ARTICLE
Deux grandes catégories de protéines de lait peuvent être
distinguées, les caséines et les protéines de lactosérum
(tableau 1) [1]. Dans
le lait de vache, les caséines (75 % des protéines) sont
retrouvées sous forme d'un ensemble supramoléculaire, les
micelles de caséine, dont la taille peut aller de 500 000 à
plusieurs millions de Da, tandis que les protéines sériques
(20 %) possèdent une structure globulaire particulièrement
rigide et compacte. Différentes séquences d'acides aminés
ont été identifiées comme présentant des activités
biologiques. La qualité nutritionnelle du lait devra dès
lors être évaluée en tenant compte non seulement de
la composition en acides aminés, mais également de la présence
potentielle de ces peptides dits « actifs » ou « fonctionnels
». Les peptides actifs pourraient agir sur le système digestif,
les réactions de défense, le système cardio-vasculaire
et le système nerveux central (tableau
2) [2]. De nombreuses questions restent cependant ouvertes concernant
le devenir digestif et métabolique de ces composés après
leur ingestion ainsi que les différents types d'activités
associés aux structures identifiées.
Devenir des protéines du lait dans l'organisme
Au cours de la digestion, les protéines de lait doivent franchir
un certain nombre de barrières physiques et métaboliques,
avant d'atteindre la circulation sanguine pour se distribuer dans l'organisme
consommateur. L'estomac représente la première barrière
métabolique rencontrée pour le lait ingéré,
du fait du contenu gastrique riche en pepsine protéolytique et
en acide chlorhydrique causant l'hydrolyse partielle de nombreuses protéines.
Cependant les petits peptides sont plus stables dans un tel environnement.
Au stade suivant, les produits de digestion gastrique sont soumis à
l'action des enzymes pancréatiques, sécrétées
et déversées dans le duodénum. Certains di- et tripeptides
sont particulièrement résistants à ce type de dégradation
[3], mais le principal facteur limitant leur absorption est représenté
par les peptidases, présentes au niveau de la bordure en brosse
intestinale et responsables de la majeure partie des dégradations
des peptides actifs. Les composés ayant subit cette hydrolyse enzymatique
doivent ensuite franchir la barrière intestinale avant d'atteindre
la circulation sanguine. Les polypeptides ne sont généralement
pas bien absorbés par le tractus gastro-intestinal. Les peptides
actifs sont généralement formés de 3 à 10
acides aminés (exception faite du caséinomacropeptide -
CMP -, comprenant 64 acides aminés et capable d'exercer de
nombreuses propriétés biologiques). La capacité d'une
molécule à traverser la membrane intestinale est liée
à sa lipophilie.
Après digestion et absorption des protéines du lait, 65
% de l'azote protéique était absorbé, dont 95 % avant
l'iléon terminal [4]. Les protéines du lactosérum,
hydrosolubles, sont rapidement évacuées de l'estomac vers
l'intestin grêle, alors que les caséines, précipitant
dans l'estomac, sont évacuées plus lentement, sous forme
peptidique [5]. Les protéines du lactosérum, l'alpha-lactalbumine,
la beta-lactoglobuline, la lactoferrine, et les immunoglobulines ont été
retrouvées sous forme native au niveau de la lumière intestinale
[6-8]. Un processus de transcytose a été mis en évidence
lors du passage intestinal, de la beta-lactoglobuline, de l'alpha-lactalbumine
et de la lactoferrine [9-12]. Les caséines sont en revanche peu
retrouvées sous forme native. Le CMP, fragment 106-169 de la caséine
kappa, a été retrouvé dans la lumière intestinale
après ingestion de lait [13, 14], de même que les fragments
tels que les beta-casomorphines, issus de la caséine beta [15].
Ces étapes d'hydrolyse enzymatique et de transport au travers de
l'intestin, sont importantes dans la compréhension des mécanismes
d'action des peptides fonctionnels dans l'organisme (figure
1) [16].
