ARTICLE
Le pin d'Alep (Pinus halepensis Miller), bien que très
répandu en Afrique du Nord comme essence de reboisement, est peu
abondant à l'état spontané au Maroc (65 000 ha seulement)
et dispersé en peuplements naturels disjoints, se répartissant
entre le littoral méditerranéen et le Haut Atlas (haute
vallée du Sous, Tizi-n-Telghmt). Ces peuplements sont généralement
mêlés [1] de chênes verts (Quercus ilex L.),
de thuyas de Berbérie (Tetraclinis articulata [Vahl.] Masters)
ou de genévriers de Phénicie (Juniperus phoenicea
L.).
Faute d'aménagement, l'exploitation de ces pinèdes naturelles
est limitée à des coupes sanitaires, visant à l'élimination
de sujets dépérissants ou mal venants. Toutefois, le Maroc,
très déficitaire en bois d'uvre, notamment en résineux,
pourrait, par une exploitation rationnelle de ces pinèdes, réduire
les importations massives de ce produit. Le pin d'Alep, en raison de sa
rusticité et de sa plasticité, est une des premières
essences à avoir été utilisées pour le reboisement
au Maroc, et ce dès 1920-1925 [2]. Le Plan national de reboisement
de 1970 [3] l'a retenu comme base pour les reboisements artificiels avec
130 000 ha plantés, soit environ 40 % du total.
C'est cependant l'une des essences autochtones les moins étudiées,
les travaux disponibles portant surtout sur sa dynamique après
le feu [4-7], sur son fonctionnement [8-10] mais très peu sur sa
productivité [11-14]. Nous avons choisi d'étudier la pinède
de Tamga, le long de l'oued Ahansal dans le Haut Atlas (province d'Azilal),
considérée comme l'une des plus belles du Maroc et même
du bassin méditerranéen (Quézel, communication personnelle).
Les pins d'Alep qui la composent sont caractérisés par la
rectitude de leur tronc et l'élancement particulier des arbres
qui les distinguent nettement de ceux des peuplements du reste du Maroc
et du sud de la France. Les objectifs de notre étude ont été
de définir des classes de croissance dans cette pinède en
fonction des facteurs du milieu afin de proposer une typologie des stations
à soumettre aux aménageurs.
Matériel et méthodes
Échantillonnage
L'hétérogénéité et la diversité
des faciès ont imposé une stratification de l'échantillonnage
de la population. Une couverture aérienne panchromatique noir et
blanc (1/30 000) de la forêt (environ 12 000 ha) a servi de base
pour l'élaboration d'une carte des types de peuplements et d'une
stratification en fonction de leur état de développement
et de leur consistance.
Sur un total de 82 placettes circulaires de 5 ares, réparties
dans des peuplements aussi réguliers que possible, selon la répartition
proportionnelle entre strates et d'une manière systématique
à l'intérieur de chaque strate, il a été procédé
:
- à la mesure des circonférences à 1,30 m du sol
(C1,30) de tous les arbres sur pied (circonférence de
précomptage de 20 cm) ;
- à l'estimation au relascope de Bitterlich de la hauteur totale
des 5 plus gros arbres de la placette (arbres dominants) ;
- au sondage à la tarière de Pressler (à 1,30 m
du sol) de 3 arbres échantillons, sains, non fourchus et sans défauts
graves. Ils correspondent à l'arbre moyen, au plus gros et au plus
petit, situés le plus près du centre de la placette et ils
seront utilisés pour l'estimation de la production. L'âge
des arbres dominants a été évalué aussi de
la même manière ;
- à l'inventaire de la végétation et du milieu
[15], par relevé des descripteurs topo-climatiques (altitude, exposition,
pente, position topographique) et édaphiques (profondeur du sol,
nature de la roche mère), ainsi que par la description de la végétation
(espèces et leurs recouvrements, première et deuxième
espèces dominantes), de la géologie, de la latitude et de
la longitude.
