ARTICLE
Les progrès considérables réalisés au cours
de ces cinq dernières années dans le séquençage
du génome humain, ainsi que celui de nombreux virus et bactéries,
associés à la mise au point de nouveaux outils (développement
de la PCR en temps réel par exemple) amènent de plus en
plus de laboratoires à travailler sur les produits dexpression
des gènes. À léchelle qualitative utilisée
depuis de nombreuses années (présence ou non dun transcrit
spécifique) sest récemment ajoutée une échelle
quantitative, ouvrant de nouveaux champs dapplications en génétique,
cancérologie, virologie, infectiologie et hématologie [1-10].
Il est possible de quantifier avec précision désormais une
charge virale, marqueur de suivi de lefficacité thérapeutique,
et de caractériser des gènes exprimés dans des cellules
uniques ou dans des tissus tumoraux. Par ailleurs, le rôle central
de lARN messager (ARNm) dans la transmission de linformation
génétique le rend de plus en plus utilisé dans lindustrie
pharmaceutique pour des études de criblage à haut débit.
Si les méthodes dextraction et de purification des
ARN se sont considérablement simplifiées depuis la méthode
décrite par Chirgwin en 1979 [11], isoler des ARN purifiés
et non dégradés à partir déchantillons
biologiques reste une étape préanalytique délicate
de laquelle dépend la réussite des applications réalisées
en aval. Cet article de synthèse a pour objectif de faire le bilan
des différentes méthodes de lyse et dhomogénéisation
couramment utilisées, ainsi que des nombreuses méthodes
dextraction et de purification des ARN totaux et des ARN messagers
disponibles sur le marché. Par ailleurs, nous insisterons sur les
conditions de prélèvements des échantillons biologiques,
sur les conditions de conservation et de stockage des ARN extraits, ainsi
que sur les méthodes de contrôle de la qualité et
de la concentration des ARN.
Conservation de léchantillon biologique
avant extraction des ARN
Dès le prélèvement de léchantillon
biologique, des modifications du profil dexpression des gènes
peuvent intervenir par dégradation spécifique et non spécifique
des ARN et par induction transcriptionnelle. Il est ainsi nécessaire
de stocker immédiatement léchantillon biologique dans
lazote liquide ou à - 80 oC avant lextraction. Toutefois,
pour éviter les dégradations irréversibles et des
analyses inexactes de lexpression des gènes, des solutions
de stabilisation ont été développées par différents
industriels. Ces réactifs, en perméabilisant rapidement
les cellules, stabilisent immédiatement les ARN (RNAlater®
Ambion et Qiagen pour les tissus et les cellules ; système Preanalytix
BD/Qiagen® pour le sang), ce qui permet dobtenir un délai
avant lextraction. Les échantillons ainsi traités
peuvent être conservés plusieurs jours à température
ambiante (1 jour à 37 oC ; 7 jours à 18-25 oC) voire plusieurs
semaines à - 20 oC ou - 80 oC (après 24 h à 4 oC)
sans dommage pour lARN.
Méthodes de lyse et dhomogénéisation
Toute méthode dextraction des acides nucléiques comprend
une étape préalable de lyse cellulaire et dinactivation
des nucléases afin de préserver lintégrité
des ARN contenus dans chaque cellule. À lexception des tissus
qui subiront une étape préalable de pulvérisation
avant toute lyse, lyse et homogénéisation seront menées
en parallèle dans tous les autres cas. Il existe différentes
méthodes de lyse cellulaire mécaniques ou enzymatiques selon
les types cellulaires (tableau
1). Si les méthodes mécaniques sont plutôt dévolues
aux cellules et aux tissus, les méthodes enzymatiques sont réservées
aux bactéries, aux levures et aux virus afin de dissoudre des structures
(capsides, membranes bactériennes...) inaccessibles à la
rupture mécanique. La lyse mécanique peut être réalisée
après une congélation-flash dans lazote liquide à
laide dun mortier-pilon ou dun broyeur type Hybaid®
Ribolyser ou Mixer Mill MM300® (Qiagen). Ce dernier fait subir à
léchantillon à la fois agitation et torsion à
forte vitesse permettant la rupture des cellules, sous laction de
billes de céramique et de détergents. On emploie parfois
de la N-lauroyl sarcosine en vue de séparer lARN des ribonucléoprotéines.