Action sur la motricité intestinale et
la régulation du métabolisme hormonal
Certains peptides issus de la caséine beta (les beta-casomorphines)
sont capables de se fixer sur les récepteurs opiacés, présents
sur le versant séreux intestinal. Suite à leur libération
au niveau du tractus digestif, les beta-casomorphines doivent traverser
la membrane intestinale pour exercer un effet physiologique. En raison
de la présence d'une enzyme particulière au niveau de la
bordure en brosse intestinale (la dipeptidylpeptidase IV), ces peptides
sont partiellement dégradés, ce qui supprime leur activité
biologique. Cependant, lorsque l'action de cette enzyme est inhibée,
les peptides traversent la muqueuse intestinale sous forme intacte et
exercent un effet de type opiacé, en stimulant l'absorption des
électrolytes [17, 18]. En plus de cet effet, elles agissent également
sur le métabolisme hormonal, notamment sur l'insulinémie
postprandiale [19] et sur la libération de somatostatine et du
polypeptide pancréatique [20, 21].
Le caséinomacropeptide issu de la kappa-caséine agit sur
la motricité gastro-intestinale [22] et sur la libération
d'hormones gastro-intestinales. Il stimule la sécrétion
de cholécystokinine [23, 24], et chez le rat anesthésié,
il est capable de stimuler la sécrétion pancréatique
de manière dose-dépendante [25].
Le lait représente une source importante de calcium pour l'organisme
consommateur. Certains peptides possédant des résidus phosphorylés
(nommés caséinophosphopeptides), fixent le calcium dans
le lait [26]. En évitant la précipitation des ions calcium
sous forme de phosphates de calcium insolubles et en les maintenant sous
forme soluble, ces phosphopeptides favorisent leur absorption [27]. Ils
agissent également sur la fixation d'autres ions comme le fer ou
le zinc [28]. Ainsi le fragment 1-25 de la beta-caséine, en fixant
le fer, favorise son absorption digestive en le protégeant contre
l'interaction vis-à-vis d'autres nutriments et notamment le calcium
[29].
Action sur les défenses de l'organisme
Certains peptides du lait pourraient agir sur les défenses de
l'organisme consommateur, en jouant à la fois sur la réponse
immunitaire et sur la protection de l'organisme vis-à-vis d'infections
microbiennes.
Les aliments représentent pour l'organisme une source massive
d'antigènes. La réponse immunitaire a lieu à deux
niveaux : au niveau muqueux (sécrétions salivaires, défenses
intestinales) et au niveau périphérique (sang, lymphe).
L'étude des interactions entre réponses immunitaires et
peptides du lait constitue une voie de recherche particulièrement
intéressante, la principale illustration étant l'acquisition
d'une protection passive du nouveau-né au cours de l'allaitement.
Les peptides issus de caséines bovines ou humaines sont capables
de participer à la maturation des cellules immunocompétentes.
Ces peptides, principalement issus de l'alpha-lactalbumine et de la caséine
beta bovine, sont capables de stimuler la phagocytose des macrophages
et de moduler la synthèse et la prolifération lymphocytaire.
D'autres peptides, issus de la caséine beta humaine, ont été
étudiés au cours de la digestion en tant qu'agent de maturation
du système immunitaire du nouveau-né [30], sans toutefois
être retrouvés dans le tube digestif de celui-ci.
La lactoferrine est peu dégradée par le tractus digestif
et elle a été retrouvée dans le contenu intestinal
de souris, en conservant sa séquence active antibactérienne
[31]. Le fer est un élément indispensable à la croissance
bactérienne et la lactoferrine, une glycoprotéine, est capable
de chélater le fer [32]. Suite à son administration chez
la souris, une stimulation de la réponse immunitaire intestinale
et humorale a été mise en évidence [8]. Le CMP agit
également sur la réponse immunitaire. Il inhibe in vitro
la réponse cellulaire suite à l'activation du système
immunitaire par les lipopolysaccharides (LPS) ou la phytohémagglutinine
(PHA). Les effets immunomodulateurs peuvent donc être très
différents [33].
