Le lombalgique et son médecin généraliste


Publiée dans la revue : Médecine. Mai 2010. Volume 6Number 5,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée

L’équipe australienne a analysé les données de 3 533 patients consultant en médecine générale pour un nouvel épisode de lombalgie aiguë.

Les auteurs ont comparé deux périodes : 2001-2004 (1827 dossiers, avant la publication des recommandations australiennes sur le sujet) et 2005-2008 (1 706 dossiers, les recommandations ayant été publiées en 2004), à partir des données de la BEACH study (Bettering in the Evaluation and Care of Health), registre de médecine générale mis en oeuvre en Australie en 1998. Il est recommandé de ne pas prescrire d’imagerie et de débuter la prise en charge par des conseils et de simples analgésiques. Pourtant, environ un quart des patients ont eu une imagerie ; la prise en charge s’est limitée à des conseils dans 20,5 % des cas, à des analgésiques dans 17,7% des cas ; dans 37,4 % des cas, des AINS ont été prescrits, des opioïdes dans 19,6 % des cas, que ce soit avant ou après la publication des recommandations. Les auteurs concluent qu’il y a inadéquation entre les recommandations basées sur des données factuelles internationales et les soins usuels, avec des risques de qualité insuffisante, d’effets adverses et de coûts trop élevés.

1. Williams CM, Maher CG, Hancock MJ, McAuley JH, McLachlan AJ, Britt H et al. Low back pain and best general practice. A survey of general practice physicians. Arch Intern Med. 2010. 170:271-7.
2. Cabana MD. Adherence, not just for patients. Arch Intern Med. 2010. 170:277-8.

Les questions que se pose la rédaction

• Le constat australien a été fait dans de nombreux pays, dont le nôtre : il ne suffit pas de « recommander », si étayée soit la recommandation, pour changer la pratique.
• Le commentaire qui accompagne l’article rappelle que la question des conditions d’une bonne acceptabilité des recommandations est assez symétrique de celle de l’observance thérapeutique pour les patients : elle suppose pour les médecins une formation continue, une auto-évaluation des pratiques professionnelles, une reconnaissance des barrières « naturelles » existant : concurrence, temps limité, nombre trop important des recommandations, modes de rémunération inadaptés, respect des préférences du patient… Recommander ne suffit pas.

Mots clés : lombalgie, pratique, recommandation


 

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