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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Enquête Sécheresse 2010 : auteurs et lecteurs ont la parole


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 21, Number 1, 7-11, janvier-février-mars 2010, Enquête Sécheresse 2010

DOI : 10.1684/sec.2010.0234


Author(s) : André Kergreis, Jean-Pierre Besancenot , Rédacteur en chef.

ARTICLE

Auteur(s) : André Kergreis, Jean-Pierre Besancenot

Rédacteur en chef

À l’occasion du 20e anniversaire de Sécheresse, le comité de rédaction s’est penché sur les perspectives de la revue pour la décennie 2010-2020. Il en est ressorti que l’action prioritaire à engager était une enquête auprès des auteurs et des lecteurs, personnes concernées au premier chef par l’avenir de la revue.

Mettant à profit le programme associant la revue papier, la revue électronique et le site www.secheresse.info, un formulaire d’enquête a été mis en ligne sur le site et annoncé dans la revue en octobre 2009.

Les réponses à l’enquête

Les réponses reçues se chiffraient à 266 au 15 décembre 2009. Certaines, spontanées, faisaient écho aux annonces dans la revue papier ou sur le site. Elles ont été peu nombreuses mais c’est, semble-t-il, la loi du genre ! Parallèlement, le comité de rédaction a lancé une approche plus personnalisée en adressant un courrier électronique à plus d’un millier de personnes : auteurs, relecteurs, etc. Certains chercheurs ont ensuite pris le relais et utilisé leurs propres listes de diffusion pour sensibiliser leurs collègues à l’enquête.

On note avec satisfaction que la majorité des répondants ne se sont pas limités à remplir consciencieusement le questionnaire. Ils ont aussi utilisé largement les rubriques ouvertes pour exprimer leur opinion et faire des commentaires, souvent détaillés, sur la revue, le site et l’enquête elle-même.

Au vu de ces résultats, on dispose donc d’une base statistique suffisante pour tirer des conclusions significatives.

Données globales

Anonymat des réponses

L’anonymat étant proposé, 29 % des répondants ont utilisé cette opportunité. Cette latitude n’a pas donné lieu à débordements puisqu’une seule réponse peut être considérée comme « farfelue » et une autre comme quelque peu agressive et vindicative, sans toutefois être incorrecte. Ce qui est peu car, parmi les répondants, plus d’une dizaine ont déclaré qu’au moins une de leurs propositions d’article avait été rejetée.

Tranches d’âge et statuts

Une forte majorité des répondants – près de 70 % – se situe dans la tranche d’âge 40-65 ans, et 25 % dans celle des 25-40 ans. Les réponses proviennent donc majoritairement de personnes clairement engagées dans la vie professionnelle. Le peu de réponses reçues d’étudiants (moins de 25 ans) ne traduit pas un quelconque désintérêt de leur part, mais plutôt le sentiment qu’ils considèrent que l’enquête ne leur était pas destinée. Leur intérêt pour la revue est, en tout cas, signalé de façon appuyée par des bibliothécaires : « Cette revue est très lue et appréciée au niveau de notre bibliothèque ; heureusement qu’elle existe pour nos étudiants des pays francophones du Sud. » En ce qui concerne les statuts, 46 % des questionnaires ont été remplis par des enseignants-chercheurs, 25 % par des chercheurs, 15 % par des ingénieurs et 6 % par des doctorants ; les autres situations professionnelles (bibliothécaires, consultants…) sont moins représentées.

Pays d’origine

Le Maghreb est la zone géographique qui a le plus répondu à l’enquête avec 45,3 %, suivie par l’Afrique subsaharienne (31,7 %), soit 77 % de réponses provenant des pays du Sud. L’Algérie s’est montrée la plus concernée avec 20,8 %, suivie par la France 18,0 %, le Maroc 12,5 %, la Tunisie 12,0 %. Au vu de ces données, on peut considérer que la revue créée en 1990 par l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) pour offrir aux chercheurs des pays francophones du Sud un cadre leur permettant de publier les résultats de leur recherche, a atteint l’objectif initial fixé.

