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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Pastoralism and agricultural development policies in the region of Coquimbo, Chili: Managing what already exists or starting from scratch?


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 22, Number 4, 275-82, Octobre-Novembre-Décembre 2011, Articles de recherche

DOI : 10.1684/sec.2011.0321

Résumé   Summary  

Author(s) : Tchansia S. Koné.

Summary : The region of Coquimbo has been the focus of attention of Chilean programmes to alleviate poverty in rural zones for a significant time. Extensive agro-pastoralism in this semi-arid region is linked to goat breeding and a specific land tenure system: the agricultural community. In parallel to this extensive system, the region shows the most developed agriculture in the Northern part of the country: the stakeholders, spaces and economic activities linked to goat breeding are therefore marginalised. Hence, the aim of the successive rural development programmes has been to replace the existing systems by intensive ones. Such intensive systems would be expected to generate more income and maintain or even restore the biophysical integrity of the exploited environments, allowing their users to step out of poverty. This pious wish, the accomplishment of which will be a long time in coming, leads us to question the bases of the implemented policies, via the knowledge that sustains political decision-making.

Keywords : Chile, evidence-based policies, marginality, pastoralism, rural development

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ARTICLE

sec.2011.0321

Auteur(s) : Tchansia S Koné tchansiakone@gmail.com

Tirés à part. : T. S. Koné

Dans la région de Coquimbo (29̊ 02’ - 32̊ 16’ lat. S), l’aridité et la montagne (avec ses pentes, son orientation, son altitude) définissent les activités agricoles qui reposent, depuis l’époque précolombienne, sur l’irrigation et le pastoralisme. Le riego, l’espace irrigable, et le secano, l’espace des terres sèches, définissent les paysages locaux.

Si dans les zones arides, le pastoralisme a fait l’objet de nombreuses études classiques relevant aussi bien des sciences sociales que des sciences naturelles, ici, ces études ont été très fortement orientées vers un sujet : la dégradation des parcours, traitée presque exclusivement d’un point de vue biophysique. Les aspects relevant de l’organisation et du fonctionnement des systèmes pastoraux en vigueur dans la zone ont fait l’objet principal de peu d’études et ont été très souvent occultés par la prédominance d’un sujet : la pauvreté des éleveurs caprins. Les problématiques homme-milieu ne se sont donc souvent résumées qu’au traitement du thème central pauvreté-dégradation des milieux de production. Dégradation, érosion, subsistance, pauvreté sont ainsi des termes couramment associés à l’élevage caprin dans la région. La transhumance estivale andine, qui est une des caractéristiques du pastoralisme local, n’a pas particulièrement intéressé les développeurs car les éleveurs étaient jugés rétifs à l’innovation (Castillo, 2003). Ce n’est qu’en 2000, quand l’interdiction de passage des troupeaux vers les estives argentines voisines a été décrétée (parce qu’une épizootie de fièvre aphteuse avait été déclarée dans cet État) et que les mouvements transhumants transfrontaliers se sont retrouvés en porte-à-faux avec la politique zoosanitaire chilienne, que cette pratique pastorale s’est retrouvée dans les agendas des décideurs.

L’hypothèse du report total de toute la charge pastorale sur les seules estives chiliennes a suscité des craintes quant au maintien de l’intégrité biophysique de ces pâturages andins. Les politiques ont alors confié à l’expertise scientifique le soin de répondre à la question, commandant spécifiquement une étude-inventaire sur les ressources des cordillères de la région. Cet appel des décideurs publics à l’expertise scientifique n’est somme toute ni nouveau ni exceptionnel. Ce qui toutefois attire notre attention ici, c’est l’assimilation des ressources pastorales aux seules composantes sol, végétation, eau des cordillères et l’exploitation des pâturages andins au seul concept de charge pastorale.

Dans la province du Limarí, l’analyse qui a été faite des mouvements transhumants officiellement enregistrés dans la décennie 1990 montre une tendance à la baisse du nombre d’animaux et de bergers fréquentant les estives andines (projet Pastizales, SAG-ULS, 2003). Plusieurs explications ont été avancées : une préférence pour les estives argentines, l’inexactitude des registres mais également la baisse de l’offre pastorale (les estives andines étant des propriétés privées).