Des activités antimicrobiennes ont été mises en
évidences au sein des protéines laitières bovines.
La lactoferrine (fragment 17-41), certains fragments de la caséine
kappa, ou encore des fragments issus de la caséine alpha possèdent
ce type d'activité. Le caséinomacropeptide est capable d'inhiber
l'adhésion cellulaire d'agents pathogènes. Il inhibe la
fixation de la toxine cholérique aux gangliosides [34] et l'adhésion
des actinomyces et des streptocoques aux entérocytes [35]. L'isracidine,
issu de la caséine alphas1, exerce également un effet antibactérien
chez l'animal, vis-à-vis de Staphylococcus aureus [36].
D'autres fragments issus de la caséine beta humaine exercent un
effet protecteur chez la souris contre Klebsiella pneumoniae, suite
à leur administration par voie intraveineuse [37].
Action sur le système
nerveux central
Afin d'évaluer l'activité et le mécanisme d'action
des peptides opiacés, on a étudié les liaisons visant
à définir l'affinité de molécules marquées
vis-à-vis de différents sous-types de récepteurs
; des études sur organes isolés et sur différents
segments intestinaux servant à étudier l'absorption mais
également le métabolisme intestinal des molécules,
ainsi que des études sur animal entier visant à étudier
la distribution des molécules dans l'organisme et notamment au
sein du système nerveux central ont été réalisées.
Plusieurs types de récepteurs opiacés (mu, delta, et kappa)
peuvent être distingués, principalement au niveau du système
nerveux central et du tractus digestif. Les récepteurs mu sont
présents au niveau de l'hypothalamus et du thalamus, et interviennent
lors de l'analgésie et lors du relargage de prolactine et d'acétylcholine
au cours de la régulation de la motricité intestinale [38].
Les peptides connus sous le nom général de beta-casomorphine
ont été isolés à partir d'un fragment de caséine
beta bovine (fragment 60-70), capable de se fixer sur des récepteurs
opiacés de type mu. En accord avec la localisation de ces récepteurs,
différents effets ont été identifiés au niveau
du tube digestif et du système nerveux central. Suite à
leur administration intracérébrale, une activité
analgésique a été constatée [39, 40]. Après
leur administration par voie intraveineuse, leur passage au sein du système
nerveux central induit également une activité analgésique
réversible par la naloxone, mettant ainsi en évidence la
participation des récepteurs opiacés [41]. De plus, les
effets secondaires observés avec les opiacés ont été
retrouvés. C'est le cas de la sédation, la dépression
respiratoire, les effets de tolérance et de dépendance,
la bradycardie et l'hypotension. D'autres peptides opiacés ont
également été trouvés au niveau de la séquence
90-96 de la caséine alphas1 bovine, agissant au niveau des récepteurs
delta opiacés [42]. Certains ont été isolés
à partir de la séquence 41-44 de la caséine beta
humaine. D'autres peptides opiacés ont été également
isolés à partir des protéines sériques. Il
s'agit de la séquence 50-53 de l'alpha-lactalbumine humaine et
bovine ou alpha-lactorphine, de la séquence 102-105 de la beta-lactoglobuline
bovine ou beta-lactorphine [38] et de la sérorphine, isolée
de l'albumine sérique [43]. Une structure commune à tous
ces peptides a pu être observée. Elle révèle
l'importance des résidus tyrosine dans la région N-terminale
(à l'exception des opiacés issus de la caséine alpha)
et la présence d'acides aminés à groupements aromatiques
phénylalanine ou tyrosine. L'absence de ce groupement tyrosine
conduisait à une absence d'activité biologique [44]. Les
séquences d'acides aminés correspondant aux beta-casomorphines
sont décrites dans le tableau
3 [45].
