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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Titre anglais : à venir.


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 15, Number 3, 225-32, JUILLET-AOÛT-SEPTEMBRE 2004, Option


Résumé   Summary  

Author(s) : Laurent Bossard , Unité « Développement local et processus d’intégration régionale » Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest 94, rue Chardon Lagache 75016 Paris, www.oecd.org/sah/, Réseau « West Africa Border and Integration », www.afriquefrontières.org.

Summary : As a counterpoint to pessimistic analyses, this article argues that in a context of rapid change, and thus of imbalance and crises, Sahelians have responded in a remarkably dynamic way that indicates bright prospects for the future. The driver of this change is demographic: the total population has nearly tripled over the last 40 years\; the urban population has increased eight-fold and the rural population has doubled. These trends, as well as substantial migratory flows, will persist over the next generation. Due to their inevitability, urbanisation and migration should be dealt with head-on—not as a disease that must be cured, but rather as a potential to be optimised. This is not to say that these phenomena do not manifest tensions and crises. It is instead to emphasise the idea that the less prepared we are to face them, the more destructive these tensions will be. The governments of the West African Sahelian countries should thus now pose the following questions, since they will undoubtedly arise in the future: How to best monitor and manage rapid urbanisation? How to best monitor and manage large migrations towards potentially productive but sparsely populated agricultural areas? How to best monitor and manage predominantly young societies?

Keywords : Sahel, Demography, Anthropic Factor

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ARTICLE

Auteur(s) :, Laurent Bossard1,2

1Unité « Développement local et processus d’intégration régionale » Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest 94, rue Chardon Lagache 75016 Paris, www.oecd.org/sah/
2Réseau « West Africa Border and Integration », www.afriquefrontières.org

L’objet de cette contribution est l’espace sahélien ouest-africain, défini comme l’ensemble des pays continentaux dont une partie significative du territoire est située en deçà de l’isohyète 700 mm. Ces pays sont la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad (( figure 1 )).Cet espace est immense : 5,2 millions de km2 soit 68 % de l’Afrique de l’Ouest ou encore 1,7 fois la superficie de l’Europe des 15. Il est constitué pour un tiers de désert et pour plus de 80 % de zones arides (moins de 600 mm). Selon les données disponibles (FAO), seuls 4 % du territoire (un peu plus de 200 000 km2 soit 20 millions d’hectares) sont cultivés. En d’autres termes, les pays que nous qualifions ici de « sahéliens » constituent en Afrique de l’Ouest, une zone essentiellement aride ; il semble même qu’elle le soit de plus en plus puisqu’on s’avance couramment vers une baisse de 20 % en moyenne de la pluviométrie par rapport aux années 1960.Les questions abordées ici ont trait à l’avenir de cet espace. Il est d’usage, lorsqu’on se hasarde à une réflexion prospective, de mettre le mot avenir au pluriel parce qu’à l’évidence, il y a plusieurs avenirs possibles. Mais notre propos n’est pas vraiment la prospective. N’ayant ni la prétention, ni la compétence de présenter en quelques pages les « futurs possibles » des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest, cette contribution se limitera essentiellement à remettre sur la table une lecture du passé porteuse d’espoir pour l’avenir, justifiant l’emploi du singulier.Le but n’est pas de montrer que « tout va bien » dans cette zone sahélienne de l’Afrique de l’Ouest, même si nous essayerons de mettre en évidence que des progrès considérables y ont été enregistrés au cours des dernières décennies. Nous tenterons également de ne pas nous inscrire dans le clivage entre « Afro-pessimistes » et « Afro-optimistes » qui, de notre point de vue, n’a pas beaucoup de sens. Il n’y a pas une bonne et une mauvaise façon de voir la réalité. Le regard neutre et l’objectivité n’existent pas. Une bicyclette est un moyen de locomotion rapide du point de vue d’un piéton et lent du point de vue d’un automobiliste ; qui a raison, qui a tort ? C’est une question de point de vue, c’est-à-dire de l’endroit d’où l’on se place pour observer et analyser la réalité.Il est possible de démontrer que les pays sahéliens sont sur la voie du naufrage, la pauvreté augmente, la pression sur les ressources s’accentue, l’environnement se dégrade, le sida y fait un nombre croissant de victimes, la mauvaise gouvernance est majoritaire, etc. Tout cela a été écrit de nombreuses fois. Aussi nous semble-t-il intéressant de proposer une grille de lecture différente de la même réalité ; cette grille de lecture est la suivante : « Le Sahel est une région en mutation rapide ; toute mutation entraîne des déséquilibres et des crises ; mais dans ce contexte difficile, les sahéliens réagissent de façon remarquablement dynamique et porteuse de promesses pour l’avenir ».Cette approche a, de notre point de vue, l’avantage de nous mettre « dans le sens de la marche ». Annoncer des catastrophes à venir ne suffit pas à fonder des politiques de développement ; tout en restant lucide, il est nécessaire et possible de recenser des raisons d’espérer.

