ARTICLE
Auteur(s) : Kako
Kossivi Nubukpo
Cirad Mali, BP 1813 Niaréla, Bamako, Mali
Introduction
Le coton figure parmi les rares produits qui assurent des gains de
parts de marché à l’export aux pays ouest-africains de la Zone
franc. Il est cependant en proie à un désarroi sans précédent du
fait notamment des subventions massives allouées par certains pays
du Nord à leurs agriculteurs et d’autres problèmes, tout aussi
importants, sinon plus : la baisse tendancielle des cours, la
stagnation des rendements, l’absence de diversification de la base
productive des économies exportatrices de coton et la faible
proportion de coton transformée au sein de la sous-région.
En outre, les mécanismes de détermination du prix d’achat au
producteur de coton souffrent d’une grande opacité : « Ce
prix est défini par rapport à des prix non observables par la
plupart des agents (prix mondial anticipé, coûts et marges de
commercialisation et de transformation des sociétés
cotonnières). » [1] Ainsi, dans un contexte de libéralisation
des filières, le niveau et le mode de détermination du prix au
producteur ont tendance à faire de ce dernier le seul gestionnaire
des incertitudes que connaissent les filières, accroissant ainsi sa
vulnérabilité [2]. Par ailleurs, la forte dépendance des économies
ouest-africaines à l’égard du coton se traduit par une transmission
quasi immédiate des chocs affectant le secteur cotonnier à
l’ensemble de ces économies, suivant des canaux de transmission
assez bien établis sur le plan théorique [3, 4].
Face à cette situation préoccupante, deux types de réponses sont
apportés par les acteurs des filières cotonnières d’Afrique de
l’Ouest et du Centre (AOC) :
- – au plan international, une action collective
débouchant sur « l’initiative coton à l’OMC » et les
blocages de Cancun et de Hong Kong [5] ;
- – au plan national, la mise en place de nouveaux
mécanismes de détermination du prix d’achat du coton graine au
producteur, à l’instar du Mali en 2005 [6].
Le deuxième type de réponses s’inscrit dans un cadre plus large,
celui de la libéralisation des économies cotonnières d’Afrique de
l’Ouest et de la privatisation des sociétés cotonnières.
L’objectif de cet article est d’analyser l’impact prévisible des
réformes en cours dans la filière coton au Mali, dans un contexte
de persistance de subventions au Nord et d’ajustement structurel au
Sud.
Suite à la présentation de la filière coton malienne, il analyse
les enjeux des réformes en cours en son sein avant de tirer des
enseignements et des perspectives susceptibles d’intéresser
l’ensemble des filières cotonnières ouest-africaines.
Le coton au Mali
Le coton représente la première culture d’exportation du Mali avec
près de 250 000 tonnes de coton fibre exportées en 2005, et plus de
trois millions d’acteurs concernés par cette culture. La filière
compte plus de 158 000 producteurs repartis entre 6 820
organisations paysannes (OP) dans les 40 secteurs de production que
compte la zone cotonnière.
La culture du coton aurait commencé au Mali en 1919 avec la
création de la ferme de Baraouéli où les techniques culturales du
coton furent testées. Elle s’est graduellement répandue à travers
différentes zones agro-écologiques du pays : Koutiala, San,
Sikasso, Kadiolo, Bougouni et Ségou. Créée en 1949, la Compagnie
française pour le développement des textiles (CFDT) avait pour
objectif la promotion de la culture des fibres textiles dans les
colonies. La Compagnie malienne pour le développement des textiles
(CMDT), créée en 1974 et héritière de la CFDT, est aujourd’hui la
principale compagnie cotonnière assurant l’essentiel de la
production avec l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN),
chacune dans sa zone respective.
La production de coton graine a triplé en une décennie, passant
de 240 000 t de coton graine en 1993/94 à 620 000 t en 2003/04 ((
figure 1 )). Le
Mali est aujourd’hui le deuxième producteur africain de coton
(derrière le Burkina) et occupe le 7e rang mondial. Les
superficies totales emblavées en coton sont passées de 200 000 ha à
548 000 ha au cours de la même période.
S’agissant des rendements, ils ont connu une légère baisse entre
la période 1993/94 et 2003/04 après une croissance quasi régulière
depuis le début des années soixante (( figure 2 )).
La production de coton graine au Mali est assurée par des unités
de production familiales, regroupées autrefois en associations
villageoises (AV) et aujourd’hui en organisations paysannes. Ces AV
mises en places par la CMDT en 1974 se sont peu à peu organisées à
travers les mouvements de solidarité nés des crises successives
(celles des campagnes 1981-82 et celle de la campagne 1991-1992).
C’est lors de ces mouvements que les producteurs ont fait la preuve
de leur capacité de mobilisation et ont ainsi évolué vers la
création de syndicats.
