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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Seasonal variation of some structural attributes of the Matmata Mountains ecosystems in southern Tunisia under the effect of drought and anthropozoic action


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 20, Number 2, 204-9, avril-mai-juin 2009, Article de recherche

DOI : 10.1684/sec.2009.0184

Résumé   Summary  

Author(s) : Farah Ben Salem, Mohamed Tarhouni, Azaiez Ouled Belgacem, Mohamed Neffati , Institut des régions arides (IRA) Laboratoire d’écologie pastorale 4119 Médenine Tunisie.

Summary : In southern Tunisia, over the past few decades desertification has become the main environmental problem. The steppes of this region, subjected to severe and irrational exploitation for a long period in addition to climate and soil aridity, are highly degraded. This study aims at quantifying the effects of drought and topography on the natural plant cover of the Matmata Mountains in southern Tunisia. Some structural attributes have been assessed in order to describe the evolution of plant communities under these constraints. The main results show that relationships between soil, climate conditions and plant cover are strongly influenced by topography and human activities. the gypsum substratum shows a better resistance to arid conditions than the calcareous one. The Northern exposition manifests the best resilience in confronting these ecosystems.

Keywords : desertification, disturbance, drought, ecosystems, southern Tunisia, structural attributes

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ARTICLE

Auteur(s) : Farah Ben Salem, Mohamed Tarhouni, Azaiez Ouled Belgacem, Mohamed Neffati

Institut des régions arides (IRA) Laboratoire d’écologie pastorale 4119 Médenine Tunisie

En Tunisie méridionale, la désertification croissante est devenue, depuis quelques décennies, le principal problème environnemental. Le quart de la superficie de ce territoire a été considéré comme étant très affecté par ce fléau [1]. Couverte pour l’essentiel par des formations végétales steppiques très clairsemées, cette zone est plus ou moins marquée par l’ampleur de l’impact des diverses activités humaines [2, 3]. Il s’agit surtout du surpâturage et de l’extension des cultures pluviales qui dénudent le sol pendant les périodes sèches et accélèrent ainsi son érosion [4]. La sécheresse climatique, qui a marqué ces dernières années, a fortement perturbé l’équilibre des écosystèmes de cette région [5, 6]. Les effets d’une période de sécheresse dépendent essentiellement de sa durée, se mesurant souvent en nombre d’années sèches consécutives. Les connaissances relatives à la prédictibilité, l’intensité et les effets de telles successions d’années sèches demeurent insuffisantes [7].

Les impacts d’une sécheresse climatique sont d’autant plus néfastes que les écosystèmes sont plus fragilisés par les perturbations anthropiques [8]. Compte tenu de l’état de dégradation atteint par certains écosystèmes et de la sécheresse qualifiée comme « sans précédent » qui a sévi en Tunisie méridionale au cours des années 1999 à 2003 [9, 10], l’identification d’indicateurs écologiques et socioéconomiques fiables s’avère indispensable pour le suivi de la dynamique des écosystèmes et garantir une meilleure gestion. Par définition, un indicateur est un paramètre ou une valeur calculée à partir d’un ensemble de paramètres qui fournit des informations sur un phénomène ou sur son état [11]. Il est conçu dans un certain objectif et s’adresse à une certaine catégorie d’utilisateurs. De nos jours, les indicateurs sont de plus en plus employés dans l’évaluation, la surveillance et la prévision [12-15]. Ils permettent aussi de quantifier l’ampleur et le degré de divers stress biotiques et abiotiques. Selon Aronson et al. [12, 13], ces indicateurs se subdivisent en deux groupes : ceux relatifs à la structure et ceux relatifs au fonctionnement des écosystèmes. Dans le cadre de ce travail, nous nous sommes intéressés au suivi de quelques indicateurs structuraux. Il s’agit du recouvrement de la végétation, de la diversité alpha traduite par les indices de diversité et d’équitabilité de Shannon-Weaver et de la densité des espèces végétales. Les données analysées dans le présent article ont été récoltées selon un dispositif installé dans la perspective d’une surveillance à long terme. Nous nous intéresserons, ici, plus particulièrement au test de l’efficacité des indicateurs retenus pour évaluer l’importance des changements, y compris à court terme. Notre but a été d’étudier, par la méthode des points quadrats, l’effet de la sécheresse sur ces divers indicateurs dans les divers types de steppes dominées par Stipa tenacissima L. et situées dans les monts de Matmata.

