Home > Journals > Agronomy et biotechnology > Cahiers Agricultures > Full text
 
      Advanced search    Shopping cart    French version 
 
Latest books
Catalogue/Search
Collections
All journals
Medicine
Biology and research
Public health
Agronomy and biotech.
Cahiers Agricultures
- Current issue
- Archives
- Subscribe
- Order an issue
- More information
My account
Forgotten password?
Online account   activation
Subscribe
Licences IP
- Instructions for use
- Estimate request form
- Licence agreement
Order an issue
Newsletters
How can I publish?
Journals
Books
Help for advertisers
Foreign rights
Book sales agents



 

Texte intégral de l'article
 
  Printable version
  Version PDF

Is there a culture of date palm in Mali: The case of the Kidal region


Cahiers Agricultures. Volume 19, Number 3, 227-30, mai-juin 2010, Note de recherche

DOI : 10.1684/agr.2010.0402

Résumé   Summary  

Author(s) : Souad Babahani, Slimane Hannachi, Aissa Togo , Laboratoire Bio-ressources sahariennes Université de Ouargla BP 511 Ouargla 30000 Algérie, Commissariat au développement d'agriculture saharienne BP 613 Ouargla 30000Algérie, Département des sciences agronomiques Université de Ouargla BP 511 Ouargla 30000 Algérie.

Summary : The study of the culture of the date palm in the Kidal region of Northern Mali falls within the framework of agricultural development after successive years of drought in these regions. The situation has forced people to leave farming and move to market gardening and, potentially, to the culture of the date palm. One must, however, ask if there is a culture of date palm in Kidal. Date palm culture appears to be in a primitive state, with very poor cropping, extremely high density per hectare and totally disorganized occupation of space in the palm garden. This culture is generally conducted as a pure system. The yield per tree and year is very low, estimated at 10 - 15 kg. Many varieties are from the Maghreb, especially from Algeria. The development of the culture of the date palm in Kidal could be a means of maintaining people in the territories and helping them survive in regions where breeding has become too difficult.

Keywords : economy and rural development, natural resources and environment, vegetalproductions

Pictures

ARTICLE

Auteur(s) : Souad Babahani1, Slimane Hannachi2, Aissa Togo3

1Laboratoire Bio-ressources sahariennes Université de Ouargla BP 511 Ouargla 30000 Algérie
2Commissariat au développement d'agriculture saharienne BP 613 Ouargla 30000Algérie
3Département des sciences agronomiques Université de Ouargla BP 511 Ouargla 30000 Algérie

Le Mali est un pays de l'Ouest africain, situé entre les parallèles 11° et 25° N (figure 1).

Ce pays se trouve dans l'aire de culture du palmier dattier, dont les limites sont 9° 18’ latitude Nord (Cameroun) et 39°44’ Nord (Elche en Espagne), selon Hussein et al. (1979). La culture du palmier dattier au Mali est localisée dans les régions de Kayes et de l'Adrar des Ifoghars. Des palmeraies de cueillette ont été installées le long des fleuves Niger et Sénégal depuis le début du XVe siècle. Plus tard, les services techniques de la colonisation française ont implanté des palmiers dattiers à la station de recherche de Bamako (Lazarev, 1989).

Le palmier dattier a été introduit dans l'Adrar des Ifoghars à partir du Maroc en passant par la Saoura et l'oued Rhir, en Algérie et des oasis libyennes, en passant par le Fezzan, le Tassili et le Hoggar (Munier, 1973).

Aujourd'hui, de petites palmeraies sont implantées dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Kayes et des pieds isolés se rencontrent dans l'ensemble de la zone aride et semi-aride du pays. Les données sur l'évolution de ce patrimoine sont très rares, la plupart des statistiques sont anciennes.

Traditionnellement, les habitants de ces régions sont des nomades. Depuis les sécheresses accentuées que vivent les populations du Nord du Mali, surtout celles de 1973-1974 et de 1984-1985, la plupart des habitants s'orientent de plus en plus vers l'agriculture, suite à la destruction de leurs pâturages. Cette zone connaît une instabilité politique, due aux conditions socio-économiques difficiles que vivent les populations de la région. La phœniciculture est l'une des spéculations qui pourrait assurer la survie de ces populations. C'est dans ce but que cette étude a été menée. Elle a pour objet d'établir un état des lieux sur la phœniciculture dans la région située au nord de Kidal. Cette culture y paraît relativement ancienne, mais les informations et les études agronomiques sur cette région du Mali sont rares.

