ARTICLE
Auteur(s) : André Kergreis, Jean-Pierre
Besancenot
Rédacteur en chef
À l’occasion du 20e anniversaire de Sécheresse, le
comité de rédaction s’est penché sur les perspectives de la revue
pour la décennie 2010-2020. Il en est ressorti que l’action
prioritaire à engager était une enquête auprès des auteurs et des
lecteurs, personnes concernées au premier chef par l’avenir de la
revue.
Mettant à profit le programme associant la revue papier, la
revue électronique et le site www.secheresse.info, un formulaire
d’enquête a été mis en ligne sur le site et annoncé dans la revue
en octobre 2009.
Les réponses à l’enquête
Les réponses reçues se chiffraient à 266 au 15 décembre 2009.
Certaines, spontanées, faisaient écho aux annonces dans la revue
papier ou sur le site. Elles ont été peu nombreuses mais c’est,
semble-t-il, la loi du genre ! Parallèlement, le comité de
rédaction a lancé une approche plus personnalisée en adressant un
courrier électronique à plus d’un millier de personnes : auteurs,
relecteurs, etc. Certains chercheurs ont ensuite pris le relais et
utilisé leurs propres listes de diffusion pour sensibiliser leurs
collègues à l’enquête.
On note avec satisfaction que la majorité des répondants ne se
sont pas limités à remplir consciencieusement le questionnaire.
Ils ont aussi utilisé largement les rubriques ouvertes pour
exprimer leur opinion et faire des commentaires, souvent détaillés,
sur la revue, le site et l’enquête elle-même.
Au vu de ces résultats, on dispose donc d’une base statistique
suffisante pour tirer des conclusions significatives.
Données globales
Anonymat des réponses
L’anonymat étant proposé, 29 % des répondants ont utilisé cette
opportunité. Cette latitude n’a pas donné lieu à débordements
puisqu’une seule réponse peut être considérée comme « farfelue » et
une autre comme quelque peu agressive et vindicative, sans
toutefois être incorrecte. Ce qui est peu car, parmi les
répondants, plus d’une dizaine ont déclaré qu’au moins une de leurs
propositions d’article avait été rejetée.
Tranches d’âge et statuts
Une forte majorité des répondants – près de 70 % – se situe dans la
tranche d’âge 40-65 ans, et 25 % dans celle des
25-40 ans. Les réponses proviennent donc majoritairement
de personnes clairement engagées dans la vie professionnelle.
Le peu de réponses reçues d’étudiants (moins de 25 ans)
ne traduit pas un quelconque désintérêt de leur part, mais plutôt
le sentiment qu’ils considèrent que l’enquête ne leur était pas
destinée. Leur intérêt pour la revue est, en tout cas, signalé de
façon appuyée par des bibliothécaires : « Cette revue est très lue
et appréciée au niveau de notre bibliothèque ; heureusement qu’elle
existe pour nos étudiants des pays francophones du Sud. » En ce qui
concerne les statuts, 46 % des questionnaires ont été remplis par
des enseignants-chercheurs, 25 % par des chercheurs, 15 % par des
ingénieurs et 6 % par des doctorants ; les autres situations
professionnelles (bibliothécaires, consultants…) sont moins
représentées.
Pays d’origine
Le Maghreb est la zone géographique qui a le plus répondu à
l’enquête avec 45,3 %, suivie par l’Afrique subsaharienne (31,7 %),
soit 77 % de réponses provenant des pays du Sud. L’Algérie s’est
montrée la plus concernée avec 20,8 %, suivie par la France 18,0 %,
le Maroc 12,5 %, la Tunisie 12,0 %. Au vu de ces données, on peut
considérer que la revue créée en 1990 par l’Agence universitaire de
la Francophonie (AUF) pour offrir aux chercheurs des pays
francophones du Sud un cadre leur permettant de publier les
résultats de leur recherche, a atteint l’objectif initial fixé.
