ARTICLE
Auteur(s) : Anna
Botonaki1, Konstantinos Mattas1, Stelios Rozakis2, Konstantinos
Tsiboukas2
1Département d’économie rurale Université Aristote
P.O. 225 54124 Salonique Grèce
2Département d’économie et développement rural
Université agronomique d’Athènes Iera Odos 75 11855 Athènes
Grèce
L’objectif de la réforme de la politique européenne concernant
le coton était en 2004 de mettre en conformité l’organisation
commune de marché (OCM) du coton avec le processus de réforme de la
politique agricole commune (PAC), guidé par le principe de
s’éloigner du soutien au produit (prix et production) pour
s’orienter vers l’appui au revenu des producteurs.
Le découplage des aides et la mesure de conditionnalité, qui
sont les changements les plus importants du régime de coton, visent
à influencer les décisions des producteurs de différentes manières.
Cet article présente l’analyse de la réponse des producteurs grecs
à la nouvelle réforme de l’OCM du coton.
Pour commencer, un modèle de programmation mathématique mesure,
à court terme, la réaction du secteur du coton aux modifications de
la politique concernant la structure des cultures et leur
assolement. Ce modèle estime aussi la formation de la marge
brute et l’utilisation des ressources, à partir des données
d’exploitation représentatives de l’agriculture grecque. Vient
ensuite une évaluation de l’intention des producteurs de continuer
à cultiver le coton en fonction du prix mondial du coton, des
niveaux différents de soutien européen et des prix des facteurs de
production. Par l’élaboration de scénarios différents concernant
les décisions des producteurs, il sera possible d’examiner les
tendances du niveau de production et de déterminer les principaux
facteurs affectant l’avenir du secteur cotonnier.
Méthodologie et étude de cas
Modélisation mathématique du secteur
Le but de la première approche retenue est d’évaluer la réponse du
secteur coton à la réforme en fonction des pratiques culturales, de
la place du coton dans l’assolement, de la marge brute formée et
des ressources utilisées par les exploitations. Un modèle de
l’offre agricole est appliqué sur la base de la méthode proposée
par Sourie et al. (2001) en intégrant les décisions au niveau
des exploitations et en réalisant une agrégation régionale.
Le modèle est établi sous une forme de bloc angulaire où
chaque exploitation maximise la marge brute de l’ensemble des
cultures, les demandes non parfaitement élastiques des cultures
étant estimées par des fonctions linéaires. Le modèle est
détaillé de sorte que des considérations agronomiques aussi bien
que des contraintes de ressources et de marché soient prises en
compte. Le bien-être du producteur et du consommateur est
maximisé dans un cadre d’équilibre partiel du secteur agricole
arable.
L’évaluation des impacts de la nouvelle PAC sur l’offre de coton
est basée sur un échantillon national d’exploitations suivies par
le Réseau d’information comptable agricole (Rica). Selon cette base
de données, 978 exploitations de l’échantillon ont cultivé du
coton en Grèce pendant l’année 2002. L’échantillon des
exploitations concerne quatre régions Rica en Grèce :
- – la région 450 qui inclut la Macédoine et la Thrace
;
- – la région 460 comprenant la Grèce occidentale, les
îles Ioniennes et le Péloponnèse ;
- – la région 470 incluant la Thessalie ;
- – et la région 480 incluant la Grèce continentale, la
Crète et les îles de la mer Égée.
Deux optimisations différentes (maximisation de la marge brute
globale sous un ensemble de contraintes) sont réalisées dans cet
exercice (le modèle est écrit en code GAMS (Brooke et al.,
1998) et pour la résolution les algorithmes CPLEX et MINOS ont été
employés). Le premier modèle concerne le régime de la PAC qui
était appliqué en 2002 (année de référence) pour la validation du
modèle en utilisant les contraintes suivantes :
- – contraintes de ressources : limites en surface
irriguée disponible, possibilité de cultiver du coton non irrigué
sur des terres à réserves hydriques élevées, plafond d’eau
d’irrigation consommée au niveau de l’année 2002 ;
- – contraintes de politique : application de quotas sur
le tabac et d’un plafond de surface coton correspondant à la
surface de l’année 2000 (cette contrainte est définie par
exploitation) ;
- – contraintes de marché : les contrats avec l’industrie
du sucre déterminent le niveau de la production en betterave à
sucre ;
- – contraintes de rotation : rotation de 6 ans
comprenant 4 ans de luzerne) ;
- – contraintes de flexibilité : seules les cultures
pratiquées pendant les trois dernières années sur l’exploitation
sont des activités éligibles par le modèle.
