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DEA agriculture durable en milieu méditérranéen


Cahiers Agricultures. Volume 9, Number 1, 85, Janvier - Février 2000, Infos



ARTICLE

Présentation générale du projet

Rappel historique

Le projet du DEA résultait d'une initiative conjointe de l'AUPELF-UREF, de l'INA P-G et de l'INRA-France, en partenariat avec trois universités francophones libanaises : l'UL (Université libanaise publique) l'USJ (Université St- Joseph, gérée par la Compagnie de Jésus), l'USEK (Université St-Esprit-Kasslik, gérée par l'ordre des moines maronites). La convention du DEA a été signée par ces six institutions en novembre 1995, pour une durée de trois années universitaires. Elle a pris fin en novembre 1999. Le budget du DEA (environ 800 KF/an) a été entièrement assuré par l'Agence universitaire de la Francophonie.

Objectifs du projet

Les objectifs du projet se situaient dans une perspective large de reconstitution du potentiel humain de recherche et d'enseignement au Liban, détruit à la suite de la guerre civile libanaise, dans un certain nombre de domaines prioritaires. Après consultation des partenaires libanais, le thème « Agriculture durable » a été retenu dans un premier temps. L'enseignement du DEA a donc été élaboré de façon à apporter aux futurs cadres de la recherche et de l'enseignement les concepts de base et les outils d'analyse pour mettre en place et gérer une agriculture respectueuse de son environnement tout en répondant aux contraintes économiques. Il a été convenu avec les partenaires libanais qu'une révision complète de l'enseignement interviendrait tous les 3 ans. Enfin, dans une perspective de développement, ce projet devait conduire à la mise en place d'une école doctorale francophone au Liban.

Le programme d'enseignement

Ce programme résultait d'une réflexion commune engagée par des enseignants et des chercheurs appartenant au département AGER de l'INA P-G et au département Environnement et Agronomie de l'INRA. On rappellera ici sommairement qu'il comprenait des notions d'agriculture durable, des bases scientifiques pour la maîtrise de la recherche (outils statistiques et informatiques, agrométéorologie, sciences du sol, écophysiologie, agronomie) et des études approfondies (gestions rationnelles des eaux et des intrants et l'élargissement aux systèmes agraires en milieu méditerranéen).

L'organisation de l'enseignement

Le DEA « Agriculture durable en milieu méditerranéen » a été conçu comme une formation de 3e cycle ouverte aux diplômés des Facultés d'agronomie et des écoles d'ingénieurs agronomes appartenant aux pays méditerranéens ainsi qu'à toute une personne justifiant d'un niveau universitaire équivalent. La préparation du DEA est organisée en module, comprenant des enseignements théoriques et pratiques, des séminaires spécialisés, des visites d'entreprises agricoles et de centres de recherches ainsi que la rédaction et la soutenance d'un mémoire à l'issue d'un stage de recherche. La durée de l'enseignement, de 12 mois, ne pouvait dépasser 2 ans. L'enseignement est fait en français. La première rentrée universitaire qui a eu lieu en novembre 1996 a concerné douze étudiants. Celles des années suivantes comportaient respectivement treize (1997-1998) et douze (1998-1999) étudiants.

Le corps enseignant est composé des membres appartenant aux trois universités libanaises partenaires ainsi que d'un nombre important d'intervenants francophones sélectionnés en fonction de leurs compétences scientifique, pédagogique et professionnelle. La coordination pédagogique et scientifique du DEA s'effectua sous la responsabilité des représentants de l'INA P-G et de l'INRA.

Bilan du projet

Le bilan couvre deux volets distincts :

- les avancées réalisées par rapport aux objectifs du départ ;

- les prolongements futurs.

Les avancées

Elles se situent à différents niveaux pédagogiques et scientifiques.

