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Using RAPD markers to assess the genetic diversity of almond trees (Prunus dulcis Mill.)


Cahiers Agricultures. Volume 15, Number 2, 195-202, Mars-Avril 2006, Étude originale


Résumé   Summary  

Author(s) : Karim Kadri, Hager Snoussi, Bennaceur M’Barek, Abdallah Ben Abdallah , Laboratoire de biotechnologie et physiologie végétale, Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (Inrat), 29, rue Hédi Karray, Ariana 2080, Tunisie, UTF/NAM/004/NAM – FAO Project Date Production Support Programme, P.O. Box 8697, Bachbrecht, Windhoek, Namibie.

Summary : More than 100 almond cultivars grown in Tunisia could be a source of genetic variation adapted to the Mediterranean environment, provided that a proper classification identifying similar characteristics and synonymous cultivars is made. DNA-based assays could integrate traditional classifications based on morphology. RAPD markers (Randomly Amplified Polymorphic DNA) were used to analyse the genetic diversity of Tunisian almond cultivars and their relationships with foreign cultivars. Out of 50 primers tested, 10 were selected for their reproducibility and high polymorphism. Eighty-five out of 137 polymerase chain reaction fragments (62% of the total bands) were scored to be polymorphic. Cultivar relationships were estimated using multivaried analyses (FCA, PCA) based on RAPD data. The results indicate a strong genetic affinity among the cultivars, in spite of different geographic origins. RAPD seemed to be an effective tool to assess germplasm organization for further breeding programs.

Keywords : vegetal productions, metabolism, tools and methods

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ARTICLE

Auteur(s) : Karim Kadri1, Hager Snoussi1, Bennaceur M’Barek1, Abdallah Ben Abdallah1,2

1Laboratoire de biotechnologie et physiologie végétale, Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (Inrat), 29, rue Hédi Karray, Ariana 2080, Tunisie
2UTF/NAM/004/NAM – FAO Project Date Production Support Programme, P.O. Box 8697, Bachbrecht, Windhoek, Namibie

L’amandier (Prunus dulcis Mill.) originaire des montagnes irano-afghanes, est un arbre d’une très grande importance économique et nutritionnelle. Cette espèce occupe, à l’échelle internationale, la troisième place après les agrumes et les pommes [1].À l’heure actuelle, on assiste irrévocablement à un passage d’un agrosystème forestier caractérisé par une dynamique perpétuelle et une grande diversité phénotypique à un système industriel reposant essentiellement sur une production monovariétale. Cela crée divers problèmes qui ont un impact néfaste sur l’équilibre environnemental. Par conséquent, la caractérisation des cultivars d’amandiers, l’évaluation du potentiel tunisien, ainsi que l’analyse de la diversité génétique des différents cultivars revêt un intérêt considérable pour les actions visant à la sauvegarde et à la conservation des ressources génétiques de cette espèce.Dans cette optique, le présent travail a pour objet de caractériser les cultivars d’une collection nationale tunisienne d’amandiers en vue d’analyser la diversité génétique existante, en utilisant comme outil d’analyse du polymorphisme les marqueurs moléculaires de type RAPD (Random amplified polymorphic DNA) qui est une variante de la technique PCR (Polymerase chain reaction). Cette technique, qui a été proposée simultanément par Welsh et McClelland [2] et Williams et al. [3], repose sur l’amplification par PCR de segment d’ADN en utilisant une amorce de petite taille (généralement 10 nucléotides), avec une séquence nucléotidique arbitraire. L’avantage de cette technique par rapport aux autres est qu’elle n’utilise que quelques nanogrammes d’ADN et n’emploie pas la radioactivité ; de plus, elle ne nécessite pas la connaissance préalable de la séquence de l’ADN matrice à amplifier. L’objectif à long terme est la conservation et l’amélioration du germoplasme des variétés tunisiennes d’amandier.

Matériel et méthode

Matériel végétal

L’échantillonnage a été fait sur deux collections d’amandiers, l’une située au Centre de Ettawos (Institut de l’olivier de Sfax, sud de la Tunisie) et l’autre appartenant au Groupement obligatoire des viticulteurs et producteurs de fruits (GOVPF), situé à Grombalia au nord de la Tunisie. Les deux collections comportent des variétés locales et des variétés étrangères. Treize variétés originaires des différentes régions de Tunisie et réputées pour leur excellente qualité, leur productivité élevée et leur résistance aux maladies cryptogamiques, ont été choisies pour cette étude (tableau 1( Tableau 1 )).
Tableau 1 Les différentes variétés d’amandier sélectionnées pour cette étude.Table 1. The different almond varieties selected for this study.

