ARTICLE
Auteur(s) :, Laurent
Bossard1,2
1Unité « Développement local et processus
d’intégration régionale » Secrétariat du Club du Sahel et de
l’Afrique de l’Ouest 94, rue Chardon Lagache 75016 Paris,
www.oecd.org/sah/
2Réseau « West Africa Border and
Integration », www.afriquefrontières.org
L’objet de cette contribution est l’espace sahélien ouest-africain,
défini comme l’ensemble des pays continentaux dont une partie
significative du territoire est située en deçà de l’isohyète
700 mm. Ces pays sont la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le
Burkina Faso, le Niger et le Tchad (( figure 1 )).Cet espace est
immense : 5,2 millions de km2 soit 68 %
de l’Afrique de l’Ouest ou encore 1,7 fois la superficie de
l’Europe des 15. Il est constitué pour un tiers de désert et pour
plus de 80 % de zones arides (moins de 600 mm). Selon les
données disponibles (FAO), seuls 4 % du territoire (un peu
plus de 200 000 km2 soit 20 millions
d’hectares) sont cultivés. En d’autres termes, les pays que nous
qualifions ici de « sahéliens » constituent en Afrique de
l’Ouest, une zone essentiellement aride ; il semble même
qu’elle le soit de plus en plus puisqu’on s’avance couramment vers
une baisse de 20 % en moyenne de la pluviométrie par rapport
aux années 1960.Les questions abordées ici ont trait à l’avenir de
cet espace. Il est d’usage, lorsqu’on se hasarde à une réflexion
prospective, de mettre le mot avenir au pluriel parce qu’à
l’évidence, il y a plusieurs avenirs possibles. Mais notre propos
n’est pas vraiment la prospective. N’ayant ni la prétention, ni la
compétence de présenter en quelques pages les « futurs
possibles » des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest, cette
contribution se limitera essentiellement à remettre sur la table
une lecture du passé porteuse d’espoir pour l’avenir, justifiant
l’emploi du singulier.Le but n’est pas de montrer que « tout
va bien » dans cette zone sahélienne de l’Afrique de l’Ouest,
même si nous essayerons de mettre en évidence que des progrès
considérables y ont été enregistrés au cours des dernières
décennies. Nous tenterons également de ne pas nous inscrire dans le
clivage entre « Afro-pessimistes » et
« Afro-optimistes » qui, de notre point de vue, n’a pas
beaucoup de sens. Il n’y a pas une bonne et une mauvaise façon de
voir la réalité. Le regard neutre et l’objectivité n’existent pas.
Une bicyclette est un moyen de locomotion rapide du point de vue
d’un piéton et lent du point de vue d’un automobiliste ; qui a
raison, qui a tort ? C’est une question de point de vue,
c’est-à-dire de l’endroit d’où l’on se place pour observer et
analyser la réalité.Il est possible de démontrer que les pays
sahéliens sont sur la voie du naufrage, la pauvreté augmente, la
pression sur les ressources s’accentue, l’environnement se dégrade,
le sida y fait un nombre croissant de victimes, la mauvaise
gouvernance est majoritaire, etc. Tout cela a été écrit de
nombreuses fois. Aussi nous semble-t-il intéressant de proposer une
grille de lecture différente de la même réalité ; cette grille
de lecture est la suivante : « Le Sahel est une région en
mutation rapide ; toute mutation entraîne des déséquilibres et
des crises ; mais dans ce contexte difficile, les sahéliens
réagissent de façon remarquablement dynamique et porteuse de
promesses pour l’avenir ».Cette approche a, de notre point de
vue, l’avantage de nous mettre « dans le sens de la
marche ». Annoncer des catastrophes à venir ne suffit pas à
fonder des politiques de développement ; tout en restant
lucide, il est nécessaire et possible de recenser des raisons
d’espérer.
Recomposition du peuplement et ses conséquences
Le moteur de la mutation rapide à laquelle est actuellement soumise
la zone sahélienne (comme d’ailleurs l’ensemble de l’Afrique de
l’Ouest) est le peuplement. Entre 1960 et 2001, la population a été
multipliée par 2,8 (passant de 19 à 54 millions
d’habitants). Cette très forte croissance de la population s’est
accompagnée d’un remarquable décollage de l’urbanisation ; la
population urbaine a été multipliée par 8 (passant de 2 à
16 millions ; sans empêcher le doublement de la
population rurale de 17 à 38 millions [1].
Au cours des 15 prochaines années, la population totale
devrait atteindre 80 millions d’habitants dont 55 % de
ruraux et 45 % d’urbains ; il faut donc se préparer à
accueillir 6 millions de ruraux et 20 millions d’urbains
supplémentaires… Cette estimation, avancée par l’étude WALTPS (West
Africa Long Term Perspective Study) [2], se situe en bas de la
« fourchette généralement admise », car elle intègre une
prévision importante d’émigrations des pays enclavés
(principalement Niger, Mali et Burkina) majoritairement tournée
vers les pays côtiers. Les projections qui intègrent peu de
migrations sont impressionnantes. Ainsi, une publication récente de
l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO) avance le chiffre de 23 millions
d’habitants au Burkina en 2020 (contre 17 millions pour
WALTPS) et de 73 à 531 millions
en 2050 selon la baisse ou non du taux de natalité alors que
la population est actuellement de 13,6 millions d’habitants
[3] !
