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Groundwater salinization and vulnerability of coastal resources to climate change: Coastal plain of Saïdia, Morocco


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 20, Number 2, 223-31, avril-mai-juin 2009, Article de recherche

DOI : 10.1684/sec.2009.0183

Résumé   Summary  

Author(s) : Abderrahmane Melloul, Mimoun Boughriba, Mohammed Boufaida , UFR, développement des géosciences appliquées aux ressources en eaux, laboratoire de géologie appliquée, hydrogéologie et environnement Faculté des sciences BP 524 Oujda Maroc, Département de biologie et agroalimentaire Faculté des sciences et techniques Settat Maroc.

Summary : Pollution constitutes a permanent risk of ground water resource limitation. Increasing urbanization and economic development contribute to quantitative and qualitative ground water deterioration. The protection and the preservation of these resources are top priority necessities, particularly in arid zones where ground water constitutes the main hydraulic source. Hence, the cartography of environmental vulnerability to pollution of aquifers was considered as an efficient tool to limit and control quality degradation risks of these waters. The Geographical Information Systems represent the best method to solve the main problems in the vulnerability survey. Indeed, they facilitate the superposition of maps from different sources and the interpolation of punctual data. This methodology is applied to the water table of Saidia. The constructed map of vulnerability shows five classes of vulnerability: very weak, weak, average, elevated and highly elevated.

Keywords : DRASTIC, electrical sounding, GIS, salinization, vulnerability

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ARTICLE

Auteur(s) : Abderrahmane Melloul1, Mimoun Boughriba1, Mohammed Boufaida2

1UFR, développement des géosciences appliquées aux ressources en eaux, laboratoire de géologie appliquée, hydrogéologie et environnement Faculté des sciences BP 524 Oujda Maroc
2Département de biologie et agroalimentaire Faculté des sciences et techniques Settat Maroc

La salinisation est l’une des problématiques les plus importantes en termes de dégradation des eaux souterraines. Celle-ci peut avoir une origine naturelle (géologique) et/ou anthropique (activité humaine). Pour déterminer l’extension spatiale de cette salinisation, nous avons utilisé deux méthodes complémentaires.

La première est basée sur une mesure indirecte de la résistivité apparente de l’aquifère saturé en eau, par application de sondages géoélectriques. La seconde méthode est basée sur une analyse chimique de l’eau échantillonnée pour déterminer les différents faciès d’eau qui peuvent indiquer les différents processus responsables de phénomènes de salinisation.

Dans l’optique de la gestion des risques naturels et anthropiques, les systèmes d’informations géographiques (SIG) apportent des informations localisées et objectives irremplaçables, c’est pourquoi ils comptent parmi les nouvelles techniques informatiques destinées au domaine de prévision et d’intervention. Dans un premier temps, ils permettent de gérer une multitude d’informations de tous types, de les mettre à jour, d’optimiser leurs échanges et de générer de nouvelles couches d’informations par le biais de leurs croisements. En second lieu, ils assurent la restitution des cartes thématiques et les analyses qui en résultent. Ainsi, il s’agit d’un puissant outil d’aide à la décision surtout dans le domaine d’aménagement, de planification et de gestion des ressources naturelles.

La cartographie de vulnérabilité est devenue un outil nécessaire pour la gestion des ressources en eaux souterraines. Dans le but d’évaluer la vulnérabilité environnementale d’une nappe phréatique en zone semi-aride, on a eu recours à l’usage combiné du modèle DRASTIC et des SIG. Cette méthode se base sur la description et la représentation de la répartition spatiale des paramètres hydrogéologiques, climatiques et physiques du système aquifère.

Caractéristiques de la zone d’étude

Contexte géographique

La plaine de Saïdia est située à l’extrême nord-est du Maroc, au sud de la mer Méditerranée, à l’ouest de l’oued Kiss (constituant la frontière avec l’Algérie), au nord des collines d’Ouled Mansour et à l’est de l’oued Moulouya (figure 1). La largeur moyenne nord-sud est d’environ 2,5 km alors que l’extension est-ouest est de l’ordre de 10 km, plongeant doucement sous la mer [1]. La topographie de la plaine de Saïdia ne présente pas de grandes différences d’altitude. La zone s’étend entre les coordonnées identifiées par le GPS [2] :
  • X = 2°12′500" et 2°22′500" ;
  • Y = 35°7′500" et 35°4′000".