Afin d'exercer des effets opiacés in vivo, les peptides
doivent être libérés au cours de la digestion et passer
dans la circulation sanguine. Les beta-casomorphines sont particulièrement
riches en résidus prolines, ce qui les rend résistantes
à l'hydrolyse par certaines enzymes telles que la pepsine, la trypsine,
la chymotrypsine, les carboxypeptidases A et B ou encore la leucine aminopeptidase
[41]. Après ingestion de lait, les beta-casomorphines sont transférées
dans la lumière intestinale. Cependant, du fait de la présence
de peptidases au niveau de la bordure en brosse de l'intestin, et de protéases
dans le plasma sanguin, aucune trace de beta-casomorphine sous forme intacte
n'a été détectée dans le sang de sujets adultes
[46, 47]. Au contraire, en raison de l'absence de maturation des systèmes
enzymatiques chez l'animal nouveau-né, les beta-casomorphines réussissent
à atteindre la circulation sanguine (figure
2) [39, 43, 44].
Des dérivés des beta-casomorphines (morphiceptine, valmuceptine,
ou devalmuceptine) modifiés par amidation de l'acide aminé
C-terminal ou par remplacement d'un analogue sous forme L par un analogue
sous forme D, ont également été identifiés.
La synthèse de ce type de dérivés permet non seulement
de limiter les phénomènes de dégradation mais également
d'augmenter leur activité opiacée [48, 49]. La morphiceptine,
un tétrapeptide possédant une fonction amide, est l'agoniste
opiacé le plus puissant [44]. Certains fragments possèdent
une activité antagoniste opiacée ; issus de l'hydrolyse
de la caséine kappa humaine et connus sous le nom de casoxine ou
issus de la lactoferrine (lactoferroxines), ils exercent une activité
comparable aux effets rencontrés lors de l'administration de la
naloxone [50].
Activité sur le système cardio-vasculaire
Deux types d'activités cardio-vasculaires des peptides du lait
ont été mises en évidence : une activité antithrombotique
et une activité antihypertensive.
Au cours de la coagulation sanguine, une molécule joue un rôle
particulièrement important : le fibrinogène. Cette molécule,
après s'être fixée sur son récepteur plaquettaire,
induit l'agrégation des plaquettes. Des homologies structurales
entre certaines séquences peptidiques de la caséine kappa
et la chaîne gamma du fibrinogène ont été mises
en évidence. Ces ressemblances sont à l'origine d'une compétition
vis-à-vis des récepteurs glycoprotéiques entre peptides
du lait et fibrinogène, ce qui confère aux premiers une
activité de type antithrombotique [51]. Les principaux peptides
antithrombotiques sont les fragments 106-116, 106-112, 112-116 et 113-116
de la caséine kappa et le fragment 39-42 de la lactotransferrine
humaine [52-54]. Ce type d'effet a été évalué
in vitro, en étudiant l'agrégation plaquettaire humaine
[51] mais également in vivo chez l'animal où l'inhibition
de la formation du thrombus provoqué par lésion endothéliale
des vaisseaux sanguins a été observée [54]. De tels
essais ont également été réalisés chez
l'homme. Ils ont révélé l'apparition dans le sang,
suite à l'ingestion de lait ou de yaourt, de peptides et notamment
d'un fragment de la caséine kappa, le caséinomacropeptide
possédant la séquence antithrombotique [13].
