ARTICLE
Auteur(s) : Abou
Togola1, Francis E Nwilene2, Daniel C
Chougourou3, Tolulope
Agunbiade2
1Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) Division
Entomologie 01 BP 2031 Cotonou Bénin
2Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) PMB 5320 Oyo
Road Ibadan Nigeria
3École polytechnique d’Abomey Calavi (Epac) 01 BP 2009
Cotonou Bénin
L'alucite des céréales, Sitotroga cerealella (Olivier)
(Lepidoptera, Gelechiidae), est un des plus importants ravageurs
primaires du riz, du sorgho et du maïs. Il s'attaque également
au blé et à l'orge (Teetes et al., 1995). Les chenilles
dévorent l'albumen des grains des céréales qu'elles atteignent
en creusant une galerie à travers les glumes (Raoelijaona,
1996). Dans des conditions de forte infestation, les produits
stockés peuvent subir 100 % de pertes (Mele, EPAC, 2007,
résultats non publiés). Les attaques de S. cerealella se
traduisent par la diminution du poids des produits, la baisse du
pouvoir germinatif des graines et par la perte de la valeur
nutritive et de la valeur marchande.
S. cerealella est décrit comme un insecte cosmopolite (CAB
International, 2005), ravageur primaire de nombreuses céréales.
Toutefois, aucune publication ne précise la présence, le niveau des
populations et les dégâts de cet insecte sur le riz au Bénin. Sa
présence a été signalée sur des stocks paysans de maïs, notamment
dans les savanes guinéennes du pays (Gbati et al., 2002).
Cette même étude a indiqué la disparition de l'insecte suite à
l'introduction d'ennemis naturels. Nykjaer et al., 2002 ont
signalé l'absence de S. cerealella au sein de l'entomofaune
collectée sur les stocks de maïs dans cette région.
Jusqu'à récemment, l'alucite des céréales, à l'instar d'autres
insectes des stocks, ne représentait pas un problème majeur pour le
riz au Bénin, car la production rizicole était insuffisante pour
être conservée pendant plus de trois mois (Mele, EPAC, 2007 ;
résultats non publiés). Dans ces conditions, les risques
d'infestation des stocks étaient minimes, d'autant que la
riziculture n'était pratiquée que par quelques communautés rurales.
Actuellement, le riz prend une place importante dans les habitudes
alimentaires béninoises, ce qui fait que sa culture s'intensifie et
s'étend (MAEP/DFRN, 2000). De plus, les échanges de produits
céréaliers, dans le pays et à travers les frontières,
constituent des voies de dissémination possibles des ravageurs.
Aujourd'hui, l'infestation des stocks de riz par l'alucite
apparaît comme un problème préoccupant dans les zones rizicoles du
pays, sans que des études scientifiques aient été menées pour
déterminer la présence du ravageur, le niveau des populations, ou
les dégâts causés.
La présente étude vise à analyser la présence de S. cerealella
dans les zones rizicoles du Bénin, à établir le niveau des
populations dans le riz stocké en milieu paysan et à évaluer les
dégâts au cours du stockage.
Matériel et méthode
Au cours des campagnes 2007 et 2008, des investigations ont été
menées par l'unité d'entomologie du Centre du riz pour l'Afrique
(AfricaRice) dans 11 localités rizicoles du Bénin : Niaouli
(commune d'Alladah), Bohicon (commune de Bohicon), Koussin et Lélé
(commune de Covè), Eglimé (commune d'Aplahoué), Dévé (commune de
Dogbo), Dokparou (commune de Parakou), Sowé (commune de Glazoué),
Houeda (commune d'Adjohoun), Malanville (commune de Malanville) et
Togoudo (station de l'Institut international pour l'agriculture
tropicale [IITA]). Ce sont des zones de forte production de
riz, où les producteurs disposent de stocks de paddy destinés à la
consommation ou aux semences. Au cours des campagnes 2007 et 2008,
33 réserves de paddy ont été identifiées, soit 3 par
site. L'échantillonnage a porté sur des stocks de deux, trois, et
quatre mois, car les réserves de durée supérieure à un mois
sont plus favorables aux infestations de l'alucite (Mele,
EPAC, 2007, résultats non publiés). Deux modes de stockages étaient
utilisés par les paysans chez qui ont été réalisés les prélèvements
: dans un magasin fermé (le plus fréquent) et sous hangar ouvert.