L’émigration prévisible (et à bien des égards souhaitable) ne
sera que le prolongement des tendances observées par le passé.
La ( figure 2
) montre que la part relative du Burkina et du Mali dans la
population de l’Afrique de l’Ouest est en baisse tendancielle alors
que celle de la Côte d’Ivoire est en hausse. Sur le long terme, les
événements récents en Côte d’Ivoire ne devraient rien changer à
cette évolution structurelle. Comme par le passé, les flux
migratoires s’adapteront aux évolutions du contexte économique et
politique mais se poursuivront. Contrairement à ce qui est souvent
avancé, sauf en cas de crise aiguë, les migrations ne sont pas des
« fuites en avant » mais résultent de stratégies
raisonnées en fonction des opportunités économiques. Lorsque ces
dernières se tarissent, les migrations cessent, parfois s’inversent
dans l’attente de jours meilleurs, ou encore se réorientent vers
des zones jugées plus hospitalières. À titre d’illustration, on
peut rappeler les éléments suivants de l’histoire économique
récente de la Côte d’Ivoire [4] :
- – entre 1975 et 1977, les prix du café et du cacao sont
multipliés par plus de 3 ; les recettes de l’État, donc les
programmes d’investissements font un bond en avant. Au cours de la
période 1976-1980, le solde migratoire du pays est de +
1,3 million de personnes, dont 700 000 en provenance
du Burkina, 300 000 du Mali et 100 000 de
Guinée [5]. Le décalage entre le « boom économique » et
le « boom de peuplement » s’explique par le fait que le
second est une réaction au premier. Par ailleurs, la manne publique
continuera d’être forte jusqu’en 1980 (cf. infra) ;
- – les années 1979-1980 sont marquées par une
détérioration très rapide des termes de l’échange et par la forte
rétractation corrélative des dépenses d’investissement du secteur
privé. Par ailleurs, l’investissement public continue
d’augmenter ;
- – De 1981 à 1993, se succèdent plusieurs périodes
consécutives d’ajustement marquées par une diminution tendancielle
de l’investissement privé et une très forte baisse de
l’investissement public qui passe de 9 % du produit intérieur
brut (PIB) en 1981, à 6,2 % en 1983 puis à 3,2 % en 1985.
Un nouveau retournement des termes de l’échange en 1986 (-
20 %), qui se prolongera jusqu’en 1993, précipite le pays dans
une nouvelle période de récession. Entre 1988 et 1992, le solde
migratoire de la Côte d’Ivoire devient négatif, celui du Burkina
positif et ceux du Mali et de la Guinée se stabilisent [6].
On le voit, les pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest sont,
encore aujourd’hui, au cœur d’un processus très rapide de
transformation de leur peuplement. Ils suivent une tendance à long
terme qui verra les sociétés sahéliennes passer de majoritairement
rurales à majoritairement urbaines et continuer à fournir
d’importants contingents aux migrations régionales. Mais, pour
beaucoup, ces deux perspectives sont-elles de « bonnes
nouvelles » ?
Il ne sert à rien d’avoir peur de ce qui est inévitable
Parce qu’elles sont inévitables, l’urbanisation et les migrations
doivent être regardées en face : non comme une maladie qu’il
faut affronter, mais comme un potentiel à valoriser. Il ne s’agit
pas ici de dire que ces deux phénomènes ne sont pas porteurs de
tensions et de crises. Il s’agit de souligner que moins on aura
accepté de s’y préparer, plus fortes seront les manifestations de
ces tensions.
Urbanisation
Le « biais urbain » est encore fortement ancré dans les
esprits. On se rappelle par exemple la conclusion de l’étude de
Giri [7] : « Il est devenu à la mode de dire : il
faut éliminer le biais urbain, la faveur donnée systématiquement
aux citadins dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques
économiques. Ce n’est certainement pas l’analyse faite dans cette
réflexion prospective qui contredira cette recommandation. Le biais
urbain est évidemment une des causes de ce que l’on a appelé la
désarticulation des sociétés sahéliennes » Outre ses effets
néfastes sur la société (délinquance, individualisme, drogue…), la
ville est souvent présentée comme « prédatrice » du
milieu rural et principalement consommatrice de produits importés
du marché mondial plutôt que de produits locaux. Or, si l’on
regarde les statistiques disponibles, on s’aperçoit par exemple
qu’au Sénégal entre 1971 et 2001, les importations de riz par
habitant sont restées constantes (environ 150 kg/hab)
cependant que la population urbaine était multipliée par 3 [1, 8].
Pourtant le Sénégal est, à juste titre, réputé comme étant le pays
de l’Afrique de l’Ouest ayant le régime alimentaire le plus
extraverti.
La ville joue, au contraire, un rôle essentiel dans le
développement agricole : celui de marché de consommation.
Denève note à ce sujet : « Toute agriculture épuise le
sol et (mis à part les jachères), seule l’intensification de la
production permet d’entretenir la fertilité du sol, l’installation
de l’agriculture pérenne et l’augmentation des rendements.
