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Human herpesvirus 8 : II. Pathogenic role and sensitivity to antiviral drugs


Annales de Biologie Clinique. Volume 57, Number 1, 19-28, Janvier - Février 1999, Revues générales


Résumé   Summary  

Author(s) : E. Boulanger, Service d’hématologie clinique, hôpital Saint-Louis, Paris.

Summary : Human herpesvirus 8 (HHV8) has been found to be associated with three different diseases observed in Aids patients: Kaposi’s sarcoma, primary effusion lymphoma, which is a rare type of non-Hodgkin lymphomas affecting the body cavities, and multicentric Castleman’s disease. The role of this new herpesvirus and other lymphoid proliferations, like angioimmunoblastic lymphadenopathy or multiple myeloma, is much debatable. To date, there are several evidences for a direct role of this virus in the occurrence of the Kaposi’s sarcoma, although the hypothesis of a passenger virus hypothesis cannot be totally excluded. In vitro, HHV8 is sensitive to some anti-herpesvirus drugs like foscarnet, cidofovir and adefovir, but the indications of these therapies in the prevention or the treatment of the Kaposi’s sarcoma have not been documented so far.

Keywords : Herpesvirus – HHV8 – KSHV – Kaposi’s sarcoma – Primary effusion lymphoma.

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ARTICLE

À la suite de la découverte, en 1994, dans des lésions de sarcome de Kaposi, de deux séquences appartenant à l'herpèsvirus humain 8 (HHV8), de nombreuses équipes se sont employées à rechercher ces séquences dans des pathologies diverses, malignes ou non. Mais l'utilisation de techniques de PCR de plus en plus sensibles expose à des risques de résultats faussement positifs à cause de contaminations de laboratoire. Pour cette raison, la présence de ce virus est très contestée dans certaines maladies. En 1998, la présence du HHV8 est clairement reconnue dans trois pathologies : la maladie de Kaposi, le lymphome primitif des séreuses et la maladie de Castleman multicentrique. La caractérisation du virus, possible grâce à l'établissement de lignées HHV8-positives issues de lymphome primitif des séreuses, permettra de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques et de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques dans ces trois maladies.

HHV8 et maladie de Kaposi

La maladie de Kaposi est une tumeur d'origine vasculaire caractérisée par une prolifération de cellules fusiformes (spindle cells), une multiplication de capillaires irréguliers et une infiltration par des cellules mononucléées. Des globules rouges en dégénérescence et des pigments d'hémosidérine sont souvent associés, ainsi que des dépôts extracellulaires de matériel hyalin [1]. Il existe quatre formes cliniques de cette maladie. La maladie de Kaposi classique, rare, touche des sujets âgés de plus de 60 ans, le plus souvent des hommes, originaires du pourtour méditerranéen et d'Europe de l'Est ; elle évolue sur un mode chronique. La maladie de Kaposi endémique s'observe en Afrique équatoriale chez des adultes jeunes et des enfants séronégatifs pour le VIH et peut évoluer vers une forme ganglionnaire fulminante, rapidement fatale. La maladie de Kaposi iatrogène atteint des sujets ayant bénéficié d'une transplantation d'organe ou traités au long cours par des immunosuppresseurs et peut régresser à l'arrêt de cette immunosuppression. La maladie de Kaposi épidémique est associée à l'infection par le VIH (figure 1). C'est la tumeur maligne la plus fréquemment observée au cours du sida. Elle touche le plus souvent les hommes homosexuels alors qu'elle est très rare chez les sujets infectés par voie hétérosexuelle, parentérale ou materno-fœtale. Cela a fait suggérer qu'un agent infectieux sexuellement transmissible pouvait participer à la survenue de la maladie de Kaposi associée au sida.

Le HHV8 a été retrouvé non seulement dans les lésions de maladie de Kaposi associée au sida, mais aussi chez les sujets VIH-négatifs atteints de maladie de Kaposi [2], qu'il s'agisse de forme classique [3, 4], endémique africaine [5] ou iatrogène [4], et chez les homosexuels VIH-négatifs atteints de maladie de Kaposi [3]. Le séquençage des produits détectés par PCR dans ces différentes lésions montre que la séquence virale est très conservée dans toutes ces variétés de maladie de Kaposi.

La cellule à l'origine du sarcome de Kaposi serait la cellule fusiforme ou spindle cell observée en histologie, mais cela est discuté : pour certains auteurs, la tumeur aurait une origine endothéliale ; pour d'autres, elle proviendrait d'une cellule musculaire lisse périvasculaire. Par PCR in situ, le génome de HHV8 a été retrouvé dans les noyaux de spindle cells et de cellules endothéliales au niveau de lésions de maladie de Kaposi à différents stades évolutifs [6]. D'autre part, le groupe de Staskus [7] a mis en évidence, par hybridation in situ, dans le cytoplasme et le noyau d'un grand nombre de spindle cells, la présence d'un ARN de 700 nucléotides appartenant au HHV8.

