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Phenotypic variability of local sorghum cultivars/varieties of two regions in Burkina Faso: The Boucle du Mouhoun and the Centre West


Cahiers Agricultures. Volume 17, Number 2, 107-13, Mars-Avril 2008, Étude originale

DOI : 10.1684/agr.2008.0175

Résumé   Summary  

Author(s) : Clarisse Pulchérie Barro-Kondombo, Kirsten Vom Brocke, Jacques Chantereau, Fabrice Sagnard, Jean-Didier Zongo , Institut de l’environnement et des recherches agricoles (Inera), Centre régional de recherches environnementales et agricoles (CRREA) du Centre, Saria BP 10, Koudougou Burkina Faso, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Unité propre de recherche (UPR) « Agrobiodiversité des plantes de savanes », Avenue Agropolis, TA A-08/01, 34398 Montpellier cedex 5 France, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Unité propre de recherche (UPR) « Gestion des ressources génétiques et dynamiques sociales », Campus CNRS/CEFE, 1919, route de Mende, 34293 Montpellier cedex 5 France, Unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT), Université de Ouagadougou, 03 BP 7021, Ouagadougou 03 Burkina Faso.

Summary : The racial classification of 190 sorghum landraces collected in two regions of Burkina Faso and characterized for 27 agro-morphological traits shows the preponderance of Guinea varieties (96.8%). Durra and Caudatum varieties are rare, respectively 1.6% and 0.5%, whereas 1.1% of the varieties were not classified. Among the Guinea sorghums, the gambicum are more frequent than the margaritiferum which present an important variability in cycle duration. The phenotypic diversity of the landraces is high and poorly explained by geographic factors (villages or climatic zones). The differences between varieties are mainly based on vegetative duration and red-grained sorghums are generally earlier than white-grained sorghums. An initial multivariate analysis of data shows stratification based on racial aspects. In a second analysis, plant cycle and grain type characteristics discriminate two clusters: a group of early and medium cycle sorghum varieties with rather big and floury grain and a group of late cycle sorghum varieties with lower grain weight and vitreous grains. The red sorghums other than the margaritiferum form a specific cluster. In contrast, white sorghums show less homogeneity.

Keywords : natural resources and environment, vegetal productions

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ARTICLE

Auteur(s) : Clarisse Pulchérie Barro-Kondombo1, Kirsten Vom Brocke2, Jacques Chantereau2, Fabrice Sagnard3, Jean-Didier Zongo4

1Institut de l’environnement et des recherches agricoles (Inera), Centre régional de recherches environnementales et agricoles (CRREA) du Centre, Saria BP 10, Koudougou Burkina Faso
2Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Unité propre de recherche (UPR) « Agrobiodiversité des plantes de savanes », Avenue Agropolis, TA A-08/01, 34398 Montpellier cedex 5 France
3Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Unité propre de recherche (UPR) « Gestion des ressources génétiques et dynamiques sociales », Campus CNRS/CEFE, 1919, route de Mende, 34293 Montpellier cedex 5 France
4Unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT), Université de Ouagadougou, 03 BP 7021, Ouagadougou 03 Burkina Faso

La préservation des ressources phytogénétiques des espèces cultivées nécessite une connaissance approfondie de leur diversité à des fins de meilleure gestion et valorisation par l’amélioration des plantes. Au Burkina Faso, le sorgho est la première céréale alimentaire. Il occupe 48 % des superficies céréalières et sa production est presque entièrement assurée par les variétés locales dominées par la race Guinea dont la variabilité est très importante (Zongo, 1991 ; Ollitrault et al., 1997). La baisse de la pluviométrie (Some, 1989), créant une inadéquation entre la durée du cycle des variétés et la durée de la saison des pluies, semble constituer un facteur d’érosion génétique. De plus, le développement de la culture cotonnière ces vingt dernières années conduit les producteurs à cultiver préférentiellement le maïs en rotation après le coton en raison de sa meilleure réponse à l’engrais par rapport au sorgho (Belem et al., 2001). De ce fait, le sorgho est de plus en plus relégué aux sols marginaux dans les régions cotonnières entraînant la disparition de certaines variétés, en particulier celles à cycle long ou sensibles à divers stress. Tous ces facteurs compromettent l’importance et la richesse variétale de cette céréale au Burkina Faso.

