ARTICLE
Auteur(s) : Jean T. Claude Codjia, Achille Ephrem
Assogbadjo, Marius Rodrigue Mensah Ekué
Laboratoire de gestion des produits forestiers non ligneux
(PFNL-Labo), Faculté des sciences agronomiques, Université
d’Abomey-Calavi, 01 BP 526, Cotonou, Bénin
<ccodjia@firstnet.bj>
<assogbadjo@yahoo.fr>
<ekuemr@yahoo.fr>, <ekue1973avu.org>
Les ressources forestières alimentaires (RFA) font partie d’un
grand ensemble désigné sous le nom de produits forestiers non
ligneux. Ce sont des ressources et produits (autres que le bois
d’œuvre et d’industrie ainsi que leurs dérivés) extraits
d’écosystèmes forestiers et utilisés à des fins d’alimentation
domestique, de commercialisation ou dotés d’une signification
sociale, culturelle ou religieuse [1].
En Amérique latine et en Asie, nombreux sont actuellement les
travaux qui s’intéressent à ces produits de la forêt ainsi qu’à la
dépendance des populations vis-à-vis de ces ressources. Si
l’Afrique souffrait d’un manque d’information dans ce domaine, bon
nombre d’études ont été entreprises ces dernières années en Afrique
de l’Ouest ; on peut citer au Ghana, Falconer [2], Asibey et
Child [3] ; au Nigeria, Okafor [4] ; en Afrique Centrale,
les travaux de Hladik et Dounias [5], Malaisse [6], Dhetchuvi et
Lejoly [7], Mosango et Szafranski [8] et Pagézy [9] au Congo
démocratique ; en Afrique Australe, on peut citer les études
de Campell [10] au Zimbabwé, et de Kokwaro [11] au Kenya.
Les ressources végétales forestières alimentaires qui donnent des
fruits, des graines, des tubercules, des fleurs, des sèves et
autres produits comestibles contribuent directement à
l’alimentation et à l’économie des ménages ruraux. En effet, elles
tiennent une place importante dans les régimes alimentaires et
pourraient aider à résoudre ou du moins à atténuer les problèmes
d’insécurité alimentaire [12-16]. Mieux, ces ressources jouent un
rôle socio-économique et culturel pour les populations ; elles
sont génératrices de revenus et ont parfois des fonctions
religieuses et médicinales. Par ailleurs, il s’agit de ressources
dont les périodes de disponibilité permettent aux populations de
surmonter les périodes de soudure.
Au Bénin, les travaux réalisés par Houngnon [17], Sokpon et Lejoly
[18], Assogbadjo [19] et Fonton [20], Vihotogbé [21], Codjia et
al. [22] sont localisés et ne décrivent que ce qui est
comestible ; aucun travail d’envergure nationale n’a été
réalisé. Ces travaux n’identifient pas les espèces à potentialités
économiques et agroforestières. Le présent travail vise à combler
ce vide. Cependant, il ne s’agit pas d’une étude écologique, ni
d’une quantification économique de la valeur de ces ressources.
Toutefois, il permettra d’orienter davantage les programmes
nationaux d’aménagement intégré des écosystèmes naturels vers la
prise en compte réelle de ces produits dits « produits
secondaires de la forêt ».
Milieu d’étude
L’étude s’est déroulée dans les différentes zones climatiques de
la république du Bénin (112 622 km2) située
dans la zone intertropicale de l’Afrique, entre 5 et 12° de
latitude N et 1,5 et 3° de longitude E. Il s’agit de la zone
guinéo-congolaise située entre 6°25’ et 7°30’, de la zone
soudano-guinéenne située entre 7°30’ et 9°45’ et de la zone
soudanienne située entre 9°45’ et 12°, de latitude N.
Deux types de régimes pluviométriques marquent ces différents
types de climats : depuis la région côtière jusqu’à Savé (8°
de latitude N), la courbe des précipitations présente un aspect
bimodal (avril-juin et septembre-novembre) avec une pluviométrie
moyenne de 1 200 mm par an ; au-delà de Savè (8° et
plus) et au fur et à mesure que l’on se déplace vers le nord, c’est
la répartition monomodale qui apparaît (mai-octobre). La
pluviométrie est globalement supérieure à 900 mm de pluie.
La zone guinéo-congolaise est le domaine des sols sableux peu
fertiles (40 000 hectares) localisés sur le
littoral ; les sols alluviaux et vertisols
(360 000 hectares) localisés dans les vallées du Mono, du
Niger, du Couffo, de l’Ouémé, et dans la dépression de la Lama sont
riches en argile, humus et éléments minéraux. Les sols
ferralitiques (700 000 hectares) sont localisés au
Sud-Bénin (terre de barre).
Dans le soudanien et le soudano-guinéen, on trouve des sols
minéraux peu évolués et peu fertiles
(1 500 000 hectares) localisés dans l’Atacora et des
sols ferrugineux sur socle cristallin de fertilité variable
(8 600 000 hectares) localisés au centre et au
nord.
La végétation dans toutes les zones climatiques du Bénin est
fortement modifiée par l’homme, surtout dans sa partie méridionale
où la densité de la population humaine est élevée. Le
guinéo-congolais est le domaine des forêts denses humides
semi-décidues et des savanes guinéennes. La zone de transition
soudano-guinéenne est le domaine des mosaïques de forêts claires,
éventuellement de forêts denses sèches, parsemées de savanes
arborées et arbustives. La zone soudanienne comprend des savanes,
des pseudo-steppes, des galeries forestières avec des arbres de
plus petite taille recouvrant faiblement le sol.
Dans l’ensemble des localités, les principales activités sont
l’agriculture, l’élevage extensif et la pêche qui dans leur
pratique constituent une menace pour les ressources phytogénétiques
forestières.