Estimation de la productivité
et de la croissance en hauteur
L'estimation de la productivité d'une essence donnée peut
être envisagée de plusieurs manières [16-18] parmi
lesquelles nous avons retenu la méthode indirecte fondée
sur le concept de hauteur dominante du peuplement à un âge
de référence donné [19]. Le choix d'un modèle
de croissance de la hauteur dominante peut alors être fait selon
deux approches, polymorphique et anamorphique. L'approche polymorphique
est objective et précise, mais elle nécessite des mesures
diachroniques dans des placettes permanentes ou des analyses de tiges.
En l'absence de placettes permanentes et comme il a été
impossible de faire des analyses de tige, méthode destructrice
trop coûteuse en perte de matériel dans des peuplements très
performants, cette approche n'a pas pu être retenue. C'est donc
l'approche anamorphique qui, à défaut de mesures diachroniques,
a été retenue ici. Elle suppose que la croissance suit une
évolution parallèle dans toutes les stations, indépendamment
de la fertilité, et que l'accroissement annuel courant en volume,
tout en atteignant des valeurs différentes d'une station à
l'autre, se produit à un même âge dans toutes les classes
de productivité [16, 17]. Les courbes de croissance étant
des courbes affines, elles se déduisent les unes des autres [20-22],
Ces courbes affines n'exigent pas une précision élevée
et sont utilisables pour une faible amplitude d'âge, ou encore lorsque
les données sont trop peu précises ou trop peu nombreuses
pour établir un système de courbes polymorphiques [16, 17,
23]. La croissance en hauteur dominante en fonction de l'âge a été
mesurée à 1,30 m du sol [24, 25] et ajustée sur la
base d'observations moyennes (hauteur moyenne et âge moyen des 5
plus gros arbres de la placette de 5 ares).
Choisir un modèle de croissance et un âge de référence
sont les éléments de base pour définir l'indice de
site (S), ou hauteur dominante à l'âge de référence
retenu. Plus l'âge de référence est élevé,
plus l'indice de production obtenu est en rapport avec la production totale
[26]. Si l'âge de référence est très différent
de l'âge actuel, l'évaluation de l'indice de site sera incertaine.
Nous avons retenu un âge moyen de 60 ans, proche de celui de la
révolution du peuplement [27]. Il est souvent admis que deux peuplements
de 50 ans (ou de 60 ans) sont « distants » d'une classe de fertilité
dès lors que leurs hauteurs dominantes sont différentes
d'une valeur d'environ 2 à 3 m [28], pour autant que la structure
du peuplement (répartition à l'hectare des diamètres
à 1,30 m du sol) soit régulière, faute de quoi le
concept de la hauteur dominante ne peut être utilisé.
Caractérisation des classes de croissance
et leurs relations avec les facteurs du milieu
La comparaison des principaux caractères dendrométriques
des classes de croissance a été abordée par l'analyse
de la variance multiple [29] (encadré). Mais ces classes
de croissance, définies par un critère dendrométrique,
ne donnent aucune information quant à leurs relations avec le milieu.
Pour rendre plus facile l'aménagement de cette forêt et,
surtout, pour mieux orienter le reboiseur sur le choix des essences, il
est indispensable de faire leur diagnostic phyto-écologique détaillé,
diagnostic abordé ici selon deux démarches complémentaires.
Il s'agit, d'une part, d'une méthode analytique fondée sur
l'étude des profils écologiques et sur le calcul de l'information
mutuelle entre une espèce végétale et un descripteur
du milieu [30-32]. Le mérite de cette méthode est son pouvoir
de discrimination des descripteurs ainsi que la mise en évidence
des groupes d'espèces indicatrices. Dans cette approche analytique,
pour mieux cerner les affinités des espèces vis-à-vis
des classes de croissance, l'indice de site a été considéré
comme un descripteur du milieu, ce qui permet d'avoir le comportement
des espèces pour ce descripteur.
D'autre part, une approche plus synthétique, fondée sur
l'analyse factorielle des correspondances (AFC) [33], a été
utilisée pour étudier les agencements entre les classes
de l'indice de site, les groupes d'espèces indicatrices et les
modalités des descripteurs efficaces du milieu, afin d'élaborer
une typologie des stations [34, 35].