Affiliation
Plus de la moitié des réponses viennent d’équipes de recherche de
45 universités. Sensiblement un tiers proviennent de
32 centres ou instituts de recherche. Les autres
affiliations sont variées : bureaux d’études, agences de
développement, Organisations non gouvernementales (ONG), organismes
internationaux, ministères, associations, hauts commissariats,
parcs nationaux, organismes de mise en valeur… Au total, plus de
90 organismes sont représentés. Cette diversité des
affiliations ne peut que valoriser les résultats de l’enquête et
évite un biais possible de réponses massives d’un nombre réduit de
laboratoires ou de centres.
Édition et diffusion par Internet
de l’information scientifique et technique
Ce point était considéré comme crucial dans la perspective du
développement de la revue pour la prochaine décennie. Deux
objectifs étaient visés :
- 1. Il fallait s’assurer que le passage de la revue au «
tout électronique », en particulier pour la soumission en ligne des
propositions d’articles, n’avait pas pénalisé des auteurs
potentiels de certains pays du Sud. Sur ce point, les craintes sont
apaisées : aucune réponse, aucun commentaire ne fait état de
difficultés dues à la transition vers cette modernité
éditoriale.
- 2. Il était tout aussi capital d’améliorer notre
connaissance de l’impact de l’Internet sur l’accès et la diffusion
de l’information scientifique et technique, en particulier dans les
pays du Sud. Le comité de rédaction considère à cet égard que
sa mission est double : garantir la production d’une information
scientifique de qualité, mais aussi veiller à ce que la revue soit
accessible dans des conditions satisfaisantes aux personnes les
plus directement concernées.
Débits et lieux de connexion
Pour ce volet de l’enquête, le préalable était de s’informer sur le
contexte réel de consultation, en l’occurrence les conditions et
les lieux de connexion à Internet.
Sur le premier point, les résultats globaux font apparaître que
52 % des répondants travaillent avec des débits supérieurs à
640 kB et 44 % avec des débits inférieurs à 640 kB, 4 %
signalant qu’ils n’ont pas d’accès à Internet. Il s’agit là
d’une vision instantanée, celle du dernier trimestre 2009, la
situation évoluant fort heureusement à un rythme rapide et dans un
sens positif. Une analyse plus détaillée pays par pays indique que
pour le Maghreb une liaison sur deux est à haut débit, contre 30 %
pour l’Afrique subsaharienne. Cette donnée est naturellement
fondamentale lorsqu’il s’agit d’échanger de gros fichiers.
L’autre interrogation concernait les lieux de connexion à
l’Internet. L’attention s’est portée principalement sur les pays du
Sud : 93 % des répondants ont accès à Internet sur leur lieu de
travail et 7 % chez eux (ce qui signifie sans doute qu’ils n’y ont
pas accès sur leur lieu de travail). Plus de la moitié des
répondants se connectent à l’Internet à la fois chez eux et sur
leur lieu de travail. Les connexions par bibliothèque,
cybercafé et autres centres payants sont peu citées, pas plus que
les campus numériques francophones. Il faut naturellement
corréler ce dernier point au peu de réponses provenant d’étudiants
et tenir compte du fait qu’une forte majorité des répondants sont
des enseignants ou des chercheurs dans la tranche d’âge des
45-60 ans. Une part notable des réponses à l’enquête est
d’ailleurs parvenue à des heures… ne correspondant pas à des
horaires habituels de travail.
Accès à l’information électronique
Ces conditions pratiques étant précisées, comment l’outil Internet
est-il utilisé pour accéder aux revues en ligne en général, et à
Sécheresse en particulier ? Cette question sous-tend un point
considéré comme fondamental par le comité de rédaction : celui de
la recherche bibliographique sur lequel on reviendra plus loin. En
2010, pratiquement tous les périodiques ont une double parution,
papier et électronique. La recherche bibliographique à
l’époque du « tout papier » était souvent délicate à réaliser au
Sud. Qu’en est-il aujourd’hui ?
À la question : « Avez-vous la possibilité de consulter des
revues à comité de lecture (format papier ou électronique) », les
réponses se répartissent comme suit :
- – format papier : 9 % ;
- – format électronique : 24 % ;
- – format papier et électronique : 58 % ;
- – ni l’un ni l’autre : 9 %.