Pour préserver et valoriser la diversité existante, des prospections ont été réalisées en 2003 dans trois régions agricoles du Burkina Faso : le Centre-Nord (région de climat subsahélien), la Boucle du Mouhoun et le Centre-Ouest (régions de climat nord- et sud-soudanien). Ces régions sont représentatives de la diversité des environnements agro-pédoclimatiques de la culture du sorgho au Burkina Faso. Toutefois, la culture du coton est prépondérante dans la Boucle du Mouhoun où les sols sont plus fertiles.

Nous rapportons ici les résultats de l’étude agromorphologique réalisée sur les variétés prospectées dans les deux dernières régions, avec comme objectifs l’évaluation de la diversité de la collection et l’identification des principaux caractères qui la structurent.

Matériel et méthode

Matériel végétal

L’étude a été conduite sur 190 variétés locales prospectées en 2003, dont 81 variétés issues de 10 villages de la région de la Boucle du Mouhoun et 109 variétés provenant de 10 villages de la région du Centre-Ouest (figure 1 et tableau 1) (Vom Brocke et Simpore, 2004). Les deux régions agricoles de la prospection sont situées dans trois zones climatiques : la zone 1 (Z1) qui relève du climat subsahélien entre les isohyètes 500 et 700 mm, la zone 2 (Z2) du climat nord-soudanien entre les isohyètes 700 et 900 mm et la zone 3 (Z3) du climat sud-soudanien entre les isohyètes 900 et 1 100 mm (Guinko, 1984). Les sols en majorité peu fertiles sont de type ferrugineux tropicaux (fragilisés par l’érosion éolienne et hydrique) avec des ondulations peu marquées, présentant des sols plus profonds et argileux en bas de toposéquence où sont cultivées des variétés de sorgho plus tardives qu’en haut ou au milieu de toposéquence. Relativement à ce zonage, 17 variétés proviennent de la zone 1, 131 de la zone 2 et 42 de la zone 3).

Tableau 1 Origine géographique des variétés locales de sorgho collectées en 2003 au Burkina Faso.Table 1. Geographic origin of collected sorghum varieties in 2003 in Burkina Faso.

Région agricole

Province

Village

  • Nombre
  • de variétés


Zone climatique

  • Boucle
  • du Mouhoun


Sourou

Kiembara

10

Z1 (500-700 mm)

Sourou

Kassoum

7

Z1

Kossi

Bomborokouy

9

Z2 (700-900 mm)

Nayala

Biba

10

Z2

Mouhoun

Tchériba

9

Z2

Banwa

Founa

9

Z2

Banwa

Yasso

8

Z2

Banwa

Bena

9

Z3 (900-1 100 mm)

Balé

Sybi

6

Z3

Mouhoun

Kiera

4

Z3

Centre Ouest

Boulkiemdé

Velia

14

Z2

Boulkiemdé

Baonghin

3

Z2

Boulkiemdé Sanguié

Bologo

6

Z2

Sanguié

Tiogo

22

Z2

Sanguié

Kya

14

Z2

Ziro

Pouni-nord Tékourou

27

Z2

Ziro

Lon

8

Z3

Sissili

Bieha

6

Z3

Sissili

Bourra

4

Z3

5

Z3

Site et dispositif expérimental

La classification raciale selon Harlan et de Wet (1972) et la caractérisation phénotypique du matériel collecté ont été réalisées à la station de recherche de Saria (2° 09’ W, 12° 16’ N) située entre les isohyètes 700 et 900 mm.

Avec l’ajout de trois témoins communs aux expérimentations, le dispositif expérimental a été un Alpha Lattice (Patterson et Williams, 1976) à quatre répétitions, soit 12 blocs de 7 entrées par répétition pour le matériel de la Boucle du Mouhoun et 14 blocs de 8 entrées pour celui du Centre-Ouest. Pour chaque entrée, deux lignes de 4 m ont été semées en poquets le 14 juin 2003 avec un espacement de 80 cm entre les lignes et 40 cm entre les poquets sur la ligne. Un démariage à 2 plants par poquet a été effectué une dizaine de jours après la levée. L’essai a été conduit dans des conditions d’alimentation hydrique satisfaisante avec une pluviométrie utile de 646 mm et totale de 808 mm.

