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Oléagineux, Corps Gras, Lipides
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Glycérol : état du marché et débouchés potentiels – hiver 2006


Oléagineux, Corps Gras, Lipides. Volume 13, Number 2, 160-6, Mars-Juin 2006, Lipochimie et bioproduits

DOI : 10.1684/ocl.2006.0024

Summary  

Author(s) : Michael Heming, Sylvain Claude , HB International SAS, 26 bis rue de l’Ermitage, BP 80031, 95161 Montmorency Cedex, ONIDOL/SOFIPROTEOL 12 avenue George V 75008 Paris.

Summary : Glycerine is a by-product of the biodiesel industry. Owing to the exponential growth of biodiesel production worldwide and particularly in Europe, the glycerine market has been driven during the last few years by the oversupply being generated by the biodiesel industry. Prices of both refined and crude glycerine have fallen to all-time lows. Consequently, there are clear signs that demand for glycerine is growing strongly with new usages both for crude and refined glycerine now to the fore. This article attempts to analyse to what extent a « substitution/new-usage breakthrough » for glycerine is occurring and will propose a supply/demand scenario for the coming 3 years. It will also attempt to predict how glycerine prices will develop over the same period.

Keywords : biodiesel, glycerine, glycerol, market, supply, demand, prices, new usages

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ARTICLE

Auteur(s) : Michael Heming1, Sylvain Claude2

1HB International SAS, 26 bis rue de l’Ermitage, BP 80031, 95161 Montmorency Cedex
2ONIDOL/SOFIPROTEOL 12 avenue George V 75008 Paris

Introduction

« En fait, dans l’histoire de la glycérine, on a pu assister souvent à des baisses considérables sans que la production en ait été en rien diminuée. De même, on a pu voir les prix doubler, tripler ou quadrupler sans observer de diminution de consommation » (Société française des glycérines en 1933/34, Fehrenbach imprimeur, Paris).

Tous les acteurs et observateurs du marché de la glycérine s’accordent sur ce point : les fluctuations de ses cours n’ont pas cessé et demeurent spectaculaires depuis cent trente ans. Le premier usage industriel de la glycérine remonte à 1862 et s’adressa à l’industrie textile. Ce résultat permit aux fabricants de bougies stéariques, producteurs involontaires de glycérine, d’écouler avec profit un sous-produit jeté au ruisseau. Dix ans plus tard, les nombreux emplois qui furent successivement trouvés, prônés et adoptés absorbaient toute la glycérine produite par l’industrie stéarique, environ 10 000 tonnes/an. La première spéculation sur la glycérine eut lieu en 1872 suite aux promesses de développement de la dynamite : les prix doublèrent mais les prévisions de consommation ne furent pas au rendez-vous ; les cours chutèrent.

État des lieux

À la question : « Qu’en est-il en 2006 ? », l’on peut répondre qu’actuellement la notion d’équilibre entre l’offre et la demande a perdu son sens : toute la glycérine du marché est désormais d’origine naturelle ; elle est redevenue en quelque sorte un produit « fatal ». Heureusement, l’histoire montre que les cours se sont toujours relevés. Un premier régulateur réside dans la production de glycérine synthétique et si, en 1985, 25 % de la production était d’origine synthétique puis 10 % en 1995 et 2 % en 2005, elle est dorénavant pratiquement inexistante ; DOW a stoppé la production du site de Freeport le 31 janvier 2006.

La production mondiale de glycérine était de 730 000 t en 1995, elle a dépassé 1 Mt en 2005 et devrait atteindre 1,5 Mt en 2008, (tableau 1( Tableau 1 )). Si le taux de croissance de l’offre a été modéré jusqu’en 2005, environ 3,75 %/an, il atteindra vraisemblablement 12,5 %/an entre 2005 et 2008.

Si les usages traditionnels ne se développent pas ou s’il n’en apparaît pas de nouveaux, l’offre risque de dépasser la demande en 2008 d’environ 400 000 tonnes. Aussi la question se posera-elle de savoir comment la demande pourra la compenser.

Jusqu’en 2005 la demande arrivait tant bien que mal à équilibrer l’offre, notamment grâce à la constitution de stocks importants : 75 000 tonnes en « brute et raffinée » fin 2005 ( (figure 1) ).

