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Publiée dans la revue : Cahiers Agricultures. Janvier-Février 2006 - Le coton, des futurs à construire. Volume 15Number 1,

Auteur(s) : Louis‐Marie Houdebine

Auteur(s) : Louis-Marie Houdebine

Des procédés variés sont mis en œuvre pour contrôler la présence des insectes dans une région donnée. Les insectes s’attaquent en effet à de nombreuses plantes qui deviennent ainsi vulnérables à divers pathogènes. Certains insectes sont également des vecteurs pour des maladies animales ou humaines. C’est le cas de l’anophèle qui véhicule la malaria.
Les insecticides sont un moyen souvent efficace mais brutal pour diminuer localement le nombre d’insectes. Ce procédé s’accompagne de pollutions et il engendre facilement une résistance des insectes aux pesticides. Une autre approche plus subtile a fait ses preuves. Elle consiste à lâcher localement un très grand nombre d’insectes mâles préalablement stérilisés. Ceux-ci ont gardé la capacité de s’accoupler à plusieurs femelles qui n’ont pas de descendance. Le jeu consiste donc à produire massivement les insectes mâles stériles. Pour être efficace, le procédé suppose que les préparations d’insectes ne soient constituées que de mâles. En effet, la présence de femelles diminue les chances que les mâles stériles s’accouplent aux femelles sauvages et cela diminue d’autant le rendement de l’opération. Un tri des mâles est donc une étape clef qui ne peut être franchie aisément dès lors qu’un très grand nombre d’animaux doit être préparé dans un temps court et à un coût modéré.
Ce problème vient de trouver une solution particulièrement élégante. Elle consiste à transférer le gène GFP (green fluorescent protein) d’une méduse de l’océan Pacifique aux embryons d’anophèle. La protéine GFP est bien connue et très utilisée par les biologistes. Cette protéine fluoresce pour devenir verte sous illumination UV. Ce procédé n’est pas invasif et il ne met pas en danger la survie des cellules. Pour distinguer les mâles et les femelles, le gène GFP a été placé sous la dépendance du promoteur du gène de la tubuline β-2. Ce promoteur restreint l’expression du gène GFP dans les gonades des larves mâles. Une observation sous UV permet donc de distinguer très facilement les mâles des femelles mais aussi et surtout de procéder à un tri automatique des deux types de larve. Environ 18 000 larves peuvent ainsi être sexées et triées par heure. Cette valeur est parfaitement compatible avec une production à grande échelle que requiert l’éradication locale d’anophèles [1, 2]. Ce procédé qui est en cours de validation sur le terrain paraît sûr dans la mesure où la libération des mâles ne peut s’accompagner d’une dissémination du transgène puisque les animaux en question sont stériles. Cette approche présente en plus l’intérêt d’être, en principe, extrapolable à d’autres insectes.

Références

1. Catteruccia F, Benton JP, Crisanti A. An anopheles transgenic sexing strain for vector control. Nat Biotechnol 2005 ; 33 : 1414-7.

2. Atkinson PW. Green light for mosquito control. Nat Biotechnol 2005 ; 33 : 1371-2.


 

 

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