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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Preliminary study for a restoration of degraded soil in the Sudanian zone of Burkina Faso


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 20, Number 4, 397-400, octobre-novembre-décembre 2009, Sécheresse en ligne, 20 (1e)

DOI : 10.1684/sec.2009.0216

Résumé   Summary  

Author(s) : Jérôme T Yaméogo, Antoine N Somé, Mipro Hien , Laboratoire des systèmes naturels, des agro-systèmes et de l’ingénierie de l’environnement (Sy.N.A.I.E) Institut du développement rural (IDR) Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) BP 1091  Bobo-Dioulasso Burkina Faso.

Summary : This study is a preliminary to the establishment of management techniques, water and soil conservation, protection and restoration of soil in the Sudanian zone (medium yearly rainfall 1,000 mm). The woody resources of the Kou basin bank are undergoing rapid degradation. In order to stop this degradation, a characterization of the soil pedology, a description of the state of soil surface using the “line intercept” method and a complete vegetation inventory have been carried out. The results revealed the existence of four types of soil. The study of elementary surfaces showed that only 40.8% of the area of the site could be conducive to infiltration. The inventory of woody plants shows that the vegetation consists mainly of Caesalpiniaceae, Combretaceae, Rubiaceae, Annonaceae, and Mimosaceae. The evolutionary trend of the woody vegetation has been positive in all the plots, which shows the possibilities of rapid restoration of the site.

Keywords : Burkina Faso, forest dynamics, soil restoration, surface state

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ARTICLE

Auteur(s) : Jérôme T Yaméogo, Antoine N Somé, Mipro Hien

Laboratoire des systèmes naturels, des agro-systèmes et de l’ingénierie de l’environnement (Sy.N.A.I.E) Institut du développement rural (IDR) Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) BP 1091  Bobo-Dioulasso Burkina Faso

La région ouest du Burkina Faso, avec une pluviométrie moyenne de 1 000 mm, enregistre une diminution de son couvert végétal et une dégradation des sols liée à des facteurs d’ordre physique, agroclimatique et anthropique. Le bassin-versant du Kou, site de cette étude, intègre entre autres quatre forêts classées, notamment celle de Dindéresso, du Kou, de Kua et de Kuinima. Situé en amont de la ville de Bobo-Dioulasso et en haut de toposéquence, il constitue un périmètre de protection des ressources en eau potable de ladite ville et devrait par conséquent bénéficier d’une protection urgente, à même d’assurer la pérennisation de cette ressource (eau). Cette étude vise donc à tester in situ et dans des conditions pédoclimatiques du domaine soudanien, des techniques de conservation des eaux et des sols qui pourraient être validées à plus grande échelle pour restaurer le bassin-versant. Pour ce faire, une bonne connaissance des milieux s’impose.

Matériel et méthode

Milieu d’étude

L’étude a été menée à l’ouest du Burkina Faso dans la forêt classée de Kuinima, située au sud de la ville de Bobo-Dioulasso, entre 11° 03’ et 11° 07’ de latitude nord et 04° 19’ et 04° 36’ de longitude ouest. Selon le découpage des zones climatiques réalisé en 1984 [1], la zone d’étude se situe dans le domaine sud-soudanien. Ce dernier est caractérisé par l’alternance de deux saisons fortement contrastées : une saison des pluies, généralement de mai à novembre (7 mois) et une saison sèche de décembre à avril (5 mois).

Méthodes d’étude

Choix du site d’étude

L’état avancé de dégradation physique des sols et de la végétation de la forêt classée de Kuinima a déterminé notre choix. En effet, elle est constituée de plages de sol dénudé qui alternent avec des zones de végétation arbustive (figure 1). Pour y tester les technologies de restauration et de réhabilitation de l’écosystème dans ce dispositif, deux parcelles distantes de 150 m ont été installées :
  • une parcelle à vocation agroforestière (PVAGF), qui associe arbres et cultures annuelles ;
  • une parcelle à vocation forestière (PVF), qui ne porte que des arbres.

La caractérisation biophysique de ces parcelles comprend une description des états de surface et la caractérisation et description de la végétation existante.

