Auteur(s) : LMH
L’idée d’utiliser les plantes génétiquement modifiées comme source
de vaccins peu coûteux et facile d’utilisation n’est pas nouvelle.
Ce concept n’a toujours pas été transformé en thérapie. La raison
en est que l’idée est plus belle que réellement pertinente. Il
n’est en effet sans doute pas bien difficile de produire des
antigènes vaccinants dans des plantes comestibles accessibles à
tous. Leur utilisation est beaucoup moins simple et cela tient aux
règles même de l’immunologie. Nous sommes au contact d’une variété
considérable de molécules étrangères et nous en consommons tout
autant sans que notre système immunitaire ne les rejette
systématiquement. Si tel n’était pas le cas, notre vie serait un
enfer. Notre système immunitaire est conçu pour tolérer ce qu’il
côtoie régulièrement. La mise à disponibilité pour tout un chacun
de plantes contenant des antigènes vaccinants pourrait être à
l’origine de catastrophes en rendant les gens tolérants aux
pathogènes plutôt que d’être en position de les combattre. Les
plantes vaccinantes devraient donc être distribuées de manière
contrôlée. La présence de plantes contenant les antigènes
vaccinants dans les champs pourrait par ailleurs induire une
tolérance sournoise chez ceux qui les manipulent ou même seulement
les côtoient [1]. Les vaccins devraient donc être préparés de
préférence dans des espaces clos. Tout cela enlève une bonne part
de leur originalité aux plantes vaccinantes.
L’utilisation de plantes synthétisant des antigènes induisant une
tolérance vis-à-vis d’allergènes paraît plus prometteuse. C’est en
tout cas ce que montre une étude qui vient d’être
publiée [2, 3]. Deux épitopes allergènes du cèdre du
Japon ont été produits dans du riz transgénique sous forme de
protéines fusion avec la glycinine du soja. Des souris nourries
avec le riz acquièrent une excellente tolérance vis-à-vis des
allergènes sans pâtir en même temps de réactions anaphylactiques.
Cela est dû au fait que les épitopes allergènes sont courts et de
ce fait incapables d’induire une polymérisation des anticorps de
type IgE et de déclencher une allergie. Cette propriété des
épitopes était déjà connue. La plante apporte dans cette affaire la
possibilité de disposer d’un matériel peu coûteux, abondant et sans
risque. L’immunologie est une science particulièrement complexe et
il faudra encore du temps pour que soient complètement définies les
conditions qui permettent d’induire avec les plantes des réactions
de tolérance non accompagnées de réactions de rejet.
Références
1. Kirk DD, McIntosh K, Walmsley AM, Peterson RK.
Risk analysis for plant-made vaccines. Transgenic Res
2005 ; 14 : 449-62.
2. Ma S, Jevnikar AM. Trangenic rice for allergy
immunotherapy. Proc Natl Acad Sci (USA) 2005 ;
29 : 17255-6.
3. Takagi H, Hiroi T, Yang L, et al. A
rice-edible vaccine expressing multiple T cell epitopes induces
oral tolerance for inhibition of Th-2 mediated IgE responses.
Proc Natl Acad Sci (USA) 2005 ; 29 : 17525-30.
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