Matériel et méthode

Présentation de la région d'étude

La région de Kidal est située au Nord-Est du Mali (12° 26' de latitude N ; 1° 24' de longitude E).

L'élevage traditionnel de type extensif est la première activité économique de la population ; mais cette activité a connu de profondes mutations à cause des sécheresses. Les espèces ovines, caprines et camélines dominent cet élevage.

L'agriculture représente la troisième activité économique, après l'élevage et l'artisanat. Le maraîchage, qui est la principale activité agricole, connaît un essor à cause de la reconversion des éleveurs.

La région appartient à l'étage bioclimatique saharien chaud (Ozenda, 1983). La pluie tombe entre juin et septembre, avec des maxima en juillet et août. Les oueds temporaires concentrent les eaux dans les plaines et vallées. Les sols de la région sont généralement de texture légère.

Sites d'étude

Les palmeraies de la région de Kidal, capitale régionale d'Adrar des Ifoghars, sont traditionnelles et d'accès très difficile, étant donné le manque d'entretien et le développement touffu des palmiers, qui sont pour la plupart issus de graines.

Ces palmeraies, dispersées sur une vaste région au nord de Kidal, se répartissent en neuf sites qui ont fait l'objet du travail d'enquête (figure 1) :

  • Tisalit, situé à plus de 300 kilomètres de Kidal. Son relief est dominé par des massifs granitiques. La végétation est dominée par Acacia nilotica, Boscia senegalensis, Balanites aegyptiaca L. et par des graminées ;
  • Telabit, situé à environ 120 kilomètres de Kidal. C'est une dépression sablolimoneuse, traversée par l'oued Telabit, qui provoque parfois des problèmes d'érosion.
  • Tanazrouft : situé à 85 kilomètres de Kidal, parsemé d'oueds, avec des sols sablolimoneux ;
  • Tenzaouatene, situé au nord-est, à environ 350 kilomètres de Kidal et à 8 kilomètres de la ville algérienne de Tin Zaouatene. La nappe phréatique affleure parfois en surface ;
  • Kidal, dont le site comprend les palmeraies héritées de l'administration coloniale à l'intérieur de la ville et les nouvelles plantations qui se situent au nord-ouest de cette ville ;
  • Aguel-Hoc, situé à environ 95 kilomètres au sud de Tisalit, dans la vallée du Tilemsi. La culture du dattier n'y est pas ancienne ; mais le site possède de vastes plaines favorables à l'extension de cette culture ;
  • Tassidjmet et Taghrabat. Ces deux sites forment une seule entité. Ils sont situés au sud de Tessalit, à une cinquantaine de kilomètres d'Aguel-Hoc. La profondeur de la nappe phréatique varie entre 2 à 5 mètres dans la région ;
  • N'Tibdoc, situé à environ 75 kilomètres au nord de Tisalit, perdu dans les massifs de Tergharghar. Le relief est accidenté et traversé par des oueds.

Méthodologie

L'étude est fondée sur des enquêtes auprès des propriétaires des jardins phœnicicoles dont une liste a été établie au préalable.

Ces enquêtes ont été réalisées après une séance de sensibilisation qui a réuni toutes les personnes s'intéressant à cette culture et les autorités locales. Elle a duré quatre mois, de mai à septembre 1997. La fiche d'enquête comportait des questions sur les caractéristiques générales de la palmeraie, les superficies, la conduite culturale, l'eau d'irrigation, les cultivars et les maladies du dattier.

Résultats et discussion

Environnement des palmeraies

Les palmeraies étudiées couvrent une superficie totale de l'ordre de 40 hectares et comprennent environ 4 000 pieds de palmiers, dont plus de 1 700 sont productifs.

Les palmeraies sont d'accès difficile : elles sont éloignées des centres de grande consommation de dattes. Toutes les palmeraies occupent les rives d'oueds et les alentours des points d'eau et des villages : elles ont une possibilité d'extension. Les conditions naturelles leur permettent d'être parfois arrosées par les rares eaux qui coulent temporairement dans les oueds.

