ARTICLE
Réglementation
Du fait d'une mise en place progressive en réponse à diverses
demandes sociales, la situation réglementaire concernant l'étiquetage
de certains produits issus d'OGM ou en contenant est caractérisée
à la fois par sa complexité, un certain nombre de lacunes
rendant difficile son application, mais surtout par la primauté
accordée à la protection du consommateur par l'exercice
de son libre choix.
Une complexité réglementaire certaine
La complexité de la réglementation européenne se
traduit par :
- la prise en compte des ingrédients, additifs et arômes
mais non des supports d'arômes, solvants d'extraction et auxiliaires
technologiques. En conséquence, les analyses dans les produits
finis et semi-finis ne valent qu'autant que leurs constituants sont concernés
par la réglementation (258/97/CE, 50/2000/CE). Dans l'attente d'une
traçabilité encore à définir et normaliser,
ceci ne facilite guère les relations clients/fournisseurs, surtout
dans le cas des produits intermédiaires. Au final, les industriels
se retrouvent à devoir conserver et gérer des échantillons
importants des composants de leurs produits pour éventuelle expertise
;
- la définition d'un seuil de contamination fortuite de 1 % uniquement
pour l'ingrédient contenant ou issu des maïs Bt176 et soja
RR (règlements 1139/98/CE et 49/2000/CE). La généralisation
de cette définition aux autres OGM, dont ceux actuellement autorisés
dans le cadre du règlement « nouveaux aliments et nouveaux
ingrédients » (258/97/CE) ou de la directive européenne
90/220/CEE, en cours de révision, et de ses transcriptions nationales,
ne devrait pourtant guère poser de problèmes ;
- la fixation d'un seuil d'étiquetage pour les produits destinés
à l'alimentation humaine mais non pour ceux qui sont destinés
à l'alimentation animale ni pour les semences, qui constituent
pourtant le socle commun à toutes les filières de production.
La traçabilité, d'origine et de procédé,
et sa normalisation sont donc d'autant plus d'actualité. Une remise
à plat de la réglementation est ardemment souhaitée
par de nombreux opérateurs de façon à faciliter son
application.
Des besoins analytiques à prendre en compte
Un certain nombre de carences dans la directive 90/220/CEE en cours
de révision et dans le règlement 258/97/CE, qui ne facilitent
pas la vie des laboratoires et accroissent les risques de discordances
de résultats et donc de litiges, peuvent être relevées.
Les deux principales carences concernent :
- les autorisations de commercialisation ou de mise en culture d'OGM
accordées avant que les standards (OGM versus non OGM) ne
soient disponibles pour la mise au point des méthodes ou comme
gamme de calibration des méthodes quantitatives ;
- l'absence d'obligation pour les firmes de biotechnologies de fournir
pour chaque OGM un test d'identification quantitative de chaque OGM, rendant
ainsi nécessaires de coûteux et longs développements
méthodologiques, car ceux-ci dépendent du peu d'informations
publiquement disponibles et des standards.
Une bonne prise en compte des intérêts
des consommateurs
Malgré toutes ses imperfections, la réglementation européenne
se caractérise par une des meilleures protections possibles des
consommateurs pour des produits sans effets néfastes prévisibles
sur la santé humaine, grâce à un système d'autorisation
au cas par cas :
- la notion de « contamination » implique que toute «
contamination » en amont entraîne un étiquetage sur
tous les produits dérivés à moins qu'ils n'appartiennent
à la fameuse « liste négative », toujours vide
;
- la notion de « contamination fortuite » implique qu'aucune
« dilution » d'un produit « contaminé » n'est
possible. En outre, les preuves doivent être apportées que
toutes les précautions ont été prises pour éviter
ces « contaminations » ;
- le seuil de 1 % retenu initialement pour les seuls ingrédients
a été étendu aux autres constituants majeurs des
aliments (additifs et arômes) et s'avère, comparé
à d'autres systèmes de certification en vigueur, particulièrement
drastique pour les bulk commodities, échangées en
vrac et en grandes quantités, dès lors que la santé
publique n'est pas en jeu.
Alors que la demande des consommateurs européens apparaissait
comme une cause perdue 2 ans auparavant, le choix d'un étiquetage
déjà repris dans de nombreux pays (Japon, Corée du
Sud, Australie et Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud) gagne du terrain
(par exemple au Canada) et se retrouve dans des protocoles internationaux
comme celui de la convention de Carthagène, récemment signée
à Montréal.
État actuel des
méthodes de détection et de la normalisation
La réglementation retient jusqu'à présent deux
cibles de détection, les protéines et les acides nucléiques.
La prépondérance de chaque type de technique varie selon
le côté de l'océan Atlantique où on se trouve.
Cette dichotomie s'explique aisément par des besoins différents
: l'Europe a plus nettement besoin de tests de contrôles sur l'ensemble
de la chaîne alimentaire alors que les pays tiers sont majoritairement
exportateurs de produits bruts ou peu transformés accessibles à
plus de techniques.
