ARTICLE
Auteur(s) : Amar
Imache1,2, Mathieu
Dionnet3, Sami Bouarfa2, Jean-Yves Jamin4, Tarik Hartani1,
Marcel Kuper4,5, Patrick Le
Goulven6
1Institut national agronomique (INA) Département du
Génie rural El Harrach 16 200 Hassan-Badi Alger Algérie
2Cemagref Umr G-Eau BP 5095 F-34196 Montpellier cedex 5
France
3Lisode BP 5095 F-34196 Montpellier cedex 5
4Cirad Umr G-Eau F-34398 Montpellier cedex France
5IAV Hassan II Département Génie rural BP 6202 Rabat
Instituts Maroc
6IRD Whymper 442 y Coruña AP 17 12 857 Quito
Équateur
Les politiques agricoles et foncières des pays en développement
ont suivi deux grands modèles : la collectivisation dans les pays
dits socialistes et les grandes propriétés dans les pays dits
capitalistes. Selon Petit (2006), la collectivisation des terres a
fortement marqué les exploitations agricoles des pays socialistes.
Après son indépendance, l’Algérie a suivi une politique de
collectivisation (Bessaoud, 2005). À la fin des années 1980, après
un désengagement rapide de l’État, des exploitations agricoles
collectives (EAC) ont remplacé les grands domaines socialistes.
Les attributaires des EAC furent alors amenés à mettre en
place des arrangements de proximité afin de pouvoir produire en
dehors du cadre collectif imposé. De tels arrangements sont
une forme de coordination non marchande, indispensable pour les
acteurs qui les mettent en place (Beuret, 1999).
Dans la plaine irriguée de la Mitidja, les arrangements
existants sont encore informels et non reconnus par l’État. Afin de
pouvoir comprendre ces arrangements et aider les agriculteurs à
réfléchir sur leur avenir, nous avons mis au point une méthode
participative innovante, impliquant différents acteurs. Depuis une
vingtaine d’années, l’implication des acteurs est de plus en plus
admise dans l’élaboration et la mise en œuvre d’actions de
développement (Bonnal et al., 2003). Des études récentes
montrent que la participation d’acteurs liés par un bien commun à
une réflexion collective, permet d’élaborer des solutions de
gestion partagées (Beuret, 1999 ; Beuret et Mouchet, 2000 ;
D’Aquino, 2002).
Cette étude aborde en premier lieu les mécanismes sur lesquels
reposent les dynamiques agraires dans la Mitidja, avec un bref
rappel historique. Elle présente ensuite les différentes phases de
notre démarche de « scénariologie participative », de la conception
à l’organisation d’ateliers à l’échelle des EAC et du territoire
irrigué de la Mitidja. Enfin, les résultats sont présentés et
discutés.
La Mitidja et les réformes agraires
À l’indépendance de l’Algérie, en 1962, l’ensemble des terres
occupées par les colons devint propriété de l’État.
De nombreuses fermes vacantes étant menacées d’occupation
privée, la nationalisation des terres se fit dans l’urgence, et la
structure des nouvelles fermes fut donc calquée sur celle des
fermes coloniales (Chaulet, 1971). Ces terres publiques furent
d’abord structurées en grands domaines dits autogérés, mais qui
fonctionnaient cependant à l’opposé du concept d’autogestion défini
par le maréchal yougoslave Tito – « …l’entreprise doit être gérée
par ceux qui y travaillent » (Chen, 1986), et étaient en fait
soumises à une gestion centralisée.
En 1971, le président Boumediene lança la révolution agraire,
avec la constitution de coopératives puis de domaines agricoles
socialistes (Adair, 1982). En 1987, devant l’échec de la
collectivisation, une nouvelle réforme agraire entama un découpage
de ces domaines en exploitations agricoles individuelles (EAI) et
collectives (EAC). Les attributaires d’une EAC – 3 à 20
attributaires pour 9 à 50 hectares – bénéficient d’un droit de
jouissance perpétuelle sur les terres, qui « doivent être
exploitées collectivement et dans l’indivision, avec des
quotes-parts égales entre chacun des membres du collectif librement
associé. Chaque producteur ne peut prétendre à plus d’une
quote-part ni faire partie de plus d’un collectif » (Loi 87/19,
JORA, 1987).
