Home > Journals > Agronomy et biotechnology > Science et changements planétaires / Sécheresse > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
Science et changements planétaires / Sécheresse
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Pay-per-view articles
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Optimising the use of purified wastewaters to irrigate fast-growing forest species for fuelwood and fodder production in Niger


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 20, Number 4, 367-72, octobre-novembre-décembre 2009, Article de recherche

DOI : 10.1684/sec.2009.0207

Résumé   Summary  

Author(s) : Mahamane Sani Laouali, Sanoussi Atta, Harouna Abdoulaye, Zoubeyrou Alzouma, Germaine Ibro, Dahiratou Marafa, Mamane Saadou , Université Abdou Moumouni Faculté des sciences Département de chimie 10662 Niamey Niger, AGHRYMET Centre régional AGRHYMET BP 11011 Niamey Niger, Inran BP 429 Niamey Niger, École normale supérieure BP 10963 Niamey Niger.

Summary : A wastewater station with a capacity of 60 m 3 per day was built at the experimental site of the Faculty of Sciences, University of Niamey, in order to treat and optimise wastewater from the student city to produce fuelwood and fodder. The wastewater was purified using the naturally aerated lagoon system followed by filtration through a bed of gravel. The results indicated that purified wastewaters were free of heavy metals. Furthermore, they had a mean concentration of 32 mg/L of suspended matter, 45 mg/L of ammoniacal nitrogen and 7.2 of orthophosphates. In addition an abatement of 4.5 log units for fecal coliforms was recorded. We studied fuelwood and fodder yields for three forest species (Acacia angustissima, Acacia crassicarpa and Gliricidia sepium) irrigated with the wastewaters. Yields were measure after a two-year period and then three months after the first pruning. After the 2-year growth, fodder yields were approximately 1,655 kg of dry matter/ha, 2,630 kg/ha, and 9,200 kg/ha and corresponding fuelwood yields of 48 steres, 76 steres and 80 steres for G. sepium, A. angustissima and A. crassicarpa, respectively. The second pruning was carried out three months after the first and produced 1,015 kg of dry matter/ha, 2,455 kg/ha and 2,950 kg/ha for A. angustissima, G. sepium and A. crassicarpa with 8.92 steres, 12.94 steres and 6.96 steres respectively in terms of fuelwood.

Keywords : fuelwood, fodder, wastewater

Pictures

ARTICLE

Auteur(s) : Mahamane Sani Laouali1, Sanoussi Atta2, Harouna Abdoulaye1, Zoubeyrou Alzouma1, Germaine Ibro3, Dahiratou Marafa1,4, Mamane Saadou1

1Université Abdou Moumouni Faculté des sciences Département de chimie 10662 Niamey Niger
2AGHRYMET Centre régional AGRHYMET BP 11011 Niamey Niger
3Inran BP 429 Niamey Niger
4École normale supérieure BP 10963 Niamey Niger

Au Niger, le bois-énergie constitue plus de 90 % de la consommation énergétique des ménages [1]. Le niveau de consommation en bois est particulièrement élevé dans les villes où l’accélération du processus d’urbanisation a engendré une surexploitation des ressources forestières. C’est ainsi que la consommation en bois-énergie de la ville de Niamey, qui avait une population de 750 000 habitants en 2001, était estimée à environ 200 000 tonnes [2]. L’approvisionnement en bois-énergie et en bois d’œuvre, qui se limitait dans les années 1960 à la collecte individuelle du bois mort à proximité des habitations, nécessite actuellement des parcours de plusieurs dizaines de kilomètres en zones rurales et de plus de 100 kilomètres en zones urbaines [3]. Face à cette pression constante sur les écosystèmes de plus en plus fragilisés, il est unanimement reconnu et accepté que le devenir des forêts nigériennes est conditionné par les capacités techniques, matérielles et humaines de l’État à susciter, organiser et animer leur gestion durable par les populations locales et les collectivités territoriales. C’est ainsi que de nombreuses solutions sont envisagées à travers une approche intégrée afin de réduire l’abattage des arbres, freiner l’avancée du désert et régénérer les ressources forestières. C’est dans ce cadre que la valorisation des eaux usées pour l’irrigation des essences forestières peut constituer une proposition intéressante pour un pays comme le Niger. En effet, l’utilisation des eaux usées pour l’irrigation des espèces forestières à croissance rapide permettra de produire du bois de chauffe et/ou du fourrage à tout moment et en divers endroits avec par ailleurs une économie substantielle d’eau pour ce pays sahélien où la pluviosité est très aléatoire. Ce qui contribuera à préserver de façon durable le potentiel ligneux du pays au profit des générations futures.

