ARTICLE
Auteur(s) : Gilles Sarter
383, rue du Pioch de Boutonnet, Bâtiment C,
34090 Montpellier, France
<sgsarter@wanadoo.fr>
Au Maroc, l’élevage intensif de poulets en
batterie – communément nommés poulets roumi –
débute dans les années 1960, sous l’impulsion de mesures
d’encouragement. La production annuelle de ce secteur, cumulée avec
la production marginale de poules pondeuses réformées (appelées
« poulets croisés »), connaît un accroissement rapide,
passant de 6 600 tonnes en 1969 à
180 000 tonnes en 2002. En marge de cette aviculture
intensive, coexiste l’élevage de basse-cour dans toutes les
campagnes marocaines. Les produits de cet élevage sont connus sous
le nom de poulets beldi. En 2002, la contribution de ce
secteur à la production nationale s’élevait à
50 000 tonnes [1]. Au total, entre 1969 et 2002, les
disponibilités en viande blanche passent de 2,5 à 8 kg/hab./an
tandis que dans le même temps, les disponibilités en viande rouge
diminuent, et le poulet de batterie devient la viande la plus
consommée au Maroc. En effet, il profite aussi d’un écart de prix
important avec les viandes rouges. En 2000, les prix au détail
s’établissaient en moyenne à 50 DH/kg pour les viandes rouges
et à 14 DH/kg pour le poulet roumi vendu en vif1.
Parallèlement, le beldi connaît une revalorisation et voit
son prix augmenter : en 2002, il était deux fois plus élevé
que celui du roumi [2]. Au final, l’objectif des politiques
de l’élevage d’augmenter la part des protéines animales dans
l’alimentation humaine a été atteint, au cours des trente dernières
années, au moins en ce qui concerne les viandes blanches.
Toutefois, avant de formuler et de mettre en œuvre de nouveaux
programmes d’orientation ou d’encouragement du secteur avicole, il
paraît important de s’interroger sur les qualités et catégories de
viande à produire et à mettre sur le marché local.
Depuis plusieurs années2, nous
menons une étude sociologique sur la consommation et la production
de viande au Maroc. Nous essayons notamment de rendre compte de
l’articulation des goûts des consommateurs et des systèmes de
production et de distribution des aliments, appréhendés comme les
résultats de constructions historiques et collectives. Dans cet
article, nous proposons d’aborder cette problématique à partir du
cas de la consommation des poulets beldi et roumi à
Rabat, la consommation de poulet croisé restant très
marginale.
Les goûts sont des dispositions acquises à percevoir, à
différencier et à apprécier des pratiques et des produits [3]. Ces
dispositions incorporées par les consommateurs ne s’observent
jamais directement en tant que telles. Leur mise à jour nécessite
un travail de reconstruction sur la base de la description des
pratiques, des opinions et des jugements des agents [4]. À partir
du matériau empirique que nous avons collecté lors d’entretiens
approfondis3 auprès de
40 habitants de Rabat – résidant dans quatre
catégories de quartiers représentatifs de la structure de la
ville – et auprès de commerçants et de producteurs de
poulets, nous avons essayé de reconstruire les dispositions des
consommateurs à différencier et à apprécier les poulets
beldi et roumi, d’en établir la genèse et de les
confronter avec les caractéristiques physiques des volailles et
avec les modes de conduite de leurs élevages. Les résultats obtenus
sont exposés dans la première partie de cet article. La seconde
partie rend compte des pratiques d’approvisionnement des
consommateurs, de leurs capacités à identifier les animaux au
moment de l’achat et de l’articulation entre ces capacités et la
structuration de la distribution des poulets.
1 10 DH = 1 euro.
2 Il s’agit d’un travail de thèse de doctorat
portant sur « La construction sociale des aliments.
Consommation et production de viande d’ovin au Maroc »,
IEDES, université Paris 1 ; UMR « Innovation »,
Montpellier – Institut agro-vétérinaire Hassan II,
Rabat.
3 Les entretiens ont été menés
en français et en arabe dialectal marocain.