Matériel et méthode

Quatre sites jugés représentatifs des principales formations végétales de la région d’étude ont été retenus (figure 1). Dans chaque site, quatre transects (huit lignes) ont été installés dans le but de mener un suivi permanent de l’état de la végétation.

Les principales caractéristiques de ces sites (stations) sont décrites ci-dessous.

Station 1 : Toujane

Le couvert végétal y est dense et la végétation est essentiellement composée de S. tenacissima L., Rosmarinus officinalis L., Genista microcephala Coss. Le sol est limoneux sur substrat calcaire [16]. La station est localisée sur le versant nord d’une colline à une altitude de 550 à 600 m et une pente de 15 %.

Station 2 : Ladbech

Dans cette station, à une altitude de 500 m avec une pente de 7 %, le couvert végétal a fortement souffert de la sécheresse comme en témoigne le dépérissement avancé de la majorité des touffes d’alfa (S. tenacissima). Ce dépérissement peut être également expliqué par le surpâturage. En période de disette, les animaux consomment les plantes pérennes ou aridoactives qui sont les plus résistantes à la sécheresse. Le sol est limoneux sur substrat calcaire avec, en surface, un encroûtement calcaire massif d’épaisseur variable [16]. Cet encroûtement évolue dans certains cas en une croûte calcaire feuilletée de 10 à 15 cm d’épaisseur. Les lignes permanentes sont aussi placées en exposition nord.

Station 3 : oued Ejjir

Cette station est située à une altitude de 450 m dans un relief montagneux [16], sur une pente de 10 %. La végétation est dominée par S. tenacissima L. et R. officinalis L. sur sol limoneux avec un substrat gypseux. Les lignes de lecture sont exposées surtout au nord.

Station 4 : Hafi Raça

Cette station, située à une altitude d’environ 490 m, une pente de 10 %, est couverte par une steppe à base de S. tenacissima L. et Gymnocarpos decander Forsk sur sol limoneux avec un substrat calcaro-gypseux [16]. Le relief de cette station est formé par des collines ou petits djebels.

La pluviométrie enregistrée au cours de l’année biologique 2005-2006, qui représente l’année du suivi (automne 2005 et printemps 2006), est consignée dans le tableau 1.

Il ressort de ces données que les précipitations survenues au cours de cette année à Matmata (à 5 km de la station no 4 et à 10 km de la station no 3) et à Dkhilet Toujane (à 0,3 km de la station no 1 et à 4 km de la station no 2) sont très proches de la moyenne annuelle de la région (200 mm/an). Contrairement aux années précédentes, notre période de mesure se caractérise par une précocité et une bonne répartition des pluies, ce qui permettrait un déroulement optimal du cycle biologique des espèces végétales. Le tableau 1 indique également que la quantité de pluie enregistrée à Toujane a été plus importante que celle enregistrée à Matmata, station qui est pourtant un peu plus septentrionale.

La méthodologie adoptée pour la caractérisation aussi bien de l’état du couvert végétal que celui de la surface du sol (recouvrement de la litière [RL], recouvrement de la pellicule [RP] et recouvrement des éléments grossiers [RC]) est celle des points quadrats telle que définie par Daget et Poissonnet [17] et Floret [18]. S’agissant d’une surveillance à long terme, quatre transects permanents, de 20 m de longueur chacun, ont été installés dans chaque station. La lecture a été effectuée tous les 10 cm, soit au total 200 points par ligne. Ce qui correspond également à 200 points décrivant les états de surface des sols, et ce, indépendamment des points de végétation. Les principaux attributs vitaux retenus pour la caractérisation des différents écosystèmes sont le recouvrement global de la végétation (Re), la diversité alpha, la densité d’espèces annuelles (Da), celle des pérennes (Dp) ainsi que la densité totale (Dt).

Le recouvrement global de la végétation (Re) est déterminé par la formule :avec n : nombre de points de végétation et N : nombre total des points échantillonnés (100 points pour notre cas).