Variétés

Relations parentales

Sources

Origine

’Blanco’

Greffage

GOVPFa

Tunisie

’Heuch ben smail’

Greffage

GOVPFa

Tunisie

’Khouki’

Greffage

GOVPFa

Tunisie

’Achaak’

Semi

Station Ettawsb

Tunisie

’Ksontni’

Semi

Station Ettawsb

Tunisie

’Zaaf’

Semi

Station Ettawsb

Tunisie

’Nonpareil’

Semi

Station Ettawsb

États-Unis (Californie)

’Mazzetto’

Greffage

GOVPFa

Lybie

’Ferragnes’

’Cristomorto’ x ’Ai’

Station Ettawsb

France (Inra, 1960)

’Ferraduel’

’Cristomorto’ x ’Ai’

GOVPFa

France (Inra, 1960)

’Lourane’

’Ferragnès’ x ’Tuono’

Station Ettawsb

France (Inra, 1978)

’Fakhfak’

Semi

Station Ettawsb

Tunisie

’Abiod Ras Jbel’

Greffage

GOVPFa

Tunisie

aGroupement obligatoire des viticulteurs et producteurs de fruits à Grombalia, Tunisie.

bInstitut de l’olivier de Sfax, Tunisie.

Extraction de l’ADN total

L’ADN a été extrait à partir des feuilles. Nous avons opté pour le protocole décrit par Aitchitt et al. [4], qui est une combinaison de trois méthodes d’extractions, faisant intervenir le CTAB (Cetyltrimethylammonium bromide, bromure d’alkyltrimethylammonium). Ce même protocole a été adopté sur des cultivars tunisiens de palmier dattier pour une caractérisation au moyen de la technique AFLP (Amplified fragment length polymorphism) [5].

Obtention des profils RAPD

Toutes les réactions RAPD ont été effectuées dans un milieu réactionnel de 25 µL contenant 30 ng d’ADN génomique, 2,5 µL du tampon de l’enzyme de polymérisation 10X concentré (0,1M Tris HCl, pH 9 ; 1,5 mm MgCl2 ; 0,5 M KCl), 20 pmol d’amorce, 2,5 µL de dNTPs (200 μM), 2 μL de MgCl2 (2,5 mM) et 1,5 U de Taq polymérase à 5 U/μL (Promega, États-Unis). Les milieux réactionnels contenus dans des tubes PCR ont été placés dans un thermocycleur (Biometra Uno II), programmé pour effectuer une prédénaturation à 94 °C pendant 5 min, suivie de 45 cycles comportant chacun une étape de dénaturation à 94 °C pendant 1 min, une étape d’hybridation des amorces à 34 °C pendant 1 min et une étape d’élongation à 72 °C pendant 2 minutes. La dernière étape de la réaction d’amplification consiste en une élongation finale à 72 °C pendant 10 min. La présence d’un éventuel polymorphisme a été détectée par migration des produits de PCR sur gel d’agarose à 1,8 % (migration 3 heures à 70 mA). Les gels ont été colorés au bromure d’éthidium et photographiés sous lumière UV. La taille des bandes obtenues a été estimée grâce au marqueur de poids moléculaire 1Kb DNA Ladder (Promega, États-Unis).

Méthodes numériques et statistiques d’analyses des résultats

Les différents profils RAPD obtenus ont été comparés entre eux. La lecture visuelle des gels a permis de tracer une matrice binaire 0/1 traduisant respectivement l’absence/présence de bandes à chacun des allèles, pour chaque individu. À partir des matrices binaires obtenues, et en appliquant la formule de Nei et Li [6] relative au coefficient de Dice, des matrices de similarités génétiques entre les différentes variétés d’amandier ont été établies au moyen du programme SIMQUAL (Similarity for Qualitative Data Program) dans le logiciel NTSYS-pc (The Numerical Taxonomy and multivariate Analysis System for Personnel Computer), version 2.0. Les analyses multivariées que nous avons utilisées étaient : d’une part, l’analyse en composantes principales (ACP) qui est fondée sur les corrélations pour transformer les variables de départ, dans notre cas les marqueurs RAPD, en variables synthétiques ou axes. Cette analyse permet ainsi de définir les marqueurs qui contribuent le mieux à la description de la structuration de la variabilité et d’obtenir une représentation graphique de la projection des individus ou populations selon leur ressemblance dans le plan des axes de l’ACP ; et d’autre part, l’analyse factorielle des correspondances (AFC) qui a été décrite comme étant une approche d’analyse appropriée dans le cas de données qualitatives binaires, permettant ainsi l’étude descriptive des données [7]. L’AFC repose sur le calcul de la distance de χ2 à partir d’un tableau disjonctif complet qui comporte l’ensemble des données portant sur des individus [8]. À partir des projections d’une AFC, il est possible de déterminer quelles sont les variables qui interviennent dans la structuration des données et qui caractérisent les populations grâce à la superposition de la représentation graphique des variables à celle des populations.

