ARTICLE
ocl.2012.0424
Auteur(s) : Hilaire Bewa hilaire.bewa@ademe.fr, Virginie
Le Ravalec
ADEME,
Direction Productions et Energies Durables,
Service Bioressources,
20, avenue du Grésillé – 49004 Angers cedex 01
L’industrie chimique est un secteur clé de l’industrie mondiale.
Elle contribue au développement des autres activités
manufacturières et participe à la croissance de l’économie. Le
secteur de la chimie mondiale représente 1 871 milliards d’euros
en 2009, celui de l’Union européenne 494 milliards
en 2010 avec une croissance annuelle estimée à 2 % en
2011 par an. La France avec plus de 77 milliards d’euros en 2010
occupe le 5e rang mondial et le
2e rang européen. Cette industrie génère plus de
1 200 000 emplois à l’échelle européenne dont environ
180 000 emplois directs en France. L’industrie chimique
regroupe plusieurs activités, de nombreux savoir-faire et des
marchés finaux très différents (agriculture, agro-alimentaire,
pharmacie, automobile, construction…), le tout reposant sur une
gamme de produits et de biens de consommation extrêmement
hétérogènes issus majoritairement de matières premières fossiles et
non renouvelables (pétrole, gaz).
L’industrie chimique et sa reconversion
L’industrie chimique française, comme l’ensemble de l’industrie
chimique européenne, est confrontée, depuis plusieurs années, à
d’importants défis, notamment des défis liés, d’une part, à la
raréfaction des ressources pétrolières dont elle tire la majorité
de ses produits et, d’autre part, au renforcement du cadre
réglementaire (en particulier REACH), qui font de l’industrie
chimique un des principaux secteurs concernés par les enjeux
environnementaux. On peut citer également les défis concernant
l’émergence d’une concurrence internationale forte de nouveaux
acteurs de pays émergents (Chine et Inde principalement) qui
accueillent de plus en plus de sites industriels pour les secteurs
clients de la chimie comme l’électronique, les plastiques ou les
textiles, ou enfin, des défis relatifs à la faiblesse d’innovation
et d’efforts en recherche et développement, l’une des conséquences
étant la délocalisation des industries traditionnelles. C’est dans
ce contexte que s’est engagée, ces dernières années, en France, une
réflexion approfondie sur le devenir de l’industrie chimique
française et sa reconversion. Ainsi, en 2005, le groupe de
réflexion stratégique publiait un rapport sur l’avenir de
l’industrie chimique à l’horizon 2015 et proposait notamment
la mise en place de filières stratégiques de progrès et
l’orientation vers une chimie durable. En 2010, le PIPAME
(Pôle interministériel de prospective et d’anticipation des
mutations économiques), sous l’égide de la DGCIS (Direction
générale de la compétitivité, de l’industrie et des services), a
publié un rapport clé « Mutations économiques dans le
domaine de la chimie » positionnant l’essor de la chimie
du végétal comme apportant une contribution importante à la chimie
durable, ce qui marque la mutation actuelle de la chimie
traditionnelle vers une chimie durable et la volonté des pouvoirs
publics d’accompagner cette transition. Dans cette optique, l’ADEME
a publié en avril 2011, dans le cadre de l’Investissement
d’Avenir, une feuille de route stratégique chimie du végétal qui
vise à éclairer les choix pour accompagner la mutation des
technologies traditionnelles de l’industrie chimique vers des
procédés cherchant à incorporer une part de plus en plus importante
de matières premières végétales (céréales, betteraves, ressources
lignocellulosiques, algues…). Au total, les actions et les
recommandations suggérées dans cette feuille de route devront
permettre de développer sur le territoire national une filière
chimie du végétal compétitive intégrant l’ensemble des acteurs
(producteurs de biomasse, agro-industriels, chimistes,
distributeurs…). Cette feuille de route stratégique a servi de
socle pour l’élaboration, puis le lancement d’un appel à
manifestation d’intérêt (AMI) sur la chimie du végétal, l’objectif
étant « de contribuer à rendre opérationnelle et compétitive
commercialement, à court et à plus long terme, la production de
produits biosourcés ».