Les stocks de riz paddy non traités ont été ciblés.
Le mode de stockage et les variétés de riz
ont été enregistrés afin d'étudier leur
influence éventuelle. Un échantillon d'un kilogramme de riz a
été prélevé à chaque fois. Les échantillons ont été
conditionnés dans des sachets plastiques et placés dans un
congélateur pendant 24 heures afin de tuer les insectes
présents. Ils ont été ensuite analysés afin de noter les
populations de S. cerealella et d'évaluer les dégâts. La technique
de flottaison a permis de séparer les grains attaqués des grains
sains et de repérer les formes larvaires cachées. Les grains
attaqués par S. cerealella ont été identifiés en les examinant à la
loupe pour voir le contour des trous ou localiser les chenilles à
l'intérieur. Afin de situer l'origine des infestations, des pièges
à phéromones adaptés à cette espèce ont été placés en trois
répétitions dans des parcelles de riz (en maturation) choisies au
hasard. Les pièges étaient installés le soir et dépouillés le
lendemain dans la matinée.
Dans les zones étudiées, la majeure partie des paysans cultivait
des variétés locales de l'espèce Oryza glaberrima (riz africain),
tandis qu'une minorité cultivait des variétés améliorées Toss-long
et INARIS (Oryza sativa). Une autre variété d'O. sativa (riz
asiatique) présente était celle du site de la station de recherche
d'AfricaRice à Togoudo.
Les données collectées ont concerné les populations de S.
cerealella (cumul du nombre de larves et d'adultes) sur les
échantillons de riz stocké, les populations d'adultes attrapées aux
pièges à phéromones et le nombre de grains attaqués.
Ce dernier paramètre a permis de calculer le pourcentage de
paddy attaqué. Les données ont été soumises à l'analyse de
variance, modèle mixte à trois facteurs (durée de stockage, mode de
stockage et variété de riz), au moyen du logiciel SAS/PC
version 9.1 (SAS Institute, 2002-2003). Les moyennes obtenues
ont été comparées par le test de Student-Newman-Keuls.
Des coefficients de corrélation ont été calculés pour
déterminer le degré de lien d'une part entre le nombre de S.
cerealella et le pourcentage de grains attaqués, d'autre part entre
ces deux paramètres et la durée et le mode de stockage.
L'identification des spécimens (larves et adultes) a été
effectuée au laboratoire du Centre des ressources de
biodiversité de l'IITA au Bénin.
Résultats et discussion
Occurrence des populations de S. cerealella
sur les stocks de riz
Dans la plupart des sites explorés, S. cerealella est présent
dans le riz. De 2007 à 2008, on a noté une augmentation
moyenne de 22 S. cerealella par kilogramme de paddy, soit 18 %
(tableau 1). Pour les populations
d'adultes capturés dans les champs, on a noté une augmentation
moyenne de trois individus par piège, soit 19 % (tableau 1). Environ 70 % des stocks de riz
échantillonnés au cours de ces deux années se sont avéré être
infestés par ce ravageur, avec des densités moyennes allant selon
les sites de 30 à 300 insectes (larves et adultes) par
kilogramme de paddy (tableau 2).
La présence et le niveau des populations de S. cerealella sur
le riz stocké ont varié suivant la durée et le mode de stockage,
les sites et les variétés de riz concernées.