En ce qui concerne la charge animale, les niveaux observés dans toutes les cordillères ont été considérés comme bas1 et aucun signe évident de dégradation des pâturages n’a été observé sur le terrain. Toutefois, la nécessité d’approfondir le sujet (raisons de la tendance à la diminution, mise en défens pour étudier l’impact du pâturage sur les sols et la végétation) a été soulevée (SAG-ULS, 2003).

Le manque de données concernant la conduite des troupeaux en estives, les modes d’accès et d’exploitation des pâturages et plus généralement l’exclusion des sciences sociales de l’expertise scientifique, nous interpelle sur l’affichage empirique des politiques chiliennes touchant de près ou de loin au pastoralisme.

En effet, la convergence des points de vue sur l’exploitation des terres de secano figurant dans les rapports d’expertise, la littérature grise des organismes publics et de la recherche pour le développement a donné naissance à un certain nombre de « vérités scientifiques » établies autour des mots dégradation, érosion, subsistance et pauvreté.

Dans un contexte où le type et l’ampleur des changements affectant le système transhumant étaient inconnus, nous nous sommes interrogée sur les fondements des politiques mises en place, à travers les connaissances qui sous-tendent la prise de décision.

Avant d’explorer plus en détail la base de connaissances à la disposition des décideurs, quelques considérations sur ce qui est communément appelé le « problème caprin ».

“ El problema caprino

Le « problème caprin » fait référence à la dégradation des parcours de secano, à la faible productivité supposée, à la non-standardisation des produits issus du pastoralisme, à la pauvreté des éleveurs. Dans son diagnostic du secano de la IVe Région, l’Instituto Nacional de Investigaciones Agropecuarias (INIA, Institut national de recherche agronomique) en donne le résumé suivant : « L’élevage caprin […] est pratiqué à un niveau de subsistance avec de bas niveaux de rentabilité et d’efficacité productive, tirant profit des rares2 ressources fourragères que possède le secano, accélérant la dégradation de ces ressources par surpâturage. » (INIA, 2005).

Le système de production caprine qui est ainsi décrit, est qualifié de traditionnel (Meneses et Vallejo, 1998), en opposition à deux autres systèmes peu documentés : un système extensif amélioré, où le manque de pâturages naturels est suppléé par des apports fourragers, notamment en été et pendant la gestation des animaux, et un système intensif où la production continue est fondée sur l’exploitation de pâturages irrigués. Dans le système traditionnel extensif, la mauvaise condition physique des animaux entre deux saisons de croissance de la végétation influence négativement la reproduction et les mises bas, qui sont tardives. Le maximum de la production laitière est observé après celui de la production fourragère des parcours. Une des pratiques de ce système est la transhumance entre la côte de l’océan Pacifique et la Cordillère des Andes. Au sujet de cette pratique, on peut lire « qu’il n’existe pas de prairie naturelle en quantité ni en qualité suffisantes pour maintenir le bétail transhumant, ce qui explique la haute dégradation des prairies naturelles des estives, à cause de la charge animale excessive auxquelles elles ont été soumises pendant des décennies »(INIA, 2005). La production principale de l’élevage caprin, un fromage artisanal, a été souvent critiquée pour sa mauvaise qualité. Selon Serani (2001), la production de fromage qualifiée de « clandestine » équivaut à 80 % de la production totale et provoque près de 30 % des intoxications alimentaires. Mention est souvent faite de l’âge et du faible niveau d’éducation des éleveurs qui seraient en lien avec leur incapacité à entrer de plain-pied dans la « modernité » : plus de la moitié des éleveurs caprins (53,7 %) a plus de 55 ans et 70 % n’ont pas dépassé l’enseignement basique3 (INE, 2006).

Il faut signaler que l’élevage caprin est lié à une forme particulière de tenure de la terre, la communauté agricole, qui bien qu’elle ait été légalisée en 1968, n’a pas donné aux comuneros la garantie de l’accès au crédit et aux financements auxquels peuvent prétendre les détenteurs d’un titre de propriété individuel (Poncet et al., 2007).

