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Auteur(s) : JS
On connaît la mobilité spatiale des gènes de colza, mais le maïs ne
semblait pas concerné en la matière, sauf dans quelques cas bien
documentés datant de 2001 et 2002, où des maïs
destinés exclusivement à l’alimentation animale ou à la recherche
pharmaceutique, s’étaient retrouvés dans des filières destinées à
l’alimentation humaine.
En 2005, certaines situations indiquent que les génotypes de
maïs semblent bénéficier de libres parcours planétaires.
En janvier 2002 déjà, les autorités mexicaines
avaient signalé la contamination de variétés paysannes locales par
des gènes spécifiques d’OGM dans des zones reculées de la Sierra
Madre. Aujourd’hui, de nouvelles études confirment ce phénomène. Un
comité d’experts indépendants, chargé d’étudier la situation, a
conclu que les risques pour la santé, l’environnement et la
biodiversité étaient jusqu’à présent très limités. En revanche, les
effets socio-économiques et culturels étaient à considérer
sérieusement. Pour cela, il était recommandé de réduire les
importations de maïs américain vers le Mexique (5 millions de
tonnes annuellement), d’étiqueter clairement les maïs transgéniques
et de moudre les grains de maïs OGM dès leur entrée sur le
territoire mexicain, pour empêcher qu’ils ne servent de semences
[1, 2].
Le Gouvernement mexicain considéra que l’application de certaines
de ces mesures serait trop dispendieuse et en février 2005, le
Congrès du Mexique se limitait à passer une loi requérant un
système d’étiquetage.
Les États-Unis, très opposés aux conclusions du comité d’experts,
firent savoir que les mesures proposées allaient à l’encontre des
accords de libre-échange dans le cadre de l'Accord de libre-échange
nord-américain (ALENA). En attendant, les importations de maïs
américain au Mexique ne diminuent pas.
Un autre cas concerne l’Europe. En avril 2005, on a appris
qu’un maïs OGM non autorisé avait été cultivé aux États-Unis et
exporté vers le Vieux Continent pendant plusieurs années. Cette
situation a été considérée comme « inacceptable » par le
porte-parole de la Commission européenne [3]. C’est la revue
Nature qui a révélé le pot-aux-roses sur son sité Internet
le 22 mars 2005. La société Syngenta, dont le siège est à
Bâle, avait reçu l’autorisation de commercialiser le maïs OGM
Bt 11. Mais il y aurait eu confusion dans les
laboratoires avec une variété Bt 10 non autorisée
et contenant un gène de résistance à un antibiotique. Selon la
firme, 15 000 hectares auraient été ensemencés avec le
maïs Bt illégal ; ils auraient fourni
150 000 tonnes de graines.
Selon les autorités américaines, le Bt 10 ne
présenterait aucun danger pour la santé ou l’environnement.
Syngenta a néanmoins été condamnée à détruire ses stocks et à payer
une amende de 290 000 euros.
L’affaire a eu des suites en Europe. Le
1er avril 2005 (ce n’était pas un poisson), la
Commission européenne estimait que 1 000 tonnes de
Bt 10 auraient pu avoir été importées en Europe et
de petites quantités semées en Espagne et en France aux fins de
recherche, le solde servant à l’alimentation animale.
Cette situation met en question la validité du système de contrôle
des OGM et la Commission se tâte en la matière. Elle envisage
notamment de soumettre les importations de gluten de maïs
américains à des certifications préalables coûteuses pour les
3,5 millions de tonnes qui entrent annuellement sur le
territoire de l’Union. C’est aux exportateurs qu’incomberait la
charge de la preuve, d’après le porte-parole de la
Commission…
Wait and see… n
Références
1. Berger R. Et la tortilla sera transgénique...
Courrier International 2005 ; (755) : 50-1.
2. Malkin E. In Mexico, a Biotech Corn Battle.
New York Times-Le Monde 2005,
2 avril : 3.
3. Kempf H. Un maïs américain a été exporté
illégalement. Le Monde 2005, 15 avril :
8.
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