Cependant, sans partage possible de la terre et du travail entre
attributaires, « le principe contenait les germes de sa propre
dissolution » (Aït Amara, 2002). Le statut foncier et les
règles de gestion des EAC sont comparables à ceux des ejidos au
Mexique, qui réunissent un groupe de paysans bénéficiaires sur des
terres distribuées par l’État : les dotations ejidales ne peuvent
être ni vendues, ni louées, ni hypothéquées (Hoffmann, 1998).
La figure 1 récapitule
les grandes évolutions des structures agraires algériennes depuis
1962.
Dès les premières années après la réforme de 1987, des
arrangements informels apparurent pour gérer les différents
facteurs de production (foncier, eau, capital…). Certaines EAC
furent ainsi partagées à l’amiable (« éclatement » interne).
Certains attributaires s’organisèrent autour de forages pour
pallier les dysfonctionnements du réseau collectif de surface.
Des locataires firent leur apparition, pratiquant le
maraîchage de plein champ, puis sous serre. Aujourd’hui, plus de 70
% des EAC sont divisées de fait, seules les EAC agrumicoles restant
encore unies : la présence pérenne des agrumes y constitue en effet
une orientation stratégique qui ne peut être remise en débat à
chaque campagne.
Matériel et méthode
Suite à un important travail d’enquête et à la réalisation d’une
typologie des EAC (Imache, 2008), une démarche participative a été
conçue, afin d’affiner l’analyse des arrangements dans les EAC et
de mettre en place un dialogue prospectif entre agriculteurs
(attributaires et locataires) et institutions agricoles locales.
Une première phase s’est déroulée en communauté de pratiques
(Wenger, 1998), avec des chercheurs montpelliérains travaillant sur
la mise en œuvre et l’amélioration d’outils participatifs pour la
recherche-action. Plusieurs ateliers ont été organisés : des
ateliers méthodologiques, pour concevoir la démarche et les
supports adéquats, puis des ateliers de tests, lors desquels ont
été simulées les différentes étapes de la méthode (figure 2).
Ce travail a conduit à la création d’une démarche originale que
nous avons nommée « scénariologie participative ». Elle intègre des
caractéristiques spécifiques, des exercices de simulation
politique, comme la mise au point, l’expérimentation et l’analyse
de scénarios (Duke et Geurts, 2004 ; Toth, 1988), ainsi que des
techniques de modélisation participative, comme la construction
commune de modèles correspondant à la représentation que se font
les participants d’une situation (Daniell, 2008). À la différence
des démarches de prospective plus classiques, qui visent à
construire une image du futur sur la base d’une expertise externe,
la « scénariologie participative » vise à projeter les participants
dans un avenir dont ils sont acteurs à part entière. Cette démarche
s’est également inspiré des jeux de rôles développés au Maroc par
Dionnet et al. (2008) pour accompagner des agriculteurs dans
la conception de projets d’irrigation.
La démarche de « scénariologie participative » repose sur une
combinaison de différents types d’ateliers (figure 3) impliquant
des agriculteurs (ateliers 1 et 2), des institutions
(atelier 3), et les deux types d’acteurs ensemble
(atelier 4). Cette combinaison vise à impliquer les
participants dans un processus d’apprentissage social (Pahl-Wostl
et al., 2008), pour aboutir à une discussion constructive et
identifier des solutions partagées avec une optique de cogestion
des problèmes identifiés. Pour permettre aux participants de
s’approprier ce processus, des supports de discussion pédagogiques
et une technique d’inversion des rôles entre participants, ont été
mobilisés. L’ensemble des ateliers de terrain a été animé en arabe
pour faciliter l’expression de tous les acteurs.
Les premiers ateliers (ateliers 1, figure 3) ont été
conduits avec quatre EAC différentes. Chaque atelier est structuré
en trois étapes : i) construire un plan de l’EAC, avec les
différents centres de décision, les points d’eau et les cultures, à
l’aide de cartons prédessinés ; ii) sur la base de cette
représentation coconstruite, discuter des arrangements entre
attributaires et locataires à l’intérieur et à l’extérieur de l’EAC
et de leurs principales contraintes ; iii) faire une analyse
prospective en se référant aux contraintes identifiées et
déterminer des scénarios d’évolution avec des stratégies
d’adaptation (figure 4).
