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Publiée dans la revue : Cahiers Agricultures. Janvier-Février 2006 - Le coton, des futurs à construire. Volume 15Number 1,

Auteur(s) : LMH

Auteur(s) : LMH

L’idée d’utiliser les plantes génétiquement modifiées comme source de vaccins peu coûteux et facile d’utilisation n’est pas nouvelle. Ce concept n’a toujours pas été transformé en thérapie. La raison en est que l’idée est plus belle que réellement pertinente. Il n’est en effet sans doute pas bien difficile de produire des antigènes vaccinants dans des plantes comestibles accessibles à tous. Leur utilisation est beaucoup moins simple et cela tient aux règles même de l’immunologie. Nous sommes au contact d’une variété considérable de molécules étrangères et nous en consommons tout autant sans que notre système immunitaire ne les rejette systématiquement. Si tel n’était pas le cas, notre vie serait un enfer. Notre système immunitaire est conçu pour tolérer ce qu’il côtoie régulièrement. La mise à disponibilité pour tout un chacun de plantes contenant des antigènes vaccinants pourrait être à l’origine de catastrophes en rendant les gens tolérants aux pathogènes plutôt que d’être en position de les combattre. Les plantes vaccinantes devraient donc être distribuées de manière contrôlée. La présence de plantes contenant les antigènes vaccinants dans les champs pourrait par ailleurs induire une tolérance sournoise chez ceux qui les manipulent ou même seulement les côtoient [1]. Les vaccins devraient donc être préparés de préférence dans des espaces clos. Tout cela enlève une bonne part de leur originalité aux plantes vaccinantes.
L’utilisation de plantes synthétisant des antigènes induisant une tolérance vis-à-vis d’allergènes paraît plus prometteuse. C’est en tout cas ce que montre une étude qui vient d’être publiée [2, 3]. Deux épitopes allergènes du cèdre du Japon ont été produits dans du riz transgénique sous forme de protéines fusion avec la glycinine du soja. Des souris nourries avec le riz acquièrent une excellente tolérance vis-à-vis des allergènes sans pâtir en même temps de réactions anaphylactiques. Cela est dû au fait que les épitopes allergènes sont courts et de ce fait incapables d’induire une polymérisation des anticorps de type IgE et de déclencher une allergie. Cette propriété des épitopes était déjà connue. La plante apporte dans cette affaire la possibilité de disposer d’un matériel peu coûteux, abondant et sans risque. L’immunologie est une science particulièrement complexe et il faudra encore du temps pour que soient complètement définies les conditions qui permettent d’induire avec les plantes des réactions de tolérance non accompagnées de réactions de rejet.

Références

1. Kirk DD, McIntosh K, Walmsley AM, Peterson RK. Risk analysis for plant-made vaccines. Transgenic Res 2005 ; 14 : 449-62.

2. Ma S, Jevnikar AM. Trangenic rice for allergy immunotherapy. Proc Natl Acad Sci (USA) 2005 ; 29 : 17255-6.

3. Takagi H, Hiroi T, Yang L, et al. A rice-edible vaccine expressing multiple T cell epitopes induces oral tolerance for inhibition of Th-2 mediated IgE responses. Proc Natl Acad Sci (USA) 2005 ; 29 : 17525-30.


 

 

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