Les sites de Togoudo, Eglimé, Niaouli et de Malanville ont
enregistré les plus fortes populations (respectivement 305, 267,
218 et 194 S. cerealella par kilogramme de paddy). Il n'y
a que dans les sites de Koussin, Sowé et Dokparou qu'aucune forme
du ravageur n'a été trouvée sur les stocks (tableau 2). Les caractéristiques
agroclimatiques des différentes régions pourraient expliquer ces
différences. En effet, dans les localités côtières du
Sud, l'humidité relative est plus élevée (80-95 %) et la
température oscille entre 20 et 30° C. Or, le
développement des populations de S. cerealella est maximum dans
cette gamme de températures et d'humidité (Hansen et al.,
2002) et les femelles sont plus fertiles (Hansen et al.,
2004). Les climats humides entraînent aussi une augmentation
de la teneur en eau des paddy stockés, créant un environnement
favorable à la multiplication de l'alucite (Ratnadass et Sauphanor,
1989). Cela rejoint les observations d'Arbogast et al. (1997)
sur l'influence de l'état du produit stocké et des conditions
climatiques sur les attaques de S. cerealella. Enfin, les régions
sud sont des zones de forts échanges céréaliers avec les pays
voisins, ce qui peut accroître la population du ravageur. Pour la
zone de Malanville, localité du Nord, cela peut être lié
au fait que c'est une zone de grande production de riz irrigué
en toute saison, ce qui peut permettre à l'insecte de se multiplier
d'autant plus aisément qu'il peut venir des champs (Teetes
et al., 1995). En outre, Malanville est une ville frontalière
qui reçoit des céréales venant d'autres pays susceptibles d'abriter
le ravageur.
Une présence plus abondante de S. cerealella a été notée sur les
stocks de 4 mois (263 alucites par kg de riz). Sur les stocks
de 2 et 3 mois, les populations moyennes enregistrées ont
été respectivement de 36 et 96 alucites par kg de
riz.
Les stocks conservés sous hangar ouvert se sont montrés un peu
plus infestés que ceux gardés dans des magasins fermés, avec des
populations moyennes respectives de 135 et 95 alucites
par kg de grain (différences non significatives). En ce qui
concerne les variétés de riz, les populations les plus nombreuses
ont été enregistrées sur WAB 56-50 et les variétés locales avec
respectivement 305 et 113 S. cerealella en moyenne, tandis que
les plus faibles populations ont été notées sur les variétés INARIS
et Toss-Long avec 46 et 52 individus respectivement
(tableau 2), mais ces différences
sont difficiles à interpréter compte tenu du lien entre sites et
variétés. La présence de S. cerealella a été détectée sur 80 %
des sites avec les pièges à phéromones. Les niveaux moyens de
capture au champ allaient de 0 à 46 individus par site,
avec une moyenne générale de 16 adultes. Les localités de
Togoudo, Niaouli et Bohicon ont les plus grandes populations
moyennes avec respectivement 46, 35 et 23 adultes, tandis
qu'aucune présence n'a été enregistrée à Sowé et Dokparou. À
Koussin, bien que les stocks de riz n'aient pas été attaqués, le
piégeage a révélé que le site était une zone endémique (tableaux 1 et 2).
Une corrélation positive et hautement significative a été notée
entre les infestations dans les champs (populations issues de la
capture aux pièges à phéromones) et celles du riz stocké (r = 0,94
; P < 0,0001) (tableau 3). Cela
renforce l'hypothèse que la contamination des stocks de riz peut
provenir des champs (Teetes et al., 1995), tout comme celle
des champs peut provenir des magasins de stockage (Barney
et al., 1996). En ce qui concerne les traitements lors du
stockage, d'une part, les paysans béninois appliquent très rarement
des insecticides et, d'autre part, l'alucite peut développer une
résistance à ces produits (Boshra et al., 2007).
Tableau 1 Populations et dégâts de Sitotroga
cerealella sur le riz à travers les sites
observés en 2007 et 2008 au Bénin.Table 1. Populations
and damage of Sitotroga cerealella on rice on sites studied in 2007
and 2008 in Benin.