Résultats
Croissance en hauteur
La structure du peuplement (figure
1) peut être considérée comme régulière
d'après le test du Chi carré (alpha = 0,05), ce qui permet
l'ajustement de 3 modèles classiques pour modéliser la croissance
en hauteur :
- le modèle de Schumacher [20] :
Hd - 1,30 = b0 exp(- b1/Ak)
où Hd est la hauteur dominante du peuplement, A l'âge
moyen de la placette à 1,30 m du sol et b0, b1
et k des coefficients de régression à estimer ;
- le modèle allométrique [36] :
Hd - 1,30 = b0 Ab1 ;
- le modèle de Prodan :
Hd - 1,30 = A2/(b0 + b1
A + b2 A2).
L'estimation des paramètres des 3 modèles a été
effectuée après linéarisation, par la technique de
la régression linéaire. Pour le modèle de Schumacher,
cette linéarisation a été réalisée
en fixant pour k une valeur égale à 0,5 puis 1,0
et 2,0 [21].
La comparaison des 3 modèles, en se fondant sur des critères
statistiques (indice de Furnival, ou I, coefficient de détermination
R2, répartition des résidus), nous a conduits
à choisir le modèle de Prodan retenu sous la forme :
Hd - 1,30 = A/(1,4439 + 0,0519 A).
Quant au choix du nombre de classes de croissance, toujours arbitraire,
des considérations écologiques, en particulier, pour la
région, la grande amplitude écologique du pin d'Alep qui
se trouve au contact du thuya de Berbérie (en bas de versant au
niveau de Tillouguite) et du genévrier thurifère (Juniperus
thurifera L.) en haut de versant à Tisselmit, nous ont conduits
à distinguer 3 classes (tableau
1 et figure 2) :
- une classe 1 de bonne fertilité, dont l'indice de site S (Hd
à 60 ans) est supérieur à 15 m (33 placettes) ;
- une classe 2 de fertilité moyenne, avec S compris entre 13,1
et 15,0 m (32 placettes) ;
- une classe 3, de fertilité médiocre, dont S est inférieur
à 13,1 m (17 placettes).
Sur le plan dendrométrique, l'analyse de la variance multiple
des variables relativement stables du peuplement (hauteur dominante moyenne,
indice de site, surface terrière moyenne, volume moyen total et
accroissement moyen en volume) montre que les 3 classes de croissance
ne sont pas significativement toutes égales au risque alpha = 0,05.
La valeur de (n - 1 - [p + q]/2)Lnôméga(x) est égale
à 52,4 alors que la valeur du Chi carré au même risque
alpha et à 8 degrés de liberté est de 15,5.
Quant au test de Hotelling appliqué aux 3 vecteurs moyens (valeurs
moyennes par classe de croissance), les valeurs calculées de Q
pour les 3 vecteurs considérés 2 à 2
valent respectivement 19,4 pour la première combinaison, 22,9
pour la deuxième et 15,5 pour la troisième. La valeur théorique
au risque alpha = 0,05 de la statistique de Fisher-Snedecor, avec 5 et
respectivement 59,44 et 43 degrés de liberté, ne dépasse
pas 2,44. On peut donc admettre que les valeurs moyennes du peuplement
sont nettement différentes dans les 3 classes de croissance.
Croissance en hauteur et facteurs du milieu
Méthode analytique (profils écologiques)
La « hiérarchie » des descripteurs du milieu est un
indice du rôle joué par chacun sur l'organisation des espèces
[32] ; elle est obtenue par un graphique portant en abscisse l'entropie
du descripteur - H(L) - et en ordonnée l'information mutuelle moyenne
- I(EL) - des profils des espèces pour chaque descripteur en ne
retenant, dans notre cas, que les 50 espèces qui apportent le plus
d'information (figure 3).
Altitude, exposition et deuxième espèce dominante sont des
descripteurs efficaces et bien échantillonnés ; la première
espèce dominante, la nature de la roche, la géologie, la
latitude et la longitude ont une information mutuelle également
élevée mais, en revanche, leur entropie est plus faible
(descripteurs mal échantillonnés). Le reste des descripteurs,
moyennement à mal échantillonnés, est peu efficace,
y compris d'ailleurs l'indice de croissance S. Nous avons néanmoins
considéré les espèces indicatrices des 3 classes
de croissance, en les répartissant dans certains cas en sous-groupes
à partir des informations acquises pour les autres descripteurs.