Variables observées

Vingt-sept variables, dont 13 quantitatives, ont permis de décrire les variétés. Les variables quantitatives suivantes ont été mesurées : durée du cycle semis épiaison (Cse), hauteur de la plante mesurée à partir de sa tige principale (Hp), longueur des entre-nœuds (Len), diamètre de tige (Dt), nombre de talles utiles (Tu), longueur de panicule (Lpa), longueur (Lf) et largeur (Laf) de la troisième feuille sous-paniculaire, nombre d’étages de ramification paniculaire (Ner), les poids de panicules (Ppa), de grains (Pgr), de 1 000 grains (P1g). La vitrosité du grain (Vit) a été notée selon l’échelle International Board for Plant Genetic Resources, International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics (1993). Les mesures ont été réalisées sur cinq plantes aléatoirement choisies par entrée à l’exception des mesures de rendement (Ppa, Pgr) faites sur la parcelle et du poids de 1 000 grains (P1g) fait sur un prélèvement de battage de parcelle. Les caractères qualitatifs étaient essentiellement des descripteurs de l’épillet : longueur (Lep) et persistance (Pep) de l’épillet pédicellé, longueur (Lgl) et ouverture (Ogl) des glumes, compacité de la panicule (Cpa), forme du grain (Fg), rotation du grain (Rgr). D’autres caractères ont été aussi observés : anthocyane du feuillage (Ant), couleur des glumes (Cgl), couleur du grain (Cgr), taches d’anthocyane sur le grain (Tg), aristation des glumelles (Ar), adhérence des glumes (Ad) et couche brune du grain (Cb).

Des analyses univariées ont été réalisées avec le logiciel PLABSTAT version 3A-pre (Utz, 2005). Une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une classification hiérarchique ascendante (CHA), d’une analyse des correspondances multiples (ACM) et d’une analyse factorielle discriminante (AFD) a été réalisée avec le logiciel XL-STAT-PRO version 7.5 1995-2000 (Fahmy, 1999). Pour l’ACM, les variables quantitatives ont été transformées en modalités. Seize variables peu informatives ou présentant des données manquantes ou avec une distribution anormale ont été traitées comme variables supplémentaires ou éliminées. Onze variables (Cse, Lpa, Hp, Vit, Lgl, Rgr, Lep, Pep, Ogl, Cpa, P1g) éclatées en 32 modalités ont servi à l’analyse finale.

Résultats

Les 190 variétés locales appartiennent à trois races botaniques avec 96,8 % attribuées à la race Guinea (dont 95,1 % de gambicum et 4,9 % de margaritiferum), 1,6 % à la race Durra et 0,5 % à la race Caudatum probablement issues de la recherche (1,1 % étant des intermédiaires difficiles à classer). Par ailleurs, 96,8 % des variétés locales sont anthocyanées, 79,5 % sont à glumes noires et 67,9 % sont à grains blancs, et enfin 80,0 % des variétés ont un grain de vitrosité très bonne à bonne (1,5-3).

Les neuf variétés Guinea margaritiferum ont des cycles végétatifs très variables (68,1-106,6 jours semis-épiaison) allant de la grande précocité à la grande tardivité. Par ailleurs, dans le matériel autre que margaritiferum, les variétés à grains rouges sont plutôt précoces avec en moyenne un cycle semis-épiaison de 84,1 jours et les variétés à grains blancs sont plus tardives avec un cycle moyen de 91,8 jours (figure 2).

Les analyses de variances ont été réalisées avec les 6 variables quantitatives (Cse, Hp, Lpa, Ner, P1g, Vit) qui ont pu être intégralement notées.

L’examen des histogrammes de fréquences a montré une distribution normale, avec une amplitude de variation importante. Par région, l’effet variétal est statistiquement significatif pour tous les caractères mesurés (tableaux 2 et 3). La différence entre les variétés est encore significative pour le caractère durée de cycle (Cse) à l’échelle de la zone climatique et à l’échelle du village (tableaux 4 et 5). À l’opposé, le caractère Ner est le moins souvent significatif.