La lyse des parois des bactéries et des levures peut être
réalisée à laide denzymes telles que
le lysozyme ou la lyticase, la glucalase ou la zymolase, respectivement.
Dans certains cas, une lyse des bactéries peut être obtenue
par une simple sonication. Pour les cellules et tissus qui savèrent
difficiles à isoler par les méthodes conventionnelles, il
existe un instrument, le FastPrep FP120® (Qbiogene) possédant
un moteur alternatif et mettant en uvre une combinaison de matrices
et dagents chaotropiques pour homogénéiser simultanément
les tissus, lyser les cellules et stabiliser lARN en quelques secondes.
Lagitation rapide conduit à une lyse efficace dune
grande variété de matériaux. Chaque kit FastRNA®
(Qbiogene) contient différents types de matrices : particules de
silice (pour les bactéries), de céramique (pour les levures,
champignons et algues), ou de zirconium (pour les tissus animaux et végétaux).
Dans la plupart des cas, la lyse est réalisée dans des conditions
dénaturantes pour casser les cellules. En outre, la plupart des
agents dénaturants utilisés sont de puissants inhibiteurs
des RNAses. Initialement, la méthode de référence
décrite par Chirgwin et al. en 1979 homogénéisait
les prélèvements dans une solution 4 M de thiocyanate de
guanidinium, agent puissant de dénaturation des protéines,
additionné de beta2-mercaptoéthanol qui permet de rompre
les ponts disulfures protéiques [11]. Chomczynski et Sacchi ont
ensuite amélioré cette méthode pour accélérer
la procédure dextraction en combinant lyse au thiocyanate
de guanidinium à la phase dextraction au phénol-chloroforme
(voir ci-dessous) [12]. Cette modification sest avérée
particulièrement intéressante lors de la réalisation
de grandes séries déchantillons ou lorsque lon
ne dispose que de petites quantités cellulaires ou tissulaires.
À lheure actuelle, la plupart des coffrets disponibles sur
le marché reposent sur ces deux principes avec des proportions
de thiocyanate de guanidinium et phénol-chloroforme qui leur sont
propres (tableau 1). Lutilisation
de solvant organique peut entraîner la perte ou la fragmentation
de lARN. De même, des résidus salins provenant du thyristor
de guanidinium peuvent interférer sur les résultats en modifiant
la vitesse et lefficacité des réactions enzymatiques
ultérieures. Ainsi, certains coffrets offrent une méthode
alternative de lyse utilisant des détergents en lieu et place du
thiocyanate de guanidinium.
Les méthodes dextraction et
de purification des ARN totaux
Une fois les cellules convenablement lysées, les ARN, protégés
de laction des RNAses, peuvent être extraits. Lextraction
des ARN peut être réalisée selon deux grands principes
: 1) les différences de propriétés physico- chimiques
entre les différents acides nucléiques et les protéines
; 2) ladsorption sélective des acides nucléiques sur
un support solide.
Différences de propriétés
physico-chimiques
Gradient de densité au chlorure de césium (CsCl)
Considérée comme la méthode de référence,
elle sépare ARN, ADN et protéines en fonction de leurs densités
relatives [11]. Cependant, cette séparation nécessite lemploi
dun réactif coûteux, le CsCl, et la disponibilité
dune ultra-centrifugeuse, matériel peu courant dans la plupart
des laboratoires de biologie médicale. Pour cette raison, elle
est réservée à des unités de recherche qui
disposent du matériel nécessaire. Solubilité dans
les solvants organiques Les acides nucléiques et les protéines
présentent des différences de solubilité dans les
solvants polaires [12, 13]. Cette propriété a été
mise à profit : lutilisation du phénol saturé
en eau permet de séparer spécifiquement les ARN qui restent
en phase aqueuse des protéines qui précipitent à
linterface solvant eau. Les traces de phénol sont ensuite
éliminées par des extractions chloroformiques itératives.
Les ARN présents dans la phase aqueuse sont précipités
par de lisopropanol (1 volume pour 0,5 volume de phase aqueuse)
puis lavés par différentes solutions éthanoliques
plus ou moins concentrées. Le culot dARN est finalement dissous
dans un tampon adapté ou de leau DEPC (diéthylpyrocarbonate),
laddition de RNasin® pouvant éviter la digestion ultérieure
par les RNases. Des réactifs prêts à lemploi
ont vu le jour ces dernières années et permettent lextraction
des ARN totaux en une seule étape (tableau
2). Ces différentes techniques permettent lextraction
des ARN totaux aussi bien à partir de micro-prélèvements
quà partir de grandes quantités de matériel
de départ. Les techniques utilisant des solvants restent toutefois
limitées par le risque dune séparation de phase incomplète
et par conséquent dune perte partielle de matériel.