Méthodes fondées sur les protéines
Les pays producteurs et exportateurs de graines et fèves tels
que ceux d'Amérique du Nord utilisent majoritairement, surtout
dans le cas du soja, des tests phénotypiques fondés sur
la détection de la ou des protéines ou du caractère
conféré par le transgène.
Les approches par dosage de l'activité enzymatique, comme dans
le cas de tolérances à des herbicides, ou de modification
du spectre en proche IR1 n'ont pas eu le succès escompté,
tant en raison de phénomènes de mode dans les méthodes
de détection que de sensibilité de ces méthodes.
Une partie de la certification AOSCA2, particulièrement
dans le cas du soja, est fondée sur l'effet de l'apport d'herbicide
sur plantules de lots de graines sensés ne pas contenir d'OGM tolérant.
Ces pratiques bon marché nécessitent une faible technicité.
Ces tests phénotypiques sont toutefois restreints aux phénotypes
aisément contrôlables comme une tolérance à
un herbicide. Ils ne peuvent en outre être appliqués qu'à
du matériel vivant, dépendant dans ce cas de la capacité
germinative des graines.
Les tests immunologiques, utilisables dès lors qu'une protéine
est produite, voire supprimée, sont très largement employés
sous forme de dip stick (languette de papier portant les anticorps
et plongés dans la solution à tester pour la présence
de l'antigène) ou de test ELISA3. Le premier test est
utilisable en quelques dizaines de minutes, du champ au laboratoire, soit
plante par plante, dans le cas d'une production de semences OGM par exemple,
soit par batch (assemblage de plusieurs plantes ou de graines)
pour rechercher la présence accidentelle d'OGM dans des lots de
graines. Différentes sociétés (SDI4, Agdia,
Envirologix...) produisent et commercialisent de tels tests dont la limite
de quantification est généralement proche de 0,5 %. Le test
SDI a été validé sur fèves de soja broyées
par un test inter-laboratoires international.
Le domaine d'application de ces tests immunologiques (OGM détectables,
parties des plantes utilisables, matrices analysables...), au demeurant
relativement peu chers, devra être fourni pour les tests soumis
à normalisation. Globalement, ils s'appliquent :
- aux produits peu ou non transformés, en raison de la sensibilité
des protéines aux process agro-alimentaires, à moins que
les anticorps ne soient dirigés contre des épitopes stables
(travaux du laboratoire CEA/INRA d'Immuno-allergie alimentaire de Gif-sur-Yvette)
;
- aux produits purs ou en mélange selon les cas, car correspondant
à des tests de criblage. Comme pour tout test de criblage, ces
tests ne sont quantitatifs que sur les produits issus d'une seule espèce
végétale, voire d'une lignée OGM si les niveaux d'expression
varient entre OGM et leurs cultivars. Ils constituent néanmoins
d'excellents tests de criblage qualitatifs pour les produits issus d'un
mélange ;
- sur une gamme dynamique faible mais couvrant largement les besoins
réglementaires.
Du fait du nombre plus restreint de matrices analysables, divers obstacles
(extraction, dosage de protéines, effets d'inhibiteurs...) sont
plus aisément surmontés.
Pour revenir au cas de la contamination de semences conventionnelles
évoqué en préambule, signalons toutefois que la compatibilité
des résultats de ces tests avec les tests PCR demeure inconnue.
Quel échantillonnage doit-on pratiquer et quelle variabilité
doit-on ainsi accepter d'un test phénotypique, fondé sur
des tolérances individuelles de plantules issues de graines de
masses inconnues, et d'un test PCR, fondé sur des nombres de copies
initialement corrélés à des masses, pour que les
deux concordent ? De même l'expression d'une protéine, cible
d'un test immunologique, est-elle constante quel que soit le cultivar
étudié ? Comment prendre en compte deux OGM de la même
espèce produisant une même protéine à des niveaux
massiques différents ?
Cependant, une erreur, commune en Europe, consiste à sous-estimer
l'intérêt de ces techniques dès lors qu'une traçabilité
fiable est opérationnelle. Ceci est sans doute la conséquence
des investissements importants des laboratoires européens dans
les techniques fondées sur les acides nucléiques.
Méthodes fondées sur les acides
nucléiques
Pas plus que les méthodes fondées sur les protéines,
celles qui sont fondées sur les acides nucléiques, et la
PCR en particulier [1-4], ne peuvent être utilisées sans
restriction. Ces méthodes (extraction et purification des acides
nucléiques, dosage d'ADN, PCR qualitatives, PCR semi-quantitatives,
PCR quantitatives) présentent chacune des domaines d'application
instamment demandés pour toute normalisation. Bien que faisant
l'objet de la majorité des développements européens,
leur application à un grand nombre de matrices alimentaires et
le manque de données publiques sur les séquences obèrent
fortement leur disponibilité.