Mais le « problème caprin » est avant tout un problème parce qu’il concerne une part non négligeable de la population rurale de la région. Avec un peu plus de la moitié de la population (52 %) ayant pour principale source de revenus l’élevage caprin (Ramirez, 2003), « s’il est certain que le secteur lié à la production caprine est le moins évolué des secteurs productifs de la région, il ne faut pas mésestimer l’envergure du négoce qu’il implique » (INIA, 2004).

Comment le problème caprin est traité par les politiques

L’histoire de la gestion du « problème caprin » dans la seconde moitié du xxsiècle tourne autour de la meilleure façon de transformer les systèmes pastoraux tels qu’ils sont connus, en systèmes jugés plus « performants ».

Les deux épisodes de réforme agraire, de 1962 et 1967, et la légalisation des communautés agricoles en 1968 constituent des tournants importants dans le monde rural chilien en général, mais ces événements restent d’une portée relativement limitée en ce qui concerne la transhumance andine. En effet, l’espace de cordillère occupé par la transhumance est d’abord et avant tout partie intégrante de grandes propriétés de secano, qui n’ont pas été démantelées ou qui n’ont été que peu affectées lors de la réforme agraire puisqu’elles ne portaient pas de terres à vocation agricole.

La politique de développement agricole 1971-1976 (Oficina de Planificación Nacional, 1971) consacre spécifiquement un chapitre aux communautés agricoles de la région de Coquimbo : celles-ci n’avaient pas été prises en compte dans les plans de développement agricole précédents parce qu’elles sont situées dans le secteur secano. Mais les propositions qui seront faites ne diffèrent pas fondamentalement de ce qui se fera plus tard : remplacer l’existant, « le traditionnel » par des systèmes « modernes » plus efficaces. On y évoque ainsi un projet de développement d’élevage cunicole et avicole, une fromagerie semi-industrielle (déjà…), de la reforestation à destination fourragère et une amélioration des races caprines.

À partir de 1973, sous le gouvernement de Pinochet, l’image négative des décennies précédentes, les contre-réformes agraires et la revendication de la propriété individuelle comme unique fondement de la liberté politique constituent le cadre de fond de la politique agricole : dans la région de Coquimbo, une loi permit la division et la vente des droits des communautés agricoles, aboutissant à 20 à 25 % de divisions (Portilla, 2000). Dans le même temps, le rôle des agences et des services publics chargés de l’encadrement des agriculteurs fut extrêmement réduit.

En ce qui concerne l’élevage en général et la transhumance caprine en particulier, la déclaration du Chili comme pays exempt de fièvre aphteuse en 1981, entraîna durant les années 1980 des résolutions légales interdisant la transhumance vers les estives argentines : « Il est important de noter que du fait d’avoir été déclaré pays “libre de fièvre aphteuse”, le bétail ovin et caprin ne pourra plus utiliser les estives argentines, donc les animaux qui seront conduits en Argentine ne pourront plus retourner [au Chili].” » (Oficina de Planificación Nacional, 1985). À cette époque, le document de politique agricole 1986-1990 pour la région de Coquimbo projette une diminution du nombre d’ovins et une stabilisation du nombre de caprins autour de 600 0004 têtes.

Cependant, l’interdiction effective de fréquentation des estives argentines entrera en vigueur en 2000 et c’est cette année-là qu’elle se fera sentir sur les activités pastorales.

Le changement de régime politique en 1990 marque un tournant dans les politiques agricoles à destination du monde pastoral, bien que « les traits essentiels du modèle dans lequel le marché et l’entreprise privée jouent un rôle essentiel » soient conservés : « Il revient à l’État d’appuyer préférentiellement les agriculteurs les plus faibles, en leur fournissant les instruments pour leur meilleure insertion dans les circuits commerciaux, ainsi que l’accès à la technologie et au financement. » (Portilla, 2000).