|
Année
|
Sites d'étude
|
Durée de stockage (mois)
|
Mode de stockage
|
Variétés de riz stocké
|
Nombre de Sitotroga/kg paddy (larves et adultes)
|
Nombre de Sitotroga/piège (adultes)
|
Pourcentages grains attaqués
|
|
2007
|
Houêda
|
2
|
M
|
VL
|
26 g
|
4 e
|
2,5 de
|
|
Niaouli
|
4
|
M
|
VL
|
212 b
|
18 bc
|
14, 3 a
|
|
Dévé
|
3
|
M
|
VL
|
82 e
|
5 e
|
7,3 c
|
|
Bohicon
|
2
|
M
|
INARIS
|
38 f
|
10 d
|
3,4 d
|
|
Sowé
|
3
|
M
|
VL
|
0 h
|
0 e
|
0 e
|
|
Malanville
|
3
|
M
|
VL
|
200 c
|
21 b
|
9, 3 bc
|
|
Eglimé
|
4
|
H
|
VL
|
196 c
|
13 cd
|
10,4 b
|
|
Dokparou
|
2
|
H
|
VL
|
0 h
|
0 e
|
0 e
|
|
Koussin
|
2
|
H
|
Toss-Long
|
0 h
|
14 cd
|
0 e
|
|
Togoudo
|
4
|
H
|
Toss- Long
|
256 a
|
23 b
|
13,4 a
|
|
Lélé
|
2
|
H
|
WAB56-50
|
116 d
|
54 a
|
6,7 c
|
|
Moyennes générales
|
102
|
15
|
6,1
|
|
2008
|
Houêda
|
2
|
M
|
VL
|
31 f
|
12 d
|
2,9 ef
|
|
Niaouli
|
4
|
M
|
VL
|
224 b
|
51 b
|
12,7 c
|
|
Dévé
|
3
|
M
|
VL
|
88 d
|
4 fg
|
9,8 cd
|
|
Bohicon
|
2
|
M
|
INARIS
|
54 e
|
35 b
|
6 de
|
|
Sowé
|
3
|
M
|
VL
|
0 g
|
0 g
|
0 f
|
|
Malanville
|
3
|
M
|
VL
|
188 c
|
10 de
|
13,3 c
|
|
Eglimé
|
4
|
H
|
VL
|
338 a
|
22 c
|
18 b
|
|
Dokparou
|
2
|
H
|
VL
|
0 g
|
0 g
|
0 f
|
|
Koussin
|
2
|
H
|
Toss-Long
|
0 g
|
21 c
|
0 f
|
|
Togoudo
|
4
|
H
|
Toss- Long
|
354 a
|
37 b
|
23,3 a
|
|
Lélé
|
2
|
H
|
WAB56-50
|
92 d
|
7 ef
|
9,8 cd
|
|
Moyennes
|
124
|
18
|
8,7
|
Tableau 2 Moyennes des populations et dégâts
(2007, 2008) de Sitotroga cerealella sur le riz
à travers les sites observés.Table 2. Mean populations
and damage (2007, 2008) of Sitotroga cerealella on rice in the
sites studied.
|
Sites d'étude
|
Durée de stockage (mois)
|
Mode de stockage
|
Variétés de riz stocké
|
Nombre de Sitotroga/kg paddy (larves et adultes)
|
Nombre de Sitotroga/piège (adultes)
|
Pourcentages grains attaqués
|
|
Houêda
|
2
|
M
|
VL
|
29 c
|
8 ab
|
2,7 d
|
|
Niaouli
|
4
|
M
|
VL
|
218 ab
|
35 ab
|
13,5 ab
|
|
Dévé
|
3
|
M
|
VL
|
85 c
|
5 ab
|
8,5 bc
|
|
Bohicon
|
2
|
M
|
INARIS
|
46 c
|
23 ab
|
4,7 cd
|
|
Sowé
|
3
|
M
|
VL
|
0 c
|
0 b
|
0 d
|
|
Malanville
|
3
|
M
|
VL
|
194 b
|
16 ab
|
11,3 abc
|
|
Eglimé
|
4
|
H
|
VL
|
267 ab
|
18 ab
|
14,2 ab
|
|
Dokparou
|
2
|
H
|
VL
|
0 c
|
0 b
|
0 d
|
|
Koussin
|
2
|
H
|
Toss-Long
|
0 c
|
18 ab
|
0 d
|
|
Togoudo
|
4
|
H
|
Toss- Long
|
305 a
|
46 a
|
18,3 a
|
|
Lélé
|
2
|
H
|
WAB56-50
|
104 c
|
15 ab
|
8,2 bcd
|
Tableau 3 Corrélations entre les paramètres
d'infestation de Sitotroga cerealella.Table 3. Correlations
between Sitotroga cerealella infestation parameters.