* Espèces indicatrices de la classe 1 (bonne fertilité)
:
- sous-groupe 1 : Arbutus unedo L., Neotinea maculata
(Desf) Stearn, Globularia nainii Batt., Polygala rupestis
Pourret, Thymus zygis L. Ce sous-groupe, peu cohérent, semble
indiquer des sols peu profonds en bioclimat semi-aride à sub-humide
frais ;
- sous-groupe 2 : Onobrychis saxatilis (L) Lam., Ononis pusilla
L. et Psoralea bituminosa L. Ces espèces, relevées
surtout dans les basses altitudes de la vallée, correspondent généralement
à des sols peu profonds en bioclimat semi-aride tempéré.
* Espèces indicatrices de la classe 2 (fertilité moyenne)
: Carex hallerana Asso, Cistus villosus L., Festuca rubra
L. et Stipa tenacissima L. On doit considérer ces espèces
comme indicatrices localement dans le cadre de l'échantillonnage.
C. villosus et F. rubra indiquent respectivement des milieux
de dégradation et des milieux forestiers (Ben Abid, communication
personnelle) en bioclimat frais à froid et C. hallerana,
souvent observée dans ces milieux, se trouve aussi à d'autres
altitudes dans la vallée.
* Espèces caractéristiques de la classe 3 (fertilité
médiocre) :
- sous-groupe 1 : Fumana ericoides (Cav.) Gand, Fumana thymifolia
(L.) Spach ex-Webb, Helianthemum virgatum (Desf.) Pers., Juniperus
phoenicea L. et Tetraclinis articulata. Ce sous-groupe bien
individualisé en contact avec la tétraclinaie est lié
à des sols superficiels et aux milieux les plus chauds en bioclimat
semi-aride tempéré ;
- sous-groupe 2 : Genista pseudopilosa Cosson, Chrysanthemum
gayanum Ball., Polygala balansae Cosson et Thymus saturejoides
Cosson. Ces espèces sont en revanche d'écologie mal définie,
plutôt liées aux milieux frais du fond de la vallée.
De ces 3 groupes d'espèces indicatrices il ressort que, s'il
est facile de trouver un groupe d'espèces indicatrices bien individualisé
pour la classe 3 (c'est-à-dire la moins productive, très
souvent proche de la tétraclinaie), il n'en est pas de même
pour le deux autres classes, d'où l'approche de la question par
l'analyse factorielle des correspondances.
Analyse factorielle des correspondances
L'analyse factorielle des correspondances a été effectuée
sur l'ensemble des espèces et des états des descripteurs
du milieu en ne retenant que les espèces présentes dans
plus de 3 placettes ainsi que les descripteurs efficaces tels que définis
ci-dessus, en y ajoutant toutefois la profondeur du sol jugée très
utile et l'indice de croissance S.
Dans cette analyse (tableau
2), les 5 premiers axes absorbent 63,5 % de l'inertie du nuage de
points, avec une forte prépondérance du premier axe factoriel
(21,5 %). Dans les plans factoriels 1-2 et 1-3, nous avons tracé
l'enveloppe des points représentant une classe de croissance et
des espèces correspondant à cette classe telles qu'elles
ont été définies à partir des résultat
des profils écologiques.
Si on examine le plan factoriel 1-2 (figure
4), il apparaît que l'axe 1 met en opposition la première
et la troisième classe de croissance. Sur la partie droite de cet
axe, on retrouve la classe 3 (fertilité médiocre) avec son
cortège floristique de basse altitude, sur sols superficiels et
sur versants chauds. Les espèces Polygala balansae et Chrysanthemum
gayanum, présentes moins de 4 fois, n'apparaissent pas dans
ce groupe. Ce cortège, déjà mis en évidence
par les profils écologiques, correspond à l'étage
thermo-méditerranéen supérieur [37] et à un
bioclimat semi-aride tempéré [38]. Sur la partie gauche
de cet axe 1, la classe 1 (bonne fertilité) correspond aux formations
à Arbutus unedo et, surtout, aux altitudes moyennes (1 500
m environ) sur sols profonds et sur versants frais. Les quelques espèces
caractéristiques de cette classe (Arbutus unedo, Neotinea maculata,
Polygala rupestris, Onobrychis saxatilis et Globularia nainii)
confirment qu'elle est dans l'étage méso-méditerranéen
proposé par Barbéro (communication personnelle) et dans
l'étage bioclimatique sub-humide frais. L'axe 2 qui absorbe une
moindre part de l'inertie (13,5 %), pourtant non négligeable, est
d'interprétation difficile.