Dans la maladie de Kaposi, la plupart des cellules tumorales sont infectées par le HHV8 de façon latente [8], bien qu'un faible contingent d'entre elles puisse répliquer le virus [7]. Récemment, l'équipe de Orenstein [9] a visualisé, par microscopie électronique, des nucléocapsides hexagonales et des virions matures enveloppés, dans des spindle cells et des cellules mononucléées au sein de lésions de maladie de Kaposi. Ces éléments, typiques des herpèsvirus humains et correspondant très probablement au HHV8, indiquent qu'une réplication virale existe dans certaines cellules de sarcome de Kaposi.

Dans quelques études, le génome du HHV8 a été détecté dans la peau apparemment saine de sujets atteints de maladie de Kaposi associée au sida [2, 5] et de maladie de Kaposi classique [3]. La charge virale en peau saine est alors moins importante que dans les lésions de Kaposi.

Le HHV8 est présent dans les cellules mononucléées du sang périphérique de certains sujets atteints de maladie de Kaposi associée ou non à l'infection par le VIH [2]. La population cellulaire infectée correspond aux lymphocytes B CD19+. De plus, Whitby et al. ont mis en évidence le HHV8 dans les cellules mononucléées du sang périphérique de sujets VIH-positifs n'ayant pas de maladie de Kaposi : la détection du virus dans le sang de ces individus est même prédictive de la survenue ultérieure d'une maladie de Kaposi [10].

HHV8 et lymphomes primitifs des séreuses

Le HHV8 est associé à un type rare de lymphome malin non hodgkinien appelé initialement lymphome des cavités et actuellement désigné sous le terme de lymphome primitif des séreuses (PEL pour primary effusion lymphoma). Ce lymphome est à présent reconnu comme une entité pathologique définie par la présence du génome de HHV8 dans les cellules lymphomateuses [11]. La maladie survient essentiellement chez des sujets jeunes de sexe masculin, infectés par le VIH à la suite de rapports homosexuels. Elle se révèle par un épanchement dans une ou plusieurs cavités séreuses, le plus souvent sans masse tumorale ni adénopathie associées. L'évolution reste longtemps locale, en particulier sans atteinte médullaire lymphomateuse. L'association à une maladie de Kaposi est possible. Le pronostic est mauvais puisque la survie dépasse rarement quelques mois. L'étude cytologique montre des cellules tumorales de grande taille, avec un cytoplasme abondant et un noyau qui peut être rond et régulier ou au contraire irrégulier, circonvoluté (figure 2). Ce noyau renferme un ou plusieurs nucléoles proéminents. Il y a parfois des cellules bi ou multinucléées. Les images de mitose sont nombreuses. Ce lymphome est souvent classé en « lymphome immunoblastique » ou en « lymphome anaplasique à grandes cellules ». Le phénotype des cellules tumorales est caractérisé par l'absence de marqueurs B et T. La positivité de l'antigène leucocytaire commun (CD45) confirme l'origine lymphoïde des cellules, mais l'appartenance à la lignée B ou T ne peut être connue par le phénotype de surface. Il existe une expression fréquente de l'antigène CD30 (Ki-1), de l'antigène épithélial de membrane (EMA) et des marqueurs d'activation (HLA-DR, CD38, CDw70, CD71). C'est la présence d'un réarrangement clonal des gènes de la chaîne lourde des immunoglobulines qui confirme l'origine B des cellules lymphomateuses. Il n'y a pas de réarrangement de l'oncogène c-myc, mais les cellules tumorales contiennent très fréquemment le génome du virus d'Epstein-Barr (EBV) sous une forme monoclonale.

La confrontation des données immunophénotypiques et moléculaires permet de rattacher l'origine des cellules lymphomateuses à une étape relativement mature de la différenciation B, après la stimulation antigénique, à un stade intermédiaire entre le lymphocyte B mature et le plasmocyte.

Initialement décrits chez des patients infectés par le VIH, quelques cas de lymphomes primitifs des séreuses ont été rapportés chez des sujets VIH-négatifs [12, 13]. Les cellules tumorales sont alors rarement co-infectées par l'EBV, ce qui confirme le caractère non indispensable de ce virus dans la survenue de la maladie.

HHV8 et maladie de Castleman multicentrique

La maladie de Castleman est une affection lymphoproliférative rare dont il existe plusieurs formes histologiques : une forme plasmocytaire caractérisée par l'accumulation de plasmocytes dans les régions interfolliculaires, une forme hyalino-vasculaire définie par des centres germinatifs hypoplasiques entourés de couches concentriques de petits lymphocytes réalisant l'aspect de lésions en bulbes d'oignon et une forme mixte associant les deux aspects précédents. Il s'agit habituellement d'une maladie polyclonale, mais elle peut se compliquer de la survenue d'un lymphome, avec, dans ce cas, l'émergence d'une population lymphoïde monoclonale.