Ces analyses AFC ont été effectuées à l’aide du programme Digital Equipment Corporation – Open VMS AXP (version 6.2), contenu dans le logiciel SAS « Statistical Analysis System » [9]. L’ensemble de ces analyses a été réalisé au Centre interrégional d’informatique et d’automatisme (Ciria) de la faculté des sciences de Tunis.

Résultats

Analyse numérique des profils RAPD

Les différentes variétés d’amandier ont été analysées avec un total de 50 amorces, parmi lesquelles 11 n’ont donné aucun amplimère, quel que soit le cultivar analysé et 16 amorces ont généré des amplifications variables avec seulement quelques-uns des cultivars. Sur les 13 amorces ayant produit des bandes reproductibles et intenses, 10 ont permis de générer un très grand nombre de bandes polymorphes (( figure 1 )) et ont donc été utilisées dans le reste de l’étude (tableau 2( Tableau 2 )).

Un total de 137 bandes reproductibles a été obtenu lors des amplifications utilisant les 10 amorces retenues ; 85 bandes seulement étaient polymorphes (soit 62 % de la totalité des bandes), la moyenne des bandes polymorphes par génotype étant de 4,76 %. Environ 80 % des bandes présentaient une taille comprise entre 0,5 et 3 Kb ; 12 % avaient une taille inférieure à 0,5 Kb et 8 % une taille supérieure à 3 Kb.

La moyenne des bandes reproductibles par amorce était de 13,7 bandes, avec 8,5 bandes reproductibles en moyenne pour les bandes polymorphes. La moyenne totale des bandes polymorphes par amorce était de 4 %.

Similarités génétiques

Les coefficients de similarités génétiques varient entre 0,52 et 0,81 avec une moyenne de 0,68. Les similarités les plus élevées sont observées entre les combinaisons variétales suivantes (Nonpareil [N] – Achaak [A] : 0,8020), (Nonpareil [N] – Zaaf [Za] : 0,8085) et (Khouki [K] – Lourane [L] : 0,8135). Les similarités les plus faibles ont été obtenues avec les combinaisons (Mazetto [Mz] - Heuch Ben Samil [HB] : 0,5274) et (Mazetto [Mz] – Ferragnes [Fg] : 0,5454).
Tableau 2 Amorces RAPD sélectionnées, nombre de fragments amplifiés et polymorphes obtenus pour chaque amorce.Tableau 2. RAPD primer sequences used for the screening of the 13 accessions, scorable and polymorphic fragments obtained for each primer.

Amorces

Séquence 5’ ---3’