Les peptides à effet antihypertenseur agissent en inhibant l'enzyme
de conversion de l'angiotensine (ACE). L'hydrolyse de l'angiotensine par
l'enzyme de conversion dans le plasma sanguin représente une étape
clé dans le système rénine-angiotensine et dans la
cascade d'événements biochimiques aboutissant à la
vasoconstriction responsable de la montée rapide de la tension
artérielle : angiotensine I => angiotensine II (octapeptide
vasoconstricteur). Les premiers peptides possédant une action inhibitrice
vis-à-vis de l'ACE (ACEI) ont été identifiés
pour la première fois dans le venin d'un serpent brésilien
[55]. Ayant la particularité de posséder un résidu
proline en position C-terminale, et du fait de la richesse des caséines
en résidus proline, des inhibiteurs de l'ACE ont été
recherchés à partir d'hydrolysats de caséine bovine
[56]. Les principaux peptides sont issus de l'hydrolyse enzymatique de
la caséine alphas1 bovine, de la caséine beta bovine [57,
58] et de caséine beta humaine [59]. Ces peptides possèdent
des activités antihypertensives dans un modèle de rats rendus
hypertendus ou rats SHR (Spontaneously hypertensive rats) [60,
61]. Après ingestion de lait fermenté chez un lot de rats
SHR, l'activité inhibitrice de l'enzyme de conversion ainsi que
la pression systolique ont été mesurées à
différents temps, et les peptides ont été retrouvés
dans l'aorte [62]. Une étude menée chez l'homme, suite à
l'ingestion répétée de lait fermenté, a montré
une baisse significative de la pression artérielle par rapport
à un groupe témoin [63]. Cette étude souligne l'importance
des effets physiologiques observables chez l'homme.
CONCLUSION Le
lait représente une source potentielle de protéines et de
peptides actifs. De nombreuses recherches portent actuellement sur l'obtention
de ces peptides par hydrolyse des protéines de lait ou au cours de
fermentation par des bactéries lactiques, capable de scinder les
protéines et de permettre leur libération dans les milieux
de culture. Après ingestion, ces peptides subissent de nombreuses
modifications, mais les processus de digestion, d'absorption et de distribution
des peptides actifs ne sont pas à ce jour complètement élucidés.
Les perspectives de développement dans l'utilisation de ces molécules
passent par un approfondissement des connaissances sur ces peptides, et
notamment de leurs activités. Des applications éventuelles
dépendent également de la forme sous laquelle il convient
d'apporter les peptides du lait dans l'alimentation afin d'observer certains
effets biologiques. REFERENCES
1. Cayot P, Lorient D. In : Structures et technofonctions des protéines
du lait. Paris : éd. Lavoisier, 1998 ; 1 : 15-23.
2. Meisel H, Schlimme E. Bioactive peptides derived from milk proteins:
ingredients for functional foods? Kieler Milchwirtschaftliche Forschungsberichte
1996 ; 48 : 343-57.
3. Adibi SA. Intestinal transport of dipeptides in man: relative importance
of hydrolysis and intact absorption. J Clin Invest 1971 ; 50 :
2266-75.
4. Mahé S, Marteau PH, Huneau JF, Thuilier F, Tome D. Intestinal
nitrogen and electrolyte movement following fermented milk ingestion in
humans. Br J Nutr 1993 ; 71 : 169-80.
5. Mahé S, Benamouzig R, Gaudichon C, Huneau JF, De Cruz I, Tome
D. Nitrogen movements in the upper jejunum lumen in humans fed low amounts
of caseins or beta-lactoglobulin. Gastroenterol Clin Biol 1995
; 19 : 20-6.
6. Mahé S, Messing B, Thuillier F, Tome D. Digestion of bovine
milk protein in patients with a high jejunostomy. Am J Clin Nutrition
1991; 54 : 534-8.
7. Roos N, Mahé S, Benamouzig R, Sick H, Rautureau J, Tomé
D. 15N-labeled immunoglobulins from bovine colostrum are partially
resistant to digestion in human intestine. J Nutr 1995 ; 125 :
1238-44.
8. Debbabi H, Dubarry M, Rautureau M, Tomé D. Bovine lactoferrin
induces both mucosal and systemic immune response in mice. J Dairy
Res 1998 ; 65 : 283-93.
9. Caillard I, Tomé D. Different routes for the transport of
alpha-lactalbumine in rabbit ileum. J Nutr Bioch 1992 ; 3 : 653-8.
10. Caillard I, Tomé D. Modulation of beta-lactoglobulin transport
in rabbit ileum. Am J Physiol 1994 ; 266 : G1053-9.
11. Caillard I, Tomé D. Transport of beta-lactoglobulin and alpha-lactalbumin
in enterocyte-like Caco-2 cells. Reprod Nut Dev 1995 ; 35 : 179-88.
