ARTICLE
jpc.2012.0207
Auteur(s) : Magali Fontaine-Adam1 Magali.Fontaine-Adam@chu-rouen.fr,
Mikaël Daouphars2, Jean Doucet3
1 Service de pharmacie, CHU C. Nicolle,
Rouen
2 Service de pharmacie, CLCC H. Becquerel,
Rouen
3 Service de médecine interne gériatrique, CHU
C. Nicolle Rouen St Julien
Tirés à part : M. Fontaine-Adam
En 2007, 24 millions de prescriptions d’antalgiques de
palier 2 ont été réalisées en médecine générale en
France. Cette classe regroupe la codéine, le tramadol et le
dextropropoxyphène, utilisés seuls ou en association avec du
paracétamol.
En 2011, l’Afssaps dans son rapport d’analyse des ventes de
médicaments en France de 1999 à 2009, a souligné une forte
progression des ventes d’antalgiques surtout en 2009 (9,8 % en
quantités) due à l’incidence exceptionnellement élevée des
syndromes grippaux durant cette année.
Le 25 juin 2009, l’Agence européenne du médicament
(EMA) recommandait le retrait progressif du dextropropoxyphène
(DXP) dans tous les pays de l’Union européenne (UE), retrait
confirmé cette année et effectif le
1er mars 2011.
Nous proposons de faire le point sur la prise en charge de la
douleur, de résumer les causes de l’arrêt de commercialisation des
médicaments contenant du DXP et enfin de présenter les
recommandations qui suivent cet arrêt et les conséquences du point
de vue de la prescription.
La prise en charge de la douleur de l’adulte : focus sur
les antalgiques de palier II
Les antalgiques et les analgésiques sont des médicaments
capables de diminuer (antalgiques) ou d’abolir (analgésiques) la
perception des sensations douloureuses sans entraîner la perte de
conscience.
Leur utilisation suit trois paliers conseillés par
l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le traitement de la
douleur par excès de nociception (figure 1).
Les antalgiques de palier I ou antalgiques périphériques
(paracétamol, aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens
(AINS)) sont indiqués dans le traitement symptomatique des douleurs
d’intensité légère à modérée.
Les antalgiques de palier II ou opioïdes faibles (codéine,
dihydrocodéine, tramadol, poudre d’opium +/- paracétamol ou
ibuprofène) sont indiqués dans le traitement symptomatique des
douleurs d’intensité modérée à intense.
Les antalgiques de palier III ou opioïdes forts (morphine,
péthidine, fentanyl, hydromorphione, oxycodone, buprénorphine,
nalbuphine) sont indiqués dans le traitement symptomatique des
douleurs intenses ou en cas d’échec des antalgiques de palier
II.
Le rapport de 2005 de la Caisse nationale
d’Assurance-maladie notait qu’en France, la famille de médicaments
la plus prescrite était celle des antalgiques, qui progressait
encore de façon importante (+ 9,2 % par rapport à 2004) pour
atteindre 340 millions de boîtes vendues [2]. On retrouvait en
tête de liste des dix médicaments les plus prescrits en quantité en
2005 trois antalgiques à base de paracétamol seul : le
Doliprane® (premier avec 73,3 millions d’unités
prescrites en 2005 soit + 15,2 % depuis 2004),
l’Efferalgan® (deuxième avec 42,5 millions soit
+ 5,8 %) et le Dafalgan® (troisième avec
35,5 millions soit + 11,2 %). Leur classement respectif
était identique en 2004. Deux antalgiques avec du paracétamol
associé se plaçaient aussi parmi les 10 produits les plus
prescrits : Propofan® (sixième avec
14,6 millions d’unités prescrites en 2005 soit -
5,2 % depuis 2004) et Di-Antalvic® (huitième avec
12,8 millions soit - 0,6 %) [3].
La codéine
Structure et réactivité
La codéine est un alcaloïde de l’opium qui se distingue de la
morphine seulement par la présence d’un groupe méthyl sur le groupe
hydroxyl à l’atome C3 du goupe benzyl (figure 2). Ce
groupe méthyl a l’avantage par rapport à la morphine de diminuer
l’effet de premier passage hépatique et ainsi d’augmenter la
biodisponibilité par voie orale.
Pharmacocinétique
Absorption
La codéine et ses sels sont absorbés par voie orale et par voie
intramusculaire. Son temps de demi-vie plasmatique est de 2 à
4 heures.
Distribution
La codéine est largement distribuée dans les tissus, de même que
ses métabolites, et présente une biodisponibilité d’environ
50 %.
Métabolisme
La codéine est métabolisée au niveau hépatique en morphine par
O-déméthylation et en norcodéine par N-déméthylation. La codéine et
ses métabolites subissent également une sulfo- et une
glucuro-conjugaison. L’effet analgésique de la codéine est dû à sa
métabolisation en morphine, qui atteint environ 10 % en
6 à 8 heures après administration orale d’une dose unique.
Élimination
Elle est principalement urinaire. Après administration orale
d’une dose unique, 86 % est excrété dans les urines en
24 heures et plus de 95 % en 48 heures.
Formes galéniques et propriétés
La codéine est un hypnotique et un analgésique beaucoup moins
puissant que la morphine. Elle est utilisée comme analgésique en
association avec des antalgiques périphériques (aspirine et
paracétamol) qui potentialisent son action. Mais elle est ausi
surtout utilisée comme sédatif de la toux et modificateur des
sécrétions bronchiques. Ses propriétés sont liées à sa
transformation en morphine par le foie. La codéine n’a pas d’effet
chez une personne sur quinze (« métaboliseurs
lents ») ; au contraire, la codéine a un effet trop
important chez une personne sur trente (« métaboliseurs
rapides »).
Elle est commercialisée sous forme de sirops, de comprimés ou de
suppositoires. Une cinquantaine de spécialités contiennent de la
codéine sous forme orale (Annexe 1).
Effets indésirables
La codéine peut produire une somnolence, il est généralement
déconseillé de prendre un médicament contenant de la codéine avant
de conduire une voiture ou tout autre engin mécanique nécessitant
une attention soutenue. En outre, elle provoque parfois une
difficulté d’endormissement du fait de certaines de ses propriétés
excitantes.
La codéine peut également induire un état d’euphorie
caractéristique des opiacés, mais rarement avec des doses
usuelles.
À des doses importantes, des effets secondaires de type
histaminique puis opiacé apparaissent. Ceci peut se produire
d’autant plus en cas de renouvellement trop rapide des prises ou de
surdosage réitéré (prurit et picotements, rash cutané,
irritabilité, mais aussi nausées, troubles gastriques, sédation
invalidante…).
Comme la grande majorité des opiacés, la codéine produit un
effet sédatif sur les muscles de l’intestin. Elle ralentit
l’activité du tractus gastro-intestinal et favorise l’absorption de
l’eau contenue dans le bol alimentaire au cours de sa digestion. La
prise régulière de codéine peut entraîner une constipation
importante suivant la durée et les doses administrées au patient.
L’arrêt de la prise entraîne généralement un retour de toutes les
fonctions intestinales à brève échéance.
Le tramadol
Structure et réactivité
Le tramadol est une molécule de synthèse 4-phényl-pipéridine
présentant des analogies de structure avec la codéine (figure 3). Il
présente lui aussi un groupe méthyl sur la partie phénolique. Le
tramadol est un mélange racémique. Chaque énantiomère présente
différentes propriétés de liaison aux récepteurs et d’inhibition de
la recapture monoaminergique ; ils varient aussi dans leurs
voies métaboliques.