Nombre de fragments amplifiés

Nombre de fragments polymorphes

OPA -03

AGTCAGCCAC

15

9

OPA -08

GTGACGTAGG

11

8

OPE - 06

AAGACCCCTC

14

9

OPE -07

AGATGCAGCC

15

10

OPP-08

ACATCGCCCA

15

9

OPB -01

GTTTCGCTCC

9

6

OPL -11

ACGATGAGCC

16

9

OPG –04

AGCGTGTCTG

14

8

OPI -18

TGCCCAGCCT

13

8

OPH - 04

CTGCATCGTG

15

9

Total

137

85

Analyse en composantes principales

La matrice des données (matrice des similarités génétiques) a été traitée par une analyse en composantes principales (ACP) grâce au logiciel SAS [9]. Il en ressort que les trois composantes absorbent 55,1 % de l’inertie totale, ce qui montre que les marqueurs de type RAPD peuvent être efficaces dans la description de la variabilité chez ces variétés. Les proportions ainsi que les variables qui définissent chaque axe sont représentées dans le tableau 3( Tableau 3 ). La projection des variétés dans le plan défini par les axes 1 et 2 (( figure 2 )), aboutit à des résultats qui sont plus ou moins similaires. Une agglomération de la presque totalité des variétés forme un nuage à partir duquel Blanco [B], Heuch ben smail [HB] et Mazetto [Mz], se différencient significativement des autres. En effet, les deux premières variétés corrèlent positivement avec l’axe 1, alors que la variété Mazetto [Mz] corrèle positivement avec l’axe 2. En tenant compte de la composante 1, il est à noter que cette représentation permet d’opposer les variétés Blanco [B], Houch ben smail [HB] aux variétés Ferragnes [Fg] et Ferraduelle [Fe], reflétant ainsi les faibles coefficients de similarité génétique obtenus entre ces variétés.

La représentation graphique de la projection de l’ensemble des variétés dans les plans définis par l’axe 1 et l’axe 3 de l’ACP montre que la majorité des variétés impliquées ne se distinguent pas significativement les unes des autres et forment une agglomération qui se définit par la partie négative des deux axes. Cependant les variétés Blanco [B], Heuch ben smail [HB] et Mazetto [Mz], semblent se détacher de l’ensemble des variétés, particulièrement par rapport à l’axe 1 qui absorbe le maximum de variabilité.

La projection des variétés dans le plan défini par les axes 2-3 de cette analyse en composantes principales a montré que, dans la majorité des cas, les variétés sont regroupées entre elles avec un détachement assez significatif pour la variété Mazetto [Mz], qui corrèle positivement avec l’axe 2 et les variétés Ksontini [Ks] et Fakhfak [Fa] du côté positif de l’axe 3.
Tableau 3 Définition des axes et absorption de l’inertie de l’analyse en composantes principales basée sur les marqueurs RAPD sur l’ensemble des variétés tunisiennes d’amandier.Table 3. Definition of the axes and absorption of the Principal Component Analysis inertia based on the RAPD markers for the whole set of the Tunisian almond-tree varieties.

Composante

1

2

3

% Inertie

22,84

17,43

14,83

% Cumulé

22,84

40,28

55,12

Définition des axes

OPI18-06 (+ 0,1637)

OPE07-14 (+ 0,2076)

OPP08-01 (+ 0,2222)

par les variables

OPI18-07 (+ 0,1601)

OPL11-01 (+ 0,2078)

OPP08-04 (+ 0,2237)

OPI18-11 (+ 0,1658)

OPL11-02 (+ 0,2085)

OPP08-06 (+ 0,2233)

OPG04-01 (+ 0,1626)

OPL11-05 (+ 0,2046)

OPP08-08 (+ 0,2225)

OPG04-03 (+ 0,1650)

OPL11-09 (+ 0,2042)

OPP08-09 (+ 0,2170)

OPG04-05 (+ 0,1687)

OPL11-14 (+ 0,2030)

OPP08-13 (+ 0,2166)

OPG04-06 (+ 0,1658)

OPL11-15 (+ 0,2070)

OPP08-14 (+ 0,2184)

OPG04-09 (+ 0,1673)

OPL11-16 (+ 0,2060)

OPG04-11 (+ 0,1667)

OPG04-14 (+ 0,1684)

Analyse factorielle des correspondances

Ce type d’analyse permet de caractériser des populations ou des groupes de population à l’aide des fréquences alléliques. C’est une technique qui consiste à faire une projection sur les mêmes axes des populations et des marqueurs RAPD et à déceler les principales bandes associées à la structure révélée. Dans ce travail, les 13 variétés constituent une population dans laquelle chaque variété correspond à un individu.

Le traitement des données par l’AFC utilisant le programme SAS [9] a montré que les trois premières dimensions absorbent 60,6 % de l’inertie totale, ce qui représente un taux d’absorption élevée et traduit l’efficacité de ces marqueurs dans la description de la variabilité génétique chez les variétés d’amandier étudiées. La définition et l’absorption de la variabilité par les dimensions (variables synthétiques) de l’AFC sont résumées dans le tableau 4( Tableau 4 ).
Tableau 4 Définition et absorption de la variabilité par les dimensions (variables synthétiques) de l’analyse factorielle des correspondances à partir de la matrice des données.Table 4. Definition and absorption of the variability by the measurements (synthetic variables) of the Factorial Correspondance Analysis from the data matrix.

