ARTICLE
Auteur(s) : Jean-Paul Jamet
Centre national pour la promotion des produits agricoles et
alimentaires, 9 rue de la Baume, 75008 Paris
Je me propose d’apporter quelques éclairages sur les points de
recouvrement entre l’agriculture, l’alimentaire et le monde
énergétique. Je pense effectivement qu’aujourd’hui il y a une
inquiétude – aujourd’hui il n’y a même que des inquiétudes. Je vais
donc essayer, à partir d’observations de la réalité telle que je la
perçois, de préciser les raisons pour lesquelles se manifeste à la
fois une augmentation aussi importante du prix de l’énergie et en
parallèle une augmentation aussi importante des produits agricoles.
Existe-t-il des raisons communes aux phénomènes de hausse que
connaissent ces deux domaines ? Et interrogation
subséquente : une partie de la hausse des produits agricoles
n’est-elle pas liée à la demande de biocarburants, notamment du
fait du problème énergétique ?
La hausse des coûts des productions végétales
L’augmentation de la demande de produits alimentaires est bien la
première raison de la hausse des coûts des productions végétales.
Il faut prendre conscience que l’évolution de ces dernières années
fait que le continent asiatique – 2,5 milliards d’habitants pour ne
compter que la Chine et l’Inde – pèse désormais au niveau de
l’économie mondiale à peu près autant que l’Europe avec ses
500 millions d’habitants. Et donc, même si une bonne partie du
monde rural chinois et du monde rural indien est à un niveau de
pauvreté relativement important – beaucoup ne gagnent que 1 à
2 dollars par semaine – l’apparition d’une classe moyenne crée
un choc en termes de demande sur le marché des produits agricoles.
Dans le même ordre d’idée, le renchérissement relativement
récent du prix de l’énergie pétrolière et gazière fait qu’un
certain nombre de pays qui ont des ressources pétrolières se
portent beaucoup plus volontiers sur le marché des produits
agricoles.
La deuxième raison de cette augmentation tient aux problèmes
climatiques apparus au cours de ces dernières années dans des zones
productrices de blé en particulier. L’Australie devient
structurellement semi-désertique : une équipe du CNRS l’a
démontré il n’y a pas longtemps, la déforestation de l’Amazonie
conduit à charger moins en eau les alizés sur le Pacifique, si bien
qu’El Nino contribue désormais à assécher toute une partie de
l’Australie où la production de céréales est passée de
50 millions de tonnes à 15 millions de tonnes en
2006-2007. Par ailleurs, la sécheresse a touché également d’autres
pays producteurs de céréales comme l’Ukraine, le Maroc, l’Espagne.
Ces récoltes moins abondantes que prévu des zones
traditionnellement productrices ajoutées à un accroissement de la
demande, n’ont pu qu’agir sur le cours des produits agricoles et
cela malgré l’augmentation des productions, en Amérique Latine,
avec l’Argentine et le Brésil.
La troisième raison qu’il convient de mettre en avant, nettement
plus structurelle que la précédente et très conséquente, renvoie à
l’abandon des politiques agricoles de régulation des marchés,
entériné par l’Uruguay Round. En particulier il n’y a plus de
politique de régulation des stocks et cela a un effet très
important au niveau des opérateurs – on ne dispose plus que de deux
mois de stock en matière de production céréalière du fait d’un
petit désajustement entre l’augmentation insuffisante de l’offre
par rapport à la demande. Ces 5-6 dernières années a été constaté
un écart de seulement de 1 % en moyenne annuelle entre la
consommation et la demande, ce qui naturellement s’est traduit par
une baisse significative des stocks.
Quatrième explication de cette hausse des coûts des productions
agricoles : la spéculation financière. Si on regarde le marché
des commodités sur la longue durée, on constate une baisse générale
tendancielle des prix qui s’étend jusque vers les années 2003-2004.
Et en quatre ans, le prix de toutes les matières premières a
doublé, qu’elles soient métallurgiques, énergétiques ou agricoles.