Mécanisme d’action
Le tramadol est un analgésique central de synthèse dont
l’efficacité est due à la synergie, aux doses thérapeutiques, d’une
activité morphinique notamment liée à son dérivé 0-déméthylé, qui a
une affinité 200 fois supérieure pour les récepteurs μ par
rapport à la molécule mère, ainsi qu’une activité monoaminergique
centrale due à une inhibtion du recaptage de la noradrénaline et de
la sérotonine, mécanisme impliqué dans le contrôle de la
transmission nociceptive centrale. Sa sélectivité pour les
récepteurs μ a été démontrée [4, 5]. Des recherches in
vitro ont fourni des données indiquant que l’affinité du
tramadol pour les récepteurs μ est 6 000 fois moins importante
que celle de la morphine, 100 fois moins que le
dextropropoxyphène et 10 fois moins que celle de la codéine
[6]. Comme les autres produits de cette classe, le tramadol possède
des propriétés antitussives. Les effets sur le tractus
gastro-intestinal sont faibles aux doses thérapeutiques. Les effets
dépresseurs respiratoires du tramadol sont moindres que ceux de la
morphine. Les études réalisées chez l’animal ont montré un
potentiel de dépendance réduit par rapport à celui de la morphine
et un potentiel de tolérance plus faible [7].
Pharmacocinétique
Absorption
Après administration orale unique d’une dose de 50 mg à 100 mg,
la biodisponibilité est comprise entre 70 et 90 %. Après
administration orale, répétée toutes les 6 heures, de 50 à
100 mg, l’état d’équilibre est rapidement atteint en 36 heures
environ et la biodisponibilité augmente, dépassant 90 %. Le
pic sérique après administration orale de 100 mg de tramadol est
d’environ 300 ng/mL (Cmax) et est atteint après 2 heures
(Tmax).
Distribution
La liaison aux protéines plasmatiques est de 20 % et le
volume de distribution est important (3 à 4 L/kg). Le tramadol
traverse la barrière placentaire et passe en très faible quantité
dans le lait maternel (environ 0,1 % de la dose
administrée).
Métabolisme
Quatre-vingt-dix pour cent du tramadol est métabolisé,
principalement au niveau du foie : un des métabolites
déméthylés possède un effet analgésique ; sa demi-vie est du
même ordre que le tramadol. La demi-vie d’élimination plasmatique
est comprise entre 5 et 7 heures chez le volontaire sain.
Élimination
Le tramadol et ses métabolites sont presque totalement excrétés
par voie rénale (95 %). Le reste est éliminé dans les
fèces.
Il existe une cinquantaine de spécialités contenant du tramadol
sous forme orale ou injectable (Annexe 2).
Effets indésirables
Les effets indésirables les plus fréquemment rencontrés sont
ceux de la classe des opiacés tels que nausées, vomissements,
somnolence, céphalées, vertiges, hypersudation, sensation de
malaise, sécheresse buccale, constipation en cas de prise
prolongée.
Plus rarement, on note des troubles neuropsychiques (confusion,
hallucination, délire), des convulsions après l’administration de
doses élevées ou après un traitement concomitant par des
médicaments qui peuvent abaisser le seuil épileptogène ou qui
déclenchent eux-mêmes des convulsions.
La survenue d’une accoutumance semble relativement rare, et les
symptômes de sevrage, lorsqu’ils existent, sont moins sévères que
ceux provoqués par les autres opioïdes.
Le dextropropoxyphène
Structure et réactivité
C’est un dérivé synthétique de la morphine, obtenu par
cristallisation dans le méthanol et l’acétate d’éthyle (figure 4). On
obtient ainsi quatre stéréo-isomères, dont seul le dérivé
a-racémique a une activité thérapeutique : le
dextropropoxyphène a une activité analgésique, la forme lévogyre
semblant avoir une activité antitussive [8].
Mécanisme d’action
Le dextropropoxyphène (DXP) occupe les sites d’action des
récepteurs μ opioïdes avec une fixation moins sélective que la
morphine. Il produit ainsi une action analgésique et des effets sur
le système nerveux central semblables aux opiacés [9].
Son action est environ 10 fois plus faible que celle de la
morphine, et un peu plus faible que celle de la codéine.
Pharmacocinétique
Absorption
Le DXP est administré par voie orale. Son absorption est rapide
(moins d’une heure), le pic plasmatique (0,17-0,37 μg/mL)
étant obtenu en moyenne 2 heures après une dose unique de 130 mg
par voie orale. Cependant, il subit une première étape de
biotransformation et seule une faible partie (30 à 70 %)
de la dose absorbée passe dans la circulation sous forme inchangée.
Les concentrations plasmatiques en DXP sont dose-dépendantes de
façon linéaire, mais variables selon les individus.
Le norpropoxyphène, son principal métabolite, atteint son pic
plasmatique en 2 heures 30 environ [9-13].
Distribution
Environ 80 % du DXP et de ses métabolites sont liés aux
protéines plasmatiques. Son caractère lipophile fait qu’il se fixe
largement au tissu adipeux (foie, poumon, cerveau).
On le retrouve dans le lait maternel. Malgré sa rapide
absorption et son élimination lente, les taux plasmatiques restent
stables (60-200 ng/mL, pour des administrations allant jusqu’à
195 mg). Les taux retrouvés dans le foie et les poumons sont
10 à 40 fois plus élevés que dans le sang après surdose
en DXP.
Le temps de demi-vie plasmatique du dextropropoxyphène est de
13 h (2-26 h) et celui du norpropoxyphène est aussi très long (36 h
(16-48 h)). Le volume de distribution est de 16 L/kg.
Métabolisme
Le dextropropoxyphène est métabolisé au niveau hépatique et
intestinal. La métabolisation consiste en une N-déméthylation
conduisant au métabolite principal, le norpropoxyphène, mais aussi
dans une moindre proportion au dinorpropoxyphène qui se déshydrate
en donnant du dinorpropoxyphène cyclique. Lors d’administrations
répétées, le norpropoxyphène atteint des concentrations
plasmatiques bien plus élevées que celles du DXP. Ce phénomène est
vraisemblablement dû à une inhibition du métabolisme d’oxydation du
foie par le DXP lui-même, qui diminue la clairance et augmente le
temps de demi-vie plasmatique. De la même façon les concentrations
en DXP lors d’un usage chronique sont jusqu’à cinq fois plus
élevées qu’après prise de dose unique.
Par ailleurs, l’éthanol, en inhibant l’oxydation hépatique,
diminue de façon significative la première étape de
biotransformation du DXP, de telle sorte que l’on retrouve, après
prise de dose unique chez des personnes atteintes d’insuffisance
hépatique, des taux plasmatiques supérieurs en DXP et inférieurs en
norpropoxyphène par rapport à des sujets normaux.
Élimination
Elle se fait par voie urinaire, surtout, sous forme
métabolisée : moins de 10 % est retrouvé inchangé dans
les urines. En 24 heures, environ 35 % de la dose est éliminé
dans les urines dont 13 % de norpropoxyphène et 5 % sous
forme inchangée. Au total 60 à 70 % de la dose
administrée est excrétée en 5 jours, et environ 18 % est
éliminé dans les selles pendant la même période. La clairance
plasmatique est de 15 mL/min/kg. La prise répétée et prolongée de
dextropropoxyphène entraîne une diminution d’environ 50 % de
la clairance totale d’élimination de la molécule et de son
métabolite [9].