Dimension de l’AFC

1

2

3

% Inertie

23,24

19,79

17,61

% Cumulé

23,24

43,04

60,64

Variétés contribuant à la définition des dimensions de l’AFC (variables synthétiques)

Achaak (+ 0,251)

Mazetto (- 1,429)

Ksontini (- 1,135)

Blanco (- 1,091)

Abiod.de Ras.Jbel (+ 1,307)

Fakhfak (+ 0,212)

Ferraduelle (+ 0,090)

Ferragnes (+ 0,614)

Houch Ben Smail (- 1,078)

Khouki (+ 0,195)

Lourane (+ 0,300)

Nonpareil (+ 0,228)

Zaaf (+ 0,177)

Marqueurs RAPD contribuant à la définition des dimensions de l’AFC (variables synthétiques)

OPI18-01 (- 1,240)

OPP08 -04 (+ 1,602)

OPP08-06 (+ 1,228)

OPI18-06 (- 1,160)

OPL11-11 (- 1,379)

OPP08-08 (+ 1,245)

OPI18-13 (- 1,219)

OPL11-12 (- 1,180)

OPB01-01 (+ 1,379)

OPG04-01 (- 1,315)

OPP08-14 (+ 1,336)

OPB01-02 (+ 1,282)

OPG04-05 (- 1,501)

OPL11-03 (- 1,293)

OPB01-03 (+ 1,829)

OPG04-07 (- 1,209)

OPL11-05 (- 1,305)

OPB01-04 (+ 1,534)

OPG04-08 (- 1,140)

OPL11-10 (- 1,616)

OPB01-05 (+ 1,710)

OPG04-14 (- 1,335)

OPL11-14 (- 1,861)

OPP08-13 (- 1,258)

OPG04-02 (- 1,174)

OPL11-16 (- 2,117)

OPE06-07 (+ 1,240)

Discussion

Plusieurs facteurs peuvent affecter le nombre de bandes obtenues à l’issue des amplifications, à savoir : la variété étudiée, le nombre de génotypes comparés, les séquences des amorces ainsi que des variations mineures dans les protocoles d’amplification. Ce dernier facteur affecte généralement la reproductibilité. Par comparaison avec d’autres travaux portant sur l’étude du polymorphisme moléculaire par le biais des marqueurs RAPD, la moyenne des bandes polymorphes par amorce était de 4 % chez 17 cultivars d’amandier italiens [10], 4,7 % chez 15 cultivars d’amandier portugais [11], 5 % chez 25 variétés de pommiers [12]. Nos résultats, qui révèlent un niveau de polymorphisme du même ordre que celui obtenu au sein d’autres variétés d’amandier dans d’autres pays (62 % chez les 13 cultivars tunisiens d’amandier), suggèrent que les marqueurs de type RAPD sont potentiellement utiles pour la caractérisation des variétés d’amandier en Tunisie.

Les coefficients de similarités génétiques présentent un intervalle qui traduit une forte convergence génétique et montre que les variétés étudiées constituent des groupes étroitement liés. En fait, ces résultats sont presque similaires à ceux de Martins et al. [11] qui obtenaient un intervalle de similarités génétiques variant entre 0,65 et 0,97 (moyenne 0,73) chez 15 cultivars d’amandier d’origine portugaise, en utilisant le même coefficient de similarité de Dice (SD). De même, les 17 cultivars d’amandier d’origine italienne analysés par Resta et al. [10] présentaient des similarités génétiques variant entre 0,64 et 0,94. Bartolozzi et al. [13] ont également obtenu des similarités variant entre 0,62 et 1,0 chez 20 cultivars d’amandiers d’origine américaine.

Tous ces résultats militent en faveur du fait que les cultivars d’amandier sont génétiquement proches, étant donné que les indices de similarités génétiques sont pour leur majorité proches de 1.

Le résultat trouvé chez les variétés qui présentent les similarités les plus élevées suggère que ces dernières constituent des groupes étroitement liés. Cette similarité pourrait être due au mode de multiplication par semis suivi par les agriculteurs de la région (Centre Ettawos, Sfax), qui favorise l’homogénéité génétique de l’ensemble de ces variétés (autochtones et étrangères), en dépit de leur origine. Le résultat trouvé chez les variétés qui présentent les similarités les plus faibles traduit une certaine divergence entre ces variétés. Cette divergence peut être expliquée par le mode de multiplication par greffage adopté par les agriculteurs de la région du nord (GOPVF de Grombalia).