Le facteur variété explique 94,6 % de la variabilité du cycle, 80,2 % du poids moyen d’un grain et 75,2 % de la vitrosité. Les facteurs village (20 villages) et zone climatique (3 zones) ne sont que faiblement explicatifs, sauf pour le cycle dont la détermination leur est un peu plus attribuable : respectivement pour 17,3 et 8,2 %.

Les corrélations entre les variables sont en général faibles. La plus forte valeur de corrélation positive est trouvée entre le cycle et la hauteur de plante (r = 0,71). Le cycle est négativement corrélé à la vitrosité (r = - 0,48) et au poids de 1 000 grains (r = - 0,33) rendant peut-être compte d’un mauvais remplissage des grains lié à des déficits hydriques pour les variétés tardives. Ces résultats vont dans le sens de ceux de Zongo (1991) et Chantereau (1993).

Les deux premiers axes de l’ACM sur les variables Cse, Lpa, Hp, Vit, Lgl, Rgr, Lep, Pep, Ogl, Cpa, P1g expliquent 37,8 % de la variance totale. Le premier axe factoriel associe principalement des modalités du développement végétatif et discrimine les sorghos de cycle précoce, de taille réduite sans rotation du grain, aux sorghos de cycles longs, de haute taille présentant une rotation moyenne à forte du grain. Le second axe est essentiellement constitué par des modalités de caractères descriptifs de l’inflorescence.

La représentation des variétés locales dans le plan 1 x 2 de l’ACM met en évidence une structuration à caractère racial en différenciant trois grands groupes raciaux : les Guinea gambicum, les Guinea margaritiferum et les Durra (figure 3). Les variétés indéterminées se rattachent plutôt au groupe des Guinea gambicum. Cette analyse confirme que les Guinea margaritiferum sont bien distincts des autres sorghos.

Une classification hiérarchique des 190 variétés, réalisée avec le critère d’agrégation de Ward à partir des valeurs moyennes ajustées des 6 variables de l’analyse de variance, produit le dendrogramme de la figure 4. Un premier niveau de troncature sépare les variétés en deux ensembles de précocité différente avec respectivement 70 et 120 individus (ensembles I et II). Un découpage plus fin identifie 5 groupes (tableau 6). L’ensemble I est composé principalement des margaritiferum très précoces (groupe 1), d’un groupe de gambicum à grains blancs (groupe 2) et d’un groupe de gambicum à grains rouges (groupe 3) moyennement précoces. En plus de sa précocité, cet ensemble I se caractérise par le regroupement de sorghos à grains de faible vitrosité avec des rendements élevés en grains. L’ensemble II réunit des Guinea caractérisés par un cycle long (groupe 4) ou un cycle très long (groupe 5). Cet ensemble II se distingue aussi par des grains plutôt petits et vitreux et de fortes valeurs de hauteur de plante et de longueur paniculaire.

La caractérisation de ces groupes par l’AFD indique une probabilité associée aux valeurs de F hautement significative au seuil alpha de 5 %. La recherche des variables les plus discriminantes montre que les groupes sont établis, par ordre d’importance, sur la base de la durée du cycle, la hauteur de plante, le poids moyen d’un grain, la vitrosité et la longueur des panicules.

Tableau 2 Région Centre-Ouest : paramètres statistiques pour les six variables quantitatives intégralement notées.Table 2. Centre-West region: statistical parameters of the studied quantitative variables.

Variable

Minimum

Maximum

Moyenne

F variété

CV (%)

Cse (jour)

67

112

89,0

71,3**

1,8

Hp (cm)

170

510

401,8

7,4**

6,7

Lpa (cm)

14,9

47,2

32,5

10,9**

6,5

Ner

7

17

12,0

1,5**

13,1

P1g (g)

12,1

36,4

24,2

12,5**

5,6

Vit

1

3

3,1

16,2**

10,8



Tableau 3 Boucle de Mouhoun : paramètres statistiques pour les six variables quantitatives intégralement notées.Table 3. Boucle du Mouhoun: statistical parameters of the studied quantitative variables.