Description des états de surface

La caractérisation des états de surface a consisté en une description de profil pédologique et des micro-horizons pelliculaires de surface (MHPS). Dans chaque parcelle, des fosses pédologiques ont été ouvertes ; la profondeur des fosses est dictée par la profondeur d’apparition de la cuirasse. L’observation donne le profil vertical du sol à cet endroit [2].

Pour la description des surfaces élémentaires, la prospection a été faite suivant trois transects de 380 m chacun couvrant le dispositif constitué des deux parcelles expérimentales. Chaque transect part du haut vers le bas de pente.

Deux transects passent par le milieu des sous-parcelles extrêmes et le troisième traverse le dispositif en son milieu.

Pour estimer le recouvrement linéaire de chaque surface élémentaire, la méthode dite line-intercept [3] a été utilisée et la typologie des surfaces élémentaires et des états de surface est faite en se servant d’une clef de détermination modifiée [4].

Caractérisation et description de la végétation existante

Pour décrire et caractériser la végétation ligneuse dans sa physionomie, sa composition et ses tendances évolutives, un inventaire exhaustif a été réalisé en octobre 2007 dans toutes les parcelles. Le diamètre minimal pour recensement a été fixé à 3 cm [5]. Des paramètres tels que le diamètre à 30 cm au-dessus du sol, la hauteur totale, le diamètre moyen du houppier ont été mesurés et des données sur l’état sanitaire des arbres ont été notées.

La similitude de la végétation sur les différents types de sol, comparés deux à deux a été appréciée à l’aide du coefficient de Sorensen (S):

Où C est le nombre d’espèces communes aux deux types de sol et a et b correspondent aux nombres d’espèces recensées respectivement sur chacun d’eux.

Résultats

Étude du sol

La classification de la Commission de pédologie et de cartographie des sols française (CPCS) que nous avons utilisée a permis de mettre en évidence quatre classes de sol :
  • la classe des sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés superficiels (FLIS) ; cette classe représente 25 % des sols du périmètre ;
  • la classe des sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés peu profonds (FLIPP) ; cette classe contribue pour 18,75 % des sols du site ;
  • la classe des sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés moyennement profonds (FLIMP) représente 50 % des sols du périmètre ;
  • la classe des sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés profonds (FLIP) ; cette classe représente 6,25 % des sols du périmètre.

Les surfaces élémentaires

Huit types d’états de surface différents ont été inventoriés sur le site d’étude, avec une prédominance des surfaces couvertes d’herbes (37,5 %), suivies des croûtes de ruissellement (29,4 %) et des croûtes d’érosion (8,8 %). Les surfaces élémentaires les plus faiblement représentées sont les croûtes de dessiccation (2,2 %) et les croûtes grossières (2,4 %).

Caractérisation et description de la végétation existante

Diversité floristique

Les figures 2 et 3 présentent les spectres biologiques de la végétation ligneuse dans les deux parcelles expérimentales (PVAGF et PVF). Dans la PVF, 52 espèces ont été recensées. Elles sont regroupées en 26 familles dont les plus représentées sont les Caesalpiniaceae (52,7 %), les Combretaceae (16,5 %), les Rubiaceae (6,8 %), les Annonaceae (5 %), les Mimosaceae (5 %) et les autres familles (14 %).

Dans la PVAGF, l’inventaire donne 59 espèces appartenant à 22 familles, dont les Caesalpiniaceae (54,7 %), les Combretaceae (17,8 %), les Rubiaceae (8,1 %), les Mimosaceae (5 %), les Annonaceae (5,2 %) sont les plus abondantes (autres familles = 9,2 %).