Recomposition du peuplement et ses conséquences

Le moteur de la mutation rapide à laquelle est actuellement soumise la zone sahélienne (comme d’ailleurs l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest) est le peuplement. Entre 1960 et 2001, la population a été multipliée par 2,8 (passant de 19 à 54 millions d’habitants). Cette très forte croissance de la population s’est accompagnée d’un remarquable décollage de l’urbanisation ; la population urbaine a été multipliée par 8 (passant de 2 à 16 millions ; sans empêcher le doublement de la population rurale de 17 à 38 millions [1].

Au cours des 15 prochaines années, la population totale devrait atteindre 80 millions d’habitants dont 55 % de ruraux et 45 % d’urbains ; il faut donc se préparer à accueillir 6 millions de ruraux et 20 millions d’urbains supplémentaires… Cette estimation, avancée par l’étude WALTPS (West Africa Long Term Perspective Study) [2], se situe en bas de la « fourchette généralement admise », car elle intègre une prévision importante d’émigrations des pays enclavés (principalement Niger, Mali et Burkina) majoritairement tournée vers les pays côtiers. Les projections qui intègrent peu de migrations sont impressionnantes. Ainsi, une publication récente de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avance le chiffre de 23 millions d’habitants au Burkina en 2020 (contre 17 millions pour WALTPS) et de 73 à 531 millions en 2050 selon la baisse ou non du taux de natalité alors que la population est actuellement de 13,6 millions d’habitants [3] !

L’émigration prévisible (et à bien des égards souhaitable) ne sera que le prolongement des tendances observées par le passé.

La ( figure 2 ) montre que la part relative du Burkina et du Mali dans la population de l’Afrique de l’Ouest est en baisse tendancielle alors que celle de la Côte d’Ivoire est en hausse. Sur le long terme, les événements récents en Côte d’Ivoire ne devraient rien changer à cette évolution structurelle. Comme par le passé, les flux migratoires s’adapteront aux évolutions du contexte économique et politique mais se poursuivront. Contrairement à ce qui est souvent avancé, sauf en cas de crise aiguë, les migrations ne sont pas des « fuites en avant » mais résultent de stratégies raisonnées en fonction des opportunités économiques. Lorsque ces dernières se tarissent, les migrations cessent, parfois s’inversent dans l’attente de jours meilleurs, ou encore se réorientent vers des zones jugées plus hospitalières. À titre d’illustration, on peut rappeler les éléments suivants de l’histoire économique récente de la Côte d’Ivoire [4] :

  • entre 1975 et 1977, les prix du café et du cacao sont multipliés par plus de 3 ; les recettes de l’État, donc les programmes d’investissements font un bond en avant. Au cours de la période 1976-1980, le solde migratoire du pays est de + 1,3 million de personnes, dont 700 000 en provenance du Burkina, 300 000 du Mali et 100 000 de Guinée [5]. Le décalage entre le « boom économique » et le « boom de peuplement » s’explique par le fait que le second est une réaction au premier. Par ailleurs, la manne publique continuera d’être forte jusqu’en 1980 (cf. infra) ;
  • les années 1979-1980 sont marquées par une détérioration très rapide des termes de l’échange et par la forte rétractation corrélative des dépenses d’investissement du secteur privé. Par ailleurs, l’investissement public continue d’augmenter ;
  • De 1981 à 1993, se succèdent plusieurs périodes consécutives d’ajustement marquées par une diminution tendancielle de l’investissement privé et une très forte baisse de l’investissement public qui passe de 9 % du produit intérieur brut (PIB) en 1981, à 6,2 % en 1983 puis à 3,2 % en 1985. Un nouveau retournement des termes de l’échange en 1986 (- 20 %), qui se prolongera jusqu’en 1993, précipite le pays dans une nouvelle période de récession. Entre 1988 et 1992, le solde migratoire de la Côte d’Ivoire devient négatif, celui du Burkina positif et ceux du Mali et de la Guinée se stabilisent [6].

On le voit, les pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest sont, encore aujourd’hui, au cœur d’un processus très rapide de transformation de leur peuplement. Ils suivent une tendance à long terme qui verra les sociétés sahéliennes passer de majoritairement rurales à majoritairement urbaines et continuer à fournir d’importants contingents aux migrations régionales. Mais, pour beaucoup, ces deux perspectives sont-elles de « bonnes nouvelles » ?

Il ne sert à rien d’avoir peur de ce qui est inévitable

Parce qu’elles sont inévitables, l’urbanisation et les migrations doivent être regardées en face : non comme une maladie qu’il faut affronter, mais comme un potentiel à valoriser. Il ne s’agit pas ici de dire que ces deux phénomènes ne sont pas porteurs de tensions et de crises. Il s’agit de souligner que moins on aura accepté de s’y préparer, plus fortes seront les manifestations de ces tensions.