Dispositions des consommateurs à différencier et à apprécier
les poulets
Il ressort de nos enquêtes que les consommateurs sont, d’une
part, disposés à différencier les viandes des poulets beldi
et roumi sur la base de croyances positives4 [5]. Celles-ci sont exprimées sous la forme
d’énoncés affirmant l’existence d’états de chose : « le
roumi est (i) plus tendre ; (ii) plus charnu ; et
(iii) plus gras que le beldi ». Ces croyances sont
objectivement vérifiables et elles sont vraies dans l’état actuel
de la production des deux poulets. La texture de la chair des
roumi est, en effet, plus tendre parce que ces volailles
sont plus jeunes à l’abattage (6 à 7 semaines) que les
beldi (6 mois au moins). Les conditions de l’élevage
extensif des beldi accroissent les délais permettant
d’obtenir un animal au poids commercialisable [6]. Par ailleurs,
les roumi, élevés de manière intensive, sont issus de
souches à croissance rapide avec des rendements en viande et un
développement des tissus adipeux supérieurs aux poulets
beldi. Ces croyances s’accompagnent d’une préférence pour
les viandes tendres, qui s’explique par les pratiques locales de
consommation. Au Maroc, en effet, la prise du repas principal
s’effectue à la main, dans une assiette commune. Pour facilité
cette opération, il faut que la chair du poulet se détache
facilement des os. Cet objectif, selon les ménagères, s’obtiendrait
plus facilement pour le roumi, dont elles disent qu’il
« s’ouvre » (ka-ythal) à la cuisson. À l’opposé,
la chair du beldi présenterait plus de fermeté
(ka-ytajmac, littéralement « il se
rassemble ») et nécessiterait une cuisson plus longue pour
être attendrie.
D’autre part, les consommateurs disent différencier les flaveurs
respectives des deux poulets. Les énoncés relatifs au goût prennent
la forme de jugements de valeurs – « Le beldi a un
meilleur goût que le roumi » – et concernent souvent
le registre de l’authenticité – « Le goût du beldi
est le vrai goût du poulet. » Enfin, nos informateurs
présentent la viande de beldi comme ayant des vertus
revigorantes. Elle est d’ailleurs utilisée pour la préparation de
plats destinés aux personnes malades ou affaiblies par des pertes
de sang (accouchées, mariées le lendemain de la défloration,
enfants après la circoncision). Au contraire, la viande de
roumi est réputée pour avoir des effets néfastes sur la
santé des consommateurs sans que la nature de ceux-ci soit
précisée : « Le roumi est mauvais pour la santé »...
« Il donne des maladies »... Ces croyances et jugements
de valeurs nécessitent pour être compris une analyse des discours
des consommateurs relatifs aux animaux et à leurs élevages.
4 Les croyances positives sont
du type : « Je crois que X est
vrai/faux ».
Naturel versus artificiel
Les consommateurs présentent le poulet beldi comme vivant
inséré dans le milieu naturel « sous le soleil, à l’air libre,
dans les prés... », mais à proximité de l’homme, des maisons,
des villages... L’intervention humaine, dans son élevage, est
présentée comme limitée à la distribution d’une partie de sa
nourriture (céréales, épluchures de légumes...). Le reste de son
alimentation est décrit comme provenant de prélèvements dans
l’environnement (insectes, vers de terre, graines...). Ces
conditions de production sont réputées pour garantir le bon état de
santé de la volaille et la saveur de sa viande. À l’inverse, le
poulet roumi est connu par nos informateurs pour être issu
d’un élevage intensif et « technicisé ». L’utilisation,
pour sa production, de bâtiments clos, de lumière artificielle et
de chauffage au gaz est présentée comme coupant le lien entre
l’animal et la nature. La nourriture distribuée aux animaux est
décrite comme étant d’origine industrielle ou chimique, voire à
base de farines animales. Pour les informateurs, cette alimentation
et le confinement des poulets altéreraient la flaveur de leur chair
et la rendraient toxique pour l’homme.
Ces différentes croyances peuvent être confrontées à la réalité
des modes de conduite des élevages et à des mécanismes
physiologiques. Ainsi, l’alimentation des poulets roumi est
effectivement constituée d’aliments complets issus d’une production
industrielle. Mais ils sont essentiellement préparés à partir de
produits végétaux – maïs à 50 %, soja, orge,
tourteaux – additionnés de sels minéraux et de vitamines.