Plusieurs études menées par des chercheurs de différents pays, ont montré que l’irrigation à l’aide des eaux usées améliore de façon significative la croissance de la biomasse ligneuse. Le gain en croissance des plantes arrosées avec les eaux usées peut, dans certains cas, dépasser de deux à trois fois celui des plantes ayant reçu les eaux naturelles [4]. Cependant l’utilisation des eaux usées, même épurées, présente toujours un certain nombre de risques pour les hommes et pour l’environnement. Pour assurer une sécurité totale, un certain nombre de précautions doivent être prises, dont, entre autres :

  • un choix judicieux d’une technique d’épuration des eaux usées ;
  • une sélection de techniques d’arrosage convenables ;
  • une utilisation d’espèces végétales appropriées.

L’objectif de cette expérimentation est d’étudier les avantages de l’utilisation des eaux épurées pour la production du bois de chauffe et du fourrage au Sahel à partir d’une technique efficace d’épuration, une méthode fiable d’arrosage et des espèces végétales à croissance rapide. Nous présentons les résultats obtenus après 32 mois d’expérimentation étalés de mars 2005 à octobre 2007.

Matériel et méthode

L’essai a été réalisé sur le site expérimental de la faculté des sciences de l’université Abdou Moumouni de Niamey. Les eaux usées utilisées proviennent de la résidence des étudiants ; il s’agit donc d’eaux usées essentiellement domestiques.

Traitement des eaux usées

Les eaux usées ont été épurées par la technique du lagunage naturel suivie d’une filtration par lit de gravier. C’est une technique qui a fait ses preuves au Niger et qui a permis de réduire jusqu’à 99 % les germes de contamination fécale contenus dans les eaux usées [5]. En outre, elle permet de produire des eaux épurées, très riches en éléments fertilisants susceptibles d’accélérer la croissance des plantes.

L’épuration des eaux usées est assurée par une station composée de trois bassins :

– un décanteur-digesteur primaire en forme de trapèze, d’une profondeur de 3 m pour 10 m de long et 5 m de large. Les parois du bassin forment une pente de 45° par rapport à la verticale ; ce qui permet une bonne répartition des effluents dans le bassin et limite les zones mortes ;

  • un bassin facultatif avec des parois verticales, d’une profondeur de 1 m pour 7 m de long et 4 m de large ;
  • un bassin tertiaire en forme de trapèze, de 3 m de profondeur pour 30 m de long et 10 m de large. La surface du plan d’eau est d’environ 250 m2. Les parois de ce bassin forment un angle de 45° par rapport à la verticale. Le bassin est rempli au 2/3 de gravier sur une hauteur de 2 m. Une lame d’eau de 50 cm en moyenne est toujours maintenue au-dessus du gravier.

La station d’épuration est alimentée à raison de 60 m3 d’eaux usées par jour.

Matériel végétal

Il est composé de trois espèces de légumineuses tropicales à croissance rapide, choisies pour leur aptitude à la production du bois et du fourrage. Il s’agit d’Acacia angustissima, d’Acacia crassicarpa et de Gliricidia sepium. Les semences de ces trois espèces proviennent de la société AgroForester Tropical Seeds1.

Les espèces ont d’abord crû en pépinière avant d’être plantées.

Mise en place de la pépinière

Les semences des trois espèces d’arbres ont été désinfectées à l’alcool à 90°, puis rincées à l’eau stérilisée. Elles ont ensuite séjourné dans l’acide sulfurique concentré pendant respectivement 5 minutes (G. sepium) et 30 minutes (A. angustissima et A. crassicarpa) avant d’être rincées à l’eau distillée. Puis 100 graines par espèce ont été mises en germination sur support buvard dans des boîtes de Pétri contenant de l’eau distillée, à raison de 10 graines par boîte. La germination est intervenue au bout de 2 jours pour l’ensemble des espèces. Les jeunes plants ont ensuite été transférés dans des pots noirs en plastique de 2 litres, le 30 mars 2005, puis arrosées avec de l’eau usée épurée. La dose d’irrigation était de 2 litres/pot/jour fractionnés le matin et l’après-midi.