Autrement dit, seule l’intensification permet de découpler la
production de la capacité naturelle de régénération des ressources.
Mais l’intensification nécessite des moyens pour financer les
intrants, les équipements et les investissements. Ces moyens
doivent être récurrents, ce qui signifie qu’ils doivent être
générés par la production elle-même, sans quoi les méthodes
utilisées ne sont pas viables. Autrement dit, il faut que le
producteur puisse, au-delà de ce qui est nécessaire pour les
besoins de la famille, gagner un surplus de revenus qui lui
permette de financer ces méthodes de production plus intensives.
Pour cela, il doit pouvoir vendre la majeure partie de sa
production et c’est à ce niveau que le processus de développement
est bloqué. En effet, dans les pays sahéliens, 80 à 90 %
de la population est rurale et produit sa propre nourriture (…). Il
s’en suit qu’il y a environ neuf producteurs par
« client » et que le volume financier de la demande pour
les vivriers ne représente qu’environ 10 % de la production.
Il va de soi que, dans ces conditions, la masse paysanne ne peut
obtenir un revenu suffisant pour pratiquer de façon durable des
méthodes de production plus intensives. » [9]
La ville est donc « l’avenir de l’agriculture
sahélienne ». Et même si on envisageait le projet fou de
stopper l’urbanisation, donc de maintenir l‘immense majorité de la
population dans un système rural traditionnel d’autosubsistance,
encore faudrait-il que le milieu naturel soit capable de le
supporter, ce qui n’est pas le cas.
L’autre critique faite à la ville africaine est qu’elle serait
un agglomérat de pauvreté ou à tout le moins, ne créerait pas de
richesse. « Face à cette critique qui pouvait mettre en cause
l’intervention des bailleurs de fonds dans le secteur urbain, la
Division de la Recherche de la Banque mondiale a fait ressortir au
milieu des années 90, que les comptabilités nationales créditaient
le milieu urbain de plus de 60 % des PIB nationaux (de
l’Afrique subsaharienne) alors qu’il ne rassemblait que 30 %
de la population. » [10] Mais on pourrait penser que cette
« productivité urbaine » est essentiellement le fait du
secteur moderne qui est concentré dans les villes. S’il est vrai
que l’essentiel des services et des unités de production modernes
est situé en milieu urbain, toutes les études menées dans le cadre
du programme « Relance des économies locales »2, montrent que la valeur ajoutée moyenne
générée par un acteur du secteur informel urbain est de l’ordre de
2 fois supérieure à celle d’un habitant du milieu rural :
ainsi, dans le département de Dagana au Sénégal, en 1995, la
productivité d’un habitant du secteur informel de Saint-Louis était
de 240 000 FCFA3 contre
130 000 pour un habitant du milieu rural [11].
Migrations
La perspective de migrations régionales importantes n’a pas non
plus bonne presse, ni dans les pays côtiers (en particulier en ce
moment en Côte d’Ivoire), ni dans les pays sahéliens : un pays
d’émigration est réputé « pauvre », on ne peut donc
inscrire cette perspective dans une réflexion sur le développement
à long terme. Tout indique pourtant que ces migrations vont
continuer à se développer. Même au prix d’une politique
volontariste d’urbanisation (qui est malheureusement très loin
d’être acquise), il est bien difficile aujourd’hui d’imaginer le
Burkina peuplé de 40 ou 50 millions d’habitants. En
dehors du recours à la violence, aucune stratégie visant à
contraindre la mobilité n’a jusqu’à présent porté ses fruits. Les
migrations régionales, comme d’ailleurs toutes les formes de
mobilité, doivent donc être assumées de façon positive et être
préparées avec l’idée que les zones d’accueil d’aujourd’hui ne sont
pas nécessairement celles de demain.
Une réflexion sur les futures zones d’accueil doit donc être
menée le plus rapidement possible. Le « portait robot »
de ces zones est le suivant : un potentiel agricole, une
densité de peuplement rural relativement faible, des villes en
croissance susceptibles d’offrir des débouchés et des services au
monde rural.
Les zones libérées de l’onchocercose (( figure 3 )) correspondent à
peu près à ce profil. Une récente publication du Cicred (Comité
international de coopération dans les recherches nationales en
démographie) [12] précise que cet ensemble « dont la densité
de population est globalement plus faible que la densité dans
l’ensemble des pays (…) passe pour avoir un bon potentiel agricole.
De son contexte climatique et orographique résultent des sols
ferrugineux tropicaux particulièrement favorables à différentes
cultures, notamment celles de l’igname, du sorgho, du coton, de
l’arachide, etc. (…) Les bassins des cours d’eau présentent des
sols riches en limons et minéraux (…) qui se révèlent favorables à
la fois à la culture fluviale et à l’irrigation ».
C’est effectivement dans cette zone de l’Afrique de l’Ouest (qui
se prolonge à l’est jusqu’au Tchad) que l’on trouve la totalité du
coton ouest-africain, mais aussi l’essentiel du maïs, des fruits et
légumes et de l’élevage. La densité de population y est
effectivement relativement faible ; même si, localement, on
observe déjà des concentrations importantes de population rurale
(autour de Kano au Nord Nigeria, dans les environs immédiats de
Korhogo, dans le Nord ivoirien…).