Matériel et méthode
La méthode utilisée a consisté à faire des enquêtes
socio-économiques et des inventaires en milieu naturel dans les
localités réparties dans toutes les zones climatiques du Bénin
(Carte 1). Ces
localités ont été choisies en tenant compte des différentes zones
phytogéographiques du Bénin, de la variabilité des groupes
ethniques et de la présence des marchés.
Au niveau des localités, des enquêtes socio-économiques ont été
réalisées auprès des populations, dans les différentes classes
d’âge et de sexe, à l’aide d’un questionnaire structuré. Les
entretiens de groupes et individuels ont été menés en combinant la
méthode de « rappel de mémoire » avec des observations
directes. Ainsi, la diversité des ressources consommées, les
connaissances locales liées à ces ressources, les périodes de
disponibilité, les différentes formes de valorisation de certaines
ressources au niveau local, les espèces commercialisées et les
espèces protégées par les populations ont été identifiées.
En milieu naturel, les données sur les ressources ont été
collectées dans les champs de culture, les habitations, les
jachères, les plantations et dans les forêts naturelles. Dans
chaque localité, des transects ont été réalisés dans les
différentes formations végétales pour apprécier les espèces
dominantes et celles qui sont protégées par les populations. Des
herbiers de référence ont été réalisés pour l’ensemble des espèces
végétales comestibles et déposés au laboratoire de gestion des
produits forestiers non ligneux de la faculté des sciences
agronomiques de l’université d’Abomey-Calavi en république du
Bénin.
Par ailleurs, les observations ont été effectuées sur les marchés
locaux pour identifier les espèces commercialisées. Pour certaines
ressources à fortes potentialités économiques (Irvingia
gabonensis, Corchorus tridens et Vitex doniana
sur le marché local de Pobè au Sud-Bénin, puis Adansonia
digitata sur le marché de Boukoumbé au Nord-Bénin), on a estimé
la masse monétaire générée. Ainsi, lors des jours de marché, tous
les acteurs impliqués dans la commercialisation de ces produits ont
été répertoriés et les quantités amenées sur le marché ont été
systématiquement pesées au début et à la fin des ventes. Tous les
commerçants sont interrogés par marché. Sur chacun des marchés
observés, cette procédure a été répétée durant tous les jours de
marché sur une période de 1 an tout en tenant compte des
périodes de disponibilité de chacune de ses ressources. Tous les
commerçants impliqués dans la vente de produits identifiés ont été
interrogés sur les marchés d’études concernés. Pour les calculs
économiques, seuls les prix de détail au niveau du vendeur sur les
marchés étudiés ont été pris en compte.
La masse monétaire générée par ressource sur un marché local a été
calculée par la formule suivante :
M = Q × Pm
où Q = Σqi; qi étant la quantité
commercialisée par le vendeur i durant toute la période et Pm le
prix moyen de vente en détail du produit sur le marché.
Résultats
Espèces végétales forestières consommées au Bénin
Au total, 162 espèces de ressources végétales forestières
sont consommées par les populations locales à travers tout le pays.
La figure 1
présente la contribution des différents organes consommés par
rapport au total. Les organes les plus consommés sont les fruits
(60 %) ; ils sont suivis respectivement des légumes
feuilles (20 %), des graines (9 %), des racines et
tubercules (6 %), des sèves (3 %) et des fleurs
(2 %).
Les espèces sont plus présentes dans les forêts que dans les
formations plus ouvertes (Annexe). Ainsi, 59 % des
ressources sont identifiées en forêt, contre 41 % dans
l’ensemble des milieux plus ouverts (savane, jachère, champs,
habitations).
Espèces végétales forestières alimentaires à potentialité
économique au Bénin
Il s’agit des espèces transformées et/ou commercialisées sur les
différents marchés locaux. Ce sont essentiellement, pour la partie
septentrionale du Bénin (entre 8° et 12° de latitude N) :
Adansonia digitata, Vitex doniana, Bombax
costatum, Blighia sapida, Borassus aethiopium,
Vitellaria paradoxa, Parkia africana, Tamarindus
indica, Cola nitida, Borassus aethiopum et pour
la partie sud du Bénin (entre 6°30 et 8° de latitude N) :
Vitex doniana, Dialium guineense, Chrysophylum
albidum, Uvaria chamae, Annona senegalensis,
Irvingia gabonensis, Cyperus esculenta. Ces
ressources commercialisées par les populations locales constituent
pour elles des sources de revenus. Le tableau
1 présente les prix moyens de vente au détail sur les
marchés urbains pour certains de ces fruits.
Tableau 1. Prix
moyen par kilo de certains fruits sauvages sur les marchés locaux
du Bénin (de septembre 2000 à septembre 2001).
Table 1. Mean prices per kilo of some edible forest
fruits on the local markets in Benin (from September 2000 to
September 2001).
|
|
Prix (x ± écart type) en F CFA/Kg
(nombre d’observations) |
| Irvingia
gabonensis |
Fruits |
500 ± 200 (98) |
|
Amandes |
500 ± 100 (98) |
| Chrysophylum
albidum |
Fruits |
1 500 ± 400 (57) |
| Dialium
guineense |
Fruits |
300 ± 100 (79) |
| Cyperus
esculenta |
Fruits |
500 ± 50 (72) |
| Parkia
africana |
Graines |
500 ± 100 (89) |
| Vitellaria
paradoxa |
Graines |
500 ± 100 (74) |
| Vitex
doniana |
Fruits |
32 ± 10 (96) |
| Bombax
costatum |
Sépales |
2500 ± 500 (42) |
| Cola
gigantea |
Amandes |
2700 ± 500 (87) |
Adansonia digitata L
Le baobab, Adansonia digitata, a une grande importance
alimentaire au Bénin. Les jeunes feuilles et fleurs ainsi que les
graines sont consommées crues ou bouillies. Mais le plus souvent,
les feuilles sont séchées quand on veut les conserver longtemps.