Les formes localisées de la maladie se caractérisent par une masse médiastinale ou mésentérique isolée, survenant chez des sujets jeunes. La forme disséminée, ou maladie de Castleman multicentrique, touche des sujets âgés de plus de 60 ans et se manifeste cliniquement par des adénopathies multiples superficielles et profondes associées à une splénomégalie, une hépatomégalie et une atteinte sévère de l'état général. Le pronostic de cette maladie est sévère. Deux pathologies malignes compliquent fréquemment l'évolution de la maladie de Castleman multicentrique : la maladie de Kaposi et les lymphomes malins non hodgkiniens. Chez les sujets infectés par le VIH et atteints de maladie de Castleman multicentrique, l'association à la maladie de Kaposi est encore plus fréquente [14].

Le HHV8 a été détecté dans les ganglions lymphatiques de sujets atteints de maladie de Castleman multicentrique, qu'ils soient infectés ou non par le VIH, atteints ou non de maladie de Kaposi [15, 16]. Il a été retrouvé également dans les cellules mononucléées du sang périphérique de sujets atteints de maladie de Castleman multicentrique, avec [16] ou sans [15] infection à VIH associée, ce qui suggère son rôle dans la survenue de cette maladie.

HHV8 et autres proliférations lymphoïdes

Lymphadénopathies angio-immunoblastiques

Une équipe italienne retrouve le génome du HHV8 dans trois cas de lymphadénopathie angio-immunoblastique sur quinze étudiés, chez des sujets VIH-négatifs [17].

La lymphadénopathie angio-immunoblastique est une maladie lymphoproliférative rare touchant surtout des sujets âgés de plus de 60 ans et caractérisée par un syndrome tumoral ganglionnaire et hépatosplénique, une fièvre, une altération de l'état général, une hypergammaglobulinémie polyclonale et diverses manifestations auto-immunes. Dans certains cas, il existe une maladie de Kaposi associée. La lymphadénopathie angio-immunoblastique est de mauvais pronostic : elle peut évoluer vers un lymphome immunoblastique B ou T et se complique fréquemment d'infections. Il s'agit d'une prolifération clonale de lymphocytes T matures activés, responsable d'une activation polyclonale des lymphocytes B et des plasmocytes. L'histologie montre un effacement des structures folliculaires du ganglion par une prolifération polymorphe, riche en lymphocytes, plasmocytes et immunoblastes et une hyperplasie vasculaire. Cette hyperplasie vasculaire semble être le point commun entre différentes maladies associées au HHV8 : la maladie de Kaposi, la maladie de Castleman multicentrique et la lymphadénopathie angio-immunoblastique.

Cependant, le groupe de Chadburn [18] ne confirme pas les résultats de Luppi puisque les sept cas de lymphadénopathie angio-immunoblastique étudiés par PCR sont tous HHV8-négatifs. Le lien entre l'infection par HHV8 et la lymphadénopathie angio-immunoblastique reste donc incertain.

Lymphadénopathies bénignes réactionnelles

Plusieurs équipes ont retrouvé le génome du HHV8 dans des lymphadénopathies bénignes réactionnelles : celle de Chang [19] dans les ganglions de trois patients sidéens, celle de Soulier [15] dans un ganglion de femme VIH-négative et celle de Chadburn dans un ganglion de femme VIH-négative atteinte de lupus systémique [18]. Ces ganglions comportent histologiquement une hyperplasie folliculaire. L'équipe de Luppi [17] a détecté les séquences de HHV8 dans quatre cas de lymphadénopathie bénigne survenant chez des sujets VIH-négatifs. L'étude histologique de ces ganglions montre une hyperplasie de certains follicules, une involution d'autres follicules et de nombreux vaisseaux sanguins dans les zones interfolliculaires. Tous ces auteurs émettent l'hypothèse que ces lésions puissent refléter une primo-infection par le HHV8, mais sans pouvoir la prouver en raison de l'absence de données sérologiques.

Primo-infection par le HHV8

Le premier cas de primo-infection symptomatique par le HHV8 a été récemment décrit [20]. Il s'agit d'un sujet homosexuel infecté par le VIH qui a présenté un tableau clinique associant une fièvre élevée, des arthralgies, de volumineuses adénopathies cervicales et une hépato-splénomégalie. Ces symptômes ont spontanément régressé en 8 semaines. L'étude histologique montre, au sein des ganglions cervicaux, une accumulation de plasmocytes polyclonaux dans les régions interfolliculaires, une hyperplasie lymphoïde et vasculaire, une hypoplasie de certains centres germinatifs et de petits foyers de sarcome de Kaposi. Le HHV8 est détecté dans ces adénopathies. Les tests sérologiques rétrospectifs ont mis en évidence chez ce patient une séroconversion vis-à-vis du HHV8 dans les quatre mois précédant l'apparition de cette symptomatologie. La primo-infection par le HHV8 peut donc être symptomatique chez les patients infectés par le VIH. D'autre part, l'analyse histologique montre que ce virus peut induire une activation polyclonale des lymphocytes B et une hyperplasie vasculaire.