Il existe une trentaine de spécialités qui contiennent du DXP
(Annexe 3)
Effets indésirables
Le dextropropoxyphène entraîne des effets secondaires modérés
identiques à ceux de la codéine, en particulier
gastro-intestinaux : nausées, anorexie, constipation, douleurs
abdominales, vomissements.
Il a été également décrit une asthénie, des vertiges, des
troubles neuropsychiques, une insomnie, une somnolence, des rashs
divers, des céphalées, une euphorie, des troubles de la vision, des
vertiges, une désorientation et une anxiété [10].
Les effets secondaires neuro-psychiques du dextropropoxyphène
seraient plus importants que ceux de la codéine. Le
dextropropoxyphène peut entraîner des hypoglycémies, en particulier
chez des patients souffrant d’insuffisance rénale [11], mais cela
est exceptionnel [12].
Il a été décrit des cas d’hépatites cholestatiques ou mixtes,
voire des cas d’insuffisance hépatique [13]. Dans une publication
datant de 2002, Bergeron rapportait quatre cas d’atteintes
hépatiques consécutives à l’administration de l’association
paracétamol-dextropropoxyphène. Les auteurs ont retrouvé
29 cas similaires dans la littérature internationale.
L’hépatotoxicité survient plus facilement chez les personnes âgées
et chez les femmes [14].
Plus rarement, le dextropropoxyphène potentialiserait une
insuffisance rénale par son action anti-diurétique [15].
Toxicologie
Doses toxiques
Par voie orale :
- –. à partir de 100 mg, surviennent nausées,
vomissements, vertiges, hallucinations, délire, troubles de
l’élocution (taux thérapeutiques en France : de 0,05 mg à
l-0,75 mg/L) ;
- –. à partir de 500 mg, il s’agit d’une dose toxique
pouvant provoquer euphorie, convulsions et parfois coma (taux
toxiques en France : supérieur à 1 mg/L) ;
- –. à partir de 750 mg pour le chlorhydrate et de
1 150 mg pour le napsylate, il s’agit d’une dose létale, s’il est
associé à de l’alcool ou à un autre dépresseur du système nerveux
central (taux létaux en France : supérieur à
2 mg/L) ;
- –. pour des doses de 900 à 1 300 mg peut survenir
un décès par arrêt cardio-respiratoire.
Par voie intraveineuse, les symptômes d’intoxication aiguë ont
été décrits à partir de 390 mg.
Les taux sont inférieurs en Suède, ce qui explique le grand
nombre d’intoxications causées par le DXP dans ce pays. Une série
suédoise de 60 313 décès sur la période 1992-2002 a été
rapportée en 2004, parmi lesquels 6 999 ont été rapportés à
une intoxication fatale sur la base d’une concentration sanguine
« toxique ». Le dextropropoxyphène a été détecté dans
2 011 cas (182/an en moyenne), à des concentrations rapportées
comme toxiques (> 0,8 μg/g) dans 1 460 cas, soit
827 suicides, 540 circonstances incertaines et
93 accidents [16]. Pour Baselt, en général, des concentrations
dépassant 1 μg/mL correspondent à une toxicité sérieuse ; et
des concentrations de 2 μg/mL et plus sont cohérentes avec le
décès, bien que des décès puissent être rapportés pour des
concentrations inférieures à 1 μg/mL [17].
Synthèse
Le tableau 1 résume les propriétés,
les effets secondaires, les posologies et la toxicité des
antalgiques de palier II. La liste des spécialités n’est pas
exhaustive.
Tableau 1 Caractéristiques des antalgiques de
palier II.
| Molécule |
Structure |
Propriétés |
T1/2 |
Effets secondaires |
Posologie |
Toxicité |
Antidote |
Spécialités |
| Codéine |
Alcaloïde dérivé de l’opium |
Antalgique
Antitussif |
2 à 4 h |
Somnolence, nausée, irritabilité, constipation,
spasmes |
120 mg/j en 2 à 4 prises
Max : 180 mg/j |
Dose toxique :
800 mg
→ Myosis, dépression respiratoire, convulsion
→ Plus d’1 boite |
Naloxone |
Co-Doliprane®
Efferalgan codéiné®
… |
| Tramadol |
Dérivé synthétique de la codéine |
Antalgique
(Antitussif) |
5 à 7 h |
Nausées, vomissements, hypersudation, malaise,
sécheresse buccale, confusion, hallucination, convulsion (en
association) |
50 à 100 mg/j toutes les 4 à 6 h
Max : 400 mg/j |
Dose toxique :
500 mg
→ Myosis, dépression respiratoire, convulsion
→ Moins d’1 boite |
Topalgic®
Contramal®
Ixprim®
… |
| Dextro-propoxyphène |
Dérivé synthétique de la morphine |
Antalgique
(Antitussif) |
DXP : 13 h
NXP : 36 h |
Troubles digestifs, rash, céphalées, vertiges,
rares hypoglycémies, hépatites aiguës, IR |
74 à 325 mg/j en 3 à 4 prises |
Dose toxique :
500 mg
→ Myosis, dépression respiratoire, convulsion
→ Plus d’1 boite |
Di-antalvic®
Propofan®
… |
La procédure d’arrêt de mise sur le marché du DXP
Depuis 1960, le DXP est essentiellement commercialisé en
association avec du paracétamol. En France, en 2008, environ
70 millions de boîtes ont été délivrées correspondant à une
exposition estimée à 240 millions jours de traitement.
Dans l’Union européenne :
- –. 7 pays commercialisaient l’association
DXP/paracétamol (Belgique, Chypre, France, Luxembourg, Malte,
Norvège, Portugal) ;
- –. 9 pays commercialisaient le DXP seul (Belgique,
Danemark, Grèce, Espagne, Finlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas,
Suède).
En 2004 et 2005, deux pays de l’Union européenne ont pris
des mesures restrictives à l’égard des spécialités contenant du
DXP : la Suède et le Royaume-Uni.
Situation en Suède
La Suède est le pays où le signal a été émis. Entre 1992 et
1999, un rapport a fait état d’un nombre moyen de 200 décès
annuels liés au DXP pour une population de 9 millions
d’habitants. Différentes mesures ont alors été prises telles que
des recommandations envers les prescripteurs en 1999, des
informations aux patients (feuillet d’information, web, note sur le
conditionnement et sur la notice) et la prescription sur une
ordonnance spécifique (stupéfiant) à partir de juin 2001.
L’impact de ces informations et de cette restriction a fait
l’objet d’une évaluation qui a montré :
- –. une diminution des ventes de DXP de 66 % durant
la période 1999-2003 et qui avait débuté avant
juin 2001) ;
- –. une diminution de 62 % des décès attribués au
DXP selon la même procédure durant la période 2000-2003 (présence
de DXP dans le sang, responsabilité directe ou contribution au
décès évaluées par le médecin légiste) ;
- –. une diminution du nombre d’intoxications de 45 %
durant la période 2000-2002 (données de centre antipoison).
L’amélioration de ces indicateurs a été attribuée aux mesures
prises. Mais il faut aussi considérer des modifications de
pratiques concomitantes : recours plus fréquent aux AINS pour
les douleurs modérées, apparition du tramadol (analgésique de
palier II), recours plus fréquent aux morphiniques lors de la prise
en charge de la douleur.
Le rapport bénéfice-risque a été considéré positif pour les
spécialités contenant du DXP seul, et négatif pour les associations
fixes contenant du DXP (DXP/paracétamol, DXP/aspirine). Ces
associations ont par conséquent été retirées du marché suédois en
2005. Des mesures visant à limiter les risques liés au surdosage
ont été mises en place pour les spécialités contenant du DXP seul
(réduction du nombre de comprimés par conditionnement, suivi des
cas d’intoxication et de décès liés au DXP) [18].