Elles sont réduites en poudre et utilisées dans la cuisine avec
diverses sauces, très consommées par les populations du nord et du
centre du Bénin.
La valeur économique que représente le baobab n’est plus à
démontrer. Les produits de l’arbre font l’objet d’un commerce
sous-régional. La pulpe, les graines ainsi que les feuilles séchées
et réduites en poudre font l’objet d’une exportation vers les pays
de la sous-région (Togo, Niger, Burkina Faso et Sénégal). Le baobab
est source de revenus pour les populations locales, améliorant
ainsi le budget familial des ménages ruraux. L’exploitation des
produits du baobab a lieu en saison sèche où les paysans ont besoin
d’argent pour constituer ou compléter leurs réserves (alimentaires
et financières) avant la période de disette.
Les populations comptent beaucoup sur la vente de la graine
(surtout décortiquée) et de la pulpe pour faire des achats notables
des produits vivriers et importés le jour du marché. Le prix moyen
du kilo varie selon les organes vendus sur l’espèce (tableau 2). Les graines sont vendues en moyenne à
30 FCFA le kilo, alors que les amandes et la pulpe sont
vendues respectivement en moyenne à 300 et à 130 FCFA le
kilo.
Tableau 2. Prix au kilo des produits
du baobab sur les marchés de la sous-préfecture de Boukoumbé
(janvier à mars 2001).
Table 2. Price per kilo of products from the baobab
tree on the Boukoumbé district markets (from January to March
2001).
Prix moyen du kg (FCFA)
(nombre d’observation) |
| Graines |
30 (54) |
| Amandes |
300 (48) |
| Pulpe |
130 (48) |
Sur une période de trois mois (de janvier à mars 2001),
6 923 kg de pulpe ont été vendus pour près de
900 000 FCFA dans un petit marché de la commune de
Boukoumbé (Nord-Bénin). Le nombre de commerçants impliqués étant de
48 individus, le prix moyen par commerçant est de
18 750 FCFA pour les trois mois.
Blighia sapida Koenig.
Seul l’arille mûr est comestible cru, cuit, grillé ou frit. Il
est riche en huile et est très utilisé par les populations locales.
Les valves et les graines servent à la fabrication du savon dans le
Nord-Bénin. La décoction des feuilles utilisée par voie orale est
efficace dans le traitement des vertiges, des ictères, de l’angine
et de l’hyperthermie. En instillation oculaire, il soigne les
conjonctivites. Au Bénin, il constitue une potentialité économique
(photo 1)
encore non exploitée pour l’exportation, comme le font déjà les
pays comme la Jamaïque.
Vitellaria paradoxa Gaertn.
Le karité joue au Bénin un rôle très important dans
l’alimentation et dans l’économie des populations. Le produit
principal du karité est son beurre qui joue un rôle économique car
il fait l’objet d’un commerce très important, surtout sur les
marchés du Nord-Bénin. Il s’agit d’un produit exporté vers les pays
limitrophes. Par ailleurs, il faut signaler que le beurre de karité
s’emploie localement dans la médecine, en particulier pour les
pommades, ou comme cosmétique. Les racines et les écorces ont des
emplois curatifs. Le beurre, les graines et l’amande sont
commercialisés sur les marchés ruraux et urbains du Bénin. Le prix
de vente des graines varie de 400 à 600 FCFA le kilo selon les
marchés.
Parkia africana (Jacq.) Benth.
Le fruit du néré a une grande importance dans la cuisine. Sa
pulpe fraîche et fermentée donne une boisson rafraîchissante. Les
graines, riches en protéines et en matières grasses, sont utilisées
pour fabriquer un concentré très utilisé au Bénin pour assaisonner
différents types de sauce. La pulpe farineuse est séchée et
utilisée en cuisine dans la partie nord du Bénin. Les différentes
technologies relatives aux différents usages du néré sont très bien
maîtrisées par les populations locales, surtout les femmes.
Les graines et la pulpe de néré sont commercialisées sur les
marchés ruraux et urbains du Bénin (photo 2). Tout comme
le karité par exemple, le prix de vente des graines varie de 400 à
600 FCFA selon les marchés et les localités explorées.
Borassus aethiopum Mart.
C’est un palmier très exploité. Il est utilisé dans de
nombreuses constructions, notamment les charpentes de case. La
partie charnue du fruit est consommée. Les rameaux et les feuilles
sont utilisés dans la vannerie. La consommation des radicelles du
rônier juvénile est une pratique courante au Bénin. Les radicelles
ainsi que les fruits font l’objet de commercialisation sur les
marchés ruraux et urbains du Bénin. Ainsi, le prix unitaire de
vente du fruit varie entre 50 et 75 FCFA selon les localités,
alors que les radicelles sont vendues en moyenne
1 200 FCFA le kilo.
Vitex doniana Sweet.
Le prunier noir (Vitex doniana) est une espèce dont la
pulpe noirâtre et sucrée est comestible et peut servir à faire une
boisson douce. Les folioles des jeunes feuilles sont très
recherchées et utilisées dans la sauce dans toutes les localités du
Bénin.
Sur 96 points de vente répartis sur 4 marchés locaux du
Sud-Bénin (marchés de Pobè, de Porto-Novo, de Comè et de Dogbo), il
ressort que le prix de vente du fruit est de
32 ± 10 FCFA le kilo. Sur une période d’un mois
(période d’abondance en août) il a été vendu sur ces 4 marchés
une quantité de 9 234 kg de ce fruit, équivalent à une
masse monétaire de 295 488 ± 92 340 FCFA.
