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Point of care testing


Annales de Biologie Clinique. Volume 56, Number 4, 392-3, Juillet - Août 1998, Le mot de la rédaction


Résumé  

Author(s) : J.-L.Dhondt.

ARTICLE

J.-C. Jardillier [1] introduisant dans le numéro 1 des ABC de 1998 le texte « Recommandations concernant la biologie délocalisée » du groupe de travail de la SFBC [2] faisait remarquer que la biologie délocalisée existe dans de nombreux établissements, parfois depuis longtemps, et suggérait qu'il serait temps que la profession participe à la mise en place de « règles » quant à sa bonne implantation et sa bonne pratique.

Le biologiste français n'est pas le premier à être confronté à cet « état de fait » et nous remercions notre collègue canadien M.-J. McQueen d'avoir autorisé les ABC à publier (page 487) la traduction de son intervention au 9e colloque de Pont-à-Mousson : Point-of-care ou point-of-need ? Tentative de définition d'une technologie connue, qui a le mérite de présenter des remarques fort pertinentes.

La réflexion se doit de connaître l'« existant » et les ABC remercient également le groupe de travail susnommé de leur avoir confié les résultats de l'enquête réalisée auprès des laboratoires d'analyses des établissements de soins (page 491). Cette enquête montre que les biologistes se sentent concernés : ils « avouent » une faiblesse de l'information quant aux « bonnes pratiques », du personnel usant de l'équipement délocalisé, mais approuvent la nécessité de s'impliquer dans la gestion de cette activité, à la condition d'une « reconnaissance » de cette implication.

L'analyse de cet existant montre que la définition même de « biologie délocalisée » est hétérogène. Les matériels les plus souvent cités pour cette activité sont l'analyseur de glycémie, l'appareil à gaz du sang... mais les systèmes de mesure de la vitesse de sédimentation, de la réalisation du test à la sueur et l'usage des bandelettes urinaires semblent oubliés, tant le quotidien en a fait une pratique normale des services cliniques.

Les sites de pratique « délocalisée » sont également mal définis : le service d'urgence, le service « spécialisé » éloigné du laboratoire, voire le cabinet du médecin ou certaines structures de santé ?

Il apparaît que la « biologie délocalisée » sera un exercice de plus en plus nécessaire suite aux programmes de restructuration des laboratoires qui mélangent centralisation et, paradoxalement, décentralisation. La notion de laboratoire central porte les germes mêmes de la « biologie délocalisée ». Aux a priori économiques s'associent les a priori médicaux, mais, comme le signale McQueen, rares sont les études coûts-bénéfices-avantages justifiant la pratique « délocalisée » d'actes de biologie, d'où l'évidence de poser les bonnes questions afin de permettre une décision « éclairée ». C'est l'approche d'un groupe de travail de l'IFCC préparant les Guidelines for implemantation of point of care testing, dont il est espéré une publication rapide. Les principales questions sont : Quel est le besoin clinique et pour quels analytes ? Quels équipements répondent à ce besoin, avec quelles performances, et à quel coût ? Qui sera responsable de la réalisation et de la validation des analyses, de la maintenance, du contrôle de qualité quotidien ? Quelles sont les dispositions en cas de panne ou de dysfonctionnement ? Comment la formation du personnel impliqué sera-t-elle réalisée et validée ? Comment se fera l'interprétation des résultats ? (il apparaît que la « crédibilité » des résultats n'est souvent mise en doute que devant un résultat anormal, rarement pour un résultat normal ou le semblant).

La question qui résume les précédentes est : comment sera (globalement) évaluée l'activité ? Quels en seront les critères de mesure et quelle sera la démarche remettant en question la continuation ou non de l'activité ? Ce sont les éléments de réponse à cette question qui pourront modifier l'appréhension légitime d'un pourcentage non négligeable de biologistes réticents à voir se développer sans contrôle une certaine forme de « biologie délocalisée » fort éloignée de la biologie clinique.

Les ABC espèrent que nombreux seront les biologistes qui accepteront de rapporter leurs expériences, leurs solutions, voire leurs problèmes et soucis, face à la pratique de « biologie délocalisée ».

Bonne lecture !

REFERENCES

1. Jardillier JC. La biologie délocalisée (Éditorial). Ann Biol Clin 1998 ; 56 : 9.

2. Goudable J, Aulois-Griot M, Billion P, et al. Recommandations concernant la biologie délocalisée. Ann Biol Clin 1998 ; 56 : 114-5.


 

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