Contexte géologique

La plaine côtière de Saïdia est formée de deux horizons : le premier est un dépôt argilolimoneux, formé par les résidus d’altération des roches des Ouled Mansour et des alluvions de la Moulouya, et le second horizon est formé par un sable marin.

Les formations de Ouled Mansour sont du Néogène [3, 4]. Elles sont constituées de séries marno-sableuses du Pliocène, à banc de grés et lentilles de poudingue, sur le cours de la Moulouya. Sur le flanc nord de Ouled Mansour, on a observé une alternance de marnes grisâtres ou verdâtres et de grés jaunes.

La plaine des Triffa forme une vase dépression synclinale remplie de sédiments Néogéne et Quaternaire. Les affleurements de Miocéne existent au sud de la plaine, sous les croûtes et travertins, et présentent des bancs de conglomérat à ciment gréseux [1].

Caractéristiques hydrogéologiques

Géométrie du réservoir aquifère

La coupe SSW-NNE (figure 2) [5] part du piémont des collines de Ouled Mansour et s’étend jusqu’au forage F6 au voisinage immédiat de la Méditerranée. Son tracé jalonne les cordons dunaires sud et nord et les deux vasières. Cette coupe illustre la continuité de la série sableuse à travers la plaine de Saïdia (unité u2). Cette série constitue la première unité perméable, formée de sables fins, moyens à grossier, avec des débris de coquilles. Ces sédiments ont été déposés dans un milieu surtout marin. L’épaisseur de l’aquifère est de l’ordre de 12 m.

Les formations géologiques de la surface, jusqu’à une profondeur variant entre –10 à –22 m, sont des sédiments non consolidés d’âge quaternaire [4]. L’ensemble des forages montre une lithologie peu variable.

Au-dessous de cette zone sableuse vient une unité semi-perméable (unité u3), avec une épaisseur maximale de 4 m. Elle est constituée de tourbe et de sables marneux.

Piézomètrie

La morphologie des cartes établies montre un sens d’écoulement général du sud au nord (vers la mer), avec des lignes de courant qui convergent vers l’oued Moulouya et un drainage régional de la nappe de Saïdia par l’oued Kiss (figure 3).

La zone est de la région étudiée, présente un écoulement régional vers le nord et le nord-ouest, de fait que la topographie des zones est et sud-est est plus élevée que celle de la zone ouest. L’équidistance est croissante du sud au nord, l’écoulement est donc non uniforme.

La carte piézométrique des basses eaux (figure 3B) conserve la même structure que celle des hautes eaux (figure 3A). Cependant, la diminution de la charge hydraulique n’est pas uniforme. Dans la zone centrale, la diminution du niveau piézométrique peut atteindre 1 à 2 m. L’irrégularité de cette variation entre les deux périodes est liée en grande partie au type de faciès qui conditionne la facilité d’écoulement et à la présence ou non du toit limono-argileux qui détermine l’infiltration efficace des précipitations.

Caractéristiques climatiques

La région est soumise à des conditions climatiques marquées par de forts contrastes saisonniers et des irrégularités très nettes des précipitations. Le climat peut être considéré comme semi-aride, caractérisé par des hivers tempérés et des étés très chauds et secs.

Fluctuations annuelles des précipitations

Les précipitations annuelles sont très irrégulières et varient entre 618 mm/an en 2003 et 130 mm/an an 1998, avec une moyenne annuelle de 317 mm durant la période 1992-2004. L’année 2003 est la plus pluvieuse, et cette situation pluviométrique a des effets positifs sur la recharge efficace de la nappe.

Régime des précipitations mensuelles

La répartition des précipitations moyennes mensuelles sur une période de 13 ans a permis d’identifier une saison pluvieuse allant d’octobre à mai et une saison sèche allant de juin à septembre. Le mois le plus pluvieux correspond au mois de novembre avec une moyenne mensuelle de 64 mm. Le mois le plus sec est le mois de juillet avec une moyenne de moins de 1 mm (figure 4).