Le nombre d’acteurs locaux engagés dans la commercialisation étant
de 96 individus sur l’ensemble des marchés, la recette moyenne
par commerçant pour la vente de ce fruit est d’environ
3 075 FCFA par mois.
Les feuilles légumières
Plusieurs espèces spontanées sont vendues dans les marchés
locaux en tant que légumes. Dans la partie sud du Bénin, le
crincrin sauvage (Corchorus tridens), l’amarante sauvage
(Amaranthus spinosus) et les feuilles de Vitex
doniana sont les espèces les plus commercialisées sur les
marchés. Les autres légumes feuilles (Talinum triangulare,
Emilia sonchifolia, Solanum nigrum, Solanum
turvum, etc.) font objet d’un léger trafic. Le tableau 3 donne les prix moyens par kilo frais de
certains légumes commercialisés sur les marchés.
Tableau 3. Prix moyen par kilo frais
de certains légumes commercialisés sur les marchés locaux du Bénin
(de septembre 2000 à septembre 2001).
Table 3. Mean price per fresh kilo of certain
vegetables sold on local markets in Benin (from September 2000 to
September 2001).
Prix (x ± écart
type) sur les marchés locaux en
FCFA/kg frais (nombre d’observations) |
| Emilia sonchifolia |
83,89 ± 17,20 (78) |
| Blactuca taraxacifolia |
62,91 ± 12,52 (76) |
| Talinum triangulare |
37,50 ± 8,33 (32) |
| Solanum nigrum |
36,00 ± 9,54 (86) |
| Solanum turvum |
36,00 ± 9,54 (77) |
| Sparganophora sparnophorus |
96,33 ± 22,10 (34) |
Corchorus tridens, une des espèces les plus commercialisées
est disponible 6 mois de l’année. Au total,
120 771 tonnes de ce légume ont été déversées durant
cette période sur les marchés de la commune de Pobè au Sud-Bénin,
générant une masse monétaire de 6 357 724 FCFA. Le
nombre d’acteurs locaux engagés dans la commercialisation étant de
580 individus sur l’ensemble des marchés, la recette moyenne
par acteur est d’environ 11 000 FCFA par saison.
Espèces végétales forestières alimentaires à potentialité
agroforestière
Il s’agit des espèces protégées sur les champs et dans les
habitations par les populations locales. Il s’agit essentiellement
d’espèces fruitières telles que Adansonia digitata, Vitex
doniana, Bombax costatum, Blighia sapida,
Borassus aethiopum, Vitellaria paradoxa, Parkia
africana, Tamarindus indica et Diospyros
mespiliformis.
Adansonia digitata L.
En raison de la place centrale qu’il occupe dans la société, le
baobab apparaît comme un arbre « social ». Dans les
régions du Nord-Bénin, cet arbre est vénéré par certains groupes
socioculturels. L’arbre a toujours bénéficié de soins
agroforestiers particuliers. Il est fréquent de le rencontrer près
des habitations humaines (photo 3).
Vitellaria paradoxa Gaertn.
Dans les systèmes agroforestiers traditionnels, le karité se
rencontre dans les champs et les jachères. Toutefois, il est commun
aux vieilles jachères, aux savanes et à la forêt claire
soudanienne. Les parcs à karité sont des indicateurs évidents des
systèmes agrosylvicoles en zone soudanienne au Bénin. Ces parcs ont
été sélectionnés de façon intentionnelle pour répondre non
seulement à des besoins locaux, des stratégies de production et des
systèmes de sécurité et de survie, mais aussi pour remplir des
fonctions culturelles importantes.
Parkia africana (Jacq.) Benth.
Le néré est retrouvé dans presque tous les champs au Nord-Bénin.
Cet arbre est très utile aux paysans à cause des fonctions utiles
qu’il remplit. Les parcs à néré doivent leur existence et leur
physionomie à l’intervention de l’homme. Le parc est composé
essentiellement de néré et de Faidherbia albida lorsqu’il
est créé par les ethnies d’éleveurs. Quand il est composé de néré
et de karité, le parc est alors créé par des ethnies
d’agriculteurs.
Borassus aethiopum Mart.
Son intérêt dans les systèmes agroforestiers s’explique, d’une
part, par la commercialisation de ses radicelles et de son vin, et,
d’autre part, par l’utilisation de son bois pour la construction.
Sur l’axe Parakou-Cotonou, un important commerce se développe
autour de cette ressource et constitue la principale activité pour
certaines couches des populations (photo 4).
Tamarindus indica L.
Le tamarin est un arbre qui s’intègre également dans les
systèmes agroforestiers traditionnels au Bénin. De ce fait, on le
rencontre dans les habitations et dans les champs. Les raisons
fondamentales qui justifient son intégration dans l’agroforesterie
traditionnelle sont multiples mais la principale est certainement
liée à ses fruits utilisés pour fabriquer une boisson acidulée.
Discussion
Le présent travail rend compte de la diversité des ressources
forestières alimentaires végétales et des utilisations au niveau
local. Mais il n’existe pas encore de données quantitatives sur la
composition chimique, la production en milieu naturel et la part
quantitative des ressources dans l’alimentation familiale pour
estimer de façon plus réaliste la contribution des ressources à
l’alimentation des populations.
Les forêts tropicales constituent une source et un réservoir
potentiel de produits alimentaires. Au total, il a été recensé
162 espèces végétales dans l’ensemble des écosystèmes explorés
au Bénin.