Il faut voir dans ce retournement de tendance un phénomène bien
connu de tous les économistes, à savoir que la mauvaise monnaie
chasse la bonne : vu l’incertitude sur le dollar, les
opérateurs préfèrent placer leur argent sur les marchés des
matières premières dont la tendance est haussière. La venue des
fonds d’investissement et les fameux hedge funds sur les marchés
des commodités n’ont fait qu’accentuer cette hausse. On a là une
amplification liée à l’instabilité des monnaies et aux mouvements
de masses financières cherchant les meilleurs placements possibles,
sans doute dans une vision à très court terme.
Le dernier facteur enfin poussant à la hausse est celui des
coûts de production. En réalité je ne crois pas à une augmentation
démesurée du prix de l’énergie. On confond ici deux choses très
différentes : la volatilité des prix et la tendance des
marchés. Si l’on regarde sur une longue période, le prix de
l’énergie au cours du XXe siècle a été à peu près
stable en monnaie constante. L’énergie est le résultat d’une
production comme une autre et l’humanité y consacre à peu près
10 % de ses capacités de production. Sans revenir à
Jean-Baptiste Say, quelque part il y a un équilibre :
l’énergie ne peut pas augmenter sans influencer le reste de
l’économie. Donc naturellement, lorsqu’une hausse de l’énergie
apparaît, elle se répercute en particulier sur les secteurs qui
incorporent beaucoup d’énergie – et l’agrochimie avec la production
d’engrais et le secteur agricole avec les travaux de labour et de
récolte sont de gros consommateurs d’énergie. L’augmentation des
coûts de production en agriculture est ainsi la conséquence pour
partie de l’augmentation du coût de l’énergie et ne peut que se
répercuter sur les cours des produits agricoles en pesant sur la
capacité des opérateurs agricoles à augmenter leur offre.
Les coûts de l’énergie
Il semble bien que les facteurs pesant sur l’évolution des prix des
produits pétroliers présentent de nombreuses similitudes avec ceux
déterminant l’évolution des prix agricoles.
Il y a tout d’abord à l’origine de cette hausse un facteur
économique lié à l’évolution de la demande. Le décollage de la
faculté productrice de l’Asie avec la Chine et l’Inde, mais aussi
du Brésil, exerce désormais une pression durable sur la demande de
produits pétroliers. Ceci dans un contexte marqué par une politique
de maîtrise de l’offre de la part des pays producteurs et par une
relative faiblesse des investissements en exploration et en
raffinage notamment aux États-Unis : depuis une vingtaine
d’années, ces derniers n’investissent plus dans ce secteur alors
que la demande d’essence continue d’augmenter1.
Intervient également quant à cette hausse un facteur
géopolitique : les réserves de pétrole et de gaz sont
concentrées dans des pays politiquement peu stables (Iran, Irak,
Nigeria, Angola, Venezuela…). L’instabilité du Moyen-Orient est une
menace permanente sur la sécurité des approvisionnements et des
cours.
Une troisième raison est de nature financière : la
spéculation et l’intervention sur ce marché des fonds
d’investissement amplifient de manière significative les variations
de prix. On estime qu’elle explique au moins 25 % de la hausse
actuelle des cours du pétrole.
Ceci dans un contexte où les réserves actuelles connues,
l’amélioration des techniques d’extraction, les réserves de gaz et
de schistes bitumineux assurent un siècle de consommation mondiale
à technologie constante (rappelons les réserves de charbon :
deux siècles de consommation, et d’uranium : un siècle). Il
n’y a donc pas de raison de fond à la hausse des produits
énergétiques si ce n’est qu’ils relèvent de politiques de long
terme alors qu’à l’heure actuelle les opérateurs financiers se
déterminent dans le monde entier sur des politiques de court terme.
Les opérateurs du secteur énergétique n’investissent pas
facilement, si bien que la tension actuelle résulte plus d’une
politique d’ajustement qu’elle ne dénote un manque potentiel de
ressources.
La contrainte qui vient heurter ce secteur est le fameux
problème du réchauffement climatique, contrainte qui milite en
faveur de l’usage des biocarburants, source de carbone
renouvelable.