Variable

Minimum

Maximum

Moyenne

F variété

  • CV
  • (%)


Cse (jour)

68

108

90,7

153,7 **

1,7

Hp (cm)

192

496

392,0

12 ,2 **

6,1

Lpa (cm)

21

52

36,7

14,3 **

5,8

Ner

7

18

12,1

1,7 **

12,0

P1g (g)

13,4

39,1

22,2

25,3 **

6,4

Vit

1

5

3,1

5,8 **

14,2



Tableau 4 Mesure de l’effet variété au niveau « zones pluviométriques » pour les six variables intégralement notées.Table 4. Performance (for the quantitative traits) of varieties pooled by rainfall zone and statistical significance of variety factor within zone.

Zone

Effectif

Cse (jour)

  • Hp
  • (cm)


  • Lpa
  • (cm)


Ner

  • P1g
  • (g)


Vit

I

17

87,5**

387,9**

37,9**

12,1

22,2**

3,1

II

131

88,7**

398,1**

34,1**

12,0

23,1**

3,1**

III

42

95,3

412,2**

34,2**

12,2

22,0**

3,0**



Tableau 5 Mesure de l’effet variété au niveau « villages » pour les six variables intégralement notées.Table 5. Performance (for the quantitative traits) of varieties pooled by village and statistical significance of variety factor within village.

Village

  • Cse
  • (jour)


  • Hp
  • (cm)


  • Lpa
  • (cm)


Ner

  • P1g
  • (g)


Vit

Baonghin

81,67**

389,33**

33,94**

11,89**

22,3**

2,83**

Bena

98,11**

398,44

39,12

13,00

19,6**

2,67**

Biba

89,70**

345,55**

32,40**

11,80

22,7**

3,25**

Bieha

102,25**

434,17**

30,02**

11,25

20,5**

3,00**

Bologo

84,06**

391,22*

30,63**

11,33

26,3**

3,50**

Bomborokouy

86,33**

367,11**

36,29**

13,11

21,9**

2,94*

Boura

92,53**

410,40

31,91**

13,13

23,1*

3,10**

Founa

86,44**

344,42

35,74**

11,78

21,2**

3,61**

Kassoum

87,14**

399,57**

40,20**

12,14**

20,6**

3,07**

Kiembara

87,60**

339,80**

33,22**

12,50

23,6**

3,05

Kiera

100,25**

404,75

35,55

12,75

21,0**

2,75**

Kya

87,14**

403,50

32,97*

12,14

24,0

2,96**

Lon

95,67**

438,61**

32,96**

12,67

22,3**

3,00**

Pouni Nord

88,26**

409,23

31,98**

12,19

24,2**

2,81

Sybi

91,00**

312,83

28,98**

12,00**

23,2**

3,33**

Tchériba

92,89**

421,75

40,62**

11,89

23,7

2,94**

Tékourou

91,25**

409,54

33,98**

11,63

23,7**

3,19**

Tiogo

88,65**

385,47**

33,69**

11,76

23,1**

3,39**

Velia

89,57**

401,95*

33,08**

12,12

23,4**

3,50**

Yasso

99,50**

413,63

37,15

11,63

18,5**

3.00



Tableau 6 Caractéristiques des groupes issus de la classification hiérarchique ascendante (CHA).Table 6. Characterisation of the groups obtained from AHC.

Ensemble

Groupe

Effectif

  • Race
  • (%)


  • Couleur grain
  • (%)


  • Cycle semis épiaison
  • (jour)


  • Hauteur de plante
  • (cm)


Longueur panicule (cm)

  • Poids 1 000 grains
  • (g)


Vitrosité du grain

Gg*

Gm**

Autres

Blanc

Rouge

I

1

6

0

83,3

16,7

83,3

16,7

69,8

273,8

33,7

15,0

3,5

2

37

86,5

0

13,5

97,3

2,7

82,7

371,2

30,7

25,4

3,0

3

27

100

0

0

3,7

96,3

82,3

374,7

32,7

25,1

4,7

(total 70)

II

4

89

98,990,3

1,1

0

96,6

3,4

91,8

419,6

36,0

23,0

2,8

5

31

9,7

0

87,1

12,9

104,5

426,5

36,3

18,4

2,7

(total 120)