La chimie du végétal
On peut considérer que la chimie du végétal est un sous-ensemble
de la chimie verte car elle répond au principe
no 7 qui préconise l’utilisation de ressources
renouvelables à la place de ressources fossiles lorsque la
technologie et les moyens financiers le permettent. Le concept de
chimie du végétal ne renie pas les onze autres principes de la
chimie verte mais se donne pour objectifs principaux : i) le
remplacement de l’ensemble des fonctionnalités offertes
actuellement par la pétrochimie, par des produits issus de matières
premières végétales, soit en reproduisant des molécules existantes
à partir de matière première renouvelable, soit en produisant des
molécules biosourcées présentant des fonctionnalités (usages)
similaires à celles des molécules d’origine pétrochimique
(innovation de substitution), soit en élaborant des molécules
dotées de nouvelles fonctionnalités permettant de valoriser les
caractéristiques propres des matières premières végétales
(innovation de rupture) ; ii) la réponse aux défis
environnementaux actuels dans le cadre du développement
durable : lutte contre l’effet de serre, réduction des
pollutions (air, sol, eau), innocuité (cf. directive européenne
REACH) et biodégradabilité des produits. La chimie du végétal se
distingue de la chimie verte à la fois par la nature du carbone
utilisé (carbone renouvelable) et par les procédés mis en
œuvre : procédés physico-chimiques et thermiques classiques
permettant de valoriser la plante entière par voie chimique,
sucrochimie qui valorise les sucres contenus dans le végétal par
voie biologique, oléochimie ou lipochimie qui vise à transformer
les huiles contenues dans les plantes oléo-protéagineuses, enfin,
de nouveaux procédés des biotechnologies blanches ou
biotechnologies industrielles qui valorisent des biomasses
complexes par voie biologique. Ces biotechnologies industrielles
devraient s’intégrer à plus ou moins long terme au sein de
bioraffineries. Il faut noter que le développement des
biotechnologies donne de nouvelles perspectives à la sucrochimie
grâce à la conception et à la mise en œuvre de micoorganismes de
plus en plus performants. En effet, les biotechnologies
industrielles connaissent un essor remarquable et représentent un
facteur clé dans le développement de la filière chimie du végétal
dans son ensemble. Elles suscitent beaucoup d’espoir pour valoriser
la lignocellulose. Les biotechnologies industrielles ont été
identifiées par la plateforme technologique européenne SusChem
comme présentant un potentiel fort à la fois pour l’économie et la
durabilité de la chimie, notamment en favorisant la conversion des
ressources renouvelables en un nombre d’étapes limité et en évitant
la production de sous-produits indésirables. Le potentiel des
biotechnologies industrielles sera fortement conforté par le
développement de la biologie de synthèse, qui vise à transformer,
par ingénierie métabolique, les cellules microbiennes (bactéries,
levures, champignons, micro-algues) en véritables usines
cellulaires performantes pour la production de composés d’intérêt
ou intermédiaires chimiques biosourcés. On peut déjà noter que le
nombre de projets industriels concrets se multiplie mais reste
encore limité, particulièrement en ce qui concerne la production
d’intermédiaires chimiques car les changements d’échelle sont longs
et difficiles, les investissements industriels importants et des
risques demeurent sur les marchés.