Urbanisation

Le « biais urbain » est encore fortement ancré dans les esprits. On se rappelle par exemple la conclusion de l’étude de Giri [7] : « Il est devenu à la mode de dire : il faut éliminer le biais urbain, la faveur donnée systématiquement aux citadins dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques économiques. Ce n’est certainement pas l’analyse faite dans cette réflexion prospective qui contredira cette recommandation. Le biais urbain est évidemment une des causes de ce que l’on a appelé la désarticulation des sociétés sahéliennes » Outre ses effets néfastes sur la société (délinquance, individualisme, drogue…), la ville est souvent présentée comme « prédatrice » du milieu rural et principalement consommatrice de produits importés du marché mondial plutôt que de produits locaux. Or, si l’on regarde les statistiques disponibles, on s’aperçoit par exemple qu’au Sénégal entre 1971 et 2001, les importations de riz par habitant sont restées constantes (environ 150 kg/hab) cependant que la population urbaine était multipliée par 3 [1, 8]. Pourtant le Sénégal est, à juste titre, réputé comme étant le pays de l’Afrique de l’Ouest ayant le régime alimentaire le plus extraverti.

La ville joue, au contraire, un rôle essentiel dans le développement agricole : celui de marché de consommation. Denève note à ce sujet : « Toute agriculture épuise le sol et (mis à part les jachères), seule l’intensification de la production permet d’entretenir la fertilité du sol, l’installation de l’agriculture pérenne et l’augmentation des rendements. Autrement dit, seule l’intensification permet de découpler la production de la capacité naturelle de régénération des ressources. Mais l’intensification nécessite des moyens pour financer les intrants, les équipements et les investissements. Ces moyens doivent être récurrents, ce qui signifie qu’ils doivent être générés par la production elle-même, sans quoi les méthodes utilisées ne sont pas viables. Autrement dit, il faut que le producteur puisse, au-delà de ce qui est nécessaire pour les besoins de la famille, gagner un surplus de revenus qui lui permette de financer ces méthodes de production plus intensives. Pour cela, il doit pouvoir vendre la majeure partie de sa production et c’est à ce niveau que le processus de développement est bloqué. En effet, dans les pays sahéliens, 80 à 90 % de la population est rurale et produit sa propre nourriture (…). Il s’en suit qu’il y a environ neuf producteurs par « client » et que le volume financier de la demande pour les vivriers ne représente qu’environ 10 % de la production. Il va de soi que, dans ces conditions, la masse paysanne ne peut obtenir un revenu suffisant pour pratiquer de façon durable des méthodes de production plus intensives. » [9]

La ville est donc « l’avenir de l’agriculture sahélienne ». Et même si on envisageait le projet fou de stopper l’urbanisation, donc de maintenir l‘immense majorité de la population dans un système rural traditionnel d’autosubsistance, encore faudrait-il que le milieu naturel soit capable de le supporter, ce qui n’est pas le cas.

L’autre critique faite à la ville africaine est qu’elle serait un agglomérat de pauvreté ou à tout le moins, ne créerait pas de richesse. « Face à cette critique qui pouvait mettre en cause l’intervention des bailleurs de fonds dans le secteur urbain, la Division de la Recherche de la Banque mondiale a fait ressortir au milieu des années 90, que les comptabilités nationales créditaient le milieu urbain de plus de 60 % des PIB nationaux (de l’Afrique subsaharienne) alors qu’il ne rassemblait que 30 % de la population. » [10] Mais on pourrait penser que cette « productivité urbaine » est essentiellement le fait du secteur moderne qui est concentré dans les villes. S’il est vrai que l’essentiel des services et des unités de production modernes est situé en milieu urbain, toutes les études menées dans le cadre du programme « Relance des économies locales »2, montrent que la valeur ajoutée moyenne générée par un acteur du secteur informel urbain est de l’ordre de 2 fois supérieure à celle d’un habitant du milieu rural : ainsi, dans le département de Dagana au Sénégal, en 1995, la productivité d’un habitant du secteur informel de Saint-Louis était de 240 000 FCFA3 contre 130 000 pour un habitant du milieu rural [11].

Migrations

La perspective de migrations régionales importantes n’a pas non plus bonne presse, ni dans les pays côtiers (en particulier en ce moment en Côte d’Ivoire), ni dans les pays sahéliens : un pays d’émigration est réputé « pauvre », on ne peut donc inscrire cette perspective dans une réflexion sur le développement à long terme. Tout indique pourtant que ces migrations vont continuer à se développer. Même au prix d’une politique volontariste d’urbanisation (qui est malheureusement très loin d’être acquise), il est bien difficile aujourd’hui d’imaginer le Burkina peuplé de 40 ou 50 millions d’habitants. En dehors du recours à la violence, aucune stratégie visant à contraindre la mobilité n’a jusqu’à présent porté ses fruits. Les migrations régionales, comme d’ailleurs toutes les formes de mobilité, doivent donc être assumées de façon positive et être préparées avec l’idée que les zones d’accueil d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement celles de demain.

Une réflexion sur les futures zones d’accueil doit donc être menée le plus rapidement possible. Le « portait robot » de ces zones est le suivant : un potentiel agricole, une densité de peuplement rural relativement faible, des villes en croissance susceptibles d’offrir des débouchés et des services au monde rural.