Cette même zone est en voie d’urbanisation rapide. Le réseau
d’une cinquantaine de villes que l’on voit apparaître sur la (
figure 4 ) n’est
qu’un « instantané » dans un processus d’une incroyable
rapidité. Si l’on avait fait la même carte il y a vingt ans, une
vingtaine de localités ne seraient pas apparues. La même carte en
1960 ne ferait apparaître que moins de dix villes de plus de
50 000 habitants. Dans vingt ans, une quinzaine de
localités apparaîtra. La très grande densité urbaine du Nord
Nigeria et du Nord Cameroun, donne une idée de ce que seront, dans
une génération, le Sud Niger, le Nord Ghana, le Nord ivoirien et le
Sud Ouest Sénégal.
Enfin, c’est une zone de contact entre les pays sahéliens et les
pays côtiers. À ce sujet, l’étude du Cicred déjà citée conclut fort
justement que « Il importe donc d’identifier très précisément
les axes de peuplement et d‘en définir les caractéristiques comme
indicateurs de continuité ou de discontinuité démo-économiques
nationales et transnationales. Autrement dit, il s’agit de repérer
les éléments qui marquent ou non la limite entre les
« Sud » et les « Nord » des pays concernés et
d’appréhender les relations d’échanges entre les différentes
sous-régions. » La prise en compte de la dynamique
d‘urbanisation (qui n’est pas intégrée dans l’étude Cicred)
apporte, semble-t-il, un éclairage nouveau à ces questions ;
elle confirme la densification rapide des continuités
transfrontalières.
Au début des années 1990, l’étude WALTPS proposait l’analyse
suivante de cette zone : « Avec 28 % de la
population totale (de l’Afrique de l’Ouest)… cette zone est
relativement peu peuplée au regard de ses potentialités. Elle est
de même peu urbanisée. C’est une zone d’émigration au cours des
trente dernières années, mais qui pourrait se transformer en zone
d’accueil. » [13]
Cette hypothèse semble aujourd’hui se confirmer. Elle donne un
sens positif à la mobilité en générale et aux migrations régionales
en particulier. Elle invite à la formulation solidaire, par les
pays sahéliens et les pays côtiers, de politiques régionales
d’aménagement du territoire de la zone soudano-sahélienne de
l’Afrique de l’Ouest.
Tout cela mérite bien entendu d’être approfondi, nuancé et
précisé. L’important à ce stade est d’accepter de regarder les
migrations sous un angle positif, de considérer que, puisqu’elles
sont inévitables, elles sont et seront l’une des manifestations
d’une évolution souhaitable : la densification du peuplement
régional, donc des opportunités de production et d’échange.
Un autre regard sur le passé
Une relecture des performances passées des pays sahéliens s’impose.
À travers quelques exemples, on va essayer de montrer que, sans
tordre le cou à la réalité, il est possible de mettre en évidence
plus de dynamisme que d’apathie. Un tel exercice, qui ne sera ici
que très grossièrement ébauché est indispensable. Un ami
spécialiste ouest africain disait récemment « Il faut faire
taire la rumeur », celle qui désespère et fait désespérer de
l’avenir.
Le PIB est généralement considéré comme l’indicateur principal
de l’évolution d’une économie. Pour la zone qui nous concerne, cet
indicateur donne deux images très différentes selon qu’on prend en
compte ou non la dynamique démographique [1] :
- – calculé per capita, il indique une évolution peu
satisfaisante : il était de 269 dollars en 1960 et de
328 dollars en 2001. Cette performance est médiocre puisque
l’augmentation n’a été que de 20 % en l’espace de
40 ans ;
- – si en revanche, on observe son évolution en valeur
absolue et en comparaison avec la population, on s’aperçoit que le
PIB de l’ensemble des pays sahéliens d’Afrique de l’Ouest a été
multiplié par 3,4 (passant de 5,3 à 17,8 milliards de
dollars constants 1995) cependant que la population était
multipliée par 2,8.
On voit bien là encore qu’il ne s’agit pas d’être pessimiste ou
optimiste mais de prendre ou non en compte la réalité de la
dynamique de peuplement.
De même, si l’on regarde les performances de l’agriculture, on
s’aperçoit que la valeur ajoutée de ce secteur a, grosso modo,
suivi la croissance démographique. Une analyse plus détaillée des
données fournies par la FAO montre que la progression de la
production de céréales (multipliée par 2,6) est légèrement
inférieure à la croissance démographique entre 1961 et 20014. En revanche, on observe des bonds
spectaculaires de la production de tomates (x 12), d’oignons (x 9),
de pommes de terre (x 4), etc. Un phénomène identique est observé
pour la production de protéines animales : alors que la
production de viande bovine suit à peine la croissance
démographique (x 2,6), celle de viande de poulet est multipliée par
7 (passant de 23 000 à 150 000 tonnes) et celle
des œufs par 4 (de 19 000 à 80 000 tonnes). On
peut bien sûr discuter la fiabilité de ces chiffres (comme
d‘ailleurs de tous les autres) ; il est plus difficile de
remettre en cause les tendances qui, par ailleurs, sont confirmées
par de nombreuses monographies locales.
