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Le 12 février 1999, Jean-Louis Gentillini nous a
brutalement quittés dans un accident de montagne à la station
des Arcs. Marié et père de deux enfants, il était
âgé de 52 ans.
Bien qu'il se soit éloigné du monde de la
biologie en 1984, nombreux sont les biologistes qui se souviennent de
lui. C'était un homme si charismatique et enthousiaste qu'il ne
pouvait laisser indifférent.
Après des études de pharmacie à la
faculté de Toulouse, il intègre la région du Nord
où l'amène son mariage. Il débute sa carrière
au centre hospitalier de Tourcoing, d'abord comme assistant puis comme
chef de service du laboratoire de biochimie. C'est dans ce cadre qu'il
met en pratique les idées qui lui donneront une assise nationale.
Des concepts comme le contrôle de qualité,
l'identification positive des échantillons, les protocoles de validation
de techniques, sont de nos jours totalement intégrés dans
nos laboratoires, mais, dans les années 1970, c'était visionnaire.
Pour convaincre ses collègues du bien-fondé de ces principes,
il participe à de nombreux congrès et il intègre
les instances nationales de biologie en devenant un membre actif des commissions
instrumentation et informatique de la SFBC, en y insufflant une énergie
qu'il canalisait difficilement.
Il adorait également l'enseignement, et, par ses
fonctions hospitalières, de nombreux internes, aujourd'hui biologistes,
savent ce qu'ils lui doivent.
Au début des années 1980, le professeur J.
Samaille, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, lui demande de participer
à la mise en place du centre d'examen de santé et à
la réorganisation du laboratoire d'analyses spécialisées.
Lui-même disait que ce fût ses meilleures années professionnelles
où, à la tête d'une équipe enthousiaste, il
a concrétisé ses concepts.
C'était avant tout un générateur d'idées
et un découvreur, alliant un grand sens critique, de la clairvoyance,
de la lucidité et un bel esprit de synthèse.
Quand il considéra que sa mission pasteurienne était
terminée, il accomplit un nouveau virage et, en 1984, il quitte
le Nord et la biologie pour Genève. Il crée une société
de commercialisation de centres d'examens de santé, notamment pour
le marché américain. Il était également consultant
auprès de sociétés d'investissement dans ses domaines
de prédilection : l'informatique, l'électronique et la communication.
Depuis quelques années, il prenait le temps de vivre
entre son cabinet de chasseur de têtes et ses activités sportives
: le ski, le vélo, la voile. Son enthousiasme et son dynamisme
étaient intacts.
Il laisse sous le choc tous ceux qu'il a soutenus de sa
fidélité et sa générosité de cur.
Tout individu qui rencontre un Jean-Louis Gentillini sur
sa route est un privilégié. Souhaitons qu'il y en ait d'autres
pour honorer la biologie dans ce qu'elle a de plus noble et progressiste.
Cette discipline médicale peut lui dire au revoir et merci.
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