La diversité alpha (intrastations) est évaluée par les indices de diversité biologique (H’) et d’équitabilité (régularité) selon la méthode Shannon-Weaver [19]. L’indice de diversité H’ est défini par la formule : avec fi : fréquence centésimale des espèces végétales (). L’équitabilité est définie par : avec (S est le nombre d’espèces sur la ligne de lecture).

La densité, exprimée en nombre d’individus par mètre carré, est mesurée tout le long d’un rectangle de 20 m2 pour les espèces pérennes et au sein de trois placettes de 1 m2 pour les annuelles, et ce, au niveau de chaque transect de mesure. Les résultats obtenus ont été analysés à l’aide du logiciel SPSS 11.5 (Anova et test LSD).

Tableau I Pluviométrie (en mm) enregistrée au niveau des stations d’étude (région de Matmata) au cours de l’année biologique 2005-2006.

S

O

N

D

J

F

M

A

M

J

J

A

Total

Altitude (m)

Moyennes trentenaires

Matmata

6,5

13

6

88

26,5

5

0

9,5

17

0

0

0

171,5

560

192

Dkhilet Toujane

18

27,5

21

95

28

0

0

9

0

0

0

0

198,5

490

186

Résultats

Concernant l’état de la surface du sol, les résultats montrent (figure 2) que le RL domine dans toutes les stations d’étude, et ce, quelle que soit la saison de mesure. Les recouvrements les plus élevés, de l’ordre de 85 et 95 % respectivement en automne et au printemps, sont observés dans la station 2. La différence de RL entre les stations n’est cependant pas significative (Anova et test LSD). Le taux de litière peut nous informer sur le degré de sensibilité du couvert végétal des différentes stations d’étude aux effets de l’aridité confirmés par la densité des touffes desséchées. Il y a lieu de mentionner que les feuilles sèches des touffes (comme celles de l’alfa) ont été considérées comme points de végétation tant qu’elles ne sont pas en voie de décomposition. Le RP de battance varie de 0 à 13 %, respectivement, au niveau des stations 1 et 4. Cette différence hautement significative au niveau du RP entre les stations d’étude et d’une saison à l’autre est essentiellement due à la nature du sol et au mode de gestion. Les structures caillouteuses varient significativement d’une station à l’autre selon la sévérité de l’érosion hydrique. C’est ainsi que la station de Toujane présente le taux le plus élevé du fait de son exposition aux effets de l’érosion (pente de l’ordre de 15 %).

Les résultats relatifs à la variation du taux de recouvrement de la végétation, au cours de deux saisons de mesure et pour les quatre stations d’étude, sont représentés à la figure 3.

L’examen des résultats (figure 3) permet de constater que le Re varie d’une station à l’autre, et ce, au cours de deux saisons de mesure. Au niveau des stations 1, 2 et 3, les variations saisonnières du taux de recouvrement semblent être non significatives. Au niveau de la station 4, le taux de recouvrement augmente significativement et passe de 38 % à l’automne à 61 % au printemps.

Les stations 1 et 2 qui sont localisées sur des collines à accès relativement difficile (altitude et pente importantes) et, par conséquent moins perturbées, présentent le taux de recouvrement le plus élevé. Les faibles recouvrements enregistrés au niveau des stations 3 et 4 peuvent être expliqués par le surpâturage accentué et/ou par la collecte massive de S. tenacissima utilisée comme foin ou dans la sparterie. Le recouvrement important enregistré au cours du printemps est en relation directe avec l’abondance des annuelles et la pleine croissance des pérennes.

Les stations 3 et 4, situées sur deux substrats édaphiques différents, ne présentent cependant pas des variations significatives de leur recouvrement au cours des deux saisons de mesure. En revanche, les recouvrements diffèrent significativement pour les deux saisons dans les stations 1 et 3. Cela peut être expliqué par la nature du substrat édaphique et la sécheresse. La fréquence d’accessibilité peut être à l’origine d’une diminution significative du couvert végétal.