Dans les années 1990, l’accent est particulièrement mis sur l’industrialisation du fromage de chèvre. La standardisation de ce produit, outre le fait qu’elle lui permettra d’intégrer les circuits de commercialisation formelle, est vue comme le moyen d’améliorer les revenus des éleveurs puisque ceux-ci pourront vendre une production de meilleure qualité à des prix plus élevés. En réalité, les fromageries semi-industrielles et industrielles construites à coÛt élevé (environ 100 000 dollars US par installation) péricliteront, faute de préparation : l’approvisionnement continu en lait ne peut être assuré et la gestion associative prônée ne rencontre pas son public. La standardisation du fromage de chèvre entre également dans le cadre du nouveau règlement sanitaire des aliments promulgué en 1998, règlement qui rend théoriquement impropre à la consommation la grande majorité de la production fromagère artisanale mais qui, dans les faits, n’empêchera pas cette production de se poursuivre.

Le document de politique agricole générale du Chili 2000-2010 (Ministerio de Agricultura, 2001) ne fait pas mention de l’élevage caprin. Notons cependant que l’associativité et la représentation par filière y sont encouragées ainsi que le développement des marchés intérieurs et extérieurs, l’actualisation du règlement sanitaire des aliments et la préservation du patrimoine phyto- et zoosanitaire. C’est dans cette ligne qu’intervient l’interdiction de la fréquentation des estives argentines pour les troupeaux transhumants.

Sur la base d’une étude de la Oficina de Estudios y Políticas Agrarias (ODEPA : bureau des études et politiques agraires) du ministère chilien de l’Agriculture ainsi que du recensement agropastoral de 1997 qui sert de base chiffrée à cette politique générale, les exploitations paysannes sont divisées en exploitations de subsistance et exploitations ayant un potentiel agricole. C’est dans la première catégorie que Portilla (2000) classe les communautés agricoles, en opposition aux petits producteurs classés comme ayant un « potentiel de ressources »5. Les zones de secano y sont décrites comme devant remplir une fonction de préservation environnementale et permettre ainsi le développement d’activités économiques telles que l’élevage (sans autres précisions) et l’agrotourisme.

Au niveau régional, le document de stratégie régionale de développement 2000-2006 (Región de Coquimbo, 2000) ne fait aucune mention des activités liées à l’élevage caprin. Le plan régional du gouvernement pour la région de Coquimbo 2006-2010 (Región de Coquimbo, 2006) mentionne quant à lui, dans son programme prioritaire intitulé « Vers une région alimentaire », l’élevage caprin comme partie intégrante d’un « complexe productif alimentaire » qui est défini comme « un système de développement économique où la variable productive n’est pas la seule à être importante, l’infrastructure, la logistique et les services tournant autour de ce pôle de développement l’étant également ». Les détails pratiques de ce programme de développement économique ne sont pas vraiment explicités… Un autre programme prioritaire, « Développement rural et gestion soutenable du territoire », s’intéresse également à l’élevage caprin dans le cadre du renforcement des organisations rurales : entre 2007 et 2009, il était prévu que l’Instituto Nacional de Desarollo Agropecuario (INDAP, Institut national de développement agricole et pastoral) dirige le « programme de transfert et d’amélioration de la base productive pour les éleveurs caprins ». Nous ne connaissons pas à ce jour les résultats de cette opération.

En parallèle à ces multiples programmes, la gestion de l’urgence constitue un volet important des politiques de développement rural en général et des actions qui touchent de près au pastoralisme en particulier. Ainsi, entre 1994 et 1997, la sécheresse qui a frappé le pays a donné naissance à la Comisión Nacional de Sequía (commission nationale de sécheresse). Les actions menées dans le cadre du programme pastoral ont concerné la distribution de fourrage, de subsides aux familles affectées, le traitement vétérinaire des animaux, des plantations fourragères… Dans le bilan dressé sur cette action, on peut lire les lignes suivantes : « Évidemment, les actions menées par la commission nationale de sécheresse ont évité que se produise un problème social important dÛ à la forte réduction des revenus des agriculteurs affectés et à une migration de la population rurale vers des secteurs qui auraient, au moins, de l’eau potable. » (IICA, 1998).

Une action de plus grande ampleur et qui a le plus perduré dans le temps en ce qui concerne la « problématique » du secano est la plantation d’arbustes fourragers, encouragée par un texte de loi daté de 19776 (INIA, 2004). La revégétalisation de vastes zones a été programmée dans le but de protéger les sols de l’érosion et d’augmenter la disponibilité fourragère verte pour le bétail en été et en hiver. Pourtant, le fourrage arbustif est très peu utilisé dans la région (INE, 2006) : un peu plus de 17 % seulement des producteurs caprins exploitent cette ressource pastorale dans la province d’Elqui, ce pourcentage tombant à 1,4 % dans le Choapa et à 0,9 % dans la province du Limarí. Ce décalage entre action programmée et réalité nous amène à nous poser la question de la connaissance qui est à la disposition des politiques à l’heure de la prise de décision.