Les zones libérées de l’onchocercose (( figure 3 )) correspondent à peu près à ce profil. Une récente publication du Cicred (Comité international de coopération dans les recherches nationales en démographie) [12] précise que cet ensemble « dont la densité de population est globalement plus faible que la densité dans l’ensemble des pays (…) passe pour avoir un bon potentiel agricole. De son contexte climatique et orographique résultent des sols ferrugineux tropicaux particulièrement favorables à différentes cultures, notamment celles de l’igname, du sorgho, du coton, de l’arachide, etc. (…) Les bassins des cours d’eau présentent des sols riches en limons et minéraux (…) qui se révèlent favorables à la fois à la culture fluviale et à l’irrigation ».

C’est effectivement dans cette zone de l’Afrique de l’Ouest (qui se prolonge à l’est jusqu’au Tchad) que l’on trouve la totalité du coton ouest-africain, mais aussi l’essentiel du maïs, des fruits et légumes et de l’élevage. La densité de population y est effectivement relativement faible ; même si, localement, on observe déjà des concentrations importantes de population rurale (autour de Kano au Nord Nigeria, dans les environs immédiats de Korhogo, dans le Nord ivoirien…).

Cette même zone est en voie d’urbanisation rapide. Le réseau d’une cinquantaine de villes que l’on voit apparaître sur la ( figure 4 ) n’est qu’un « instantané » dans un processus d’une incroyable rapidité. Si l’on avait fait la même carte il y a vingt ans, une vingtaine de localités ne seraient pas apparues. La même carte en 1960 ne ferait apparaître que moins de dix villes de plus de 50 000 habitants. Dans vingt ans, une quinzaine de localités apparaîtra. La très grande densité urbaine du Nord Nigeria et du Nord Cameroun, donne une idée de ce que seront, dans une génération, le Sud Niger, le Nord Ghana, le Nord ivoirien et le Sud Ouest Sénégal.

Enfin, c’est une zone de contact entre les pays sahéliens et les pays côtiers. À ce sujet, l’étude du Cicred déjà citée conclut fort justement que « Il importe donc d’identifier très précisément les axes de peuplement et d‘en définir les caractéristiques comme indicateurs de continuité ou de discontinuité démo-économiques nationales et transnationales. Autrement dit, il s’agit de repérer les éléments qui marquent ou non la limite entre les « Sud » et les « Nord » des pays concernés et d’appréhender les relations d’échanges entre les différentes sous-régions. » La prise en compte de la dynamique d‘urbanisation (qui n’est pas intégrée dans l’étude Cicred) apporte, semble-t-il, un éclairage nouveau à ces questions ; elle confirme la densification rapide des continuités transfrontalières.

Au début des années 1990, l’étude WALTPS proposait l’analyse suivante de cette zone : « Avec 28 % de la population totale (de l’Afrique de l’Ouest)… cette zone est relativement peu peuplée au regard de ses potentialités. Elle est de même peu urbanisée. C’est une zone d’émigration au cours des trente dernières années, mais qui pourrait se transformer en zone d’accueil. » [13]

Cette hypothèse semble aujourd’hui se confirmer. Elle donne un sens positif à la mobilité en générale et aux migrations régionales en particulier. Elle invite à la formulation solidaire, par les pays sahéliens et les pays côtiers, de politiques régionales d’aménagement du territoire de la zone soudano-sahélienne de l’Afrique de l’Ouest.

Tout cela mérite bien entendu d’être approfondi, nuancé et précisé. L’important à ce stade est d’accepter de regarder les migrations sous un angle positif, de considérer que, puisqu’elles sont inévitables, elles sont et seront l’une des manifestations d’une évolution souhaitable : la densification du peuplement régional, donc des opportunités de production et d’échange.

Un autre regard sur le passé

Une relecture des performances passées des pays sahéliens s’impose. À travers quelques exemples, on va essayer de montrer que, sans tordre le cou à la réalité, il est possible de mettre en évidence plus de dynamisme que d’apathie. Un tel exercice, qui ne sera ici que très grossièrement ébauché est indispensable. Un ami spécialiste ouest africain disait récemment « Il faut faire taire la rumeur », celle qui désespère et fait désespérer de l’avenir.

Le PIB est généralement considéré comme l’indicateur principal de l’évolution d’une économie. Pour la zone qui nous concerne, cet indicateur donne deux images très différentes selon qu’on prend en compte ou non la dynamique démographique [1] :

  • calculé per capita, il indique une évolution peu satisfaisante : il était de 269 dollars en 1960 et de 328 dollars en 2001. Cette performance est médiocre puisque l’augmentation n’a été que de 20 % en l’espace de 40 ans ;
  • si en revanche, on observe son évolution en valeur absolue et en comparaison avec la population, on s’aperçoit que le PIB de l’ensemble des pays sahéliens d’Afrique de l’Ouest a été multiplié par 3,4 (passant de 5,3 à 17,8 milliards de dollars constants 1995) cependant que la population était multipliée par 2,8.

On voit bien là encore qu’il ne s’agit pas d’être pessimiste ou optimiste mais de prendre ou non en compte la réalité de la dynamique de peuplement.