Depuis plus d’une décennie, l’option politique de l’État malien
est la libéralisation de l’économie, appuyée en cela par les
Institutions de Bretton Woods, dans le cadre des plans d’ajustement
structurel en œuvre depuis le début des années 80. Dans cette
optique, les États généraux du secteur coton ayant regroupé en
avril 2001 les partenaires et les acteurs de la filière coton ont
dégagé plusieurs constats parmi lesquels :
- – la volonté politique de l’État de libéraliser
l’économie se traduisant par son désengagement des activités
productives industrielles et commerciales au profit des privés et
des collectivités décentralisées ;
- – l’incapacité technique et/ou juridique des
organisations paysannes à prendre en charge des fonctions comme les
approvisionnements en intrants et en équipements agricoles, le
crédit agricole, le conseil technique et à entrer au capital de la
CMDT.
À cet effet, un programme de réforme a été élaboré avec comme
objectifs : la maîtrise et la réduction des coûts de
production du coton graine et de la fibre, l’amélioration du
rendement au champ, la structuration des organisations paysannes
afin de les rendre crédibles, le renforcement de la participation
des privés, des producteurs et des collectivités décentralisées
dans le secteur coton, ainsi que la contribution de ce dernier à la
lutte contre la pauvreté au Mali.
Pour atteindre ces objectifs, une stratégie a été élaborée, qui
comporte notamment :
- – le recentrage des activités de la CMDT autour du
système coton ;
- – une meilleure participation des producteurs à la
gestion de la filière coton.
Pour l’exécution de cette stratégie, un plan d’action a été
élaboré. Sa mise en œuvre comporte plusieurs mesures parmi
lesquelles il convient de mentionner le désengagement de la CMDT
des activités relatives aux pistes rurales, aux aménagements
hydroagricoles, aux fonctions d’approvisionnement en intrants et
équipements agricoles au profit de la faîtière des producteurs, la
poursuite du désengagement de la CMDT du transport du coton graine,
le renforcement des capacités des producteurs en gestion et en
organisation, et enfin l’adoption et la mise en œuvre d’un
mécanisme de détermination du prix au producteur du coton
graine.
La libéralisation du secteur coton s’inscrit dans la série de
reformes initiées par le gouvernement dans le cadre de la mise en
œuvre de la Lettre de politique de développement du secteur coton
(LPDSC).
La stratégie de mise en œuvre de cette dernière repose avant
tout sur une meilleure participation des producteurs à la gestion
de la filière. Le Plan d’actions actualisé de la LPDSC adopté en
novembre 2003 prévoyait la privatisation de la CMDT en 2006.
Cependant, l’État malien ne s’estimant pas prêt, cette
privatisation a été reportée en 2008, déclenchant ainsi une série
de mesures d’ajustement, en particulier la mise en place en janvier
2005 d’un nouveau mécanisme de détermination du prix d’achat du
coton graine au producteur, au regard des déficits financiers
cumulatifs enregistrés par la filière.
L’impact du nouveau mécanisme de détermination du prix d’achat
du coton au producteur
L’État malien a opté en janvier 2005 pour un nouveau mécanisme de
détermination du prix d’achat du coton graine au producteur qui
s’est traduit concrètement par une révision drastique à la baisse
du prix garanti aux producteurs, qui passe désormais de 210 FCFA/kg
à un intervalle compris entre 160 et 175 FCFA/kg à compter de la
campagne 2005. Dans le protocole d’accord signé par l’État malien,
la CMDT et le Groupement des producteurs (GSCVM1), il convient de noter l’innovation que
constitue l’article 8 : « Cas de force majeure : si
les prévisions pour la période N+1 donnent une rémunération finale
des producteurs inférieure au prix d’achat de base, les signataires
décideront, avant le début des achats N+1 et en août N au plus
tard, une réduction de ce prix d’achat de base ». Cet article
revêt une signification particulière au regard de l’article 2 qui
précise que le fonds de soutien prévu comme garant du bon
fonctionnement du nouveau mécanisme de prix n’est en aucune manière
un préalable à son application, dans la mesure où cet article dit
explicitement que le nouveau mécanisme de prix « doit
fonctionner, que le fonds de soutien soit abondé ou pas ».
Il convient dans ce contexte de rapport de force défavorable aux
producteurs de coton, d’évaluer les conséquences micro- et
macroéconomiques de l’entrée en vigueur du nouveau mécanisme de
prix du coton, au regard notamment des évolutions tendancielles des
coûts de production du coton [6].
Conséquences microéconomiques
Coûts de production en zone cotonnière du Mali
La principale difficulté liée à la détermination des coûts de
production du coton graine réside dans la fixation du coût de
rémunération de la main-d’œuvre agricole journalière. Ainsi, le
prix de cette main-d’œuvre a été fixé à 820 FCFA/personne/jour pour
la campagne 2003/2004. Cependant, des corrections à la baisse sont
nécessaires, dans le souci de tenir compte de la surévaluation de
la valorisation de la main-d’œuvre par les producteurs dans un
contexte de négociation du prix d’achat du coton par la CMDT.