Température moyenne mensuelle

La température est indicatrice du pouvoir évaporant de l’air et est un facteur déterminant dans l’évaluation du bilan hydrique. Les contrastes de température sont importants avec des variations à la fois saisonnières et annuelles. La région de Saïdia connaît un climat thermique de type méditerranéen assez chaud. La température moyenne annuelle de l’air s’élève à 17,7 °C. Juillet et août sont les mois les plus chauds, avec une moyenne de 25 °C. Le mois le plus froid est celui de janvier (11,7 °C).

Bilan hydrique

Calcul de l’évapotranspiration potentielle (ETP)

La méthode la plus utilisée pour calculer l’ETP est celle de Thornthwaite et Mather [7]. Les valeurs de l’ETP, estimées à partir des mesures climatologiques, sont généralement supérieures à la hauteur de la lame d’eau précipitée sauf pour les mois de novembre à mars. La valeur moyenne annuelle est de l’ordre de 868 mm.

Calcul de l’évapotranspiration réelle (ETR)

La réserve facilement utilisable (RFU) du sol correspond à la quantité d’eau par unité de surface que le sol peut utiliser dans le cas où la lame d’eau précipitée n’est pas suffisante pour satisfaire l’ETP. Cette réserve est supposée nulle au mois de septembre qui correspond à la période où la réserve en eau du sol est en général épuisée.

Prenant une RFU de 50 mm, compte tenu de la nature sableuse de la plaine, l’ETR moyenne annuelle est de 240 mm. Cette évapotranspiration participe à une perte de 75 % d’eau des précipitations.

La recharge efficace ou l’infiltration efficace (INF) est la quantité d’eau qui parvient effectivement à la nappe. C’est la portion de l’infiltration qui atteint l’aquifère et donc, qui alimente les écoulements souterrains. C’est une donnée difficile à évaluer, elle a été estimée par la méthode de Thornthwaite et Mather [7].

Le bilan hydrique donne une recharge annuelle moyenne de l’ordre de 73 mm, soit environ 12 % de la pluviométrie. Cette valeur d’infiltration efficace ne tient pas compte de l’apport d’eau par les retours d’irrigation.

L’histogramme A) de la figure 4 montre que le mois où la recharge de la nappe souterraine est la plus importante correspond au mois de février. La période de mai à octobre correspond à une période où la recharge de la nappe est quasiment nulle. L’histogramme B) montre une période de novembre à mars où les précipitations excèdent les ETR, c’est bien la période d’alimentation et d’augmentation de l’épaisseur saturée. La période d’avril à juin correspond à une période où les précipitations sont inférieures aux ETR, c’est une période d’épuisement où l’ETR utilise la RFU de sol. Juillet, août et septembre correspondent à une période où les précipitations sont égales aux ETR, c’est la période du déficit.

Cartographie de la salinisation

La salinisation des ressources en eaux souterraines peut avoir une origine naturelle (géologique) et/ou anthropique (activité humaine). En effet, la dissolution d’évaporites, la remobilisation d’eau marine piégée lors d’intrusions marines et le retour à l’aquifère d’eau d’irrigation concentrée en surface par évaporation sont des phénomènes qui contribuent largement à la salinisation des nappes [6].

L’objectif de cette étude est de déterminer l’extension spatiale de cette salinisation et de pouvoir cerner son origine. Pour cela, nous avons utilisé deux méthodes complémentaires.

La première est basée sur une mesure indirecte de la résistivité apparente de l’aquifère saturée en eau, par application de sondages géoélectriques verticaux de type Schlumberger.

La seconde méthode est basée sur des mesures directes (la conductivité électrique [CE]) et une analyse chimique de l’eau échantillonnée pour déterminer les différents faciès d’eau qui peuvent nous indiquer les différents processus responsables de phénomènes de salinisation.

Il est clair que les données électriques ne peuvent être suffisantes pour donner une bonne image de la variation de la salinité dans la zone d’étude. Dans la plaine côtière de Saïdia, généralement, la salinité d’eau souterraine augmente avec la profondeur, et la limite eau douce-eau salée est très irrégulière, c’est pourquoi il est indispensable de disposer d’une carte qui reflète la variation de la salinité de la nappe.

Les données obtenues à partir des sondages électriques ont été combinées pour produire une carte d’isorésistivité de la zone salée.

La figure 5 montre la distribution spatiale de la résistivité de la couche salée, cette couche est caractérisée par une résistivité qui varie de 0,5 à 8 Ωm.