Cet effectif se situe dans le même ordre de grandeur que celui
observé par Okafor [14] qui a inventorié au Nigeria plus de
150 espèces de plantes ligneuses comestibles. En revanche, la
diversité obtenue au Bénin en matière de ressources végétales est
nettement en dessous de celle obtenue par Becker [23] qui, dans une
étude bibliographique, a révélé l’existence de 800 espèces
végétales comestibles dans la ceinture sahélienne aride et
semi-aride.
Malgré l’existence d’un potentiel de ressources alimentaires
inexploitées au niveau de nos forêts, la reconnaissance des plantes
comestibles et leur consommation étaient fondamentales pour les
populations à économie fondée sur la chasse, la cueillette et la
commercialisation de produits forestiers non ligneux. En effet,
pendant plusieurs siècles, les connaissances locales transmises par
tradition orale ont augmenté les chances de survie de l’individu
pendant les périodes de disette et de famine.
Plusieurs travaux ont illustré l’importance du commerce des
produits forestiers pour les habitants de la forêt et les groupes
tribaux [2].
Leur disponibilité est sous la dépendance des saisons. Dans la
forêt classée de la Lama au sud du Bénin, les fruits sont
disponibles à 75 % en petite saison sèche contre seulement
20 % en grande saison sèche. Le début des saisons de pluies et
la fin des saisons sèches étant considérés comme des périodes de
soudure [24-26], on peut dire que les périodes de disponibilité des
ressources consommées par les populations constituent un avantage
considérable, surtout si l’on se souvient que ces périodes sont
caractérisées par un déficit alimentaire en produits agricoles. En
effet, durant ces périodes, les ignames sauvages, autrefois
considérés comme des rejets, entrent activement dans l’alimentation
des populations. Les légumes sauvages sont consommés presque tous
les jours dans les familles. Les fruits sont d’une importance
particulière pour les différentes catégories sociales et sont le
plus souvent consommés comme une collation ou un supplément. De
plus, ces espèces sont sources de vitamines, de sels minéraux et de
protéines dans un régime où les céréales dominent [27]. Ces
aliments servent surtout à compenser les déficits vitaminiques et
minéraux se produisant en début de saison humide.
Ce sont des données d’une importance capitale, car elles
permettent de comprendre que les populations locales substituent
valablement les produits de l’agriculture classiques lorsque ces
derniers viennent à manquer.
La tendance jusqu’à présent est la non- considération effective de
ces produits qualifiés de « secondaires de la forêt »
dans les différents programmes nationaux d’aménagement de ces
écosystèmes naturels, alors que les explorations effectuées dans
les différentes formations végétales montrent que ces dernières
regorgent d’espèces bien adaptées à une agriculture durable
reposant sur les plantations d’arbres ou sur des productions de
jardins de case. En effet, certaines ressources végétales comme les
ignames sauvages, les fruits à graines arillées comme ceux de
Paullinia pinnata et de Blighia sapida, et d’autres
fruits comme Irvingia gabonensis, Vitellaria
paradoxa, Parkia africana, Adansonia digitata ou
Borassus aethiopum peuvent donner des aliments de base
procurant à la fois énergie (sous forme d’amidon ou de lipides),
protéines, acides aminés essentiels, minéraux et vitamines [28].
Ces espèces, si elles étaient domestiquées, pouvaient contribuer à
l’installation d’une véritable agriculture permanente rentable sur
le long terme. Un tel type d’arboriculture peut aller de simples
jardins de case à des systèmes agroforestiers à grande échelle,
jusqu’aux aménagements forestiers à multi-usages. Toutefois, les
espèces prioritaires pour une telle séquence agroécologique
devraient être celles préférées par les populations locales. Ces
espèces préférées sont déjà épargnées et entretenues par les
paysans lors des défrichements car présentant pour eux un intérêt
socio-économique. Cette pratique se concrétise déjà par la mise en
place d’agroécosystèmes où les arbres sont dispersés dans les
cultures vivrières. Sokpon [29] souligne cependant que cette forme
de culture de fruitiers spontanés ou subspontanés est généralement
pratiquée dans tout le Sud-Bénin. Il en est de même dans la partie
nord du Bénin où certaines espèces comme Vitellaria
paradoxa, Parkia biglobosa, Adansonia digitata ou
Borassus aethiopum sont systématiquement protégées par les
populations. Cette pratique a été également citée au Kenya [11], au
sud du Cameroun [30] et au Zimbabwe [10]
Conclusion
Cette étude a permis de montrer que la forêt peut être source de
revenu pour les ménages ruraux pauvres. Cependant, des études
doivent être complétées pour identifier, d’une part, la production
de la forêt et, d’autre part, pour mettre en exergue la composition
en nutriments de ces ressources forestières non ligneuses et les
valeurs quantifiées sur leur consommation par les populations
locales. Des efforts doivent aussi être axés sur les possibilités
de domestication des espèces à valeur socio-économique afin
d’améliorer les systèmes agroforestiers traditionnels dans lesquels
elles sont actuellement cultivées.
Les programmes de recherche et développement allant dans le sens
de la valorisation des ressources forestières alimentaires doivent
être encouragés.
Aussi, il serait important, lors des aménagements des écosystèmes
dégradés, de faire des enrichissements avec des essences à usage
multiple intégrant les exigences écologiques et pédagogiques du
milieu, des considérations économiques, culturelles et alimentaires
des populations n
Références
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structure et composition floristique. In : Hladik CM, Hladik
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biculturelles et perspectives de développement. Paris :
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forêt équatoriale. Paris : Unesco/MAB/CNRS, 1989 :
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| 1. |
Abrus pulchellus Wall. ex Thw. |
Fabaceae |
Graine |
Liane |
Forêt |
| 2. |
Adansonia digitata L. |
Bombacaceae |
Feuille, fruit |
Arbre |
Jachère, champ |
| 3. |
Afraegle paniculatum (Shum. et Thonn.)