L’option retenue d’une rémunération de la main-d’œuvre salariée
journalière à 750 FCFA, conformément aux estimations des chercheurs
de l’ESPGRN/IER de Sikasso et suite aux discussions de groupe à
Sikasso avec les producteurs en novembre 2004, paraît plus conforme
aux pratiques en vigueur dans la zone cotonnière malienne. Par
ailleurs, il convient d’indiquer que les exploitations agricoles
retenues pour l’étude ont été classées par ordre décroissant de
niveau d’équipement en matériel agricole (A, B, C, D), conformément
à la typologie utilisée par la CMDT dans la zone cotonnière du
Mali.
Le tableau 1( Tableau 1 ) présente la
structure des coûts de production du coton malien à l’hectare et
selon le type d’unité de production agricole (A, B, C, D). Au
regard des coûts de production, la baisse du prix au producteur de
coton graine de 210 F/CFA/KG à une fourchette comprise entre 160 et
175 FCFA/KG suscite un certain nombre d’interrogations :
- – la nouvelle fourchette de prix permet-elle aux
producteurs de dégager en moyenne une marge
bénéficiaire ?
- – comment les producteurs interprètent-ils cette
évolution défavorable des prix et quelles pourraient être leurs
réponses ?
Tableau 1 Coûts de production du coton malien
(Fcfa/ha).
|
Rubrique
|
Type A
|
Type B
|
Type C
|
Type D
|
Moyenne
|
|
Rendements (kg/ha)
|
1 127
|
1 109
|
859
|
621
|
929
|
|
Coûts opérationnels
|
|
|
|
|
|
|
Semences (a)
|
19 988
|
11 675
|
2 697
|
1 773
|
|
|
Engrais (b)
|
33 107
|
33 760
|
18 715
|
14 459
|
|
|
Insecticide/herb., fong. (c)
|
23 452
|
19 288
|
21 100
|
7 233
|
|
|
Marketing
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Carburant, lubrif., électricité
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Réparations
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Égrenage et stockagea
|
22 036
|
21 675
|
16 797
|
12 145
|
|
|
Intérêt sur le capital (d)
|
10 351
|
9 072
|
6 227
|
3 739
|
|
|
Total coûts opérationnels
|
108 935
|
95 470
|
65 536
|
39 350
|
|
|
Coûts de fonctionnement
|
|
|
|
|
|
|
Travail salarié (e)
|
6 750
|
3 750
|
6 750
|
0
|
|
|
Travail familial (f)
|
71 250
|
75 000
|
59 250
|
75 750
|
|
|
Amortissement (g)
|
25 764
|
25 955
|
17 664
|
8 544
|
|
|
Foncierb
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Taxes et assurance
|
10 935
|
9 246
|
6 073
|
3 352
|
|
|
Autres dépenses de l’exploitation
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
|
Total coûts de fonctionnement
|
114 700
|
113 951
|
89 737
|
87 646
|
|
|
Total des coûts (FCFA)
|
223 635
|
209 421
|
155 273
|
126 996
|
|
|
Total des coûts (USD)
|
453
|
424
|
314
|
257
|
|
|
Coût unitaire de production du coton graine
(FCFA/kg)c
|
169
|
161
|
154
|
179
|
166
|
aCf. Mission de restructuration du secteur du coton,
Plan de redressement financier de la CMDT, mai 2002, Primature
Mali.
bLe coût de location de la terre pour la culture du
coton est considéré nul. La location se fait à titre gratuit dans
toute la zone cotonnière du Mali.
c(a + b + c + d + e + f) / Rendement.
Nouveau mécanisme de fixation des prix, rentabilité de la
culture et réponses des producteurs de coton
Le calcul relatif aux coûts de production de coton malien effectué
converge autour d’un intervalle compris entre 154 et 179 FCFA/kg de
coton de premier choix, avec une moyenne de 166 FCFA/kg. Ainsi,
l’application de l’intervalle défini par le nouveau mécanisme de
prix risque de se traduire par une marge nulle ou négative des
producteurs, car les prix d’achat seront pour l’essentiel
inférieurs aux coûts de production. La meilleure preuve, s’il en
est, est la fixation pour la présente campagne (2006/07), d’un prix
au producteur de 165 FCFA, suite aux premiers effets négatifs
visibles du prix de la campagne écoulée (160 FCFA).
En outre, le contexte général de la filière tend à corroborer
cette prévision : en effet, il est marqué par la faiblesse
croissante de l’encadrement des producteurs par la CMDT2, la hausse du prix des intrants coton
(conséquences de la diminution des subventions consenties par la
CMDT) et la baisse des rendements du coton. À cet égard, le seul
élément de rationalisation envisageable des coûts de production est
la réduction de la valorisation de la main-d’œuvre. Ceci paraît
préoccupant, notamment dans un contexte où le discours dominant est
celui de la lutte contre la pauvreté. Un ouvrage de la Banque
mondiale (2006) [7] met d’ailleurs en évidence un résultat
important en ce qui concerne l’évolution de la pauvreté au
Mali, qui nuance la pertinence du nouveau mécanisme de prix que
cette institution a paradoxalement contribué à mettre sur pied. En
effet, cet ouvrage estime (chapitre 3) que la hausse du surplus des
consommateurs dans les zones non cotonnières ne compense pas la
baisse du surplus dans les zones cotonnières suite à la baisse du
prix d’achat du coton graine.