Affiliation

Plus de la moitié des réponses viennent d’équipes de recherche de 45 universités. Sensiblement un tiers proviennent de 32 centres ou instituts de recherche. Les autres affiliations sont variées : bureaux d’études, agences de développement, Organisations non gouvernementales (ONG), organismes internationaux, ministères, associations, hauts commissariats, parcs nationaux, organismes de mise en valeur… Au total, plus de 90 organismes sont représentés. Cette diversité des affiliations ne peut que valoriser les résultats de l’enquête et évite un biais possible de réponses massives d’un nombre réduit de laboratoires ou de centres.

Édition et diffusion par Internet de l’information scientifique et technique

Ce point était considéré comme crucial dans la perspective du développement de la revue pour la prochaine décennie. Deux objectifs étaient visés :
  • 1. Il fallait s’assurer que le passage de la revue au « tout électronique », en particulier pour la soumission en ligne des propositions d’articles, n’avait pas pénalisé des auteurs potentiels de certains pays du Sud. Sur ce point, les craintes sont apaisées : aucune réponse, aucun commentaire ne fait état de difficultés dues à la transition vers cette modernité éditoriale.
  • 2. Il était tout aussi capital d’améliorer notre connaissance de l’impact de l’Internet sur l’accès et la diffusion de l’information scientifique et technique, en particulier dans les pays du Sud. Le comité de rédaction considère à cet égard que sa mission est double : garantir la production d’une information scientifique de qualité, mais aussi veiller à ce que la revue soit accessible dans des conditions satisfaisantes aux personnes les plus directement concernées.

Débits et lieux de connexion

Pour ce volet de l’enquête, le préalable était de s’informer sur le contexte réel de consultation, en l’occurrence les conditions et les lieux de connexion à Internet.

Sur le premier point, les résultats globaux font apparaître que 52 % des répondants travaillent avec des débits supérieurs à 640 kB et 44 % avec des débits inférieurs à 640 kB, 4 % signalant qu’ils n’ont pas d’accès à Internet. Il s’agit là d’une vision instantanée, celle du dernier trimestre 2009, la situation évoluant fort heureusement à un rythme rapide et dans un sens positif. Une analyse plus détaillée pays par pays indique que pour le Maghreb une liaison sur deux est à haut débit, contre 30 % pour l’Afrique subsaharienne. Cette donnée est naturellement fondamentale lorsqu’il s’agit d’échanger de gros fichiers.

L’autre interrogation concernait les lieux de connexion à l’Internet. L’attention s’est portée principalement sur les pays du Sud : 93 % des répondants ont accès à Internet sur leur lieu de travail et 7 % chez eux (ce qui signifie sans doute qu’ils n’y ont pas accès sur leur lieu de travail). Plus de la moitié des répondants se connectent à l’Internet à la fois chez eux et sur leur lieu de travail. Les connexions par bibliothèque, cybercafé et autres centres payants sont peu citées, pas plus que les campus numériques francophones. Il faut naturellement corréler ce dernier point au peu de réponses provenant d’étudiants et tenir compte du fait qu’une forte majorité des répondants sont des enseignants ou des chercheurs dans la tranche d’âge des 45-60 ans. Une part notable des réponses à l’enquête est d’ailleurs parvenue à des heures… ne correspondant pas à des horaires habituels de travail.

Accès à l’information électronique

Ces conditions pratiques étant précisées, comment l’outil Internet est-il utilisé pour accéder aux revues en ligne en général, et à Sécheresse en particulier ? Cette question sous-tend un point considéré comme fondamental par le comité de rédaction : celui de la recherche bibliographique sur lequel on reviendra plus loin. En 2010, pratiquement tous les périodiques ont une double parution, papier et électronique. La recherche bibliographique à l’époque du « tout papier » était souvent délicate à réaliser au Sud. Qu’en est-il aujourd’hui ?