|
Nombre de Sitotroga/kg paddy
|
Pourcentage de grains attaqués
|
|
r
|
s
|
r
|
s
|
|
Durée de stockage
|
0,82
|
THS
|
0,76
|
THS
|
|
Mode de stockage
|
0,18
|
NS
|
0,10
|
NS
|
|
Nombre de Sitotroga/kg paddy
|
|
|
0,96
|
THS
|
|
Pourcentage de grains attaqués
|
0,96
|
THS
|
|
|
|
Population par piège
|
0,94
|
THS
|
0,58
|
THS
|
Statut des dégâts de S. cerealella
sur les stocks de riz
Les dégâts de S. cerealella sont aisément identifiés par la
présence de soies, d'excréments et de larves, et par la dimension
des trous dans les grains. D'après les résultats obtenus, les
dégâts notés sur les paddy ont été de 6,1 % en moyenne
en 2007, contre 8,7 % en moyenne en 2008 (+ 42 % ;
tableau 1).
Dans les échantillons infestés, les niveaux des attaques se sont
situés en moyenne à 3 % et 18 %, pour respectivement deux
et quatre mois de stockage. La figure 1 illustre
l'évolution des populations et des dégâts du ravageur en fonction
de la durée du stockage.
A été notée une corrélation positive hautement significative
entre, d'une part, les pourcentages de grains attaqués et les
populations de S. cerealella (r = 0,96), et, d'autre part, entre
les pourcentages de grains attaqués et la durée de stockage (r =
0,76) (tableau 3). Même si les
stocks placés dans les magasins ont été un peu moins
endommagés (6,7 %) que ceux placés sous les hangars (8,1 %),
l'influence du mode de stockage sur les niveaux de dégâts causés
par S. cerealella est statistiquement non significative.
Les niveaux des dégâts enregistrés sont très différents selon
les localités. Les plus fortes attaques ont été observées à
Niaouli, Togoudo, Eglimé et Malanville (tableaux 1 et 2). Les sites de
Koussin, Sowé et Dokparou n'ont enregistré aucune attaque
en 2007 et 2008. Mais il est impossible de dire si la
différence de niveau d'attaque entre les sites est liée aux
caractéristiques climatiques ou à la résistance des variétés,
puisque les variétés sont différentes d'un site à l'autre.
La variété WAB56-50 (O. sativa), stockée pendant quatre mois
dans le site de Togoudo, a été la plus attaquée avec 18 % de grains
attaqués. Elle a été suivie par les variétés locales (O.
glaberrima) du site d'Eglimé avec 14 % de dégât au terme de quatre
mois de stockage. Les variétés les moins attaquées ont été
INARIS (O. glaberrima) et Toss-Long (O. glaberrima) avec des
moyennes respectives de 5 % et 8 %, mais après seulement
2 mois de stockage. Dans l'ensemble, les dégâts enregistrés
par les O. glaberrima ont été faibles à moyens par rapport à ceux
subis par la variété O. sativa, WAB56-104. Parmi les O. glaberrima,
les variétés améliorées ont subi moins de préjudices que les
variétés locales. Les variétés les plus susceptibles d'être
attaquées seraient celles ayant une faible teneur en amylose
(Ashamo et Khanna, 2006).
La corrélation positive et hautement significative entre les
populations capturées aux pièges et les pourcentages des paddy
attaqués (r =0,57 ; P < 0,0001) rejoint les observations de
Teetes et al. (1995).
Conclusion
Nos études ont démontré la présence de S. cerealella sur le riz au
Bénin, mais avec des niveaux de population et de dégâts très
variables selon les localités, les modes de stockage, les durées de
stockage et les variétés. Cependant, le dispositif d'enquête dont
nous disposions, étroitement lié aux pratiques paysannes, ne nous a
pas permis d'isoler l'influence des différents facteurs, même si
des tendances peuvent être notées, très nettes pour l'influence de
la durée de stockage.
Remerciements
Les auteurs adressent leurs sincères remerciements au Centre des
ressources de biodiversité de l'IITA et à son responsable, le
docteur George Gorgen, pour les travaux de vérification de
l'identité de l'espèce, au docteur Kerstin Hell, pour la fourniture
des pièges à phéromones, et à Mele Melchiade pour sa participation
aux activités de terrain.
Références
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