Globalement, ces méthodes présentent tout de même
une large polyvalence due au plus grand nombre de cibles PCR possibles
:
- soit de criblage car internes à l'« insert » et donc
potentiellement présentes dans plusieurs OGM, en particulier d'espèces
différentes. Elles ne permettent de ce fait de quantifier les OGM
que dans les produits purs (un seul OGM ou une seule espèce selon
le type de criblage) dès lors qu'un autre OGM avec une même
séquence interne est autorisé. Ces tests de criblage sont
couramment différenciés en :
* « criblage », comme celui du promoteur P35S présent
dans 28 des événements d'insertion sur les 52 autorisés
en Amérique du Nord, et dans tous ceux autorisés en Europe.
Ce type de test ne peut être utilisé pour la quantification
que dans des produits purs (un seul OGM) car le nombre de copies peut
varier entre OGM (par exemple une copie de P35S pour le maïs Bt176,
2 copies pour Bt11, 3 copies pour Mon810). La « contamination »
par plusieurs OGM d'une même espèce ne peut donc être
quantifiée à moins d'accepter une surestimation de sa valeur
réelle ;
* « spécifique d'un insert » et donc utilisable en
PCR quantitative dans un mélange tant qu'un autre OGM avec les
mêmes séquences internes n'est pas autorisé au sein
de l'UE. Certains de ces tests sont donc, dans l'état actuel des
autorisations européennes, utilisés pour la quantification
dans des produits issus de productions européennes. Ainsi un test
fondé sur le gène CP4 EPSPS sert-il actuellement à
quantifier le soja RR dans un mélange d'espèces (soja avec
colza et maïs par exemple). Le domaine d'application de ces tests
variera donc au fur et à mesure des autorisations européennes.
Il ne peut servir que dans certains cas pour des produits importés
;
- soit d'identification correspondant au fragment de bordure qui constitue,
dans l'état actuel des techniques de transgenèse et des
sites d'insertion nucléaires, une signature univoque de chaque
OGM. Seuls les tests fondés sur ces « signatures » des
OGM permettent les quantifications exactes dans les produits mixtes, pourvu
que les OGM ne résultent pas d'un empilage de gène (gene
stacking), c'est-à-dire d'un croisement entre deux OGM préalablement
autorisés. Bt11 est actuellement le seul OGM autorisé qui
bénéficie d'un test PCR public fondé sur un de ses
fragments de bordure.
Hormis les produits purs non transformés comme les graines et
semences, la détermination de la teneur en OGM d'une matrice nécessite
deux quantifications :
- la première vise à connaître la teneur en espèce
végétale en déterminant le nombre de copies d'une
cible d'ADN spécifique de l'espèce végétale.
Ceci suppose de disposer, pour les développements d'un certain
nombre de variétés cultivées représentatives,
de la diversité mondiale de l'espèce considérée,
afin de vérifier la conservation des séquences cibles (amorces,
sondes...) et de leur nombre de copies ;
- la seconde vise à déterminer pour le même échantillon
la quantité de molécules d'ADN spécifiques du ou
des OGM de cette espèce présents.
Le rapport des quantités de copies de chaque type donne la teneur
en OGM par espèce. La variabilité finale de la détection
sera donc fonction de celles de chacun des tests PCR qui doivent avoir
été optimisés.
Cette variabilité est également affectée par d'autres
facteurs comme la quantité et la qualité (taille des fragments,
ADN/ARN, quantités d'autres inhibiteurs...) de l'ADN extrait. Un
certain nombre de contrôles doivent donc assurer en routine de l'efficacité
des techniques d'extraction et de purification de l'ADN. Les limites de
détection et de quantification sur une matrice étant fonction
des quantités d'ADN extractible et amplifiable, un dosage de l'ADN
est normalement requis pour disposer par tube PCR d'au moins 10 000 équivalent
génomes de l'espèce végétale étudiée.
Ce dosage n'est guère possible que pour des matrices à forte
teneur en ADN. Dans ce cas « favorable », l'analyste se heurte
alors à l'absence de méthode de dosage de l'ADN, chacune
présentant un domaine d'application, indépendante de la
qualité de l'ADN dosé, alors que la taille des génomes
n'est qu'approximativement connue.
Comme nous venons rapidement de le voir, les difficultés de développement
des seuls tests PCR ne sont que la partie immergée de l'iceberg
que constituent les méthodes fondées sur les acides nucléiques.
Problèmes communs
aux deux types de méthodes et normalisation en cours
L'adage, selon lequel la solidité d'une chaîne ne vaut
que par son maillon le plus faible, s'applique à notre sujet. Aussi
sensible et spécifique que soit une technique de détection,
celle-ci ne saurait compenser un mauvais échantillonnage ou une
mauvaise extraction de protéine ou d'ADN. Le nombre de techniques
de détection disponibles demeure donc faible même si, comparativement
à d'autres secteurs d'analyse, les développements sont rapides.