À la question : « Avez-vous la possibilité de consulter des revues à comité de lecture (format papier ou électronique) », les réponses se répartissent comme suit :

  • format papier : 9 % ;
  • format électronique : 24 % ;
  • format papier et électronique : 58 % ;
  • ni l’un ni l’autre : 9 %.

Ces chiffres mettent bien en évidence la période transitoire actuelle de cohabitation entre format papier et format électronique. L’appropriation de cette nouvelle technique par les chercheurs du Sud est de toute évidence engagée de manière on ne peut plus satisfaisante.

Une question symétrique posée pour notre revue – « Où avez-vous accès à la revue Sécheresse ? » – donne les résultats suivants :

  • accès à la version électronique sur Internet : 45 % ;
  • accès à la version papier sur le lieu d’activité : 46 %.

Ce dernier résultat doit tenir compte de l’importante diffusion subventionnée du format papier de Sécheresse dans les pays du Sud.

Cependant, on ne peut éluder la question du coût. Plus de 85 % des enquêtés du Sud ont répondu à la question « Quel accès avez-vous aux revues électroniques ? ». Une forte majorité (83 %) consulte des revues en libre accès sur Internet, avec, en parallèle, un accès à des revues payantes grâce à des abonnements souscrits sur leur lieu d’activité (24 %) ou par des bibliothèques (14 %). Mais 47 % n’ont pas d’accès à des revues payantes et ne consultent donc que des revues en libre accès sur Internet.

Sur le site Sécheresse1 ont été répertoriées plus de 1 000 revues en ligne où l’on peut trouver des articles ayant un lien avec le développement des zones arides. Tous les grands éditeurs commercialisent en ligne le texte intégral des articles de leur revue à des coûts variables et qui peuvent être prohibitifs. La recherche bibliographique uniquement par cette voie est inévitablement limitée, mais c’est une avancée considérable par rapport à l’époque où la diffusion se faisait uniquement par le format papier.

Or, parallèlement deux organismes du système des Nations unies, ont créé sur Internet des sites – AGORA (Access to Global Online Research in Agriculture) pour la Food and Agriculture Organization (FAO) dans le secteur de l’agriculture, et OARE (Online Access to research in the Environment) pour le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement)dans le secteur de l’environnement. Chaque site favorise pour les chercheurs des pays en développement (PED) l’accès à plus d’un millier de périodiques, dont ceux de tous les grands éditeurs mondiaux. Selon la zone géographique, l’accès est gratuit ou subordonné à une participation financière modeste. Deux champs de notre enquête ont concerné ces programmes ; les réponses sont récapitulées dans le tableau 1.

Cette situation paradoxale d’une offre (FAO, Pnud) et d’une demande (chercheurs du Sud) qui ne se rencontrent pas est plus qu’étonnante. Elle ne devrait logiquement pas perdurer.

En conclusion, les possibilités offertes par l’Internet, en particulier pour la bibliographie – qui est à la base de toute recherche – vont améliorer considérablement l’accès des chercheurs du Sud à l’information scientifique et technique. Le programme Sécheresse va donc accroître dans la prochaine décennie l’utilisation des possibilités d’Internet.

Tableau 1 Connaissance des sites AGORA (FAO) et OARE (Pnud).

