ARTICLE
Auteur(s) : Bernard Cerquiglini
Recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie Agence
universitaire de la Francophonie 4, place
de la Sorbonne 75005 Paris
Il y a 20 ans dans le cadre de son programme Génie Para
Sécheresse, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) lançait
sa première revue francophone : « Science et changements
planétaires : Sécheresse ». Celle-ci avait pour objectif principal
le soutien aux pays du Sud confrontés à l’aridité, la sécheresse et
la désertification.
L’Agence souhaitait donner aux chercheurs de ces pays la
possibilité de publier dans une langue de communication
internationale les résultats de leurs travaux. L’intérêt de ces
travaux est d’autant plus marqué qu’ils sont en relation directe
avec le développement économique et social.
Dans la phase initiale, on s’est rapidement rendu compte qu’au
lieu de l’ouverture escomptée vers les pays du Sud, Sécheresse
était une revue dont auteurs et lecteurs étaient principalement
dans la Francophonie du Nord. Aussi, en 1992, un programme «
2 000 abonnements subventionnés pour les pays du Sud »
fut-il lancé. Les retombées de cette action se sont rapidement
fait sentir puisque deux années plus tard des propositions
d’articles provenaient à plus de 75 % du Maghreb et de l’Afrique
sahélienne. Les chercheurs du Sud se sont donc progressivement
approprié la revue, ce qui était conforme à l’objectif initial.
Au cours des années 1990, les Nouvelles Technologies de
l’Information et de la Communication (NTIC) et en particulier
l’Internet ont constitué une véritable révolution en matière
d’édition et de diffusion de l’information scientifique et
technique. Il était essentiel que la Francophonie entrât de
plain-pied dans cette modernité éditoriale.
C’est dans ce cadre qu’a été lancé en 2003 un programme
associant la revue papier, la revue électronique et le site
Internet www.secheresse.info. Ces trois vecteurs de
communication complémentaires ont connu un succès certain puisqu’en
2010 le site dépassera le million de visiteurs. Aussi, forte
de ce résultat, l’AUF a décidé pour le premier trimestre de l’année
2010 de moderniser le site et de le rendre plus attractif pour
les étudiants et les chercheurs. Rappelons que ce site a par
exemple répertorié près de 5 000 thèses provenant des
universités du monde entier. Cette volonté d’ouverture sur le
monde, la revue Sécheresse le manifeste également par la parution
chaque année d’un numéro thématique multilingue.
L’enquête menée par le comité de rédaction à la fin de l’année
2009, dont les résultats sont présentés dans ce numéro, indique que
la revue est très appréciée par la communauté francophone
scientifique du Nord comme du Sud. Le souhait exprimé le plus
clairement et le plus fréquemment dans cette enquête est la
nécessité de l’indexation de la revue dans les grandes bases de
données bibliographiques internationales. Cette procédure a été
engagée par l’éditeur John Libbey Eurotext.
Quelles perspectives pour la nouvelle décennie ? Deux
priorités.
La principale demeure celle de la première heure :
permettre aux chercheurs francophones, en particulier du Sud, de
publier les résultats de leurs travaux.
La seconde est un souhait qui transparaît au travers de
l’enquête : faire de Sécheresse une revue internationale
généraliste sur le thème des zones arides. Il n’existe au
niveau mondial que deux autres revues couvrant cette thématique ;
on peut penser que les changements climatiques aidant, le besoin de
publier sur le thème du développement des zones arides qui avait
déjà fortement cru ces dernières années va se poursuivre. L’espace
éditorial est largement ouvert ; la Francophonie doit y prendre sa
place et toute sa place.
Cette seconde priorité ne peut être atteinte en publiant
uniquement des articles en langue française. Il est donc
nécessaire de trouver une solution permettant de concilier le
soutien aux chercheurs francophones et l’ouverture internationale.
On pense alors à une revue multilingue pilotée par la Francophonie
et associant des partenaires scientifiques francophones et non
francophones. La revue largement ouverte sur les zones arides
et semi-arides du monde entier aurait cependant vocation à
s’impliquer plus particulièrement dans l’espace
euro-afro-méditerranéen.
Je souhaite donc que le comité de rédaction de la revue engage
une réflexion en ce sens et fasse à l’Agence universitaire de la
Francophonie des propositions concrètes pour conférer à Sécheresse
le statut de revue généraliste multilingue sur le développement des
zones arides.
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