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The efficiency of vegetative windbreaks in combating wind erosion : simulation and scaling


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 11, Number 1, 52-7, Mars 2000, Notes méthodologiques


Résumé   Summary  

Author(s) : Wim M. Cornelis, Donald Gabriels, Steven De Gryse, Roger Hartmann.

Summary : Windbreaks have been used for many years to reduce wind speed as a wind-erosion control measure. However, there is yet no clear answer on what should be the optimal design for windbreaks. In a wind tunnel we tested five single-row barriers, each with different stem and canopy porosity, and a two- and three-row barrier on their efficiency in wind-speed reduction. Zones of erosion and deposition were determined from wind-speed measurements and compared with experimental wind-tunnel data on sand transport. As regards porosity distribution, evenly distributed porosity of stem and canopy resulted in the longest protected area. Dense lower parts were more efficient than more porous lower parts. Two- and three-row barriers were more efficient in terms of wind-speed reduction between 3 H and 8 H only (H in barrier heigth). At higher distances, single-row barriers resulted in higher wind-speed reduction. Also the sheltering zone of single-row barriers was higher. Erosion was almost not observed in the case of a barrier with evenly distributed porosity. Deposition was only significant in front of and up to 5 H leeward of such a barrier. The absence of a dense lower part resulted in an excessive zone of erosion behind the barrier. The experimental data confirmed the graphically determined zones of deposition.

Pictures

ARTICLE

Des brise-vent végétaux ont été simulés en soufflerie. Différents paramètres ont été étudiés : distribution en lignes simples ou en plusieurs lignes, porosités variables des troncs et de la canopée, afin de déterminer la configuration optimale de leur répartition et de leur constitution. On aboutit à d'utiles indications permettant par exemple de réduire les dépenses de plantation et d'entretien des brise-vent, d'orienter le choix de la végétation (broussaille et arbres) à installer...

Rosenberg [1] définit un brise-vent comme toute structure qui réduit la vitesse du vent. Un brise-vent est souvent associé à une barrière formée par une végétation naturelle. Il se compose d'un ou de plusieurs éléments et réduit par sa présence la vitesse du vent (ou la turbulence) dans son voisinage et sur une certaine distance du côté du vent et sous le vent [2]. Le terme « pare-vent » désigne toute barrière artificielle, synthétique ou mécanique, réduisant la vitesse du vent.

Khatteli [3] a utilisé plusieurs techniques de lutte contre l'ensablement dans le Sud de la Tunisie. Des brise-vent en feuilles de palme ou en plaques de fibro-ciment (76 cm de hauteur) ont servi à fixer les dunes sur place. Les lignes espacées de 20 m ou des carreaux de 20 m de côté pouvaient ainsi être considérés comme les traitements les plus appropriés. Il y a lieu de rappeler les résultats des travaux antérieurs sur les brise-vents inertes entrepris en Tunisie qui ont démontré que l'effet de protection d'un brise-vent s'arrêtait au-delà de 15 à 20 fois sa hauteur [4, 5].

L'effet d'un brise-vent à une hauteur et une distance bien définies peut être évalué par le rapport entre la vitesse moyenne du vent réduite par le brise-vent et celle du vent non perturbé à la hauteur et la distance considérées. Woodruff et Zingg [6-8] ont utilisé le terme « rapport de vélocités », d'autres ont appelé ce rapport « vélocité relative » [9], « vitesse relative du vent » [10, 11], « efficacité » [12, 13] ou, après multiplication par 100, « pourcentage relatif de vélocité » [14]. Moysey et McPherson [15] ont mesuré la vitesse moyenne sous le vent par rapport à la vitesse du vent à la hauteur du sommet du brise-vent, mesurée en l'absence de ce dernier dans la soufflerie. Plate [16] et Britter et al. [17] ont mis en relation les profils moyens de la vitesse du vent à la vitesse au bord de la couche limite. Ces deux derniers paramètres n'ont pas reçu de noms particuliers. Au lieu de ces paramètres qui donnent la réduction de la vitesse du vent pour une hauteur et une distance données, un seul paramètre donnant une réduction générale de la vitesse du vent peut être utilisé pour comparer des brise-vents différents. Raine et Stevenson [9] ont intégré la vélocité relative sur plusieurs distances et hauteurs.