De même convient-il d’insister sur le fait qu’un trop grand
écart entre le prix initial et le prix final payé aux producteurs
serait de nature à fausser les prévisions de ces derniers, dans la
mesure où le prix initial est annoncé en avril de l’année N, avant
les semis, alors que le prix final est payé en juillet de l’année
N+1, bien après les récoltes. Ainsi, l’argument actuellement
invoqué en défense du nouveau mécanisme de détermination du prix
d’achat du coton graine, à savoir la pertinence d’un prix initial
assez faible et d’un prix final élevé permettant de se couvrir
vis-à-vis d’un éventuel retournement du marché mondial pouvant se
traduire par un déficit financier de la CMDT, mésestime le manque à
gagner en termes de production cotonnière (et de recettes
d’exportation) pour le Mali, issu de l’annonce d’un prix
potentiellement désincitatif pour les producteurs. Il semblerait au
contraire préférable de minimiser l’écart entre le prix initial et
le prix final, dans le souci d’optimiser la production cotonnière
en facilitant la formation d’anticipations justes et stables de la
part des producteurs.
Au total, la réforme du prix d’achat du coton au producteur
tendrait à sous-estimer le caractère systémique de la production à
base de coton au Mali. En effet, l’idée de complémentarité entre la
production de coton et celle des céréales, largement documentée
dans la littérature spécialisée, tend à être minimisée au profit
d’une substituabilité hypothétique forte entre ces deux
productions. Ceci conduit à relativiser l’accroissement de la
production céréalière envisagée suite à une baisse du prix de coton
graine payé aux producteurs maliens. Il convient donc d’approfondir
l’étude des élasticités simples et croisées entre le coton et les
céréales afin de se faire une idée précise des modifications
induites par les mutations institutionnelles en cours au sein de la
filière cotonnière malienne sur la production céréalière, la
sécurité alimentaire et l’évolution de la pauvreté en zone
cotonnière du Mali.
La prise en compte de la diversité des types d’exploitations,
des stratégies différenciées des producteurs de coton, de la
distinction entre le court terme et le moyen terme en ce qui
concerne les réponses des producteurs, s’avère indispensable pour
une appréhension correcte des adaptations en cours au sein du
système de production à base de coton. Il convient pour ce faire de
cerner le degré d’aversion au risque des producteurs de coton et
surtout d’évaluer les conséquences des diverses facettes de la
dépendance des producteurs, notamment du point de vue de l’accès au
crédit, à l’égard de la culture du coton. De ce point de vue, la
question des activités et des modes d’organisation alternatifs
envisageables au sein de la zone cotonnière se pose avec
acuité.
Conséquences macroéconomiques
Les comptes de la nation permettent de situer la production de
coton, sa transformation et les exportations. Les données utilisées
sont rassemblées dans une matrice de comptabilité sociale (MCS)
construite pour l’année 2002. Les données comptables disponibles
pour 2002 et ayant servi à la construction de cette MCS sont issues
du tableau des entrées-sorties (TES) de l’économie malienne, établi
par la Direction nationale de la statistique et de l’informatique
(DNSI).
Les comptes disponibles pour 2002 et utilisés pour construire la
MCS consolident une branche agricole produisant le coton graine
avec les activités de décorticage produisant le coton fibre et
isolent les industries textiles. Les industries travaillant à
partir des graines pour produire de l’huile et des aliments du
bétail sont incluses dans l’ensemble des industries
agro-alimentaires. Elles ont été isolées dans le cadre de la
présente étude [8].
Il ressort du tableau récapitulatif des scénarii (tableau 2(
Tableau 2 )) que la fixation du
prix au producteur du coton malien à 160 FCFA est susceptible
d’engendrer des répercussions négatives plus que proportionnelles
sur l’économie malienne dans son ensemble. En effet, pour
l’ensemble de l’économie malienne, la perte probable est comprise
entre 62,32 et 136,5 milliards de FCFA, ce qui correspond à une
réduction du PIB dans un intervalle compris entre 1,86 et
3,9 %. Ces conséquences seront d’autant plus fortes que cette
baisse du prix au producteur du coton malien s’accompagnerait, par
réaction des producteurs, d’une réduction de la production
cotonnière. En effet, les pertes en recettes d’exportation de la
fibre sont estimées au minimum à 53 milliards de FCFA, pour un prix
au producteur fixé à 160 FCFA/kg et un ajustement à la baisse de
25 % de la production. Ce résultat est corroboré par les
estimations faites dans l’ouvrage de la Banque mondiale [7 :
chapitre 7] à l’aide d’une matrice de comptabilité sociale (MCS),
qui indiquent une baisse probable du PIB malien comprise entre 3 et
5 % suite à la baisse du prix payé au producteur de 210 à 160
FCFA/kg.