La carte d’isorésistivité indique que plusieurs zones distinctes peuvent être identifiées à l’intérieur de la zone d’étude en se basant sur la valeur de résistivité.

La carte de la profondeur de l’interface eau douce-eau salée (figure 6) est établie à partir des résultats des sondages géoélectriques, elle montre la profondeur de l’interface qui varie de 1 à 15 m.

La cartographie de la répartition spatiale des principaux paramètres physicochimiques des eaux souterraines de la zone côtière de Saïdia va nous permettre de mettre en évidence l’évolution de chaque élément chimique dans le temps et dans l’espace au niveau de l’aquifère, et d’estimer l’origine de la minéralisation.

La distribution spatiale de la CE montre un gradient croissant de ce paramètre dans le sens général de l’écoulement (figure 7). Les fortes salinités sont localisées dans les secteurs côtiers situés à moins de deux kilomètres de la côte. Cet accroissement important de la CE est en rapport avec l’augmentation des minéralisations, principalement les chlorures et le sodium. À cet endroit la seule origine de la salure est la contamination par les eaux marines.

Cependant, vers l’intérieur de la plaine, à proximité de l’oued Kiss et l’oued Moulouya, où la nappe circule à faibles profondeurs dans l’aquifère, les fortes salinités sont surtout liées au phénomène de recyclage des eaux de retours d’irrigation concentrées en sels.

Les deux sources, Ain Zebda et Ain Chebbek, représentent une forte conductivité, donc une salinité élevée. Les sources se localisent sur la faille normale de direction NE-SW. Cette faille met en contact les formations quaternaires (calcaires lacustres et limons rouges), qui constituent l’aquifère phréatique de la plaine, avec les marnes jaunes, qui forment son substratum. Le débit des sources est faible et par conséquent l’eau, en montant, lèche ces marnes le long du plan de faille : elle a donc le temps de se charger de plus en plus pour aboutir à une teneur élevée en sels, spécialement des chlorures [8].

Cartographie de vulnérabilité

Généralités sur la cartographie de vulnérabilité

Dans le littoral méditerranéen, les eaux souterraines, considérées comme un bien très précieux et rare, sont soumises aux sévères impacts néfastes des activités humaines. Ces menaces rendent nécessaire la mise en disponibilité de nouvelles stratégies, telles que la cartographie de la vulnérabilité des zones à risques aux pollutions afin de bien gérer les ressources en eau souterraines et l’aménagement de territoire.

Le degré de vulnérabilité d’un aquifère traduit son aptitude à se protéger naturellement contre toutes sortes d’agents polluants superficiels. Elle dépend des conditions naturelles dans lesquelles se trouvent ces nappes, et la précision de son évaluation dépend essentiellement de la nature, de la quantité et de la fiabilité des données utilisées.

De nombreuses méthodes de détermination de la vulnérabilité des eaux souterraines ont été développées dans le monde, allant des plus complexes avec des modèles prenant en compte les processus physiques, chimiques et biologiques dans la zone noyée, à des méthodes de pondération entre différents critères affectant la vulnérabilité [9].

Modèle DRASTIC

Dans le but d’évaluer la vulnérabilité environnementale de la nappe côtière en zone semi-aride, on a eu recours à l’usage combiné du modèle DRASTIC et des SIG. Cette méthode se base sur la description et la représentation de la répartition spatiale des paramètres hydrogéologiques, climatiques et physiques du système aquifère.

L’application de la méthode DRASTIC a permis d’obtenir sept cartes thématiques. Dans chacune de ces cartes, des plages de valeur sont délimitées et représentées selon un code couleur.

avec [10] :

  • D : depth to groundwater (distance à la nappe, épaisseur de la zone non saturée [ZNS]) ;
  • R : recharge (recharge) ;
  • A : aquifer media (nature de la zone saturée) ;
  • S : soil media (nature du sol) ;
  • T : topographie (topographie, pente en pourcentage) ;
  • I : impact of the vadose zone (nature de la ZNS) ;
  • C : conductivity (perméabilité de l’aquifère) ;
  • r : notation accordée à chaque paramètre ;
  • w : facteur de pondération accordé à chaque paramètre.