La fonction objective contient un terme quadratique puisqu’elle
inclut la fonction de demande dérivée de la luzerne supposée être
linéaire. Les paramètres de la fonction de demande de cette
dernière culture sont estimés à partir d’une régression simple
appliquée aux données de prix et de quantités des dernières
campagnes et fournies par les grossistes de la luzerne.
Le processus de validation du modèle a révélé que, dans
plusieurs cas, il pouvait parfaitement reproduire les comportements
observés. Cependant, pour environ 30 % des exploitations le plan
cultural optimal est plus ou moins différent du plan observé.
Néanmoins, même si l’adaptation au niveau des exploitations est
faible, les niveaux globaux des activités se rapprochent d’une
manière satisfaisante des taux réels et des plans culturaux
observés (figure 1).
La seconde optimisation prend en compte les changements de la
PAC (découplage, conditionnalité des aides) et calcule le plan
cultural optimal en 2006, en ajoutant une conditionnalité
d’introduction d’une culture dérobée de vesce (engrais vert) sur 20
% de la surface éligible, mais sans compter dans cette obligation
la surface de la luzerne.
Le modèle est ensuite appliqué dans le cadre du Réglement (CE)
637/2008, concernant la réforme récente de l’organisation commune
de marché (OCM) du coton. Pour une superficie de coton plafonnée à
250 000 hectares au niveau national, les agriculteurs
peuvent obtenir l’aide couplée du coton (805,60 euros/ha), à
condition que leur production annuelle arrive au moins à 70 % de la
production moyenne par municipalité de la campagne 2004-2005. Une
superficie nationale supérieure au plafond entraîne une diminution
proportionnelle de l’aide couplée.
Analyse économétrique probit
Indépendamment de la réponse en termes de plans culturaux et
d’utilisation de ressources, cette étude examine également la
disposition des producteurs à continuer la culture de coton après
la dernière réforme. Afin d’identifier les principaux facteurs qui
affectent la volonté des agriculteurs, des données ont été
collectées pendant le mois de mars 2007, par une enquête dans
les principales régions productrices de coton : Thessalie, Grèce
centrale, Macédoine et Thrace. Les interviewés ont été
sélectionnés de façon aléatoire et des entretiens personnels ont eu
lieu dans toutes les régions mentionnées. Au total,
571 questionnaires valides ont été rassemblés (taux de réponse
de 71 %) et analysés. Le questionnaire a été divisé en
sections séparées. La première a concerné les caractéristiques
des espérances des producteurs. La section suivante a étudié
la volonté des producteurs de continuer à cultiver le coton sous
différents scénarios de prix et de soutien. Les producteurs
ont été invités à indiquer leur niveau d’accord, sur une échelle de
cinq points dont les deux extrêmes correspondent aux réponses «
accord fort/désaccord profond », aux six propositions suivantes,
rédigées ainsi : « Je continuerai à cultiver du coton… » :
- (a) si le prix du marché et le paiement couplé restent stables
;
- (b) même si le paiement couplé est supprimé ;
- (c) seulement si le paiement unique – aide découplée de 65 % –
est perçu ;
- (d) si le paiement couplé est supprimé et si le prix du marché
augmente de 10 % ;
- (e) si le paiement couplé est supprimé et si le prix du marché
augmente de 30 % ;
- (f) si le paiement couplé est supprimé et si le prix du marché
augmente de 50 %.
Finalement, les participants ont été invités à répondre à une
série de questions concernant leur milieu socio-économique.
Les données ont été analysées par un modèle probit binaire.
Dans le modèle probit, la variable dépendante est une variable
latente qui est recodée en utilisant une réponse binaire.