Différences dadsorption sur support
solide (résine, billes...)
Ces méthodes sont basées sur la propriété
quont les particules de silice dadsorber les acides nucléiques
en présence de sels chaotropiques (iodure de sodium ou NaI, thiocyanate
de guanidine) [14]. Les sels chaotropiques en milieu acide et alcoolique
attirent les molécules deau permettant une réaction
dadsorption des acides nucléiques sur la silice. Les particules
de silice sont disposées en colonne, sur filtre ou recouvrent des
billes aimantées. La séparation est opérée
par centrifugation ou tri magnétique. Après lavage éliminant
les inhibiteurs, les sels et les résidus déthanol,
lélution est réalisée à laide
dune solution aqueuse alcaline très peu saline. Toutes ces
techniques sont présentées dans le tableau
2. Linconvénient tient aux caractéristiques des
coffrets commercialisés, à savoir ladaptation dun
coffret à un milieu biologique donné (cellules, biopsie
tissulaire, sang total), la limitation des volumes extraits et la perte
relative des ARN de petite taille. Cependant, sur le marché apparaissent
des coffrets permettant de travailler sur différents types déchantillons
sans restriction de quantité de départ et sur de faibles
volumes.
Les méthodes dextraction et
de purification des ARN messagers
Dans certaines circonstances, il peut être préférable
dextraire les ARN messagers polyadénylés (poly(A+))
et non les ARN totaux (tableau
3). En effet, dans une cellule de mammifère, les ARN messagers
codant pour des transcrits spécifiques dun type cellulaire
donné représentent moins de 10 % des ARN totaux produits.
Les 90 % restants correspondent aux ARN impliqués dans les étapes
transcriptionnelles ou traductionnelles (ARN ribosomaux (28S, 18S et 5S),
ARN de transfert, ARN nucléaires et ARN mitochondrial). Cette approche
permet ainsi daugmenter la sensibilité de la méthode
en éliminant les ARN ribosomaux et les ARN de transfert les plus
abondants, notamment pour les transcrits faiblement exprimés. Elle
est notamment utilisée pour : 1) la réalisation de northern
blot lorsque les ARNm sont présents en faible quantité
; 2) la réalisation de la technique de RNA mapping à
laide de la méthode dextension damorce dans le
but de déterminer la position du site dinitiation de la transcription
; 3) la construction de banque dADNc, pour létude de
lexpression des gènes à laide de puces dADNc
; 4) la réalisation de la technique de mRNA differential display
; 5) la réalisation de traduction in vitro ; 6) la réalisation
de la technique de Rnase protection assay consistant à utiliser
une sonde ARN antisens partiellement complémentaire de lARN
étudié protégeant lARN vis-à-vis des
Rnases. Parce quil comporte une queue poly(A) denviron 200
nucléotides pour les cellules de mammifères, lARN
messager peut être purifié par chromatographie daffinité
[15]. Il se fixe sélectivement par complémentarité
de séquence sur des colonnes doligo (dT). Deux approches
peuvent être utilisées : soit les ARNm sont purifiés
à partir des ARN totaux préalablement extraits, soit directement
à partir du prélèvement source sans passage intermédiaire
sous forme dARN total. Les différentes méthodes aujourdhui
disponibles sont résumées dans le tableau
2. Différents procédés sont utilisés :
1) par exemple, les Coffrets Sigma utilisent des oligo (dT)30 liés
de façon covalente à des billes de polystyrène de
un micromètre pour capter par hybridation des ARN polyadénylés.
Les polystyrènes donnent moins de liaisons non spécifiques
que la cellulose et restent en suspension lors de lhybridation avec
les ARNm en labsence dagitation [15] ; 2) les coffrets Clontech
utilisent des billes de latex coatées par des oligo (dT). Dans
des conditions très salines, les ARN poly(A) se lient aux particules
de latex à 68 oC. Les billes latex-ARNm sont remises en suspension
dans un tampon de lavage et transférées sur un filtre permettant
de recueillir facilement les billes de latex. Après deux lavages,
les ARNm sont élués dans un tampon peu salin ou de leau
Rnase-free ; 3) les coffrets Roche Diagnostics et Promega (PolyA
Tract System 1 000®) utilisent des sondes oligo (dT)20 marquées
à la biotine et des billes magnétiques coatées à
la streptavidine. La biotine et la streptavidine présentent lune
des affinités les plus fortes en biologie. Les hybrides sont ainsi
capturés grâce aux billes magnétiques. Il est par
ailleurs possible dobtenir des ARN amplifiés marqués.