12. Mikogami T, Heyman M, Spik G, Desjeux JF. Apical-to-basolateral
transepithelial transport of human lactoferrin in the intestinal cell
line HT-29cl.19A. Am J Physiol 1994 ; 267 : G308-15.
13. Chabance B, Marteau P, Rambaud JC, et al. Casein peptide
release and passage to the blood in humans during digestion of milk or
yogurt. Biochimie 1998 ; 80 : 155-65.
14. Ledoux N, Mahé S, Dubarry M, Bourras M, Benamouzig R, Tomé
D. Intraluminal immunoreactive caseinomacropeptide after milk protein
ingestion in humans. Nahrung 1999 ; 43 : 196-200.
15. Meisel H. Chemical characterization and opioid activity of an exorphin
isolated from in vivo digest of casein. FEBS Letters 1986
; 196 : 223-7.
16. Coste M, Huneau JF, Mahé S, Tomé D. Interactions between
milk protein peptides and intestinal mucosa. In : Paubert-Braquet M, Dupont
C, Paoletti R, ed. Foods, nutrition and immunity. Dyn Nutr Res
Basel : Karger, 1992 ; 1 : 96-103.
17. Tomé D, Dumontier AM, Hautefeuille M, Desjeux JF. Opiate
activity and transepithelial passage of intact beta-casomorphins in rat
ileum. Am J Physiol 1987 ; 253 : G737-44.
18. Mahé S, Tomé D, Dumontier AM, Desjeux JF. Absorption
of intact beta-casomorphins (beta-CM) in rabbit ileum in vitro.
Reprod Nutr Dev 1989 ; 29 : 725-32.
19. Schusdziarra V, Hollaad A, Schick R, et al. Modulation of
post-prandial insulin release by ingested opiate-like substances in dogs.
Diabhetologia 1983 ; 24 : 113-6.
20. Morley JE, Levine AS, Yamada T, et al. Effects of exorphins
on gastrointestinal functions. Hormonal release and appetite. Gastroenterology
1983 ; 84 : 1517-23.
21. Schusdziarra V, Schick R, De la Fuente A, Hollaad A, Brantl V, Pfeiffer
EF. Effect of beta-casomorphins on somatostatin release in dogs. Endocrinology
1983 ; 112 : 1948-51.
22. Stan EY, Groisman SD, Krasil'shchikov KB and Chernikov MP. Effect
of k-casein glycopeptide on gastrointestinal motility in dogs. Bull
Exp Bio Med 1983 : 889-91.
23. Yvon M, Beucher S, Guilloteau P, Le Huerou-Luron I and Corring T.
Effects of caseinomacropeptide (CMP) on digestion regulation. Reprod
Nutr Dev 1994 ; 34 : 527-37.
24. Beucher S, Levenez F, Yvon M, Corring T. Effects of gastric digestive
products from casein on CCK release by intestinal cells in rat. J Nutr
Biochem 1994 ; 5 : 578-84.
25. Ledoux N, Nagain-Domaine C, Mahé S, et al. Pancreatic
response to caseinomacropeptide in anaesthetized rats. Abstract N°
2201, DDW meeting, Orlando, mai 1999. Gastroenterology 1999 ; 116.
26. Sato R, Noguchi T, Naito H. Casein phosphopetide (CPP) enhances
calcium absorption from the ligated segment of rat small intestine. J
Nutr Sci Vitaminol 1986 ; 32 : 67-76.
27. Li Y, Tomé D, Desjeux JF. Indirect effect of casein phosphopeptides
on calcium absorption in rat ileum in vitro. Reprod Nutr Develop
1989 ; 29 : 227-33.
28. Hansen M, Sandström B, Lönnerdal B. The effect of casein
phosphopeptides on zinc and calcium absorption from high phytate infant
diets assessed in rat pups and caco-2 cells. Pediatr Res 1996 ;
40 : 547-52.