Cadres normatifs
La normalisation, apparue rapidement nécessaire, vise autant
à fiabiliser les analyses actuelles qu'à instaurer un cadre
aux dévelop- pements et des méthodes de référence
aux laboratoires.
À la différence de la normalisation CEN5, la
normalisation française s'est attachée au sein de la commission
AFNOR6 V03E à définir dans son premier document
:
- un certain nombre de bonnes pratiques de laboratoire et divers témoins
;
- un cadre général aux futurs développements de
l'ensemble des étapes nécessaires à des détections
PCR qualitative, semi-quantitative ou quantitative fiables des OGM ;
- un certain nombre de garde-fous permettant aux donneurs d'ordres de
savoir ce qu'ils sont en droit d'attendre des laboratoires. Une formalisation
minimale des rendus d'analyse devrait également éviter de
retrouver certains types de rapports d'analyse.
Ce choix pragmatique devrait déboucher sur une première
publication à l'automne 2000. La dernière version de ce
document français a servi de base à l'ensemble des textes
de travail actuellement discutés au sein du CEN.
La normalisation européenne s'attache quant à elle à
fournir des protocoles validés par des tests interlaboratoires
(ring tests). Bien que plusieurs documents de travail soient actuellement
à l'étude, à peine 1 an après la mise en place
du groupe de travail CEN, les textes définitifs ne devraient pas
être publiés avant un certain temps. Ces délais résultent
de l'absence de données expérimentales dans certains domaines
ou de l'absence de méthodes validées. Un document général,
réclamé par la France dès la première réunion
CEN en février 1999 à Berlin, n'a été rajouté
aux tâches du groupe de travail CEN qu'en mars 2000 lors de la réunion
de Lisbonne.
À côté de la normalisation « horizontale »
CEN une normalisation ISO plus « verticale », également
réclamée par la France pour assurer au plus tôt la
compatibilité des méthodes entre continents différents,
se mettra en place cet automne.
Les documents français et CEN ne font aucune référence
à la réglementation existante. Les méthodes semi-quantitatives
et quantitatives se réfèrent à l'espèce végétale
dont la réglementation ne constituerait qu'un cas particulier d'application.
Il n'a pas été possible de rédiger, dans un laps
de temps acceptable, un document aisément lisible qui permettrait
de prendre en compte les OGM des différents règnes ; les
documents actuels concernent donc uniquement le règne végétal
et les OGM correspondants.
Plusieurs articles antérieurs ont déjà abordé
divers aspects de la détection des OGM [5-7]. Nous ne reviendrons
ici que sur les points saillants ou ayant évolué ; beaucoup
ont trait aux matrices à faible teneur en analyte.
Échantillonnage et taille des prises
d'essais
Selon les matrices et leur conditionnement, l'échantillonnage
peut ou non encore constituer un problème. Les plans d'échantillonnage
au champ de graines ou plantes peuvent ainsi être repris d'autres
domaines concernés par le contrôle qualité. En revanche,
d'autres plans comme ceux des cargos avec un contenu en vrac, malgré
de récents travaux à ce sujet, ou de chaînes de production
demeurent problématiques. Des divergences sont en outre apparues
quant à l'intérêt d'appliquer les plans d'échantillonnages
utilisés pour les mycotoxines. Plus globalement, la normalisation
sur ce thème progresse peu, reflet des difficultés rencontrées.
La taille des prises d'essai et donc de celles des échantillons
de laboratoires a fait l'objet d'âpres discussions. Fallait-il,
comme certains le recommandaient, augmenter la taille des échantillons
analysés jusqu'à disposer de quantités suffisantes
d'ADN ou de protéines pour les dosages (avec donc un minimum de
10 000 équivalents génomes en raison de la limite de détection
de 0,01 %) ? Ou fallait-il au contraire définir une taille égale
quels que soient les produits et leurs teneurs en protéines ou
ADN ? La seconde solution, avec une masse de 1 g, a été
retenue pour la majorité des matrices de sorte que, tout en considérant
le désir légitime des consommateurs d'accéder à
une information fiable, la norme soit disponible le plus rapidement possible
et les méthodes praticables à un coût socialement
acceptable. La première solution aurait en effet nécessité
de :
- définir, par de longues et coûteuses études et
pour toute matrice alimentaire ou produit intermédiaire, la taille
minimale de prise d'essai permettant de récupérer assez
d'ADN ou de protéines ;
- réévaluer périodiquement ces quantités,
en raison de modifications probables des procédés agro-alimentaires
;
- disposer, voire faire fabriquer, le matériel approprié
au traitement de masses importantes.