Au cours des deux années de suivi, nous avons pu noter une certaine variation de la richesse floristique d’une station à l’autre, et ce, en fonction de la variabilité des conditions climatiques. La lecture du tableau 2 permet de mettre en évidence que, quelle que soit la station étudiée, la richesse floristique des annuelles est plus élevée au printemps qu’en automne. Le nombre d’espèces (richesse floristique) recensées en automne 2005, à la station 3, est de 33 pérennes et sept annuelles. Pendant le printemps 2006 et pour la même station, le nombre de pérennes reste constant alors que celui des annuelles est de 17 espèces, ce qui montre que le cortège floristique est essentiellement composé d’espèces pérennes. La forte présence des pérennes témoigne d’un bon équilibre phytoécologique malgré l’effet de la sécheresse et de pâturage. À la station 1, le nombre d’espèces est de 32 (automne 2005) dont 21 sont les pérennes. La richesse floristique varie entre les quatre stations selon les groupements végétaux, où la nature du milieu physique détermine la composition floristique.

Les résultats relatifs à l’étude de la diversité floristique de ces écosystèmes sont illustrés à la figure 4. De légères différences intersaisonnières de H’ et de l’équitabilité (E) existent pour les quatre stations. La station 3 est caractérisée par la diversité floristique la plus élevée. Cela est peut-être dû au bon développement des espèces végétales dans une situation particulièrement favorable. Le choix de la ligne de lecture ainsi que de son emplacement peuvent, par ailleurs, influencer profondément les valeurs de cet indice.

L’analyse des valeurs de E montre des variations non significatives entre les quatre stations étudiées. Pour cette raison, on peut dire que malgré les différences d’altitude un ensemble d’espèces identiques pour les quatre stations a pu montrer son pouvoir compétitif et son caractère adaptatif aux conditions de sécheresse. La compétitivité de ces espèces vis-à-vis de l’eau du sol empêche le développement des autres, ce qui réduit, par conséquent, la diversité floristique. Il s’agit probablement du phénomène de l’homogénéisation du cortège floristique.

Les variations des densités moyennes des espèces (annuelles, pérennes et l’ensemble), observées dans les quatre stations étudiées, sont représentées dans la figure 5. Cette figure montre que la Da est toujours supérieure à la Dp dans les quatre stations et pour les deux saisons. Les différences intersaisonnières de Da sont significatives dans les stations 1, 2 et 4. La variation de la Dp entre l’automne et le printemps a été très peu observée dans ces mêmes stations. Elle a été, en revanche, significative dans la station 1. La chute de la Dp dans cette dernière station au printemps peut être attribuée soit au pâturage, soit à la mortalité des jeunes plantules de certaines herbacées pérennes (comme Plantago albicans), de forte dynamique, sous l’effet de la concurrence intra- et interspécifique.

Tableau II Richesse floristique au niveau des quatre stations d’étude au cours de l’automne 2005 et du printemps 2006.

Automne 2005

Printemps 2006

Pérennes

Annuelles

Pérennes

Annuelles

Station 1

21

11

21

20

Station 2

27

5

26

12

Station 3

33

7

33

17

Discussion

La différence de recouvrement enregistrée entre l’automne et le printemps, dans les différentes stations d’étude, peut être expliquée par le fait que durant le printemps, les annuelles sont abondantes, puisque la pluviométrie joue un rôle primordial dans le développement de ces espèces et donc sur l’augmentation du recouvrement végétal au printemps [20]. Au niveau des stations 1 et 2, l’importante valeur du recouvrement de la végétation est essentiellement due à la nature du substrat, ce qui y assure un bilan hydrique de toute évidence plus favorable. Ces substrats assurent un niveau plus élevé d’humidité du sol, ce qui est favorable au bon développement de la végétation [21, 22].

Pour des transects les plus proches des agglomérations (stations 3 et 4), caractérisés par une forte activité anthropique, le recouvrement global est faible quelle que soit la saison, et ce, malgré l’abondance des annuelles. Un tel résultat est en accord avec ceux obtenus par Metzger et al. [23]. La richesse remarquable en annuelles correspondrait au phénomène de thérophytisation évoqué par plusieurs auteurs [6, 10, 24]. La topographie et l’érosion hydrique intenses pendant les saisons humides ainsi que la sécheresse estivale peuvent être à l’origine de la réduction du couvert végétal. Cette réduction se traduit par une plus grande sensibilité de l’horizon de surface aux agents de l’érosion qui se traduit, en particulier, par une extension de la pellicule de battance surtout pour les sols gypseux (stations 3 et 4) [21].