Ces chiffres mettent bien en évidence la période transitoire
actuelle de cohabitation entre format papier et format
électronique. L’appropriation de cette nouvelle technique par les
chercheurs du Sud est de toute évidence engagée de manière on ne
peut plus satisfaisante.
Une question symétrique posée pour notre revue – « Où avez-vous
accès à la revue Sécheresse ? » – donne les résultats suivants
:
- – accès à la version électronique sur Internet : 45 %
;
- – accès à la version papier sur le lieu d’activité : 46
%.
Ce dernier résultat doit tenir compte de l’importante diffusion
subventionnée du format papier de Sécheresse dans les pays du
Sud.
Cependant, on ne peut éluder la question du coût. Plus de 85 %
des enquêtés du Sud ont répondu à la question « Quel accès
avez-vous aux revues électroniques ? ». Une forte majorité (83 %)
consulte des revues en libre accès sur Internet, avec, en
parallèle, un accès à des revues payantes grâce à des abonnements
souscrits sur leur lieu d’activité (24 %) ou par des bibliothèques
(14 %). Mais 47 % n’ont pas d’accès à des revues payantes et ne
consultent donc que des revues en libre accès sur Internet.
Sur le site Sécheresse1 ont été répertoriées plus de
1 000 revues en ligne où l’on peut trouver des articles
ayant un lien avec le développement des zones arides. Tous les
grands éditeurs commercialisent en ligne le texte intégral des
articles de leur revue à des coûts variables et qui peuvent être
prohibitifs. La recherche bibliographique uniquement par cette
voie est inévitablement limitée, mais c’est une avancée
considérable par rapport à l’époque où la diffusion se faisait
uniquement par le format papier.
Or, parallèlement deux organismes du système des Nations unies,
ont créé sur Internet des sites – AGORA (Access to Global Online
Research in Agriculture) pour la Food and Agriculture Organization
(FAO) dans le secteur de l’agriculture, et OARE (Online Access to
research in the Environment) pour le Pnud (Programme des Nations
unies pour le développement)dans le secteur de l’environnement.
Chaque site favorise pour les chercheurs des pays en développement
(PED) l’accès à plus d’un millier de périodiques, dont ceux de tous
les grands éditeurs mondiaux. Selon la zone géographique, l’accès
est gratuit ou subordonné à une participation financière modeste.
Deux champs de notre enquête ont concerné ces programmes ; les
réponses sont récapitulées dans le tableau 1.
Cette situation paradoxale d’une offre (FAO, Pnud) et d’une
demande (chercheurs du Sud) qui ne se rencontrent pas est plus
qu’étonnante. Elle ne devrait logiquement pas perdurer.
En conclusion, les possibilités offertes par l’Internet, en
particulier pour la bibliographie – qui est à la base de toute
recherche – vont améliorer considérablement l’accès des chercheurs
du Sud à l’information scientifique et technique. Le programme
Sécheresse va donc accroître dans la prochaine décennie
l’utilisation des possibilités d’Internet.
Tableau 1 Connaissance des sites AGORA (FAO) et OARE
(Pnud).
|
AGORA (%)
|
OARE (%)
|
|
Ne connaissent pas le site
|
66
|
85
|
|
Connaissent mais n’ont pas accès
|
13
|
6
|
|
Connaissent et ont accès
|
13
|
7
|
Situation par rapport aux publications
scientifiques
Données générales
Il était intéressant, pour le comité de rédaction, de connaître de
façon relativement détaillée la position des répondants par rapport
à la publication scientifique. Les résultats sont éloquents, en ce
qu’ils montrent bien qu’il n’y a pas deux communautés fermées –
celle des lecteurs d’un côté, celle des auteurs de l’autre.