Myélome multiple

Rettig et al. [21] ont détecté, par PCR et hybridation in situ, le HHV8 dans les cellules stromales médullaires de quinze patients atteints de myélome et de deux patients atteints de gammapathie monoclonale bénigne. Les cellules infectées ont un phénotype CD68+ CD83+ fascine+ CD1a- et une morphologie macrophagique. Il semble qu'il s'agisse de cellules dendritiques. Cependant, l'association myélome et infection par le HHV8 est très débattue. En effet, ces résultats n'ont pas été confirmés par d'autres groupes et les patients atteints de myélome sont séronégatifs pour le HHV8.

Autres maladies au cours desquelles le HHV8 a été détecté

Lésions cutanées des transplantés

Rady et al. [22] ont retrouvé par PCR le génome du HHV8 dans diverses lésions cutanées survenant sous traitement immunosuppresseur chez des receveurs d'organe : il s'agissait surtout de carcinomes spino-cellulaires (le virus y était présent dans 93 % des cas) et de kératose actinique (78 % des cas étaient positifs). Cependant, ces résultats n'ont pas été confirmés par d'autres équipes.

Sarcoïdose

Une équipe italienne a détecté par PCR les séquences du HHV8 dans des tissus pulmonaires, ganglionnaires et cutanéo-muqueux provenant de patients atteints de sarcoïdose [23]. Cependant, ces résultats sont très controversés.

HHV8 et oncogenèse

Rôle du HHV8 dans la maladie de Kaposi

Actuellement, la responsabilité du HHV8 dans la survenue de la maladie de Kaposi n'est pas formellement établie. Plusieurs théories s'opposent :

* La théorie du virus responsable de la maladie de Kaposi

Le HHV8 aurait un pouvoir transformant et l'infection par ce virus serait directement responsable de la survenue des lésions de maladie de Kaposi. Plusieurs arguments sont en faveur de cette hypothèse : la mise en évidence des séquences virales dans les lésions de maladie de Kaposi, de toutes les formes cliniques, à tous les stades évolutifs, partout dans le monde, indépendamment du statut infectieux vis-à-vis du VIH, la présence du génome viral dans les noyaux des cellules tumorales (cellules endothéliales et spindle cells) des lésions de maladie de Kaposi à des stades évolutifs même précoces [6] et l'expression d'ARN viraux par ces cellules [7], la présence du HHV8 dans les cellules mononucléées du sang périphérique de sujets atteints de maladie de Kaposi, mais aussi son caractère prédictif de la survenue d'une maladie de Kaposi chez des sujets infectés par le VIH et encore indemnes de la maladie [10], la corrélation entre la présence d'anticorps sériques dirigés contre le HHV8 et l'appartenance à un groupe épidémiologique à haut risque de développer une maladie de Kaposi (homosexuels et bisexuels), la mise en évidence d'une séroconversion à HHV8 chez des sujets infectés par le VIH, quelques mois avant l'apparition d'une maladie de Kaposi [24], ce qui constitue un argument chronologique majeur, l'association entre la séropositivité vis-à-vis du HHV8 et le développement ultérieur d'une maladie de Kaposi. Chez les sujets co-infectés par le VIH et le HHV8, le risque de survenue d'une maladie de Kaposi à dix ans est évalué à 50 % [25].

Les gamma-herpèsvirus peuvent perturber les voies de transduction des signaux et les mécanismes de régulation du cycle cellulaire : l'EBV peut induire la synthèse de plusieurs protéines cellulaires, parmi lesquelles l'interleukine 6 (IL6), la cycline D et Bcl2 ; l'herpès virus saimiri code pour une cycline virale, homologue de la cycline D, et pour un récepteur couplé à une protéine G (GPCR). De la même façon, le HHV8 code pour une IL6 virale, un homologue fonctionnellement actif de Bcl2, une cycline virale capable d'activer la kinase cellulaire cdk6, un GPCR qui active de façon constitutive la voie de la protéine kinase C et un homologue des facteurs de régulation des interférons (v-IRF). Ces protéines virales peuvent participer à l'oncogenèse. Les cellules tumorales de maladie de Kaposi prolifèrent en réponse à certaines cytokines, en particulier l'IL6. Par le biais de l'IL6 virale, le HHV8 pourrait favoriser leur prolifération [1]. Le KSHV-GPCR est un oncogène capable de transformer in vitro les cellules NIH3T3 et d'induire chez la souris nude la formation de tumeurs très vascularisées riches en spindle cells. Son expression dans les lésions de maladie de Kaposi pourrait participer à la prolifération cellulaire et à la néoangiogenèse [26]. Le v-IRF peut transformer in vitro les cellules NIH3T3 et induire chez la souris nude l'apparition de tumeurs ayant une histologie de fibrosarcome, ce qui démontre son caractère oncogène [27].