La variable prend la valeur 1, quand la réponse est OUI, sinon
elle prend la valeur 0 (Maddala, 1983). Dans la présente étude, le
modèle probit est employé afin d’obtenir les caractéristiques qui
influencent la volonté des agriculteurs de continuer à produire du
coton, dans les scénarios examinés. La volonté des
participants de continuer à cultiver du coton est une variable
binaire qui prend la valeur 1 si la réponse était accord/fort
accord et 0 dans n’importe tous les autres cas. Les variables
utilisées sont présentées dans le tableau 1.
Tableau 1 Description des variables des analyses
probit.Table 1. Description of the variables used in the probit
analyses.
|
Variables dépendantes
|
Description
|
|
WTG1
|
Propension à continuer la culture du coton si le prix du marché de
coton et le paiement de soutien restent inchangés : si oui, valeur
= 1, sinon, pour toute autre réponse, valeur = 0
|
|
WTG2
|
Propension à continuer la culture du coton si le paiement de
soutien est aboli : si oui, valeur = 1, sinon, pour toute autre
réponse, valeur = 0
|
|
WTG3
|
Propension à continuer la culture du coton que le producteur
obtienne ou non le paiement unique (65 %) : si oui, valeur = 1,
sinon, valeur = 0
|
|
WTG4
|
Propension à continuer la culture du coton si le paiement de
soutien est aboli et si le prix du marché augmente de 10 % : si
oui, valeur = 1, sinon, valeur = 0
|
|
WTG5
|
Propension à continuer la culture du coton si le paiement de
soutien est aboli et si le prix du marché augmente de 30 % : si oui
valeur = 1, sinon, valeur = 0
|
|
Variables indépendantes
|
Description
|
|
YEARS
|
Nombre d’années de culture de coton : si 1-5 ans, valeur = 1,
si 5-10 ans, valeur = 2, sinon, valeur = 3
|
|
COST
|
Coût de production (année 2006) en euros
|
|
IDEALINCOME
|
Revenu espéré/idéal : si <10 000 euros, valeur = 1 ;
si 10 000-20 000 euros, valeur = 2 ; si
20 000-30 000 euros, valeur = 3 ; si 30 000-40 000
euros, valeur = 4 ; sinon, valeur = 5
|
|
AGE
|
Âge du producteur en nombre d’années
|
|
COOP
|
Si le producteur est membre de coopérative, valeur = 1, sinon,
valeur = 0
|
|
GROUP
|
Si le producteur est membre d’un groupe de producteurs, valeur = 1,
sinon, valeur = 0
|
|
EDU1
|
Éducation: si école primaire, valeur = 1, sinon, valeur = 0
|
|
EDU2
|
Éducation: si collège/lycée, valeur = 1, sinon, valeur = 0
|
|
EDU3
|
Éducation: si université, valeur = 1, sinon, valeur = 0
|
|
INC1
|
Revenu annuel, si <10 000 euros, valeur = 1, sinon = 0
|
|
INC2
|
Revenu annuel, si 10 000-20 000 euros, valeur = 1, sinon
= 0
|
|
INC3
|
Revenu annuel, si 20 000-30 000 euros, valeur = 1, sinon
= 0
|
|
INC4
|
Revenu annuel, si > 30 000 euros, valeur = 1, sinon = 0
|
|
OCC1
|
La production de coton est l’unique activité ? si oui, valeur = 1,
sinon = 0
|
|
OCC2
|
La production de coton est l’activité principale ? si oui, valeur =
1, sinon = 0
|
|
SUCCESSOR
|
Le successeur est déjà connu ? si oui, valeur = 1, sinon = 0
|
|
THESSALY
|
Le producteur est de la région de Thessalie ? si oui, valeur = 1,
sinon = 0
|
|
HIGHCOST
|
Le producteur pense que le coût de production est très élevé en
Grèce ? si oui = 1, sinon = 0
|
|
FALLOW
|
Le producteur pratique la jachère ? si oui, valeur = 1, sinon =
0
|
|
NITRO
|
Le producteur prend part au programme de réduction des nitrates ?
si oui, valeur = 1, sinon = 0
|
Résultats
En comparant le plan cultural optimal de l’année 2006 (après
l’application de la PAC révisée) et le plan cultural de 2002, une
diminution remarquable de 24 % des surfaces cultivées en coton est
observée, soit 82 600 hectares. Un système alternatif de
production de coton appelé « coton semi-abandonné », et couvrant
environ 26 000 hectares est également présenté.