Situation au Royaume-Uni
Dans ce pays, 18 % des suicides médicamenteux entre
1997 et 1999 étaient causés par le DXP [19]. Le nombre
annuel de décès dus aux intoxications par le DXP a été estimé entre
300 et 400, pour une population de 60 millions
d’habitants. Il s’agissait de :
- –. 20 % d’intoxications accidentelles ;
- –. 80 % de d’intoxications volontaires,
correspondant à 20 % des suicides d’origine toxique et
5 % des suicides toutes causes confondues [20, 22].
Là aussi, le DXP était très prescrit et les conditionnements
pouvaient atteindre 100 comprimés.
Le rapport bénéfice-risque a été considéré négatif pour les
spécialités contenant du DXP. Ces spécialités ont été
progressivement retirées du marché britannique, entre
janvier 2005 et décembre 2007. Toutefois,
aujourd’hui, l’association fixe DXP/PAR reste disponible pour
certains patients, sans AMM. Il s’agit d’une mise à disposition à
titre compassionnel, placée sous la responsabilité du
prescripteur.
Situation en France
En 2005, en France, aucun signal n’a été formulé.
Auparavant, le rôle du DXP dans le décès de toxicomanes avait
été souligné ; le DXP était alors utilisé comme produit
d’« auto-substitution » par les toxicomanes pour limiter
les signes de sevrage ou prescrit avec ce même objectif hors AMM
[23, 24] avant la mise en place des politiques de substitution
(méthadone, buprénorphine).
Les résultats d’une première enquête menée par le réseau des
centres antipoison et de toxicovigilance [25], concernant les
intoxications aiguës par l’association DXP/PAR, avaient mis en
évidence que le nombre d’expositions et le nombre de décès dans
lesquels le DXP était impliqué étaient importants, mais cette
observation doit être interprétée avec prudence : les données
analysées associaient des cas où le DXP avait pu être directement
responsable du décès, des cas où il avait pu y contribuer, et des
cas où le DXP n’était pas responsable du décès.
Pour déterminer si cette gravité justifiait ou non de mettre en
œuvre des mesures de réduction de risque, il fallait la comparer
avec celle des expositions par d’autres médicaments ayant les mêmes
indications.
C’est pourquoi, en 2006, une nouvelle enquête menée auprès du
réseau national des centres antipoison a comparé les risques liés
au surdosage par les médicaments antalgiques de palier II (DXP/PAR,
tramadol, codéine) [26]. Le nombre absolu de cas d’exposition et de
cas avec décès était plus élevé avec le DXP comparativement aux
expositions au TRA et à la COD. Cependant, des convulsions et des
complications respiratoires apparaissaient préférentiellement avec
le TRA. Pour ce qui concerne les complications
cardio-circulatoires, alors que le mécanisme de toxicité du DXP est
bien établi par un effet stabilisant de membrane, ces complications
étaient plus fréquentes avec le TRA. Au total, la COD semblait
bénéficier d’une toxicité moindre au cours des intoxications
observées.
Cette étude a conclu qu’à la lumière de ces résultats, le DXP ne
semblait pas présenter en France de risque comparable à celui
décrit au Royaume-Uni. Dans ces conditions, l’Afssaps avait
considéré que ces données ne justifiaient pas de mesures
complémentaires concernant l’association DXP/PC.
Quoi qu’il en soit, les risques ne sont pas comparables entre
les pays, notamment grâce aux conditions de vente du DXP qui sont
différentes en France de celles des autres pays. En France, le DXP
était inscrit sur liste I (délivré sur ordonnance non renouvelable
sauf mention contraire du prescripteur) et disponible uniquement
sous forme de blisters thermosoudés avec une restriction du
paracétamol à 8 g par conditionnement (20 comprimés à 400 mg)
dès 1982, ce qui limitait de facto la quantité de DXP
délivrée par boîte.
Il existait aussi des différences entre les médicaments utilisés
à des fins d’intoxications volontaires. En Suède, selon Jonasson,
les suicides surviendraient surtout avec du DXP pour les personnes
jeunes, des antidépresseurs pour les personnes d’âge moyen et des
sédatifs pour les personnes âgées [27]. En Grande-Bretagne, les
tentatives de suicide par antalgiques, autrefois l’aspirine et
aujourd’hui le paracétamol, seraient les plus fréquentes [28-30]
alors qu’elles sont bien moindres, de l’ordre de 5 à 7 %,
en France où les psychotropes seraient le plus souvent en cause
[31, 32].
De plus, les sources de données ne sont pas les mêmes. La France
se base sur les données de toxicovigilance (avec une possible
sous-estimation), alors que la Suède utilise celles de résultats
d’autopsie (avec une possible surestimation à cause d’un seuil de
concentrations sanguines bien moindre).
Le 30 novembre 2007, la Commission européenne a saisi
le CHMP de l’EMA afin que soit effectuée, à l’échelle européenne,
la réévaluation du rapport bénéfice risque des associations fixes
DXP/PC, pointant la dysharmonie du statut des médicaments contenant
du DXP dans l’Union eropéenne, et du nombre de décès par
intoxication. En parallèle, l’avis favorable de la commission de
transparence avait été renouvelé en France.
Cette procédure de réévaluation a débuté en janvier 2008,
avec l’Irlande et le Royaume-Uni comme rapporteurs. Dans le cadre
de cette ré-évaluation, l’Afssaps a répondu en
janvier 2009 à une liste de questions portant
principalement sur le système de recueil et les sources de données
de décès par intoxications par DXP.
Les trois sources de données de décès par intoxication par DXP
étaient les certificats de décès, les laboratoires de toxicologie
médico-légale et le réseau des centres antipoison et de
toxicovigilance (CAPTV).
Sur la base de ces données, l’estimation globale était de
65 décès par intoxication au DXP par an en France pour une
population de 65 millions d’habitants (figure 5).
Par ailleurs, un complément de données a été demandé par
l’Afssaps au CAPTV sur la mise à jour des données concernant la
toxicité des 3 principaux antalgiques de palier II [34]. Les
conclusions ont été rendues en janvier 2009. Non seulement
elles ont confirmé les données du rapport de 2005, mais elles ont
aussi ajusté leurs résultats en fonction des chiffres de
ventes.
Ce point mérite d’ailleurs d’être développé. Sur le milliard de
boîtes vendues, 66,4 % étaient celles de spécialités contenant
du DXP ; la COD en représentait 20,8 %, le TRA
12,8 %.
La conversion en semaines de traitement a permis de prendre en
compte l’effet de l’association du DXP avec le paracétamol. La
présence de ce dernier, du fait d’une limitation à 8 g de
paracétamol par boîte, diminuait en effet la masse de principe
actif opioïde. C’est ainsi que le TRA ne représentait que
12,8 % des conditionnements consommés, mais 17 % des
semaines de traitement (figure 6).