De fait, et sans différence notable selon le pays d’origine,
79,7 % des répondants ont déjà publié au moins un article dans une
revue à comité de lecture et 12,6 % – étudiants, doctorants ou
jeunes enseignants-chercheurs – cherchent à le faire. Les lecteurs
sont donc bien des auteurs en puissance. Il ne reste
finalement que 7,7 % des personnes ayant renvoyé le questionnaire
qui se disent non concernées par de telles publications ; il s’agit
en majorité d’ingénieurs, de techniciens, ou de
documentalistes-bibliothécaires.
En ce qui concerne plus précisément la revue Sécheresse, 34,2 %
ne lui ont pas encore soumis d’article, alors que 17,9 % envisagent
de le faire, que 41,8 % ont publié dans notre revue et que 6,1 %
ont soumis un article qui n’a malheureusement pas pu être
publié.
Une question complémentaire visait à faire préciser les raisons
qui poussent ainsi nos auteurs à publier, étant entendu que
plusieurs motifs peuvent se cumuler. Pour quelque 35 % de ceux qui
ont publié ou qui envisagent de le faire, les publications
s’inscrivent dans le cadre de la préparation d’une thèse. Pour plus
de la moitié – exactement 58,3 % – elles font partie du déroulement
normal de l’activité professionnelle, tandis que la perspective
d’une promotion ou d’un avancement a été mise en avant dans 30 %
des cas. Il est un peu surprenant qu’à peine 6 % des
répondants fassent état de la nécessité d’avoir publié pour être
recrutés, les moins de 40 ans fournissant les deux tiers de
ces réponses et la Tunisie étant alors le pays le plus
représenté.
Difficultés rencontrées
Éprouver la nécessité de publier est une chose. Être en capacité de
le faire en est une autre, et le comité de rédaction attachait une
importance toute particulière à cerner les possibilités et les
difficultés rencontrées.
La première question qui se posait de ce point de vue, notamment
dans la perspective d’une évolution de la revue vers le
multilinguisme, était de connaître les langues maîtrisées par les
auteurs potentiels. La quasi-totalité des répondants (97,0 %)
se considère capable de rédiger un article scientifique en
français. L’anglais arrive en deuxième position, avec des
disparités non négligeables d’un pays à l’autre : si cette langue
est citée dans 79,5 % des réponses venant du Nord, elle n’est
mentionnée que par 60,2 % des Maghrébins (Maroc : 74 % ; Algérie :
59 % ; Tunisie : 48 %) et par 54,3 % des ressortissants de
l’Afrique au sud du Sahara. Aucune autre langue ne franchit la
barre des 10 % (arabe : 9,5 % ; espagnol : 3,0 %…).
Question linguistique mise à part, 44,7 % des réponses
exprimées, toutes tranches d’âge confondues et sans gros écart de
l’une à l’autre, font état de difficultés pour publier, avec des
extrêmes qui s’échelonnent de 54,4 % au Maghreb (62 % en Tunisie,
57 % en Algérie, 43,5 % au Maroc) à 28,6 % dans les pays du Nord.
Le Sahel se situe à 48,6 %. Il est à noter que, dans près
de 13 % des questionnaires reçus, cette rubrique n’a pas été
renseignée, le pourcentage de non-réponses restant à peu près
stable quels que soient le pays d’origine, l’âge ou le statut
professionnel.
Mais quelles sont les difficultés ainsi rencontrées ? Si
certains, notamment parmi les seniors et au Nord, invoquent le
manque de temps pour rédiger ou, parmi les plus jeunes et au Sud,
l’absence d’un encadrement scientifique efficace, trois réponses
reviennent très régulièrement, avec une fréquence sensiblement
identique puisqu’on les retrouve dans 10 à 12 % des
questionnaires dépouillés :
- – la première fait état d’une maîtrise insuffisante des
règles de rédaction d’un article scientifique ; la récente mise en
ligne (cf. infra) d’un document pour aider les chercheurs à
surmonter leurs difficultés rédactionnelles devrait, dans l’avenir,
améliorer les choses ;
- – un deuxième obstacle est lié à l’absence de revues à
comité de lecture dans la discipline et la ou les langue(s) du
répondant ; cela concerne essentiellement les francophones qui se
sont déclarés incapables de rédiger en anglais ; toutefois, une
remarque très voisine a été faite par certains chercheurs
confirmés, largement multilingues, mais très spécialisés ;
- – enfin, la troisième grosse difficulté rencontrée,
cette fois essentiellement par des jeunes, est l’impossibilité
d’accéder aux revues susceptibles d’accueillir les articles, quand
bien même ces revues existent, mais sans que les raisons de cette
impossibilité soient clairement énoncées.