Les impacts négatifs sur l’économie malienne se réduisent
nettement pour des prix au producteur plus élevés. En effet, avec
un prix au producteur de l’ordre de 195 FCFA, les conséquences sur
l’économie nationale sont réduites à une perte totale d’environ
18,7 milliards, ce qui est presque le montant du déficit de la
filière enregistré en novembre 2004.
Autrement dit, en tentant d’absorber un déficit de la filière de
18 milliards de FCFA par une réduction du prix au producteur à un
niveau inférieur à 195 FCFA, les pertes générées pour l’ensemble de
l’économie malienne risquent d’être supérieures au montant du
déficit initial.
Il apparaît donc clairement que si la nécessité de la
confrontation de la filière cotonnière malienne au prix du marché
mondial peut paraître justifiée au regard des déficits cumulatifs
de la filière, il n’en demeure pas moins que l’intérêt de la
filière coton et de l’ensemble de l’économie du Mali semble devoir
passer par un soutien du prix au producteur à un niveau conséquent,
ainsi que la reconnaissance de l’importance de l’effet
multiplicateur du coton au sein de l’économie malienne [9].
Tableau 2 Récapitulatif des scénarii d’application
de différents prix au producteur du coton malien et les impacts sur
l’économie malienne (en milliards de FCFA).
|
Impacts sur Indicateurs
|
Prix à 160 FCFA/kg
|
Prix à 160 Fcfa/kg et 25 % de réduction de la
production
|
Prix à 175 FCFA/kg
|
Prix à 190 FCFA/kg
|
Prix à 195 FCFA/kg
|
Prix à 200 FCFA/kg
|
|
Baisse de revenu des producteurs
|
29,5
|
36,8
|
20,6
|
11,8
|
8,8
|
5,9
|
|
Baisse de revenu des ménages non cotonniers
|
18
|
22,8
|
12,7
|
7,3
|
5,5
|
3,6
|
|
Baisse des importations
|
4,8
|
5,9
|
3,3
|
1,9
|
1,4
|
0,9
|
|
Baisse des recettes fiscales/importations
|
3,3
|
4
|
2,3
|
1,3
|
0,99
|
0,7
|
|
Baisse de revenu des entrepreneurs
|
11,3
|
14
|
7,9
|
4,5
|
3,4
|
2,3
|
|
Pertes de recettes d’exportation
|
–
|
53
|
–
|
–
|
–
|
–
|
|
Total des pertes pour l’économie nationale
|
62,32
|
136,5
|
43,6
|
24,9
|
18,7
|
12,5
|
|
Baisse du PIB (%)
|
1,86 %
|
3,9 %
|
1,30 %
|
0,74 %
|
0,56 %
|
0,37 %
|
Les enjeux de la privatisation de la CMDT
La privatisation de la CMDT programmée en 2008 se fera sur la base
d’un découpage de la zone cotonnière en quatre filiales de la CMDT,
lesquelles seront ensuite privatisées par vente d’actions. À côté
de ces filiales, seront créées trois structures de
régulation : la bourse du coton, l’office de classement du
coton (OCC) et l’interprofession coton (IPC). Par ailleurs, le prix
d’achat du coton graine au producteur sera le même sur toute la
zone cotonnière et chaque filiale aura l’exclusivité et
l’obligation d’achat sur toute la zone qui lui aura été dévolue.
Pour la délimitation des quatre filiales, les facteurs ci-après
devraient être pris en compte :
- – la répartition de la production des secteurs CMDT
actuels par usine ;
- – les coûts de collecte et de transport du coton
graine ;
- – le rendement à l’égrenage ;
- – les coûts fixes et variables d’égrenage et de mise en
balle ;
- – les coûts d’évacuation jusqu’à la mise à FOB suivant
les différents axes ;
- – la répartition qualitative de la production de
fibre.
La privatisation devrait également avoir comme principe
d’équilibrer les perspectives de rentabilité dans le souci de
donner des chances équivalentes aux différentes filiales en termes
d’attrait pour les investisseurs privés. De même, un arbitrage
devrait être effectué entre, d’une part, la nécessité de ne pas
multiplier le nombre de filiales, dommageable pour la réalisation
d’économies d’échelle et, d’autre part, l’impératif de ne pas
constituer des filiales trop importantes avec le risque qu’elles ne
trouvent pas d’investisseurs potentiels au regard des moyens
limités de ces derniers, ainsi que l’atteste l’expérience de
schémas de privatisations identiques dans les pays voisins (le
Burkina et la Côte d’Ivoire).