* La théorie du virus passager

Le HHV8 ne contribuerait pas à l'apparition des lésions de maladie de Kaposi. Il infecterait les cellules endothéliales et les spindle cells après le développement des lésions de maladie de Kaposi parce que sa réplication serait favorisée par une ou plusieurs cytokines exprimées localement. Il existe en effet deux faits troublants :

- Le HHV8 n'est pas détectable dans les lignées cellulaires établies à partir de lésions de maladie de Kaposi [2]. La lignée endothéliale SLK, dérivée de lésions buccales de maladie de Kaposi chez un sujet VIH-négatif et responsable chez la souris nude de tumeurs ayant toutes les caractéristiques histologiques de la maladie de Kaposi [28], est dépourvue des séquences virales de HHV8.

- Lorsque les cellules provenant de lésions de maladie de Kaposi sont mises en culture, les séquences virales sont perdues après deux ou trois passages bien qu'elles soient présentes dans la tumeur de départ. Pourtant, lorsque les lignées de cellules de Kaposi sont étudiées précocement, avant deux passages, elles renferment un virus infectant qu'elles peuvent transmettre aux cellules épithéliales humaines de la lignée 293 (lignée rénale embryonnaire humaine) et qui a sur celles-ci un effet cytopathique [29]. La perte du HHV8 en culture peut s'expliquer soit par un effet cytopathique sur les cellules infectées, soit par la nécessité pour maintenir une réplication virale, de cofacteurs spécifiques.

* Dans la maladie de Kaposi, le rôle des co-facteurs est loin d'être négligeable

Selon une troisième théorie, le HHV8, en infectant les cellules endothéliales et les spindle cells, faciliterait leur prolifération polyclonale. Certains facteurs additionnels provoqueraient leur transformation maligne : l'immunodépression de l'hôte, l'environnement cytokinique ou le VIH. Au contraire, d'autres facteurs protégeraient de la maladie de Kaposi : c'est le cas de l'hormone betaHCG (gonadotrophine chorionique humaine).

L'immunosuppression joue un rôle certain, comme l'attestent la survenue d'une maladie de Kaposi chez des sujets immunodéprimés à la suite d'une transplantation d'organe, d'une allogreffe de moelle [30] ou de l'infection par le VIH, et le caractère parfois régressif des lésions lorsque l'immunosuppression diminue.

Lorsqu'elles sont cultivées in vitro, les cellules de Kaposi libèrent de nombreux facteurs de croissance et cytokines capables de promouvoir leur propre croissance (activité autocrine), mais aussi celle de cellules endothéliales et de fibroblastes humains normaux (activité paracrine). Elles produisent de l'interleukine-1beta, du bFGF (basic fibroblast growth factor), du GM-CSF (granulocyte-monocyte colony-stimulating factor), du TGFbeta (transforming growth factor beta), du PDGFbeta (platelet-derived growth factor beta), du TNFalpha (tumor necrosis factor), de l'IL6 et de l'oncostatine M [1]. L'IL6 peut exercer une action autocrine sur les cellules de sarcome de Kaposi puisque celles-ci produisent à la fois de l'IL6 et le récepteur à l'IL6. L'oncostatine M a une action mitogène sur les cellules de sarcome de Kaposi. In vitro, elle stimule leur prolifération, leur fait prendre une forme typique de fuseau (spindle cells) et leur fait sécréter de l'IL6. Le bFGF est un puissant facteur angiogénique : il induit chez la souris nude la survenue de lésions vasculaires qui ressemblent à des lésions précoces de maladie de Kaposi.

L'infection par le VIH n'est pas indispensable au développement de la maladie de Kaposi qui peut survenir chez des sujets VIH-négatifs. Cependant, elle augmente de façon importante l'incidence de la maladie et ce rôle peut faire intervenir plusieurs mécanismes : l'immunosuppression secondaire à la destruction des lymphocytes T CD4+, la dérégulation de multiples cytokines en particulier l'IL6 et le TNFalpha, et l'action de la protéine Tat du VIH (produit du gène tat) sur les cellules de Kaposi [1]. En effet, chez les souris transgéniques pour le gène tat, se développent progressivement des lésions cutanées multifocales dont l'histologie ressemble de façon frappante à celle de la maladie de Kaposi humaine. Ces lésions ne se développent que chez les souris transgéniques mâles, ce qui suggère un rôle de facteurs additionnels génétiques ou hormonaux. In vitro, la protéine Tat stimule la croissance des cellules dérivées de lésions de maladie de Kaposi. In vivo, elle est présente dans les lésions de maladie de Kaposi associée au sida, mais elle n'est pas produite par les spindle cells : celles-ci ne font que capter, grâce à des récepteurs aux intégrines, la protéine Tat libérée localement par des cellules mononucléées infectées par le VIH. De plus, Tat accroît l'effet angiogénique du bFGF lorsqu'elle est injectée chez la souris nude en même temps ou quelques jours après celui-ci [31].