Cette étude en soufflerie a pour objectif la simulation et la mise à l'échelle réduite de brise-vent végétaux (tronc + canopée) et l'évaluation de leur effet sur la réduction de la vitesse du vent. Cinq brise-vent en ligne simple et deux combinaisons de plusieurs lignes ont été testés. Des zones de déflation et de dépôt ont été estimées à partir de la mesure de la vitesse du vent et elles ont été comparées avec des données expérimentales de transport de sable dans la soufflerie.

Matériel et méthodes

Les expérimentations ont été menées dans la soufflerie du Centre International d'Érémologie de l'Université de Gand, Belgique [18] (figure 1) à une vitesse du vent libre de 6,3 m·s- 1. Les mesures de la vitesse du vent ont été effectuées à l'aide de sondes à hélice de 16 mm à une hauteur de 2, 5, 10 et 15 cm de la surface du tunnel et à une distance de 660, 680, 690, 695, 700, 705, 710, 720, 740, 760, 800, 850, 900, 950 et 1 000 cm de l'entrée de la section d'essai. Les sondes ont été connectées à un système d'acquisition de données qui permet d'enregistrer la vitesse du vent toutes les secondes.

Une couche uniforme de sable (largeur 50 cm, longueur 580 cm, épaisseur 2 cm) étant placée à 420 cm de l'entrée de la section d'essai, a été exposée à une vitesse de vent libre de 6,3 m.s- 1 pendant 30 minutes. Le sable utilisé dans cette étude était un sable dunaire (côte belge) dont la granulométrie est représentée dans le tableau I. Les mesures de déflation et de dépôt ont été effectuées en déterminant l'épaisseur de la couche de sable.

Des brise-vent végétaux ont été simulés à l'échelle réduite en combinant des rubans de polyester d'une porosité de 32 % [19], représentant la canopée, et des bâtons en bois d'une épaisseur de 9 mm, représentant les troncs d'arbre. Cinq brise-vent en ligne simple ont été testés, chacun avec une porosité différente des troncs et de la canopée. En outre, et dans le but de déterminer l'effet du nombre de lignes, une combinaison de deux éléments et une de trois éléments ont été étudiées, les éléments étant placés l'un derrière l'autre avec alternance des troncs.

Les brise-vent avaient une hauteur de 10 cm afin de pouvoir effectuer toutes les mesures dans la couche limite du tunnel et ils étaient placés à 700 cm de l'entrée de la section d'essai. Les brise-vent étudiés sont représentés dans la figure 2.

L'effet sur la réduction de la vitesse du vent à une certaine hauteur z et une certaine distance x du brise-vent a été évalué par un coefficient de réduction Crxz :

où x = distance à partir du brise-vent (exprimée en nombre de fois la hauteur H du brise-vent), z = hauteur au-dessus du brise-vent (exprimée en nombre de fois la hauteur H du brise-vent), Ùxz = moyenne arithmétique de la vitesse du vent influencée par le brise-vent (m·s- 1) et Ùoxz = moyenne arithmétique de la vitesse du vent en l'absence de brise-vent (m·s- 1).

La réduction générale de la vitesse du vent a été exprimée par un coefficient de réduction générale Crg :

ou

Les zones de dépôt ont été déterminées d'après les observations de Van den Steen [20] qui a montré que le dépôt du sable en question commence à des vitesses du vent inférieures à 3 m·s- 1 (vitesse seuil de dépôt).

Résultats et discussion

L'écran en polyester a été très efficace pour la réduction de la vitesse du vent. Il a présenté un coefficient de réduction maximal de 0,99 à une distance de 2 H sous le vent et à une hauteur de 0,5 H. À une distance de 8 H et 20 H du brise-vent, la valeur du Cr était respectivement de 0,90 et de 0,45 [19].