L’incorporation de farine de poisson est fonction de son prix sur
le marché mondial, le Maroc étant exportateur de cette matière
première [7]. La nourriture des animaux a effectivement une
influence sur la flaveur des viandes. Les farines
animales – en particulier celles de
poisson – peuvent l’altérer. En revanche, l’existence
d’un parcours extérieur que nos informateurs présentent comme
indispensable à l’obtention d’une viande de qualité, agit peu sur
son appréciation sensorielle [8]. Notons que l’âge, qui n’est pas
un critère cité par nos informateurs, a cependant un effet prononcé
sur l’intensité de la flaveur du poulet [9]. Enfin, concernant
l’aspect sanitaire des viandes, les crises liées à la grippe
aviaire de Hong-Kong et à la dioxine en Belgique (1998), mais aussi
celle dite de la « vache folle » (depuis 1996), ont été
abondamment relatées par les médias marocains et ont engendré la
méfiance des consommateurs à l’égard des produits (poulets, ovins,
bovins) issus d’élevages intensifs, même si le Maroc n’a pas été
touché directement par ces différents problèmes.
Traditionnel versus moderne
L’analyse des discours des consommateurs montre que les deux
catégories beldi et roumi sont aussi chargées de
valeurs identitaires. Rappelons que le terme
« roumi » est couramment utilisé au Maroc pour
qualifier un objet, une personne ou une pratique considérés comme
étant d’origine européenne ou occidentale en général. Par
opposition, le terme « beldi » est utilisé pour
faire référence à ce qui est perçu comme local, comme
authentiquement marocain. C’est le cas du poulet beldi qui
est présenté par nos informateurs comme étant de race locale. À
l’opposé, le roumi est conçu comme étant une race européenne
ou française, importée au Maroc. En réalité, il s’agit bien de
souches étrangères, importées d’Europe et d’Amérique du Nord. Quant
aux animaux beldi, ils sont issus de souches locales mais
ont connu des croisements non contrôlés avec des souches importées,
depuis l’époque du protectorat français au Maroc [10].
À propos du terme beldi, les consommateurs évoquent aussi
le sens de « traditionnel ». Par opposition, roumi
connote la modernité. À ce titre, Noguet-Dautry [11] a souligné
qu’au Maroc, est qualifié de traditionnel tout ce qui est justifié
par l’allégation qu’il en allait de même autrefois. Et elle ajoute
que la tradition y revêt aussi une dimension géographique :
« C’est le chez nous’ confronté à un ailleurs parfois mal
défini mais qui est essentiellement français. » [11] Ces deux
idées sont traduites, dans les discours de nos informateurs par des
références fréquentes à la mémoire (animaux de basse-cour élevés
par leurs parents ou leurs grands-parents). Ils établissent un lien
entre ces volailles du passé et le poulet beldi. Ce poulet
leur apparaît comme le produit d’un élevage pensé comme identique
aux pratiques anciennes et par conséquent comme authentiquement
marocain. On comprend dès lors que nos informateurs soient disposés
à percevoir le beldi comme étant le « vrai »
poulet et donc son goût comme étant le goût authentique de la
viande de poulet. Les neurosciences ont, en effet, montré que la
perception gustative d’un aliment est le résultat d’une
construction mentale qui donne une signification aux messages
sensoriels – transmis au cerveau par les terminaisons
nerveuses – en les rattachant à des expériences et à des
visions du monde incorporées par les individus au cours de leur
histoire [12]. Au contraire, l’élevage du roumi est
considéré comme étant moderne et d’origine occidentale, donc en
tous points opposé à celui du beldi. C’est pourquoi, le
poulet de batterie est pensé – par opposition au poulet
« authentique » – le
beldi – comme étant artificiel
(’içtinâcî), industriel
(çinâcî), fabriqué (maçnûc). Et
on comprend que les consommateurs soient disposés à percevoir sa
viande comme n’ayant pas le « vrai goût » du poulet, à la
comparer à du carton ou du plastique ou à la considérer comme
néfaste pour leur santé.
Au final, la force d’évocation du beldi chez les
consommateurs, confrontés dans tous les aspects de la vie sociale
aux modèles culturels urbains et occidentaux, pourrait venir, comme
cela a été mis à jour par Bérard et Marchenay [13] pour des
produits français dits de terroir, de ce qu’elle « se nourrit
de toutes les nostalgies qu’engendre un monde qui disparaît et
n’assure plus un minimum vital de symbolicité ». Il devient
alors, en milieu urbain, un véritable « objet
patrimonial5 » [14]. Cela
explique son utilisation privilégiée dans le cadre de pratiques
(réceptions d’hôtes, dons pour la rétribution de services, repas de
fêtes religieuses) qui ont justement pour fonction de réactiver des
valeurs considérées comme traditionnelles et de créer des liens
entre individus (ou avec l’au-delà, dans le cas de sacrifices)
notamment dans les réseaux familiaux, de voisinage ou de
clientélisme.
