ARTICLE
Auteur(s) :, Marion Guillou
Institut national de la recherche agronomique (Inra), 147, rue
de l’Université, 75 338 Paris cedex 07, France
Retour sur un passé pas si lointain
La recherche agronomique s’est construite avec, comme moteur
principal, l’objectif de transformer l’agriculture, de la
moderniser, de diversifier les industries qui lui sont liées. Au
lendemain de la seconde guerre mondiale, l’état de l’agriculture
française était, en effet, désastreux, se traduisant par une grave
pénurie alimentaire. La mission assignée à l’Institut national de
la recherche agronomique (Inra) au moment de sa création était, en
somme, très simple : mobiliser la science et la technologie au
service du développement de l’agriculture, à commencer par
l’amélioration des techniques de culture (fertilisation, techniques
agronomiques…) et d’élevage (alimentation, maîtrise sanitaire,
révolution fourragère, industrialisation…), mais aussi
l’amélioration des plantes et des animaux d’élevage à travers,
notamment, un ambitieux programme d’amélioration génétique. Même si
la recherche n’a pas à revendiquer d’être, à elle seule, à
l’origine des progrès et des succès de l’agriculture, force est de
reconnaître que cette mobilisation scientifique, amplifiée par des
politiques agricoles volontaristes, par la montée en puissance du
rôle des organisations professionnelles agricoles dans l’appui
technique au développement des exploitations par le développement
des compétences, a été efficace : la France devient, au début
des années 1970, globalement autosuffisante sur le plan
alimentaire, jusqu’à se positionner en pays exportateur dans de
nombreux secteurs. Toutefois, « la sanction » d’une telle
réussite se nomme « excédents » : de beurre et de
poudre de lait, de fruits ou de légumes invendus. L’objectif
quantitatif ayant été atteint, la recherche agronomique est alors
convoquée pour résoudre de nouvelles questions liées à la qualité
des produits et de la matière première agricole, à leur
transformation pour une plus grande valeur ajoutée et, plus
généralement, pour contribuer à la compétitivité de l’économie
nationale. Pari gagné ! En effet, après avoir pris pied sur le
marché mondial des produits agricoles, la France occupe peu à peu
celui des produits agroalimentaires jusqu’à gagner le premier rang
des pays exportateurs dans le monde. Ne parle-t-on pas de
« pétrole vert » de la France à propos de son
agriculture ? Cependant, en toile de fond, les crises qui
affectent successivement différents secteurs, la démographie
inéluctable des exploitations assortie d’une concentration des
activités « industrielles » d’élevage dans quelques
régions et d’une désertification de certaines zones rurales, les
difficultés partagées par une grande majorité des pays, telle la
crise énergétique de 1973, font progressivement et durablement
émerger l’importance des problématiques liées à l’environnement et
au développement territorial. Rappelons-nous le plaidoyer de
Jacques Poly « pour une agriculture plus économe et plus
autonome »1
Quels enseignements tirer de cette tranche de vie de la
recherche agronomique ? Au-delà des connaissances obtenues
traduites en innovations concrètes, je retiendrais de cette période
trois éléments essentiels :
- – l’importance, pour obtenir des avancées, d’une réelle
mobilisation des chercheurs sur des questions précises, couplée à
une volonté politique, à une demande d’innovations par les
acteurs ;
- – la nécessaire anticipation des questions de recherche,
renouvelant ainsi les pratiques de nos organismes qui devront
désormais intégrer la prospective dans le quotidien de leur analyse
du contexte, et du choix de leurs priorités ;
- – les implications multiples de l’activité agricole, au
sens large, et leur nécessaire prise en compte dans une démarche
que l’on désigne désormais sous le vocable de « développement
durable ».
Quelles questions pour la recherche agronomique
d’aujourd’hui ?
La prospective Inra 20202, coordonnée
par Bertrand Hervieu, a identifié clairement plusieurs questions
qui constituent de fait autant d’enjeux pour la recherche
agronomique d’aujourd’hui.
En premier lieu, la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale,
c’est-à-dire la mise à disposition suffisante, à l’ensemble des
populations, de produits issus pour la plupart de l’activité
agricole, devient de plus en plus une préoccupation évidente si
l’on prend en compte la croissance actuelle démographique, soit
250 millions de personnes tous les quatre ans. Selon les
estimations de la FAO3,
842 millions de personnes souffrent de sous-alimentation dans
le monde, dont 798 millions dans les pays en développement,
34 millions dans les pays en transition et 10 millions
dans les pays développés. Certes, des progrès ont été accomplis ces
20 dernières années en matière de lutte contre la
sous-alimentation, mais on est encore loin de la réalisation de
l’engagement pris il y a 30 ans, lors de la Conférence
alimentaire mondiale à Rome, d’« éliminer définitivement la
faim et la malnutrition dans le monde ».