Préparation des données

Agrégation de données

C’est un processus qui permet de réduire le nombre de points dans une table. Le but des diverses méthodes est de regrouper les points spatialement et de réaliser une moyenne statistique de leurs attributs. Ainsi, il est possible de produire une table réduite de points. Cette opération ne se contente pas de réduire numériquement le nombre de points, elle crée aussi une distribution plus uniforme.

Créer des grids en interpolant des données

En général, le processus de création de grille crée un maillage imaginaire rectangulaire. L’interpolation est alors faite à partir des cellules de ce maillage. Choisir une technique de création de grille parmi les différentes solutions possibles dépend de plusieurs facteurs, tels que les caractéristiques des données, leur distribution, l’utilisation postérieure attendue du résultat, et de savoir si l’on veut obtenir un grid numérique ou un grid classifié.

Interpolation par triangulation irrégulière (TIN)

La triangulation irrégulière utilise un réseau de triangles aussi équilatéraux que possible qui vont connecter les points du lot de données. Cette triangulation est appelée triangulation de Delaunay. Cette solution est très utile pour travailler sur des lots de données de répartition spatiale quelconque où l’on souhaite faire participer chaque information à la constitution du résultat.

Cette triangulation est produite par un procédé qui connecte tous les points originaux par un réseau de triangles réguliers, aussi équilatéraux que possible. C’est la règle de Delaunay qui fixe que chaque triangle formé définit un cercle circonscrit qui ne contient aucun autre sommet de triangle.

Élaboration des cartes thématiques

DRASTIC ne donne pas des réponses absolues. Il nous permet de différencier les zones vulnérables et les zones moins vulnérables. Chaque paramètre dans le modèle est cartographié avec un index, appelé aussi note (r), allant typiquement de un à dix (tableau 1). Un facteur de pondération (w) (tableau 2) est ensuite appliqué aux différents critères afin de relativiser leur importance respective en termes de vulnérabilité [11].

Tableau I Notations accordées aux paramètres de la méthode DRASTIC [10].

Depth to groundwater : profondeur à la nappe (épaisseur de zone non saturée)

Classes (m)

Notation

0-1,5

10

1,5-4,5

9

4,5-9

7

9-15

5

15-22

3

22,5-30

2

> 30

1

Recharge : recharge de la nappe (pluie efficace)

Gamme (cm/an)

Notation

> 25,5

9

17,5-25,5

8

10-17,5

6

5-10

3

0-5

1

Aquifer media (nature de la zone saturée)

Nature lithologique

Notation

Calcaire karstique

10

Basalte

9

Sable et gravier

8

Calcaire massif

6

Grès massif

6

Shales en séquence

6

Métamorphique altéré, grès lités, calcaires

4

Métamorphique

3

Shale massif

2

Soil media (nature du sol)

Peu épais ou absent

10

Graviers

10

Sables

9

Argile, agrégats ou pente

7

Limons sableux

6

Limons

5

Limons silteux

4

Limons argileux

3

Argile non agrégée et non fissurée

1

Topography (pente en pourcentage)

Gamme (%)

Notation

0-2

10

2-6

9

6-12

5

12-18

3

> 18

1

Impact of the Vadose zone (nature de la zone non saturée)

Calcaire karstique

10

Basalte

9

Sable et gravier

8

Sable et gravier avec silt et argile

6

Calcaire lité, grès, shale

6

Grès

6

Calcaire

6

Shale

3

Silt/argile

1

Conductivity hydraulic of the aquifer (perméabilité de l’aquifère)

> 9,4 × 10–4 m/s

10

4,7 × 10–4 – 9,4 10–4 m/s

8

32,9 × 10–5 – 4,7 × 10–4 m/s

6

14,7 × 10–5 – 32,9 × 10–5 m/s

4

4,7 × 10–5 – 14,7 × 10–5 m/s

2

14,7 × 10–7 – 4,7 × 10–5 m/s

1



Tableau II Facteurs de pondération des différents critères de la méthode DRASTIC [17].

Paramètres

Poids

Depth to groundwater

5

Recharge

5

Aquifer media

4

Soil media

3

Topography

3

Impact of the vadose zone

2

Conductivity hydraulic of the aquifer

1

Carte de vulnérabilité relative à la profondeur de la nappe

La profondeur de la nappe ou épaisseur de la ZNS est un critère fondamental pour appréhender le temps de transfert d’une pollution jusqu’à la nappe ainsi que la possibilité pour cette pollution d’être traitée en cours de transfert. La nappe est d’autant plus vulnérable que l’épaisseur de la ZNS est faible.