Après ajustement sur les chiffres de vente (figure
7) :
- –. les expositions apparaissaient plus fréquentes avec
le TRA. Le taux d’exposition était croissant pour le
TRA ;
- –. les chiffres de vente et les dossiers avec décès
apparaissaient plus fréquents avec le TRA à partir de
2003 avec un nombre de dossiers par million de semaines de
traitement de 1,5 à 3 fois plus élevé ;
- –. les dossiers avec symptômes mentionnant le TRA
apparaissaient plus fréquents, leur nombre allant régulièrement
croissant avec les années. Depuis 2004, leur fréquence (par million
de semaines de traitement) était au moins 2 fois plus élevée
que pour le DXP ou la COD ;
- –. les dossiers avec convulsions apparaissaient
largement plus fréquents avec le TRA, avec, depuis 2001, une
fréquence par million de semaines de traitement au moins
5 fois plus élevée que celles observées avec le DXP ou la COD,
quelle que soit l’année ;
- –. les complications cardiovasculaires avec le TRA
étaient, depuis 2004, plus fréquentes, et en
augmentation ;
- –. les dossiers avec complications respiratoires
apparaissaient plus fréquents avec le TRA depuis 2001, avec une
fréquence par million de semaines de traitement au moins 2 à
4 fois plus élevée qu’avec les deux autres médicaments.
Ainsi, d’après les données des centres antipoison français, les
décès au décours des intoxications par le DXP ne paraissaient pas
un phénomène préoccupant.
Par ailleurs, le rapport a conclu que la France était l’un des
pays les plus consommateurs de DXP, et que l’éventuel retrait de ce
dernier devait faire poser la question du risque de report vers le
TRA et les AINS, alors que les données issues des CAPTV le
concernant n’étaient pas les plus rassurantes.
Malgré ces études et bien que des différences soient observées
d’un pays à l’autre de l’Union européenne, et que tous les pays
n’aient pas identifié le même risque que celui observé en Suède et
au Royaume-Uni, les conclusions européennes de l’examen des données
ont été que les rapports bénéfice/risque de l’association DXP/PAR
et du DXP seul étaient défavorables.
En juin 2009, l’EMA a considéré que les preuves
d’efficacité, en l’état actuel des standards requis pour
l’autorisation de mise sur le marché (AMM), étaient insuffisantes
pour justifier le risque de décès encouru par les patients, en cas
de surdosage accidentel ou volontaire. L’EMA a conclu qu’aucune
mesure complémentaire de minimisation du risque ne pourrait suffire
à éviter les conséquences graves d’un surdosage.
L’EMA a donc recommandé le retrait du marché de DXP-PAR de façon
progressive
La Food and drug administration (FDA) a, de son côté,
émis son avis aux États-Unis, alors qu’un comité d’experts avait
demandé le retrait en janvier 2009. La conclusion fut en
faveur du maintien sur le marché américain du DXP, pour lequel la
balance bénéfice/risque était jugée favorable. Des études
complémentaires étaient cependant demandées aux firmes afin
d’améliorer la connaissance du risque [35, 36].
Par décision du 14 juin 2010, la Commission européenne
(CE) a confirmé l’avis défavorable de l’EMA au maintien sur le
marché des médicaments contenant du DXP. En France, le retrait des
AMM des médicaments contenant du DXP est intervenu dans un délai
maximum de 15 mois à partir de cette date. Au-delà de ce
délai, les spécialités contenant du DXP n’ont plus été disponibles
en France.
En novembre 2010, la FDA a présenté les résultats d’une
nouvelle étude portant sur le propoxyphène chez des volontaires
sains aux États-Unis. Elle a montré un risque d’effets indésirables
cardiaques, pour des doses qui étaient le double des doses
thérapeutiques recommandées en France [37]. Ainsi, en raison de sa
pharmacocinétique, et surtout eu égard aux personnes âgées et aux
patients insuffisants hépatiques, l’Afssaps a décidé d’écourter le
délai de retrait du DXP et a fixé l’arrêt de mise sur le marché au
1er mars 2011.
La prise en charge après le retrait
Les recommandations
Dans ce contexte, l’Afssaps a émis des recommandations de prise
en charge des douleurs de l’adulte modérées à intenses [38].
Tout patient ayant dans ses traitements un médicament contenant
du DXP doit consulter son médecin. En cas de traitement bref
(1 ou 2 jours), un arrêt du traitement est préconisé.
La réévaluation de la douleur du patient est une démarche
préalable indispensable. Il est aussi très important de faire le
point sur tous les traitements du patient et sur sa consommation
réelle d’antalgiques (traitements et auto-médication).
Le choix du traitement des douleurs nociceptives doit être
fonction du terrain, de l’âge, des autres traitements du patient,
de l’intensité et du caractère aigu ou chronique de la douleur.
La figure
8 résume les recommandations de prise en charge des
douleurs.
Discussion sur les conséquences du retrait du marché du
DXP
Si l’on fait le point sur les causes réelles de ce retrait, nous
constatons que ce choix a été essentiellement lié à des mesures
d’homogénéisation européenne.
Les recommandations de l’Afssaps proposent le remplacement du
DXP par du paracétamol en première intention, dans le cas échéant
un antalgique de niveau II ou des AINS en cure courte.
Par contre, ce document ne recommande pas un antalgique de
palier II particulier pour remplacer le DXP. Nous nous sommes donc
intéressés à sa tolérance et à son efficacité vis-à-vis des autres
antalgiques de niveau II.
Comparaison sur la tolérance
Il existe peu d’études comparant l’efficacité et la tolérance du
DXP avec d’autres antalgiques de palier II. L’étude de Tavassoli a
comparé les effets indésirables rencontrés avec le
dextropropoxyphène, le tramadol et la codéine en association avec
le paracétamol [39]. Le taux d’effets indésirables graves était
significativement plus élevé pour TRA-PAR que pour DXP-PAR. Par
contre, celui pour COD-PAR était plus faible que pour DXP-PAR.
En somme, parmi les trois combinaisons associant du paracétamol
à un opioïde de palier II, les taux rapportés d’effets indésirables
et d’effets indésirables graves sont les plus élevés avec le
tramadol et moindre avec la codéine. Les effets secondaires du
dextropropoxyphène sont environ 1,5 fois moins fréquents
qu’avec le tramadol, mais deux fois plus qu’avec la codéine.
Ganry et Von Zabern ont analysé l’efficacité et la tolérance des
molécules en fonction de leur posologie. Le tramadol à la dose de
150 mg/j et le dextropropoxyphène à la dose de 195 mg/j étaient
statistiquement comparables quant au nombre de patients sans effet
indésirable et le nombre de patients sortis pour effet indésirable.
Ces deux groupes se démarquaient sur ces deux paramètres par
rapport au groupe tramadol 300 mg/j qui comportait statistiquement
moins de patients sans effet indésirable et plus de patients sortis
pour effet indésirable. Ainsi, le profil de tolérance du tramadol
apparaissait-il dose-dépendant [40].
Une étude de Mullican et Lacy, qui comparait l’association
COD-PAR et TRA-PAR, a montré que l’incidence des effets secondaires
était la même dans chaque bras, mais que les effets indésirables à
type de somnolence et de constipation avaient été significativement
moins importants dans le groupe TRA-PAR (respectivement 17 %
vs 24 % et 11 % vs 21 %) [41]. De plus, des essais
cliniques ont montré que le profil d’effets indésirables du
tramadol était comparable à celui de la codéine [42]. Ces études
ont donc tendance à placer ces deux molécules sur le même niveau de
tolérance.
Il est donc très difficile de se faire une réelle opinion sur la
différence de tolérance entre le tramadol et la codéine. Par
contre, le DXP apparaît comme une molécule bien tolérée.