L'examen du plan factoriel 1-3 (figure
5) montre que l'axe 3 fait ressortir la deuxième classe de
croissance. Cette classe, assez hétérogène, correspond
essentiellement aux milieux d'assez haute altitude, sur sols moyennement
profonds et en versant nord. Les quelques espèces qui apparaissent
près du point représentant cette classe (Festuca rubra,
Cistus villosus, Carex hallerana, Stipa tenacissima) se placent plus
particulièrement dans l'étage de végétation
méditerrannéen supérieur (Barbéro, communication
personnelle) et dans l'étage bioclimatique sub-humide frais à
froid.
Les résultats de l'analyse factorielle des correspondances sont
donc cohérents avec ceux obtenus par la méthode analytique
des profils écologiques. Ainsi, la typologie écologique
suivante des classes de croissance peut être proposée :
- la classe de croissance 1 correspond aux formations à arbousier
(Arbutus unedo), sur sols profonds et versants frais en bioclimat
sub-humide ;
- la classe de croissance 2, aux contours moins précis, correspond
essentiellement aux formations assez dégradées d'altitude,
sur sols moyennement profonds et aux versants frais à froids en
bioclimat sub-humide frais à froid ;
- la classe de croissance 3, la mieux définie, se place dans
les formations en contact avec la tétraclinaie, sur sols superficiels
en versants chauds et en bioclimat semi-aride tempéré.
CONCLUSION
Nous concluons [1] à la large amplitude écologique des
peuplements naturels de pin d'Alep de la vallée de Tamga associés,
à l'étage supérieur, au thuya de Berbérie,
au chêne vert et au genévrier thurifère (sur le haut
de versants à l'abri des vents d'ouest) entre 2 200 et 2 400 m.
L'étude de productivité, fondée sur le concept
de hauteur dominante, a défini 3 classes de croissance dans ces
peuplements. La première et la troisième classe (produisant
respectivement 1,40 et 0,72 m3/ha/an) correspondent à
des caractères phyto-écologiques nets (formations à
arbousiers et formation de la tétraclinaie). La deuxième
classe, avec une production moyenne de 0,85 m3/ha/an, est moins
bien différenciée sur le plan phyto-écologique. En
s'appuyant à la fois sur l'analyse des profils écologiques
et sur celle, factorielle, des correspondances, on peut la rattacher aux
formations des étages bioclimatiques sub-humides frais à
froid de la vallée.
Outre leur grande plasticité écologique, les peuplements
naturels de pin d'Alep de Tamga semblent également être intéressants
du point de vue de la productivité qui, dans les pinèdes
du Haut Atlas de Marrakech (Zerkten et Amizmiz), varie entre 1,275 m3/ha/an
pour la classe 1 et 0,787 m3/ha/an pour la classe 2 [39]. Ils
sont plus productifs que ceux d'Algérie ou de Tunisie [40] (accroissement
moyen de l'ordre de 1 m3/ha/an pour les futaies pleines en
Tunisie et de 1,2 à 1,5 m3/ha/an en bonnes conditions
en Algérie). Un accroissement moyen de 0,30 à 0,86 m3/ha/an
a été aussi cité pour les 100 000 ha de pins d'Alep
en Tunisie [13]. En France [11, 12], on signale des accroissements variant
de 1 m3/ha/an, dans les classes médiocres, à
5 m3/ha/an dans les classes exceptionnelles.
Les peuplements naturels de pins d'Alep de Tamga devraient retenir l'attention
des forestiers non seulement pour leur production locale mais aussi pour
leur utilisation dans les reboisements hors de la zone d'étude.
La forme particulière des arbres de ces peuplements suggère
également que des études génétiques soient
menées pour préciser leur originalité intrinsèque.
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