Le marché des produits issus de la chimie du végétal ou
produits biosourcés
Parmi les principaux produits biosourcés disponibles sur le
marché depuis plusieurs années, on peut citer :
- –. les intermédiaires chimiques biosourcés qui peuvent
être utilisés directement (éthanol) ou rentrer dans la formulation
d’autres produits (acides carboxyliques (exemples : acide
succinique, acétique, lactique), épichlorhydrine, acroléine,
1,3-propanediol, isosorbide, acides gras, polyols, etc., et dont le
potentiel est considérable. Le marché de ces intermédiaires
chimiques biosourcés est en nette progression dans le monde
(tableau 1) ;
Tableau 1 Production mondiale d’intermédiaires chimiques
biosourcés passée, actuelle et prospectives
|
|
| 2005 |
2010 |
2020
sans contraintes |
2020
avec contraintes |
Croissance
2020 vs. 2005* |
| Mondial |
| 56 milliards €
(7 %) |
91 milliards €
(10 %) |
182 milliards € |
| ×3,2 |
| Intermédiaires chimiques niveau
mondial |
Acide succinique |
| 2,5 kt (8,3 %)
6 250 k€ |
1 000 kt
2 500 000 k€ |
2 000 kt
5 000 000 k€ |
×200 |
| 1,3-propanediol |
| 45 kt (53 %)
85 500 k€ |
1 400 kt
2 660 000 k€ |
1 400 kt
2 660 000 k€ |
×31 |
| Épichlorhydrine |
| 10 kt (0,9 %) |
300 kt (23 %)
450 000 k€ |
600 kt (60 %)
900 000 k€ |
×60 |
| Acide acrylique |
| Quantités pilotes |
450 kt (10 %)
810 000 k€ |
900 kt (20 %)
1 620 000 k€ |
×∞ |
| Isoprène |
| Quantités pilotes |
50 kt
110 00 k€ |
100 kt
220 000 k€ |
×∞ |
| Éthanol |
| 50 kt
35 000 k€ |
430 kt
301 000 k€ |
800 kt
560 000 k€ |
×16 |
| Acide lactique |
| 420 kt
966 000 k€ |
420 kt
966 000 k€ |
900 kt
2 070 000 k€ |
×2 |
| Sorbitol |
| 140 kt
140 000 k€ |
300 kt
690 000 k€ |
400 kt
920 000 k€ |
×2,8 |
| TOTAL intermédiaires mondial |
| 667,5 kt
1 247 750 k€ |
10 150 kt
8 097 000 k€ |
13 250 kt
13 630 000 k€ |
×20 |
| USA |
| 7 983 kt (8 %) |
10 750 kt |
16 148 kt |
| ×2 |
| Europe |
| 16,8 milliards € |
8 milliards € |
25 milliards € |
| |
* Facteur multiplicatif ; les données sont indiquées en
volume (ktonnes) et parts de marché (%).
** Prédiction de McKinsey pour 2010, ce ne sont pas des chiffres
avérés pour 2010.
*** Estimation prudente supposant que le meilleur scénario
prédit par McKinsey pour 2010, i.e. 20 % de la production de
l’industrie chimique biosourcé, sera atteint en 2020.
- –. matériaux biosourcés (polymères, plastiques végétaux
et composites) ;
- –. produits fonctionnalisés, destinés à être soit
formulés, soit directement mis sur le marché : solvants,
tensioactifs, lubrifiants, plastifiants, encres, colles et
peintures, etc.
Les domaines d’application sont vastes et divers :
emballage, films agricoles et industriels, transport (carrosserie,
joints, pièces de moteur, tuyaux…), bâtiment (isolation, portes,
cloisons…), équipements électriques/électroniques, cosmétique
(parfums, maquillage…), pharmaceutique, alimentation (arômes,
additifs), détergence, dégraissage, forage, hydraulique, traitement
du bois, revêtements.
D’après différentes sources, le marché de la chimie du végétal
atteindra de l’ordre de 300 milliards d’euros à l’horizon 2020,
avec une croissance de 10 à 15 % par an. Le développement
des produits biosourcés a pris de l’avance aux États-Unis
comparativement à l’Union européenne car il a été largement soutenu
par les autorités, notamment au travers des programmes du
« USDA's Biobase Procurement Model » depuis 2002 et
plus récemment du programme « USDA's BioPreferred
program » grâce auquel plus de 1 000 produits biosourcés se
sont ajoutés aux 3 500 produits biosourcés déjà éligibles pour les
achats publics au niveau fédéral. Grâce à ces financements publics
et à ces politiques publiques incitatives, les États-Unis sont
aujourd’hui leader mondial sur les produits biosourcés à travers
les applications « bulk » (1,3–propanediol, PLA…) avec de
nombreuses usines implantées sur leur territoire. En Europe, les
produits biosourcés font partie des six marchés porteurs identifiés
par la Commission européenne (DG entreprise et industrie) dans le
cadre du « Lead Market Initiative » (LMI), ou
« Initiative marchés porteurs ». Le LMI a pour objectif
d’identifier et de soutenir les secteurs d’activité totalement
nouveaux, sur lesquels l’Union européenne peut développer un
avantage concurrentiel. Un rapport concernant des mesures
spécifiques pour promouvoir l’introduction sur le marché des
produits biosourcés innovants a été publié en novembre 2009.