Cette diversification de la production est le signe du
développement du marché. La zone sahélienne de l’Afrique de l’Ouest
est en train d’aborder le cap qui sépare l’économie agricole
d’autosubsistance et l’économie agricole de marché. Cette mutation
ne s’opère pas partout de la même façon et avec la même intensité.
Les zones situées au plus près des marchés urbains et/ou disposant
des potentialités agricoles les plus fortes sont privilégiées de ce
point de vue.
Les indicateurs sociaux peuvent également faire l’objet d’une
lecture sur le long terme donnant une autre perspective de
l’évolution des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest. Le plus
« délicat » de ces indicateurs est l’espérance de vie à
la naissance dont on sait qu’elle diminue dans certains pays depuis
quelques années sous l’effet notamment de la pandémie de sida
(encadré 1). Au Burkina, elle est passée de 45 ans en 1997 à
43 ans en 2000 ; au Mali, elle a également baissé d’1
an ; elle est restée stable dans les autres pays. Sur le long
terme cependant, les progrès restent sensibles puisqu’un Sahélien
vit aujourd’hui de 20 à 40 % plus longtemps qu’il y a
40 ans.
Dans le domaine de l’éducation, au Sénégal, le taux de
scolarisation en primaire est passé de 37 % en 1980 à
63 % en 2000, cependant que le nombre d’enfants de moins de
14 ans passait de 2,5 millions à 5,3 millions, soit
plus de deux fois plus d’enfants à scolariser... Dans le domaine de
la santé, entre 1960 et 2000, la mortalité infantile a diminué de
plus de 50 % au Sénégal et au Mali alors que la population de
ces deux pays était multipliée par 2,7. Le pourcentage de la
population malienne ayant accès à l’eau potable est passé de
55 à 65 % entre 1980 et 2000, cependant que la population
passait de 6,6 à 10,8 millions d’habitants [1].
Arrêtons-nous un instant dans la jolie ville de Ségou sur les
bords du Niger au Mali. Sa population a à peu près, doublé entre
1980 et 1998, passant de 60 000 à
110 000 habitants. Dans le même temps, le nombre
d’artisans et de commerçants doublait également (de
2 300 à 5 500 pour les premiers, de
3 000 à 5 800 pour les seconds) [14]. Ce qui
est intéressant dans cet exemple est moins la confirmation de la
dynamique de population que la concordance entre le doublement du
nombre d’habitants et celui du nombre de commerçants et d’artisans.
Aujourd’hui, à Ségou comme ailleurs, l’immense majorité de la
population n’est pas dans une logique d’accumulation mais dans une
logique de partage. Lorsqu’une activité artisanale ou commerciale
semble pouvoir fournir des revenus au-delà de ce qui est nécessaire
pour vivre, on fait venir une autre personne du village, on ne
cherche pas à vendre plus pour son propre compte, on
« n’augmente pas son PIB per capita ». C’est
principalement par cette stratégie que les pays sahéliens et de
l’Afrique de l’Ouest réussissent à « encaisser » le choc
démographique ; ce mécanisme détermine les mutations spatiales
du peuplement. Autrement dit, l’essentiel de l’énergie déployée au
cours des dernières décennies a été consacrée à gérer le
peuplement, c’est-à-dire à « accueillir les nouveaux
venus ».
Il en va de l’investissement comme du travail. L’étude WALTPS
déjà citée estimait qu’entre 1960 et 1990, les Africains de l’Ouest
ont dépensé 200 milliards de dollars US pour construire des
logements dans les villes (dont 20 % consacrés à des
constructions non réglementaires) ; cette somme est trois fois
supérieure au PIB régional de 1990 (68 milliards) et deux fois
supérieure au PIB régional actuel (93 milliards en 2001). À
l’heure où l’on parle de la dépendance vis-à-vis de l’aide
internationale, il est instructif de se promener dans une ville
sahélienne en essayant de repérer ce qui a été construit avec
l’argent de la communauté internationale et ce qui a été construit
par les Sahéliens eux-mêmes. Se promener dans la campagne amènera
le visiteur à la même conclusion : le Sahel et l’Afrique de
l’Ouest d’aujourd’hui sont essentiellement le fruit de
l’investissement de leurs habitants.
Après avoir tenté de montrer le dynamisme des sahéliens, on ne
peut achever ce très bref et très incomplet survol du passé sans
s’arrêter un instant sur l’aide au développement. Même si, comme
nous venons de le faire, il convient d’en relativiser l’importance,
le discours sur sa « faillite » nous paraît bien exagéré.
La réalité de l’action de l’aide est en partie brouillée par le
diagnostic que l’on porte sur l’évolution de l’économie et des
sociétés sahéliennes : comment prétendre que la coopération
internationale a opéré en affirmant par ailleurs que « tout va
de plus en plus mal ».
Même si tout n’est pas rose, on ne peut lui retirer un certain
nombre de succès.