Comparaison sur l’efficacité
L’un des reproches du CHMP est basé sur un manque de preuve de
supériorité d’efficacité de l’association DXP-PAR par rapport au
paracétamol seul dans les douleurs aiguës ou chroniques
Des études très controversées sur l’intérêt de l’association
DXP-PAR
Nous avons retrouvé une méta-analyse reprenant les données de
2 231 patients avec des douleurs post chirurgicales, des
arthroses ou des douleurs musculaires dans 26 essais cliniques
[43]. Elle a conclu que l’efficacité de l’association DXP-PAR était
supérieure à celle du paracétamol seul. De plus, l’incidence des
effets secondaires n’était pas plus importante avec l’association
qu’avec le paracétamol seul. C’est pourquoi elle justifiait la
prescription de l’association à la préférence du paracétamol seul
dans les douleurs modérées. Comme il existe peu de données dans la
littérature, il faut aussi se baser sur l’expérience et le ressenti
des patients concernant la douleur qui en général concluaient à un
soulagement plus important avec l’association [44].
Par contre, l’étude de Mort-Jane concluait que le
dextropropoxyphène n’était pas plus efficace que le paracétamol et
qu’il causait de nombreux effets secondaires [45]. Cette question
est donc très controversée aujourd’hui. Nous pensons donc que des
études complémentaires auraient été utiles.
Une efficacité comparable entre TRA et DXP mais supérieure pour
la COD
Les études sur la comparaison d’efficacité et de tolérance du
DXP et du TRA semblent plus consensuelles. L’étude de Ganry, qui
comparait l’efficacité et la tolérance du dextropropoxyphène
(195 mg/j) et du tramadol (150 mg/j) a montré qu’ils étaient
comparables [40]. Du fait d’une trop faible intensité douloureuse
initiale, l’étude n’a pas permis de mettre en évidence une
efficacité significativement supérieure dans le groupe tramadol à
300 mg/j.
L’étude de Moore a conclu de façon identique :
« l’association de 65 mg de dextropropoxyphène avec 650 mg de
paracétamol montrait une efficacité similaire à 100 mg de tramadol
seul dans les douleurs post-chirurgicales, mais avec une incidence
plus faible des effets secondaires » [46]. L’association
DXP-PAR présentait une efficacité comparable à l’association
aspirine-codéine, et supérieure à celle du DXP seul. Par contre,
l’association paracétamol-codéine semblait plus efficace que le
dextropropoxyphène seul. D’ailleurs, il semblerait aussi que la
codéine présentait une efficacité supérieure au tramadol [47].
Les tendances concernant le remplacement des médicaments
antalgiques
Des hôpitaux tels que le CHU de Toulouse avait anticipé cet
arrêt de commercialisation en décidant en 2005 de supprimer le
dextropropoxyphène du livret thérapeutique. Suite à cette décision,
en deux ans, les consommations totales d’antalgiques ont diminué de
4,6 %, avec 28 % de diminution des consommations
d’antalgiques de niveau II, mais une augmentation de consommation
de tramadol et une légère diminution de consommation de la codéine.
Durant la même période, la consommation des antalgiques de niveau I
avait augmenté de 11 % et diminué de 8 % pour les
antalgiques de niveau III [48].
Dans le rapport d’analyse des ventes de médicaments en France de
1999 à 2009, le report des ventes de DXP suite à l’annonce de
son retrait s’est produit sur les consommations de paracétamol
seul, de tramadol seul ou en association mais aussi
d’anti-inflammatoires [49].
Nous retrouvons cette tendance dans notre pays, mais on observe
une autre tendance dans les pays anglo-saxons où la codéine est
beaucoup plus prescrite [50].
Ainsi, à la lumière de notre analyse, le remplacement du DXP par
du paracétamol paraît une solution appropriée. Par contre, le
remplacement du DXP par du tramadol plutôt que de la codéine devra
être surveillé, de même que les prescriptions d’AINS. L’association
paracétamol, poudre d’opium et caféine (Lamaline®)
semble aussi être une alternative aux douleurs modérées à intenses.
Ses effets secondaires sont les mêmes que ceux du paracétamol avec
une majoration de la constipation et des palpitations. Sa toxicité
est celle du paracétamol.
Conclusion
L’association DXP-PAR avait de fervents défenseurs [51, 52]
parmi les malades qui ne trouvaient pas d’autre alternative pour
soulager leur douleur [53], mais aussi parmi les prescripteurs, qui
le trouvaient efficace et bien toléré [21, 53].
Leur plaidoyer se résume en une simple question : est-il
éthique de priver des patients douloureux chroniques de l’unique
spécialité qui leur convienne, alors même qu’ils l’employaient à
bon escient et qu’ils n’ont aucune tendance
suicidaire particulière ?
Cela est d’autant plus vrai qu’en France, de nombreuses études
ont montré que le DXP n’était pas le médicament le plus utilisé
dans les intoxications médicamenteuses volontaires.
Par notre analyse, nous avons constaté que le DXP était bien
toléré. La plupart des données concluent que le DXP est mieux
toléré que le TRA. Par contre, la tolérance de la codéine est plus
discutée. Concernant l’efficacité, parmi les trois antalgiques de
palier II, la codéine serait la molécule la plus efficace. Par
contre, les études ne sont pas suffisantes pour conclure en faveur
d’une supériorité du DXP sur le PAR.
Cependant, il est vrai que de par sa cinétique, le DXP
s’accumule plus facilement et ce surdosage peut amener à des
risques vitaux. C’est pourquoi, l’Afssaps, dans le contexte actuel
de principe de précaution, a fait le choix de suivre l’EMA pour le
retrait du marché des médicaments contenant du DXP.
Conflits d’intérêts: aucun.
Annexe 1 . Liste des médicaments contenant de la
codéine
ALGICALM 400 mg/25 mg cp, ALGISEDAL cp, CLARADOL CODEINE
500 mg/20 mg cp séc, CODEDRILL SANS SUCRE 0,1 % sol buv,
CODENFAN 1 mg/ml sirop, CODOLIPRANE cp séc ad, CODOLIPRANE cp séc
enf, COMPRALGYL 400 mg/20 mg cp séc, DAFALGAN CODEINE cp pellic,
DINACODE AVEC CODEINE sirop ad, EFFERALGAN CODEINE cp efferv séc,
EUCALYPTINE LE BRUN sirop, EUPHON sirop, GAOSEDAL CODEINE cp,
KLIPAL CODEINE 300 mg/25 mg cp, KLIPAL CODEINE 600 mg/50 mg cp,
LINDILANE 400 mg/25 mg cp, MIGRALGINE gél, NEO-CODION cp enr,
NEO-CODION sirop adulte, NEO-CODION sirop enfant, NOVACETOL cp,
PADERYL 0,1 % sirop, PADERYL 19,5 mg cp enr, PARACETAMOL
CODEINE ARROW 400 mg/20 mg cp séc, PARACETAMOL CODEINE ARROW
500 mg/30 mg cp efferv séc, PARACETAMOL CODEINE BIOGARAN
500 mg/30 mg cp efferv séc, PARACETAMOL CODEINE CRISTERS
500 mg/30 mg cp efferv séc, PARACETAMOL CODEINE EG 500 mg/30 mg cp
efferv séc, PARACETAMOL CODEINE MYLAN 500 mg/30 mg cp efferv séc,
PARACETAMOL CODEINE SANDOZ 500 mg/30 mg cp efferv séc, PARACETAMOL
CODEINE TEVA 500 mg/30 mg cp efferv séc, POLERY sirop ad,