Ce type de production de coton est également observé en
Espagne (Arriaza et Gomez-Limon, 2007), avec utilisation d’intrants
en quantités réduites puisque le but n’est pas de récolter mais
d’atteindre l’ouverture des capsules fructifères, afin d’avoir
droit à l’aide couplée. Par ailleurs, la marge après le
remboursement des intrants est un des indicateurs auxquels les
agriculteurs sont sensibles pour ajuster l’intensité de leurs
systèmes de culture (Pichot et al., 2006). Les données
provisoires qui ont été fournies par le ministère de l’Agriculture
pour la période 2006-2007 confirment les évaluations ci-dessus,
particulièrement en ce qui concerne les superficies de coton et les
quantités livrées. Les changements concernant le coton mais
également les autres cultures sont illustrés dans la figure 1 et les tableaux 2 et 3.
En tenant compte du plan cultural optimal, le revenu agricole
familial est examiné et comparé au revenu agricole familial observé
dans les exploitations témoins en année 2002 (tableau 4). Il est calculé par la marge
brute totale de laquelle on retranche le loyer des terres, les
intérêts payés et les frais de propriété (amortissements des
bâtiments et des machines agricoles). Il inclut le bénéfice et
la rémunération du travail familial et du capital propre (y compris
la terre en propriété). Au niveau national, le revenu agricole
familial reste pratiquement stable (approximativement 2 % de
croissance, soit environ 240 euros). Le revenu correspondant
au paiement découplé représente 76 % du revenu agricole total des
familles agricoles.
La mise en œuvre en 2009 de l’amendement de la réforme de l’OCM
du coton conduit à la disparition du « coton semi-abandonné ».
La modification de l’assolement au niveau national qui en
résulte est illustrée dans la figure 1.
Effectivement, le coton semi-abandonné disparaît tandis que la
surface cultivée en coton intensif se redresse à environ
317 000 hectares, mais elle reste inférieure de 12 % par
rapport à l’année 2002.
En ce qui concerne la volonté des producteurs de continuer à
cultiver du coton, les réponses des agriculteurs enquêtés ont
indiqué que la grande majorité d’entre eux n’est pas disposée à
poursuivre la production de coton. Sauf dans deux scénarios, moins
de 10 % des producteurs sont disposés à continuer.
Les exceptions concernent les scénarios a et f pour lesquels
35,6 et 45,9 % des producteurs respectivement sont disposés à
continuer la production de coton. Les résultats des analyses
probit pour ces scénarios sont présentés au tableau 5.
Les producteurs qui sont adhérents des coopératives sont
disposés à continuer la culture de coton si la politique de prix du
marché et la politique de soutien demeurent inchangées à l’avenir
(scénario a). Il en va de même pour les producteurs dont le
revenu annuel est inférieur à 10 000 euros. En outre, les
producteurs dont le seul métier est l’agriculture sont plus
disposés à continuer à le cultiver. Enfin, les producteurs qui
participent au programme de réduction des nitrates sont disposés à
continuer de cultiver le coton dans les circonstances présentes.
Cette position semble logique étant donné que le programme de
réduction des nitrates conditionne l’accès aux aides
correspondantes à l’obligation pour les producteurs de continuer à
cultiver le coton pendant les cinq années suivantes.
Les producteurs dont les coûts de production sont plus élevés
et ceux qui croient que le coût de production du coton est trop
élevé en Grèce ne sont pas disposés à continuer à le cultiver dans
le scénario a.
Quand le revenu idéal perçu augmente, les producteurs sont plus
disposés à continuer à cultiver le coton si le soutien est supprimé
et si le prix du marché augmente de 50 % (scénario f). En
plus, les producteurs ayant un niveau d’éducation plus élevé et les
producteurs dont le revenu annuel est de 20 000 à
30 000 euros sont plus disposés à continuer.
La volonté augmente également pour les producteurs qui
pratiquaient la jachère pendant la période d’enquête. Comme dans le
scénario a, les producteurs au coût de production plus élevé
et les producteurs qui croient que le coût de production du coton
est plus élevé en Grèce ne sont pas disposés à continuer à cultiver
le coton dans le scénario f.