AGORA (%)

OARE (%)

Ne connaissent pas le site

66

85

Connaissent mais n’ont pas accès

13

6

Connaissent et ont accès

13

7

Situation par rapport aux publications scientifiques

Données générales

Il était intéressant, pour le comité de rédaction, de connaître de façon relativement détaillée la position des répondants par rapport à la publication scientifique. Les résultats sont éloquents, en ce qu’ils montrent bien qu’il n’y a pas deux communautés fermées – celle des lecteurs d’un côté, celle des auteurs de l’autre. De fait, et sans différence notable selon le pays d’origine, 79,7 % des répondants ont déjà publié au moins un article dans une revue à comité de lecture et 12,6 % – étudiants, doctorants ou jeunes enseignants-chercheurs – cherchent à le faire. Les lecteurs sont donc bien des auteurs en puissance. Il ne reste finalement que 7,7 % des personnes ayant renvoyé le questionnaire qui se disent non concernées par de telles publications ; il s’agit en majorité d’ingénieurs, de techniciens, ou de documentalistes-bibliothécaires.

En ce qui concerne plus précisément la revue Sécheresse, 34,2 % ne lui ont pas encore soumis d’article, alors que 17,9 % envisagent de le faire, que 41,8 % ont publié dans notre revue et que 6,1 % ont soumis un article qui n’a malheureusement pas pu être publié.

Une question complémentaire visait à faire préciser les raisons qui poussent ainsi nos auteurs à publier, étant entendu que plusieurs motifs peuvent se cumuler. Pour quelque 35 % de ceux qui ont publié ou qui envisagent de le faire, les publications s’inscrivent dans le cadre de la préparation d’une thèse. Pour plus de la moitié – exactement 58,3 % – elles font partie du déroulement normal de l’activité professionnelle, tandis que la perspective d’une promotion ou d’un avancement a été mise en avant dans 30 % des cas. Il est un peu surprenant qu’à peine 6 % des répondants fassent état de la nécessité d’avoir publié pour être recrutés, les moins de 40 ans fournissant les deux tiers de ces réponses et la Tunisie étant alors le pays le plus représenté.

Difficultés rencontrées

Éprouver la nécessité de publier est une chose. Être en capacité de le faire en est une autre, et le comité de rédaction attachait une importance toute particulière à cerner les possibilités et les difficultés rencontrées.

La première question qui se posait de ce point de vue, notamment dans la perspective d’une évolution de la revue vers le multilinguisme, était de connaître les langues maîtrisées par les auteurs potentiels. La quasi-totalité des répondants (97,0 %) se considère capable de rédiger un article scientifique en français. L’anglais arrive en deuxième position, avec des disparités non négligeables d’un pays à l’autre : si cette langue est citée dans 79,5 % des réponses venant du Nord, elle n’est mentionnée que par 60,2 % des Maghrébins (Maroc : 74 % ; Algérie : 59 % ; Tunisie : 48 %) et par 54,3 % des ressortissants de l’Afrique au sud du Sahara. Aucune autre langue ne franchit la barre des 10 % (arabe : 9,5 % ; espagnol : 3,0 %…).

Question linguistique mise à part, 44,7 % des réponses exprimées, toutes tranches d’âge confondues et sans gros écart de l’une à l’autre, font état de difficultés pour publier, avec des extrêmes qui s’échelonnent de 54,4 % au Maghreb (62 % en Tunisie, 57 % en Algérie, 43,5 % au Maroc) à 28,6 % dans les pays du Nord. Le Sahel se situe à 48,6 %. Il est à noter que, dans près de 13 % des questionnaires reçus, cette rubrique n’a pas été renseignée, le pourcentage de non-réponses restant à peu près stable quels que soient le pays d’origine, l’âge ou le statut professionnel.

Mais quelles sont les difficultés ainsi rencontrées ? Si certains, notamment parmi les seniors et au Nord, invoquent le manque de temps pour rédiger ou, parmi les plus jeunes et au Sud, l’absence d’un encadrement scientifique efficace, trois réponses reviennent très régulièrement, avec une fréquence sensiblement identique puisqu’on les retrouve dans 10 à 12 % des questionnaires dépouillés :