Les trois ateliers suivants ont été conduits quelques mois plus
tard. Les ateliers 2 et 3 (figure 3) ont été
menés, avec d’un côté des agriculteurs ayant participé aux
ateliers 1, et de l’autre des représentants d’institutions
agricoles locales. Ces ateliers ont suivi la même trame que
les ateliers 1, mais avec un objectif différent : mettre
chaque type d’acteur à la place de l’autre, les institutionnels en
se projetant dans une EAC type, et les agriculteurs en débattant à
l’échelle régionale. L’atelier 2 a amené les agriculteurs à
réaliser un diagnostic à l’échelle de la Mitidja, avec une vision
de gestionnaires, et à discuter des opportunités et contraintes du
développement agricole de leur région. Dans le jeu de rôle de
l’atelier 3, les institutionnels se sont vus confier la
gestion d’une EAC divisée, où chacun incarnait un agriculteur
particulier (situation familiale, relation avec les autres membres
de l’EAC, cultures pratiquées, accès à un forage, etc.) ; ils ont
été amenés ainsi à décrire un projet d’exploitation et à débattre
de leur avenir.
Enfin, l’atelier final (atelier 4, figure 3) a permis de
regrouper agriculteurs et institutionnels. L’objectif était, grâce
à la permutation des rôles réalisée lors des ateliers 2 et 3,
de faire apparaître les convergences de points de vue sur la
situation actuelle et son évolution, et d’identifier ainsi des
solutions possibles. Pour cela, et après validation de l’objet du
débat par les participants, un arbre à problème (Cracknell, 2000 ;
Jackson, 2001) a été élaboré sur le dysfonctionnement du réseau
collectif d’irrigation (figure 5). Sur la
base des causes identifiées, un travail de planification
stratégique a ensuite été conduit, pour identifier les solutions
potentielles, les moyens à mettre en œuvre, et les responsabilités
de chaque acteur dans ce dysfonctionnement.
À l’issue de chaque atelier, une évaluation collective « à chaud
» de la démarche et des résultats obtenus a été réalisée. Puis des
entretiens individuels ont été faits avec tous les participants,
pour une évaluation ex post. Ces évaluations avaient pour but
d’apprécier la pertinence de notre démarche en termes de
représentativité des résultats, d’apprentissage collectif et de
perception des participants les uns vis-à-vis des autres.
Les participants ont été également sollicités pour formuler
des recommandations d’amélioration de la démarche.
Résultats
Importance et diversité des arrangements
pour l’accès aux ressources
Malgré la multiplication des centres de décisions, le cadre
collectif des EAC continue à être utilisé quand l’intérêt du groupe
est en jeu. C’est le cas pour les forages collectifs creusés après
la création des EAC, ou pour les subventions d’État qui ne peuvent
être obtenues sans la signature de tous les membres d’une EAC.
Le jeu de rôle proposé aux acteurs institutionnels a
d’ailleurs mis en évidence l’importance de ce type d’arrangement
pour la survie des EAC. Placés dans le rôle d’agriculteurs d’une
EAC divisée, ils ont ainsi été amenés à décider de creuser un
forage collectif illicite pour assurer la survie de leurs activités
virtuelles.
Pour financer son activité, un attributaire peut donner en
location une partie de sa terre, et/ou faire une demande de crédit
aux fournisseurs d’intrants. D’autres types d’arrangements, pour
les arboriculteurs, concernent la vente sur pied des productions à
des acheteurs, qui les financent alors dès le début de la campagne.
L’allocation de l’eau est soumise à des changements annuels en
raison d’un turnover rapide du marché locatif. Mais il y a un corps
de règles stable, sur le partage des frais d’énergie et d’entretien
entre les bénéficiaires d’un forage.
Les arrangements autour des forages sont de plusieurs types
:
- – investissement collectif dans un forage, un moteur,
une pompe ;
- - exploitation collective (entretien, tour d’eau) d’un forage
antérieur à la réforme de 1987 ;
- – ventes d’eau ponctuelles aux locataires durant une
campagne agricole.