La production de connaissance

La connaissance qui sous-tend les actions et politiques touchant de près ou de loin aux activités pastorales dans la région de Coquimbo provient essentiellement de rapports d’expertise élaborés par les services chargés des questions agroenvironnementales eux-mêmes ou par des consultants externes : cabinets d’études privés mais aussi équipes de chercheurs finançant ainsi leurs activités scientifiques. On attend par conséquent de ces rapports des solutions documentées par des faits validés par la recherche ou par l’expertise ou, à tout le moins, considérés comme tels.

Au titre des rapports-diagnostic élaborés pour servir de base de connaissance aux politiques, citons entre autres les programmes d’appui à la gestion agropastorale de producteurs caprins de la région de Coquimbo (INIA, 2004) ou encore le plan intégral de développement du secano, IVe région de Coquimbo (INIA, 2005).

Le document-diagnostic du Programa Territorial Integrado (PTI) de la province du Limarí (CEAZA, 2005), bien que ne variant pas sur le fond concernant l’image du secano, a été une initiative originale puisqu’il traitait, de façon intégratrice et dans leurs relations entre elles, de toutes les activités productives de l’ensemble du bassin-versant du Limarí7.

Citons enfin le projet Pastizales, diagnostic-inventaire des ressources naturelles des pâturages andins, commandé par le Servicio Agrícola y Ganadero (SAG, Service pour l’agriculture et l’élevage) du ministère de l’Agriculture après l’interdiction de fréquentation des estives argentines (SAG-Université La Serena, 2003) que nous évoquions en introduction.

Au cours des années 1980, les écosystèmes pastoraux des communautés agricoles de la région ont fait l’objet de trois publications notoires (D’Herbès, 1988a ; D’Herbès, 1988b ; Contreras et al., 1986).

Dans les années 1990-2000, citons les travaux de Pouget et al. (1996) et plus particulièrement ceux dirigés par Livenais (Livenais et Aranda, 2003) qui ont apporté les indispensables approches en sciences sociales pour la connaissance des espaces ruraux de la région de Coquimbo.

À l’instar d’autres zones pastorales d’Amérique du Sud, les publications sur le pastoralisme restent peu nombreuses, exception faite des Andes centrales (Westreicher et al., 2007). Quant à l’assistance technique et à la formation à destination des éleveurs, elle est pensée pour des systèmes sédentaires. La communauté agricole reste une porte d’entrée importante dans le traitement de la transhumance andine, même si communauté agricole et transhumance ne vont pas systématiquement de pair. Avançons que la transhumance andine acquiert par le biais de ce rapprochement des caractéristiques fréquemment associées à cette forme de tenure de la terre et que nous avons défini précédemment sous le terme de problème caprin (mésusage des ressources agropastorales, dégradation des parcours, pauvreté de leurs usagers). Olivares (2006) affirme ainsi que « une évaluation de l’intensité du processus de désertification […] a montré que seulement 0,7 % du territoire de la région de Coquimbo peut être qualifié de “non désertifié” ».

À côté du modèle à l’équilibre mettant en avant l’impact de la charge pastorale sur les ressources fourragères, un modèle au non-équilibre est mis en avant au début des années 1990 (Vetter, 2005). Ce dernier modèle avance que les écosystèmes arides sont mieux appréhendés au non-équilibre, leur productivité dépendant principalement de précipitations variables (Mortimer, 2009). La capacité de ces milieux à maintenir leurs fonctionnalités en s’adaptant à des conditions variables peut s’étendre aux systèmes économiques et sociaux (Mortimer, 2009). Ces idées, qui prennent à contre-pied le paradigme de la lutte contre la dégradation des terres arides, ont été formalisées sous le terme de Dryland Development Paradigm (Reynolds et al., 2007).