Discussion

Les états de surface ont une grande influence sur le milieu dans la mesure où ils conditionnent l’hydrodynamique des sols. Les résultats des études relatives aux comportements hydriques des états de surface en Afrique (depuis la zone humide jusqu’à la zone sèche) ont montré que parmi les surfaces élémentaires que nous avons identifiées, deux sont favorables à l’infiltration [6] : les surfaces herbeuses (37,5 %) et les surfaces de placage de termites (chenaux construits par les termites pour se prémunir du soleil pendant leur activité de récolte de nourriture) sous herbes et arbres (3,3 %). Les autres surfaces sont toutes réfractaires à l’infiltration. En effet, le type de sol, son organisation superficielle et sa végétation sont les trois variables qui influent sur l’infiltration des sols. Ainsi, 40,8 % seulement des surfaces du site sont favorables à l’infiltration, ce qui donne une idée sur la dégradation actuelle du milieu (59,2 %). Ces états de surface, en influant sur l’infiltration, conditionnent également le développement de la végétation. En associant les deux parcelles, 71 espèces ligneuses ont été recensées, appartenant à 29 familles (avec les Caesalpiniaceae, les Combretaceae, les Rubiaceae, les Annonaceae, les Mimosaceae comme familles dominantes. Ces familles sont caractéristiques du domaine soudanien [7, 8]. Dans nos parcelles, D. microcarpum Guill. et Perr (46,5 %) est la plus fréquente. Le système racinaire de cette espèce, à la fois pivotant et traçant, favorise l’émission de rejets de souche et de drageons [8]. C’est ce qui justifie sans doute sa prédominance sur nos parcelles expérimentales. La coupe abusive de ligneux dénude le sol, favorisant ainsi l’érosion et le ruissellement. Ces phénomènes décapent la couche arable du sol, tout en l’appauvrissant. Les taux de coupe relativement élevés sont de l’ordre de 16,7 % pour la PVF et 11,8 % pour la PVAGF. Cette coupe de bois est l’œuvre des populations riveraines en quête de bois-énergie et de charbon de bois. Elle constitue la principale activité des femmes pendant la saison sèche. La relation sol/plante se traduit par une localisation préférentielle de bon nombre d’espèces sur divers sols. Cette préférence est plus orientée vers les FLIMP où l’on dénombre 21 espèces exclusives. Les différentes espèces recensées sur les FLIMP ont la plupart pour habitat les savanes soudaniennes à soudano-guinéennes [7]. Le coefficient de similitude de Sorensen qui compare les communautés végétales par rapport aux différents types de sol a révélé une homogénéité moyenne (S > 50 %) dans leur ensemble, sauf entre les relevés des FLIMP et FLIP, où cette valeur est inférieure à 50 %. C’est la preuve d’une sensible variation de la végétation observée dans les différents types de sol. La faible densité des ligneux et leur mauvaise régénération sur la PVF montrent la nécessité de poursuivre cette étude par l’implantation des différents traitements et leur suivi.

Texte intégral à paraître à l’adresse :

http://www.secheresse.info/article.php3?id_article=9663

Remerciements

Ce travail s’inscrit dans les activités du projet SUN (Sustainable use of natural ressources in West Africa). Nos remerciements s’adressent au Dr Anne Mette Lykke et au Pr Thiombiano Adjima pour leur soutien multiforme.

Références

1 Guinko S. Végétation de la Haute-Volta. Thèse de doctorat ès-sciences naturelles, université Bordeaux III, Tome 1, 1984.

2 Ruellan A, Dosso M. Regard sur le sol. Paris : UREF; Faucher, 1993.

3 Mando A. L’impact de l’activité des termites sur la dégradation de la biomasse végétale et quelques propriétés physiques des sols dégradés : étude menée à Zanamogo (Province du Bam Burkina Faso). Mémoire de fin d’étude, Institut du développement rural (IDR), université de Ouagadougou (UO), 1991.

4 Casenave A, Valentin C. Les états de surface de la zone sahélienne. Influence sur l’infiltration. Collection didactique, Orstom. Paris : Orstom éditions, 1989.

5 Ganaba S. Impact des aménagements de conservation des eaux et des sols sur la régénération des ressources ligneuses en zone sahélienne et nord soudanienne du Burkina Faso. VertigO 2005 ; 6 : 126-14O.

6 Arbonier M. Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d’Afrique de l’Ouest. 3e édition. Versailles: éditions Quae, 2008.

7 Sambou B. Évaluation de l’état, de la dynamique et des tendances évolutives de la flore et de la végétation ligneuse dans les domaines soudaniens et subguinéens au Sénégal. Thèse d’état ès sciences naturelles. université Cheikh Anta Diop (Ucad), 2004.

8 Ouedraogo A. L’effet de la coupe de Detarium microcarpum Guill. et Perr. sur la régénération de la végétation dans la forêt classée de Nazinon. Mémoire de fin d’étude, Eaux et Forêts, IDR. UPB, 1997.


 

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