Le partage du foncier est beaucoup plus stable, locations mises
à part. Il n’y a que dans une EAC où un atelier a révélé un
échange de 10 % de la surface avec une EAC voisine, arrangement
d’ailleurs passé sous silence lors des enquêtes individuelles du
fait de son caractère illégal, mais que notre démarche a permis de
faire ressortir via le support ludique. Les ateliers
participatifs ont ainsi permis de discuter des frontières des
exploitations et de confirmer ou modifier les résultats des
enquêtes individuelles.
Accès à l’eau et foncier : deux contraintes
majeures au développement des agrumes
L’identification et la hiérarchie des contraintes lors des
différents ateliers ont permis de mieux comprendre la situation
dans les périmètres irrigués de la Mitidja (tableau 1). Pour les agriculteurs, le statut
foncier collectif est la première contrainte dans les EAC ; leur
idéal est de devenir des paysans indépendants, possédant chacun
leur terre. Pour les acteurs institutionnels, les agriculteurs
manqueraient d’encadrement et d’appuis. Ils pensent que leurs
services, peu sollicités, pourraient augmenter la rentabilité de
l’agriculture dans la région.
Le manque d’eau constitue une contrainte commune aux deux types
d’acteurs. Le problème de la gestion du réseau collectif
d’irrigation fut ainsi l’objet du débat final. Ce débat releva
toute la complexité de l’organisation annuelle nécessaire autour de
l’eau. Les contraintes qui entravent le fonctionnement du
réseau collectif ont été décomposées sur plusieurs niveaux afin
d’identifier des leviers d’actions accessibles aux participants et
de trouver des solutions aux problèmes. L’une des solutions
proposées par les acteurs pour résoudre un problème de facturation
forfaitaire, jugée trop élevée, a ainsi été la prise en charge, par
les agriculteurs, de l’installation de compteurs individuels.
Enfin, et à partir de ces contraintes, un travail prospectif à
l’aide de scénarios de dynamiques agraires a été conduit.
Le scénario prédominant pour les agriculteurs et les
institutionnels est la croissance des plantations d’agrumes et donc
une demande en eau plus importante.
Tableau 1 Hiérarchie des contraintes dans la Mitidja
selon les différents types d’acteurs.Table 1. Hierarchy of
constraints according to different Mitidja stakeholders.
|
Priorité
|
Agriculteurs
|
Institutionnels
|
|
1
|
Le foncier
|
Le manque d’encadrement
|
|
2
|
La difficulté d’accès aux crédits
|
Le manque d’eau
|
|
3
|
Le manque d’eau
|
La difficulté d’accès aux crédits
|
Un intérêt des acteurs du monde agricole
pour ce type d’approche
Comme le montre la figure 6, la majorité
des participants exprime un fort intérêt vis-à-vis de la démarche
de « scénariologie participative ». La moitié d’entre eux
estime que les résultats produits étaient de qualité et, pour une
majorité, la démarche pourrait avoir un impact sur leurs activités.
Elle a en outre permis de changer les perceptions de l’agriculture
et de ses acteurs. Ces changements potentiels seraient dus,
d’une part à une nouvelle vision que les participants auraient
construit les uns vis-à-vis des autres (reconnaissance des
locataires en tant qu’acteurs à part entière) et, d’autre part, à
la possibilité de se projeter dans l’avenir grâce aux différents
scénarios discutés.
Cependant, comme le suggèrent les participants, une telle
démarche ne peut aboutir à des résultats tangibles sans une
poursuite et une répétition des rencontres, et donc sans mise en
place d’une relève au niveau local pour l’animation.
Discussion et conclusion
Les arrangements de proximité : preuve de dynamisme
ou de fragilité ?
Dans plus des deux tiers des EAC de nombreux conflits entre
attributaires sont apparus et en réaction, les partages informels,
de terres se sont multipliés. Nos travaux révèlent une
réorganisation annuelle autour de l’eau et de la terre pour
permettre des accès individuels. Néanmoins, cette recomposition des
EAC avec plusieurs centres de décision individuels n’est pas
rigide, et les attributaires peuvent s’unir en cas de besoin.
La « décollectivisation » ne constitue pas l’unique contexte
de telles dynamiques centrifuges, puisque même des agricultures
paysannes familiales, comme par exemple celle des Wolofs au
Sénégal, connaissent un éclatement des unités de production et une
multiplication des centres de décision (Chia et al., 2006).