Tat pourrait aussi exercer une action directe sur le HHV8. Dans des cultures in vitro de cellules mononucléées sanguines HHV8-positives provenant de sujets VIH-positifs atteints ou non de maladie de Kaposi, l'addition de protéine recombinante Tat augmente dans certains cas la quantité d'ADN viral de HHV8 [32]. Le même effet s'observe avec des cellules de lymphome primitif des séreuses ou de la lignée lymphomateuse BCBL1. Cependant, ces résultats, basés sur une technique de PCR quantitative, restent à confirmer...

Le rôle des facteurs hormonaux dans la maladie de Kaposi est suggéré par la rareté de cette tumeur chez la femme, l'amélioration des lésions décrites chez des femmes VIH-positives au cours de la grossesse et l'absence de lésions cutanées pseudo-kaposiennes chez les souris femelles transgéniques pour le gène tat. Une équipe américaine a montré que la betaHCG provoque in vitro la mort par apoptose des cellules des lignées KS Y-1 et SLK (lignées de sarcome de Kaposi). Ces lignées induisent chez les souris nudes, des tumeurs malignes, sauf chez les souris femelles enceintes. Le traitement des animaux atteints par la betaHCG permet la régression des tumeurs [33]. Ces observations ont mené au développement d'essais thérapeutiques par la betaHCG chez les patients atteints de maladie de Kaposi, mais avec des résultats variables selon les équipes.

Rôle du HHV8 dans le lymphome primitif des séreuses

Deux virus, proches de HHV8, sont lymphotropes et doués de propriétés oncogéniques. L'EBV peut immortaliser les lymphocytes B humains in vitro et est impliqué, chez l'homme, dans la survenue du lymphome de Burkitt, de certaines maladies de Hodgkin et de désordres lymphoprolifératifs touchant les immunodéprimés. L'herpèsvirus saimiri est responsable de lymphomes T foudroyants chez certains singes du nouveau monde et peut immortaliser les lymphocytes T simiens et humains in vitro.

La responsabilité du HHV8 dans la survenue du lymphome primitif des séreuses est suggérée par son caractère lymphotrope B, l'existence de protéines virales aux propriétés oncogéniques (KSHV-GPCR et v-IRF), la présence, dans les cellules lymphomateuses, d'un nombre élevé de copies du génome viral et l'existence de lymphomes primitifs des séreuses EBV-négatifs.

Plusieurs équipes ont étudié, chez l'animal, l'effet pathogène des lignées de lymphome primitif des séreuses infectées par HHV8 en l'absence d'EBV. L'injection de cellules de la lignée KS1 dans la cavité péritonéale des souris immunodéficientes BNX (beige-nude-xid) provoque l'apparition d'une volumineuse ascite lymphomateuse dans les trois semaines qui suivent [34]. L'injection intrapéritonéale ou sous-cutanée de cellules de la lignée BCBL1 chez les souris SCID (severe combined immunodeficiency) induit, dans un délai de 8 à 22 semaines, la survenue d'une ascite et de tumeurs sous-cutanées immunoblastiques caractérisées par une importante néoangiogenèse [35]. L'injection intrapéritonéale de cellules de la lignée HBL6 ou de la lignée BCP1 provoque l'apparition d'une ascite lymphomateuse chez les souris Nod (non obèses diabétiques)/SCID. Si l'injection se fait par voie sous-cutanée, elle induit la survenue de tumeurs solides, entourées d'une importante néovascularisation [36].

En conclusion, les lignées de lymphomes primitifs des séreuses sont capables d'induire chez les souris immunodéficientes des épanchements lymphomateux similaires à ceux qui surviennent dans l'espèce humaine, ce qui est très en faveur d'un rôle causal du HHV8 dans la survenue de ces lymphomes. De plus, la néoangiogenèse est une caractéristique fréquemment décrite, retrouvée également dans les autres maladies associées au HHV8 (maladie de Kaposi, maladie de Castleman multicentrique) et suggérant une action pro-angiogénique des cellules infectées par HHV8.

D'autres facteurs interviennent dans la survenue de ces lymphomes : la co-infection par l'EBV, une activation polyclonale des lymphocytes B induite par les cytokines (IL6 et IL10), les stimulations antigéniques répétées secondaires à l'infection par le VIH, et certains facteurs génétiques.