Le sol de la pépinière était constitué de sable tamisé provenant du site expérimental de la faculté des sciences mélangé au fumier dans les proportions de 10/1. Ce sol a ensuite été réparti dans les pots disposés sur des palettes en bois afin d’être isolés du sol (figure 1).

Mise en place de la plantation

Après deux mois de croissance en pépinière, les arbres ont été plantés sur le site expérimental de la faculté des sciences, le 25 mai 2005. Pour chaque espèce d’arbres, 4 rangées de 4 arbres ont été plantées. La densité de plantation était de 1 mètre entre les lignes et de 2 mètres entre les arbres sur la même ligne, soit 50 000 arbres à l’hectare.

L’alimentation en eau de la plantation a été réalisée avec des eaux usées épurées à travers un système d’irrigation de type goutte à goutte. Ce système offre l’avantage d’une irrigation localisée et limite les contacts avec les hommes. Les orifices du tuyau d’irrigation sont régulièrement espacés de 20 centimètres. Les eaux usées épurées sont aspirées par une pompe commandée par une électrovanne puis envoyées dans une rampe principale. Les tuyaux goutte à goutte sont disposés le long des lignes d’arbres perpendiculairement à la rampe. La dose d’irrigation était de 6 litres d’eau/arbre/jour pendant toute la durée de l’expérimentation. Cependant, cette dose a été doublée pendant la période de mars à avril correspondant aux fortes chaleurs.

Méthodes d’étude

Prélèvement et analyse des eaux usées

Les résultats sur les paramètres physico-chimiques des eaux usées, proviennent des analyses effectuées sur des prélèvements réalisés une fois toutes les deux semaines à l’entrée et à la sortie de la station d’épuration. Concernant les paramètres microbiologiques, les prélèvements sont réalisés une fois tous les deux mois. Toutes les analyses sont faites selon les spécifications de la norme française Afnor [6]. Les prélèvements sont réalisés de façon instantanée dans des flacons en plastique et conservés au frais jusqu’au moment des analyses. Le tableau 1 donne les caractéristiques des eaux à l’entrée et à la sortie de la station d’épuration.

Tableau 1 Caractéristiques des eaux usées à l’entrée et à la sortie de la station d’épuration.

Paramètres mesurés

Eaux usées brutes

Eaux usées épurées

Demande biochimique en oxygène (DBO5 : mg/L)

378

75

Demande chimique en oxygène (DCO : mg/L)

768

108

Matières en suspension (MES : mg/L)

426

32

Azote Kjeldhal (NTK : mg/L)

104

64

Azote ammoniacal (NH4+ : mg/L)

68

45

Orthophosphates (PO43- : mg/L)

8,6

7,2

Nitrates (NO3- : mg/L)

1,4

2,6

Nitrite (NO2- : mg/L)

0,3

1,08

Calcium (Ca2+ : mg/L)

65

48

Magnésium (Mg2+ : mg/L)

28

13

Sodium (Na+ : mg/L)

114

86

Potassium (K+ : mg/L)

32

24

Cr (Cr : mg/L)

< 0,008

< 0,008

Cadmium (Cd2+ mg/L)

< 0,02

< 0,002

Coliformes totaux (UFC/100 mL)

6,8.107

1,3.103

PH

7,62

8,02

Mesures de la croissance et de la production des arbres

Après plantation, des mesures mensuelles du diamètre et de la hauteur de chaque arbre ont été réalisées pendant une année, de juin 2005 à mai 2006.

Dans le but de déterminer la production du bois et du fourrage des différentes espèces plantées, les arbres ont été coupés à 0,5 mètre au-dessus du sol, le 11 juillet 2007. Après un temps de séchage de 14 jours au soleil, la matière sèche des feuilles et du bois de chaque arbre a été déterminée. Le volume du bois en stères (mètres cubes) a aussi été estimé sur la base de l’équivalence 1 stère = 250 kg.