En 2009, l’industrie chimique européenne utilisait 8 à
10 % de matières premières renouvelables pour produire
diverses substances chimiques, ce qui correspond à moins de
2 % des surfaces agricoles cultivées. Des estimations
projettent une superficie de 4 % à l’horizon 2020. Par
ailleurs, les associations Europabio et ERRMA préconisent
d’ajouter un objectif de 20 % de produits biosourcés
d’ici 2020 à la stratégie européenne « EU 2020
Strategy & the EU Climate Change & Energy
Strategy ».
En France, l’industrie chimique française s’est engagée à passer
d’une utilisation de 8 % de matières premières d’origine
végétale en 2010 à 15 % d’ici à 2017 et à utiliser
tous les types de ressources agricoles et cellulosiques ainsi que
les déchets et les co-produits. En ce qui concerne des données
chiffrées pour la France, il n’existe à l’heure actuelle que celles
issues de l’étude Alcimed réalisée en 2007 pour le compte de
l’ADEME (tableau 2).
Tableau 2 Marchés des produits biosourcés issus de
matière première locale en Europe actuellement et prospectives pour
2020)
|
| 2008-2010 |
2020
sans contraintes politiques |
2020
avec contraintes politiques |
Croissance avec contraintes 2020 vs
2010* |
| Intermédiaires chimiques |
138,5 kt
249 550 k€ |
2 030 kt
1 619 400 k€ |
2 650 kt
2 726 000 k€ |
×19 |
| Matériaux biosourcés |
| Polymères |
260 kt
1 085 000 k€ |
769 kt |
2 550 kt
9 980 000 k€ |
×10 |
| Matériaux composites |
315 kt (13 %)
725 000 k€ |
| 830 kt (28 %)
1 845 000 k€ |
×2,6 |
| Produits fonctionnalisés |
| Lubrifiants |
137 kt (3 %)
411 000 k€ |
277 kt |
420 kt
1 260 000 k€ |
×3 |
| Solvants |
1,5 % |
12 % |
40 % |
×26 |
| TOTAL |
8-10 % (14)
850,5 kt |
| 16 milliards € |
|
* Facteur multiplicatif ; les données sont indiquées en
volume (ktonnes) et parts de marché (%).
Une analyse fine des potentiels de ces marchés à court, moyen et
long termes permet de dégager de grandes tendances :
- –. à court terme (horizon inférieur à 5 ans) :
i) fort développement de la synthèse de produits biosourcés
possédant une structure chimique identique à celle des produits
d’origine pétrochimique (molécules identiques) à partir de procédés
de transformation aval non modifiés ; ii) exploitation des
intermédiaires chimiques biosourcés qui arrivent déjà sur le marché
(exemples : acide succinique, épichlorhydrine, isosorbide …)
et d’autres issus de projets qui sont à l’étape de démonstrateurs
ou pilotes industriels et qui devraient atteindre le stade
commercial d’ici 5 ans (exemples : acroléine, acide
acrylique…) ; iii) développement de produits biosourcés
innovants utilisant les caractéristiques propres des végétaux
disponibles actuellement suivant les domaines (exemples :
polymères : Ingeo™, MaterBi®, Gaïalene®,
Bioplast®, Rilsan®, Pebax®… ;
composites ; lubrifiants :
DIESTERlub®…) ;
- –. à moyen terme (horizon 2020), des produits
biosourcés obtenus à partir de ressources lignocellulosiques et de
déchets devraient faire leur apparition sur le marché. En effet, de
nombreux projets de recherche industrielle et démonstrateurs de
recherche sont en cours dans l’optique du développement des
biocarburants avancés, ce qui devrait permettre d’accéder à des
molécules plateformes nécessaires à la production industrielle de
produits biosourcés ;
- –. à long terme (horizon 2030), on peut envisager
que des produits innovants utilisant les caractéristiques propres
des végétaux auront fait leur apparition sur le marché. En
complément des procédés biosourcés à base de lignocellulose, ceux à
partir de micro-algues devraient avoir été développés, aidés par
les projets de recherche industrielle des biocarburants d’origine
algale.