Le manque de moyens techniques et/ou financiers est également
évoqué à plusieurs reprises, surtout pour réaliser les
illustrations.
Problèmes de documentation
La question a déjà été abordée d’un point de vue très général ; il
vaut maintenant la peine de l’affiner en référence à la préparation
d’un article scientifique. Les ressources documentaires sont
souvent très limitées. Environ 6,4 % des personnes qui ont répondu
ont déclaré avoir accès à une seule revue, quel qu’en soit le
format – papier ou électronique. Contrairement à ce que l’on aurait
pu craindre, un seul doctorant figure dans cette liste qui
rassemble plutôt des ingénieurs ou des consultants isolés (au
Sénégal, au Niger ou au Cameroun) et un tout petit nombre
d’enseignants-chercheurs en poste dans des universités de petite
taille. Avec accès à un nombre de revues compris entre 2 et 5,
41 % des répondants peuvent être considérés comme un peu plus
favorisés, sans que leur situation soit satisfaisante. Enfin, 52,6
% ont la possibilité de consulter plus de 5 revues ; c’est le
cas de la presque totalité des ressortissants du Nord, ainsi que de
la plupart des Tunisiens et des Burkinabè. Malgré de fortes
disparités internes, l’Algérie ressort sur ce point comme le pays
le plus désavantagé.
Mais, malgré ces ressources documentaires souvent insuffisantes,
62,6 % des répondants, avec des scores beaucoup plus élevés au Nord
(91,5 %) qu’au Sud (52,1 %, mais seulement 42,8 % en Algérie),
estiment disposer de conditions satisfaisantes pour réaliser leurs
recherches bibliographiques. Ce résultat surprend quelque peu
le comité de rédaction. Celui-ci dénonce en effet fréquemment, dans
les articles soumis, la faiblesse de la bibliographie qui tend à
ignorer les références les plus récentes et les publications
extérieures au centre de recherche ou à l’université où travaillent
les auteurs.
Situation à l’égard de la revue Sécheresse
En ce qui concerne plus précisément la revue Sécheresse, on relève
que seuls 68,4 % des répondants y ont accès, la moitié environ
d’entre eux ayant la possibilité d’en consulter la version
électronique sur Internet et l’autre moitié la version papier sur
son lieu de travail ou d’étude. Les deux modes d’accès ne sont
guère couplés plus d’une fois sur cinq ou six, au Nord comme au
Sud. Moins de 3,5 % ont accès à la version papier par abonnement
souscrit à titre individuel (uniquement au Nord).
La question était ensuite posée à ceux dont la structure
d’accueil se situe dans un pays du Sud de savoir s’ils souhaitent
ou non qu’elle bénéficie d’un abonnement subventionné à la revue
Sécheresse. Bien que, pour des raisons non précisées, la rubrique
n’ait pas toujours été remplie, on retiendra que plus de 95 % des
réponses exprimées sont affirmatives, ce qui ne peut qu’inciter à
poursuivre et, dans toute la mesure du possible, à amplifier la
politique de subventionnement engagée depuis de longues années.
Commentaires sur la revue Sécheresse
Les 120 commentaires reçus sur la revue peuvent se répartir
selon trois grandes rubriques : i) francophonie et zones arides ;
ii) relecture et délais de publication ; et iii) indexation et
facteur d’impact.