  • la première fait état d’une maîtrise insuffisante des règles de rédaction d’un article scientifique ; la récente mise en ligne (cf. infra) d’un document pour aider les chercheurs à surmonter leurs difficultés rédactionnelles devrait, dans l’avenir, améliorer les choses ;
  • un deuxième obstacle est lié à l’absence de revues à comité de lecture dans la discipline et la ou les langue(s) du répondant ; cela concerne essentiellement les francophones qui se sont déclarés incapables de rédiger en anglais ; toutefois, une remarque très voisine a été faite par certains chercheurs confirmés, largement multilingues, mais très spécialisés ;
  • enfin, la troisième grosse difficulté rencontrée, cette fois essentiellement par des jeunes, est l’impossibilité d’accéder aux revues susceptibles d’accueillir les articles, quand bien même ces revues existent, mais sans que les raisons de cette impossibilité soient clairement énoncées.

Le manque de moyens techniques et/ou financiers est également évoqué à plusieurs reprises, surtout pour réaliser les illustrations.

Problèmes de documentation

La question a déjà été abordée d’un point de vue très général ; il vaut maintenant la peine de l’affiner en référence à la préparation d’un article scientifique. Les ressources documentaires sont souvent très limitées. Environ 6,4 % des personnes qui ont répondu ont déclaré avoir accès à une seule revue, quel qu’en soit le format – papier ou électronique. Contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, un seul doctorant figure dans cette liste qui rassemble plutôt des ingénieurs ou des consultants isolés (au Sénégal, au Niger ou au Cameroun) et un tout petit nombre d’enseignants-chercheurs en poste dans des universités de petite taille. Avec accès à un nombre de revues compris entre 2 et 5, 41 % des répondants peuvent être considérés comme un peu plus favorisés, sans que leur situation soit satisfaisante. Enfin, 52,6 % ont la possibilité de consulter plus de 5 revues ; c’est le cas de la presque totalité des ressortissants du Nord, ainsi que de la plupart des Tunisiens et des Burkinabè. Malgré de fortes disparités internes, l’Algérie ressort sur ce point comme le pays le plus désavantagé.

Mais, malgré ces ressources documentaires souvent insuffisantes, 62,6 % des répondants, avec des scores beaucoup plus élevés au Nord (91,5 %) qu’au Sud (52,1 %, mais seulement 42,8 % en Algérie), estiment disposer de conditions satisfaisantes pour réaliser leurs recherches bibliographiques. Ce résultat surprend quelque peu le comité de rédaction. Celui-ci dénonce en effet fréquemment, dans les articles soumis, la faiblesse de la bibliographie qui tend à ignorer les références les plus récentes et les publications extérieures au centre de recherche ou à l’université où travaillent les auteurs.

Situation à l’égard de la revue Sécheresse

En ce qui concerne plus précisément la revue Sécheresse, on relève que seuls 68,4 % des répondants y ont accès, la moitié environ d’entre eux ayant la possibilité d’en consulter la version électronique sur Internet et l’autre moitié la version papier sur son lieu de travail ou d’étude. Les deux modes d’accès ne sont guère couplés plus d’une fois sur cinq ou six, au Nord comme au Sud. Moins de 3,5 % ont accès à la version papier par abonnement souscrit à titre individuel (uniquement au Nord).

La question était ensuite posée à ceux dont la structure d’accueil se situe dans un pays du Sud de savoir s’ils souhaitent ou non qu’elle bénéficie d’un abonnement subventionné à la revue Sécheresse. Bien que, pour des raisons non précisées, la rubrique n’ait pas toujours été remplie, on retiendra que plus de 95 % des réponses exprimées sont affirmatives, ce qui ne peut qu’inciter à poursuivre et, dans toute la mesure du possible, à amplifier la politique de subventionnement engagée depuis de longues années.

Commentaires sur la revue Sécheresse

Les 120 commentaires reçus sur la revue peuvent se répartir selon trois grandes rubriques : i) francophonie et zones arides ; ii) relecture et délais de publication ; et iii) indexation et facteur d’impact.