L’intérêt du recours aux biocarburants
Dans un contexte marqué par la lutte contre le réchauffement
climatique et la recherche de réduction des émissions de gaz à
effet de serre, les biocarburants présentent l’intérêt de recourir
à des sources de carbone renouvelables et donc d’éviter
l’accroissement de l’effet de serre par l’emploi de carbone
fossile.
Par ailleurs, ils permettent de diversifier les
approvisionnements et indirectement de diminuer la pression sur la
ressource pétrolière, raison également importante pour laquelle un
certain nombre de pays se sont lancés dans leur production
– les États-Unis, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Union
européenne.
Une raison technique souvent oubliée préside également à leur
adoption. Quelles que soient les discussions sur les rendements
énergétiques, les biocarburants d’aujourd’hui – biodiesel ou
éthanol – sont mélangeables aux essences et gasoils actuels sans
modifications importantes des flottes de transport. Des solutions
autres qui exigeraient des motorisations différentes poseraient de
tout autres problèmes d’investissement.
Néanmoins les biocarburants ne sont pas la réponse à
l’épuisement des ressources fossiles de pétrole et de gaz. Les
surfaces nécessaires à une substitution significative de carburants
fossiles sont hors de portée : s’il fallait se fonder sur les
productions végétales pour couvrir la demande mondiale en
carburants d’ici 2050, la totalité des surfaces agricoles utiles
n’y suffirait pas. La première politique de maîtrise de production
de carburants – l’Agence internationale de l’Énergie ne cesse de le
rappeler – réside dans les économies d’énergie.
Avec une consommation énergétique mondiale du secteur des
transports de 1,6 milliard de tonnes d’équivalent pétrole
(TEP), les 44 millions de TEP apportés par les biocarburants
ne représentent au mieux que 3 % du problème énergétique (figure 1) !
Hausse des prix des produits agricoles et biocarburants
La hausse des prix des produits agricoles est-elle liée au
prélèvement en matières premières appelé par la production de
biocarburants ?
Rappelons quelques données.
Surfaces et volumes de production
La production mondiale d’éthanol en 2005 (figure 2) s’est élevée à
37 Mt essentiellement fabriquée à partir de canne à sucre au Brésil
et de maïs aux États-Unis. La production brésilienne de cannes à
sucre occupe 6 M d’hectares alors que la surface des
exploitations agricoles au Brésil est de 400 M d’hectares :
autrement dit, aujourd’hui au Brésil il n’y a pas de compétition
sur le foncier entre productions énergétiques et production
alimentaire. Par ailleurs, la déforestation de la forêt
amazonienne, loin d’être liée à l’exploitation de la canne à
sucre, renvoie à l’avancée d’un front pionner sous la pression
des exploitants de bois et des éleveurs qui transforment
progressivement la forêt en une savane packagée. Et c’est seulement
ensuite que surviennent les cultures. Autrement dit, le sort de la
forêt est avant tout un problème de volonté politique (ou de
non-volonté politique) du gouvernement brésilien sans liaison
directe avec le développement de la canne à sucre.
Aux États-Unis la production d’éthanol à partir de maïs a
prélevé environs 50 Mt en 2006 – une quantité du même ordre de
grandeur que les exportations de maïs des USA qui n’ont pas baissé.
En fait les USA ont augmenté leur production sans se retirer du
marché mondial. Et si le maïs est cher en Europe, on le doit aux
OGM dans la mesure où les Européens ne veulent pas acheter du maïs
OGM pour nourrir leurs animaux2. Ce
segment du marché mondial du maïs connaît des prix évoluant de
manière tout à fait différente que ceux du maïs et de l’éthanol
dans l’Union européenne. Une interrogation demeure pour l’avenir
devant la volonté américaine d’intensifier l’éthanol de maïs sans
considération du marché mondial de l’alimentation animale.
La production mondiale d’esther méthylique d’huile végétale
(EMHV) est quant à elle de 4 Mt, un chiffre dérisoire au
niveau mondial. Cette production est essentiellement d’origine
européenne, où ce volume devient significatif rapporté à la
production de colza. Si bien qu’ici on peut identifier une plus
grande liaison entre l’augmentation du prix de l’huile de colza et
le développement des biocarburants pour les moteurs diesel.