Il est probable que plusieurs dizaines de kilos ou de litres auraient
été nécessaires pour nombre de matrices, ce qui est
irréalisable en routine à un coût acceptable. Enfin,
la transposition de telles dispositions aux méthodes fondées
sur les protéines aurait nécessité de déterminer,
pour chaque OGM et ses cultivars, des tailles d'échantillons indépendantes
des conditions de culture et de l'âge, caractères influençant
la teneur en protéines.
Extraction et purification des cibles
L'ensemble des matrices analysées ne semble guère pouvoir
être soumis à une méthode universelle d'extraction
et de purification des acides nucléiques. Le problème est
moins criant pour les protéines dont le domaine d'application est
plus restreint en ce qui concerne les matrices analysables. Les méthodes
proposées à la normalisation devront donc être accompagnées
de leur domaine d'application comprenant des listes « positives »
et « négatives » de matrices à partir desquelles
de l'ADN de qualité aura ou non été extrait. L'établissement
de ces listes nécessite alors :
- une classification, appropriée au sujet mais aussi simple que
possible, des matrices alimentaires afin d'éviter de leur donner
des noms commerciaux dont les procédés d'obtention, et donc
les teneurs en analyse, pourraient sans cesse évoluer ;
- la reconnaissance aisée de ces matrices si celles-ci ne leur
sont pas spécifiées par les donneurs d'ordre.
Bien que nombre de bases de données et de langages de description
des matrices alimentaires soient disponibles, la normalisation bute sur
l'absence d'une définition simple et opérationnelle des
produits à analyser. Une telle classification nécessitera-t-elle
de disposer de coûteux standards d'extraction ?
Tests PCR
Dans le même état d'esprit, tout test PCR qualitatif, semi-quantitatif
et quantitatif normalisé, qu'il porte sur les OGM ou les espèces,
devra être accompagné de son domaine d'application (une liste
d'organismes naturels et d'OGM sur lesquels la réponse aux tests
PCR est connue). Le premier test PCR repris dans le document CEN sur la
PCR quantitative est représentatif des carences des tests actuels.
De longues discussions ont également porté sur la définition
des limites de détection et de quantification des méthodes,
PCR en particulier, et leur implication. Les tests PCR, qui doivent tous
être optimisés, présentent généralement
des limites de détection « absolues » comprises entre
1 et 20 copies d'ADN cible. On ne peut dès lors atteindre une limite
de détection de 0,01 %, telle que préconisée par
la norme, que si l'on dispose d'au moins 10 000 cibles potentielles, soit,
dans le cas présent, entre 10 000 et 200 000 équivalents
génomes. Les limites de détection et de quantification relatives
utilisées pour la réglementation varient donc avec les matrices
et leur teneur en ADN. C'est pourquoi, dans une matrice à faible
teneur d'ADN (certaines huiles et lécithines...), les limites de
détection et de quantification d'une technique PCR optimisée
peuvent être largement supérieures à 10 % selon la
teneur en ADN extractible. Fallait-il dès lors, comme pour les
tailles d'échantillons de ces matrices, définir les limites
de détection et de quantification pour chacune des matrices ? Il
paraissait impossible de définir ces limites pour toutes les matrices
existantes. En conséquence, les limites de détection et
de quantification des tests ont donc été définies
pour des valeurs respectives de 0,01 % et 0,1 %, en prenant comme seules
références les semences et l'ADN purifié, après
corrélation aux masses de semences. Un avertissement devrait rappeler,
dans les rendus d'analyses des laboratoires, les variations induites par
les teneurs en ADN des matrices analysées.
Une telle prise en compte de la diversité des matrices alimentaires
dans les domaines d'application des méthodes d'extraction et de
purification des acides nucléiques cherche également à
éviter de devoir préparer et utiliser en routine, comme
initialement proposé par certains, des standards à teneurs
certifiées en OGM, pour de nombreuses matrices alimentaires. Outre
les délais nécessaires et les difficultés techniques
inhérentes à la préparation de tels standards, la
maîtrise du nombre de standards nécessaires aux analyses
de routine tente de contenir les augmentations des coûts d'analyses
dus à leur achat.
Évolutions prévisibles
et souhaitables
Comme nous venons de le voir, la question de la détection des
OGM est loin d'être résolue. Diverses évolutions sont
prévisibles ou souhaitables.
Au niveau de la réglementation
Le premier souhait est évidemment celui d'une plus grande cohérence
de la réglementation par la définition rapide de seuils
pour l'ensemble :
- des produits (auxiliaires technologiques, supports d'arômes...)
;
- des OGM autorisés ou non (donc autres que Bt176 et RRS) ;
- des filières concernées (donc autres que l'alimentation
humaine).
On peut comprendre que la réglementation actuelle reflète
une prise en considération progressive des réactions des
consommateurs. La réglementation future devra au contraire clairement
refléter la prise de conscience des pouvoirs publics européens
que dorénavant tout produit concerné par les OGM devra être
soumis à étiquetage. La transparence et un éventuel
retour à la confiance des consommateurs sont à ce prix.
