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Publiée dans la revue : Cahiers Agricultures. Mars-Avril 2003. Volume 12Number 2,

Auteur(s) : LMH

Auteur(s) : LMH

L’amélioration des organismes vivants pour des usages divers, en particulier agroalimentaires, repose autant sur l’inhibition de certains gènes endogènes que sur l’addition de gènes exogènes. 
Inhiber l’expression d’un gène n’est pas toujours une chose simple. La surexpression d’une protéine ayant un effet transdominant négatif peut se traduire par une inhibition du gène recherché. De tels mutants ne sont pas faciles à trouver. L’inhibition de gène par recombinaison homologue (knock out) n’est pas possible chez tous les animaux et elle reste anecdotique chez les plantes. L’utilisation des ARN interférents (ARNi : petits ARN double brin qui détruisent les ARN ayant une séquence identique) est une autre possibilité, mais elle a ses propres limites. Celles-ci apparaissent clairement lorsque les ARNi sont dirigés contre des virus qui ont su développer des suppresseurs neutralisant les effets des ARNi.

L’utilisation des anticorps neutralisants est un vieux rêve. Ceux-ci peuvent agir à l’extérieur des cellules et donc de manière plus ou moins systémique. Ils ne touchent dans ce cas pas les protéines intracellulaires et cela limite leur intérêt. 

Il est possible de faire synthétiser par les cellules des anticorps modifiés de manière à ce qu’ils ne soient plus sécrétés hors des cellules. On les appelle alors des intracorps. Les intracorps sont en principe capables de reconnaître une région active d’une protéine ou d’une famille de protéines et de la neutraliser. Les anticorps conventionnels provenant de mammifères sont peu actifs dans l’espace intracellulaire qui est réducteur et déstabilise les liaisons disulfures indispensables à l’activité des anticorps. 

Les anticorps de chameau et de lamas sont connus pour n’être composés que d’une chaîne lourde qui est très stable. L’expression dans des cellules de pommes de terre d’intracorps dirigés contre les enzymes synthétisant de l’amidon branché a conduit à l’obtention de lignées de pommes de terre enrichies en amylase [1, 2]. Ce succès a été remporté grâce à un ciblage des intracorps vers les plastides de la plante. 
Ce procédé, relativement sophistiqué, peut être mis en œuvre si cela apparaît résoudre des problèmes restés en suspens. Il a l’avantage d’être général et en principe applicable à n’importe quel organisme vivant pour immunomoduler l’activité de protéines intracellulaires diverses. n

1. Jobling SA, Jarman C, Teh MM, Holmberg N, Blake C, Verhoeyen ME. Immunomodulation of enzyme function in plants by single-domain antibody fragments. Nat Biotechnol 2003 ; 21 : 77-80.

2. Conrad U, Sonnewald U. Antibody jabs for plant enzymes. Nat Biotechnol 2003 ; 21 : 35-6.


 

 

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