5 Nos enquêtes en milieu
rural – dans le Moyen-Atlas et dans les environs de
Ouarzazate – montrent que le poulet beldi y est peu
prisé et considéré comme un produit de « secours » lors
de la réception d’hôtes à l’improviste.
Identification des volailles par les consommateurs et
conséquences pour la filière
Nos informateurs déclarent préférer s’approvisionner en
volailles vivantes. Celles-ci sont achetées à des volailliers de
souika (petits marchés de quartier), égorgées sur place et
plumées dans des boutiques spécialisées (riachat). La
préférence des consommateurs marocains pour ces circuits courts
est, notamment, une manifestation de l’attention qu’ils portent à
la recherche de fraîcheur pour ces produits6. C’est donc en achetant l’animal vivant que nos
informateurs distinguent les trois catégories de poulets. Pour ce
faire, ils mobilisent des croyances positives qui associent à
chaque volaille des caractéristiques physiques spécifiques :
« le beldi est grand, maigre, au plumage coloré »,
« le roumi est petit, gros, au plumage blanc »,
« le croisé est moyen, gros, au plumage brun ».
Cette confrontation des caractéristiques des animaux avec les
croyances des consommateurs justifie la valorisation du
beldi par la commercialisation des animaux vivants.
Au Maroc, la majorité des poulets de batterie et des poules de
réforme est enlevée directement à la ferme par des grossistes. Les
poulets beldi sont achetés par des collecteurs sur les souks
ruraux. Tous les animaux sont acheminés vers les marchés de gros
des grandes villes où ils sont vendus aux détaillants. Les
entretiens réalisés, à Rabat, avec ces commerçants et avec des
grossistes montrent qu’ils ont connaissance des croyances
mobilisées par les consommateurs pour différencier les trois
catégories de poulets et surtout qu’ils en tiennent compte pour la
réalisation de leur approvisionnement en beldi. Les
volailles dont les caractéristiques physiques ne supportent pas la
confrontation avec les croyances des consommateurs ne sont donc pas
valorisées. Ainsi un éleveur qui a voulu produire des poulets
beldi plus jeunes et plus charnus, en les alimentant avec du
grain, a mis un terme à cette expérience car ses volailles étaient
classées par les grossistes dans la catégorie
croisé 7 :
« Ils ont dit – rapporte l’éleveur – que
les consommateurs allaient croire que mes poulets étaient des
croisés, pas des beldi, parce qu’ils étaient plus gros que
des beldi. » Pour les mêmes raisons, les producteurs
qui ont développé des systèmes d’élevage intermédiaires (entre
l’extensif et l’intensif) sur le modèle du « Poulet
fermier » français8 ne peuvent
valoriser leur production par une vente en vif. C’est pourquoi,
l’un d’entre eux a développé une autre stratégie. Au lieu de passer
par le circuit du vif, il fait abattre ses volailles dans un
abattoir moderne et conditionne ses volailles sous un emballage
plastique transparent portant la reproduction d’un sigle
« Label Rouge » français. Il commercialise ces produits
dans des supermarchés et chez des bouchers-traiteurs des quartiers
résidentiels. Il dit cibler ainsi un segment de marché
nouveau : les membres de la bourgeoisie urbaine qui ont étudié
en France ou qui y voyagent régulièrement.
6 Ils manifestent le même
souci en ce qui concerne la viande rouge.
7 Le croisé est commercialisé à un prix très
légèrement supérieur au roumi.
8 Pour ce faire, ils importent
des hybrides de type « fermier » aux plumages
colorés.