Un certain nombre des lacunes relevées précédemment
doivent être comblées, alors qu'il ne faut pas se voiler
la face devant d'autres problèmes :
- la fourniture par les sociétés de biotechnologies
des informations nécessaires aux développements des tests
et des standards doit dorénavant constituer un prérequis
à toute nouvelle autorisation d'OGM. L'intégration des besoins
des laboratoires à la directive 90/220/CEE, en cours de révision,
et au règlement 258/97/CE paraît une condition sine qua
non au développement rapide d'outils performants de bio-vigilance.
Là encore, seule une réglementation cohérente tirant
les leçons du passé pourrait permettre de restaurer la confiance
de certains de nos concitoyens. Le récent communiqué des
ministres européens appelant à la mise en place d'une «
traçabilité » des OGM et les préoccupations
du Parlement européen constituent des signes encourageants ;
- devant l'impossibilité technique de différencier, sinon
plante à plante, les OGM résultant d'empilage de gènes
(gene stacking) de leurs géniteurs, il paraît nécessaire
de résoudre, ou tout au moins d'encadrer, réglementairement
le problème de leur quantification après concertation de
tous les acteurs ;
- les filières « sans utilisation d'OGM » européennes
doivent être rapidement définies [8]. La consultation des
différents partenaires, les résultats du programme de recherche
sur la pertinence économique et la faisabilité technique
des filières « sans utilisation d'OGM » et les
consultations en cours récemment annoncées par les associations
de consommateurs réunies au sein du groupe de travail « OGM
» du CNC7 fourniront une partie des bases nécessaires
à cette définition. L'approche japonaise a permis, à
partir de son seuil d'étiquetage de 5 % qui doit entrer en vigueur
au 1er avril 2001, de définir des seuils pour ses filières
« sans utilisation d'OGM ». L'Europe n'a pu encore définir
de valeur lui permettant enfin de s'approvisionner dans les pays tiers
et surtout de tester grandeur nature la capacité des filières
à fournir des produits garantis « sans utilisation d'OGM ».
Les diverses initiatives privées observées ces dernières
années ne parviennent qu'à désorienter le consommateur
et à accroître les distorsions de concurrence. Les définitions,
variables selon les continents, des filières « sans utilisation
d'OGM » devraient être harmonisées au sein des structures
appropriées (convention de Rio, OCDE...). Il convient en particulier
d'éviter l'amalgame entre les filières « sans utilisation
d'OGM » et les actuelles filières américaines «
IP8 » ;
- il faut enfin prendre garde aux interférences qui résulteraient
de l'intervention d'autres acteurs que la Commission européenne
ou les autorités compétentes. C'est ainsi que les semenciers,
au particulier au sein de la FIS9 et de l'ISTA10,
ont défini et appliquent un seuil maximum de contamination des
semences, conventionnelles entre autres, de 1 % alors que la Commission
propose un seuil de 0,5 % et que Marylise Lebranchu, secrétaire
d'État en charge de la coordination du dossier OGM, préconise
un seuil plus bas, à la limite de quantification. Là aussi,
les retards européens laissent la porte ouverte aux initiatives
privées, sources potentielles de confusion pour les producteurs
et les consommateurs.
Au niveau des méthodes
et de leur normalisation
Compatibilité : un maître mot
pour réduire les litiges
La vérification de la compatibilité des méthodes
est une tâche urgente à entreprendre afin de réduire
au maximum toute possibilité de discordance de résultats
entre laboratoires ou organismes certificateurs nationaux, et donc de
limiter les litiges commerciaux. Cette compatibilité devra prendre
en compte les trois approches actuellement utilisées : celles fondées
sur les protéines, et plus généralement l'expression
phénotypique, celles fondées sur l'ADN et enfin celles fondées
sur les plans d'échantillonnage actuellement testées par
les semenciers au sein de la FIS et de l'ISTA. Il conviendra aussi de
se préoccuper des méthodes en cours d'étude comme
les « puces à ADN » et autres « micro-array
» ou « ADN branché ». Ces travaux, généralement
peu rentables en termes de publications, n'intéressent guère
les laboratoires de recherche. Ils risquent donc de constituer les «
dernières roues du carrosse » des programmes dédiés
à la détection des OGM. L'important travail de coordination
de laboratoires aux compétences différentes et de préparation
d'échantillons ainsi que la nécessité d'un excellent
encadrement statistique font de ces aspects une activité de choix
pour les futurs tests internationaux coordonnés par le CCR d'Ispra.
La variabilité acceptable des méthodes constitue un facteur
important de compatibilité des méthodes. Celle des seules
méthodes de PCR quantitative n'est toujours pas déterminée.
Les premiers tests interlaboratoires, regroupant des laboratoires de compétence
inégale, laissent entrevoir une variabilité de près
de 40 % autour du seuil réglementaire de 1 % de contamination fortuite.