Modèles à l’équilibre et au non-équilibre ont, en termes de gestion des systèmes pastoraux, des implications très différentes (Vetter, 2005) :

  • –. à l’équilibre, on cherchera à réduire les effectifs des troupeaux et à accroître la stabilité géographique ;
  • –. au non-équilibre, on encouragera une gestion souple des effectifs et la mobilité géographique.


Étrangement, les chercheurs chiliens qui travaillent sur les zones arides et qui sont souvent également les experts qui rédigent (ou contribuent à rédiger) les rapports-diagnostics destinés à la décision politique, n’ont pas semblé tenir compte de ce changement de paradigme dans leurs travaux, la capacité de charge restant la doctrine en vigueur aussi bien dans les publications scientifiques que dans les rapports d’expertise.

Sur la base maximale de 10 hectares par chèvre et par an, 45 % de la superficie de secano de la région a été considérée comme apte au pâturage (INDAP-PRODECOP-AGRIMED, 2001). Ainsi l’on peut trouver dans l’étude-diagnostic d’un plan de développement du secano la proposition suivante : « En définitive, le système de production caprine le plus réaliste à soutenir est celui qui assume que l’activité d’élevage caprin est par essence de secano, c’est-à-dire dépendante de la prairie naturelle et dont la stratégie de gestion se résume à obtenir un différentiel de revenus entre les années pluvieuses et les années sèches, diminuant au maximum les pertes, en considérant que la production sera nulle ou limitée et en ne perdant pas de temps à essayer de produire de façon rentable pendant les années sèches. » (INIA, 2005).

Cette proposition part du principe que les systèmes de production caprine sont opportunistes. Or, si l’on se penche sur les conclusions des études qui ont spécifiquement porté sur la transhumance, il en va tout autrement.

Aranda (1971) a montré que la transhumance est structurelle et non pas conjoncturelle. Son étude fondée sur l’analyse de données de transhumance de la décennie 1960 a établi les modèles de transhumance qui ont été confirmés par des études postérieures (Cialdella, 1999 ; Cialdella, 2000 ; Cialdella et Dubroeucq, 2003 ; Koné, 2007).

La transhumance andine est fondée sur des relations et des actions répétées pour l’exploitation des estives pendant des durées longues (20 à 30 ans), aboutissant à un système de gestion du bétail dans lequel « chacune des étapes est logique, ce qui permet de tirer un maximum de profit de ces séjours » (Aranda, 1971). Ainsi, l’analyse des mouvements transhumants sur la période 1989-2006, pour la cordillère la plus fréquentée de la province du Limarí, a montré que plus des deux tiers des usagers de cette cordillère avaient des habitudes de transhumance établies (Koné, 2007). L’opportunisme, s’il n’est pas absent des estives, sera dans une certaine mesure limité, d’une part par le coÛt d’accès, d’autre part par l’offre pastorale de ces espaces. En effet, les estives andines sont des propriétés privées dont l’accès est garanti par des contrats de location, souvent reconduits de façon tacite année après année. Ce fonctionnement implique qu’un certain nombre de pâturages soient déjà réservés bien avant l’hiver8, limitant les possibilités tardives de rabattement sur ces espaces en cas de sécheresse.

Quant au statut des transhumants, Cialdella (1999) a montré qu’ils jouissent d’une bonne image au sein de la communauté des éleveurs caprins et qu’ils bénéficient d’un statut socio-économique intéressant lié au maintien et à la continuité de leur production, indépendamment des aléas climatiques.

Sans occulter les contradictions internes au système transhumant, ces études avancent qu’il est géré, c’est-à-dire pensé pour répondre à des objectifs de production, quand bien même ceux-ci ne seraient pas conformes aux politiques de développement agricole en vigueur.

Enfin, les statistiques officielles, particulièrement celles des recensements agropastoraux décennaux, fournissent l’incontournable base chiffrée de l’action publique.