Par ailleurs, il convient de ne pas sous-estimer les coûts de
transaction et de coordination entre les quatre sociétés
cotonnières futures. De ce fait, la future interprofession coton
aura d’importantes responsabilités en tant qu’autorité de
régulation de la filière. Les coûts de contrôle du respect effectif
des règles de gestion de la filière, par exemple l’obligation de ne
pas se fournir en coton graine dans un périmètre différent de celui
d’intervention d’une filiale donnée, devraient être également
incorporés et financés.
De même, l’obligation faite aux futures sociétés cotonnières de
vendre la totalité de la production cotonnière par le canal de la
future bourse du coton, est à même de susciter des réticences de la
part des investisseurs potentiels qui se priveraient ainsi
d’opportunités de vente alternatives. Il convient donc de s’assurer
de la cohérence entre la volonté légitime des pouvoirs publics
maliens de conserver le contrôle de la filière coton eu égard à son
importance économique et sociale pour le pays et la nécessité de
créer un cadre institutionnel incitatif pour réaliser au mieux la
cession d’actifs de la CMDT au secteur privé.
Il se pose enfin la question de la prise en charge des services
publics autrefois assurés par la CMDT. L’État malien devrait
réintégrer dans ses charges l’entretien des pistes rurales, la
construction d’écoles, de dispensaires en zone cotonnière, ou
imaginer des modalités de contractualisation idoines avec les
futures sociétés cotonnières (au moins en ce qui concerne les
pistes d’évacuation du coton) pour assumer au mieux ces fonctions
d’essence régalienne, dans un contexte de décentralisation.
Enseignements et perspectives : comment assurer la
pérennité de la filière coton au Mali ?
Les risques liés aux mutations en cours au sein de la filière
coton
Le premier risque que fait peser le processus de
libéralisation/privatisation de la filière coton au Mali est la
perte du rôle stabilisateur du coton dans les systèmes de
production : en effet, le système de prix minimum garanti aux
producteurs de coton constituait, jusqu’à une date récente, le
socle du système de production à base de coton. Grâce à cette
assurance de revenu minimum, les producteurs africains pouvaient
emblaver des superficies importantes de céréales en complément du
coton. Ces céréales, dont le prix n’est pas garanti, sont néanmoins
indispensables à la réalisation de la sécurité alimentaire des
populations rurales africaines. Dans le contexte actuel, marqué par
la remise en cause croissante du système de prix minimum garanti
aux producteurs de coton, comme l’atteste l’article 8 du nouveau
mécanisme de fixation du prix d’achat du coton graine aux
producteurs maliens, une part croissante de la gestion du risque
agricole est désormais dévolue aux producteurs qui sont
paradoxalement les plus vulnérables des filières agricoles. Ceci
fait courir le risque d’une disparition à plus ou moins brève
échéance de la culture du coton et surtout d’une insécurité
alimentaire accrue au Mali.
Le deuxième risque – déjà à l’œuvre – est une pression accrue
sur les ressources naturelles en zone cotonnière malienne : en
effet, la baisse des revenus issus du coton pousse les producteurs
à rechercher des revenus alternatifs, notamment la
commercialisation du bois de chauffe. La déforestation qui permet
l’obtention rapide du bois de chauffe est nuisible à l’écosystème
de savanes africaines menacées par l’avancée du désert.
Le troisième risque notable, peut-être le plus important, est
l’incitation croissante à migrer de la zone cotonnière malienne
vers la périphérie des centres urbains et les pays
occidentaux : la baisse tendancielle des revenus issus du
coton couplée au désengagement de l’État malien, affaibli par
vingt-cinq années d’ajustement structurel, de certaines missions de
service public en zone rurale, provoque un mouvement mécanique
d’exode de milliers de jeunes ruraux africains, dont les
conséquences sont à peine imaginables à l’heure actuelle.
Les solutions envisageables
L’évocation des risques qui précède appelle de la part des
décideurs, nationaux et internationaux, des réponses idoines aux
quatre enjeux qui en découlent.
- 1) Il est urgent de mettre en place et de pérenniser des
systèmes de protection économiquement incitatifs et socialement
équitables aux producteurs de coton maliens, de manière à leur
permettre de continuer à vivre décemment du fruit de leur travail.
Les discussions actuelles sur la nécessité d’un fonds de soutien
d’urgence aux filières cotonnières africaines, alimenté notamment
par d’éventuelles compensations financières versées par les pays
qui subventionnent leurs producteurs de coton, pour légitimes
qu’elles puissent être, ne devraient pas faire oublier l’impératif
d’une bonne gestion et d’une répartition équitable de la valeur
ajoutée à l’intérieur des filières.