La carte des profondeurs du plan d’eau est établie à partir des relevés du niveau statique de l’année 2004 relatifs aux puits de surface et aux piézomètres implantés dans la région. Au niveau de la zone, les profondeurs du plan d’eau sont de 1,3 à 30 m, elles augmentent généralement vers le sud.

L’appréciation de la vulnérabilité relative à ce paramètre par la méthode DRASTIC a permis de distinguer sept classes de vulnérabilité (figure 8). Les zones les plus vulnérables sont celles où la surface piézométrique se trouve à moins de 9 m (classes 5, 6 et 7) ; elles se répartissent le long de la côte de Saïdia. D’une façon générale, le degré de vulnérabilité de l’aquifère relatif à ce paramètre augmente vers le nord et suit le sens d’écoulement de la nappe.

Carte de vulnérabilité relative à la recharge naturelle

Il s’agit de la quantité d’eau atteignant la zone saturée sur une période donnée (recharge annuelle nette). Elle dépend de l’infiltration efficace et de sa répartition dans l’espace et dans le temps, donc du climat (ETP, précipitations), mais également de la topographie et de la nature des formations. Plus cette recharge est importante, plus la vulnérabilité de la nappe à la pollution de surface est élevée, car elle constitue un vecteur potentiel de cette pollution.

La carte de recharge est obtenue par la combinaison de la carte de lame d’eau infiltrée et la carte de la lame d’eau précipitée.

La carte des isohyètes est établie à partir des moyennes pluviométriques interannuelles (1994-2004) des stations qui existent dans la région d’étude et environnantes.

La faible extension géographique fait que le taux de recharge est pratiquement homogène, il est de 75 mm/an [12]. L’alimentation de la nappe provient essentiellement de l’infiltration des eaux de pluie.

Carte de la nature lithologique de l’aquifère

La zone saturée, tranche de terrain entre le substratum et la surface libre de la nappe, influe sur la vulnérabilité de l’aquifère. La lithologie de l’aquifère est tirée des coupes lithologiques des sondages et des piézomètres réalisés dans la zone d’étude.

L’analyse des données lithologiques a révélé l’existence de deux zones distinctes :

  • au niveau de Saïdia : la nappe est constituée de limon sableux et de sable ;
  • le nord des Triffa : l’aquifère est formé par le calcaire lacustre et le limon rouge à dragées de calcaire [13].

Carte d’occupation du sol

L’infiltration des polluants vers la nappe dépend aussi du pouvoir épurateur du sol. Ce dernier intervient essentiellement par sa texture, par son épaisseur et par ses constituants organiques et minéraux pour la dégradation des polluants et pour le ralentissement de l’écoulement vertical de l’eau. En effet, la quantité et la qualité de l’eau infiltrée sont affectées de façon significative par les processus physicochimiques engendrés par l’interaction entre les composants du sol et l’eau infiltrée [14].

Un sol riche en éléments argileux, par exemple, joue un rôle important de protection des eaux souterraines grâce à leur pouvoir d’adsorption. Toutefois, les anions, tels que les chlorures, les nitrates et les sulfates, ne sont pas retenus dans le sol et migrent sans contrainte vers la nappe [15].

La carte pédologique est obtenue à partir des forages lithologiques et des données géophysiques.

Carte des pentes

Ce paramètre traduit l’aptitude au ruissellement et à l’infiltration des eaux superficielles vers la nappe et reflète donc la capacité de ces eaux à introduire des agents polluants vers la nappe. En effet, plus la pente topographique est forte, plus le temps de contact entre l’eau et le sol est faible et plus le ruissellement de surface est important. En revanche, une zone à faible pente serait donc plus exposée à la pollution (figure 9).

Carte de la nature lithologique de la ZNS

La nature lithologique, la perméabilité et l’épaisseur de la ZNS sont des paramètres fondamentaux de la vulnérabilité des eaux souterraines.

Une nappe captive, dépourvue d’une ZNS, est naturellement protégée contre la pollution de surface. En revanche, plus la perméabilité de la ZNS est importante et son épaisseur est faible, plus la vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution est importante.

L’interpolation des notations relatives à ce paramètre a permis de distinguer quatre zones, à degrés de vulnérabilité différents.