PRONTALGINE cp, PULMOBAILLY sol buv, PULMOSERUM sol buv, RHINATUX
gél, SEDASPIR cp, THIOPECTOL sirop ad, TUSSIPAX cp pellic, TUSSIPAX
sirop adulte enfant, TUSSIPAX sol buv
Annexe 2 . Liste des médicaments contenant du
tramadol
BIODALGIC 50 mg cp efferv, CONTRAMAL 100 mg/ml sol buv,
CONTRAMAL 100 mg cp LP, CONTRAMAL 100 mg/2 ml sol inj, CONTRAMAL
150 mg cp LP, CONTRAMAL 200 mg cp LP, CONTRAMAL 50 mg gél, IXPRIM
37,5 mg/325 mg cp efferv, IXPRIM 37,5 mg/325 mg cp pellic,
MONOALGIC L.P. 100 mg cp LP, MONOALGIC L.P. 200 mg cp LP, MONOALGIC
L.P. 300 mg cp LP, MONOCRIXO LP 100 mg gél LP, MONOCRIXO LP 150 mg
gél LP, MONOCRIXO LP 200 mg gél LP, MONOTRAMAL LP 100 mg cp LP,
MONOTRAMAL LP 200 mg cp LP, MONOTRAMAL LP 300 mg cp LP, OROZAMUDOL
50 mg cp orodispers, TAKADOL 100 mg cp efferv séc, TOPALGIC
100 mg/2 ml sol inj, TOPALGIC 100 mg/ml sol buv, TOPALGIC 50 mg
gél, TOPALGIC LP 100 mg cp LP, TOPALGIC LP 150 mg cp LP, TOPALGIC
LP 200 mg cp LP, TRAMADOL ARROW 50 mg cp, TRAMADOL BIOGARAN 50 mg
gél, TRAMADOL EG 50 mg cp, TRAMADOL LAVOISIER 50 mg/ml sol inj,
TRAMADOL MYLAN 50 mg cp efferv, TRAMADOL MYLAN 50 mg gél, TRAMADOL
QUALIMED 50 mg cp, TRAMADOL RATIOPHARM 50 mg cp, TRAMADOL SANDOZ
50 mg cp, TRAMADOL SANDOZ L.P. 100 mg cp pellic LP, TRAMADOL SANDOZ
L.P. 150 mg cp pellic LP, TRAMADOL SANDOZ L.P. 200 mg cp pellic LP,
TRAMADOL TEVA 50 mg cp efferv, TRAMADOL TEVA 50 mg gél, TRAMADOL
WINTHROP 50 mg cp efferv, TRAMADOL ZYDUS 50 mg gél, TRAMADOL ZYDUS
L.P. 150 mg cp pellic LP, TRAMADOL ZYDUS L.P. 200 mg cp pellic LP,
ZALDIAR 37,5 mg/325 mg cp efferv, ZALDIAR 37,5 mg/325 mg cp pellic,
ZAMUDOL LP 100 mg gél LP, ZAMUDOL LP 150 mg gél LP, ZAMUDOL LP
200 mg gél LP, ZAMUDOL LP 50 mg gél LP, ZUMALGIC 100 mg cp efferv,
ZUMALGIC 50 mg cp efferv
Annexe 3 . Liste des médicaments contenant du
dextropropoxyphène
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL ACTAVIS 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL ALMUS 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL ALTER 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL ARROW 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL BIOGARAN 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL CRISTERS 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL EG 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL ISOMED 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL MYLAN 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL QUALIMED 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL RATIOPHARM 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL RPG 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL SANDOZ 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL TEVA 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE PARACETAMOL ZYDUS 30 mg/400 mg gél,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE ALMUS 27 mg/400 mg/30 mg cp,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE ALTER 27 mg/400 mg/30 mg cp,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE ARROW 27 mg/400 mg/30 mg cp,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE BIOGARAN 27 mg/400 mg/30 mg
cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE EG 27 mg/400 mg/30 mg
cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE ISOMED
27 mg/400 mg/30 mg cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE MYLAN
27 mg/400 mg/30 mg cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE
QUALIMED 27 mg/400 mg/30 mg cp,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE RATIOPHARM
27 mg/400 mg/30 mg cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE RPG
27 mg/400 mg/30 mg cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE
SANDOZ 27 mg/400 mg/30 mg cp,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE TEVA 27 mg/400 mg/30 mg cp,
DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE WINTHROP 27 mg/400 mg/30 mg
cp, DEXTROPROPOXYPHENE/PARACETAMOL/CAFEINE ZYDUS 27 mg/400 mg/30 mg
cp, DEXTROREF gél, DI DOLKO 30 mg/400 mg gél, DIALGIREX gél,
DI-ANTALVIC gél adulte, DIOALGO gél, PROPOFAN cp.
Références
1. Anaes. Évaluation et prise en charge thérapeutique de
la douleur chez les personnes âgées ayant des troubles de la
communication verbale. Paris : Anaes, 2000.
2. Assurance-maladie. Point d’information mensuel :
Médicaments remboursables : analyse des principales évolutions
de l’année 2005. Juin 2006.
http:/ / www. ameli. fr/ fileadmin/ user_upload/ documents/ cp06062006-medicaments
consulté le 23/03/2010.
3. Assurance-maladie. Les 10 médicaments les plus
prescrits en 2005 - Les antalgiques en tête du classement.
http:/ / www. agevillage. com/ article-6211-1-bien-viellir
consulté le 23/03/2010.
4. Raffa RB, Friderichs E, Reimann W, et al.
Opioid and non opioid components independently contribute to the
mechanism of action of tramadol, an atypical opioid analgesic. J
Pharmacol Exp Ther 1992 ; 260 : 275-285.
5. Raffa RB, Nayak RK, Liao S, et al. The
mechanism(s) of action and pharmacokinetics of tramadol
hydrochloride. Rev Cont Pharmacother 1995 ; 6 : 485-498.
6. Raffa R.B. A novel approach to the pharmacology of
analgesics. Am J Med 1996 ; 101 (Suppl. 1A) :
40-6S.
7. Richter W, Barth H, Flohe L, et al. Clinical
investigation on the development of dependence during oral therapy
with tramadol. Arzneim Forsh/Drug Res 1985 ; 35 :
1742-1744.
8. Miller RR, Feingold A, Paxinos J. Propoxyphene
hydrochloride : a critical review. JAMA 1970 ; 213 :
996-1006.
9. Ellenhorn MJ, Barceloux DG. Medical toxicology.
Diagnosis, treatment of human poisoning. New-York : Elsevier,
1988.
10. Verebely K, Inturrisi C.E. Disposition of
propoxyphene and norpropoxyphene in man after a single oral dose.
Clin Pharmacol Ther 1974 ; 15 : 302-309.
11. Gram LF, Schou J, Way WL, et al.
d-Propoxyphene kinetics after single oral and intravenous doses in
man. Clin Pharmacol Ther 1979 ; 26, 473-82.
12. Lawson AAH, Northridge D.B. Dextropropoxyphene
overdose. Epidemiology, clinical presentation and management.
Med Toxicol Adverse Drug Exp 1987 ; 2 : 430-444.
13. Goodman L, Gilman A, Rall TW, et al. Opioïd
analgesics and antagonists. The pharmacological basis of
therapeutics. 8th edition. New-York : Pergamon Press,
1990 : 509-10.
14. Barclay W.R. Propoxyphene. JAMA 1979 ; 241 :
1689.
15. Laurent M, Gallinari C, Bonnin M, et al.
Hypoglycemia induced by dextropropoxyphene in very old subjects.
7 cases. Presse Med 1991 ; 20 : 1628.
16. Doucet J, Méliot C. Prise en charge de la douleur
chez la personne âgée. In : Queneau P, Osterman G, eds. Le
médecin, le malade et la douleur. Paris : Masson, 2004 :
337-47.
17. Lee TH, Rees P.J. Hepatotoxicity of
dextropropoxyphene. Br Med J 1977 ; 2 : 296-297.