Discussion

La diversité raciale des sorghos cultivés dans la région Centre-Ouest et la Boucle du Mouhoun au Burkina Faso est faible, avec un important fonds génétique Guinea (96,8 %) dont une majorité de gambicum et quelques margaritiferum. La composition raciale de notre échantillon est comparable à celui de Zongo (1991) qui rapporte une proportion de 93,1 % de Guinea sur l’ensemble du Burkina Faso. Cette présence dominante des Guinea s’explique par la situation biogéographique du pays, en relation avec l’histoire de la domestication du sorgho, au coeur du centre de diversité de la race Guinea, par une forme d’homogénéité culturelle concernant les pratiques agricoles et en partie par le facteur climatique : les Guinea sont adaptés aux zones les mieux arrosées comme dans la zone 3 de l’étude où seuls les Guinea sont cultivés. Il en va différemment dans d’autres pays de la sous-région. Ainsi, les Guinea ne représentent que 40,2 et 7,0 % des variétés cultivées au Nigeria et Tchad respectivement (Yagoua, 1994).

Le fait que le facteur village n’explique que faiblement la variabilité agromorphologique traduit l’existence d’une diversité importante des sorghos à l’intérieur d’un village, sans doute en réponse à la diversité des sols, des systèmes de culture et d’usages commune aux villages visités (par exemple, sorghos à bière, sorghos de case, sorghos de bas-fonds). La durée de cycle qui est une variable significativement associée aux zones climatiques serait le principal critère d’adaptation d’une variété au climat local. Néanmoins, il existe dans chaque village, un panel variétal présentant une large gamme de cycles en relation avec la complexité environnementale et des besoins traditionnels (coutumes, pharmacopée). Enfin, des échanges importants de semences entre villages de mêmes ou différentes zones climatiques concernées par notre étude existent pour des raisons de liens familiaux ou ethniques, par simple désir de tester de nouvelles variétés ou par insuffisance de stock semencier (Delaunay, 2005). Il y a sans doute là aussi une explication de la diversité variétale existant au niveau villageois.

La diversité phénotypique des sorghos est structurée par le facteur racial. Les sorghos Guinea margaritiferum se différencient des sorghos gambicum et confirment une nouvelle fois leur originalité (Degremont, 1992 ; Deu et al., 2006). En revanche, la structuration de la diversité révélée par l’analyse multivariée des seuls caractères quantitatifs est expliquée essentiellement par la durée de cycle et le type de grain. Un groupe original de sorghos est constitué par les variétés à grains rouges, autres que Guinea margaritiferum, qui se retrouvent pratiquement au sein d’un même ensemble (groupe 3) sur la base de leur précocité, de la grosseur et de la faible vitrosité de leurs grains. Ils ont également une utilisation particulière (sorghos à bière). Le groupe des sorghos à grains blancs est moins homogène, notamment par rapport à la durée de cycle. Les différences de phénologie et de pression de sélection sont sans doute à l’origine de cette structuration en plusieurs ensembles entre lesquels les brassages génétiques semblent être limités. Chacun de ces groupes constitue donc une entité évolutive spécifique.

En termes de conservation des ressources génétiques, notre étude montre l’importance de l’implication paysanne à l’échelle villageoise dans la gestion de la diversité des sorghos au Burkina Faso et elle souligne le besoin d’accorder une attention particulière au groupe des sorghos à grains rouges utilisés traditionnellement pour la bière. L’utilisation de marqueurs moléculaires permettra une analyse plus fine des facteurs d’évolution de la diversité génétique et une utilisation mieux raisonnée du germoplasme local dans les programmes d’amélioration. L’enjeu est de maintenir et valoriser une diversité variétale et génétique originale maîtrisée par les agriculteurs, bien adaptée aux contraintes environnementales et capable de répondre à leur évolution. La culture du sorgho continuera alors à jouer son rôle dans la sécurisation et la diversification de la production céréalière du pays.

Remerciements

Albert Barro, Dominique Compaoré, Sansan Da, David Kambou, Gnissa Konaté, Grégoire Pale, Jacob Sanou, Jean-Baptiste Taonda (Inera, Burkina Faso), Bettina Hausmann (International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics, ICRISAT, Niger).

Références

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