L’examen des surfaces associées à la production des
biocarburants en Europe permet de constater que, mis à part le
colza, la part des surfaces pour le blé, le tournesol et la
betterave sont tout à fait minimes. Ces surfaces ne sont
significatives que pour le colza puisqu’en 2005 49 % du colza
produit, en termes de surface aussi bien qu’en volume, est mobilisé
pour la production de biocarburants. À titre comparatif, on était à
30 % en 2003 (figure 3).
Rappel sur les biocarburants de première génération
En matière de biocarburants il est plus que jamais nécessaire de
pratiquer une analyse systémique d’intérêt.
Le sucre extrait de la betterave à sucre, une fois fermenté,
produit de l’éthanol et les pulpes restantes peuvent être utilisées
en alimentation animale.
De même, l’éthanol produit à partir de l’amidon extrait du blé,
de la pomme de terre ou du maïs, laisse des drêches riches en
protéines et pouvant être destinées à l’alimentation animale.
L’extraction de l’huile de colza, base des EMVH, donne lieu
également à des co-produits, des tourteaux de colza également bons
pour l’alimentation animale.
Tout le monde butte sur les co-produits en essayant de leur
trouver une valeur énergétique au regard de la contrainte
énergétique alors qu’ils ont un intérêt certain pour l’alimentation
animale.
En 1991, l’Onidol a démontré à partir d’un modèle d’équilibre,
l’intérêt de transformer l’huile de colza en EMHV pour la balance
commerciale française et que le bénéfice résultait autant des
économies d’importation de tourteaux de soja obtenues en leur
substituant du tourteau de colza, que celles obtenues par la
substitution des esters d’huile de colza à du carburant diesel.
Il est dommage que l’analyse des carburants de première
génération ne soit faite qu’au regard de la contrainte énergétique.
Il faut également prendre en compte la contrainte en alimentation
animale, qui est loin d’être négligeable et inintéressante,
notamment du fait de notre déséquilibre en matières riches en
protéines.
Des évolutions de prix parallèles
Il y a deux ans j’estimais que les biocarburants n’étaient pas
encore rentables et qu’ils le deviendraient lorsque le pétrole sera
autour de 85-90 $ le baril. En fait les deux marchés ont évolué de
la même façon : une demande mondiale forte pour l’énergie a
coïncidé avec une demande mondiale forte pour les produits
agricoles et alimentaires, si bien que l’huile de colza n’est
toujours pas rentable aujourd’hui pour faire des biocarburants
alors que les cours du pétrole ont dépassé 100 $ le baril.
Et on assiste au même phénomène en ce moment aux États-Unis où
certains projets en faveur de l’éthanol sont arrêtés et gelés avant
d’y voir plus clair.
Une partie du raisonnement sur le développement des
biocarburants était bâtie sur l’idée que le prix de l’énergie
devait monter et que le prix des produits agricoles devait
baisser : ce qui devait rendre très intéressant cette
solution. Il apparaît à la lumière des faits que le système ne se
régule pas ainsi : on observe une inter-relation entre les
deux systèmes et pour l’instant les deux systèmes de prix évoluent
en parallèle (figure
4). Il n’y aura pas non plus une divergence constante entre
l’évolution du prix de l’énergie et l’évolution du prix des
produits agricoles servant de matières premières aux
biocarburants.
En ce sens je n’ai pas une inquiétude particulière sur le fait
d’une compétition durable entre les débouchés alimentaires et les
usages non alimentaires de la production agricole, mis à part, pour
l’instant, la détermination américaine à développer à tout prix la
filière éthanol.
Les carburants de deuxième génération
Au lieu d’utiliser un sucre, un amidon ou une huile, les carburants
de deuxième génération sont fondés sur l’utilisation de la plante
entière, principalement constituée de lignine, d’hémicellulose et
de cellulose.
L’intérêt est double : réclamant moins d’intrants
agronomiques que les plantes annuelles (s’accompagnant donc d’un
moindre impact environnemental), les plantes en particulier
ligno-cellulosiques permettent d’obtenir un rendement énergétique
de 8 à 10 (contre 2 et 4 pour la première génération).
Tous les avantages donc semblent réunis.
