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En 1998, les pouvoirs publics français prononçaient un
moratoire de deux ans concernant les autorisations de mise sur le marché
des variétés de colza génétiquement modifiées1.
Cette décision donnait suite aux conclusions de la conférence
des citoyens des 20 et 21 juin 1998 à l'Assemblée nationale
et aux recommandations de l'Office parlementaire des choix scientifiques
et technologiques2, fondées sur « les incertitudes
liées à la diffusion de transgène dans l'environnement
à partir de plantes comme le colza, présentant des risques
de croisements avec d'autres espèces »3.
Dans le cadre de ce moratoire, un rapport sur l'évaluation des
impacts agri-environnementaux des variétés de colza tolérantes
aux herbicides, à paraître d'ici la fin de l'année4,
a été mis en uvre par le Cetiom (Centre technique
interprofessionnel des oléagineux métropolitains).
Intégrant et prolongeant les résultats des observations
effectuées sur les plates-formes inter-instituts ce document a
été réalisé avec la collaboration de chercheurs
français de l'INRA, et du CNRS (Université de Paris XI et
de Lyon I). Ce sont les différentes études sur lesquelles
il s'appuie, et l'un de ces chapitres que présente ici notre dossier.
Marqueur relativement simple et efficace, le caractère de tolérance
à un herbicide fait des variétés de colza tolérantes
un modèle pour l'acquisition de connaissances génériques
sur ces flux de gènes dans l'environnement. Les résultats
de ces analyses devraient ainsi se révéler exploitables
pour d'autres types de colza transgéniques associés à
des caractères de résistance aux maladies, d'adaptation
au stress abiotique, de qualité des huiles. C'est en fait, comme
on pourra s'en apercevoir, à une meilleure connaissance de l'impact
des processus de production en agriculture que ces données acquises
devraient contribuer.
Dans un contexte où la nature des risques à identifier
est l'objet de controverses et varie par exemple selon le modèle
de production implicitement admis (voir les articles de A. Roy, Les Levidow
et Marion Dreyer), l'expertise n'est plus en position « surplombante
» par rapport au débat public, n'est plus la base « objective
» préalable à des décisions claires et définitives.
La nécessité d'avancer vers un rapprochement entre experts
et profanes et aussi d'articuler les discussions à un niveau social
sur les risques et les finalités des OGM en agriculture reste posée.
1 Arrêté du 16/11/98.
2 Cf. OCL 1999 ; 6 : 162-5.
3 Communiqué de presse du Premier ministre du 30 juillet
1998.
4 Le résumé du document est en ligne sur le site
Internet du Cetiom : http://www.cetiom.fr
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