En prolongement, le lien entre l’alimentation et la santé doit
être approfondi pour diminuer le risque pathologique lié au
vieillissement de nos populations tout autant que le risque
infectieux dans les pays émergents : mieux comprendre le
comportement des « mangeurs » et les déterminants de la
consommation alimentaire pour tenter d’endiguer le poids de
l’obésité dans le tableau clinique des populations aujourd’hui,
mieux connaître l’effet des aliments ou de leurs constituants sur
le déroulement des diverses fonctions de l’organisme pour adapter
l’alimentation aux besoins physiologiques et psychologiques dans
l’optique de préserver le capital santé de chacun, identifier les
dangers potentiels d’ordre chimique ou biologique qui accompagnent
toutes les étapes de la chaîne alimentaire, depuis l’amont agricole
jusqu’au réfrigérateur domestique, évaluer le risque pour le
consommateur et proposer des méthodes et procédés, agricoles ou
industriels, de nature à réduire le plus possible les risques de
toute origine, mais aussi préserver les qualités des aliments
(saveur, sécurité sanitaire…).
Par ailleurs, les crises sanitaires récentes, qui ont parfois
remis en question les scientifiques, les modifications climatiques
ou les déséquilibres écologiques obligent à une réflexion plus
approfondie sur la notion d’émergence ou de réémergence, appliquée
à la santé de l’homme, mais aussi à celle des animaux ou des
végétaux : l’acuité de cette question est grande à l’heure de
la mondialisation des échanges.
L’activité agricole, elle-même, constitue un enjeu essentiel.
Consommatrice d’eau et d’espace, l’activité agricole utilise des
ressources désormais rares dont la gestion doit être faite avec
responsabilité. Certes, depuis le 3 janvier 1992,
l’eau est décrétée « patrimoine commun ». Dans cette
affirmation, on retrouve les notions de gestion globale et
équilibrée, gestion d’un bien commun fragile, limité en quantité et
inégalement réparti. À l’échelle mondiale, la consommation en
eau douce augmente de 2,5 % par an et les volumes utilisables
se dégradent en quantité et en qualité : l’eau devient donc
une ressource stratégique en de nombreux endroits du globe. En
France, les consommations annuelles en eau d’irrigation
représentent 2,5 milliards de mètres cubes, soit 40 % de
l’ensemble des usages. Mais en période estivale, l’usage agricole
peut représenter jusqu’à 80 % de la consommation totale dans
certaines régions comme le Sud-Ouest. Le développement et
l’importance de l’irrigation s’expliquent, bien entendu, par son
intérêt pour la production agricole. Elle permet aux agriculteurs
de répondre aux exigences du marché en matière de qualité des
produits, de régularité de production et de diversification.
L’usage agricole est-il toujours prioritaire ? La réponse est
probablement négative, car il passe après usages domestique et
environnemental et c’est la coexistence de ces différents usages
qui engendre parfois des conflits dans les régions où la ressource
est en quantité limitée. Pour les années à venir, on peut donc
craindre des crises quantitatives locales amplifiées par des
sécheresses conjoncturelles dont la fréquence est susceptible
d’augmenter. La gestion de l’eau et des milieux aquatiques pose
résolument la question de la place de l’agriculture (au sens large
du terme) dans le développement durable à travers des enjeux tels
que la maîtrise des impacts environnementaux, la capacité
d’adaptation et d’évolution des systèmes de production, la
connaissance et le diagnostic des milieux. Ces enjeux sollicitent
directement la recherche agronomique et l’incitent à appréhender,
dans le cadre de nouvelles interdisciplinarités, des entités
hydrologiques et de gestion beaucoup plus vastes que celles qu’elle
envisage habituellement.
En définitive, ce changement de point de vue concernant la place
et le rôle de l’agriculture dans le développement durable répond
aussi à la mutation des rapports agriculture/société. Dans les pays
industrialisés, l’agriculture n’est plus, de par sa propre et seule
fonction de production, un secteur économique prioritaire, ni une
composante sociopolitique déterminante. Désormais, son importance
tient avant tout au rôle crucial qu’elle joue en tant que maillon
d’amont des filières d’alimentation et en tant que gestionnaire de
l’espace rural. L’agriculture est en train de s’inscrire, à
l’échelle européenne, dans un nouvel espace économique et social
dans lequel la concurrence, déclinée à l’échelle mondiale, accentue
la nécessité de renouveler les techniques ou les modes
d’organisation, dans un contexte où les fonctions qu’elle assure
deviennent multiples. Cette phase de transition qui s’ouvre
permettra aussi de penser, sur de nouvelles bases et en englobant
la dimension planétaire, le modèle de développement économique et
social de l’agriculture, dans un cadre où la gestion des ressources
naturelles et la préservation de l’environnement deviennent des
données incontournables compte tenu du rythme auquel l’économie
mondiale (et notamment celle des pays émergents) se développe.