29. Peres JM, Bouhallab S, Bureau F, Maubois JL, Arhan P, Bouglé
D. Absorption digestive du fer lié au caséinophosphopeptide
1-25 de la beta-caséine. Lait 1997 ; 77 : 433-40.
30. Jaziri M, Migliore-Samour D, Casabianca-Pignède MR, Keddad
K, Morgat JL, Jollès P. Specific binding sites on human phagocytic
blood cells for Gly-Leu-Phe and Val-Glu-Pro-Ile-Pro-Tyr, immunostimulating
peptides from human milk proteins. Biochim Biophys Acta 1992 ;
1160 : 251-61.
31. Kuwata H, Yip TT, Yamauchi K, et al. The survival of ingested
lactoferrin in the gastrointestinal tract of adult mice. Biochem J
1998 ; 334 (Pt2) : 321-3.
32. Lyer S, Lönnerdal B. Lactoferrin, lactoferrin receptors and
iron metabolism. Eur J Clin Nutr 1993 ; 47 : 232-41.
33. Otani H, Monnai M, Kawasaki Y, Kawasaki H and Tanimoto M. Inhibition
of mitogen-induced proliferative responses of lymphocytes by kappa-caseinoglycopeptides
having different carbohydrate chains. J Dairy Res 1995 ; 62 : 349-57.
34. Kawasaki Y, Isoda H, Shinmoto H, et al. Inhibition by kappa-casein
glycopeptide and lactoferrin of Influenza Virus hemagglutination. Biosci
Biotech Biochem 1993 ; 57 : 1214-5.
35. Neeser JR, Chambaz A, Del Vedovo S, Prigent MJ, Guggenheim B. Specific
and nonspecific inhibition of adhesion of oral Actinomyces and Streptococci
to erythrocytes and polystyrene by caseinoglycopeptide derivatives. Infect
Immunity 1988 ; 56 : 3201-8.
36. Lahov E, Regelson W. Antibacterial and stimulating casein-derived
substances from milk: casecidin, isracidin peptides. Food Chem Toxic
1996 ; 34 : 131-45.
37. Migliore-Samour D, Floc'h F, Jollès P. Biologically active
peptides implicated in immunomodulation. Int Dairy Res 1989 ; 56
: 357-62.
38. Maubois JL, Léonil J. Peptides du lait à activité
biologique. Lait 1989 ; 69 : 245-69.
39. Chang KJ, Cuatrecasas JP, Wei ET, Chang JK. Analgesic activity of
intracerebroventricular administration of morphiceptin and beta-casomorphins:
correlation with the morphine (mu) receptor binding affinity. Life
Sci 1982 ; 30 : 1574.
40. Matthies H, Stark H, Hartrodt B. Derivatives of beta-casomorphins
with high analgesic potency. Peptides 1984 ; 5 : 463-70.
41. Ramabadran K, Bansinath M. Pharmacology of beta-casomorphins, opioid
peptides derived from milk protein. Asia Pac J Pharm 1989 ; 4 :
45-58.
42. Loukas S, Varoucha D, Zioudrou C, Streaty RA, Klee WA. Opioid activities
and structures of alpha-casein-derived exorphins. Biochem 1983
; 22 : 4567-73.
43. Tani F, Shiota A, Chiba H, Yoshikawa M. Serorphin, an opioid peptide
derived from bovine serum albumin. In : Brantl V, Teschemacher H, ed.
beta-casomorphins and related peptides: recent developments. Weinheim
: VCH 1994 : 3-17.
44. Chang KJ, Killian A, Hazum E, Cuatrecasas P. Morphiceptin: a potent
and specific agonist for morphine (mu) receptors. Sciences 1981
; 212 : 75-7.
45. Meisel H. Biochemical properties of regulatory peptides derived
from milk proteins. Biopoly 1997 ; 43 : 119-28.
46. Kreil G, Umbach M, Brant V, Teschemacher H. Studies on the enzymatic
degradation of beta-casomorphins. Life Sci 1983 ; 33 : 137-40.