Les infrastructures (routes, électrification, adductions d’eau,
systèmes de communication, ports et aéroports...) constituent l’un
des fleurons de l’action des agences d’aide qui y ont consacré près
de 4 milliards de dollars entre 1975 et 1990, soit 15 %
de l’aide publique au développement (APD) totale et 28 % de
l’aide projet consentie aux pays sahéliens, les routes représentant
les deux tiers de ces financements. La marque de l’aide est ici
très profonde puisque la quasi-totalité des infrastructures
sahéliennes construites depuis les indépendances l’a été sur
financement extérieur. Ces infrastructures ont joué un rôle
déterminant dans l’évolution de l’économie et des sociétés,
notamment en facilitant le développement des échanges, la
croissance agricole vivrière et d’exportation et la circulation de
l’information.
Les campagnes de vaccination ont sans doute joué un rôle non
négligeable dans la nette diminution de la mortalité infantile et
l’allongement de la durée de vie moyenne ; le programme de
lutte contre l’onchocercose a « libéré » des centaines de
millions d’hectares de terres cultivables. Dans le domaine
vétérinaire, la coopération internationale est à l’origine de
l’éradication de la peste bovine en Afrique de l’Ouest ; de
même qu’elle a permis le rapide développement de l’aviculture par
la fourniture de vaccins contre la maladie de Newcastle, etc.
Même les programmes d’ajustement structurel, dont il est
désormais d’usage de dire le plus grand mal, ont eu
incontestablement des impacts positifs. Ils ont certes été
« peu appropriés », pour ne pas dire brutaux ;
pourtant, les transformations apportées par ces programmes ont été
décisives. Pour s’en convaincre, il faut se souvenir de l’époque,
pas si lointaine, de l’économie totalement administrée, des prix
décidés par les gouvernements, des magasins d’État mal
approvisionnés, des banques publiques en faillite, etc.
Certes, les méthodes de l’aide ont été souvent
contestables ; « l’appropriation » a rarement été
autre chose qu’un slogan ; le plus souvent, on a plus cherché
des problèmes aux solutions que l’inverse [15]. Il n’est pas pour
autant honnête de lui contester ses succès. Il est d’ailleurs
intéressant de noter que ces succès sont principalement ceux qui
ont trait à l’accompagnement des dynamiques de peuplement
(infrastructures, santé….).
La prospective n’a pas pour objet de prévoir mais
d’anticiper
Il n’est pas possible de prévoir le futur. Au prix d’efforts très
importants, on peut tenter d’imaginer un grand nombre de futurs
possibles et dessiner toute une gamme de scénarios bâtis sur la
combinaison du plus grand nombre possible de paramètres, en
n’oubliant pas de préciser que tout ou partie d’un scénario peut se
combiner avec tout ou partie d’un autre scénario, voire de
plusieurs, ce qui fait une myriade de possibilités… Avec sept notes
de musique, on peut écrire une infinité de mélodies. Au bout du
compte, les exercices de prospective rendent justice à l’avenir en
confirmant qu’il est imprévisible : « Il y a certainement
un très grand nombre de scénarios imaginables basés sur les
hypothèses que nous avons faites. Comment peut-on imaginer un
scénario ? Peut-on même l’imaginer ? » [16]. Ils
n’en sont pas inutiles pour autant car ils suscitent (ou devraient
susciter) le débat au sein des sociétés africaines sur ce qu’il
convient de faire pour construire un avenir meilleur. Le reproche
que l’on peut faire à ces exercices est de ne pas suffisamment
insister sur ce qui est absolument inévitable.
Il nous semble en effet qu’une lecture attentive du passé, sur
une période aussi longue que possible, doit nous permettre de
répondre à la question suivante : Quels sont les phénomènes
qui ont suffisamment de force aujourd’hui pour qu’on soit à peu
près certain qu’ils seront toujours à l’oeuvre dans
l’avenir ?
Encore faut-il préciser de quel horizon temporel on parle :
l’année prochaine, dans 10 ans, dans 30 ans, ou dans un
siècle. Plus la perspective est proche, plus grand est le nombre de
tendances contemporaines qui se prolongeront certainement demain.
Les réflexions prospectives se fixent généralement un horizon de
20 à 30 ans correspondant à l’horizon d’une génération,
ce qui est déjà très ambitieux.
Évolution du climat
À cette échelle de temps, l’évolution climatique vient spontanément
à l’esprit tant ce facteur est associé au Sahel. Même si la plus
grande partie des experts parie sur une dégradation continue, rien
ne prouve avec certitude que la tendance actuelle, qui est à une
certaine « aridification », se prolonge dans le futur. Au
lendemain de la grande sécheresse de 1983-1984, on annonçait
couramment que « si rien n’est fait, le capital terre aura
pratiquement disparu en l’an 2000 » [17]. Quelques années plus
tard, une étude notait que les dégradations dans la zone pastorale
n’étaient pas aussi complètes ni aussi définitives qu’on aurait pu
le croire ; le retour des pluies vers les normales séculaires
ayant entraîné ce que certains ont appelé la
« resahélisation » : « même si la
resahélisation des zones devenues provisoirement désertiques est en
moyenne un phénomène plus lent que leur transformation en
désert » [18]. D’autres travaux montrent que dans les zones
arides du Sahel, la pluviométrie a chuté de 20 à 30 % au
cours de la période 1961–1990 [19]. On pourrait donc intégrer ce
paramètre comme une évolution probable (au nom du principe de
précaution) tout en gardant à l’esprit que les détériorations
environnementales sont d’abord le fait de la surexploitation du
milieu dans un contexte donné : « Une multitude de
chiffres, de statistiques, de tendances à moyen et à long termes et
de causes du déficit pluviométrique a été publiée. Cependant, force
est de constater qu’aucune étude n’a pu chiffrer la part du déficit
pluviométrique dans la dégradation de l’environnement au Sahel et
que peu de recherches sur le terrain ont été effectuées à ce sujet.