Analyse multivariée

Les résultats montrés par l’ACP suggèrent que l’axe 1 est la composante qui permet de distinguer significativement les variétés Blanco [B] et Heuch ben smail [HB]. Ces variétés semblent être caractérisées par les marqueurs RAPD corrélant avec la composante 1. En revanche, la variété Mazetto [Mz] serait caractérisée par les marqueurs qui définissent la composante 2. L’axe 3 a permis la discrimination significative des variétés Ksontini [Ks] et Fakhfak [Fa] dans sa partie positive. Notons que la variété Mazetto [Mz], en se détachant légèrement des autres selon toutes les projections analysées, semble être caractérisée par les marqueurs RAPD qui définissent les trois axes de cette ACP.

L’analyse en composantes principales, réalisée à partir des fréquences de la présence des fragments RAPD chez différentes variétés, montre une distinction qui est plus ou moins importante entre ces variétés. Elle témoigne notamment de convergences génotypiques importantes et traduit l’existence de flux de gènes élevés entre les variétés Achaak [A] et Zaaf [Za]. La variété Mazetto [Mz] fait exception : elle paraît relativement éloignée dans les trois plans et montre une divergence génétique assez importante. Ces résultats confirment l’hypothèse émise par Resta et al. [10] concernant l’absence de l’effet d’éloignement géographique dans la structuration de la variabilité. En effet, la majorité des variétés se regroupent pour former un agglomérat en dépit de leur éloignement géographique.

La représentation graphique de la projection des variétés et des marqueurs dans les plans définis par les dimensions 1, 2 et 3 prises deux à deux, montre des agglomérats de l’ensemble des données (variétés et marqueurs) de part et d’autre des axes qui définissent chaque plan de l’AFC.

Par ailleurs, la projection des individus selon le plan de l’AFC défini par les axes 1 et 2 (( figure 3 )), montre la séparation des variétés Ferragnes [Fg], Houch ben smail [HB] et Zaaf [Za] des autres variétés selon la partie négative de l’axe 1. Cependant, des superpositions des marqueurs avec ces variétés sont observées. C’est le cas des marqueurs OPA08-01, OPA08-07, OPG04-08, OPG04-06 et OPG04-03 qui caractérisent les variétés Heuch ben smail [HB], d’une part, et des marqueurs OPI18-12, OPI18-2, OPI18-05, OPI18-06 et OPI18-09 qui définissent la variété Zaaf [Za], d’autre part. Les variables OPG04-01, OPG04-02, OPG04-14, OPG04-12 et OPI18-03 corrèlent négativement avec la variété Ferragnes [Fg].

La structuration observée avec l’AFC confirme celle obtenue avec l’ACP. Notons que des résultats similaires ont été obtenus par Martins et al. [11], qui ont analysé avec des marqueurs RAPD la diversité génétique de cultivars d’amandier issus de différentes origines géographiques. Dans leurs travaux, ces auteurs ont pu démontrer que les cultivars testés constituent des groupes d’affinités génétiques indépendamment de leur origine géographique et de la qualité de leurs fruits.

Conclusion

Au cours de cette étude nous avons utilisé des outils moléculaires pour caractériser des variétés tunisiennes d’amandier. L’analyse en composantes principales (ACP) réalisée sur les fréquences d’apparition des bandes RAPD chez les variétés étudiées, a montré que la majorité des variétés paraissent relativement proches. Ces résultats seraient en faveur de l’hypothèse stipulant l’existence d’un flux génique entre ces variétés et reflètent les ressemblances morphologiques.

La structuration de la variabilité génétique a également été étudiée par l’analyse factorielle des correspondances (AFC). Cette analyse a abouti à des résultats similaires à ceux obtenus par l’ACP. Elle a montré que la majorité des variétés sont chevauchantes à quelques exceptions près. L’extension de l’étude à d’autres variétés ou autres génotypes et l’utilisation d’un plus grand nombre d’amorces permettraient de confirmer et de valider la structuration obtenue.

L’ensemble des résultats issus de cette analyse montre que la technique d’amplification par RAPD constitue une approche informative de la diversité génétique chez les variétés tunisiennes d’amandier. Les résultats obtenus, bien que préliminaires, apportent des éléments d’informations ouvrant des pistes pour une exploration plus approfondie de la diversité génétique et des relations entre les cultivars tunisiens d’amandier. Ces données pourraient permettre d’explorer les relations phylogénétiques entre les variétés sans pour autant refléter les processus évolutifs chez cette espèce.

Références

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