Les expérimentations ont montré, en comparant les cinq brise-vent composés d'une ligne simple, qu'une porosité uniforme en hauteur (brise-vent n° 1) donne la zone protégée la plus longue. Les mêmes observations ont été faites par Hagen [21]. À une distance de 10 H le Cr était encore de 0,8. Néanmoins, le Cr du brise-vent avec partie inférieure dense (porosité basse) (brise-vent n° 2) était plus élevé près du brise-vent, mais seulement jusqu'à une distance de 7 H (figure 3). Ceci est dû à la force d'entraînement réduite en haut de la barrière : les vitesses élevées du vent se rétablissent plus vite [9, 22]. Une partie inférieure plus poreuse (brise-vent 3 et 4) semble être moins efficace : le Cr chute immédiatement derrière le brise-vent. Ceci peut être expliqué par une pression accrue près de la surface. En l'absence de canopée (troncs seulement), l'effet sur la vitesse du vent est minimal. La force d'entraînement effectuée par le brise-vent n'a pu réduire la vitesse du vent que de 10 %. La comparaison de la réduction générale de la vitesse du vent Crg mène aux mêmes conclusions (tableau II).

Un effet positif de l'augmentation du nombre de lignes dans le brise-vent a seulement pu être observé entre 3 H et 8 H sous le vent (figure 4). Plus près et plus loin de la barrière, le brise-vent n° 1 a été plus efficace dans la réduction de la vitesse du vent. Les phénomènes observés dans cette expérimentation sont en accord avec ce qui peut être observé quand on réduit la porosité du brise-vent à une valeur inférieure à la porosité optimale qui est aux alentours de 25 % [19, 23]. Quoique des brise-vent avec porosité réduite engendrent des vitesses du vent très basses près de la barrière [24], les conditions sous le vent se rétablissent plus vite et la vitesse du vent augmente plus rapidement que derrière des brise-vent plus poreux [25]. Du fait que les troncs des différentes lignes se trouvaient en alternance, la porosité diminuait au fur et à mesure que le nombre de lignes augmentait. Le coefficient de réduction générale Crg le plus important a été observé pour un brise-vent composé d'une ligne simple (tableau II).

Enfin, pour une porosité uniforme (brise-vent n° 1), un dépôt de sable a été observé à des distances depuis - 5 H jusqu'à + 22 H de la barrière (figure 5). La quantité de sable déposé est la plus élevée devant le brise-vent (effet piège) et derrière la barrière jusqu'à une distance de 5 H. Une partie inférieure moins dense (brise-vent n° 3) a résulté en une zone d'érosion accrue sous le vent, ce qui est en accord avec les constatations de Bofah et Ahmad [26 en 27]. Les données expérimentales ont confirmé l'existence de zones de dépôt déterminées par voie graphique, là où la vitesse du vent devient inférieure à 3 m·s- 1 (figure 6).

CONCLUSION

Il est possible de déterminer graphiquement les zones de dépôt à partir de mesures de la vitesse du vent devant et derrière un brise-vent quand la vitesse seuil de dépôt de sable est connue. Dans le cas du brise-vent en ligne simple et avec une porosité uniforme en hauteur, la zone de dépôt était la plus élevée devant le brise-vent (effet piège) et derrière la barrière jusqu'à une distance de 5 H.

En ce qui concerne la configuration du brise-vent, on peut conclure qu'une porosité uniforme au niveau des troncs et des canopées donne la zone protégée la plus longue (de - 5 H à + 22 H) et le coefficient de réduction générale Crg le plus élevé : cependant l'absence de canopée a donné un coefficient de réduction Cr plus élevé près du brise-vent. L'augmentation du nombre de lignes semble efficace pour la réduction de la vitesse du vent uniquement à une distance de 3 à 8 H sous le vent. Les brise-vent composés d'une ligne simple étaient les plus efficaces soit tout près, soit à grande distance de la barrière. Les conclusions pour la mise en place des brise-vent végétaux sont que :

- il n'est pas nécessaire de planter plus d'une ligne d'arbres, ce qui peut réduire les dépenses de plantation et l'entretien du brise-vent ;

- il est évident que la hauteur des brise-vent détermine la longueur de la zone protégée qui s'élève jusqu'à 20 H ;

- pour obtenir une porosité uniforme d'environ 25 %, le brise-vent doit être constitué d'une ligne d'arbres fermée aux canopées uniformes accompagnés de broussailles en utilisant des espèces qui sont en feuille durant la période des vents forts : il faut en tout cas éviter la situation où les broussailles perdent leurs feuilles pendant que les arbres restent en feuille.

REFERENCES

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