La technique dEberwine consiste en une étape de transcription
inverse des ARN poly(A) avec des oligo(dT) qui contiennent le promoteur
T7 polymérase. Le premier brin dADN est alors utilisé
pour synthétiser le second brin grâce à lADN
polymérase, lADN ligase et la Rnase H. LADNc double
brin peut ensuite servir de matrice pour la transcription in vitro
(Megascript®, Ambion) et obtenir des ARN amplifiés marqués
ou non à la biotine [16]. Lisolement dARN cytoplasmique
(ARNc) peut être envisagé avec le coffret Mature Message
cRNA isolation® (Ambion), si lon souhaite étudier lépissage
des ARN, ou utiliser les techniques de microarray ou de differential
display.
Contrôle de la qualité et de la quantité
des ARN
Contrôle qualitatif
Afin de vérifier la qualité de lARN après
extraction, la technique la plus commune est la migration de léchantillon
sur gel dagarose 1,2 % suivie dune visualisation sous lumière
UV. Les deux bandes dARN ribosomaux (18S à 1,9 kb et 28S
à 5 kb en gel dénaturant) doivent être présentes.
Si les ARN migrent sous la forme dune trainée (smear)
et que les deux bandes ne sont pas visibles, léchantillon
dARN a sans doute subi une dégradation majeure (figure
1). Dans certains cas, une étape de digestion par la Dnase
est incluse dans le but déliminer les traces dADN contaminant.
Contrôle quantitatif
La quantité dARN pouvant varier significativement dune
extraction à une autre, il est primordial de pouvoir doser lARN
correctement. La coloration du gel au bromure déthidium ou
autre agent intercalant (SYBR® Gold par exemple) couplée à
lanalyse de limage du gel par logiciel (analyse de lintensité
des bandes) peut constituer une méthode de quantification mais
peu sensible et très consommatrice déchantillon. En
général, la quantité dARN est déterminée
par mesure de labsorbance à 260 nm (une DO260 nm de 0,1 correspond
à 4 µg/mL dARN) avec linconvénient dintégrer
dans le dosage des interférences causées par déventuels
contaminants (protéines, nucléotides libres...). Le rapport
DO260 nm/DO280 nm qui doit avoisiner 2 en tampon Tris/HCl à pH
7,5, renseigne sur la pureté de léchantillon. Une
sensibilité accrue (jusquà 1 000 fois supérieure)
peut être obtenue par dosage en fluorimétrie. Pour cela,
une molécule marquée par un groupement cyanine (RiboGreen®
RNA Quantitation reagent - http://www.probes. com) est ajoutée
à un aliquot de léchantillon dARN à doser.
Seul le complexe ARN-RiboGreen® va émettre de la fluorescence
(lambda excitation maxi 500 nm, lambda émission maxi 520 nm) ;
ainsi, le dosage ne sera pas faussé par les protéines ou
par les nucléotides libres provenant de lARN éventuellement
dégradé. Le seuil de détection est de 1 ng/mL. Un
nouveau système danalyse (Agilent 2100 Bioanalyzer® et
RNA 6000 LabChip® - http://www.agilent. com) fondé sur la migration
de léchantillon sur micropuce présente lavantage
de combiner visualisation qualitative et mesure quantitative rapide et
automatisée. Il permet de doser avec une bonne précision
la quantité dARN et didentifier simultanément
les échantillons dégradés ou contaminés. La
figure 2 illustre les
résultats obtenus à laide du logiciel biosizing
sur le système danalyse RNA 6000 Labchip®. Deux pics
représentant les ARN ribosomaux 28S et 18S (pour les cellules eucaryotes)
sont visualisés sur lélectrophorégramme (figure
2a). Lanalyse donne également la valeur du rapport des
intensités des pics 28S/18S. La zone de pics indéfinis contenue
entre les deux pics dARN ribosomaux représente les ARN messagers.