Une seconde coupe est intervenue 3 mois après la première, afin de mesurer la capacité de régénération en bois et en fourrage des trois espèces d’arbres.

Résultats et discussion

Fonctionnement et performances du système de traitement des eaux usées

Élimination des matières en suspension (MES)

De l’entrée à la sortie des effluents, 92,5 % des MES ont été éliminés, ce qui est bien au-delà des valeurs fixées par les directives européennes 91/271/CEE relatives au traitement des eaux usées urbaines2. La concentration moyenne en MES des eaux épurées est de 32 mg/L. L’eau est très limpide et ne présente aucun risque de colmatage pour le système d’irrigation et du sol.

Une part très importante des matières en suspension est éliminée dans le premier bassin, avec en moyenne 42 % d’abattement. Ce bassin est caractérisé par une formation de croûte à la surface, d’où la nécessité de le racler périodiquement. Ce phénomène indique que le bassin joue bien son rôle de décanteur-digesteur où la matière organique en suspension est éliminée au fond du bassin par précipitation. Une partie de cette matière organique est décomposée par voie anaérobie. Le gaz ainsi produit entraîne en surface une partie de la matière décantée. Des résultats analogues ont été observés par Charbonnel [7].

Le bassin de filtration est constitué d’une lame d’eau d’environ 50 centimètres au-dessus d’un lit de gravier de 2 mètres d’épaisseur. Des lentilles d’eau se sont naturellement développées sur environ la moitié de la surface, ce qui a pour effet de limiter la prolifération du phytoplancton, source principale de colmatage de ce type de système.

Élimination de la demande chimique en oxygène (DCO) et de la demande biochimique en oxygène (DBO5)

Le tableau 1 indique 86 % d’abattement moyen sur la DCO et 80 % sur la DBO5. Or les directives européennes fixent les normes à 75 % de réduction minimum de la DCO, ce qui montre que le système est performant pour l’élimination de la matière organique malgré la forte charge appliquée à l’entrée.

Élimination de l’azote et du phosphore

Contrairement à la pollution organique, l’abattement sur les composés azotés et phosphorés est relativement faible : 34 % sur l’azote ammoniacal et seulement 16 % sur les orthophosphates, valeurs qui se situent en dessous des normes fixées par les directives européennes. Lorsque les effluents sont rejetés dans les cours d’eau, la réduction de l’azote et du phosphore est d’une importance capitale pour éviter le phénomène d’eutrophisation. Mais dans notre cas, où les effluents sont destinés à l’irrigation, la présence de l’azote ammoniacal et du phosphore constitue une source importante d’engrais, directement utilisable par les plantes. Notre système peut donc être un bon exemple de configuration de station d’épuration des eaux usées destinées à être utilisées pour l’irrigation des plantes.

Abattement des germes de contamination fécale

L’abattement en coliformes fécaux est en moyenne de 4,5 unités logarithmes. Ce résultat est intermédiaire entre celui obtenu par Koné à Ouagadougou au Burkina Faso [8] et Niang à Dakar au Sénégal [9]. Les eaux épurées à la sortie de notre système sont caractérisées par une valeur moyenne en coliformes fécaux de 1,3.103 pour 100 mL. Ces résultats répondent bien aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui préconisent la valeur de 2.103 pour l’irrigation restrictive.

Bien que les eaux épurées n’aient pas été utilisées pour l’arrosage des plantes destinées à l’alimentation humaine, nous avons tenu à effectuer un contrôle de métaux lourds (chrome et cadmium). Le tableau 1 montre que nos effluents en sont exempts.