Au cours de cette année 2006, l’équilibre précaire ainsi maintenu risque de se rompre. Néanmoins et contre toute attente, il pourrait se rétablir à la mi-2008 ou même avant. Il y a en effet des signes avant-coureurs d’une croissance accrue de la demande, autant pour la glycérine raffinée que pour la brute.
Tableau 1 Sources de production mondiale de glycérine 1992-2008.

’000 mt 100%

1992a

1995b

1998c

1999d

2003e

2005f

2008g

Savons

208

210

199

198

180

160

130

Acides gras

268

286

304

322

350

410

480

Biodiesel

6

40

55

57

160

270

600

Alcools gras

78

99

109

108

110

130

220

Synthétique

78

80

95

75

80

20

-

Autres :

Esters méthyliques

15

20

24

25

30

30

« Fat Substitutes »

3

5

5

5

5

Fermentation

15

15

20

10

10

TOTAL

638

730

800

804

930

1 035

1 475

Taux annuel de croissance

4,5 %

3 %

0,5 %

3,75 %

5,5 %

12,5 %

3,75 %

a1st World Glycerine Conference, HBI, 1993.

b2nd World Glycerine Conference, HBI, 1996.

cDonnées présentées par HBI au Glycerine Workshop organisé la Commission Européenne, DGXII.

dPrésenté par HBI au WCO à Kuala Lumpur, septembre 2000.

eEstimations HBI, publiées dans Gunstove F, Heming M. Glycerol-an important product of the oleochemical industry. Lipid Technology 2004 ; 16(8).

fEstimation HBI.

gEstimation HBI.

Quid des prix ?

L’absence de parallélisme décrit plus haut entre production et consommation de glycérine s’est concrétisée de façon simple et « brutale » : la glycérine raffinée se vend au tiers du prix qu’elle atteignait en 1995  (( figure 2 ) et tableau 2( Tableau 2 )), quant à la glycérine brute, elle a perdu 90 % de sa valeur (( figure 3 ) et tableau 3( Tableau 3 )). La chute récente du cours de la qualité brute (elle vaut moins de 10 % de son prix de 1995) est plus marquée que pour la qualité raffinée. Cela peut s’expliquer par l’insuffisance des capacités de raffinage et favorise son exportation à bas prix tout en encourageant la découverte de débouchés se contentant de cette qualité. La glycérine brute actuellement commercialisée provient désormais du biodiesel et non plus de la savonnerie.
Tableau 2 Comparaison des prix « spot » pour la glycérine raffinée « kasher » entre les USA et L’Europe, 1995-2006.

Date

USA Qualité kasher

Europe Qualité kasher

« Premium »

c/lb

€/T

€/T

€/T

Décembre 1995

105

1 715

1 508

207

Décembre 1996

80

1 406

1 048

358

Décembre 1997

52

1 054

844

210

Décembre 1998

57

1 092

946

146

Décembre 1999

58

1 274

1 023

251

Décembre 2000

75

 1 876

1 457

419

Décembre 2001

47

1 165

997

168

Décembre 2002

67

1 477

1 180

297

Mars 2003

69

1 421

1 200

221

Juin 2003

65

1 224

950

274

Septembre 2003

55

1 102

650

452

Décembre 2003

52

932

630

302

Mars 2004

60

1 075

800

275

Juin 2004

64

1 175

870

305

Septembre 2004

54

992

740

252

Décembre 2004

45

745

570

175

Mars 2005

45

751

490

261

Juin 2005

45

826

490

336

Septembre 2005

38

675

450

225

Decembre 2005

37

697

450

247

Mars 2006

35

648

440

208


Tableau 3 Prix de la glycérine brute 80 % exprimé en pourcentage du prix de la qualité raffinée, grade pharmaceutique, en Europe, 1995-2006.

Date

Glycérine brute 80 %, vrac, USD pmt

Prix de la glycérine brute 80 % en pourcentage du prix de la qualité pharmaceutique en Europe

Décembre 1995

900

44 %

Décembre 1996

600

46 %

Décembre 1997

360

39 %

Décembre 1998

575

53 %

Décembre 1999

525

51 %

Décembre 2000

500

39 %

Décembre 2001

325

37 %

Mars 2002

300

42 %

Juin 2002

350

45 %

Septembre 2002

400

48 %

Décembre 2002

500

50 %

Mars 2003

550

38 %

Juin 2003

400

35 %

Septembre 2003

225

28 %

Décembre 2003

215

28 %

Mars 2004

400

40 %

Juin 2004

425

40 %

Septembre 2004

320

36 %

Décembre 2004

220

29 %

Mars 2005

200

31 %

Juin 2005

200

34 %

Septembre 2005

155

28 %

Décembre 2005

117

22 %

Mars 2006

60

14 %

Implantation des marchés

Le marché de la glycérine est dominé par les USA et l’Europe.

