ARTICLE
À l’instar d’autres risques naturels, le risque zéro n’existe pas
pour les incendies et l’on commence à penser le feu autrement en
Europe. Vers une culture du feu renouvelée ? En Europe,
quelques années après l’Amérique du Nord, on commence à constater
que la politique d’éradication du feu, appliquée de manière
systématique, aboutit le plus souvent à l’effet contraire de celui
espéré. D’après le proverbe finlandais, « le feu est un
mauvais maître, mais un bon serviteur », en effet l’homme a
besoin du feu pour réguler l’action de la nature, mais le feu non
maîtrisé conduit souvent à des catastrophes écologiques menaçant
des espèces de disparition. Le paradoxe du feu tient à ce qu’à
vouloir lutter à tout prix contre cet élément, on augmente les
dégâts potentiels des feux suivants du fait de l’accumulation de
biomasse. Certes, les forêts européennes n’ont pas la dimension
suffisante et sont surtout trop habitées pour envisager une
politique de type « let it burn » (laisser
brûler), telle qu’elle se pratique aux USA. Néanmoins, à partir des
expériences connues et des résultats de programmes de recherche
antérieurs, il est envisageable d’inventer une nouvelle politique
de gestion du feu adaptée aux conditions européennes. Le projet de
recherche intégré européen Fire Paradox réunit 31 partenaires.
Son but : à travers la politique forestière européenne,
infléchir l’incidence sociale, économique et écologique des grands
incendies de forêt comme le Portugal, l’Espagne et la France en ont
subi en 2003. En deux mots « apprendre à vivre avec le
feu ».
Centré sur la connaissance du feu lui-même, de son éclosion à sa
propagation, l’originalité de ce projet est de considérer également
le feu comme un moyen de prévention et de lutte. C’est le cas du
« brûlage dirigé » qui consiste à déclencher et maîtriser
un feu pour limiter la biomasse intermédiaire et prévenir par la
suite la progression des feux vers la cime des arbres, ce qui les
rend si dévastateur. C’est également le cas des
« contre-feu » appliqués au Portugal par exemple et qui
consiste à opposer à la progression d’un incendie un front de feu
maîtrisé. Ces moyens de prévention et de lutte intégrée originaux
nécessitent bien sûr une excellente connaissance de l’incendie
lui-même qui soulève encore de multiples questions pour lesquelles
les forces de la recherche européenne se sont regroupées dans ce
projet européen. Le Cemagref sera responsable de deux
modules : la recherche axée sur les mécanismes biologiques
(étude du combustible) et l’évaluation et la cartographie du
risque.
Contacts scientifiques :
Cemagref Aix-en-Provence
– Marielle Jappiot.
Tél. 04 42 66 99 60.
<marielle.jappiot@cemagref.fr>
– Corinne Lampin.
Tél. 04 42 66 99 71
<corinne.lampin@cemagref.fr>
– Laurent Borgniet.
Tél. 04 42 66 99 65.
<laurent.borgniet@cemagref.fr>
– Thomas Curt.
Tél. 04 42 66 99 10
<thomas.curt@cemagref.fr>
|