S'il est probable que la variabilité intrinsèque des méthodes
PCR sera largement plus faible que ces valeurs, il est important de la
déterminer au plus tôt pour réduire les risques de
litiges.
Cette variabilité des méthodes PCR quantitatives pourrait
rester sans conséquence pour certaines matrices comme les semences
si l'approche statistique par plans d'échantillonnage actuellement
étudiée sous l'égide de la FIS et de l'ISTA s'avérait
efficiente. Une telle approche, relativement classique en contrôle
qualité, suppose en effet une distribution des contaminations selon
des lois binomiales et n'utilise que des tests qualitatifs. Cette méthodologie
qui privilégie le prix, et la rareté, du produit à
analyser par rapport au coût des analyses n'est par contre pas généralisable
à toute matrice.
De l'évolution des techniques et de
la multiplicité des OGM à détecter
La multiplication des OGM à détecter, autorisés
ou non au sein de l'UE, pose enfin la question de l'évolution des
méthodes de détection. Les systèmes de « micro-array
» et autres « puces à ADN » ou « ADN branché
» pourraient-ils supplanter la PCR, au moins pour les cas où
les teneurs en ADN sont suffisantes pour satisfaire les critères
retenus en limites de détection et de quantification ? Au vu de
la sensibilité de ces méthodes à base d'hybridation,
il est probable que la réponse sera positive, pour les semences,
graines, fèves et autres produits non transformés, ne serait-ce
qu'en raison des durées de manipulations et des coûts importants
des nombreuses PCR nécessaires. Elles complémenteraient
voire concurrenceraient les techniques immunologiques pour des produits
pour lesquels la demande devrait croître avec la mise en place d'une
véritable traçabilité. En revanche, l'intérêt
de telles techniques d'hybridation pour les matrices à faible teneur
en ADN, et donc nécessitant des amplifications PCR préalables
à l'hybridation, reste à déterminer. La réponse
viendra sans doute de la facilité relative à développer
les PCR multiplex qualitatives versus les PCR quantitatives en
temps réel. Un programme européen, récemment accepté,
vise à évaluer l'intérêt de telles techniques
de « micro-array » avec et sans PCR préalables
et à développer la première « puce » commerciale
consacrée aux OGM.
De l'importance des standards
Comme nous l'avons déjà signalé, la disponibilité
de standards certifiés stables, déjà problématique
pour les développements, est un des goulots d'étranglement
à l'obtention de résultats qualitatifs et quantitatifs comparables
entre laboratoires. À côté des standards de calibration
actuels à base de semences broyées, il est fort probable
que des standards sous forme d'ADN génomique ou plasmidique devront
être mis sur le marché. Espérons que la prise en compte
des matrices alimentaires dans les méthodes normalisées
d'extraction, associée à une classification simplifiée
de celles-ci, évitera de devoir développer et utiliser des
standards de toutes sortes à teneurs certifiées en OGM,
standards dont les coûts seraient répercutés sur les
prix d'analyses.
Des tests de validation de méthodes
et des tests d'aptitude
Un certain nombre de règles, organisation et bonnes pratiques
de laboratoire, témoins positifs et négatifs ont été
recensés dans la norme française. L'accréditation
des laboratoires est un besoin ressenti autant par les laboratoires que
par les opérateurs. La publication prochaine de la norme française
devrait permettre au COFRAC11 d'initier un programme d'accréditation
à moins que la publication tardive des normes CEN ne puisse retarder
sa reconnaissance européenne.
Les tests d'aptitude (proficiency tests tels que celui du MAFF
britannique ou celui à venir du BIPEA12) doivent être
mieux différenciés des tests interlaboratoires de validation
de méthodes. Si en outre, comme suggéré par certains,
les méthodes de validation AOAC13 ne sont pas appropriées
aux méthodes PCR utilisées dans le cadre de la détection
des OGM, un chantier international devra s'ouvrir sur ce sujet.
La pratique du CEN de n'accepter à la normalisation que des méthodes
PCR validées par des tests interlaboratoires risque de ralentir
considérablement le processus normatif. Ainsi que cela a été
suggéré par la France, des méthodes faisant l'objet
d'un consensus au niveau CEN devraient pouvoir être acceptées,
sans avoir été formellement validées par des tests
interlaboratoires longs et coûteux à mettre en place. Une
telle pratique s'est d'ailleurs de facto mise en place pour les
méthodes d'extraction.
De l'importance des domaines d'application
Le « domaine d'application » est une antienne lancinante de
cet article. Le succès de la normalisation dépendra en premier
lieu de l'examen minutieux des protocoles proposés à la
normalisation et donc de la confiance que l'on pourra accorder aux domaines
d'application fournis avec les méthodes d'extraction et de dosage
d'ADN, ainsi que les tests PCR qualitatifs, semi-quantitatifs et quantitatifs.
La normalisation des méthodes d'extraction progresse relativement
rapidement grâce au consensus sans faille quant aux domaines d'application.