Engl. |
Rutaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 4. |
Aframomum sceptrum (Oliv. et Hanb.) K.
Schum |
Zingibéraceae |
Fruit |
Herbe |
Forêt |
| 5. |
Afzelia africana Sm. |
Césalpiniaceae |
Arille |
Arbre |
Forêt |
| 6. |
Albizia adianthifolia (Schum.) W.F.Wight. |
Mimosaceae |
Graine |
Arbre |
Forêt |
| 7. |
Allophylus africanus P. Beauv. |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 8. |
Alternanthera sessilis R. Br. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Mare |
| 9. |
Amaranthus sp. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 10. |
Amaranthus spinosus Linn. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 11. |
Angylocalyx oligophyllus (Bak.) Bak. |
Fabaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 12. |
Annona senegalensis Pers. |
Annonaceae |
Fruit |
Arbuste |
Jachère, champ |
| 13. |
Antiarix toxicaria L. |
Moraceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 14. |
Antidesma venosum Tul. |
Euphorbiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 15. |
Aphania senegalensis Radlk. |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 16. |
Asystasia gangetica (Linn.) T. Anders. |
Acanthaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère, champ |
| 17. |
Balanites aegyptiaca (L) Del. |
Balanitaceae |
Fruit |
Arbuste |
Savane |
| 18. |
Bidens pilosa Linn. |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, jeune jachère |
| 19. |
Blactuca taraxacifolia (Willd.) Schum. |
Astéraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 20. |
Blighia sapida Koenig. |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbre |
Jachère, champ, habitation |
| 21. |
Boerhavia diffusa L. |
Nyctagynaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 22. |
Bombax costatum Pellegr. et Viollet |
Bombacaceae |
Fleur |
Arbre |
Savane |
| 23. |
Borassus aethiopium Mart. |
Palmaceae |
Sève/fruit/racine |
Arbre |
Jachère |
| 24. |
Bosqueia angolensis Ficalho |
Moraceae |
Pulpe/graine |
Arbre |
Forêt |
| 25. |
Bridelia ferruginea Benth. |
Euphorbiaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 26. |
Callichilia barteri (Hook. F.) Stapf |
Apocynaceae |
Fruit |
Arbuste |
Jachère |
| 27. |
Canarium schweinfurthii Engl. |
Burseraceae |
Fruit/graine |
Arbre |
Forêt |
| 28. |
Canavalia virosa (Sw.) Dc. |
Fabaceae |
Graine/fruit |
Liane |
Forêt |
| 29. |
Capparis rothii Dc. |
Capparidaceae |
Fruit |
Liane |
Champ |
| 30. |
Capparis tomentosa Lam. |
Caparidaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 31. |
Carpolobia lutea G. Don. |
Polygalaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 32. |
Ceiba pentandra (Linn.) Gaertn. |
Bombacaceae |
Fruit/graine |
Arbre |
Forêt |
| 33. |
Celosia argentea L. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 34. |
Celosia argentea var. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 35. |
Celosia laxa (Schum et Thonn.) |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 36. |
Celosia trigyna L. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 37. |
Centrosema pubescens Benth. |
Fabaceae |
Fleur |
Liane |
Jachère, lisière-forêt |
| 38. |
Ceropejia sp. |
Asclépiadaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 39. |
Cerathotheca sesamoides Endl. |
Pedaliaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère, champ |
| 40. |
Chromolaena odorata (L.) R.M. King et
Robinson |
Astéraceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère |
| 41. |
Chrysophyllum albidum G. Don. |
Sapotaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt, champ |
| 42. |
Cissus populnea Guill. et Perrott. |
Vitaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 43. |
Cissus gracilis Guill. et Perrott. |
Vitaceae |
Fruit |
Liane |
Champ, maison |
| 44. |
Cleome rutidosperma Dc. |
Cleomaceae/capparidaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 45. |
Cleome viscose L. |
Cleomaceae/capparidaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 46. |
Cola gigantea Brenan et Keay |
Sterculiaceae |
Fruit/arille/graines |
Arbre |
Forêt |
| 47. |
Cola millenii K. schum. |
Sterculiaceae |
Fruit/graine |
Arbre |
Forêt |
| 48. |
Cola nitida (Vent.) Schott. et Endl. |
Sterculiaceae |
Fruit/graine |
Arbre |
Forêt, champ, maison |
| 49. |
Combretum glandiflorum G. Don |
Combretaceae |
Fleur |
Arbuste |
Forêt |
| 50. |
Combretum glutinosum Perr. ex Dc. |
Combretaceae |
Feuille |
Arbuste |
Forêt |
| 51. |
Combretum paniculatum Vent. |
Combretaceae |
Fleur/feuille |
Arbuste |
Forêt |
| 52. |
Combretum racemosum P. Beauv. |
Combretaceae |
Feuille |
Liane |
Forêt |
| 53. |
Corchorus olitoruis Linn. |
Tiliaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 54. |
Corchorus tridens Linn. |
Tiliaceae |
Feuille |
Herbe |
|
| 55. |
Crassocephalum rubens (Juss. Ex Jacq.) S.