Les travaux de recherche relatifs à l’abandon des activités
agricoles devraient être poursuivis en mobilisant des modèles à
long terme afin de prendre en compte les changements structurels.
On pense aux modèles dynamiques ou à un modèle séquentiel récursif
qui, pour l’instant, n’existent pas sous une forme adaptée aux
productions végétales en Grèce.
Tableau 2 Assolement (en hectares) observé en 2002 aux
niveaux régional et national.Table 2. Cropping systems observed in
2002 at regional and national levels (in hectares).
|
sfw
|
drw
|
mze
|
tob
|
cotd
|
cot
|
cots
|
sbt
|
alf
|
|
Région 450
|
5 108
|
93 431
|
24 964
|
2 374
|
3 275
|
141 417
|
Na
|
17 538
|
5 831
|
|
Région 460
|
0
|
0
|
13
|
0
|
58
|
1 659
|
Na
|
0
|
9
|
|
Région 470
|
237
|
45 375
|
13 259
|
1 768
|
3 190
|
163 696
|
Na
|
10 715
|
5 189
|
|
Région 480
|
0
|
14 138
|
5 244
|
1 075
|
52
|
61 578
|
Na
|
0
|
12 468
|
|
Grèce
|
5 345
|
152 944
|
43 481
|
5 217
|
6 575
|
368 351
|
Na
|
28 253
|
23 497
|
Tableau 3 Assolement (en hectares) optimal avec la
nouvelle PAC aux niveaux régional et national.Table 3. Optimal
cropping system under the new CAP at regional and national
levels.
|
sfw
|
drw
|
mze
|
tob
|
cotd
|
cot
|
cots
|
sbt
|
alf
|
|
Région 450
|
45 487
|
57 114
|
43 400
|
1 573
|
0
|
94 243
|
20 036
|
6 847
|
25 983
|
|
Région 460
|
0
|
0
|
978
|
0
|
0
|
0
|
761
|
0
|
0
|
|
Région 470
|
7 131
|
55 158
|
52 520
|
0
|
0
|
114 845
|
577
|
0
|
13 486
|
|
Région 480
|
0
|
12 494
|
9 736
|
0
|
0
|
70 640
|
746
|
0
|
0
|
|
Grèce
|
52 617
|
124 766
|
106 635
|
1 573
|
0
|
279 728
|
22 120
|
6 847
|
39 469
|
Tableau 4 Impact sur le revenu agricole familial en
fonction des régions.Table 4. Impact on the family agricultural
income according to regions.
|
Revenu 2006 (euros)
|
Revenu 2002 (euros)
|
Paiement unique (euros)
|
Revenu net 2006 (euros)
|
Revenu 2006 (euros/ha)
|
Revenu 2002 (euros/ha)
|
Ratio paiement unique/revenu 2006 (%)
|
|
Région 450
|
10 467
|
9 819
|
8 390
|
1 767
|
902
|
850
|
80
|
|
Région 470
|
14 097
|
14 339
|
10 470
|
3 268
|
1 215
|
1 240
|
74
|
|
Région 480
|
13 346
|
14 549
|
7 938
|
5 351
|
1 151
|
1 250
|
60
|
|
Moyenne nationale
|
11 827
|
11 578
|
9 028
|
2 490
|
1 020
|
1 000
|
76
|
Tableau 5 Résultat des analyses économétriques
probit.Table 5. Results of the probit econometric analyses.