Francophonie et zones arides
Sur ce point, un avis nous semble bien refléter la majorité des
opinions exprimées : « [Sécheresse est] un lieu privilégié
d’information et d’échanges d’une communauté scientifique très
large, éclatée géographiquement mais qui s’identifie et se retrouve
(même de façon informelle) grâce à cette revue. » Certaines
réponses mettent en avant l’idée d’ouverture ou parlent de fenêtre
scientifique très proche de leurs préoccupations. D’autres
signalent que la revue a permis à de nombreux chercheurs de prendre
confiance en eux, de publier de manière autonome, et se félicitent
de sa large diffusion dans les pays du Sud. On relève de très
nombreux encouragements à persévérer. Des conseils et
suggestions également : « Il faut simplement être très vigilant à
ne pas céder à la facilité sur le fond scientifique. Le rôle
des ‘reviewers’ est de ce point de vue capital. » Ce souci du
maintien de la qualité scientifique est maintes fois exprimé avec
des remarques du type : « La revue publie parfois des articles de
recherche qui ne sont pas vraiment d’un très bon niveau alors que
dans d’autres cas les relecteurs sont très exigeants pour donner
leurs acceptations. » Il faut dire que la préservation de la
qualité scientifique de la revue est, et demeure, une priorité du
comité de rédaction. Plus de 60 % des propositions d’articles sont
rejetées pour des raisons soit de forme soit de fond.
Conscient de ce problème et des difficultés rencontrées par
nombre d’auteurs, le comité de rédaction a mis en ligne en
octobre 2009 un document pour aider les chercheurs à la
rédaction scientifique. Il est disponible à l’adresse :
http://www.secheresse.info/rubrique.php3?id_rubrique=2017
Il n’est pas possible de rapporter ici toutes les remarques et
suggestions, mais leurs auteurs peuvent être assurés qu’elles
seront toutes étudiées par le comité de rédaction. Une réflexion
devra par exemple être engagée sur le champ thématique et
géographique de la revue, qui a fait l’objet de commentaires
parfois contradictoires. En effet, pour certains, il est dommage
que Sécheresse « traite des zones arides uniquement », alors que
pour d’autres « Il faudrait se recentrer sur la sécheresse » dans
cette revue…
Enfin, à propos de la francophonie, s’il est vrai que 5 % des
répondants déclarent ne rien en attendre et si 9 % se
contenteraient volontiers d’un statu quo, la proposition d’un
soutien accru aux revues existantes recueille plus que la majorité
absolue des suffrages (55 %). La création de nouvelles revues
scientifiques francophones est beaucoup moins plébiscitée (29 %),
les autres suggestions restant tout à fait marginales.
Délais de publication
De nombreuses remarques formulées de manière identique déplorent un
intervalle excessif entre la soumission d’un article et sa
publication. On rappellera que le processus comporte deux phases :
- – d’abord, une phase de relecture/acceptation de
l’article. Le comité de rédaction commence par désigner des
relecteurs, à qui l’on adresse la proposition d’article.
Les relecteurs acceptent ou non cette tâche, leurs réponses
sont ensuite envoyées à l’auteur. Plusieurs allers et retours entre
la rédaction et l’auteur sont souvent nécessaires. À ce stade, les
difficultés proviennent notamment des délais de réponse des
relecteurs et… de l’attente du retour des versions corrigées.
Il faut souligner la forte implication de nombre de relecteurs
qui, afin d’aider de jeunes chercheurs, vont bien au-delà du rôle
classique de « reviewers » ;
- – ensuite, une phase de parution/édition : pour des
considérations financières, la revue a une pagination prédéterminée
qui correspond à 6 ou 7 articles par numéro. Les articles sont
donc publiés selon leur ordre d’acceptation et parfois la liste est
trop longue… La solution à ce problème passe par la
mobilisation de moyens financiers complémentaires. La présente
enquête devrait nous aider à susciter l’intérêt de nouveaux
partenaires financiers et éditoriaux.
Sur le plan éditorial, une première amélioration consiste en la
mise en ligne, désormais opéationnelle, des articles à paraître.
Dès qu’un article est définitivement validé, il est dorénavant
accessible sur le site de l’éditeur2, repérable par son
identifiant unique (DOI, digital object identifier) et citable de
ce fait.