Système de production

Les palmeraies dans la région sont des palmeraies de cueillette. La récolte est généralement effectuée en juin et juillet. La production est principalement autoconsommée.

Les exploitations sont très morcelées : leurs tailles varient de 0,25 à 0,5 hectare, pour les particuliers, et de 1 à 2 hectares, pour les associations. Le travail se fait manuellement.

Le système de culture pratiqué est souvent la culture pure du dattier. Toutefois un système associé à trois étages de cultures commence à se développer timidement dans certaines exploitations.

Conduite de la culture

Les phœniciculteurs de la région se sont peu souciés de la régularité de leurs plantations et de la répartition verticale des différentes strates des végétaux cultivés. L'occupation du sol est faite de façon anarchique.

La densité de plantation (exprimée en pieds totaux) est très forte (450 à 500 pieds/ha), parfois même plus.

Les palmiers se trouvent sous forme de touffes à cause du manque de sevrage des pieds jeunes sur les pieds mères.

Les palmeraies sont caractérisées par un déficit hydrique important. L'irrigation est parfois totalement absente. Quand elle est pratiquée, elle est effectuée avec des eaux de simples puisards ou de puits coffrés ayant une profondeur variable de 2 à 10 mètres, en utilisant des moyens d'exhaure très rudimentaires, comme le balancier (figure 2).

Le rendement par pied, très faible, est de 10 à 15 kg/an : c'est la conséquence d'une conduite culturale déficiente. Toutefois, certaines pratiques sont réalisées, comme la toilette et l'ensachage des régimes par des sacs en tissu pour diminuer les dégâts des oiseaux (figure 2).

La récolte est effectuée au stade routab (stade précoce de maturation des dattes qui, en arabe, signifie molle ou humide).

Sur le plan sanitaire, il y a des attaques de cochenille blanche (Parlatoria blanchardi), principalement dans les jardins de Tessalit, Kidal, et N'Tibdoc.

De fortes colonisations des plants par les termites (Microcerotermes diversus) sont observées dans les palmeraies de Tidjiment, Taghrabat, Aguel-Hoc et Telabit.

Structure variétale des peuplements

Les francs constituent 75 % du patrimoine phœnicicole de cette région. Les prospections ont permis de recenser 18 cultivars dont les principaux sont : Tilemsou et Tigaza trouvées également dans le Sud-Ouest algérien, Tadmant du Maroc, Tangalt, Tergal et Takawel, connus au Mali.

Conclusion

La culture du dattier est très ancienne au Mali. Elle y est pratiquée depuis le XVe siècle. Malgré cela, cette culture a peu évolué à cause de la méconnaissance des techniques culturales applicables pour la moderniser.

Une meilleure valorisation des conditions naturelles pourrait permettre le développement de cette culture, ce qui contribuerait au maintien de la population, mais aussi à l'atténuation de la dégradation accélérée de l'écosystème saharien dans ces régions.

Le développement de cette spéculation demanderait :

  • la sélection et la multiplication végétative des cultivars et même de quelques francs intéressants ;
  • la poursuite de la formation des cadres maliens dans le domaine de la phœniciculture et de l'hydraulique saharienne ;
  • l'organisation des marchés et la création de filières d'écoulement des produits dattiers.

Il y a urgence à agir pour favoriser le maintien de la population, souvent victime des méfaits de la sécheresse et d'une instabilité politique et sociale. Le développement de la phœniciculture pourrait contribuer à promouvoir la paix dans cette région du monde.

Références

[Hussein et al., 1979] Hussein F, El Kahtani M, Wali Y. La culture du palmier et la production des dattes dans le monde arabe et islamique. Le Caire : Imprimerie Ain Chamss, 1979.

[Lazarev, 1989] Lazarev G. L'oasis : une solution à la crise des pastoralismes dans le sahel ? Les cahiers de la Recherche développement 1989 ; 22 : 69-81.

[Munier, 1973] Munier P. Le palmier dattier. Paris : Maisonneuve et Larose, 1973.

[Ozenda, 1983] Ozenda P. Flore du Sahara. Paris : CNRS, 1983.


 

About us - Contact us - Conditions of use - Secure payment
Latest news - Conferences
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - All rights reserved
[ Legal information - Powered by Dolomède ]