En revanche, le premier test quantitatif repris dans le document CEN constitue
un excellent exemple du domaine d'application effectif très limité
des méthodes disponibles. Le recensement effectué des questions
auxquelles devra répondre tout test PCR devrait constituer un canevas
pour assurer des développements de méthodes appropriées
et une meilleure adéquation des méthodes développées
aux besoins des laboratoires.
Notes
1 Infra Rouge.
2 Association of Official Seed Certifying Agencies (42 agences
aux États-Unis, 2 au Canada, 1 en Australie, 1 en Nouvelle-Zélande
et 1 en Argentine).
3 Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay.
4 Strategic Diagnostic Incorporated.
5 Comité européen de normalisation.
6 Association française de normalisation.
7 Conseil national de la consommation.
8 Identity Preservation.
9 Fédération internationale des semenciers.
10 International Seed Testing Association.
11 Comité français d'accréditation.
12 Bureau interprofessionnel d'études analytiques.
13 Association of Official Analytical Chemists.
14 Acronyme d'un programme européen.
15 American Association of Cereal Chemists.
16 Conseil national de la consommation.
CONCLUSION
Les problèmes rencontrés ces dernières années
pour la mise au point des tests de détection et leur utilisation
devraient inciter les autorités compétentes et la Commission
européenne à n'autoriser dorénavant que des OGM pour
lesquels sont réunies les conditions d'une détection fiable.
L'histoire des OGM ne peut continuer à se résumer pour les
laboratoires à une longue traque de l'information et des standards.
Le libre choix des consommateurs y gagnerait en rapidité, fiabilité
et en coûts.
Plus globalement, le manque de coopération de certaines multinationales
de biotechnologie a certainement fortement contribué au rejet des
OGM exprimé par une majorité de consommateurs et citoyens
européens, qui semblent néanmoins davantage identifier les
OGM à une bataille économique et à un choix de société
qu'à des problèmes de sécurité alimentaire.
Une coopération de bonne augure se met en place avec certaines
sociétés de biotechnologies, qui s'apprêtent à
rendre publiques, au travers de laboratoires de recherche publics, des
informations utiles à la détection des OGM, autorisés
et non autorisés dans l'UE. Curieusement, cette meilleure coopération
est aujourd'hui plus le fait de sociétés de pays tiers que
de multinationales d'origine européenne. Ces sociétés
persistent à vouloir garder confidentielles des données
qui devront ainsi être « redécouvertes » par des
programmes de recherche européens comme « qpcrgmofood »
14, le tout aux frais du contribuable européen. Gageons
que les multinationales européennes sauront aussi rapidement tirer
les leçons des erreurs passées.
Grâce à la participation du CCR d'Ispra, la mise en réseau
des laboratoires publics européens travaillant pour les autorités
compétentes devrait accroître les synergies de développement,
faciliter les échanges d'informations confidentielles et éviter
tout doublon coûteux en temps et en deniers publics.
Les techniques de détection et d'identification des OGM évoluent
rapidement. Le prochain colloque annuel en novembre 2000 de l'AACC15
devrait constituer une excellente occasion de faire le point sur
les développements en cours et permettre de confronter les approches
et pratiques européennes et américaines.
Le débat sur les OGM commence à sortir de la spirale infernale
des anathèmes que se lançaient certains intervenants. La
constitution de cadres, formels ou informels, de discussion tels que le
groupe de travail permanent sur les OGM du CNC16 ou ceux du
programme de recherches sur les filières « sans utilisation
d'OGM » participe à cette maturité du débat
autant que la possibilité de libre choix offerte aux consommateurs
par un étiquetage fiable.
REFERENCES
1. INNIS MA, GELFAND DH, SNINSKY JJ, WHITE TJ (1990). PCR protocols
- A guide to methods and applications. San Diego : Academic press, p.
482.
2. JENKINS FJ (1994). Basic methods for the detection of PCR products.
PCR Methods Appl, 3 : S77-82.
3. LARRICK JW (1997). The PCR technique : quantitative PCR. Biotechnics
books, Eaton Publishing.
4. PHILLIP P, SEYLER JF, BERTHEAU Y (2000). Détection des
OGM dans les produits alimentaires et normalisation. Bulletin des Experts
chimistes de France (sous presse).
5. BERTHEAU Y (1998). Détection et identification des OGM.
POUR, 159 : 69-77.
6. BERTHEAU Y, DIOLEZ A (1999). Les aliments passés au crible.
Biofutur, 192 : 28-32.
7. ORLANDO C, PINZANI P, PAZZAGLI M (1998). Developments in quantitative
PCR. Clin Chem Lab Med, 36 : 255-69.
8. BERTHEAU Y, RUFFIEUX B, VALCESCHINI E (2000). Avec ou sans OGM
? Comment y voir clair. Le Monde 23 mai 2000.
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