* Au niveau pédagogique, la mise en place du projet de DEA a permis :

- la remise à niveau de la formation agronomique dispensée au Liban. Cette remise à niveau concerne aussi bien l'enseignement que les outils pédagogiques utilisés par les enseignants ;

- l'introduction d'un véritable débat scientifique, fondé sur une analyse critique des différentes étapes intervenant dans l'élaboration d'un projet de recherche ;

- la mise en place d'une politique de coopération entre les institutions libanaises que la guerre civile a séparée. Cette politique s'est traduite par la mise en commun des moyens qui associent l'enseignement et la recherche.

* Au niveau scientifique

La reconstitution du potentiel humain de recherche dans le domaine de l'agriculture durable représentait un des axes majeurs de la mise en place du projet de DEA. On peut souligner aujourd'hui les faits suivants :

- Vingt-trois étudiants du DEA appartenaient aux structures d'enseignement libanaise et de la recherche, soit 63 % de l'effectif total. On note cependant une variation de ce pourcentage d'une année à l'autre.

Le pourcentage le plus faible a été observé au cours de l'année académique 1998-1999 (30 %). Notons enfin que les chercheurs de l'IRAL (Institut de recherche agronomique libanais) représentaient plus de 33 % de l'effectif total des étudiants.

- Des projets de recherche, faisant suite à la soutenance des mémoires de DEA ont été mis en place dans le cadre de la préparation d'une thèse de doctorat. À ce jour, six projets ont été concrétisés par une inscription dans une école doctorale française (cinq à l'INA P-G et une à l'ENSAIA de Nancy). Deux autres projets sont en cours de discussion actuellement. Au total on s'attend à une dizaine d'inscriptions en doctorat fin 2000.

* Au niveau institutionnel

Le premier objectif de la convention du DEA signée en 1995 était la rupture de l'isolement de la communauté scientifique libanaise en agronomie. La mise en place de ce projet a favorisé les contacts et les échanges entre les enseignants et chercheurs libanais et leurs homologues français. Deux avancées significatives peuvent être soulignées : la signature de la convention de coopération INRA/IRAL en décembre 1999 et la mise en place d'un groupe de recherche franco-libanais travaillant sur la gestion de l'eau. Soulignons enfin les nombreux stages effectués par les chercheurs enseignants libanais depuis 1996 dans les laboratoires de l'INRA et l'INA-PG.

Les prolongements

L'analyse fait apparaître que l'effectif d'étudiants diplômés et des thésards en agriculture durabe semble satisfaisant pour l'agriculture libanaise et la recherche correspondante. Au-delà, il apparaît que les débouchés sont incertains et l'investissement peu utile. Les prolongements futurs du DEA qui prennent acte de cette analyse couvrent deux axes :

- la mise en place d'un nouvel enseignement dont le thème central sera l'agro-alimentaire ;

- la mise en place d'un comité de suivi et de pilotage des thèses issues du DEA « Agriculture durable ». Ce comité est composé de C. Ferault et N. Katerji, le directeur du programme et d'un représentant de l'AUF. Il prendra en charge l'accompagnement des thésards au cours de la réalisation du projet de recherche. Son champ d'action concerne l'identification du sujet et des encadreurs, la recherche des laboratoires d'accueil et la réalisation des bilans périodiques. Un document actuellement en préparation définira les missions et les moyens dont disposera le comité.

Conclusion

Le projet du DEA « Agriculture durable en milieu méditerranéen » constitue pour l'INA-PG et l'INRA une expérience nouvelle. Le bilan de cette expérience apparaît très positif pour les raisons suivantes.

- Ce projet a permis de concrétiser l'engagement vis-à-vis du Liban et d'apporter un appui très apprécié par le partenaire libanais aux structures d'enseignement et de recherche en cours de construction.

- La synergie INA-PG/INRA a bien fonctionné. Cette coopération semble exemplaire et encourageante pour entamer des projets similaires dans le futur.

- L'engagement avec un organisme international (AUF) pour mettre en place une structure d'enseignement et de recherche constitue une expérience-pilote très profitable pour les organismes engagés. Il convient de renouveler dans le futur ce type d'expérience.

N'Katerji : Directeur de recherche INRA

C. Ferault : Directeur scientifique INA P-G
(représentants de l'INRA et de l'INA P-G au comité du suivi scientifique et pédagogique du DEA)


 

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