Indexation et facteur d’impact
C’est une constante dans les souhaits exprimés. Les demandes
d’indexation pour SCOPUS (base de données lancée par l’éditeur
scientifique Elsevier) et ISI (Institute for Scientific
Information) ont été engagées. Cette nécessité de reconnaissance
internationale fait l’unanimité et certains s’étonnent d’ailleurs,
au vu de la qualité éditoriale, que cela ne soit pas encore une
réalité. Par courrier du 26 janvier 2010, l’Agence d’évaluation de
la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES, France) nous a
avisés de l’inscription de Sécheresse sur sa « liste de référence
». Les revues classées dans cette liste sont dorénavant considérées
par l’AERES comme des « publications de rang A ».
Commentaires sur le site Sécheresse
(www.secheresse.info)
Soixante-quatre pour cent des personnes avaient déjà consulté le
site et 35 % ne le connaissaient pas. La revue électronique y
est la rubrique la plus visitée (34 %). Cette enquête a permis à
certains de connaître un site dont ils ignoraient l’existence et
qu’ils sont contents de découvrir. Peu de remarques ont été
formulées sur son contenu, si ce n’est pour se féliciter de
l’abondance et du caractère international de l’information
disponible. On ne relève que très peu de suggestions quant à
l’évolution du site. L’instrument statistique interne du site
montre qu’il est surtout visité par les étudiants (« génération
Internet ») et en particulier par ceux qui préparent des mémoires
de fin d’études de niveau master ou doctorat. La rubrique «
Thèses », qui répertorie près de 5 000 thèses de doctorat
du monde entier, rencontre un succès certain. Le site
affichera en 2010 plus du million de visites.
Commentaires sur l’enquête
L’appréciation générale sur l’enquête peut être résumée en quelques
avis. Elle est jugée « normale », en ce sens qu’il est toujours
nécessaire de faire le point, à un moment donné, des activités que
l’on mène. Et dans le cas d’espèce, associer les usagers est très
pertinent : « C’est une bonne initiative, comme ça vous saurez au
moins les problèmes que rencontrent les chercheurs des pays du Sud
pour faire paraître leurs travaux de recherche » ; « Merci de nous
donner la parole. »
Florilège des autres remarques : « L’idéal serait d’avoir les
résultats et de communiquer au lectorat les suites qui lui seront
réservées » ; « Elle vient un peu tard » ; « Je ne comprends pas
l’objectif réel de l’enquête » ; « Des cas particuliers comme le
mien (non chercheur) sont mal couverts »…
Avec comme conclusion : « Bon anniversaire et succès pour notre
revue. »
Conclusion
Le comité de rédaction remercie les personnes qui ont répondu à
l’enquête et ont manifesté leur intérêt pour la revue, en
particulier celles qui nous encouragent à persévérer.
Dans l’éditorial du présent numéro, le recteur de l’Agence
universitaire de la Francophonie (AUF) a indiqué la voie dans
laquelle l’AUF souhaitait que la revue s’oriente : faire de
Sécheresse une revue généraliste internationale multilingue sur le
thème des zones arides. Ainsi que le fait remarquer l’un des
répondants, Sécheresse ne peut se confiner à être « une revue
écrite par des francophones pour des francophones ». L’action est
actuellement engagée dans ce sens et dans le prochain numéro de
Sécheresse nous indiquerons la manière dont tout un chacun pourra
participer à la réussite de cette nouvelle étape de la vie de la
revue. Nous tenons à préciser dès à présent que l’objectif est de
rapprocher les communautés anglophones et francophones et non de
faire de Sécheresse un média de plus pour les anglophones.
Parallèlement, la mise en place d’un site www.secheresse.info
rénové devrait largement favoriser le dialogue direct qui vient
d’être engagé entre le comité de rédaction et les lecteurs.
1 à l’adresse :
www.secheresse.info/rubrique.php3?id_rubrique=1682
2 à l’adresse :
www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/agro_biotech/sec/aop.phtml
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