Moore |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
|
| 56. |
Deinbollia pinnata (Poir.) Schumach. Ex
Thonn. |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbuste |
Jachère, champ |
| 57. |
Detarium microcarpum Guill. et Pers. |
Césalpiniaceae |
Fruit |
Arbre |
Jachère/savane |
| 58. |
Dialium guineense Willd. |
Césalpiniaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 59. |
Dichapetalum guineense (DC.) Keay |
Dichapetalaceae |
Fruits/Pulpe |
Arbuste |
Forêt |
| 60. |
Dioscorea abyssinica Hochst. ex Kunth. |
Dioscoréaceae |
Tubercule |
Liane |
Forêt, jachère |
| 61. |
Dioscorea bulbifera Linn. |
Dioscoréaceae |
Tubercule |
Liane |
Forêt |
| 62. |
Dioscorea dumetorum (Kunth) Pax. |
Dioscoreaceae |
Tubercule |
Liane |
Forêt |
| 63. |
Dioscorea munitiflora Engl. |
Dioscoreaceae |
Tubercule |
Liane |
Forêt, jachère |
| 64. |
Dioscorea prehensilis Benth. |
Dioscoreaceae |
Tubercule |
Liane |
Forêt, jachère |
| 65. |
Dioscorea sp. |
Dioscoreaceae |
Fruit |
Liane |
Lisière-forêt, maison |
| 66. |
Diospyros mespiliformis Hochst. |
Ebenaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 67. |
Diospyros soubreana F. White |
Ebenaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt, maison, champ |
| 68. |
Drypetes floribunda Hutch. |
Euphorbiaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 69. |
Echiops longifolius A. Rich. |
Asteraceae |
Racine |
Herbe |
Savane |
| 70. |
Emilia coccinea (Sims.) G. Don |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 71. |
Emilia praetermissa Milne-Readhead |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 72. |
Emilia sonchifolia (L.) DC. Ex Wight |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 73. |
Entada africana Guill. et Perrott. |
Mimosaceae |
Racine |
Arbuste |
Savane |
| 74. |
Euphorbia heterophylla Linn. |
Euphorbiaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 75. |
Fagara xanthoxyloides Lam. Zepernick. et
Timler |
Rutaceae |
Racine |
Arbre/arbuste |
Savane, habitation, champ |
| 76. |
Ficus capensis Thunb. |
Moraceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt, jachère |
| 77. |
Ficus gnapholocarpa (Miq.) Steud. ex A.
Rich. |
Moraceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 78 |
Ficus ingens (Miq.) Miq. |
Moraceae |
Fruit |
Arbre |
Savane, champ |
| 79. |
Ficus sycomorus L. |
Moraceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 80. |
Gardenia erubescens Stapf. et Hutch |
Rubiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt, jachère |
| 81. |
Gomphrena globosa Mart. |
Amarantaceae |
Feuille |
Herbe |
Plantation, champ, rue |
| 82. |
Grewia carpinifolia Juss. |
Tiliaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 83. |
Grewia cissoides Hutch. et Dalz. |
Tiliaceae |
Fruit |
Arbre |
Savane, montagne |
| 84. |
Grewia lasiodiscus K. Schum. |
Tiliaceae |
Fruit |
Arbre |
Savane, montagne |
| 85. |
Grewia mollis Juss. |
Tiliaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 86. |
Gynandropsis gynandia (Linn.) Briq. |
Capparidaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère, habitation |
| 87. |
Heliotropium indicum Linn. |
Boraginaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère, montagne, maison |
| 88. |
Hexalobus monopetalus (A. Rich.) Engl. et
Diels |
Annonaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 89. |
Hildegardia barteri (Mast.) Kosterm |
Sterculiaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 90. |
Hoslundia opposita Vahl. |
Lamiaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 91. |
Hyphaene thebaica (Linn.) Mart |
Palmaceae |
Sève/fruit/racine |
Arbre |
Jachère |
| 92. |
Hypselodelphis violacea (Ridl.) Milne-Redh |
Amarantaceae |
Fruit |
Herbe |
Forêt |
| 93. |
Icacina tricantha Oliv. |
Icacinaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 94. |
Ipomea aquatica Forssk. |
Convolvulaceae |
Feuille |
Liane |
Mare |
| 95. |
Ipomoea aegyptiaca (L.) Sweet |
Convolvulaceae |
Feuille |
Herbe |
Mare, champ |
| 96. |
Irvingia gabonensis Baill. |
Irvingiaceae |
Fruit, graine |
Arbre |
Habitation, champ |
| 97. |
Landolphia landolphioides A. Dc. |
Apocynaceae |
Pulpe |
Liane |
Forêt |
| 98. |
Landolphia owarensis P. Beauv. |
Apocynaceae |
Pulpe |
Liane |
Forêt |
| 99. |
Lannea acida A. Rich. |
Anacardiaceae |
Fruit |
Arbre |
Savane |
| 100. |
Lannea kerstingi Engl. et K. Krause |
Anacardiaceae |
Fruit |
Arbre |
Savane, jachère |
| 101. |
Lannea microcarpa Engl. et K. Krause |
Anacardiaceae |
Fruit |
Arbre |
Savane |
| 102. |
Lantana rhodesiensis Moldenke |
Verbenaceae |
Fruit |
Arbuste |
Savane |
| 103. |
Leucaniodiscus cupanoïdes Planch. Ex Benth. |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 104. |
Leea guineensis G. Don. |
Leeaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 105. |
Macrosphyra longistyla (Dc.) Hiern |
Rubiaceae |
Feuille, fruit |
Herbe |
Jachère, champ |
| 106. |
Milicia excelca (wel). Benth. |
Moraceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 107. |
Mimusops andongensis Hiern |
Sapotaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 108. |
Momordica charantia Linn. |
Cucurbitaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 109. |
Mussaenda elegans Schum et
Thonn. |
Rubiaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt/jachère |
| 110. |
Myrianthus arboreus P.
Beauv. |
Moraceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 111. |
Nauclea latifolia Sm. |
Rubiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt, jachère, champ |
| 112. |
Nymphea lotus Linn. |
Nymphaeaceae |
Feuille |
Herbe |
Eau |
| 113. |
Olax subscorpioides
Oliv. |
Olacaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 114. |
Opilia celtidifolia (Guill.
et Perr.) Endl. Ex Walp. |
Opiliaceae |
Fruit |
Liane/arbuste |
Forêt |
| 115 |
Oxyanthus speciosus Schum et
Thonn. |
Rubiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 116. |
Pachystela brevipes (Bk.)