Croissance et production des espèces

Croissance en diamètre et en hauteur

Les figures 2 et 3 montrent l’évolution mensuelle de la croissance respectivement en diamètre et en hauteur des trois espèces d’arbres au cours d’une année. Les résultats indiquent des différences significatives au niveau de la croissance en diamètre des trois espèces. C’est ainsi qu’au cours des quatre premiers mois de mesure, la plus forte croissance en diamètre a été enregistrée chez Gliricidia sepium : environ 6 mm en septembre (figure 2). Les deux autres espèces ont une croissance en diamètre identique, mais nettement plus faible, de l’ordre de 4 mm. À partir du mois d’octobre, il n’existe pas de différences significatives du diamètre des arbres de Gliricidia sepium et de ceux de A. crassicarpa qui varie de 7 mm en octobre à 22 mm en février. Le diamètre des arbres de A. angustissima subit une croissance plus faible pendant cette période : de 5 à 14,6 mm. À partir du mois de mars, A. crassicarpa enregistre la plus forte croissance en diamètre et Gliricidia, la plus faible. A angustisima est intermédiaire. Au bout de 12 mois de croissance, le diamètre moyen au collet des arbres était respectivement de 37,61, 22,94 et 30,75 mm.

Des différences importantes existent également entre les trois espèces au niveau de la croissance en hauteur des arbres (figure 3). Cependant cette croissance s’effectue différemment par rapport à ce qui a été précédemment observé pour le diamètre. C’est ainsi que les arbres de A. angustissima qui ont le plus petit diamètre pendant toute la période de mesure sont en revanche de plus haute taille. Leur hauteur est passée de 23,7 à 209 centimètres en une année. Les arbres de Gliricidia sepium sont de plus petite taille, avec une hauteur qui a varié de 25,23 à 182,4 centimètres. Ceux de A. crassicarpa, qui ont le plus fort diamètre, ont cependant une hauteur intermédiaire. L’augmentation de la hauteur des arbres est particulièrement importante à partir du septième mois pour l’ensemble des trois espèces étudiées (figure 4). C’est ainsi qu’on a observé un triplement de cette hauteur au cours des cinq derniers mois de l’année (figure 3).

Production en fourrage et en bois

Au bout de 2 ans de croissance, les arbres ont été coupés à une hauteur de 0,5 mètre au-dessus du sol afin de déterminer leur production en bois et fourrage. Le tableau 2 donne les rendements obtenus après la coupe. Les résultats indiquent des différences significatives de rendement aussi bien en fourrage qu’en bois entre les trois espèces. Acacia crassicarpa a produit le rendement en fourrage le plus élevé, 9 200 kg de matière sèche (MS)/ha. Le plus faible rendement (1 655 kg de MS/ha) a été enregistré chez G. sepium. Quant à Acacia angustissima, il a un rendement intermédiaire de 2 630 kg de MS/ha. La quantité de bois produite par les trois espèces d’arbres semble être liée à celle du fourrage. C’est ainsi que A. crassicarpa et A. angustissima qui ont produit les meilleurs rendements en fourrage ont également donné les rendements en bois les plus élevés, respectivement 19 900 kg/ha et 18 900 kg/ha. Estimées en volume, ces quantités correspondent respectivement à 80 stères/ha et 76 stères/ha. Gliricidia sepium a produit le plus faible rendement en bois, 12 100 kg/ha, soit 48 stères/ha.

Trois mois après cette coupe, une seconde coupe a été réalisée afin de mesurer la capacité de régénération en bois et en fourrage des trois espèces. Les résultats montrent que les quantités produites, qui varient suivant les espèces, sont très importantes (tableau 2). C’est ainsi que le meilleur rendement en fourrage (2 950 kg de MS/ha) a été obtenu chez A. crassicarpa, et le plus faible (1 015 kg de MS/ha) chez A. angustissima. Avec un rendement de 2 455 kg de MS/ha, Gliricida sepium occupe une position intermédiaire. Des variations existent également entre espèces pour le rendement en bois. En effet, ce rendement varie pratiquement du simple (1 740 kg/ha correspondant à 6,96 stères/ha pour A. crassicarpa) au double (3 235 kg/ha correspondant à 12,94 stères/ha pour G. sepium). Acacia angustissima a enregistré un rendement en bois intermédiaire de 2 230 kg/ha (8,92 stères/ha). On observe que pour A. crassicarpa, il n’y a pas de correspondance entre la quantité de fourrage produite (2 950 kg de MS/ha) et celle de bois (6,96 stères/ha). En effet, l’arbre a réagi à la première coupe en émettant une touffe de petites branches portant de nombreuses feuilles, contribuant ainsi à une production importante de fourrage.