- 2) Il est nécessaire d’œuvrer pour la cohérence et la
compatibilité entre les objectifs du Millénaire pour le
développement des Nations unies (OMD) et l’agenda de Doha mis
en œuvre dans le cadre de l’Organisation mondiale du
commerce (OMC). En effet, l’atteinte des OMD, notamment la
réduction de moitié de la pauvreté dans le monde à l’horizon 2015,
exige des politiques publiques volontaristes qui sont pour
l’essentiel en décalage avec le programme de libéralisation
croissante exigé dans le cadre du cycle de Doha, dont la clôture
est justement retardée en grande partie du fait de l’absence de
réponse équitable apportée aux Africains dans le cadre de
« l’initiative coton ».
- 3) Il s’avère crucial de préserver l’avenir des
agricultures familiales africaines confrontées à des agricultures
capitalistes et productivistes du Nord. L’enjeu véritable du volet
agricole du cycle de Doha devrait être l’étude des modalités
d’organisation d’une coexistence harmonieuse entre les agricultures
familiales du Sud et les agricultures du Nord engagées depuis plus
d’un siècle dans un processus d’accroissement continu de gains de
productivité. Ainsi, de manière générale, les négociateurs
africains devraient faire attention à ne pas se laisser entraîner
dans une croisade libérale dans les arènes de l’OMC, mais plutôt
veiller à effectuer des arbitrages responsables entre la nécessaire
avancée sur le dossier coton et la préservation d’un niveau adéquat
de protectionnisme indispensable à la survie des agricultures
familiales africaines.
- 4) Enfin, il convient d’insister sur les risques
inhérents à la dépendance de l’économie malienne vis-à-vis d’une
seule filière agricole, grande pourvoyeuse de recettes
d’exportation fluctuantes au gré des conditions du marché mondial.
Le cas du coton éclaire les faiblesses de la spécialisation
primaire des économies africaines au sein du commerce
international, surtout dans un contexte de faible avancée de
l’Initiative coton lors de la sixième conférence ministérielle de
l’OMC à Hong Kong en décembre 2005. Cette crise du coton
ouest-africain conduit de plus en plus à réaliser à quel point la
spécialisation primaire des économies ouest-africaines au sein du
commerce international est risquée et myope. L’objectif des
politiques agricoles ne devrait pas être l’accroissement de la
production et de l’exportation de cultures de rentes aux cours
fluctuant de manière erratique, mais de veiller à la mise en place
de mesures et d’initiatives pouvant garantir la sécurité
alimentaire des populations concernées (encadré 1).
Conclusion : l’avenir de « l’or blanc » est
bien sombre
Les filières cotonnières ouest-africaines sont dans un véritable
piège : en effet, les producteurs de coton ne subsistent que
grâce à leur appartenance au « système coton »,
indispensable pour accéder au crédit, aux intrants coton et
céréales, à la commercialisation, à la formation. Ce
« système-coton », qui se traduit par la fourniture
« clés en main » d’une série de services d’appui aux
producteurs de coton, est le fruit d’une organisation de la
production héritée de la période coloniale et post-coloniale,
durant laquelle le paradigme de la filière verticalement intégrée
était prégnant.
Or, du fait de la baisse tendancielle des cours mondiaux du
coton, de la mauvaise gouvernance avérée des filières cotonnières,
de la stagnation des rendements en zone cotonnière et des pressions
à caractère idéologique des institutions de Bretton Woods qui
poussent à la privatisation des sociétés cotonnières, la pérennité
des services au système de production cotonnière et la garantie
d’un prix d’achat minimal du coton au producteur se trouvent
menacées, ainsi que l’illustre le cas malien.
De fait, ce qui a pu constituer la force de la filière coton en
Afrique de l’Ouest francophone, à savoir une organisation de la
production et de la commercialisation sous forme de filière
intégrée, réductrice d’incertitudes pour le producteur, se révèle
aujourd’hui son principal « talon d’Achille ». En effet,
dans un système faiblement incitatif, au sein duquel le producteur
devait se contenter de produire le maximum possible de coton, sans
tenir compte des conditions réelles du marché mondial, et la
société cotonnière, véritable monopsone, se contenter d’égrener
puis d’exporter le coton fibre vers l’ancienne métropole (la France
via l’ex-CFDT, actuel DAGRIS), il ne s’est développé aucune logique
véritable d’adaptation à l’environnement nouveau : peu de
gains de productivité au champ, peu d’initiatives de transformation
locale de la fibre, peu d’apprentissage des techniques modernes de
vente à terme, peu de réflexion prospective sur les filières de
diversification agricole…
Le résultat des mutations institutionnelles en cours est que la
destruction programmée de la filière intégrée risque de se traduire
par une chute spectaculaire de la production cotonnière (ainsi que
l’atteste l’exemple du Ghana et dans une moindre mesure celui du
Bénin), mais aussi céréalière, contrairement aux hypothèses de
substitution qu’escomptent les économistes de la Banque mondiale.
Les conséquences prévisibles évoquées plus haut risquent de plonger
les économies cotonnières ouest-africaines dans une situation
doublement catastrophique, tant du point de vue de l’avenir de la
production, des exportations de coton, des devises qu’elles en
tirent, indispensables pour assurer l’importation du gap
alimentaire, que de celui de la baisse programmée de la production
céréalière du fait de l’effondrement du système d’assurance que
constitue l’appartenance au « club coton ».