Baill. ex Engl. |
Sapotaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 117. |
Pancovia bijuga
Willdenow |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 118. |
Pancovia sessliflora Hutch.
et Dalz. |
Sapindaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 119. |
Parkia bicolor A. Chev. |
Mimosaceae |
Fruit, graine |
Arbre |
Forêt, jachère |
| 120. |
Parkia africana (Jacq.)
Benth. |
Mimosaceae |
Fruit, graine |
Arbre |
Forêt, jachère |
| 121. |
Passiflora foetida Linn. |
Passifloraceae |
Fruit |
Liane |
Champ, jachère |
| 122. |
Paullinia pinnata Linn. |
Sapindaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt, jachère |
| 123. |
Pentaclethra macrophylla
Benth. |
Mimosaceae |
Graine |
Arbre |
Forêt |
| 124. |
Pentadesma butyracea
Sab. |
Guittiferaceae |
Fruit/graine |
Arbre |
Forêt galerie |
| 125. |
Phoenix reclinata Jacq. |
Palmaceae |
Fruit/sève |
Arbuste |
Savane/jachère |
| 126. |
Physalis angulata Linn. |
Solanaceae |
Fruit |
Herbe |
Forêt, jachère, champ, maison |
| 127 |
Psidium guajava Linn. |
Myrtaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt, jachère |
| 128. |
Pterocarpus santalinoides
L’Hér. ex DC. |
Fabaceae |
Graine |
Arbre |
Forêt |
| 129. |
Pycnanthus angolensis (Welw.)
Warb. |
Myristicaceae |
Graine |
Arbre |
Forêt |
| 130. |
Ricinodendron heudeloti
(Baill.) Pierre ex Pax |
Euphorbiaceae |
Graine |
Arbre |
Forêt |
| 131. |
Rothmannia longiflora
Salisb. |
Rubiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 132. |
Saba senegalensis (A. DC.)
Pichon |
Apocynaceae |
Pulpe |
Liane |
Forêt |
| 133. |
Saba thompsonii (A. Chev.)
Pichon |
Apocynaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 134. |
Sabicea calycina Benth. |
Rubiaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 135. |
Sabicea vogelii Benth. |
Rubiaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 136. |
Salacia erecta (G. Don.)
Walp. |
Hippocrateaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 137. |
Salacia senegalensis (Lam.)
DC. |
Celastraceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 138. |
Sesamum indicum L. |
Scrophulariaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère |
| 139. |
Sherbournia bignoniiflora
(Welw.) Hua. |
Rubiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 140. |
Solanum nigrum L. |
Solanaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 141. |
Solanum torvum Swartz |
Solanaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère, champ, maison |
| 142. |
Sorindeia warneckeï
Engl. |
Anacardiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Jachère |
| 143. |
Sparganophorus sparganophora
(L.) C. Jeffrey |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
|
| 144. |
Spondias mombin Linn. |
Anacardiaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt, jachère, champ |
| 145. |
Strombosia glaucescens J.
Léonard |
Olacaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 146. |
Strychnos spinosa Lam. |
Loganiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Savane |
| 147. |
Synsepalum dulcificum (Schum
et Thonn.) Daniell |
Sapotaceae |
Fruit |
Arbuste |
Forêt |
| 148. |
Syzygium guineense (Willd.)
DC. |
Myrtaceae |
Fruit |
Arbre |
Montagne |
| 149. |
Talinum triangulare (Jacq.)
Willd. |
Portulacaceae |
Feuille |
Herbe |
Jachère, champ, maison |
| 150. |
Tamarindus indica Linn. |
Cesalpiniaceae |
Fruit |
Arbre |
Jachère/savane |
| 151 |
Tetrorchidium didymostemon
(Baill.) Pax et K. Hoffm |
Euphorbiaceae |
Fruit |
Arbre |
Forêt |
| 152 |
Trianthema portulacastrum
Linn. |
Aizoaceae |
Feuille |
Herbe |
Champ, maison |
| 153 |
Triclisia subcordata
Oliv. |
Tiliaceae |
Fruit |
Liane |
Forêt |
| 154 |
Triplochiton scleroxylon K.
Schum. |
Sterculiaceae |
Feuille |
Arbre |
Forêt |
| 155. |
Uvaria chamae P. Beauv. |
Annonaceae |
Fruit |
Arbuste |
Jachère, champ |
| 156. |
Vernonia cinerea (Linn.)
Less. |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 157. |
Vernonia colorata (Willd.)
Drake |
Asteraceae |
Feuille |
Arbuste |
Forêt, champ, maison |
| 158. |
Vernonia sp. |
Asteraceae |
Feuille |
Herbe |
Champ |
| 159. |
Vitex doniana Sweet Hort.
Brit. |
Verbenaceae |
Feuille, fruit |
Arbre |
Forêt, jachère, champ |
| 160. |
Vitex grandifolia Gurke |
Verbenaceae |
Feuille/pulpe |
Arbre |
Forêt |
| 161. |
Vitellaria paradoxa
Gaertn. |
Sapotaceae |
Fruit/graine |
Arbre |
Savane |
| 162. |
Xymenia americana L. |
Loganiaceae |
Fruit |
Arbuste |
Savane |
| Parties utilisées |
Types morphologiques
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Habitat
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| N° |
Noms scientifiques |
Familles
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Annexe. Diversité des ressources végétales
forestières alimentaires.
Appendix. Diversity of edible vegetable forest resources.
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