Conclusion
Le cas de la consommation et de l’appréciation du poulet
beldi par les habitants de Rabat constitue un bel exemple de
patrimonialisation, par des consommateurs urbains, d’un aliment
produit en zone rurale. Il montre que les consommateurs, par un
travail d’appropriation, contribuent à produire les produits qu’ils
consomment [3]. À ce titre, la théorie des dispositions permet de
rendre compte de l’articulation entre la production subjective
interne et la production physique externe des aliments. Dans le cas
étudié, les dispositions à différencier et à apprécier les
volailles, structures structurées par la socialisation des agents
et par leur confrontation avec les produits, deviennent des
structures structurantes. Ainsi, les croyances incorporées par les
consommateurs et relatives à l’identification des poulets
beldi tendent à devenir la norme utilisée par les grossistes
et les détaillants pour classer les animaux. En conséquence de
quoi, la valorisation des volailles dont les caractéristiques
physiques ne supportent pas la confrontation avec ces croyances
nécessite la mise en œuvre de nouvelles pratiques (vente en prêt à
cuire, utilisation de marques commerciales...) et l’utilisation
d’autres circuits de commercialisation (supermarchés,
bouchers-traiteurs...).
Sur le plan méthodologique, notre exemple montre l’intérêt de
l’étude comparée des dispositions des consommateurs à l’égard de
différents produits et de l’adoption, pour leur analyse, d’un point
de vue relationnel [14]. Ainsi, par exemple, la disposition de nos
informateurs à percevoir le poulet beldi comme
« authentique » ne se comprend que si on l’appréhende
comme faisant partie d’un système de dispositions qui sont en
relation entre elles – c’est-à-dire les dispositions à
percevoir cet animal comme « traditionnel »,
« marocain », « naturel »... – et en
opposition avec celles, également en relation entre elles, qui
engagent les agents à percevoir le roumi comme étant
« artificiel », « moderne »,
« européen », « inauthentique »...
Enfin, l’application de la sociologie des dispositions au domaine
de l’alimentation ouvre la voie à d’autres explorations. Par
exemple, il est intéressant de distinguer chez les consommateurs
les dispositions à agir, des dispositions à croire (croyances) ou
encore des compétences qui sont circonscrites à des contextes très
particuliers. On peut aussi tenter d’évaluer la force ou la
faiblesse relatives de l’ancrage des dispositions ou encore
d’établir leur mode de formation chez les agents : par
entraînement ou pratique directe, par inculcation de valeurs,
modèles, normes ou par socialisation silencieuse... [4] Nous
essayons de développer ce programme de recherche dans le cadre de
notre travail sur la consommation de viande de mouton au Maroc.
Références
1. Ministère de l’Agriculture, du Développement
rural et des Pêches maritimes (MADPRM). L’élevage en
chiffre. Rabat : Ministère de l’Agriculture, 2001.
2. Chiche J. Contribution à la connaissance des
campagnes marocaines. Thèse de doctorat, université de Tours,
1985.
3. Bourdieu P. La distinction : critique
sociale du jugement. Paris : Éditions de Minuit,
1979 ; 670 p.
4. Lahire B. Portraits sociologiques.
Paris : Nathan, 2002 ; 384 p.
5. Boudon R. Le juste et le vrai.
Paris : Fayard, 1995 ; 575 p.
6. Arfaoui T. L’aviculture traditionnelle.
Mémoire d’ingénieur, Institut agro-vétérinaire Hassan II, Rabat,
2000.
7. El Miri F.Z. Étude de la filière du poulet de
chair. Mémoire d’ingénieur, Institut agro-vétérinaire Hassan
II, Rabat, 1999.
8. Sauveur B. Les critères et facteurs de qualité
des poulets Label Rouge. Prod Anim 1997 ; 10 :
18-26.
9. Rousset S. De quelles méthodes disposons-nous
pour évaluer les facteurs qui influencent la consommation de
produits carnés ? Séminaire « Analyse
sensorielle : Outil de dynamique stratégique des industries
agro-alimentaires », Montpellier, Institut régional de la
qualité alimentaire (IRQA), 23 janvier 2003.
10. Benier C. Essai statistique sur l’économie
agricole marocaine. BESM 1957 ; XXI : 323-82.
11. Norguet-Dautry R. La société marocaine des
années 80. Thèse de doctorat, université Paris V, 1993.
12. Chiva M. Le mangeur et le mangé : la
complexité d’une relation fondamentale. In : Giachetti, éd.
Identités des mangeurs, images des aliments, Paris :
Polytechnica, 1996 : 11-30.
13. Bérard L, Marchenay P. Lieux, temps et preuves.
La construction sociale des produits de terroir. Terrain
1995 ; 24 :153-64.
14. Lizet B. La bête noire. Paris :
Maison des Sciences de l’Homme, 1989 ; 341 p.
15. Bourdieu P. Le sens pratique.
Paris : Éditions de Minuit, 1980 ; 500 p.
|