Les cellules de lymphome primitif des séreuses ainsi que les lignées qui en dérivent, produisent diverses cytokines, en particulier de l'IL10 et de l'IL6 [35]. Les lignées BC1, BC2 et KS1 produisent à la fois l'IL6 et son récepteur [37]. L'inhibition de la croissance de ces lignées par des oligonucléotides antisens spécifiques de l'IL6 suggère une action autocrine et paracrine de cette cytokine qui favorise la prolifération des cellules tumorales, comme dans la maladie de Kaposi.

Le rôle de c-myc est exclu puisqu'aucun réarrangement de cet oncogène n'a été décrit dans les lymphomes primitifs des séreuses. En revanche, une équipe italienne a mis en évidence une instabilité de quatre microsatellites situés sur les chromosomes 4, 6, 14 et X dans les cellules tumorales d'un patient atteint de ce type de lymphome [38].

Dans ces lymphomes, l'atteinte des cavités séreuses pourrait s'expliquer par l'absence de nombreuses molécules d'adhésion à la surface des cellules tumorales (ICAM-1, CD31, CD44, CD11a, CD11c, E- et L-sélectines...) [36]. L'expression de l'antigène épithélial de membrane (EMA) favoriserait également ce tropisme pour les cavités séreuses : il s'agit en effet d'une molécule anti-adhésion impliquée dans le développement des métastases et l'échappement des cellules tumorales à l'immunosurveillance.

Sensibilité du HHV8 aux antiviraux : perspectives thérapeutiques

Sensibilité aux drogues antiherpétiques

* Observations in vivo

Avant la connaissance du HHV8, certains auteurs avaient décrit des rémissions à long terme de maladie de Kaposi chez des patients infectés par le VIH, après un traitement par foscarnet [39].

Après la découverte de ce nouvel herpèsvirus, plusieurs études épidémiologiques rétrospectives ont cherché à connaître l'efficacité des drogues antiherpétiques dans la prévention de la maladie de Kaposi chez les patients infectés par le VIH. Toutes ces études s'accordent sur l'inefficacité de l'aciclovir. L'utilisation du ganciclovir semble associée à un risque plus faible de développer une maladie de Kaposi, mais cela n'est retrouvé que dans une seule étude et de façon non significative [40]. En ce qui concerne le foscarnet, les résultats sont discordants : il diminue le risque de développer une maladie de Kaposi associée au sida, de façon significative dans une étude réalisée aux États-Unis sur plus de 20 000 patients [41], de façon non significative dans une autre étude américaine [40], tandis qu'aucune efficacité n'est retrouvée dans une étude française portant sur environ 16 000 patients [42].

L'un des principaux obstacles à l'action de ces drogues sur les herpèsvirus tient à leur mode d'action : leur cible est l'ADN polymérase virale. Ces médicaments agissent donc sur la réplication virale. Or, dans la maladie de Kaposi, la plupart des cellules tumorales sont infectées par le HHV8 de façon latente. Au contraire, comme l'a montré le groupe de Decker [8], les cellules mononucléées du sang périphérique de certains patients atteints de maladie de Kaposi associée au sida portent une forme réplicative du HHV8, cible potentielle des drogues antiherpétiques. Pour ces auteurs, le HHV8 pourrait être sensible au ganciclovir lorsqu'il est en phase réplicative. En effet, le seul patient de leur série dont les cellules sanguines ne contenaient que des formes épisomales du génome de HHV8, était traité par le ganciclovir. Ce médicament pourrait inhiber la réplication du virus dans le sang, ne laissant persister qu'un virus à l'état de latence.

* Études in vitro

Plusieurs équipes [43-45] ont étudié la sensibilité du HHV8 aux antiherpétiques in vitro en utilisant la lignée BCBL1 stimulée par le TPA. Leurs résultats sont concordants. Le HHV8 est très peu sensible à l'aciclovir, modérément sensible au ganciclovir (moins que ne l'est le cytomégalovirus ou CMV), sensible au foscarnet et très sensible au cidofovir. Le cidofovir possède plusieurs avantages : il est disponible en pratique clinique et utilisé dans le traitement de la rétinite à CMV au cours du sida, son action sur l'ADN polymérase virale ne nécessite pas de phosphorylations préalables par des kinases virales et il possède une activité antivirale de longue durée. Le S2242, analogue nucléosidique dérivé du ganciclovir, est in vitro le plus puissant inhibiteur du HHV8, mais n'a jamais été utilisé chez l'homme [45]. L'adéfovir est doté d'une action trois à quatre fois plus puissante que celle du foscarnet sur le HHV8 [45], il a comme lui une efficacité à la fois sur les herpèsvirus et sur le VIH et il est actuellement utilisé chez l'homme sous forme orale, dans des essais de phase II et III au cours des infections par le VIH et le virus de l'hépatite B.