Les USA

En 2005, les USA montrent une production de glycérol en déclin, une dépendance accrue des importations (60 % de la consommation) et une demande en baisse depuis 2000 (( figure 4 ) et tableau 4( Tableau 4 )). Ce déclin de la production s’explique par un ralentissement des activités en savonnerie, en oléochimie et par l’arrêt progressif puis total de la production de glycérine synthétique.

La situation semblerait évoluer dans le même sens que l’Europe, avec l’apparition d’unités de biodiesel et des taux d’incorporation diversement financés selon les états (tableau 5)( Tableau 5 ). Plus important, l’obligation de désulfurer le diesel (200 M tonnes/an) : 1 % d’incorporation de biodiesel – pour compenser le pouvoir lubrifiant apporté par le soufre – entraînerait la production de 200 000 tonnes de glycérine, soit un peu plus que la consommation intérieure. En 2005, 50 % du biodiesel américain a été exporté vers l’Allemagne, en 2006 cela devrait représenter 30 %.
Tableau 4 Production de glycérine aus USA 1995-2005 (en milliers de tonnes).

Année

Production

Volume

Index

1995

155

100

1996

150

97

1997

163

105

1998

149

96

1999

164

105

2000

156

101

2001

159

102

2002

154

99

2003

141

91

2004

131

85

2005

100

64


Tableau 5 Estimation de la production de biodiesel aux USA 2004-2010 en milliers de mt.

Année

Volume

2004

100

2005

300

2006

500

2010

1500

L’Europe

La situation européenne contraste avec celle des USA. La production, la consommation et les exports de glycérine ont pratiquement doublé en Europe depuis 1995, pour atteindre 385 000 tonnes en 2005 (tableau 6)( Tableau 6 ). On observe que production et consommation sont équilibrées et que les imports demeurent faibles sur la durée ( (figure 5) ).
Tableau 6 Production européenne de glycérine 1995-2005 (en milliers de tonnes).

Année

Volume

Index

1995

215

100

1996

224

104

1997

250

116

1998

239

111

1999

268

125

2000

296

138

2001

297

138

2002

300

140

2003

315

147

2004

360

167

2005

385

179

Évolutions

L’activité biodiesel, presque exclusivement européenne (France, Allemagne, Italie), est à l’origine de ces évolutions : 57 % de la glycérine produite en Europe provient de cette activité. Les 385 000 tonnes produites au total en 2005 sont à comparer à une demande qui s’est élevée à 351 000 tonnes. Entre 2004 et 2005, la demande a crû de 4,2 % (PNB = 1,4 % en Europe sur cette période). Le taux de croissance moyen de la demande s’élève à 5,75 % sur la période 1997/2005. L’Europe reste fortement exportatrice de glycérine raffinée vers les USA.

Perspectives

L’offre

À l’horizon 2007, une production de 250 000 tonnes supplémentaires de glycérine ex-biodiesel est à prévoir en Europe. À l’horizon 2007-2008 et à l’échelle du monde, si on considère les prévisions de production en biodiesel, il faut s’attendre à la mise sur le marché de 400 000 tonnes supplémentaire de glycérine par rapport à 2005 (tableaux 1et 7( Tableau 7 )).

Concernant ces futurs approvisionnements, les principaux éléments à prendre en compte pour la période 2005-2008 sont :

  • 1. Les grands savonniers abandonnent désormais la glycérine dans le savon (« Swing process »). Il y a dix ans, 30 % de la glycérine provenait des savonneries. Ce chiffre est tombé à 10 %.
  • 2. La demande en savon des pays développés baisse globalement. Lorsque localement on observe une augmentation de consommation, les bondillons livrés sont obtenus à partir d’acides gras.
  • 3. La demande en acides gras augmente d’environ 5 %/an.
  • 4. La production de 600 000 tonnes d’alcools gras supplémentaires en 2008 est très probable, en conséquence directe de l’augmentation du prix de l’éthylène et des restrictions environnementales sur les LABS.