De même, si l’on regarde les performances de l’agriculture, on s’aperçoit que la valeur ajoutée de ce secteur a, grosso modo, suivi la croissance démographique. Une analyse plus détaillée des données fournies par la FAO montre que la progression de la production de céréales (multipliée par 2,6) est légèrement inférieure à la croissance démographique entre 1961 et 20014. En revanche, on observe des bonds spectaculaires de la production de tomates (x 12), d’oignons (x 9), de pommes de terre (x 4), etc. Un phénomène identique est observé pour la production de protéines animales : alors que la production de viande bovine suit à peine la croissance démographique (x 2,6), celle de viande de poulet est multipliée par 7 (passant de 23 000 à 150 000 tonnes) et celle des œufs par 4 (de 19 000 à 80 000 tonnes). On peut bien sûr discuter la fiabilité de ces chiffres (comme d‘ailleurs de tous les autres) ; il est plus difficile de remettre en cause les tendances qui, par ailleurs, sont confirmées par de nombreuses monographies locales.

Cette diversification de la production est le signe du développement du marché. La zone sahélienne de l’Afrique de l’Ouest est en train d’aborder le cap qui sépare l’économie agricole d’autosubsistance et l’économie agricole de marché. Cette mutation ne s’opère pas partout de la même façon et avec la même intensité. Les zones situées au plus près des marchés urbains et/ou disposant des potentialités agricoles les plus fortes sont privilégiées de ce point de vue.

Les indicateurs sociaux peuvent également faire l’objet d’une lecture sur le long terme donnant une autre perspective de l’évolution des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest. Le plus « délicat » de ces indicateurs est l’espérance de vie à la naissance dont on sait qu’elle diminue dans certains pays depuis quelques années sous l’effet notamment de la pandémie de sida (encadré 1). Au Burkina, elle est passée de 45 ans en 1997 à 43 ans en 2000 ; au Mali, elle a également baissé d’1 an ; elle est restée stable dans les autres pays. Sur le long terme cependant, les progrès restent sensibles puisqu’un Sahélien vit aujourd’hui de 20 à 40 % plus longtemps qu’il y a 40 ans.

Dans le domaine de l’éducation, au Sénégal, le taux de scolarisation en primaire est passé de 37 % en 1980 à 63 % en 2000, cependant que le nombre d’enfants de moins de 14 ans passait de 2,5 millions à 5,3 millions, soit plus de deux fois plus d’enfants à scolariser... Dans le domaine de la santé, entre 1960 et 2000, la mortalité infantile a diminué de plus de 50 % au Sénégal et au Mali alors que la population de ces deux pays était multipliée par 2,7. Le pourcentage de la population malienne ayant accès à l’eau potable est passé de 55 à 65 % entre 1980 et 2000, cependant que la population passait de 6,6 à 10,8 millions d’habitants [1].

Arrêtons-nous un instant dans la jolie ville de Ségou sur les bords du Niger au Mali. Sa population a à peu près, doublé entre 1980 et 1998, passant de 60 000 à 110 000 habitants. Dans le même temps, le nombre d’artisans et de commerçants doublait également (de 2 300 à 5 500 pour les premiers, de 3 000 à 5 800 pour les seconds) [14]. Ce qui est intéressant dans cet exemple est moins la confirmation de la dynamique de population que la concordance entre le doublement du nombre d’habitants et celui du nombre de commerçants et d’artisans. Aujourd’hui, à Ségou comme ailleurs, l’immense majorité de la population n’est pas dans une logique d’accumulation mais dans une logique de partage. Lorsqu’une activité artisanale ou commerciale semble pouvoir fournir des revenus au-delà de ce qui est nécessaire pour vivre, on fait venir une autre personne du village, on ne cherche pas à vendre plus pour son propre compte, on « n’augmente pas son PIB per capita ». C’est principalement par cette stratégie que les pays sahéliens et de l’Afrique de l’Ouest réussissent à « encaisser » le choc démographique ; ce mécanisme détermine les mutations spatiales du peuplement. Autrement dit, l’essentiel de l’énergie déployée au cours des dernières décennies a été consacrée à gérer le peuplement, c’est-à-dire à « accueillir les nouveaux venus ».

Il en va de l’investissement comme du travail. L’étude WALTPS déjà citée estimait qu’entre 1960 et 1990, les Africains de l’Ouest ont dépensé 200 milliards de dollars US pour construire des logements dans les villes (dont 20 % consacrés à des constructions non réglementaires) ; cette somme est trois fois supérieure au PIB régional de 1990 (68 milliards) et deux fois supérieure au PIB régional actuel (93 milliards en 2001). À l’heure où l’on parle de la dépendance vis-à-vis de l’aide internationale, il est instructif de se promener dans une ville sahélienne en essayant de repérer ce qui a été construit avec l’argent de la communauté internationale et ce qui a été construit par les Sahéliens eux-mêmes. Se promener dans la campagne amènera le visiteur à la même conclusion : le Sahel et l’Afrique de l’Ouest d’aujourd’hui sont essentiellement le fruit de l’investissement de leurs habitants.