Trop souvent, la dégradation est implicitement considérée comme
évidemment la conséquence de l’assèchement du climat. En fait, plus
l’étude est sérieuse et plus elle semble minimiser l’impact de
l’assèchement par rapport aux idées qu’en a l’opinion
publique.(...) Apparemment, tant l’envergure que l’intensité de la
dégradation sont hors de proportion de l’impact possible du déficit
pluviométrique. Cette présomption est soutenue par le constat que
les zones peu ou pas exploitées par l’homme ont relativement peu
souffert de la sécheresse. » [9]
Évolution des mentalités
L’évolution des mentalités est également souvent présentée comme un
facteur à inertie longue. L’étude du Collectif « Futurs
Africains » [16] rappelle que jusqu’à présent le mode de
production dominant est encore lignager : « On constate
que les systèmes de production marchande ou capitaliste au cours
des dernières décennies sont loin d’avoir supplanté les systèmes de
production lignagers. Ces derniers constituent en fait un lieu de
résistance des sociétés africaines et cette résistance est de toute
évidence une tendance lourde ». Mais, dans le même temps,
l’étude admet que cette tendance est susceptible d’évolutions
relativement contrastées selon les scénarios. La « logique
relationnelle reste dominante » (scénario tendanciel) ou
« Il se dégage peu à peu une masse de gens qui privilégient
une logique orientée vers la recherche de l’efficacité dans les
processus de production. (Même si) une part importante, peut-être
majoritaire, de la population demeure encore gouvernée par une
logique orientée vers l’établissement de relations entre les
hommes » (scénario « le lion sort ses griffes »).
Il existe décidément peu de tendances dont on puisse affirmer
que l’inertie portera réellement sur plusieurs décennies. Parmi ces
dernières, la démographie et son corollaire le peuplement nous
semble essentielle.
Les mamans de la prochaine génération de Sahéliens sont déjà
nées ; il est donc facile de les compter pour extrapoler la
population future. On ne sait certes pas si elles feront
6 enfants en moyenne ou 5 ; on ne connaît pas avec
exactitude l’incidence de la pandémie de sida, mais on sait que la
population des pays sahéliens de l’Afrique de l’Ouest doublera
d’ici une vingtaine d’années : si ce n’est pas 20 ans, ce
sera 25 ans, ou 26, ou 27. On sait également que, par le
passé, la forte croissance démographique s’est accompagnée d’une
double dynamique de peuplement : l’urbanisation et la
migration des zones les moins bien dotées en ressources naturelles
vers les zones plus favorisées. Même si on regrette cette tendance,
même si l’on pense qu’il existe des moyens techniques et politiques
de la contrecarrer, personne ne peut raisonnablement affirmer que
cette stratégie aura des effets à court ou à moyen terme.
Par ailleurs, la poursuite d’une forte croissance démographique
fera que, demain comme aujourd’hui, les société sahéliennes seront
majoritairement constituées de jeunes.
Ces tendances sont inéluctables à l’horizon de 20 ans.
Toute politique à moyen et long terme doit en conséquence
nécessairement les anticiper. Même si à très long terme on souhaite
les stopper, il faut les accompagner.
Conclusion
Parce qu’elles se poseront forcement, les gouvernements des pays
sahéliens de l’Afrique de l’Ouest devraient donc dès aujourd’hui se
poser les questions suivantes :
- – comment accompagner et gérer au mieux une urbanisation
rapide ?
- – comment accompagner et gérer au mieux des migrations
importantes vers les zones agricoles disposant de potentiels
significatifs et aujourd’hui relativement peu peuplées ?
- – comment accompagner et gérer au mieux des sociétés
majoritairement jeunes ?
On ne sait pas ce que seront les évolutions du climat et de
l’environnement, des régimes politiques et de la décentralisation,
des systèmes de production, du contexte international, etc. On
sait, en revanche, que ces évolutions s’opéreront dans un contexte
défini par ces trois questions.
Des sociétés de plus en plus urbaines, de plus en plus mobiles à
l’intérieur de la région, de plus en plus jeunes… Tout cela ne se
passera pas sans crises et sans conflits ; mais la violence et
le nombre de ces derniers dépendront de la capacité de la région à
anticiper l’inévitable.
Références
1 World Bank. World Development Indicators 2004. Washington
(DC) : World Bank, 2004 ; (cédérom ou banque de document
en ligne).
