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Publiée dans la revue : Cahiers Agricultures. Janvier-Février 2006 - Le coton, des futurs à construire. Volume 15Number 1,

Auteur(s) : JS

Auteur(s) : JS

Alors que les OGM alimentaires sont cultivés à grande échelle aux États-Unis, des OGM de riz transgéniques destinés à produire du lysozyme et de la lactoferrine humaine ont buté sur un barrage inattendu venant de la part d’un géant de la brasserie [1].
L’affaire s’est déroulée au Missouri, où la firme californienne Ventria Bioscience, attirée par les promesses de financement venant des autorités politiques locales, s’était installée en vue de cultiver des riz transgéniques à finalité thérapeutique humaine. L’université du Missouri du Nord avait parallèlement invité Ventria comme partenaire d’un Centre d’excellence pour la production d’OGM à but pharmaceutique. En mai 2005, tout était en place pour faire démarrer les cultures lorsque le brasseur géant Anheuser-Busch producteur de la « Budweiser », mit le holà en menaçant de boycotter l’ensemble de la production rizicole de l’État. Pourtant, Ventria Bioscience avait reçu toutes les autorisations nécessaires, moyennant l’établissement de zones tampons non transgéniques, l’emploi de l’autofécondation pour prévenir les dispersions de transgènes et la mise en œuvre de procédures précises pour produire et récolter les plantes transgéniques. Les autorités appelèrent les parties à la table de conciliation et une trêve fut conclue : Ventria limiterait ses cultures au Nord de l’État, à 200 km des riches zones rizicoles du Sud, moyennant quoi le mégabrasseur accepterait de se fournir en riz au Missouri. Dans l’entretemps, la controverse avait fait tache d’huile : cultivateurs de riz, industries agroalimentaires, sociétés de grande distribution et groupements environnementalistes donnèrent de la voix, à un point tel que certaines firmes productrices d’OGM thérapeutiques choisirent délibérément le tabac comme espèce transgénique pour échapper aux contraintes des filières à finalité alimentaire. Résultat des événements précités : Ventria a décidé de ne planter que des riz non transgéniques dans le Missouri en 2005, mais planifie des plantations de riz à but pharmaceutique en Caroline du Nord et dans l’hémisphère sud, afin de bénéficier d’une double récolte annuelle. Par ailleurs, la firme poursuivra son projet de mise sur le marché de lactoferrine humaine extraite des riz OGM, en tant que substitut aux lactoferrines animales, considérées comme moins sûres sur le plan sanitaire. Elle envisage par ailleurs d’utiliser cette filière de production pour lutter contre certaines maladies via des alicaments.

Références

1. Fox JL. Beer giant blindsides Ventria’s pharmacrop. Nat Biotechnol 2005 ; 23 : 636.


 

 

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