18. Jonasson U, Jonasson B. Restrictions on the
prescribing of dextropropoxyphene (DXP)-effects on sales and cases
of fatal poisoning. Report for the Swedish National Board of
Forensic Medicine and Medical Products Agency 2004 sur
www.rmv.se/pdf/dxp-report.pdf consulté le 27/07/2010.
19. Simkin S, Hawton K, Sutton L, et al.
Co-proxamol and suicide : preventing the continuing toll of
overdose deaths. QJ Med 2005 ; 98 : 159-170.
20. Bateman DN, Afshari R. Co-proxamol and suicide :
licence needs to be changed. BMJ 2003 ; 327 : 287.
21. Marples I.L. Co-proxamol and suicide. Co-proxamol
should be restricted, not banned. BMJ 2003 ; 327 : 287.
22. Fryers PT, Geragthy M, Hall C. Availability of
co-proxamol has been successfully reduced in Doncaster. BMJ
2003 ; 327 : 287.
23. Kintz P, Traqui A, Mangui P. Substitution de
l’héroïne par le dextropropoxyphène et intoxications. J Med
Leg 1994 ; 37 : 49-51.
24. Eysseric H, Marka C, Vincent F, et al.
Interest of including dextropropoxyphene research in systematic
toxicological screening : poisonings and forensic aspects.
Acta Medicinae Legalis 1994 ; 49 : 175-176.
25. Comité de coordination de toxicovigilance. Exposition
au dextropropoxyphène dans les Centres antipoison et de
toxicovigilance français 1995-2003. Rapport fait à la demande de
l’Afssaps, 28 Juin 2005.
26. Comité de coordination de toxicovigilance. Exposition
par les antalgiques de palier 2 dextropropoxyphène,
tramadol et codéine dans les Centres antipoison français 2000-2005.
Rapport fait à la demande de l’Afssaps,
7 novembre 2006.
27. Jonasson U, Jonasson B, Saldeen T. Among fatal
poisoning dextropropoxyphene predominates in younger people,
antidepressants in the middle aged and sedatives in the erderly.
J Forensic Sci 2000 ; 45 : 7-10.
28. Hawton K, Simkin S, Gunnel D, et al. A
multicentre study of co-proxamol poisoning suicides based on
coroners’ records in England. Br J Clin Pharmacol 2004 ; 59
: 207-212.
29. Hawton K, Ware C, Mistry H. Why patients choose
paracetamol for self poisoning and their knowledge of its danger.
BMJ 1995 ; 310 : 164.
30. Hawton K, Simkin S, Deeks J. Co-proxamol and
suicide : a study of national mortality statistics and local
non-fatal self poisonings. BMJ 2003 ; 326 : 1006-1008.
31. Pommereau X, Favarel-Garrigues J.C. Tentatives de
suicide par intoxication volontaire aigüe. Le risque de récidive
est majeur dans les six mois suivants une première tentative.
Revue Prat Med Gen 1990 ; 81 : 31-34.
32. Staikowsky F, Uzan D, Grillon N. Intoxications
médicamenteuses volontaires reçues dans un service d’accueuil des
urgences. Presse Med 1995 ; 24 : 1296-1300.
33. Afssaps. Communiqué de presse Médicaments contenant
l’association dextropropoxyphène/paracetamol : Recommandations
de l’EMEA de retrait de ces médicaments à la suite de l’évaluation
européenne et avis divergent de l’Afssaps, juin 2009.
34. Comité de coordination de toxicovigilance. Exposition
aux antalgiques de palier 2 : mise à jour du recueil de cas à
partir des Centres antipoison et de toxicovigilance. Données
2006-2008. Rapport fait à la demande de l’Afssaps,
22 janvier 2009.
35.
http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/PostmarketDrugSafetyInformationforPatientsandProviders/UCM1708668
consulté le 23/03/2010.
36. Aschenbrenner D.S. FDA raises issues concerning
propoxyphene. Am J Nurs 2010 ; 110 : 59-60.
37. Afssaps. Médicaments contenant du
dextropropoxyphène : nouvelles données américaines concernant
le risque cardiaque chez des volontaires sains – Communiqué du
22/11/2010.
38. Afssaps. Prise en charge des douleurs de l’adulte
modérées à sévères. Recommandations après le retrait des
associations dextropropoxyphène/paracétamol et
dextropropoxyphène/paracétamol/caféine. Mise au point du
04/08/2011.
39. Tavassoli N, Lapeyre-Mestre M, Sommet A, et
al. Reporting rate of adverse drug reactions to the French
pharmacovigilance system with three step 2 analgesic
drugs : dextropropoxyphene, tramadol and codeine (in
combination with paracetamol). BJCP 2009 ; 68 : 3,
422-6.
40. Ganry H, Von Zabern D. Comparaison de l’efficacité et
de la tolérance du tramadol à celles du dextropropoxyphène dans le
traitement de la douleur d’origine ostéoarticulaire :
résultats d’une étude contrôlée en double insu. Douleurs
Evaluation-Diagnostic-Traitement 2009 ; 10 : 71-78.
41. Mullican WS, Lacy J.R. Tramadol/paracetamol
combination tablets and codeine/paracetamol combination capsules
for the management of chronic pain : a comparative trial.
Clin Ther 2001 ; 23 : 1429-1445.
42. Budd K. Chronic pain-challenge and response.
Drugs 1994 ; 47 : 33-38.
43. Staikowsky F, Candella S, Raphael M.
Dextropropoxyphene and the cardiovascular system : about two
cases of acute poisonning with cardiac conduction abnormalities.
J Opioid Manag 2005 ; 1 : 240-243.
44. Rouviere S, Lavallart B, Gallopin V. Risques liés à
l’association paracétamol-dextropropoxyphène chez le sujet âgé.
La revue de gériatrie 2006 ; 31 : 713-715.
45. Afshari R, Maxwell S, Dawson A, Bateman D.N. ECG
abnormalities in co-proxamol poisoning. Clin Toxicol
Philadelphia 2005 ; 43 : 255-259.
46. Moore RA, Collins S, Rees J, et al. Single
dose oral dextropropoxyphène, alone and with paracetamol
(acetaminophen), for postoperative pain. Cochrane Database of
Systematic Rewiews, 2000.
47. Stubhaug A, Grimstad J, Breivik H. Lack of analgesic
effect of 50 and 100 mg oral tramadol after orthopaedic
surgery : a randomized, double-blind, placebo and standard
active drug comparison. Pain 1995 ; 62 : 111-118.
48. Gaubert S, Vie M, Damase-Michel C, et al.
Dextropropoxyphene withdrawal from a French university
hospital : impact on analgesic drug consumption.
Fundamental and clinical pharmacology 2009 ; 23 :
247-252.
49. Afssaps. Analyse des ventes de médicaments aux
officines et aux hôpitaux en France - 1999-2009.
11e edition. Paris : Afssaps, 2 011.
50. Shenfield GM, Jone AN, Paterson J.W. Effect of
restrictions on prescribing patterns for dextropropoxyphene.
BMJ 1980 ; 281 : 651-653.
51. Bannwarth B, Richez C. Controverse sur le
dextropropoxyphène. Joint Bone Spine 2009 ; 76 :
599-601.
52. Saviuc P, Garnier R. A-t-on raison de retirer du
marché les spécialités à base de dextropropoxyphène ?
Réanimation 2010 ; 19 : 466-70.
53. Ottewell L, Walker D.J. Co-proxamol : where have
all the patients gone ?. Rheumatology 2008 ; 47 :
375-376.
|