2 Organisation de coopération et développement économiques
(OCDE) ; Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au
Sahel (CILSS) ; Banque africaine de développement (Bad). Cour
JM, ed. West Africa Long Term Perspective Study. Paris ;
Abidjan ; Ouagadougou : OCDE ; Bad ; CILSS ,
1994 ; 156 p.
3 Food and Agriculture Organization (FAO). Dynamiques des
populations, disponibilités en terre et adaptation des régimes
fonciers : le Burkina Faso. Rome : FAO, 2003 ; 116
p.
4 Cogneau D, Mesplé-Somps S. La Côte d’Ivoire
peut-elle devenir un pays émergent ? Programme d’étude
« Afrique émergente ». Paris : Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE), 1999 ; 118
p.
5 Russel S, Jacobson K, Stanley W. International
Migration and Development in SSA. Washington (DC) : World
Bank, 1990 ; 188 p.
6 Center for Applied Research on Population and Development
(Cerpod). Migrations et urbanisation en Afrique de l’Ouest.
Bamako : Cerpod ; Comité de lutte inter-États contre la
sécheresse au Sahel (CILSS), 2000 ; 30 p.
7 Giri J. Le Sahel face aux futurs. Paris :
Organisation de coopération et de développement économique
(OCDE) ; Comité de lutte inter-États contre la sécheresse au
Sahel (CILSS), 1988 ; 276 p.
8 Food and Agriculture Organization (FAO). FAOSTAT. Banque de
données statistiques en ligne.
http ://apps.fao.org/debut.htm
9 Denève R. Sahel Sahel, une vision controversée. Gland
(Suisse) : Union mondiale pour la nature (UICN), 1995 ;
63 p.
10 Arnaud M. Dynamiques de l’urbanisation en Afrique au Sud
du Sahara. Paris : Institut des sciences et des techniques de
l’équipement et de l’environnement pour le développement (Isted),
1998 ; 28 p.
11 Niang D, Brossard L, Warr B, Cour JM.
L’économie locale de Saint-Louis et du delta du fleuve Sénégal.
Paris : Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) ;
Agence canadienne de développement international (ACDI),
1998 ; 52 p.
12 Comité international de coopération dans les recherches
nationales en démographie (Cicred). Dynamiques de peuplement des
zones rurales libérées de l’onchocercose en Afrique de
l’Ouest : Bénin (CERPOD), Burkina (UERD), Côte d’Ivoire
(ENSEA), Ghana (RIPS), Guinée (DNSI), Mali (DNSI), Niger (DSCN),
Sénégal (DPS), Togo (URD). Synthèse des monographies nationales.
In : Quesnel A, ed. Paris : Cicred, 1999 ; 130
p.
13 Snrech S. Pour préparer l’avenir de l’Afrique de
l’Ouest : une vision à l’horizon 2020. In : Cour JM,
editor. Synthèse de l’étude des perspectives à long terme en
Afrique de l’Ouest. Paris ; Abidjan ; Ouagadougou :
Organisation de coopération et de développement économiques
(OCDE) ; Banque africaine de développement (Bad) ; Comité
de lutte inter-États contre la sécheresse au Sahel (CILSS),
1994 ; 156 p.
14 Ulla Messerich-Santara, Traoré Moriba, Birama Diarra M,
et al. L’économie locale de Ségou : rapport général.
Paris ; Cotonou : Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE)/Club du Sahel et de l’Afrique de
l’Ouest ; Partenariat pour le développement municipal (PDM),
1999 ; 154 p.
15 Naudet JD. Vingt ans d’aide au Sahel : trouver des
problèmes aux solutions. Paris : Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE)/Club du Sahel et de
l’Afrique de l’Ouest, 2000 ; 312 p.
16 Futurs Africains. Afrique 2025 : Quels futurs possibles
pour l’Afrique au sud du Sahara ?. Paris : Karthala,
Collection Tropiques 2003 ; 200 p.
17 Bonfils M. Halte à la désertification au Sahel :
guide méthodologique. Paris ; Wageningen (Pays Bas) :
Karthala, 1987 ; CTA 268 p.
18 Giri J, Madon G. Les agences d’aide et
l’environnement, à la recherche d’un développement durable pour le
Sahel. Paris : Organisation de coopération et de développement
économique (OCDE)/Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest,
1991 ; 26 p.
19 Toulmin C, Gueye B. Transformations in West African
Agriculture and the Role of Family Farms. Paris : Organisation
de coopération et de développement économique (OCDE)/Club du Sahel
et de l’Afrique de l’Ouest, 2003 ; 144 p.
4 En allant encore plus en détail, on
verrait que les céréales traditionnelles progressent relativement
moins vite que le maïs, dont la production passe de
200 000 tonnes en 1961 à 1,2 million de tonnes en
2001 dans les six pays qui nous occupent.1
Ce qui ferait du Burkina, quelle que soit l’hypothèse, un pays plus
peuplé que l’Italie dont les projections indiquent que sa
population pourrait baisser à 50 millions d’habitants en
2050…2 Programme Ecoloc mené conjointement
entre 1997 et 2002 par le Secrétariat du Club du Sahel et de
l’Afrique de l’Ouest et le Partenariat pour le développement
municipal (PDM) ; depuis 2002, le programme est géré par le
PDM seul.3
655 FCFA = 1 euro.
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