Après avoir tenté de montrer le dynamisme des sahéliens, on ne peut achever ce très bref et très incomplet survol du passé sans s’arrêter un instant sur l’aide au développement. Même si, comme nous venons de le faire, il convient d’en relativiser l’importance, le discours sur sa « faillite » nous paraît bien exagéré. La réalité de l’action de l’aide est en partie brouillée par le diagnostic que l’on porte sur l’évolution de l’économie et des sociétés sahéliennes : comment prétendre que la coopération internationale a opéré en affirmant par ailleurs que « tout va de plus en plus mal ».

Même si tout n’est pas rose, on ne peut lui retirer un certain nombre de succès.

Les infrastructures (routes, électrification, adductions d’eau, systèmes de communication, ports et aéroports...) constituent l’un des fleurons de l’action des agences d’aide qui y ont consacré près de 4 milliards de dollars entre 1975 et 1990, soit 15 % de l’aide publique au développement (APD) totale et 28 % de l’aide projet consentie aux pays sahéliens, les routes représentant les deux tiers de ces financements. La marque de l’aide est ici très profonde puisque la quasi-totalité des infrastructures sahéliennes construites depuis les indépendances l’a été sur financement extérieur. Ces infrastructures ont joué un rôle déterminant dans l’évolution de l’économie et des sociétés, notamment en facilitant le développement des échanges, la croissance agricole vivrière et d’exportation et la circulation de l’information.

Les campagnes de vaccination ont sans doute joué un rôle non négligeable dans la nette diminution de la mortalité infantile et l’allongement de la durée de vie moyenne ; le programme de lutte contre l’onchocercose a « libéré » des centaines de millions d’hectares de terres cultivables. Dans le domaine vétérinaire, la coopération internationale est à l’origine de l’éradication de la peste bovine en Afrique de l’Ouest ; de même qu’elle a permis le rapide développement de l’aviculture par la fourniture de vaccins contre la maladie de Newcastle, etc.

Même les programmes d’ajustement structurel, dont il est désormais d’usage de dire le plus grand mal, ont eu incontestablement des impacts positifs. Ils ont certes été « peu appropriés », pour ne pas dire brutaux ; pourtant, les transformations apportées par ces programmes ont été décisives. Pour s’en convaincre, il faut se souvenir de l’époque, pas si lointaine, de l’économie totalement administrée, des prix décidés par les gouvernements, des magasins d’État mal approvisionnés, des banques publiques en faillite, etc.

Certes, les méthodes de l’aide ont été souvent contestables ; « l’appropriation » a rarement été autre chose qu’un slogan ; le plus souvent, on a plus cherché des problèmes aux solutions que l’inverse [15]. Il n’est pas pour autant honnête de lui contester ses succès. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ces succès sont principalement ceux qui ont trait à l’accompagnement des dynamiques de peuplement (infrastructures, santé….).

La prospective n’a pas pour objet de prévoir mais d’anticiper

Il n’est pas possible de prévoir le futur. Au prix d’efforts très importants, on peut tenter d’imaginer un grand nombre de futurs possibles et dessiner toute une gamme de scénarios bâtis sur la combinaison du plus grand nombre possible de paramètres, en n’oubliant pas de préciser que tout ou partie d’un scénario peut se combiner avec tout ou partie d’un autre scénario, voire de plusieurs, ce qui fait une myriade de possibilités… Avec sept notes de musique, on peut écrire une infinité de mélodies. Au bout du compte, les exercices de prospective rendent justice à l’avenir en confirmant qu’il est imprévisible : « Il y a certainement un très grand nombre de scénarios imaginables basés sur les hypothèses que nous avons faites. Comment peut-on imaginer un scénario ? Peut-on même l’imaginer ? » [16]. Ils n’en sont pas inutiles pour autant car ils suscitent (ou devraient susciter) le débat au sein des sociétés africaines sur ce qu’il convient de faire pour construire un avenir meilleur. Le reproche que l’on peut faire à ces exercices est de ne pas suffisamment insister sur ce qui est absolument inévitable.

Il nous semble en effet qu’une lecture attentive du passé, sur une période aussi longue que possible, doit nous permettre de répondre à la question suivante : Quels sont les phénomènes qui ont suffisamment de force aujourd’hui pour qu’on soit à peu près certain qu’ils seront toujours à l’oeuvre dans l’avenir ?

Encore faut-il préciser de quel horizon temporel on parle : l’année prochaine, dans 10 ans, dans 30 ans, ou dans un siècle. Plus la perspective est proche, plus grand est le nombre de tendances contemporaines qui se prolongeront certainement demain. Les réflexions prospectives se fixent généralement un horizon de 20 à 30 ans correspondant à l’horizon d’une génération, ce qui est déjà très ambitieux.