Francophonie et zones arides

Sur ce point, un avis nous semble bien refléter la majorité des opinions exprimées : « [Sécheresse est] un lieu privilégié d’information et d’échanges d’une communauté scientifique très large, éclatée géographiquement mais qui s’identifie et se retrouve (même de façon informelle) grâce à cette revue. » Certaines réponses mettent en avant l’idée d’ouverture ou parlent de fenêtre scientifique très proche de leurs préoccupations. D’autres signalent que la revue a permis à de nombreux chercheurs de prendre confiance en eux, de publier de manière autonome, et se félicitent de sa large diffusion dans les pays du Sud. On relève de très nombreux encouragements à persévérer. Des conseils et suggestions également : « Il faut simplement être très vigilant à ne pas céder à la facilité sur le fond scientifique. Le rôle des ‘reviewers’ est de ce point de vue capital. » Ce souci du maintien de la qualité scientifique est maintes fois exprimé avec des remarques du type : « La revue publie parfois des articles de recherche qui ne sont pas vraiment d’un très bon niveau alors que dans d’autres cas les relecteurs sont très exigeants pour donner leurs acceptations. » Il faut dire que la préservation de la qualité scientifique de la revue est, et demeure, une priorité du comité de rédaction. Plus de 60 % des propositions d’articles sont rejetées pour des raisons soit de forme soit de fond.

Conscient de ce problème et des difficultés rencontrées par nombre d’auteurs, le comité de rédaction a mis en ligne en octobre 2009 un document pour aider les chercheurs à la rédaction scientifique. Il est disponible à l’adresse :

http://www.secheresse.info/rubrique.php3?id_rubrique=2017

Il n’est pas possible de rapporter ici toutes les remarques et suggestions, mais leurs auteurs peuvent être assurés qu’elles seront toutes étudiées par le comité de rédaction. Une réflexion devra par exemple être engagée sur le champ thématique et géographique de la revue, qui a fait l’objet de commentaires parfois contradictoires. En effet, pour certains, il est dommage que Sécheresse « traite des zones arides uniquement », alors que pour d’autres « Il faudrait se recentrer sur la sécheresse » dans cette revue…

Enfin, à propos de la francophonie, s’il est vrai que 5 % des répondants déclarent ne rien en attendre et si 9 % se contenteraient volontiers d’un statu quo, la proposition d’un soutien accru aux revues existantes recueille plus que la majorité absolue des suffrages (55 %). La création de nouvelles revues scientifiques francophones est beaucoup moins plébiscitée (29 %), les autres suggestions restant tout à fait marginales.

Délais de publication

De nombreuses remarques formulées de manière identique déplorent un intervalle excessif entre la soumission d’un article et sa publication. On rappellera que le processus comporte deux phases :
  • d’abord, une phase de relecture/acceptation de l’article. Le comité de rédaction commence par désigner des relecteurs, à qui l’on adresse la proposition d’article. Les relecteurs acceptent ou non cette tâche, leurs réponses sont ensuite envoyées à l’auteur. Plusieurs allers et retours entre la rédaction et l’auteur sont souvent nécessaires. À ce stade, les difficultés proviennent notamment des délais de réponse des relecteurs et… de l’attente du retour des versions corrigées. Il faut souligner la forte implication de nombre de relecteurs qui, afin d’aider de jeunes chercheurs, vont bien au-delà du rôle classique de « reviewers » ;
  • ensuite, une phase de parution/édition : pour des considérations financières, la revue a une pagination prédéterminée qui correspond à 6 ou 7 articles par numéro. Les articles sont donc publiés selon leur ordre d’acceptation et parfois la liste est trop longue… La solution à ce problème passe par la mobilisation de moyens financiers complémentaires. La présente enquête devrait nous aider à susciter l’intérêt de nouveaux partenaires financiers et éditoriaux.

Sur le plan éditorial, une première amélioration consiste en la mise en ligne, désormais opéationnelle, des articles à paraître. Dès qu’un article est définitivement validé, il est dorénavant accessible sur le site de l’éditeur2, repérable par son identifiant unique (DOI, digital object identifier) et citable de ce fait.