En fonction de lorigine des ARN, il est possible dobserver
un pic supplémentaire correspondant à un précurseur
nucléaire dARN et selon la méthode dextraction
utilisée (notamment avec la méthode Trizol) un pic
à environ 200 bases plus ou moins intense correspondant aux ARN
5S, ARN 5,8S et aux ARN de transfert (figure
2b). Un profil dARN dégradés est caractérisé
par une diminution des intensités des pics dARN ribosomaux
avec une modification du rapport 28S/18S et par une élévation
de la ligne de base au niveau des petits poids moléculaires caractérisant
la transformation des grands fragments en petit fragments (figure
2 c et d). Le principal inconvénient de ce système
réside dans son prix élevé qui le réserve
à quelques laboratoires.
Conservation des ARN
Actuellement, aucune recommandation consensuelle na été
définie en ce qui concerne la conservation des ARN après
extraction et purification. En effet, à notre connaissance, aucune
étude na été réalisée pour déterminer
les conditions optimales de conservation des ARN.
ARNpurifiés
Le temps de conservation des ARN dépend du choix du milieu et
de la température de conservation [17, 18]. Ainsi, après
extraction, les ARN purifiés peuvent être conservés
de plusieurs façons. Pour un stockage à court terme, leau
pure RNase free avec ou sans EDTA (0,1 mM) ou le tampon Tris-EDTA
(Tris 10 mM, EDTA 1 mM, pH 7,0) sont couramment utilisés. Lutilisation
récente dune solution de citrate de sodium (1 mM, pH 6,4)
comme solution de stockage des ARN devrait apporter une meilleure stabilisation
des ARN. Dans ces conditions, lARN est généralement
stable à - 80 oC pendant au moins un an sans dégradation.
Il est impératif dutiliser une solution dEDTA RNase
free et déviter toute pollution microbienne. À
cette fin, il est souhaitable dutiliser des petits conditionnements
de solution prête à lemploi. La solubilisation des
ARN dans le formamide permet de les conserver à - 20 oC pendant
une période dau moins un an, le formamide étant un
bon stabilisateur des ARN [17]. Pour un stockage à plus long terme,
les ARN peuvent également être conservés à
une température inférieure à - 20 oC dans léthanol
ayant servi à leur précipitation. Cependant, cette méthode
de conservation est un peu plus délicate car elle nécessite
une étape supplémentaire de précipitation et de réhydratation
avant lutilisation des ARN. De plus, étant donné la
difficulté dobtenir une dispersion uniforme des ARN dans
léthanol, il est nécessaire dutiliser tout le
précipité pour une analyse quantitative précise.
ARNnon purifiés
Dans certains cas, il est possible de conserver les ARN sous une forme
non purifiée immédiatement après létape
de lyse. Là encore, le choix du milieu, cest-à-dire
du tampon de lyse (isothiocyanate de guanidine ou autre) et de la température
de conservation (- 20 oC ou - 80 oC voire température ambiante)
est primordial. En utilisant lisothiocyanate de guanidine comme
tampon de conservation des ARN non purifiés, les ARN sont stables
entre - 20 oC et - 80 oC pendant au moins 18 mois.
CONCLUSION Encore
récemment, lextraction des ARN était très consommatrice
de temps et nécessitait de nombreuses manipulations. Bien que les
procédés dextraction se soient simplifiés et
que de nombreux réactifs prêts àlemploi soient
disponibles, lextraction fait encore souvent appel à des étapes
de centrifugation ou de filtration.Lextraction est encore le plus
souvent réalisée de manière unitaire, limitant la rapidité
de traitement et surtout la gestion dun grand nombre déchantillons.Pour
pallier ce problème, de nombreuses stations robotiques apparaissent
actuellement (Biorobot 3000®, 800® et 96404® de Qiagen ; ABIPrism
6100® et 6700® deApplied Biosystems ; MagnaPure de Roche Diagnostics;
Geno-M-48® de genovision ; AmpliPrep® de Roche Diagnostics ; Extractor®
de Technika/Biomérieux).Certains coffrets sadaptent dans un
format 96 puits sur des robots comme le kit SV96 Total RNA isolationsystem®
(Promega SA) sur le robot Biomek 2000® ou Biomek FX® de Beckman.
La qualité et la cadence desextractions dARN ne cessent de
saméliorer, dautant que lon est déjà
à lère du couplage de ces robots dextraction avec
des systèmes damplification et de détectionde mutations.
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