Du fait de l’interdiction de la réalisation de nouveaux forages
et des volumes insuffisants délivrés par le réseau collectif, les
arrangements se sont avérés indispensables pour les irrigants.
Ces arrangements revêtent un caractère informel, fragile et
risqué, du fait de l’absence de documents officiels pouvant
protéger les parties concernées en cas de litige. Mais le partage
du risque offre cependant une certaine stabilité dans le temps.
Retour sur l’apport de la communauté
de pratiques
Le recours à une communauté de pratiques, regroupant des chercheurs
ayant expérimenté ce type d’approche dans d’autres contextes ou
ayant travaillé sur les champs théoriques de la participation, a
contribué à la réussite de la démarche. L’orientation
méthodologique de la « scénariologie participative » s’inspire
ainsi d’une diversité d’expériences permettant d’anticiper les
pièges des démarches participatives. À la différence des
communautés de pratiques classiques décrites par Wenger (1998),
notre communauté s’est orientée vers le test virtuel et la
simulation des différentes étapes de notre démarche.
Ces tests, organisés en jeux de rôles, nous ont permis
d’anticiper les situations et de construire les éléments
nécessaires au bon déroulement du processus avec les acteurs de
terrain. Ces tests ont ainsi permis de calibrer la gestion du
temps des ateliers, le rassemblement, l’organisation des propos et
le partage du temps de parole entre les participants. Enfin, cette
expérience a également renforcé la cohésion de notre communauté de
pratiques, en constituant une référence commune, tant du point de
vue de la production d’une démarche innovante, que de l’animation
de la communauté elle-même.
« Scénariologie participative » : une démarche
pour favoriser l’apprentissage social ?
La démarche de « scénariologie participative » a permis d’aboutir à
une vision partagée entre agriculteurs et représentants des
institutions agricoles, quant à la situation actuelle et ses
évolutions possibles. Les ateliers ont, selon les
participants, permis de créer un espace de dialogue neutre et
objectif. Les enjeux contextuels qui auraient pu bloquer le
processus ont été atténués par le caractère pédagogique et ludique
de notre représentation des EAC et de la Mitidja. Les ateliers
2 et 3, lors desquels les participants devaient changer de rôle, se
sont également avérés très efficaces pour leur permettre de prendre
du recul vis-à-vis de leur situation personnelle. La rencontre
mixte a montré une forte implication des participants qui ont
estimé que les résultats produits (des solutions potentielles pour
améliorer la gestion du réseau collectif d’irrigation)
correspondaient bien à leurs visions de la réalité.
Ces différents résultats montrent que la démarche a bien
atteint l’objectif de favoriser un apprentissage social entre les
différents acteurs. Néanmoins, certains attributaires sont restés
perplexes pour ce qui est de la portée de ce travail au niveau des
responsables agricoles, qui sont, selon eux, contraints d’exécuter
les décisions d’un système très centralisé.
On note ainsi un fort décalage entre le cadre institutionnel
formel, qui ne tient pas compte de la nouvelle configuration des
EAC, et les activités agricoles, qui se sont rapidement adaptées au
contexte économique et social (développement du maraîchage sous
serre et des locations). Une amélioration du cadre législatif
semble nécessaire pour permettre l’intégration, l’appui et le
financement de tout agriculteur-producteur (avec des droits et des
devoirs), pour une durabilité des dynamiques agraires sur les
terres publiques irriguées. La « scénariologie participative
», a permis de lancer un débat constructif dans ce sens.
Enfin, d’autres ateliers mixtes sont prévus afin de poursuivre
les débats et l’analyse prospective sur l’avenir du foncier
agricole public dans la Mitidja et la durabilité des ressources en
eau souterraines. Si cette démarche a permis d’amorcer les prémices
d’une cogestion de l’agriculture dans la plaine de la Mitidja, son
application dans d’autres contextes semble pertinente pour
rapprocher agriculteurs et représentant des institutions agricoles
dans la construction des règles allant régir leur avenir
commun.
Remerciements
Ce travail s’inscrit dans le cadre du projet Sirma (Économies d’eau
en système irrigué au Maghreb, www.eau-sirma.net), financé par le
ministère français des Affaires étrangères et européennes.
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