Indexation et facteur d’impact

C’est une constante dans les souhaits exprimés. Les demandes d’indexation pour SCOPUS (base de données lancée par l’éditeur scientifique Elsevier) et ISI (Institute for Scientific Information) ont été engagées. Cette nécessité de reconnaissance internationale fait l’unanimité et certains s’étonnent d’ailleurs, au vu de la qualité éditoriale, que cela ne soit pas encore une réalité. Par courrier du 26 janvier 2010, l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES, France) nous a avisés de l’inscription de Sécheresse sur sa « liste de référence ». Les revues classées dans cette liste sont dorénavant considérées par l’AERES comme des « publications de rang A ».

Commentaires sur le site Sécheresse (www.secheresse.info)

Soixante-quatre pour cent des personnes avaient déjà consulté le site et 35 % ne le connaissaient pas. La revue électronique y est la rubrique la plus visitée (34 %). Cette enquête a permis à certains de connaître un site dont ils ignoraient l’existence et qu’ils sont contents de découvrir. Peu de remarques ont été formulées sur son contenu, si ce n’est pour se féliciter de l’abondance et du caractère international de l’information disponible. On ne relève que très peu de suggestions quant à l’évolution du site. L’instrument statistique interne du site montre qu’il est surtout visité par les étudiants (« génération Internet ») et en particulier par ceux qui préparent des mémoires de fin d’études de niveau master ou doctorat. La rubrique « Thèses », qui répertorie près de 5 000 thèses de doctorat du monde entier, rencontre un succès certain. Le site affichera en 2010 plus du million de visites.

Commentaires sur l’enquête

L’appréciation générale sur l’enquête peut être résumée en quelques avis. Elle est jugée « normale », en ce sens qu’il est toujours nécessaire de faire le point, à un moment donné, des activités que l’on mène. Et dans le cas d’espèce, associer les usagers est très pertinent : « C’est une bonne initiative, comme ça vous saurez au moins les problèmes que rencontrent les chercheurs des pays du Sud pour faire paraître leurs travaux de recherche » ; « Merci de nous donner la parole. »

Florilège des autres remarques : « L’idéal serait d’avoir les résultats et de communiquer au lectorat les suites qui lui seront réservées » ; « Elle vient un peu tard » ; « Je ne comprends pas l’objectif réel de l’enquête » ; « Des cas particuliers comme le mien (non chercheur) sont mal couverts »…

Avec comme conclusion : « Bon anniversaire et succès pour notre revue. »

Conclusion

Le comité de rédaction remercie les personnes qui ont répondu à l’enquête et ont manifesté leur intérêt pour la revue, en particulier celles qui nous encouragent à persévérer.

Dans l’éditorial du présent numéro, le recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a indiqué la voie dans laquelle l’AUF souhaitait que la revue s’oriente : faire de Sécheresse une revue généraliste internationale multilingue sur le thème des zones arides. Ainsi que le fait remarquer l’un des répondants, Sécheresse ne peut se confiner à être « une revue écrite par des francophones pour des francophones ». L’action est actuellement engagée dans ce sens et dans le prochain numéro de Sécheresse nous indiquerons la manière dont tout un chacun pourra participer à la réussite de cette nouvelle étape de la vie de la revue. Nous tenons à préciser dès à présent que l’objectif est de rapprocher les communautés anglophones et francophones et non de faire de Sécheresse un média de plus pour les anglophones.

Parallèlement, la mise en place d’un site www.secheresse.info rénové devrait largement favoriser le dialogue direct qui vient d’être engagé entre le comité de rédaction et les lecteurs.

1 à l’adresse : www.secheresse.info/rubrique.php3?id_rubrique=1682

2 à l’adresse : www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/agro_biotech/sec/aop.phtml


 

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