Dans la perspective de fournir des fondements théoriques à un
argumentaire légitime de soutien aux filières cotonnières
ouest-africaines, un important axe de recherche s’avère donc être
la construction d’une théorie du « prix de production »
[10, 11] du coton graine, fondée sur les coûts de production, à la
fois réels et objectifs, opposable au mode actuel de détermination
du prix au producteur, fondé sur une logique hybride de recherche
d’équilibre financier de la filière coton et d’une connexion
hypothétique aux prix mondiaux du coton. Cet axe de recherche
paraît d’autant plus important que le marché mondial du coton
fonctionne mal [5, 12] et que la seule réponse des institutions de
Bretton Woods, partisans déclarés du libéralisme économique,
consiste à faire payer par les plus vulnérables (les producteurs de
coton africains), les réformes indispensables à effectuer au sein
des filières cotonnières d’Afrique de l’Ouest.
À ce jeu, les économies cotonnières ouest-africaines sont à coup
sûr perdantes. Piégées dans une monospécialisation primaire et un
paradigme productif fondé sur l’extraversion économique, elles
subissent un ajustement douloureux dont les premières victimes sont
les producteurs de coton. Dans ce contexte, le discours dominant
sur l’accroissement de la compétitivité des filières cotonnières
ouest-africaines insiste à juste titre sur l’indispensable effort à
fournir en termes de rendements, et la nécessaire amélioration de
la qualité de la fibre. Il est beaucoup moins question du taux de
change CFA/Dollar via l’Euro, élément crucial s’il en est, de la
compétitivité – prix d’une économie [13]. Il convient de ne pas
ouvrir la boîte de Pandore…
Références
1 Araujo-Bonjean C, Brun J-F. Les politiques de
stabilisation des prix du coton en Afrique de la zone franc
sont-elles condamnées? Économie Rurale 2001 ; 266 :
80-90.
2 Araujo-Bonjean C, Boussard J-M. La stabilisation des
prix aux producteurs de produits agricoles : approches
micro-économiques. Rev Tiers Monde 1999 ; XL(160) :
901-28.
3 Abbott P, McCalla A. Agriculture in the
Macroeconomy : Theory and Measurement. In :
Gardner B, Rausser G, eds. Handbook of Agricultural
Economics Vol. 2. Elsevier Science, 2002 : 1659-86.
4 Timmer CP. Agriculture and Economic Development.
In : Gardner B, Rausser G, eds. Handbook of
Agricultural Economics. Vol. 2. Elsevier Science, 2002 :
1487-546.
5 Pesche D, Nubukpo K. L’Afrique du coton à
Cancun : les acteurs d’une négociation. Polit Afr 2004 ;
95 : 158-68.
6 Nubukpo K, Keita MS. Prix mondiaux, prix au
producteur et avenir de la filière coton au Mali. Cahiers
Agricultures 2006 ; 15(1) : 35-41.
7 Briand V, Wodon Q. Cotton and Poverty in Mali. World
Bank, Washington DC 2006 ; (Forthcoming).
8 BENOIT-CATTIN M, DOUKKALI R, KEITA MS. Le secteur cotonnier
dans l’économie du Mali, son importance relative, ses effets
économiques. Communication au Colloque de l’Agence Universitaire de
la Francophonie, Bamako, les 06 et 07 avril 2005.
9 Hugon P. Les filières cotonnières africaines au regard de
l’économie du développement. Clermont-Ferrand : Communication
aux Journées de l’AFSE, Mai 2005.
10 Boggio L. Full Cost and Sraffa Prices : Equilibrium
and Stability in a System with fixed Capital. Monte dei Paschi di
Siena Economic Notes 1980 ; 9(1) : 3-33.
11 Boggio L. Production Prices and Dynamic Stability :
Results and Open Questions. Manchester Sch Econ Soc Stud
1992 ; 60(3) : 264-94.
12 Kern F, Hazard E. OMC : la guerre du coton.
L’Economie Politique 2006 ; 30 : 79-86.
13 Goreux L. Prejudice caused by industrialised countries
subsidies to cotton sectors in Western and Central Africa.
Genève : OMC, 2003.
2 La tendance actuelle est au
« recentrage » de la CMDT sur les activités en aval de la
production de coton graine.
Abréviations : AOC : Afrique de l’ouest et du centre CCIC :
Comité consultatif international du coton CIRAD : Centre de
coopération internationale en recherche agronomique pour le
développement CMDT : Compagnie malienne de développement des
textiles EU : États-Unis d’Amérique FCFA : Franc de la communauté
financière africaine IER : Institut d’économie rurale OMC :
Organisation mondiale du commerce OMD : Objectifs du millénaire
pour le développement UE : Union européenne1 Groupement des syndicats cotonniers et vivriers du
Mali.
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