Le suivi de l’évolution du nombre d’espèces végétales permet d’apprécier l’évolution de la richesse floristique au niveau de la station [10]. Généralement, la richesse en espèces pérennes diminue (et réciproquement pour les espèces annuelles) lorsque la dégradation augmente. Le gradient de perturbation et la sécheresse ne semblent pas avoir d’impact sur la physionomie de la végétation et la richesse floristique des pérennes. La variation du nombre des annuelles entre les deux saisons de mesure est attribuée principalement aux conditions climatiques non favorables à leur développement durant l’automne.

Le premier facteur influençant la répartition saisonnière des végétaux est la pluviométrie. La pression du pâturage, à elle seule, n’affecte pas directement la variabilité de la richesse en thérophytes qui se trouve plus influencée par la pluviométrie [25, 26]. Au cours des saisons humides, une explosion de la germination des annuelles est remarquée dans l’ensemble des zones arides nord-africaines.

Au niveau des stations 2 et 4, le couvert des pérennes est très dégradé. Par conséquent, l’indice H’ est moindre comparativement à celui des stations 1 et 3. L’augmentation de la pression anthropique durant la saison estivale (sèche) est responsable des changements de la composition et de la structure de la végétation [23, 27]. Nos résultats indiquent que la diversité alpha est plus ou moins stable le long d’un gradient édaphique ; les principales variations sont engendrées par le gradient de topographie et la géomorphologie.

La différence de densité entre les pérennes et les annuelles peut être expliquée par la grande aptitude de ces dernières à occuper les milieux perturbés du fait de l’importance de leur stock semencier dans le sol. Pour les pérennes, la grande capacité reproductive de certaines espèces, leurs aptitudes à la multiplication par voie végétative et leur résistance à la sécheresse pourrait être à l’origine de leur densité relativement élevée [28]. Rappelons qu’en termes de recouvrement, les espèces pérennes sont les plus dominantes. Un tel résultat montre que les espèces annuelles, de taille plus petite, couvrent une surface moins importante que celle des pérennes même si leur nombre est plus élevé. La forte Da peut être expliquée aussi par la capacité de rétention de l’eau de ces substrats qui stockent plus d’humidité que d’autres substrats [21, 29]. Cela confère à ces espèces une meilleure résistance aux conditions d’aridité. Le suivi de l’évolution de la densité de la végétation donne une idée plus fiable sur les tendances à l’installation ou à la disparition des individus. Une densité faible des pérennes couplée à un recouvrement important donne une idée claire sur la taille des touffes. Cela permet d’évaluer l’aptitude de l’écosystème à se régénérer [18]. Plus le nombre d’individus est élevé, plus la capacité de résilience serait grande (station 1) notamment à travers les caractéristiques des espèces. En outre, un couvert élevé favorise la fixation des particules de sol et permet, par conséquent, l’amélioration du bilan hydrique et donc la réinstallation des espèces [6, 10].

Conclusion

Réalisée dans une région naturelle de la Tunisie méridionale, cette étude avait pour objectif de faire ressortir la réponse, et par suite, l’efficacité de différents indicateurs structuraux vis-à-vis de la variation saisonnière du climat et de l’action de l’homme. Elle a permis d’obtenir les principaux résultats préliminaires suivants :
  • le taux de RL est fortement influencé par la sécheresse saisonnière ;
  • les annuelles présentent un recouvrement plus faible que les pérennes dans toutes les stations étudiées, alors que leur densité est plus importante ;
  • l’altération du couvert végétal naturel, engendrée par la forte action anthropique et l’aridité climatique notamment au cours de la saison sèche, est fonction de plusieurs facteurs géomorphologiques ;
  • la richesse en annuelles est très profondément touchée par la sécheresse saisonnière ;
  • le couvert végétal naturel de la station 1 s’est avéré plus résistant à la sécheresse, et ce, en raison de l’altitude (> 600 m), de la pente et peut-être de la nature de son cortège floristique ainsi que de la nature du substrat ;
  • l’altitude et la pente favorisent une bonne densité de la végétation (stations 1 et 4).

Références

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