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Improvement of serum proteins measurement by the introduction of the certified reference material CRM 470


Annales de Biologie Clinique. Volume 55, Number 1, 37-40, Janvier - Février 1997, Articles originaux


Résumé   Summary  

Author(s) : J. Bienvenu, C. Doche, R. Later, J.C. Manceaux, F. Pontet, M. Pressac, A. Vassault, G. Dumont, Laboratoire d'immunologie, Centre hospitalier Lyon-Sud, 69495 Pierre-Bénite cedex.

Summary : The introduction of the CRM 470 in 1993 (certified reference material for 14 serum proteins) and its utilization by industrial companies for cross-calibrating their commercial standards has been an important breakthrough in protein standardization. This improvement has been clearly illustrated by the last national quality control survey performed in France in may 1995. At this time, about 60% of the 1,870 participants have already adopted the new standardization. The between-run precision (interlaboratory and intertechnique) has been considerably improved by the use of the new international standard (5,8 to 12,2% versus 10 to 24.1% before standardization); the same is true for accuracy. These results should convince the last reluctant laboratories to adopt the new standardization. Thus, it seems now possible to define reference ranges for serum proteins: this is the new task assigned to the Committee for Plasma Protein Standardization of the IFCC.

Keywords : Serum proteins - Immunochemistry - Standardization - Quality assurance.

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ARTICLE

Dans un article précédemment publié [1], nous décrivions la préparation, les caractéristiques et les conditions d'utilisation du matériau de référence CRM 470 pour les 14 protéines les plus fréquemment dosées dans le sérum humain. Cette préparation a été certifiée par le Bureau communautaire de référence (BCR, Bruxelles) en 1993 et approuvée par la FDA (Food and Drug Administration) aux États-Unis. Le CRM 470, matériau secondaire à base sérique, est essentiellement destiné à calibrer, selon des protocoles standardisés, des préparations tertiaires (étalons et contrôles des fabricants). Le CRM 470 a été rapidement adopté par les industriels dès sa distribution par le BCR pour l'Europe et par le CAP (College of American Pathologists) pour les États-Unis. Ainsi, les discordances dans le dosage immunochimique des protéines liées à l'étalonnage doivent aujourd'hui considérablement diminuer, voire disparaître. Nous annoncions également l'organisation prochaine d'un contrôle de qualité national portant sur les protéines concernées afin de mesurer les effets de la standardisation sur la qualité des résultats fournis par les différents laboratoires.

Ce contrôle de qualité a été réalisé en mai 1995 ; il a porté sur les 14 protéines certifiées dans le CRM 470, c'est-à-dire : transthyrétine (préalbumine), albumine, orosomucoïde, alpha1-antitrypsine (alpha1-protease inhibitor), céruloplasmine, haptoglobine, alpha2-macroglobuline, transferrine, C3c, C4c, IgG, IgA, IgM et protéine C réactive (CRP). Nous rapportons ici les résultats de l'exploitation des données de ce contrôle qui démontrent une amélioration considérable des résultats du dosage immunochimique des protéines sériques depuis l'introduction du CRM 470.

Nombre de participants

Le nombre de participants (tableau 1) est stable par rapport à celui du contrôle de 1993. La CRP est la protéine la plus fréquemment dosée (1 870 réponses), suivie des 8 protéines appartenant au « profil ciblé d'orientation » (1 001 à 1 713 réponses). Les déterminations de la céruloplasmine (158 réponses) et surtout de l'alpha2-macroglobuline (76 réponses) sont beaucoup plus rarement effectuées.

Techniques de dosages utilisées

Les techniques immunonéphélémétriques et immunoturbidimétriques sont employées par plus de 80 % des laboratoires quelle que soit la protéine considérée (tableau 1) ; cette proportion atteint même 92,5 % pour la CRP. L'immunonéphélémétrie est plus répandue que l'immunoturbidimétrie pour toutes les techniques à l'exception de la CRP pour laquelle l'immunoturbidimétrie représente environ 58 % des techniques. Cette observation est liée à la généralisation du dosage de la CRP, plus spécialement dans le cadre des demandes en urgence, qui a conduit à développer des techniques adaptées aux analyseurs de biochimie non spécialisés.

En immunonéphélémétrie, le BNA-Behring reste nettement plus utilisé que l'Array-Beckman et pour l'immunoturbidimétrie le Turbitimer-Behring est de loin le plus employé sauf pour le dosage de la CRP. L'immunodiffusion radiale voit sa part diminuer par rapport à 1993 : 15 % pour l'alpha1-antitrypsine (contre 25 % en 1993) et moins de 0,4 % (soit 6 laboratoires !) pour la CRP. Il faut souligner que 11 % des laboratoires utilisent une méthode colorimétrique au vert de bromocrésol pour la détermination de l'albumine sérique.

Mise en place de la nouvelle standardisation

Environ 60 % des laboratoires ont adopté la nouvelle standardisation, mais si l'on considère les deux techniques les plus répandues (immunonéphélémétrie Behring ou Beckman), celles-ci sont standardisées à plus de 70 % avec une fréquence légèrement plus grande pour Beckman. Ces chiffres sont très encourageants et il est probable qu'aujourd'hui la proportion des laboratoires standardisés est encore plus grande ; ainsi, certaines associations régionales de contrôle de qualité font état de 88 % de laboratoires utilisant une technique standardisée. La nécessité de modifier les valeurs usuelles est souvent invoquée par les derniers récalcitrants.