En 2006, l’ODEPA et l’Instituto Nacional de Estadísticas (INE, Institut national de statistiques) publient un rapport statistique portant spécifiquement sur l’élevage caprin dans la région de Coquimbo. Ce rapport indique que la région porte près de la moitié du cheptel national caprin enregistré d’après les chiffres alors disponibles (INE, 2006). Outre le fait qu’elle réactualise les données disponibles qui dataient du précédent recensement agropastoral (1997), cette étude tient compte de la mobilité des troupeaux. Certains éléments de l’enquête, menée pendant la saison 2005-2006, nous apparaissent importants à relever :

  • –. seuls un peu plus de 35 % des éleveurs caprins de la région sont comuneros9 d’une communauté agricole ;
  • –. si 20 % des éleveurs sont transhumants, cette proportion est à comparer aux 46 % du cheptel caprin qu’ils détiennent et qu’ils conduisent en transhumance ;
  • –. plus de 90 % de la production de fromage est vendue et près de la moitié de cette production est le fait des troupeaux transhumants.


De ces chiffres, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :

  • –. la communauté agricole n’est pas nécessairement la grille de lecture par laquelle doit passer toute étude sur l’élevage caprin en région de Coquimbo ;
  • –. la transhumance, bien que concernant relativement peu d’éleveurs, est explicative d’une part importante de l’activité caprine régionale ;
  • –. la production caprine en général et celle basée sur la transhumance en particulier, ne sont pas des activités d’autosubsistance. Elle peut s’inscrire, somme toute, de façon très classique, dans des systèmes d’activité permettant ainsi la diversification des revenus des éleveurs. Il y a lieu, d’ailleurs, de s’interroger avec d’Andrea (1997) sur le qualificatif de « subsistance » qui ne fait pas grand sens dans le Chili néolibéral d’aujourd’hui.


L’enquête sur l’élevage caprin faite en 2010 par l’INE confirme ces tendances (tableau 1). La taille des troupeaux est, sans surprise, en relation avec leur mobilité. Au-delà de 50 têtes de bétail, l’appartenance à une communauté agricole devient minoritaire. Notons à ce sujet que ce nombre constitue, d’après nos données personnelles, le seuil à partir duquel la transhumance est justifiée en termes de coÛts. Les transhumants sont donc souvent de grands éleveurs pour lesquels la pratique de la transhumance est permanente (INE, 2011). Indépendamment du type de tenure de la terre, les transhumants, qu’ils soient comuneros ou non, doivent donc s’assurer d’avoir accès tout au long de l’année à des pâturages répondant aux besoins diversifiés de leurs animaux10 (figures 1 et 2) et à leurs objectifs de production.

Tableau 1 Quelques données statistiques sur les éleveurs caprins de la région de Coquimbo.

Taille des troupeaux Éleveurs non transhumants
(%)
Transhumants en estives
(%)
L’élevage caprin, principale source de revenus
(%)
Appartenance communauté agricole
(%)
Vente de la production à des intermédiaires
(%)
20-49 81 14,3 57,1 61,9 47,6
50-199 73,3 21,8 62,3 46,8 78,7
>200 29 58,8 82,2 31,5 93,9

Source : INE, 2011

Les nuances apportées par ces chiffres officiels n’ont toutefois pas infléchi le cours des politiques nationales et régionales, qui montrent une incapacité à dépasser leurs propres paradigmes. Selon une estimation faite par l’INIA en 2004, l’élevage caprin générerait annuellement 6 milliards de pesos chiliens au niveau régional (INDAP, 2008). Aucune donnée chiffrée précise ne vient cependant appuyer cette estimation, l’élevage caprin relevant essentiellement du secteur informel.

Au-delà de success stories anecdotiques, des résultats moins ambitieux que ceux visés par les programmes officiels peuvent être observés. Le fromage de chèvre artisanal, principal produit de l’élevage caprin, en est un exemple. Si la grande majorité de la production fromagère ne respecte toujours pas le règlement sanitaire chilien des aliments, les producteurs ont été dÛment recensés dans les années 1990 par les services de santé régionaux et les fromages commercialisés sont traçables puisque portant des numéros de registre. Ainsi, en novembre 2006, aucun cas d’intoxication alimentaire lié au fromage artisanal n’avait été enregistré dans la région, bien que ce produit jouisse toujours auprès des autorités d’une mauvaise réputation.