Enfin, il existe également un vrai débat stratégique sur la
localisation de ces activités agricoles dans le monde. En effet,
cette localisation et, plus généralement, celle des activités
productives qui recouvre celle de la localisation de la valeur
ajoutée, des emplois et des richesses, touche en premier lieu
l’agriculture. Pour chaque pays et pour tout le monde dans son
ensemble, le problème de la cohésion territoriale face à la
mobilité économique induira une « tectonique » souvent
rapide, parfois déstabilisante.
Les missions de la recherche agronomique s’en trouvent,
inévitablement, élargies si elle souhaite relever les défis que
représentent ces nouvelles questions de recherche. L’évolution de
la recherche agronomique se décrira aussi à travers l’élaboration
de nouvelles approches incluant plusieurs échelles d’analyse :
des changements d’échelle dans le temps et dans l’espace à prendre
en compte à l’aune de l’expérience acquise dans les décennies
passées.
Changement d’échelle dans l’approche expérimentale
Le premier objectif qu’il me semble important d’assigner à la
recherche agronomique, c’est-à-dire à l’étude d’entités complexes,
mais pour laquelle une réponse globale est attendue, c’est
justement de mettre en œuvre des approches plus intégratives.
L’exemple de la biologie est, à cet égard, significatif. Certes, la
biologie, comprise comme l’étude des êtres vivants dans leur
milieu, doit être par nature intégrative. L’intégration vers
laquelle la recherche agronomique doit tendre, c’est celle qui
permettra d’intégrer des connaissances obtenues à différentes
échelles d’organisation, selon différentes échelles de temps et
d’espace et dans différents systèmes ou modèles. C’est bien tout
l’enjeu d’une biologie moderne qui nécessitera d’inévitables
« allers-retours » entre différents niveaux
d’organisation, du moléculaire à l’individu jusqu’au groupe de
population qui concerne l’humain, le système d’élevage ou le champ
cultivé. Plus nous progresserons dans l’identification d’un gène,
d’une protéine ayant un rôle majeur dans une cellule donnée, plus
il sera essentiel d’en connaître la répercussion à l’échelle d’une
fonction physiologique ou à l’échelle de l’individu.
Pour tenter de répondre à ces défis qui, s’ils sont relevés,
permettront de donner du sens à la connaissance, la recherche
agronomique, seule ou en partenariat, doit poursuivre l’acquisition
des compétences, la création ou l’évolution des équipes de
recherche et l’utilisation des infrastructures, y compris
expérimentales, qui permettent d’étudier, à grande échelle, la
génomique des espèces, couplée à l’observation de l’individu ou du
peuplement. Cela facilitera la recherche de gènes marqueurs ou de
gènes d’intérêt et des mécanismes sous-tendant la physiologie.
L’étude de la régulation de l’expression de gènes par des facteurs
biotiques ou abiotiques de l’environnement (alimentation,
sécheresse, stress…), y compris l’identification des facteurs
épigénétiques impliqués dans la dynamique du génome, devient, dans
cette optique, une priorité qui doit bénéficier des méthodes
d’investigation les plus abouties. La recherche agronomique doit
aussi mieux s’organiser pour explorer et gérer les masses de
données issues de ces travaux par le développement de la
bioinformatique, par la recherche d’approches mathématiques
innovantes et la modélisation. Elle doit, enfin, s’obliger à une
meilleure articulation entre les différentes approches
scientifiques, en particulier en renforçant l’articulation entre
les approches biotechniques et celles des sciences sociales et
humaines. Je suis convaincue que les approches intégratives ainsi
mises en œuvre permettront de mieux répondre aux défis de notre
siècle : la préservation et la gestion des ressources
génétiques, car le développement d’une agriculture mondiale
multipolaire implique que chaque pôle dispose de ressources
génétiques bien caractérisées, adaptées et renouvelées ; la
diversification des productions et l’amélioration de la performance
des filières ; la réponse aux demandes formulées par les
consommateurs ; le respect de l’environnement, dans
l’évolution contrainte caractérisée par les changements globaux du
climat et la nécessité de préserver les ressources et les
écosystèmes.
De nouvelles interactions à construire
Les finalités de la recherche agronomique s’inscrivent dans un
contexte de changements globaux multiples - environnementaux,
sociaux, économiques et politiques - qui rend plus complexes les
objets de recherche et, différentes et souvent plus larges, les
échelles spatiales et temporelles nécessaires pour les appréhender.