En considérant uniquement ce critère, la nappe phréatique de Saïdia reste la plus vulnérable à la pollution, et à proximité des deux oueds à cause des notes élevées accordées aux textures présentes.

Carte de perméabilité de l’aquifère

Les paramètres hydrodynamiques des formations aquifères : transmissivité, perméabilité, coefficient d’emmagasinement et gradient hydraulique déterminent la vitesse de migration des polluants dans la nappe et les temps de résidence de ceux-ci dans la zone saturée.

La carte de perméabilité de l’aquifère est déterminée à partir des valeurs mesurées de la transmissivité. Au niveau des Triffa, la perméabilité est faible, elle est de l’ordre de 3,62 × 10–5 m/s [16]. Au niveau de Saïdia, la perméabilité moyenne est de 8,02 × 10–5 m/s.

Élaboration de la carte de vulnérabilité

La superposition des sept cartes thématiques (figure 10) nous a permis d’obtenir la carte de vulnérabilité de la nappe phréatique de la rive droite de Moulouya. On distingue cinq classes à différents degrés de vulnérabilité (figure 11) :
  • classe 1 : très forte vulnérabilité (141 < IDRASTIC ≤ 160) ;
  • classe 2 : forte vulnérabilité (121 < IDRASTIC ≤ 141) ;
  • classe 3 : moyenne vulnérabilité (94 < IDRASTIC ≤ 121) ;
  • classe 4 : faible vulnérabilité (80 < IDRASTIC ≤ 94) ;
  • classe 5 : très faible vulnérabilité (48 ≤ IDRASTIC ≤ 80).

Zones à moyenne vulnérabilité

Les zones à moyenne vulnérabilité occupent la partie supérieure de la plaine des Triffa et aussi la partie est de la région. L’indice de vulnérabilité dans ces zones est essentiellement contrôlé par le type de sol et la conductivité hydraulique.

Zones à forte et à très forte vulnérabilité

Les zones à forte et à très forte vulnérabilité occupent la région côtière (Saïdia). Dans ces zones, presque tous les paramètres interviennent dans l’augmentation du degré de vulnérabilité de la nappe. Mais on peut retenir en premier lieu : la profondeur de la nappe (environ 2 m en moyenne), la nature du sol et la nature ZNS (généralement les sables).

Zones à très faible et à faible vulnérabilité

Les zones à très faible et à faible vulnérabilité occupent généralement la partie centrale ; les collines d’Ouled Mansour.

Conclusion

Le climat de la plaine peut être défini comme un climat semi-aride de type méditerranéen. Une représentation graphique des précipitations nous a permis de mieux distinguer les périodes à tendance déficitaire des périodes à tendance excédentaire. Un des intérêts du bilan de l’eau est d’estimer l’infiltration efficace moyenne annuelle, elle est d’environ 73 mm.

Les sondages électriques ont été réalisés comme un moyen préliminaire de prospection des zones salées dans la plaine. Les valeurs de résistivité obtenues à partir des modèles géoélectriques sont comparées avec les descriptions lithologiques. Ces modèles avaient fourni une reconnaissance détaillée de la variation de l’eau salée avec la profondeur et entre les dunes et les vasières. La formation saturée en eau salée est caractérisée par une résistivité qui varie de 0,5 à 8 Ωm à une profondeur comprise entre 1 à 15 m.

La salinité des eaux souterraines de la région est dépendante à la fois du temps du séjour de l’eau dans le réservoir aquifère et des conditions d’échanges avec l’hydrosphère. Nous avons observé que la salinité des eaux souterraines augmente selon le sens d’écoulement de l’aquifère (généralement vers la mer). La dominance des chlorures dans la composition des anions est attribuée à l’importance de la contribution des eaux marines dans les eaux souterraines.

La carte de vulnérabilité intrinsèque de la nappe phréatique côtière a permis de distinguer les zones à forte et à très forte vulnérabilité occupant le littoral de Saïdia. Dans ces zones, presque tous les paramètres interviennent dans l’augmentation du degré de vulnérabilité de la nappe. Mais spécialement, on peut retenir en premier lieu : la profondeur de la nappe (environ 1,3 m dans quelques zones) et la nature du sol et de la ZNS (généralement sableuse).

Références

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