Principalement en raison des sécheresses, les années déclarées en état d’urgence agricole pour les éleveurs caprins dans la région de Coquimbo se sont multipliées dans les années 2000. En termes d’actions concrètes à destination des éleveurs caprins, les actions d’urgence ont sans doute eu plus d’impact au quotidien que celles annoncées dans des plans à moyen et long termes dont les mises en œuvre réelles n’ont pas été totalement assurées. Dans ce sens, l’action la plus visible qui ait été mise en place pour pallier l’interdiction de l’accès aux estives argentines concerne la distribution de subsides compensateurs aux éleveurs transhumants. Précisons ici que l’absence de corporatisme fort chez les éleveurs caprins en général et les transhumants en particulier ne les rendent pas passifs face aux programmes dont ils font l’objet. La presse locale qui fait souvent l’écho des politiques de développement régional est aussi le lieu où s’exprime la politique au quotidien11, des opinions personnelles (anecdotiques ?) en passant par les tribunes des notables et élus locaux sur le sujet.

Mais la décision, annoncée saison après saison de l’octroi ou non des subsides, l’opacité relative des critères de distribution, et surtout l’absence de réelles solutions de substitution aux pâturages perdus, nous laissent penser que ces actions relèvent davantage de la gestion d’un problème social – la réduction des revenus des éleveurs transhumants – que d’une réponse à un problème de production pastorale : la gestion des ressources fourragères.

Conclusion

Les préoccupations environnementalistes concernant le secano ne sont pas nouvelles. Déjà en 1838, dans son rapport sur la province de Coquimbo, Claude Gay évoque des flancs de montagne dénudés et des arbres chétifs, et il prévoit un avenir sombre pour la région (Squeo et al., 2001). Dans la seconde moitié du xxe siècle et plus particulièrement à partir des années 1990, « arbres à problèmes », modèles conceptuels et diagrammes de Gantt ont abondé dans les programmes de développement rural touchant au pastoralisme, sans qu’on perçoive toutefois d’avancées significatives en ce qui concerne la gestion du « problème caprin ». Les contours immuables de ce problème appellent à toujours plus d’études, toujours plus de chiffres, toujours plus de projets pilote et l’on peut réellement se demander si « une part considérable de la recherche n’est pas financée dans l’idée de maintenir des vues et des décisions préexistantes » (von Furstenberg, 2004).

Dans ce contexte, la résistance des politiques envers les pratiques agropastorales « trop difficiles à contrôler ou à prévoir » (Vetter, 2005) n’est qu’une donnée parmi d’autres à intégrer aux systèmes pastoraux qui depuis fort longtemps sont relégués à la marge, s’y complaisent parfois, et continuent néanmoins de participer à la production.

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1 La charge maximale observée par jour est au maximum de 0,0007 unité animale (UA) par hectare. Une UA équivaut à une vache de 500 kg et le nombre de jours de permanence dans les estives oscille entre 96 et 135 jours pour la période concernée.

2 C’est nous qui soulignons.

3 Au Chili, l’enseignement basique s’étend sur 8 années scolaires, obligatoires depuis 1965.

4 Le dernier recensement agropastoral (2007) fait mention de 404 562 têtes contre 570 992 pour le recensement de 1976, lequel avait servi de base au document de 1986.

5 Toute la question est de savoir ce qu’on entend par « potentiel de ressources ».

6 La politique de développement agricole 1971-1976, bien que n’ayant pas été menée à terme, faisait déjà mention de projets de reforestation.

7 Passée la phase de diagnostic, ce projet s’est « désintégré », aussi bien au niveau des acteurs qui y participaient que des espaces concernés et il a été recentré sur l’espace irrigué uniquement.

8 Donc avant les précipitations hivernales qui détermineront l’« abondance » des pâturages de printemps et d’été.

9 Personnes possédant des droits au sein des communautés agricoles et ayant, de ce fait, des droits d’accès, réglementés, aux parcours de ces communautés.

10 Bien qu’en nombre de têtes le bétail caprin domine, les transhumants possèdent également des équins (pour la charge et le transport) et très souvent des ovins et des bovins.

11Everyday politics involves people embracing, complying with, adjusting, and contesting norms and rules regarding authority over, production of, or allocation of resources and doing so in quiet, mundane, and subtle expressions and acts that are rarely organised or direct” (Tria Kerkvliet, 2010).


 

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