Les freins
Aujourd’hui, bien que de nombreuses initiatives soient prises en
France comme dans l’Union européenne pour favoriser la pénétration
des produits biosourcés sur le marché, il subsiste encore
d’importants freins. Ces freins portent notamment sur : i) les
prix des produits biosourcés qui sont souvent plus chers que ceux
de leurs équivalents d’origine fossile à fonctionnalité
identique ; ii) la connaissance insuffisante des attentes
sociétales des industriels afin de mieux cibler les segments
d’applications où le consommateur acceptera un surcoût ou acceptera
le produit proposé ; iii) l’absence de réglementations
adaptées aux produits biosourcées : les réglementations
actuelles sont toutes mises en place pour les produits
pétrochimiques et ne prennent pas en compte les spécificités des
produits biosourcés. Les labels officiels (Ecolabel européen, NF
environnement, etc.) ou privés existants sont inadaptés, car ils
reposent sur des référentiels de certification dont les critères ne
sont pas réellement pertinents pour les produits biosourcés ;
iv) la réglementation REACH, bien que potentiellement favorable
pour les molécules issues de la biomasse, peut avoir un coût pour
les produits biosourcés surtout lorsqu’ils sont concurrencés par
des produits homologues importés de pays hors d’Europe non soumis à
une réglementation de ce type.
Conclusion
En conclusion, la biomasse représente l’une des alternatives
principales à l’utilisation des ressources fossiles pour
l’industrie chimique en tant que matière première carbonée. La
France dispose de ressources agricoles et forestières abondantes
pour assurer le développement des produits biosourcés sans entrer
en concurrence avec les usages alimentaires et énergétiques. La
filière chimie du végétal se structure en France grâce à la mise en
place de structures fédératrices qui rassemblent les acteurs de
l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production de la
biomasse, la distribution du produit fini, en passant par toutes
les étapes intermédiaires de transformation réalisées par les
agro-industriels, les chimistes, les biotechnologues, les
plasturgistes… Cette filière a besoin d’investissement pour
financer l’innovation industrielle, anticiper la disparition
inéluctable des ressources pétrolières, la hausse progressive et
persistante du prix du baril et aussi pour mieux gérer les
ressources végétales en termes de disponibilité,
d’approvisionnement, d’accessibilité, de durabilité, de prix des
ressources… Aujourd’hui, de plus en plus de spécialistes
s’accordent pour dire que le développement de la filière de la
chimie du végétal, intégrée au sein de la chimie durable, pourrait
contribuer à une réindustrialisation partielle de la France et
ainsi stimuler la création de nombreux emplois non délocalisables
dans l’ensemble des filières dans lesquelles elle intervient :
bioraffinerie, agriculture, environnement (gestion des déchets). En
attendant, pour accompagner la diffusion des produits biosourcés
actuels et en développement, un soutien des pouvoirs publics est
indispensable. Il se traduirait par des mesures fiscales
avantageuses (par exemple, crédit d’impôt accordé sur la base du
contenu végétal de certains intermédiaires ou produits finis, TVA
réduite…), l’introduction d’une préférence aux produits biosourcés
dans les achats publics pour une liste déterminée de produits, la
mise en place d’une labellisation permettant de valoriser les
bénéfices environnementaux des produits biosourcés.
Pour en savoir plus
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