse doit être conçu et appliqué afin de garantir que les mesures sont traçables par rapport aux unités SI [...]

La meilleure façon d'accomplir cette exigence est l'utilisation, le cas échéant et autant que possible, de calibrateurs dont les valeurs assignées sont traçables par rapport aux unités SI. Compte tenu que la directive européenne exige des fabricants de calibreurs que ces matériaux soient traçables par rapport aux unités SI, les laboratoires pourront accomplir l'exigence facilement. En outre, les procédures habituelles pour l'estimation de l'erreur systématique sont applicables pour vérifier la justesse des systèmes de mesure.

* Exigence 5.6.6. Pour les examens effectués en utilisant différentes méthodes ou différents équipements ou sur des sites différents, il doit exister un mécanisme défini pour vérifier la comparabilité des résultats pour tout l'intervalle des valeurs observées en clinique [...]

Heureusement, cette exigence fera disparaître la faute d'interchangeabilité qui existe souvent entre les résultats des mesurages ordinaires et les résultats des mesurages urgents.

* Exigence 5.8.3. Les résultats doivent être [...] exprimés en unités SI [...]

La chose la plus importante à remarquer dans cette exigence est que la 21e Conférence générale des poids et des mesures, qui s'est tenue en 1999, a décidé d'adopter le nom spécial katal, symbole kat, pour l'unité SI : mole par seconde, pour exprimer l'activité catalytique.

* [...] Il convient que la description des examens effectués et de leurs résultats suive la syntaxe recommandée par la Fédération internationale de chimie clinique (IFCC), l'Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC), la Société internationale de thrombose et d'hémostase (ISTH), le Comité européen de normalisation (CEN) [...]

La syntaxe recommandée peut décrire n'importe quelle propriété biologique examinée [2]. La structure de cette syntaxe est représentée par le modèle suivant :

Système--Constituant ; type-de-propriété

dont voici quelques exemples :

Srm--Anticorps anti-Brucella spp. ; c.arb.(0 ; 1) = ?

Srm--Anticorps anti-Brucella spp. ; c.sust.arb. = ? arb.u./L

Uri--Bactéries ; taxon(culture) = Escherichia coli, Proteus vulgaris

Uri--Entités formatrices de colonies ; c.num. = ? x 103/L

Pla--Coagulation induite par le facteur tissulaire; temps rel.(INR ; IRP 67/40) = ?

San-- Érythrocytes ; c.num. = ? x 1012/L

San-- Érythrocytes ; fr.vol. = ?

San-- Érythrocytes ; vol.entitique = ? fL

San-- Érythrocytes ; taxon(ABO, Rh) = AB, Rh négatif

Srm--Alanine-aminotransférase c.cat. = ? mukat/L

Srm--Albumine ; c.masse(CRM 470) = ? g/L

Srm--Cholestérol ; c.subst. = ? mmol/L

Hph--Sécrétion de thyrotropine; arb.(après de 1,1 mmol (400 mg) de protireline i.v.) exprimé par :

Srm--Thyrotropine ; c.subst.arb.(0 min ; IRP 80/558) = ? mint.u./L

Srm--Thyrotropine ; c.subst.arb.(après 30 min ; IRP 80/558) = ? mint.u./L

Srm--Thyrotropine ; c.subst.arb.(après 60 min ; IRP 80/558) = ? mint.u./L

* [...] et qu'elles soient conformes à la nomenclature recommandée par l'Union internationale de biochimie et de biologie moléculaire (IUBMB), l'Union internationale des sociétés de microbiologie (IUMS), l'Union internationale des sociétés d'immunologie (IUIS), l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il faut faire l'effort de dire et d'écrire thyrotropine au lieu de TSH, somatotropine au lieu de GH, hydrogénocarbonate au lieu de bicarbonate, etc. La paresse au changement ne doit pas mettre des entraves à la communication scientifique basée sur des critères terminologiques acceptés internationalement [9].

CONCLUSION

Après tout, la norme EN-ISO 15189 n'est pas une baquette magique avec laquelle on pourra normaliser toute l'activité de tous les laboratoires de biologie clinique de l'Union européenne et ainsi atteindre l'harmonisation de la qualité. Il reste beaucoup de choses à faire, parmi lesquelles on peut souligner les suivantes :

- établir des exigences sur les caractéristiques métrologiques minimales pour avoir le droit de mesurer chaque grandeur biologique ;

- établir des critères d'acceptabilité de la qualité des résultats des examens de laboratoire ;

- établir des critères pour la validation des comptes rendus de laboratoire ;

- promouvoir des accords entre l'industrie et les laboratoires de biologie clinique pour l'estimation des intervalles de référence biologique ;

- promouvoir la réalisation de méta-analyses sur la valeur sémiologique de propriétés biologiques ;

- donner un financement public seulement aux examens biologiques ayant une valeur sémiologique bien démontrée.

Si tout cela est atteint alors la bataille de la normalisation qualitologique aura été gagnée et on aura obtenu l'harmonisation de la qualité dans l'Union européenne.

REFERENCES

1. Directive 98/79/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 octobre 1998 relative aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro. Journal officiel 1998;(n° L 331 du 07/12/1998):0001 - 0037.

2. Comité européen de normalisation. Informatique de santé - Structure pour les nomenclatures, les classifications et les systèmes de codage des propriétés dans le domaine des laboratoires d'analyses médicales. XP ENV 1614. Paris : Afnor ; 1995.

3. Organisation international de normalisation. Management de la qualité dans les laboratoires d'analyses de biologie médicale. EN-ISO 15189. Genève : ISO; 2000.

4. Bisell MG, ed. Laboratory-related measures of patients outcomes : an introduction. Washington : AACC ; 2000.

5. Challand GS. Assessing the quality of comments on reports : a retrospective study. Ann Clin Biochem 1999 ; 36 : 316-22.

6. Royal college of Pathologists. Guidelines for the provision of interpretative comments on biochemical reports. RC Path Bulletin 1998 ; 104 : 25.

7. Gomez PY. Qualité et théorie des conventions. Paris : Economica ; 1994.

8. Fuentes-Arderiu X. Uncertainty of measurement in clinical laboratory sciences. Clin Chem 2000 ; 46 : 1437-8.

9. International Union of Pure and Applied Chemistry, International Federation of Clinical Chemistry. Compendium of terminology and nomenclature of properties in clinical laboratory sciences. Oxford : Blackwell Science ; 1995.


 

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