Sensibilité aux inhibiteurs de protéase

* Observations in vivo

Plusieurs cas de patients VIH-positifs dont les lésions de maladie de Kaposi ont régressé ou disparu quelques mois après l'introduction d'un inhibiteur de protéase ont été décrits, suggérant un rôle éventuel de ces antirétroviraux sur le HHV8. Chez un patient sous ritonavir, cette guérison clinique s'accompagne de la disparition des séquences de HHV8 dans les biopsies cutanées au niveau des sites antérieurement touchés [46]. Chez un autre patient VIH-positif, six semaines après l'introduction de l'indinavir, les séquences de HHV8 ne sont plus détectables dans les cellules mononucléées sanguines alors qu'elles l'étaient initialement [47]. Cependant, d'autres auteurs ne confirment pas ces résultats [48]. Les inhibiteurs de protéase pourraient agir sur le HHV8 soit par un effet direct, actuellement non démontré, soit par des effets indirects qui peuvent s'exercer de deux manières : par le biais d'une restauration de l'immunité de l'hôte (augmentation du nombre de lymphocytes T CD4+) ou par le biais de leur action anti-VIH (baisse de la charge virale en VIH) si le rôle amplificateur de la protéine Tat sur la charge virale en HHV8 se confirme [32].

* Études in vitro

In vitro, le HHV8 est résistant à l'inhibiteur de protéase A77003 (analogue du ritonavir) [43].

En pratique, du fait de leur action ciblée sur le cycle lytique, les drogues antiherpétiques sont davantage indiquées dans la prévention de la survenue d'une maladie de Kaposi chez les sujets infectés par le VIH, que dans le traitement des lésions installées. Cependant, ces drogues sont toxiques, coûteuses et nécessitent une administration par voie intraveineuse, ce qui implique de ne les prescrire qu'à une population ciblée : l'idéal serait de ne traiter que les sujets infectés par le VIH indemnes de maladie de Kaposi, mais présentant soit une séroconversion récente vis-à-vis de HHV8, soit des cellules mononucléées sanguines infectées par une forme réplicative du HHV8. Une molécule comme l'adéfovir, disponible par voie orale et dotée à la fois d'une action anti-HHV8 et d'une action anti-VIH, serait particulièrement intéressante pour la prophylaxie de la maladie de Kaposi chez les sujets VIH-positifs. D'autre part, la prescription d'une thérapeutique antirétrovirale comportant un inhibiteur de protéase est justifiée chez les sujets VIH-positifs par son effet favorable sur l'immunité de l'hôte, afin de diminuer le risque de survenue d'une maladie de Kaposi.

CONCLUSION

Le HHV8 est impliqué dans deux types de maladies : d'une part dans des pathologies lymphoïdes rares, malignes ou non, observées avec une plus grande fréquence au cours du sida, d'autre part dans la maladie de Kaposi.

Comme l'EBV, le HHV8 est un virus lymphotrope B. Dans les pathologies lymphoïdes qui lui sont associées, il pourrait jouer soit un rôle transformant (comme dans le lymphome primitif des séreuses) par le biais de certaines protéines virales oncogéniques, soit un rôle de stimulation antigénique à l'origine d'une réaction immunitaire excessive (ce qui est probablement le cas dans la maladie de Castleman multicentrique).

C'est dans la maladie de Kaposi que fut découvert ce nouvel herpèsvirus. Il s'agit d'une tumeur complexe dont l'origine cellulaire (endothéliale ou musculaire lisse) et la clonalité sont encore discutées. Les arguments en faveur d'un rôle oncogénique du HHV8 dans cette tumeur sont de plus en plus nombreux, mais il semble que plusieurs co-facteurs participent à la survenue de la maladie, en particulier une immunodépression de l'hôte, un environnement cytokinique favorable et une infection par le VIH. La néoangiogenèse est une caractéristique histologique fréquemment notée dans les pathologies associées au HHV8 mais est-elle due au virus lui-même ou à des cytokines produites par les cellules infectées ?

Le HHV8 est sensible in vitro à certaines drogues antiherpétiques, mais dont l'efficacité clinique n'a pas été démontrée dans la maladie de Kaposi. De plus, le coût, la toxicité et la nécessité d'une administration par voie veineuse de ces drogues en limitent l'utilisation. Un tableau clinique de primo-infection par HHV8 a été récemment décrit chez un sujet VIH-positif, primo-infection authentifiée par une séroconversion. Comme les médicaments antiherpétiques ne sont efficaces que sur un virus en réplication, ce stade de séroconversion représente peut-être le moment idéal pour traiter les sujets infectés par HHV8 dans le but de prévenir l'apparition ultérieure d'une maladie de Kaposi.

Article reçu le 2 juin 1998, accepté le 28 août 1998.

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