47. Teschemacher H. No evidence for the presence of beta-casomorphins
in human plasma after ingestion of cow's milk or milk products. J Dairy
Res 1986 ; 53 : 135-8.
48. Brantl V, Teschemacher H, Henschen A, Lottspeich F. Opioid activities
of beta-casomorphins. Life Sci 1981 ; 28 : 1903-9.
49. Liebmann C, Szucs M, Neubert K, Hartrodt B, Arold H, Barth A. Opiate
receptor binding affinities of some D-amino acid substituted beta-casomorphin
analogs. Peptides 1986 ; 7 : 195-9.
50. Chiba H, Tani F, Yoshikawa M. Opioid antagonist peptides derived
from kappa-casein. J Dairy Res 1989 ; 56 : 363-6.
51. Jollès P, Levy-Toledano S, Fiat AM, et al. Analogy
between fibrinogen and casein. Effect of an undecapeptide isolated from
kappa-casein on platelet function. Eur J Biochem 1986 ; 158 : 379-82.
52. Raha S, Dosquet C, Abgrall JF, Jollès P, Fiat AM, Caen JP.
KRDS, a tetrapeptide derived from lactotransferrin inhibits binding of
monoclonal antibody against glycoprotein IIb-IIIa on ADP stimulated platelets
and megakaryocytes. Blood 1988 ; 72 : 172-8.
53. Fiat AM, Levy-Toledano S, Caen JP, Jollès P. Biologically
active peptides of casein and lactotransferrin implicated in platelet
function. J Dairy Res 1989 ; 56 : 351-5.
54. Drouet LO, Bal dit Sollier C, Cisse MT, et al. The antithrombotic
effects of KRDS, a lactotransferrin peptide compared with RGDS. Nouv
Rev F Hematol 1990 ; 32 : 59-62.
55. Maubois JL, Léonil J, Trouvé RE, Bouhallab S. Les
peptides du lait à activité physiologique III. Peptides
du lait à effet cardiovasculaire : activités antithrombique
et antihypertensive. Lait 1991 ; 71 : 249-55.
56. Maruyama S, Nakagomi K, Tomizura N, Suzuki H. Angiotensin-1-converting
enzyme inhibitor derived from an enzymatic hydrolysate of casein. II.
Isolation and bradykinin-potentiating activity on the ileum of rat. Agric
Biol Chem 1985 ; 49 : 1405-9.
57. Yamamoto N, Akino A, Takano T. Antihypertensive effect of the peptides
derived from casein by an extracellular proteinase from Lactobacillus
helveticus CP790. J Dairy Sci 1994 ; 77 : 917-22.
58. Yamamoto N, Akino A, Takano T. Antihypertensive effects of different
kinds of fermented milk in spontaneously hypertensive Rats. Biosci
Biotech Biochem 1994 ; 58 : 776-8.
59. Yamamoto N, Takano T. Antihypertensive peptides derived from milk
proteins. Nahrung 1999 ; 43 : 159-64.
60. Kohmura M, Nio N, Kubo K, Minoshima Y, Munekata E, Ariyoshi H. Inhibition
of angiotensin-converting enzyme by synthetic peptides of human beta-casein.
Agric Biol Chem 1989 ; 53 : 2107-14.
61. Maeno M, Yamamoto N, Takano T. Identification of an antihypertensive
peptide from casein hydrolysate produced by a proteinase from Lactobacillus
helveticus CP 790. J Dairy Sci 1996 ; 79 : 1316-21.
62. Masuda O, Nakamura Y, Takano T. Antihypertensive peptides are present
in aorta after oral administration of sour milk containing these peptides
to spontaneously hypertensive rats. J Nutr 1996 ; 126 : 3063-8.
63. Hata Y, Yamamoto M, Ohni M, Nakajima K, Nakamura Y, Takano T. A
placebo-controlled study of the effect of sour milk on blood pressure
in hypertensive subjects. Am J Clin Nutr 1996 ; 64 : 767-71.
|