Évolution du climat

À cette échelle de temps, l’évolution climatique vient spontanément à l’esprit tant ce facteur est associé au Sahel. Même si la plus grande partie des experts parie sur une dégradation continue, rien ne prouve avec certitude que la tendance actuelle, qui est à une certaine « aridification », se prolonge dans le futur. Au lendemain de la grande sécheresse de 1983-1984, on annonçait couramment que « si rien n’est fait, le capital terre aura pratiquement disparu en l’an 2000 » [17]. Quelques années plus tard, une étude notait que les dégradations dans la zone pastorale n’étaient pas aussi complètes ni aussi définitives qu’on aurait pu le croire ; le retour des pluies vers les normales séculaires ayant entraîné ce que certains ont appelé la « resahélisation » : « même si la resahélisation des zones devenues provisoirement désertiques est en moyenne un phénomène plus lent que leur transformation en désert » [18]. D’autres travaux montrent que dans les zones arides du Sahel, la pluviométrie a chuté de 20 à 30 % au cours de la période 1961–1990 [19]. On pourrait donc intégrer ce paramètre comme une évolution probable (au nom du principe de précaution) tout en gardant à l’esprit que les détériorations environnementales sont d’abord le fait de la surexploitation du milieu dans un contexte donné : « Une multitude de chiffres, de statistiques, de tendances à moyen et à long termes et de causes du déficit pluviométrique a été publiée. Cependant, force est de constater qu’aucune étude n’a pu chiffrer la part du déficit pluviométrique dans la dégradation de l’environnement au Sahel et que peu de recherches sur le terrain ont été effectuées à ce sujet. Trop souvent, la dégradation est implicitement considérée comme évidemment la conséquence de l’assèchement du climat. En fait, plus l’étude est sérieuse et plus elle semble minimiser l’impact de l’assèchement par rapport aux idées qu’en a l’opinion publique.(...) Apparemment, tant l’envergure que l’intensité de la dégradation sont hors de proportion de l’impact possible du déficit pluviométrique. Cette présomption est soutenue par le constat que les zones peu ou pas exploitées par l’homme ont relativement peu souffert de la sécheresse. » [9]

Évolution des mentalités

L’évolution des mentalités est également souvent présentée comme un facteur à inertie longue. L’étude du Collectif « Futurs Africains » [16] rappelle que jusqu’à présent le mode de production dominant est encore lignager : « On constate que les systèmes de production marchande ou capitaliste au cours des dernières décennies sont loin d’avoir supplanté les systèmes de production lignagers. Ces derniers constituent en fait un lieu de résistance des sociétés africaines et cette résistance est de toute évidence une tendance lourde ». Mais, dans le même temps, l’étude admet que cette tendance est susceptible d’évolutions relativement contrastées selon les scénarios. La « logique relationnelle reste dominante » (scénario tendanciel) ou « Il se dégage peu à peu une masse de gens qui privilégient une logique orientée vers la recherche de l’efficacité dans les processus de production. (Même si) une part importante, peut-être majoritaire, de la population demeure encore gouvernée par une logique orientée vers l’établissement de relations entre les hommes » (scénario « le lion sort ses griffes »).

Il existe décidément peu de tendances dont on puisse affirmer que l’inertie portera réellement sur plusieurs décennies. Parmi ces dernières, la démographie et son corollaire le peuplement nous semble essentielle.

Les mamans de la prochaine génération de Sahéliens sont déjà nées ; il est donc facile de les compter pour extrapoler la population future. On ne sait certes pas si elles feront 6 enfants en moyenne ou 5 ; on ne connaît pas avec exactitude l’incidence de la pandémie de sida, mais on sait que la population des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest doublera d’ici une vingtaine d’années : si ce n’est pas 20 ans, ce sera 25 ans, ou 26, ou 27. On sait également que, par le passé, la forte croissance démographique s’est accompagnée d’une double dynamique de peuplement : l’urbanisation et la migration des zones les moins bien dotées en ressources naturelles vers les zones plus favorisées. Même si on regrette cette tendance, même si l’on pense qu’il existe des moyens techniques et politiques de la contrecarrer, personne ne peut raisonnablement affirmer que cette stratégie aura des effets à court ou à moyen terme.

Par ailleurs, la poursuite d’une forte croissance démographique fera que, demain comme aujourd’hui, les société sahéliennes seront majoritairement constituées de jeunes.

Ces tendances sont inéluctables à l’horizon de 20 ans. Toute politique à moyen et long terme doit en conséquence nécessairement les anticiper. Même si à très long terme on souhaite les stopper, il faut les accompagner.

Conclusion

Parce qu’elles se poseront forcement, les gouvernements des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest devraient donc dès aujourd’hui se poser les questions suivantes :
  • comment accompagner et gérer au mieux une urbanisation rapide ?
  • comment accompagner et gérer au mieux des migrations importantes vers les zones agricoles disposant de potentiels significatifs et aujourd’hui relativement peu peuplées ?
  • comment accompagner et gérer au mieux des sociétés majoritairement jeunes ?

On ne sait pas ce que seront les évolutions du climat et de l’environnement, des régimes politiques et de la décentralisation, des systèmes de production, du contexte international, etc. On sait, en revanche, que ces évolutions s’opéreront dans un contexte défini par ces trois questions.