|
Scénario (a)a
|
Scénario (f)b
|
|
Variable
|
Coefficient
|
Z-Statistique
|
Coefficient
|
Z-Statistique
|
|
YEARS
|
- 0,032720
|
- 0,219962
|
- 0,078185
|
- 0,668785
|
|
COST
|
- 0,015697
|
- 9,147982
|
- 0,005637
|
- 6,726181
|
|
IDEALINCOME
|
- 0,009587
|
- 0,133485
|
0,139241
|
2,907591
|
|
AGE
|
- 0,003095
|
- 0,386770
|
0,004274
|
0,983108
|
|
COOP
|
0,440692**
|
2,523712
|
0,164801
|
1,082512
|
|
GROUP
|
- 0,802469
|
- 2,775151
|
- 0,127153
|
- 0,647170
|
|
EDU1
|
- 0,231177
|
- 1,201647
|
0,267144
|
1,748439
|
|
EDU2
|
0,181152
|
1,094840
|
0,336351**
|
2,489283
|
|
EDU3
|
- 0,236454
|
- 1,296812
|
0,588799
|
3,873015
|
|
INC1
|
1,320527
|
7,322085
|
- 0,257729
|
- 1,757375
|
|
INC2
|
0,169297
|
1,040988
|
- 0,171540
|
- 1,242437
|
|
INC3
|
0,147434
|
0,833086
|
0,296492**
|
2,055473
|
|
INC4
|
0,337166
|
1,416543
|
0,036448
|
0,182112
|
|
OCC1
|
0,445602**
|
2,393432
|
- 0,008274
|
- 0,056769
|
|
OCC2
|
0,127356
|
0,572607
|
0,200313
|
1,229547
|
|
SUCCESOR
|
0,235313
|
1,506004
|
- 0,071342
|
- 0,542299
|
|
THESSALY
|
0,175242
|
0,815499
|
0,032274
|
0,198086
|
|
HIGHCOST
|
- 0,501221**
|
- 2,057733
|
- 1,221343
|
- 5,498563
|
|
FALLOW
|
- 0,222830
|
- 1,082155
|
0,418352
|
2,708347
|
|
NITRO
|
0,437290**
|
2,005936
|
0,118623
|
0,684766
|
|
C
|
1,542422
|
2,231977
|
0,682696
|
1,298032
|
Conclusion
Le but de cet article était de présenter une vue complète de la
manière dont le secteur cotonnier grec répond à la dernière réforme
de la politique européenne sur le coton mise en application en
2006. Nous avons examiné par deux approches méthodologiques non
seulement les effets de la réforme sur les plans culturaux, les
rotations et l’utilisation des ressources des exploitations, mais
également sur la volonté des producteurs de continuer à cultiver le
coton sous différents scénarios de soutien et de prix.
Les résultats de l’étude montrent que dans le cas où les
subventions à la culture du coton sont partiellement couplées aux
niveaux fixés actuellement, la culture de coton se maintient sur
environ les trois quarts des surfaces de la période 2000-2002,
étant donné que les exploitations optimisent la répartition des
ressources avec des activités autres. Cependant, la pratique, par
certains agriculteurs, du coton semi-abandonné s’avère alarmante
pour les unités d’égrenage du coton qui pourront voir leur
approvisionnement se réduire et qui seront obligées de réorganiser
totalement leurs sources d’approvisionnement en matière
première.
L’impact de la nouvelle PAC sur les revenus agricoles familiaux
semble être négligeable en moyenne. Il faut cependant préciser
que le revenu agricole familial prévu en 2006 dépend
considérablement du paiement découplé distribué aux exploitations
agricoles. La réduction ou la suppression de ce paiement à
terme risque d’affecter la viabilité financière et économique de la
majorité des exploitations grecques spécialisées dans les
productions végétales.
Indépendamment du paiement découplé, l’analyse probit a indiqué
que d’autres facteurs peuvent avoir également un effet significatif
sur la décision des producteurs à continuer la culture cotonnière.
Le coût de production est un facteur très important qui
affecte l’intention des producteurs. Ceux qui font face aux coûts
de production élevés et ceux qui croient que le coût est très élevé
en Grèce ne sont pas disposés à continuer la culture du coton.
Ce constat laisse supposer que des décisions politiques visant
à réduire les coûts des facteurs de production du coton, comme ceux
de l’eau, de la terre, du travail ou du machinisme, auront un
impact incitatif auprès des producteurs concernant leur décision de
cultiver le coton ou non.
Références
[Arriaza et Gomez-Limon, 2007] Arriaza M, Gomez-Limon JA.
Policy implications of the decoupling of the EU cotton subsidies.
Journal of International Agricultural Trade and Development
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[Maddala, 1983] Maddala G. Limited depended and qualitative
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[Pichot et al., 2006] Pichot JP, Sedogo M,
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Bonnafous P. Incidences de l’agenda 2000 sur l’offre de céréales,
d’oléagineux et de protéagineux : applications du modèle MAORIE.
Etudes Economiques, 38. Thiverval-Grignon (France) : Inra éditions,
2001.
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