Tableau 7 Production mondiale de biodiesel en 2002-2004 et estimations jusqu’en 2007 (en milliers de tonnes).

2002

%

2003

%

2004

%

2005

%

2006

%

2007

%

Europe

1 065

97

1 434

96

1 933

94

2 200

81

3 200

80

4 700

81

dont

Allemagne

450

41

715

48

1 035

50

1 200

44

1 800

45

2 400

41

France

366

33

357

24

348

17

450

17

600

15

1 000

17

Reste du monde

35

3

65

4

120

6

500

19

800

20

1 100

19

dont

USA

30

3

60

4

100

5

300

11

500

13

750

13

Total

1 100

100

1 499

100

2 053

100

2 700

100

4 000

100

5 800

100

La demande

Avec un taux de croissance de 3,75 % la demande en glycérol pour les usages établis évoluera ainsi (kt) :

Glycérol 2005 2006 2007 2008

Demande 1 035 1 208 1 417 1 667

Pour que le marché reste équilibré à l’horizon 2008 (tableau 1), la demande en glycérine devra croître de 12,5 %/an, à comparer avec les 3,75 % observés entre 1992 et 2005. Si les usages traditionnels ne se développent pas ou si de nouveaux n’apparaissent pas, l’offre risque de dépasser la demande d’environ 400 000 tonnes en 2008. Aussi le problème se pose de savoir comment la demande peut la compenser. L’apparition de nouveaux usages, aux côtés des utilisations traditionnelles, pourrait le résoudre.

Voici quelques exemples en vrac que nous avons identifiés dans un premier temps :

  • Substitution des polyols : ils sont au nombre de 5 : le sorbitol, l’éthylène glycol, le propylène glycol, le pentaérythritol, le triméthylolpropane.
  • Sorbitol : le marché mondial du sorbitol s’élève à 1 M tonnes. La moitié en revient à la société Roquette. 75 % du sorbitol est substituable par le glycérol. 30 % en masse d’une pâte dentifrice est constituée de glycérol ou de sorbitol. La consigne chez un major de l’hygiène corporelle est qu’au moins 30 % du polyol soit du glycérol.
  • On enregistre vers la Chine une augmentation des importations de glycérol : 60 000 tonnes en 2004 puis 120 000 tonnes en 2005. Il est estimé qu’en 2006 30 000 tonnes de cette glycérine serviront à substituer des polyols.
  • Glycols : le principal débouché de l’éthylène glycol (MEG) est le PET, créneau guère facile à déloger. Quelques 10 000 tonnes de MEG pour les produits lave-glaces, quelques centaines de milliers pour les antigels radiateurs : 200 000 tonnes en « première monte » et un à deux remplissages totalisant de leur côté une quantité équivalente (Europe) ; soit 400-500 000 tonnes de potentiel (formule = 95% MG + 2 % eau + 3 % additifs). « De-icing » aéronautique : deux applications différentes ; le dégivrage des avions (préventif + curatif) et le « déverglaçage ». La première est très technique, il y a beaucoup d’homologations/barrages à passer. La seconde représente 1000 t/an pour les ADP. Déjà utilisé sur des aérodromes et héliports aux USA. La crainte des formulateurs n’est pas d’ordre technique mais économique (Cf. fluctuations prix du glycérol).
  • Propylène glycol : la conversion du glycérol en ce diol a été travaillée par ADM et IPCI. Les investissements nécessaires seraient énormes ; une affaire à suivre. Alimentation animale : le propylène glycol est incorporé dans la ration des vaches venant de mettre bas comme supplément énergétique. Cela représente au moins 5 000 tonnes en France, qui sont à multiplier par 10 pour l’Europe et encore par 10 pour le monde ; soit un total de 0,5 M tonnes. Notre hypothèse de travail reposera sur une substitution de 10 000 tonnes en 2006 pouvant doubler chaque année.
  • Combustion : dans ce secteur, il faut se référer au mazout (fod) : 500$/t, PC(I /S) ~ 40 MJ/kg. Sous le rapport des pouvoirs calorifiques, la glycérine pure, ~19 MJ/kg, pourrait valoir 200 €/t. Comme elle brûle « moins bien » que le mazout, il faut prévoir un « malus » qui la dévalorise jusqu’à 100 €/t. Il faut noter que le glycérol ne fournit qu’un tiers de l’énergie obtenue avec une mélasse (100-120 €/t) et qu’une glycérine brute à 80 % se vend de 80 à 100 €/t (rendu). Dans les faits, la glycérine brute commence à être brûlée et le sera au moins jusqu’en 2008. Pour la qualité brute, la présence de MONG (matières organiques non glycérineuses) et de méthanol améliore le pouvoir calorifique. Restrictions réglementaires à la combustion : quelques qualités de glycérine brute contiennent des chlorures (dioxines).
  • L’épichlorhydrine : 1 M tonnes en 2005 (800 kt en 2002, 900 kt en 2003). En 2003, environ 76 % de la consommation était consacrée aux résines « époxy », 9 % à la glycérine synthétique et le reste pour divers usages ; élastomères, résines polyamides, tensioactifs, etc. Sur les cinq dernières années, croissance modeste aux USA : 2-2,5% mais élevée en Asie : 7 %. Unilever a travaillé sur la conversion du glycérol en épichlorhydrine, il y a trente ans, alors que le propylène était à un prix qui semblerait compétitif aujourd’hui. Solvay prévoit la construction à Tavaux (Jura) d’une première unité de 10 000 tonnes qui pourrait être dupliquée.
  • Carbonate de glycérol : au plus quelques tonnes/an. En cours de démarrage chez plusieurs oléochimistes en France, aux USA et au Japon. À côté d’usages innovants, le « CG » pourrait se développer en substitution des carbonates d’éthylène et propylène.
  • Stations d’épurations : le glycérol est employé depuis plusieurs années en tant que booster de fermentation. Idem pour la méthanisation mais avec des précautions, l’accélération peut être explosive…