La prise en compte de ces complexités a des implications profondes,
renouvelant les thèmes de recherche, ouvrant sur de nouvelles
disciplines, ou s’appuyant sur de nouveaux partenariats. Elle
suscite l’émergence de nouvelles thématiques, par exemple, celles
liées au développement territorial parce que le territoire devient
central dans la compréhension du développement de l’agriculture. Le
spectre d’observation des phénomènes qui s’étendait, jusqu’à
présent, de la motte de terre à la parcelle et au bassin-versant
s’élargit et se modifie progressivement pour intégrer, en amont,
l’échelle de la cellule et, en aval, celle de la région. De la même
façon, l’étude de la dépollution de l’eau par les nitrates implique
que l’on prenne en compte le temps de résidence des eaux dans le
sol et le sous-sol : ce temps est très variable puisqu’il peut
aller jusqu’à cinq ou dix ans. L’inertie du système est donc
importante. En conséquence, les retombées de mesures
agroenvironnementales, même significatives, ne seront pas
immédiatement perceptibles. Avec ces élargissements, ce sont non
seulement toutes les approches qui doivent être revisitées à la
lumière des interactions complexes qu’entretiennent, à différentes
échelles, les systèmes physiques, biologiques et humains, mais
aussi la capacité d’intégration de l’ensemble des données
collectées. L’exigence d’une agronomie intégrative, comme on
appréhende aujourd’hui la biologie, impose de construire ces
nouvelles interactions.
On l’aura compris : les constats précédents imposent de
renouveler les interactions disciplinaires et obligent à une
meilleure intégration des partenariats mis en jeu. Intégrer les
partenariats, cela signifie rassembler les coopérations
économiques, agricoles, associatives plutôt que de les cultiver
individuellement. C’est construire une nouvelle approche du
partenariat, à la fois équilibrée et intégrée entre des opérateurs
scientifiques et des acteurs professionnels : une approche qui
permet de mutualiser les questions posées, comme les résultats et
leur valorisation, jusqu’à « relégitimer » la notion même
d’innovation. C’est, enfin, être en capacité de mobiliser des
équipes de recherche, issues de différents organismes du Nord comme
du Sud, sur ces questions de recherche.
Changement d’échelle à l’adresse du citoyen
Les crises qui s’enchaînent à propos de la science, de ses
applications et de ses limites touchent les domaines abordés par la
recherche agronomique. Ainsi, les contestations portant sur la
sécurité alimentaire, sur les atteintes à l’environnement, sur les
biotechnologies interpellent directement la recherche et annoncent
l’émergence d’un nouveau contrat entre le monde scientifique et le
reste de la société.
La réponse à la demande de dialogue ne peut donc plus se penser
exclusivement en termes de vulgarisation des résultats de
recherche. Cela nécessite de s’expliquer, bien avant l’obtention
d’un résultat dûment validé par les pairs, sur les choix des
problématiques de recherche. Cette démarche privilégiant
l’interaction entre « profanes » et « experts »
suppose, pour le scientifique, de prendre en compte, le cas
échéant, la pluralité des expertises en présence. C’est
probablement un processus participatif complexe à conduire parce
qu’il n’y a pas de « légitimité représentative » au sens
habituel du terme. L’expérience que j’en ai jusqu’à présent, montre
que cette évolution de la nature du débat public et de
l’intervention des utilisateurs en tant que « parties
prenantes » est doublement bénéfique : pour le chercheur
d’une part, en l’aidant à clarifier les questions de recherche, les
objectifs poursuivis et l’organisation globale de la recherche,
pour le citoyen d’autre part qui se sent plus et mieux
« concerné » par les enjeux de la recherche.
En conclusion, le futur de la recherche agronomique, recherche
« finalisée » allie le développement ou la transformation
d’un vaste domaine, au progrès des sciences de la vie, des milieux
physiques ou des sciences humaines et sociales, et passe par ces
différents changements d’échelle. Une réflexion prospective
intégrée dans la programmation de la recherche, une synergie entre
disciplines pour affronter la complexité accrue des objets de
recherche, une interaction entre tous les acteurs pour construire
ensemble l’innovation avec l’ambition d’en faire un « bien
commun » à l’échelle de l’entreprise, de la nation, ou de la
planète en sont les éléments.
C’est l’ambition que je propose pour ces prochaines années.2 Hervieu B, Flamant JC, de Jouvenel H, dir. INRA
2020 : alimentation, agriculture, environnement. Une
prospective pour la recherche. Rapports et documents
institutionnels. Paris : Institut national de la recherche
agronomique, 2003 ; 129 p. +
18 p.http://www.inra.fr/Internet/Directions/DIC/presinra/INFOSERVDIC/doc-institutionnels.htm.3 Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO). La situation mondiale de
l’alimentation et de l’agriculture 2003-2004. Les biotechnologies
agricoles : une réponse aux besoins des plus démunis ?
Sofa 35. Rome : FAO, 2004 ; 226 p.1 Poly J. Pour une agriculture plus économe et plus
autonome. Brochure Inra. Paris : Institut national de la
recherche agronomique, juillet 1978 ; 65 p.
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