Néanmoins, le nombre de participants utilisant des méthodes non standardisées étant encore significatif, cette expérience de contrôle de qualité nous donne une opportunité unique de pouvoir comparer les performances des techniques standardisées et non standardisées.

Reproductibilité interlaboratoire et intertechnique

La situation des résultats fournis par les laboratoires utilisant une technique non standardisée est très comparable à celle des enquêtes de mai 1987 et de mars 1993, c'est-à-dire peu satisfaisante avec des coefficients de variation (CV) supérieurs à 10 % et pouvant atteindre 24,1 % pour le C3c (figure 1).

À l'inverse, comme l'illustre la figure 1, l'amélioration observée par l'emploi de techniques standardisées est considérable avec une nette diminution des CV pour l'ensemble des protéines. Cependant des CV supérieurs à 10 % sont observés pour les quatre protéines suivantes : l'alpha1-antitrypsine, l'haptoglobine, les IgM et la CRP (CV le plus élevé à 12,2 %, mais pour une concentration relativement faible de 25 mg/l). Une partie de ces résultats médiocres pourrait être imputable à la variabilité des immunosérums d'un fabricant à l'autre ; ceux-ci pourraient reconnaître différemment l'antigène à doser, plus spécialement lorsqu'il existe différents phénotypes comme pour l'alpha1-antitrypsine ou l'haptoglobine. Pour les dix autres protéines, les CV sont compris entre 5,8 et 8,5 %, et se situent maintenant au niveau de ceux obtenus pour des paramètres de biochimie tels que l'acide urique ou la créatinine.

Justesse

Les résultats sont exprimés par rapport à ceux de la moyenne générale de toutes les techniques après standardisation. La figure 2 illustre les progrès importants apportés par l'introduction du CRM 470 sur les deux systèmes les plus courants à savoir l'Array-Beckman et le BNA-Behring. En effet, comme en 1993, des différences de justesse très importantes (jusqu'à 55 %) sont observées sur ces deux appareils avant standardisation pour l'alpha1-antitrypsine, le C3c, l'haptoglobine, les IgM et l'orosomucoïde ; après standardisation, aucune protéine (à l'exception de la CRP qui n'a pas été touchée par la standardisation) ne présente de différence entre les deux fabricants supérieure à 10 %.

Cependant, il est intéressant de noter que, pour le C3c et l'orosomucoïde, on observe après standardisation un écart supérieur à 15 % entre les résultats du néphélémètre BNA-Behring et du Turbitimer-Behring. Pour la CRP et d'après l'expérience de l'Association de contrôle de qualité régional Probioqual, il semble à la suite d'envois de sérums à quatre différents niveaux de concentrations (20 à 100 mg/l) que le biais observé soit systématique et ne soit pas dû à un problème d'étalonnage.

Enfin, nous avons voulu contrôler l'exactitude des facteurs de conversion fournis par Beckman et Behring pour les néphélémètres Array et BNA respectivement. Pour ce faire, nous avons appliqué ces facteurs aux résultats des techniques non standardisées et avons comparé les valeurs théoriques ainsi obtenues aux valeurs rendues par les laboratoires utilisant une technique standardisée avec ces deux systèmes analytiques. Les résultats montrent que l'écart entre la valeur théorique et la valeur observée est nettement inférieur à 10 %, à l'exception du C4c (10,7 %) de l'haptoglobine (11,3 %), et de l'orosomucoïde (15,6 %) mesurés avec l'Array-Beckman.

CONCLUSION

En résumé, les résultats de ce contrôle de qualité démontrent de manière évidente l'apport du CRM 470 sur la qualité du dosage immunochimique des protéines sériques en terme de précision et de justesse interlaboratoire et intertechnique. Ces éléments devraient convaincre les derniers biologistes indécis à adopter la nouvelle standardisation. Ceci serait la juste récompense des efforts conjoints fournis par les scientifiques et les industriels pour mener à bien ce projet. Ainsi, il apparaît maintenant possible d'aborder la définition précise des valeurs de référence des protéines en fonction de l'âge et du sexe, tâche que s'est fixée le Committee for Plasma Protein Standardization de l'International Federation for Clinical Chemistry (IFCC). En attendant l'obtention de ces valeurs, il convient d'adopter provisoirement des valeurs de consensus récemment publiées [2].

Il faut néanmoins insister sur le fait que, même si ces résultats démontrent que l'étalon a une importance fondamentale, celui-ci ne représente qu'un élément de la standardisation d'un dosage par immunoprécipitation en milieu liquide. En effet, les caractéristiques de l'immunsérum, la composition du milieu réactionnel (addition d'accélérateurs) et le mode de lecture (cinétique ou temps fixé ; angle de lecture) jouent également un rôle non négligeable. Le processus de standardisation ne fait en réalité que commencer et il ne faudrait pas, sous prétexte d'utiliser un étalon calibré par rapport au CRM 470, croire que tous les problèmes du dosage des protéines sont définitivement réglés.

REFERENCES

1. Bienvenu J, Later R, Pontet F. Le matériau de référence (CRM 470) pour les protéines sériques : préparation, caractéristiques et conditions d'utilisation. Ann Biol Clin 1995 ; 53 : 499-505.

2. Dati F, Schumann G, Thomas L, et al. Consensus of a group of professional societies and diagnostic companies on guidelines for interim reference ranges for 14 proteins in serum based on the standardization against the IFCC/BCR/CAP reference material (CRM 470). Eur J Clin Chem Clin Biochem 1996 ; 34 : 517-20.


 

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