Nous avons ensuite souhaité aller plus loin en tentant d’être exhaustifs et de quantifier les volumes correspondant aux utilisations – réelles ou potentielles – que nous avons été en mesure d’identifier pour le glycérol (tableau 8)( Tableau 8 ).
Tableau 8 Estimation de la demande mondiale en glycérine 2005-2008 en milliers de tonnes.

2006

2007

2008

2005

Impact du taux de croissance assumé de 3,75 % p.a.

1 073

1 114

1 155

  • Substitution du sorbitol dans les dentifrices
  • Marché du sorbitol : 1 M t en 2004, dont 75 % sont potentiellement substituables par la glycérine


10

20

40

  • Substitution du propylène glycol en alimentation animale
  • Substitution des mélasses en alimentation animale
  • Le marché potentiel du propylène glycol pour cet usage : en France : 5-10 000 tpa, dans le monde : 100 000 tpa. Les mélasses sont des sous-produits de l’industrie sucrière et qui présentent une valeur énergétique de loin plus élevée que celle du glycérol.


  • 10
  • -


  • 20
  • -


  • 40
  • -


  • Substitution de l’éthylène glycol (MEG) dans les lave-glaces.
  • Plusieurs milliers de tonnes de glycérol sont déjà utilisées pour cette application en Europe du Nord.


5

10

20

  • Substitution de l’éthylène glycol dans les antigels
  • Substitution de l’éthylène glycol dans d’autres circuits de refroidissement.
  • La substitution du MEG par la glycérine dans les antigels a été explorée par de grands constructeurs automobiles en Europe. Les quelques difficultés techniques apparues devraient être résolues sous peu. Le marché européen est estimé à 400 000 tpa.


  • -
  • -


  • 20
  • 5


  • 40
  • 10


  • Substitution du propylène glycol dans les détergents
  • Nous considérons que le glycérol à déjà remplacé le propylène glycol dans cette application (heavy duty liquid detergents).


-

-

-

  • Glycérine contre le verglas sur les héliports, tarmacs, aéroports, etc.
  • Il y a ici de nombreuses barrières pour utiliser la glycérine. Cela tient aux sévères homologations de ce qui touche les secteurs de l’aéronautique.


-

-

10

  • Déshydratation du gaz.
  • Utilisé par le passé pour le gaz d’éclairage, le glycérol est désormais évalué pour la déshydratation « à la source » du gaz naturel. Les volumes concernés n’ont pas été identifiés.