Des sociétés de plus en plus urbaines, de plus en plus mobiles à l’intérieur de la région, de plus en plus jeunes… Tout cela ne se passera pas sans crises et sans conflits ; mais la violence et le nombre de ces derniers dépendront de la capacité de la région à anticiper l’inévitable.

Références

1 World Bank. World Development Indicators 2004. Washington (DC) : World Bank, 2004 ; (cédérom ou banque de document en ligne).

2 Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) ; Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) ; Banque africaine de développement (Bad). Cour JM, ed. West Africa Long Term Perspective Study. Paris ; Abidjan ; Ouagadougou : OCDE ; Bad ; CILSS , 1994 ; 156 p.

3 Food and Agriculture Organization (FAO). Dynamiques des populations, disponibilités en terre et adaptation des régimes fonciers : le Burkina Faso. Rome : FAO, 2003 ; 116 p.

4 Cogneau D, Mesplé-Somps S. La Côte d’Ivoire peut-elle devenir un pays émergent ? Programme d’étude « Afrique émergente ». Paris : Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), 1999 ; 118 p.

5 Russel S, Jacobson K, Stanley W. International Migration and Development in SSA. Washington (DC) : World Bank, 1990 ; 188 p.

6 Center for Applied Research on Population and Development (Cerpod). Migrations et urbanisation en Afrique de l’Ouest. Bamako : Cerpod ; Comité de lutte inter-États contre la sécheresse au Sahel (CILSS), 2000 ; 30 p.

7 Giri J. Le Sahel face aux futurs. Paris : Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ; Comité de lutte inter-États contre la sécheresse au Sahel (CILSS), 1988 ; 276 p.

8 Food and Agriculture Organization (FAO). FAOSTAT. Banque de données statistiques en ligne. http ://apps.fao.org/debut.htm

9 Denève R. Sahel Sahel, une vision controversée. Gland (Suisse) : Union mondiale pour la nature (UICN), 1995 ; 63 p.

10 Arnaud M. Dynamiques de l’urbanisation en Afrique au Sud du Sahara. Paris : Institut des sciences et des techniques de l’équipement et de l’environnement pour le développement (Isted), 1998 ; 28 p.

11 Niang D, Brossard L, Warr B, Cour JM. L’économie locale de Saint-Louis et du delta du fleuve Sénégal. Paris : Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) ; Agence canadienne de développement international (ACDI), 1998 ; 52 p.

12 Comité international de coopération dans les recherches nationales en démographie (Cicred). Dynamiques de peuplement des zones rurales libérées de l’onchocercose en Afrique de l’Ouest : Bénin (CERPOD), Burkina (UERD), Côte d’Ivoire (ENSEA), Ghana (RIPS), Guinée (DNSI), Mali (DNSI), Niger (DSCN), Sénégal (DPS), Togo (URD). Synthèse des monographies nationales. In : Quesnel A, ed. Paris : Cicred, 1999 ; 130 p.

13 Snrech S. Pour préparer l’avenir de l’Afrique de l’Ouest : une vision à l’horizon 2020. In : Cour JM, editor. Synthèse de l’étude des perspectives à long terme en Afrique de l’Ouest. Paris ; Abidjan ; Ouagadougou : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ; Banque africaine de développement (Bad) ; Comité de lutte inter-États contre la sécheresse au Sahel (CILSS), 1994 ; 156 p.

14 Ulla Messerich-Santara, Traoré Moriba, Birama Diarra M, et al. L’économie locale de Ségou : rapport général. Paris ; Cotonou : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)/Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest ; Partenariat pour le développement municipal (PDM), 1999 ; 154 p.

15 Naudet JD. Vingt ans d’aide au Sahel : trouver des problèmes aux solutions. Paris : Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)/Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, 2000 ; 312 p.

16 Futurs Africains. Afrique 2025 : Quels futurs possibles pour l’Afrique au sud du Sahara ?. Paris : Karthala, Collection Tropiques 2003 ; 200 p.

17 Bonfils M. Halte à la désertification au Sahel : guide méthodologique. Paris ; Wageningen (Pays Bas) : Karthala, 1987 ; CTA 268 p.

18 Giri J, Madon G. Les agences d’aide et l’environnement, à la recherche d’un développement durable pour le Sahel. Paris : Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)/Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, 1991 ; 26 p.

19 Toulmin C, Gueye B. Transformations in West African Agriculture and the Role of Family Farms. Paris : Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)/Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, 2003 ; 144 p.

4 En allant encore plus en détail, on verrait que les céréales traditionnelles progressent relativement moins vite que le maïs, dont la production passe de 200 000 tonnes en 1961 à 1,2 million de tonnes en 2001 dans les six pays qui nous occupent.1 Ce qui ferait du Burkina, quelle que soit l’hypothèse, un pays plus peuplé que l’Italie dont les projections indiquent que sa population pourrait baisser à 50 millions d’habitants en 2050…2 Programme Ecoloc mené conjointement entre 1997 et 2002 par le Secrétariat du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest et le Partenariat pour le développement municipal (PDM) ; depuis 2002, le programme est géré par le PDM seul.3 655 FCFA = 1 euro.


 

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