Deux voies sont possibles :
- – la voie thermochimique ou voie de la
gazéification : en s’appuyant sur la réaction de
Fischer-Tropsch et à partir des gaz produits on synthétise des
carburants selon la longueur des chaînes soit pour l’essence, soit
pour le gas-oil, soit pour les avions (figure 5) ;
- – la voie enzymatique (la voie dont tout le monde rêve)
fondée sur le « génie biochimique » et qui consiste à
séparer la lignine de la cellulose et à opérer une hydrolyse
enzymatique de la cellulose et des hemicelluloses permettant la
production de sirops de sucres fermentescibles (sucres en C6 et en
C5)3.
Ces techniques sont très séduisantes : elles impliquent
toutefois un saut technologique et biotechnologique important. En
particulier, les enzymes cellulolytiques connues aujourd’hui sont
relativement spécifiques, et l’on ne dispose pas encore de systèmes
plus polyvalents, moins dépendants de tel ou tel type de substrat
(figure 6).
Cette voie est une très belle perspective qui débloquerait la
pression sur les productions alimentaires traditionnelles en
recourant à la production d’énergie à partir d’une matière première
lignocellulosique. Mais elle ne peut être considérée pour l’instant
que comme une solution à moyen terme (de sept à quinze ans selon
les auteurs).
Le passage de la première à la seconde génération en matière de
biocarburants devrait se faire progressivement : on commencera
en fait, comme le font actuellement les Brésiliens, par digérer la
cellulose – le rendement énergétique de la canne à sucre est
ainsi amélioré en extrayant la partie purement cellulosique de la
bagasse, afin de produire par voie enzymatique des sucres
fermentescibles pour faire de l’éthanol. La voie vers la deuxième
génération devrait se faire à mon avis par l’intermédiaire du
traitement enzymatique de co-produits de la première génération.
Par la suite, il faudra déterminer les cultures et les productions
ligneuses les mieux adaptées, en n’oubliant pas l’optimisation des
questions de logistique qui supposent une certaine concentration de
la production autour des usines de transformation.
Conclusion
Je rappellerai pour conclure qu’il convient de ne pas confondre
volatilité des marchés et désajustement structurel. Les problèmes
actuels de volatilité ne marquent pas à mon avis le début de la
crise de l’énergie et de l’agriculture. Les surfaces agricoles
consacrées aux carburants de première génération s’élèvent à
quelques pourcents de la surface totale pour l’agriculture. Elles
ont quand même un effet tant sur l’agriculture que sur le marché
énergétique, dans la mesure où elles contribuent à limiter la
volatilité des marchés pétroliers.
L’autre point intéressant de la politique en en faveur des
biocarburants, indépendamment de leur impact sur l’effet de serre,
c’est que dans un contexte d’abandon des politiques de soutien des
marchés agricoles, un certain nombre de pays se résolvent à
maintenir des politiques publiques en faveur de l’agriculture au
travers de politiques volontaristes en matière de
biocarburants.
Cette politique de valorisation de la biomasse est un moyen
indirect de régulation des marchés agricoles, ce qui peut être
intéressant pour la majorité des agriculteurs pauvres. Un soutien
des cours des produits agricoles me paraît plus bénéfique pour
l’avenir de la planète que leur effondrement, pour autant que le
développement des cultures destinées à la production d’énergie ne
perturbe pas la reconstruction de stocks de régulation des marchés
agricoles qui s’impose aujourd’hui comme une nécessité
impérative.
Et dernier point de ma conclusion, il y a nécessité dans ce
domaine (comme dans bien d’autres) de travaux de recherche et de
développement importants car le passage de la première à la
deuxième génération ne pourra être que progressif et exigera encore
de nombreuses expérimentations en vraie grandeur.2 Il ne faut pas oublier que la moitié des volumes de
maïs utilisés pour produire de l’éthanol sont transformés en corn
gluten feed et en drèches qui retournent à l’alimentation
animale.3 La fermentation des sucres en C5
suppose également le recours à des travaux de génie
moléculaire.1 Qui se souvient qu’en 1999,
le cours du baril de pétrole est tombé à 11 $ ?
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