-

-

-

  • Agent antigel pour les ciments et bétons.
  • La glycérine abaissant leur point de congélation en hiver.


10

20

25

  • Agents anti-poussières
  • La glycérine peut entrer dans la formulation d’agents anti-poussières. Sont concernés : le charbon, les farines de bois, la silice, etc.


10

20

25

  • Stations d’épuration
  • Le glycérol confère un regain d’activité aux bactéries qui y sont utilisées.


5

5

10

  • Usages additionnels pour les savons, les cosmétiques et les aliments
  • Les vertus reconnues de la glycérine lui ont permis de se développer largement dans ces usages. On peut citer l’incorporation accrue par Unilever de glycérine dans les savons.


10

10

20

  • Utilisation de la glycérine en combustion
  • en méthanisation
  • La combustion de la glycérine pose des problèmes techniques, incluant son faible pouvoir calorifique et son point de flamme élevé, mais ce sont par ailleurs des avantages pour certaines applications spécifiques. Il en est de même pour la production d’électricité à partir d’unités de méthanisation.


  • 25
  • 10


  • 50
  • 13


  • 75
  • 17


  • Conversion en épichlorhydrine
  • Solvay a annoncé la construction d’un pilote de 10 000 mt p.a. en France pour produire de l’épichlorhydrine à partir de glycérine. Le marché mondial de l’épichlorhydrine est d’environ 1 M mt p.a.


-

20

30

  • Chimie des C3 : « acryliques » et acroléine.
  • Avec son squelette à trois carbones, le permettrait d’accéder à ces commodités. Des développements pilote sont actuellement en cours. Le marché mondial est ici de 3 M mt p.a.


10

30

60

  • Production de glycols et de propylène
  • Il est connu que le glycérol peut être converti en glycols, propylène et propane. ADM a annoncé en novembre 2005 d’une unité de transformation des “renewable carbohydrate-based and/or glycerol-based feedstocks” pour aller vers ces commodités. Cependant, les investissements s’avèrent très élevés et les procédés « énergivores ».


-

-

-

  • Augmentation de la substitution des polyols/glycols en Chine
  • La Chine a importé 50 000 mt supplémentaires de glycérine en 2005 par rapport à 2004. Une grande part de ces imports est destinée à substituer les divers polyols/glycols largement utilisés dans ce pays.


30

60

90

Substitution des carbonates d’éthylène et de propylène par le carbonate de glycérol

-

-

-

TOTAL

1 208

1 417

1 667

Conclusion

Ainsi, à partir de scénarios pondérés, nous arrivons à la conclusion que la perspective que la demande dépasse l’offre n’est pas aberrante. Cela peut se résumer de la façon suivante (tableau 9)( Tableau 9 ) :

Demande 2006 = demande 2005 × 1,0375 + Δ (2006-2005) = 1 073 + 135 = 1208 kt

Demande 2008 = demande 2005 × [1,0375]3 + Δ (2008-2007) = 1 155 + 512 = 1 667 kt

Ce déficit de 192 kt pourrait écouler les stocks et permettre aux prix de se raffermir à la mi-2008 et même plus tôt. D’ici là, les prix vont rester peu élevés et risquent même de baisser encore. Quant aux prévisions à court, moyen et long terme, elles sont résumées dans le tableau (tableau 10( Tableau 10 ), MH/SC, 15/03/2006).
Tableau 9 

Glycérol

2005

2006

2008

Offre kt

1 035

1 073

1 475

Demande

1 035

1 208

1 667

Déficit kt

0

135

192


Tableau 10 Prix prévisionnels de la glycérine à court, moyen et long terme 2006-2008.

Pays

Mid 2006

Fin 2006

2008

USA

99,5 % Kasher, prix « spot »

USD 0,34 c/lb

USD 0,30 c/lb

USD 0,40 c/lb

99,5 % origine suif, prix « spot »

USD 0,29 c/lb

USD 0,28 c/lb

USD 0,36 c/lb

Europe

99,5 % Kasher, prix « spot »

EUR 430 pmt

EUR 425 pmt

EUR 500 pmt

99,5 % origine suif, prix « spot »

EUR 400 pmt

EUR 400 pmt

EUR 475 pmt

Qualité brute base 80 %

EUR 80 pmt

EUR 60 pmt

EUR 150 pmt


 

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