Tableau 2 Rendement en fourrage et en bois des trois espèces de légumineuses après deux coupes successives.

Espèces

Coupe 1 : après 2 ans de plantation

Coupe 2 : réalisée 3 mois après coupe 1

MS fourrages (kg/ha)

MS bois (kg/ha)[ stères/ha]

MS fourrages (kg/ha)

MS bois (kg/ha) [stères/ha]

A. angustissima

2 630

18 900 [76]

1 015

2 230 [8, 92]

A. crassicarpa

9 200

19 900 [80]

2 950

1 740 [6, 96]

G. sepium

1 655

12 100 [48]

2 455

3 235 [12, 94]

Conclusion

Dans le contexte actuel du Niger, la réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation des plantes destinées à la production du bois d’énergie et du fourrage constitue une bonne opportunité. En effet, le Niger est caractérisé par des sécheresses récurrentes un taux d’accroissement de la population très élevé, avec pour conséquence une pression accrue sur les ressources forestières afin de satisfaire les besoins énergétiques des ménages. Les eaux usées produites dans nos grandes villes constituent à n’en point douter une ressource intéressante aussi bien dans l’atténuation du déficit hydrique que dans l’apport en éléments nutritifs directement assimilables par les plantes. Mais la réutilisation de ces eaux usées doit être effectuée nécessairement avec des effluents dont la qualité physico-chimique et microbiologique est en adéquation avec l’usage. Le procédé d’épuration que nous avons utilisé constitue une alternative efficace pour le traitement des eaux usées destinées à l’irrigation dans les pays du Sahel. Il permet d’obtenir des effluents dont les qualités répondent aux normes exigées pour cet usage, minimisant ainsi les risques sanitaires.

Les trois espèces que nous avons testées aux cours de notre expérience, à savoir A. angustissima, A. crassicarpa et G. sepium, ont bien répondu à l’arrosage par les eaux traitées. Elles ont permis une production très significative de bois et du fourrage. Mais nous avons remarqué qu’en termes de rendement, la production du bois n’est pas liée à celle du fourrage. La première coupe peut intervenir un an après la plantation et les autres coupes à des intervalles de deux à trois mois.

Remerciements

Nous remercions la CEE pour le financement de cette étude dans le cadre du projet INCO-DC, UBENEFIT (ICA4-CT-2002-10017).

Références

1 Alio H. État des lieux de la stratégie énergie domestique au Niger. Document de consultation. Sl : PREDAS-CILSS, 2004.

2 Seybou Y. Diagnostic du secteur bois-énergie. Étude sur la stratégie nationale des énergies domestiques. Document de consultation. Sl : Cima International, 2005.

3 Laouali EM. Le bois-énergie au Niger : connaissances actuelles et tendances. www.fao.org/DOCREP/004/X6798F/X6798F00.HTM

4 Laouali G, Delisle CE, Vincent G. Étude préliminaire de la réutilisation des eaux usées pour l’arrosage des pépinières au Niger. Sécheresse 1995 ; 6 : 201-5.

5 Laouali MS, Idder T, Seidel M, Koulidiati J, Legma JB. Épuration des eaux usées urbaines par lagunages à microphytes et à macrophytes en région tropicale : la station expérimentale de Niamey-Niger. Tribune de l’eau 2005 ; 58 : 23-8.

6 Afnor. Eaux : méthodes d’essais ; recueil de normes françaises. Paris : Afnor, 1990.

7 Charbonnel Y. Manuel de lagunage à macrophytes en régions tropicales. Paris : ACCT, 1989.

8 Koné D, Cissé G, Seignez C, Holliger C. Le lagunage à laitue d’eau (Pistia stratiotes) à Ouagaougou : une alternative pour l’épuration des eaux usées destinées à l’irrigation. Cah Agric 2002 ; 11 : 39-43.

9 Niang S, Diop BS. Mbéguéré Mb, Radoux M. Épuration des eaux usées urbaines par des techniques extensives en région sahélienne : la station expérimentale de Cambérenne. Vecteur Environnement 1996 ; 28 : 31-6.

1 P.O Box 428, Holualoa, H196725 États-Unis.

2 Normes européennes : www.eurpa.eu.int/water/water urbanwaste/index_en.html


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]